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30 avril 2014

Commentaires

Véronique Raffeneau

"Il (L'Affaire Halimi de G. Antonowicz) répond à toutes les questions, démolit les idées fausses et, avec une parfaite honnêteté, scrute et analyse les noirceurs et les mystères de cette épouvantable affaire."

L'analyse proposée par G. Antonowicz, que je viens de lire, a le mérite de mettre à jour l'ensemble des approximations médiatiques qui, entremêlées dans et par le politique, ont contribué, dans le débat public, à faire de ce crime monstrueux un crime exclusivement antisémite.

L'assassin lui-même n'en revenait pas d'être transformé en une figure médiatique "mondialement connu", à l'origine de ce qu'il qualifiait une affaire d'Etat.

Il n'empêche qu'au-delà de la démonstration réussie de G. Antonowicz, l'infinie noirceur et la tragédie de l'enlèvement, la séquestration et l'assassinat d'I. Halimi nous confrontent directement au mal, à son caractère à la fois terriblement banal et insondable.

Les préjugés de Fofana, petite frappe crapuleuse, sa martingale : les Juifs sont solidaires, la communauté juive est riche, la communauté paiera pour sa libération, l'ont conduit de façon inéluctable à commettre le pire, à convaincre ses complices à ne pas s'opposer au pire.

Le jeune Halimi a été séquestré trois semaines dans des conditions épouvantables au vu et au su de beaucoup.

Je partage l'analyse du livre quand l'auteur décrit l'absence de maîtrise du pouvoir au moment du procès : dans cette ambiance survoltée, le huis clos seul a permis une analyse de fond du dossier, la hiérarchisation des culpabilités et l'exercice d'une justice sereine, maîtrisée et mature.

Le second procès imposé au procureur général de Paris par le garde des Sceaux d'alors, en tous points, a confirmé l'analyse et les conclusions du premier procès.

Surcouf

@Denis Monod-Broca | 01 mai 2014 à 23:37
"À ce compte-là, oublions l'histoire, n'assumons rien, puisque nous n'étions pas nés."

Pourquoi devrais-je assumer les faits et gestes de mes ancêtres ?
Je ne suis responsable ni physiquement ni moralement du colonialisme ou des massacres perpétrés par l'armée de Napoléon, ni même des bonnes actions menées par eux.

Tout comme les Allemands d'aujourd'hui ; pourquoi devraient-ils faire acte de contrition parce que leur grand-père ou arrière-grand-père était un salaud ?

Assumons nos faits et gestes contemporains, ce serait déjà pas mal.

Le fils de l'assassin n'est pas l'assassin.

Pourquoi dites-vous qu'il faut oublier l'histoire ? Ce n'est absolument pas ce que j'ai dit bien au contraire.

anne-marie marson

Le métro est le reflet de ce qu'est devenue la société française.
Si du temps de ma jeunesse on ne pouvait craindre que quelques mains baladeuses, qu'il fallait réprimander par une gifle, comme disaient mes copines, je défie quiconque aujourd'hui de se hasarder à gifler quelqu'un dans le métro pour le réprimander.
Le métro est devenu une société en sombre, sombre comme ces quatre Sri-Lankais, partageant entre eux des feuilles de coca.
Sombre aussi comme cette autre Sri-Lankaise (décidément ils croisent souvent ma route), à qui je faisais remarquer qu'elle hurlait un peu trop fort dans son téléphone portable, et qui s'est mise à me hurler dessus : "J'ai le droit, j'ai le droit de parler ma langue, c'est la France". La France permissive ?
Difficile aussi de réprimander le jeune Rom que je n'ai pas voulu faire passer avec mon passe navigo, et qui est passé au portillon voisin, en me traitant de raciste.
Mais je pense souvent à cet autre fait divers qui m'a marquée : une jeune femme d'origine chinoise je crois qui s'est tuée en tombant dans les escaliers du métro, alors qu'un voleur lui arrachait son sac à main.
Prendre le métro est devenu une stratégie : ne pas courir, se tenir aux rampes des escaliers, et attendre la rame au fond du quai, près des sièges et des distributeurs, pour éviter les "pousseurs". Mais ce n'est plus drôle.

Noblejoué

@ Parigoth

Merci de m'avoir appris quelque chose.
Pour tout dire, ce n'est pas très surprenant, dans l'absolu les plus puissants se permettent tout ce qu'ils peuvent, en principe.
Mais c'est bête, méchant et... incohérent. Je veux dire que j'ai lu que les Israéliens juifs essaient de se rallier les chrétiens, notamment pour l'armée.
Et Israël a bien accueilli des Russes tout ce qu'il y a de plus étrangers au judaïsme pour contrer les Arabes alors ce que vous me montrez là...

Je suppose que les laïcs essaient de se rallier les chrétiens (ce que je ferais à leur place ) et les extrémistes religieux pratiquent la politique de la terre brûlée (qu'attendre d'autre d'extrémistes ?).

Tout cela me fait penser qu'il est plus probable que je ne pensais que les Israéliens juifs n'en viennent à se déchirer dans quelque guerre civile.

Possible que la rivalité des méthodes pour combattre l'ennemi amène à la guerre civile. On peut penser que ce serait une bonne chose pour les Arabes israéliens et les Palestiniens mais pas forcément... Parce que s'ils continuent à être plus forts qu'eux ils se vengeront sans doute de ceux qui auront cru habile d'attaquer à ce moment-là.
Ce qui pourrait souder les deux camps.

Pauvres monothéistes !
S'il y avait encore des polythéistes dans le secteur, ils pourraient se réconcilier sur leur dos, mais non, il faudra faire sans que les trois religions abrahamiques s'entendent.

Dire que si on avait donné un bout d'Allemagne aux Juifs pour apprendre à ne pas faire de génocide et pour ne pas payer nos dettes sur le dos des Arabes, on n'en serait pas là !

Maintenant qu'on a condamné deux peuples à se supporter l'un l'autre, on leur fait la morale, formidable...
Pire, on jette de l'huile sur le feu.

Je crois que personne n'a ni de solution ni de pouvoir pour en appliquer une.

Parigoth

@Noblejoué
Je n'ai pas trouvé trace sur Internet du fait que des Israéliens juifs fanatiques chassent les chrétiens.

Disons que s'ils ne les chassent pas, ils leur montrent néanmoins comment ils les considèrent :

Les dégradations de lieux de culte chrétiens et musulmans ne sont en effet pas nouvelles. Les colons religieux extrémistes mènent depuis des années ce qu'ils appellent une politique du "prix à payer" ("price tag"), qui consiste à se venger sur des villageois palestiniens, des lieux de culte musulmans et chrétiens des décisions gouvernementales israéliennes qu'ils jugent hostiles à leurs intérêts. A Latrun, à côté du slogan anti-chrétien "Jésus est un singe", figurait le graffiti "Migron", le nom d'une colonie sauvage israélienne, la plus vaste et la plus ancienne de Cisjordanie, évacuée dimanche par la police et l'armée israéliennes. 
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/israel-les-colons-extremistes-se-radicalisent_1157197.html

Noblejoué

@ Xavier Nebout

Je n'ai pas trouvé l'information dont vous parlez mais je chercherai de loin en loin et je finirai donc bien par tomber dessus. Comme je vous l'ai dit, elle me paraît probable : chacun a tendance à imiter ses ennemis.

La question des origines du peuple juif.
Qu'est-ce que j'en sais ? Les origines de tous les peuples sont obscures.

"S'étant créé de toutes pièces une religion bidon et une origine immémoriale, ils se sont voués à l'imposture - ce dont Jésus a voulu les délivrer."

Religion bidon, comme vous y allez...

Vous croyez par hasard qu'il y a un ou des dieux qui se sont donnés la peine de venir nous faire prêchi-prêcha mais pas de nous sauver de la souffrance et de la mort ?

Je vais vous dire ce que je pense :
Le polythéisme est né des boucs émissaires.
Le monothéisme de la monomanie.

Je m'explique.
En résumant à grands traits.
L'homme imite le désir de l'autre. Vous avez soif. Je le vois, cela me donne soif. Vous le voyez et vous avez encore plus soif... Avec un peu de chance, on va se disputer la bouteille !
Je caricature, mais c'est comme ça. Et d'autant plus dangereux qu'en groupe, les rivalités, donc les violences sont multipliées. Et alors ? La société explose ?
En général non, les gens se réconcilient sur le dos du bouc émissaire. Le récit peu objectif de sa vie et mort devient le mythe, etc., etc., le bouc émissaire est la matrice par excellence de la culture.
Vous doutez ? Regardez, par exemple, le nombre d'éclopés des mythologies. Or les handicapés sont dans les sociétés anciennes parmi les victimes préférentielles.

C'était le polythéisme !
Le monothéisme.
Les peuples ont un dieu préféré, ils s'imaginent vite que c'est le seul, le dieu d'Israël par exemple devient le dieu unique.
Là d'accord, le dieu n'est pas né d'une victime mais qu'est-ce qu'il va en faire ! En tout cas, dès qu'il y a plusieurs monothéismes à se disputer le même dieu.

Jésus a voulu délivrer tous les hommes du mécanisme du bouc émissaire, projet commencé par les Juifs, et par certains Grecs, continué par chrétiens et musulmans et devenu universel aujourd'hui.

Qui ne se méfie de la tendance à faire des victimes ? Qui ne se proclame victime ?
Etc.
Mais nous continuons à diaboliser les autres.

Ce n'est pas notre faute, l'homme imite, voir les neurones miroirs.
Ce qui serait une faute, ce serait de cesser de lutter contre cette tendance, comme le font les gouvernements totalitaires, avec par exemple les procès de Moscou où les soi-disant traîtres devaient prétendre avoir trahi pour reconstituer une unité de la société sur leur dos.

J'ai assez peur qu'avec la crise, nous ayons de nouveaux totalitaires.
Les hommes sont des drogués de l'unanimité sacrificielle.

Xavier NEBOUT

@Noblejoué

L'info a été donnée hier sur Radio Vatican.

Abraham est déjà le mythe fondateur de celui qui est chassé de partout et dans lequel tout juif peut se reconnaître, et celui de la fuite d'Egypte où il n'y a jamais eu d'esclaves, est encore celui de ceux dont on ne veut plus.

Selon Robert Aron dans "Le Dieu des origines", qui ne peut être soupçonné d'antisémitisme, les juifs sont issus des bannis de Babylone et d'Egypte.

S'étant créé des toutes pièces une religion bidon et une origine fabuleuse, ils se sont voués à l'imposture - ce dont Jésus a voulu les délivrer.

calamity jane

Fils de dieu incarné, ledit Jésus ne pouvait avoir ni frère ni sœur et sa naissance se devait d'être annoncée à Marie par un archange qui, par ailleurs, sait utiliser arc et flèches. Marie qui selon toute vraisemblance fut créée de toute pièce pour justifier le Dieu fait Homme qui permet la Trinité : père invisible, fils incarné et esprit saint en éclairage. Un sacré triptyque où chacun a un rôle distinct ne venant en complément ni de l'un ni de l'autre mais agissant comme
entité séparée !
Pour arriver à ce galimatias d'esprits éminemment supérieurs il fallait que fut choisie la plus humble des femmes de l'endroit, celle qui portait voile afin que les pharisiens ne s'avisent pas de la désirer puisqu'à ce moment-là, le voile paraissait être un signe social genre notion de caste c'est-à-dire reconnaissable. D'ailleurs c'est sa cousine qui la prévient, et, lorsqu'elle accouche, obligés de se planquer avec Joseph, le bébé naît en chemin dans une pôvre étable. Si on accepte ce magnifique conte et le secret de la naissance de Jésus, on comprend l'attitude distante de Marie.
Faire comprendre à des humains qu'un être spirituel supérieur qu'ils ne pourront donc jamais approcher dans leur condition terrestre, s'entend ni eux ni quiconque à l'autre bout du monde, c'est leur donner prétexte pour exprimer haine dans l'horreur ou amour dans la vertu ; la lanterne inspirante esprit saint se chargeant des miracles et autres apparitions.
Et puis ledit Jésus ne pouvait partager sa vie terrestre puisqu'il était dieu incarné avec un attribut qui perpétue la vie qu'il garde fermé à double tour car enfin il n'a pas à partager sa vie sur terre qui, factuellement racontée, est pour moitié céleste (la fameuse dualité retrouvée haine
amour) en transmettant son état d'inspiré-incarné.
On marche sur des œufs tombés du ciel après la chasse du paradis terrestre où il semble exprimé : c'est pas toi qui décides de la vie et du savoir de vie, c'est moi. Aussi pour te consoler, je t'enverrai un messie.
Comme le créateur n'a aucune (paraît-il) notion de temps, Adam et Eve l'attendent encore.
Mais le Messie est enfin venu. Dans son état de dualité mi-céleste mi-terrestre, il ne pouvait être reconnu et il a donc fait savoir qu'il n'était pas calife à la place du calife ni ici bas ni en haut, mais aimerait bien harmoniser son état. Un culot monstre que les Romains et notamment Pilate
n'avaient pas à prendre au sérieux puisqu'ils n'en comprenaient pas l'utilité.
Les juifs l'auraient aidé demandant délivrance : que son sang retombe sur nous et nos enfants !!! qui préfigure l'état
d'entre-soi dont se charge une communauté pour se protéger et conséquemment requérir droits propres. Devoirs ? Ou ledit Jésus devient roi sans Etat ni terres mais dans la définition duelle être ici ou être ailleurs !
Comme personne d'entre nous n'y était et que les évangélistes ont eu du temps pour recoloriser le film, rien n'est blasphème.
De plus, comme cela fait partie intégrante du patrimoine de l'Humanité, chacun, chacune peut y apporter un élément de discussion, et ce d'autant les baptisés à leur insu c'est-à-dire par héritage.

Zomia

J'aurais plutôt tendance à ne pas retenir dans ce film le motif d'antisémitisme, pas plus que dans l'affaire d'ailleurs, mais plutôt un motif purement et simplement d'argent. Les paroles antisémites proférées par Fofana et les autres ne sont qu'une parade pour se dissimuler à eux-mêmes le réel but de leur acte, l'argent. Ce n'est pas "le juif" qu'ils ont tué, mais l'homme qui ne leur a pas permis d'atteindre leur but.
L'argent, cet élément que nos sociétés ont placé comme valeur unique et prioritaire réveille dans la nature de l'Homme, et quels que soient ses origines, sa religion, son âge, sexe ou position sociale, une avidité bien plus puissante que le pur et simple sentiment d'antisémitisme qui, du reste, est lui-même rattaché à la conception que certaines communautés sont forcément, ou le sont réellement, mieux loties financièrement que d'autres.
Je crois que si nous et notre justice continuons à analyser en passant par des critères de "race", "couleur", "religion", etc., rien ne changera et la société ira de pire en pire. C'est comme si notre justice et une grande partie de la société avaient annulé les simples notions de bien et de mal. Peut-être faudrait-il ne retenir que les actes pour que notre justice et ses acteurs retrouvent le vrai sens de la Justice.
Fofana et ses compères ont commis un acte de mort réel contre un homme de chair comme eux. D'autres, dans notre société, ont trouvé des méthodes pour tuer à petit feu sans bruit et dans l'impunité la plus totale.
J'ai toujours pensé que le pire combat que l'Homme doit mener dans sa vie c'est seul contre lui-même.

fugace

@Tipaza

Je reviens sur ce billet pour rebondir sur notre échange à propos de « L'Art de la fugue », s'agissant de JS Bach. J'ai en ce qui me concerne une préférence pour Glenn Gould à l'orgue, qui "transporte" en effet dans un autre monde que le "métro parisien", quoique...
La Maison Tellier est certes plus terre à terre mais puisqu'il faut de tout pour faire un monde, on se demande en effet ce qu'il faudrait en retirer pour qu'il fut parfait !

P.S. : La version (en écoute) de Célimène Daudet m'est aussi très agréable.

Noblejoué

@ Xavier Nebout

Je n'ai pas trouvé trace sur Internet du fait que des Israéliens juifs fanatiques chassent les chrétiens.
Ceci dit, je pense que c'est probable étant donné que les Israéliens vivent tout de même dans l'aimable Moyen-Orient où trop de gens obligent les chrétiens à partir.

Au fait, pour mémoire :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/09/pour-nos-freres-chretiens-d-orient_1437238_3232.html

Extrémistes juifs et arabes s'opposant les uns aux autres ne peuvent que se ressembler car les extrémistes se ressemblent à la base et les adversaires se copient dans l'hostilité.

Bref, rien de spécifiquement juif comme vous semblez le croire.
Vous avez l'air de dire qu'on les a chassés de divers endroits à cause de mauvais comportements.

Non.
Parce que toute société a besoin de boucs émissaires.
Les juifs ont-ils été chassés de Shanghai ? Non. Cette ville est très concurrentielle mais a accueilli Russes communistes, Russes blancs, sait supérieurement intégrer.
Surtout elle n'en a rien à faire des Juifs, alors que les chrétiens en sont obsédés. Forcément : leur religion est née de la religion juive.
Les Juifs n'étaient qu'une minorité... Oui mais les chrétiens avaient besoin d'eux d'un point de vue religieux. Une contradiction dure à tenir... Il fallait bien que les Juifs en fassent les frais. Il y a d'autres raisons religieuses et accessoirement d'autres.
J'ai eu la chance de lire René Girard qui parle de bouc émissaire et un peu de pourquoi les chrétiens avaient besoin des Juifs comme boucs émissaires, notamment pour penser que seuls les Juifs sont responsables de la mort de Jésus et capables, plus généralement, de lynchage.

Il est difficile de se rendre compte qu'on désire une chose parce que l'autre la désire et qu'on est toujours capable de faire des boucs émissaires.
Il est presque inévitable d'avoir tendance à accuser les autres de complots, d'agressions injustes sans voir les siennes, et enfin bref, du mal et de se croire innocent.

Sauf quand persécuté on se joint à la foule hostile, on croit se réconcilier avec ses agresseurs en pensant et disant qu'ils ont bien raison de vous agresser.

Il ne faut céder ni à la tentation de faire des victimes ou si l'on est victime de se croire coupable.

Xavier NEBOUT

En Israël, des juifs dits intégristes "invitent" les catholiques à quitter le pays, avec menace de mort adressée à un évêque, et cela avec une parfaite passivité des autorités.

Le jour où les musulmans y seront plus nombreux que les juifs, et où les manigances pour maintenir les nations qui l’entourent dans les conflits auront fait long feu, les juifs peuvent s'attendre au pire.

Alors, on trouvera peut-être un autre Yehudi Menuhin pour dire que les juifs devraient davantage se demander pourquoi ils ont toujours été chassés de partout.

Savonarole

Tipaza | 02 mai 2014 à 07:34

Vous avez totalement raison, j'ai raté ma démonstration, je voulais manifester l'exaspération que l'on ressent devant l'intrusion du cinéma pour illustrer un fait de société "et maintenant le film !", on nous assène ce slogan comme étant imparable. Certes il était important de faire un film sur Nuremberg après guerre pour édifier le monde, mais le procédé vire à la ritournelle.

Alex paulista

Je viens de voir l'émission de Ruquier en replay, et il faut rendre justice à Caron qui a été meilleur que sa comparse.
J'ai été exaspéré par Arcady, et surpris que personne n'ait contredit son cliché comme quoi il n'y aurait plus un élève juif à l'école publique dans le 93.
Avec des caricatures comme celle-là comment s'étonner que la France soit vue comme un pays antisémite en Israël...
Cet imbécile propage une caricature communautariste qui est le pendant juif des clichés imbéciles qui ont conduit au choix d'Ilan Halimi comme cible de Fofana et de sa bande.

Mais la vraie question, quand des jeunes en torturent un autre jusqu'à le brûler vif, est de se demander comment ils peuvent faire des choses comme ça. La réponse de la clique à Arcady est "c'est parce qu'il est juif". Il me semble que non, que s'ils sont capables de torturer Ilan Halimi, ils sont capables d'en torturer d'autres comme vous ou moi s'ils pensent avoir plus d'argent au bout.
On le voit au Brésil, où les criminels découpent parfois leurs victimes en morceaux, les brûlent vifs ou font manger les restes à leurs chiens.
C'est intellectuellement de la débilité profonde, émotionnellement une monstruosité, dans les faits c'est glauque et sordide.
L'antisémitisme n'est ici qu'une circonstance aggravante, mais pas le fond du problème. Le fond du problème, c'est l'existence de tels dégénérés en France, passés par l'école publique.

Tipaza

"C'est le vecteur du cinéma qui pose problème.
Je me tue à le dire : le cinéma est un art mineur.
Rien à voir avec la peinture ou la sculpture qui sont des arts éternels."
Rédigé par : Savonarole | 01 mai 2014 à 19:24

La comparaison est biaisée. Le cinéma est un art qui repose sur le temps. Le temps pendant lequel se déroule l’action.
Peinture et sculpture sont des arts intemporels, en ce que le temps n’influe pas pendant qu’on les observe. On peut regarder une peinture ou une sculpture pendant un temps infini, elle reste la même, et la perception que nous en avons ne dépend pas du temps qui s’écoule pendant l’observation. Elle dépend de la façon dont nous la percevons en fonction de l’analyse que nous nous en faisons.
L’imagination peut jouer son rôle, et au-delà le processus de maturation face à l’œuvre d’art peut se faire en toute sérénité, alors qu’au cinéma le réalisateur nous impose le mécanisme de perception par un déroulement du temps qui nous échappe.
Le seul art qui fasse intervenir le temps, lui aussi, est la musique.
Mais la musique présente l’avantage d’une abstraction maximale, qui fait appel aux ressorts les plus profonds de l’âme, alors que le cinéma montre, dans un temps qui s’écoule souvent avec platitude. La vision trop concrète empêche le processus d’assimilation profonde. C’est cette superficialité du cinéma qui fait qu’on ne peut pas voir dix fois le même film, ou le même clip vidéo, alors qu’on peut écouter cent et une fois l’Art de la fugue, bien que certains ne puissent pas l’écouter une seule fois.
Enfin ce que j’en dis.

Noblejoué

@ Tous ceux qui débattent pour savoir qui a tué Jésus.

A mon avis, tout le monde.
Comme dans tous les cas de bouc émissaire.

Jésus dénonçait le mécanisme du bouc émissaire et a été broyé par lui.
Pour plus de renseignements, lire René Girard.

Nous pouvons tous être des victimes si certains groupes sont plus visés que d'autres.
Tous être des lyncheurs.

Méfions-nous des autres et de nous, et essayons de tous nous préserver.

Denis Monod-Broca

@ Surcouf
"[...] je n'ai rien à assumer étant né bien après la guerre."

À ce compte-là, oublions l'histoire, n'assumons rien, puisque nous n'étions pas nés.

"Le pardon est une notion bien trop religieuse et je suis athée."

N'est-ce pas, là aussi, une échappatoire bien facile.

Denis Monod-Broca

@ duval uzan

Un innocent condamné parce qu'une foule unanime voulait sa mort : événement banal. Ce qui est moins banal, proprement unique, dans le cas de Jésus c'est d'abord qu'il l'avait annoncé et c'est ensuite que très vite certains de ceux qui étaient dans la foule se rappelèrent ses paroles et comprirent, trop tard, ce qu'ils avaient fait.
L'accusation de déicide formulée par les chrétiens à l'encontre des juifs est injuste non pas parce que la foule n'était pas juive, elle l'était, mais parce que les chrétiens sont, tout autant que les juifs, les descendants de cette foule assassine. Mais c'est vieux comme le monde : on accuse du crime ses complices pour, espère-t-on, s'en dédouaner soi-même.

L'équivalent moderne de déicide, crime absolu, est génocide. C'est bien une foule européenne (presque) unanime qui voulut l'extermination du peuple juif. On s'en dédouane en accusant les nazis, et eux seuls, de génocide. C'est injuste.

Pilate n'est pas le seul à s'en laver les mains...

Polochon

@duval uzan

On ne peut pas affirmer n'importe quoi et tordre la vérité !
Jésus était juif, vivait en Judée et a bien été crucifié par Pilate à la demande de certains juifs.
Ce n'est d'ailleurs pas le point central de l'enseignement de l'église mais c'est un fait historique. Et je peux vous assurer qu'il n'y a aucune haine actuellement dans l'enseignement de l'Eglise vis-à-vis des juifs.
Vous dites ensuite que la première Eglise était juive. C'est vrai, mais un juif qui suit le Christ, par définition, c'est un chrétien.
Un des derniers papes (JPII ou BXVI) a d'ailleurs beaucoup insisté sur les racines juives de la foi chrétienne.

Denis Monod-Broca

@ Michel Deluré

Si le pardon est une faiblesse, vive la faiblesse !

Et d'ailleurs qui serait assez fou pour s'exclamer "vive la force !" ?

MS

"L'église catholique continue à enseigner dans ses cours de catéchisme que ce sont les Juifs qui ont tué Jésus !"
Rédigé par : duval uzan | 01 mai 2014 à 17:57

Certainement pas, en aucune manière.

Mais cela a malheureusement été longtemps le cas - en tout cas perçu comme tel - à travers principalement l'expression "Oremus et pro perfidis Judaeis" (Prions aussi pour les Juifs perfides) rattachée à la liturgie du Vendredi Saint, expression que Jean XXIII a fait abolir.

Noblejoué

D'après ce que je lis ici ou là, le film qui sort est honnête, sans plus.

Par contre, je viens de lire "En mémoire de la forêt" de Charles T.Powers, grand roman gris.
J'imagine que ceux qui l'ont découvert il y a quelques années seront content qu'on évoque un livre sur la mémoire, la Pologne, d'une grande justesse et à l'expression poétique.
J'espère que les autres auront envie de s'y plonger.

http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/08/25/pologne-annee-zero_1563324_3260.html

Mary Preud'homme

cf duval uzan, 17:57, dernier paragraphe
---
duval uzan
Vous semblez avoir une connaissance très approximative et qui plus est ancienne (en tout cas d'avant le concile Vatican II) du catéchisme.
Pour mémoire, je vous renvoie à la prière du Vendredi Saint, prononcée dans toutes les églises du monde catholique lors de l'office de la Passion, à l'intention des juifs :
"Pour le peuple juif :
"Prions pour les Juifs à qui Dieu a parlé, en premier : qu'ils progressent dans l'amour de son Nom et la fidélité de son Alliance."
Silence et temps de prière après quoi le prêtre conclue :
"Dieu éternel et Tout-Puissant, toi qui as choisi Abraham et sa descendance pour en faire les fils de ta promesse, conduis à la plénitude de la rédemption le premier peuple de l'Alliance, comme ton Église t'en supplie. Par Jésus, le Christ, Notre Seigneur".
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Petite précision, Jésus était Juif comme Marie sa mère, Joseph son père nourricier, ses frères... Et considéré par ses pairs comme un prophète. [C'est d'ailleurs encore le cas aujourd'hui pour juifs et musulmans]. Ses apôtres et nombreux disciples étaient juifs. Alors que les prêtres (et autres docteurs de la loi) qui l'ont livré (et non pas tué comme vous l'écrivez incorrectement) sont toujours désignés dans les textes actuels du catéchisme et des missels liturgiques par le terme "pharisiens" qui correspond à une mouvance religieuse intransigeante (que l'on assimilerait aujourd'hui aux fondamentalistes) comme il en existe d'ailleurs dans toutes les religions, y compris les religions chrétiennes. Et ceux qui l'ont supplicié étaient Romains et méprisaient les Juifs (toutes tendances confondues) qu'ils considéraient comme des barbares.

Surcouf

@Denis Monod-Broca | 01 mai 2014 à 11:32
"Peut-être le monde serait-il plus pacifique, les relations entre les hommes plus apaisées, l'humanité un peu meilleure, si nous savions 1/ pardonner aux nazis et 2/ assumer notre part de responsabilité, ou au moins de complicité passive, dans les atrocités commises".

Certes ma réponse était lapidaire mais je n'ai rien à assumer étant né bien après la guerre. Des nazis ont tué le frère de mon père dans un camp de concentration en le torturant. Je peux trouver des explications, des motifs même mais je ne trouve pas d'excuse.
Je ne crois pas vraiment au pardon mais il serait trop long de débattre sur la notion de pardon. Le pardon est une notion bien trop religieuse et je suis athée.

Achille

Alexandre Arcady est bien parti pour faire un bide avec son film si je me réfère aux commentaires de ce billet.

Il semble que personne n’ait l’intention d’aller voir 24 jours en 110 minutes. Mais est-ce bien étonnant ?

Surcouf

@duval uzan | 01 mai 2014 à 17:57
"L'église catholique continue à enseigner dans ses cours de catéchisme que ce sont les Juifs qui ont tué Jésus ! C'est ça qui me semble le plus grave"

A ma connaissance ce n'est que la vérité. Les hébreux ont tué un autre hébreu. Ils étaient tous juifs à ce qu'il me semble mais je peux me tromper.

Mary Preud'homme

Mme Ruth Halimi avec beaucoup de courage et de dignité a écrit un livre à la mémoire de son fils. Toujours dans le même esprit, elle a autorisé Alexandre Arcady à le mettre en images.
Que les grincheux, cyniques, malveillants et autres pétochards qui ne veulent pas être dérangés et ont peur de découvrir la réalité du calvaire enduré par Ilan continuent donc de se voiler la face et nous fassent grâce de leurs commentaires sectaires, mesquins, falsificateurs et pour certains odieux, revanchards et antisémites.
Tout mon respect à vous Mme Halimi. Nous n'oublierons pas votre fils.

Savonarole

C'est le vecteur du cinéma qui pose problème.
Je me tue à le dire : le cinéma est un art mineur.
Les meilleurs films n'ont qu'une durée de vie de trente à cinquante ans, qui peut aujourd'hui se cogner African Queen avec Humphrey Bogart sans bailler aux corneilles ?
ARTE est un excellent révélateur du vieillissement du cinéma d'avant ou d'après guerre : pas un film où on ne s'endorme avant la fin pour se réveiller au générique de fin, The End, pour crier ensuite au génie...
Hypocrisie du bourgeois en charentaises qui n'irait jamais prendre la peine de se déplacer pour l'aller voir en salle...
Rien à voir avec la peinture ou la sculpture qui sont des arts éternels.
Le Louvre est plein à craquer, on vient du monde entier contempler une vague poterie mésopotamienne, à la Cinémathèque on ne trouve que des boutonneux et autres frustrés qui se projettent sur l'écran noir.
Karell Semtob a raison : un livre sur cette affaire Halimi oui. Un film, non merci.
On m'informe d'ailleurs que Zabou Breitman en fait des tonnes et que le film est plombé par une sorte de numéro d'acteurs du type "La Vérité si je mens" version dramatique.

Parigoth

@duval uzan
L'église catholique continue à enseigner dans ses cours de catéchisme que ce sont les Juifs qui ont tué Jésus !

L’Église enseigne ce qui est raconté par les Évangiles, véritables « reportages » de la Passion de Jésus relatée par quatre auteurs distincts et dont l'authenticité peut être prouvée de diverses façons, dont l’exégèse linguistique par rapport à des points de repères historiques connus.

Si Jésus a été mis à mort par les Romains (qui possédaient le monopole de la violence), ils l'ont fait d'après la décision des tribunaux religieux juifs.

Et rappelons-nous la terrible clameur de la foule à qui Pilate avait demandé de choisir entre la libération de Barabas et celle de Jésus « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! », Matthieu (chapitre 27;25) qui nous donne à réfléchir avec le recul de l'histoire de ces deux millénaires.

Cependant, il faut savoir que pour les chrétiens il existe au-delà de la lecture littérale et factuelle des événements relatés par les Évangiles, une seconde approche figurée des choses selon laquelle ils se comportent eux-mêmes comme les Juifs de l'an 33 quand ils pèchent et dont ils partagent alors la responsabilité.

Alex paulista

D'accord avec semtob. L'autre jour je suis tombé sur un film catastrophe où des gens sautaient par les fenêtres pour fuir le feu. Depuis le 11 septembre 2001, quand je vois ça, je change de chaîne en cherchant quelque chose de bien distrayant.

semtob

Cher Philippe,

Un livre sur Ilan, peut-être.
Un film sur Ilan. C'est beaucoup trop de douleur. Ilan, c'était hier, juste hier. Et tous les jours nous pensons à lui et à sa famille.
Ilan, c'est aujourd'hui et avec une souffrance éternelle.
Un film sur Ilan. Non, cela ne peut pas être un film.
françoise et karell Semtob

calamity jane

Monsieur Claude Lanzmann ne veut pas que l'on montre la "Shoah" ? Mais alors on peut montrer la résistance faite par des hommes et des femmes qui avaient en ligne de détestation + une certaine "Nuit de cristal" que les atrocités qui suivirent.
Même si je suis profondément d'accord en me plaçant du côté de la ou des victimes puisqu'aussi bien il s'agit de toujours faire une sorte d'éloge de la violence lorsqu'on détaille le comportement d'un bourreau !
Les faits de ce terrible drame se suffisant à eux-mêmes, A. Arcady se devait de promouvoir le film avec une définition militante communautariste.

duval uzan

Bonjour,

Je viens de voir sur France 3 "un bon western", comme on dit.
J'ai détourné mon regard de certaines scènes insoutenables.
Certaines m'ont fait penser à ce qu'avait enduré le jeune Halimi.
L'antijudaïsme ne date pas de la Shoah, il date de la destruction de l'Etat juif et même avant parce qu'on craignait l'arrivée du Messie. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Jésus avait été crucifié par les Romains... enfin c'est une longue longue histoire.
Je vous recommande le petit livre de Javier Teixidor "Le judéo-christianisme" qui en trace l'historique.
Les juifs étaient haïs déjà avant parce qu'ils prêchaient le Dieu unique Yahvé et combattaient le paganisme.
S'il y a un procès à réviser ce serait celui de Jésus.
S'il y a une étude psychosociologique à faire ce serait celle qui expliquerait l'origine de la haine des juifs.
Ce n'est que de cette façon que l'on combat un sentiment, pas en l'interdisant. Un sentiment est par essence incontrôlable.
La haine des juifs est un sentiment qui s'est transmis de génération en génération. L'effacer par la morale n'est pas possible car comme l'avait bien souligné Jean-Paul Sartre c'est devenu un adjectif péjoratif, un synonyme de tout ce qu'il y a de mauvais...
Les psychanalystes parlent beaucoup de la jalousie de l'aîné, mais je n'ai pas connaissance d'études faites sur la jalousie des "puinés" qui correspondrait justement au regret de ne pas avoir été le premier.
L'aîné est celui qui peut toujours dire j'étais là avant toi !
Cette douleur de ne pas avoir été le premier seul Charles Péguy a su l'exprimer dans "Le mystère de la charité de Jeanne d'Arc".
L'église catholique continue à enseigner dans ses cours de catéchisme que ce sont les Juifs qui ont tué Jésus ! C'est ça qui me semble le plus grave et j'espère que le Pape François fera cesser cet enseignement de la haine par le récit de la passion, qui diabolise les juifs. Il ne faut pas oublier que ce sont des juifs qui ont le plus pleuré Jésus et que la première Eglise était juive.

Michel Deluré

@Denis Monod-Broca

Tout est-il pardonnable et notamment l'indicible ? Et au-delà de quelle limite le pardon ne devient-il pas une marque de faiblesse qui se retourne contre une société qui en use trop facilement ?

Breizmabro

@SR:01 mai 2014 à 11:05

Je suis d'accord. Faire un film à partir de faits divers est le lot de ces professionnels de la profession, on les a tous eus au cinéma ces faits divers, depuis les Maigret jusqu'à ceux d'O. Marchal.

Pourquoi ce film relatant la vie d’un voyou avide d’argent facile, ayant trouvé comme levier pour l’obtenir d’enlever un juif au prétexte qu’ils auraient plus d’argent que d’autres, est-il signifiant ? Parce qu’il est véhiculé que juif égal argent ? Admettons, mais d’autres disent : ce sont les fourgons qui transportent l’argent, donc c’est là que l’on tape, fort s’il le faut. D’autres disent « vite fait, bien fait » dans les bijouteries, tant pis s’il y a mort d’homme. Quelle était la religion des convoyeurs ? Quelle était la religion des bijoutiers ? Ce n'est pas la question c'est juste "le fric et vite !"

Le baron Empain a été séquestré et torturé au prétexte qu’il était baron et qu’il était riche, personne n’est venu défendre devant une caméra que c’était à cause de sa religion, tout le monde savait que c'était pour obtenir du fric.

Ilan Halimi a été séquestré avec demande de rançon à sa famille supposée riche ou pouvant se procurer ladite rançon.

La famille Empain (riche) n'a pas versé la rançon. Les voyous qui l'avaient enlevé et séquestré l'ont finalement libéré.

La famille d'Ilan n'a pas pu verser la rançon demandée par Fofana, Fofana l'a exécuté.

Le reste n’est que supputation.

Parigoth

@Michelle D-Leroy
Comment des jeunes élevés dans un pays moderne (la France) et développé, instruits à l'école de la République (dont les valeurs sont si chères à notre nouveau Premier ministre) peuvent-ils devenir ces monstres froids ?

Et si ceci expliquait justement cela ?

Quant à l'adjectif « moderne » qui équivaut à « contemporain » il n'implique aucun caractère de valeur quelconque. L'homme de Cro-Magnon a aussi été un homme moderne en son temps...

@Savonarole
Roger Hanin en 1984 a réalisé "Train d'enfer"...

Je ne vois pas bien ce que vient faire ici la référence à ce film de propagande, basé sur des amalgames et des clichés déplacés visant à stigmatiser un parti politique.
De plus, d'après ce dont je crois me souvenir, les candidats légionnaires n'étaient même pas des « Français de souche », et pour cause.

caroff

J'avais entendu le philosophe Yves Michaud souligner lors de l'émission "L'esprit public" de Philippe Meyer (dommage qu'il en ait été évincé un peu plus tard) que Fofana était "sorti de la communauté des hommes" par ce crime horrible. C'est ce qui m'a décidé à lire le livre de Morgan Sportès "Tout, tout de suite".
Ce livre d'écrivain m'a profondément bouleversé et comme je veux garder intacte cette émotion, je n'irai pas voir ce film.
Qui plus est, toujours selon le bouquin de Sportès, cette abjection ne semble pas avoir été guidée par l'antisémitisme, mais plutôt par les préjugés, l'imbécillité et l'inculture qui, elles, n'ont pas de nationalité.

Jean-Paul Ledun

Non, non, non, trois fois non.
Un film commercial pour immortaliser par l'image le calvaire de ce jeune homme, la violence, la bêtise et la barbarie d'un autre, je trouve que la démarche manque le but recherché.
M. Arcady le dit lui-même dans ONPC - avant que la stupide sortie d'Aymeric Caron ne soit coupée au montage - le but est de stimuler le débat.
Eh bien qu'il fasse un documentaire et se tape toutes les académies de France !
Ce n'est pas les 30 + qu'il faut informer mais tous les gamins (gamines) du pays.
Evidemment je n’irai pas le voir. La réalité me suffit amplement.

Denis Monod-Broca

@ Surcouf

Peut-être le monde serait-il plus pacifique, les relations entre les hommes plus apaisées, l'humanité un peu meilleure, si nous savions 1/ pardonner aux nazis et 2/ assumer notre part de responsabilité, ou au moins de complicité passive, dans les atrocités commises.

SR

Un téléfilm sur France 2 eut suffi, Alexandre Arcady est un médiocre réalisateur, il transforme sa campagne promotionnelle en propagande sioniste dérangeante. Il utilise un fait divers hors norme en France pour en faire une cause nationale. On trouve quand même des critiques cinématographiques pour relever les invraisemblances du scénario. Car il s'agit avant tout d'un film, donc un produit de consommation, les spectateurs ont le droit de critiquer après avoir payé 13 euros. Spider Man est mieux ficelé.

Surcouf

@Denis Monod-Broca | 01 mai 2014 à 10:13
"La seule bonne pédagogie est dans le pardon des coupables."

Avons-nous pardonné aux nazis ? moi non !
Pourtant l'atrocité est pour moi, intrinsèquement, de même nature.

moncreiffe

On évoquait déjà en septembre 2011 quatre projets de films concernant "l'affaire Ilan Halimi". Thomas Langmann et Roschdy Zem ont abandonné leurs projets. Alexandre Arcady et Richard Berry sont allés jusqu’au bout, mais dans des directions très différentes.

Alexandre Arcady a choisi d’adapter le livre de Ruth Halimi, « 24 jours : la vérité sur la mort d’Ilan Halimi » (2009) et d’adopter son point de vue (le témoignage d’une mère). C’est certainement émouvant, mais ça n’apporte rien à la compréhension des choses.

En revanche, Richard Berry a choisi d’adapter le livre de Morgan Sportès « Tout, tout de suite » (2011), de remettre cette affaire dans son contexte et de comprendre comment une bande d’abrutis (motivés par l’argent facile) a pu commettre de telles atrocités.

Le film est en cours de tournage et devrait sortir au printemps 2015. Voici ce qu’en disait Richard Berry en janvier 2012.

http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Ca-va-se-passer-ce-week-end/Sons/Richard-Berry-j-aimerais-comprendre-l-affaire-Halimi-894189/

Denis Monod-Broca

Montrer du doigt les coupables n'a rien de pédagogique. Ou plutôt si, mais à mauvais escient. Cela incite à... montrer du doigt les coupables. Autrement dit à recommencer encore et toujours "ça" au cri de "plus jamais ça !".

La seule bonne pédagogie est dans le pardon des coupables.

Jean-Dominique Reffait

Je n'irai pas voir le film pour les raisons que vous évoquez. Je ne suis pas concerné par la volonté didactique de ce qui demeure un spectacle, une fiction de cinéma filmée comme telle. Je n'ai pas envie de pleurer à la représentation du réel quand le réel brut est encore très présent à ma mémoire. De fausses larmes pour ne pas oublier les vraies ? Dérisoire.

Les extraits que j'en ai vus révèlent un académisme formel dans la façon de filmer qui se heurte à l'intention. Cette académisme réduit le propos à la narration d'une histoire triste, comme il y en a plein le cinéma. La mention "inspiré de faits réels" prolifère dans les productions américaines sans que nous y voyions autre chose qu'un spectacle.
Peut-on tourner platement un sujet qui ne l'est pas ?

Votre avis positif tient au fait que vous avez été au coeur de cette affaire, vous reconnaissez la réalité que vous avez vécue, vous substituez les vrais visages aux faux, les vraies larmes aux fausses. Mais pour nous, pour moi, ce basculement est impossible sans une autre façon de filmer. Un polar engagé qui se finit mal, qu'est-ce que j'en ai à faire ? Je préfère garder brutes, même si incomplètes, mes sentiments sur ma relation à cette affaire, je ne veux pas les polluer par des ersatz de sentiments. Halimi, c'était hier, pas il y a soixante ans. Trop frais pour en jouer la tragédie classique et bien cadrée selon les normes.

Qu'auraient fait de ce sujet un Lanzmann ou un Moati ? Ou un Kassovitz dans un registre de fiction ?

Catoneo

Je ne sais pas ce qu'il y a à "voir" en plus de tout ce que l'on sait déjà. Des bêtes humaines comme Fofana existent toujours en dehors de cette affaire, et l'horreur continue. Certain(e)s en réchappent parfois (ma soeur a échappé à Guy Georges), d'autres non.
Je n'irai pas voir le film d'Arcady, car je suis assez écoeuré déjà, je n'ai pas besoin du secours d'un explicateur de notre société malade. Je sais !

Ribus

@Xavier NEBOUT

Je n'ai pas dit cela ; vous m'avez mal compris. Le film d'Arcady et "la Marche" sont à l'identique deux films de propagande. Je n'ai jamais soutenu que la cause arabe valait mieux que la cause juive. Je me suis limité à souligner le ras-le-bol des "Français de souche" d'être témoins et manipulés dans les opérations de com' de ces communautés sur notre sol.

@Savonarole

Comme argument, vous me citez un film du beau-frère de Mitterrand. Franchement, vous auriez pu trouver mieux.

Mitterrand, le véritable fondateur politique du Front National a, en effet, mis le ver dans la pomme en transplantant le conflit israélo-palestinien sur la terre de Saint Louis.

Cela justifie en effet de citer son beau-frère...

vamonos

Alexandre Arcady a concentré dans 110 minutes une tragédie qui a duré 24 jours. Comme ils ont dû paraitre longs ces 24 jours pour le pauvre jeune homme supplicié !

Pendant ces 24 jours, les policiers n'ont pas chômé, ils ont fait la tournée des commissariats de banlieue, ils sont allés partout et notamment dans le commissariat de Bagneux situé à quelques dizaines de mètres de la cave où était séquestré Ilan Halimi. Les policiers de Bagneux n'ont pas reconnu Fofana en regardant le portrait robot, je trouve cela vraiment étonnant.

Mais ce qui me choque le plus dans l'épilogue de cette tragédie est en rapport avec les peines de prison purgées par les condamnés. Seul M. Fofana est encore en prison, tous les autres sont sortis depuis longtemps. Certes, l'avocat général du premier procès nous assure que les peines prononcées étaient proportionnelles aux crimes perpétrés par les membres du gang des barbares ; mais j'éprouve d'énormes difficultés à l'admettre car je crois aux vertus de l'adage du droit, "Dura lex, sed lex". De plus, les condamnés ont bénéficié de remises de peine et là, je suis sidéré car pour certains d'entre eux, leur mauvaise conduite a fait l'objet d'articles dans les media. Je ne m'habitue pas à la tendance générale qui est à l'allègement et à l'aménagement des peines.

Ribus

@Breizmabro
"J'ai écouté M. Arcady chez ONPC je n'ai retenu que son militantisme. Je n'irai pas voir son film pour cette raison."

Breizmabro, c'est où le bât blesse car ils en font trop. Arcady est peut-être sincère après tout ou, plus prosaïquement, se refait une santé artistique et financière.

Mais ce message contre l'antisémitisme risque justement de l'alimenter. Faire ce genre de film aujourd'hui devient à mon avis maladroit.

La société française est très clivée ; les communautés sont à cran ; la France est en voie de libanisation.

oursivi

A vous lire je me dis qu'il manque l'essentiel, l'évidence, mais votre (?) piratage récent, ma foi...

Et puis à lire les autres, mes congénères, me vient que rien ne passe inaperçu et que même X. Nebout (entre autres) peut écrire des vues salubres et lucides, dont tous ici sommes conscients et dont seul Arcady semble se vouloir montrer inconscient.

A mon avis très consciemment.

Partant de là son film ne fera rien avancer sur le fond.

Cela compris, relativisons.
Nous ne sommes pas à Beyrouth n'en déplaise à M. D-LEROY, ces faits atroces ont heureusement la rareté qu'ils ont.

Peut-être ce film contribuera-t-il à endiguer de cela mais, superficiellement. Il ne va pas au fond des enjeux, tous le sentons. Je n'ai pas écouté le questionnement du réalisateur par les deux critiques, vais m'y coller afin de savoir si un des deux a eu le cran de poser les questions qui devaient l'être.

AO

Franck Boizard

Certains demandent : comment a-t-on pu en arriver là ?

Il faut être vraiment bouché à l'émeri pour ne pas le comprendre.

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