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26 février 2017

Commentaires

stephane

@Charoulet

Et ?

Patrice Charoulet

Après avoir entendu avec un grand plaisir la déclaration de M. Fillon devant la presse réunie, et après avoir déjeuné agréablement, je suis allé faire un petit tour à ma médiathèque de sous-préfecture pour lire "Le Magazine du Monde" (25/02), où vous aviez trouvé la phrase de Mme Mignon qui a servi de base à vos propos.

Je m'attendais à un entretien : pas du tout. L'auteur de l'article avait interrogé plusieurs proches de Mitterrand, de Chirac, de Sarkozy... Et la part faite à Mme Mignon est mince. On apprend, dans le dernière phrase de l'article que sur le bureau de l'ex-directrice de cabinet de NS se trouve... une photo de Margaret Thatcher.
Cela me réjouit. A l'époque, je louais Mme Thatcher dans le Courrier des lecteurs du "Figaro". Et je note que "thatchérisme" a été la première insulte trouvée par nos chers médias pour tenter de tuer... M. Fillon. La boucle est bouclée.

Noblejoué

"Machiavel n'aurait pas détesté la fulgurance sans fard d'Emmanuelle Mignon."

Machiavel voulait l'unité italienne. Machiavel n'était pas dans une perspective démocratique, alors que nous, si.
Les totalitarismes qui ont usé et abusé du mensonge nous rendent affamés de vérité. Une réaction salutaire mais l'indifférence montante envers la vérité est un indice d'une montée vers l'autoritarisme.

Que faire ? Critiquer la moraline de gauche ou le pharisianisme de droite ? Les deux, non, même pas. Le ressentiment et la prétention à la base de ces attitudes.
Au lieu d'en vouloir aux politiciens ou d'encourager leurs vices par détestation du camp d'en face, essayer de s'écarter des pires et créer de meilleures institutions.

Au lieu de jouer au jeu de rôle, je serai résistant à la prochaine dictature, l'éviter. Au lieu de se complaire dans l'idée de déclin inéluctable ou de progrès inévitable, instituer un vrai équilibre des pouvoirs, instaurer une plus grande liberté d'expression et déjà apprendre à communiquer sans tricherie avec les autres dans l'espace virtuel. Ici, nous sommes, après tout, dans un espace de jeu, et comme le disait Caillois, le jeu avec ses règles et le fair-play fait échapper au réel et incline à s'y comporter avec davantage de justice.

Robert

@Claude Luçon | 27 février 2017 à 18:00
"J'ai vécu rue Didouche Mourad (ex-rue Michelet) à Alger de 1972 à 76 où je louais un appartement dans un immeuble de six étages appartenant à un couple de pieds-noirs d'origine alsacienne. Ils étaient aussi propriétaires d'une grande briqueterie en dehors d'Alger et avaient une résidence secondaire à Tipaza où ils nous emmenaient, mon épouse et moi, fréquemment passer un week-end, où nous retrouvions quelques autres pieds-noirs qui faisaient de même.
Ni eux ni moi n'avions été des fans du FLN, pas plus que de Boumédiène à l'époque".

Vous avez l'art de la généralisation facile à partir du cas d'une famille d'origine alsacienne.
Vous oubliez que la société algérienne de l'époque était composée à 80 % de Maghrébins, à 20 % d’Européens et de Juifs d'Algérie. Dans cette diversité, il y avait des partisans et soutiens du FLN dans toutes les communautés, y compris française de souche, notamment issus des rangs communistes, mais pas uniquement.

Quant à votre épisode d'In Amenas, qui semble conditionner votre opinion sur les pieds-noirs, vous semblez oublier que rares étaient les Français d'Algérie, comme nombre de musulmans partisans de la France, prêts à servir et à se soumettre au drapeau vert et blanc. Quand on sert le drapeau tricolore et qu'on l'aime, il est difficile pour un Français d'accepter celui du FLN.
Et il y a une différence fondamentale entre résider dans un pays étranger et en être citoyen. D'autant que la citoyenneté algérienne a été refusée aux Européens par la constituante algérienne : l'abbé Bérenguer cité précédemment en a d'ailleurs fait les frais, si l'on peut m'excuser cette expression, alors même qu'il avait accompagné la délégation FLN à l'ONU...

@Trekker | 28 février 2017 à 02:22
"L’autodétermination prévoyait certes dans une de ses trois options proposées l’indépendance de l’Algérie, mais elle était loin d’être celle privilégiée par de Gaulle. De plus, même dans cette hypothèse elle prévoyait une forte coopération avec la France, une quasi fédération ou confédération, et le maintien des pieds-noirs en Algérie. Ceux-ci ne voulaient surtout pas une égalité de droits entre eux et les maghrébins, ils se cramponnaient à l’illusion d’une Algérie d’avant 1958, et s’employèrent a travestir cette autodétermination. Alors que celle-ci était leur dernière chance pour que cette guerre se termine au mieux de leurs intérêts, mais par aveuglement il la torpillèrent".

Où l'on voit que vous n'avez jamais vécu le 13 mai 1958 et l'été qui a suivi.
En revanche, quant aux intentions du général de Gaulle, mis à part les artifices du discours, sa décision d'accorder l’indépendance à l'Algérie était déjà prise le 16 septembre 1959 et tout esprit éclairé l'avait clairement compris. D'où la réactivation des réseaux qui ont abouti aux barricades du 24 janvier 1960, réseaux qui étaient à l'origine du 13 mai 1958 et qui l'avait porté au pouvoir à la faveur des "treize complots du 13 mai".
Mais je ne veux pas abuser des colonnes offertes par Monsieur Bilger et j'abrègerai ici mon propos.

Claude Luçon

@ Frank THOMAS | 28 février 2017 à 08:35
"Je m'en tiens à votre crapoteuse insinuation qui suggère que les pieds-noirs auraient dû faire preuve de plus de courage et attendre qu'on les égorgeât en Algérie après juillet 1962."

Curieuse réponse !
S'ils avaient fait preuve de plus de courage ils n'auraient alors pas attendu qu'on les égorgeât ! Non ? Ils se seraient battus !
Mais là n'est pas le vrai problème.
C'est une tragédie de notre histoire, ni vous, ni moi ne pouvons la changer.

Avant l'Algérie nous avions vu l'Empire britannique s'écrouler en commençant par l'Inde en 47, le joyau de l'Empire, sous la conduite de Ghandi, sans tirer un coup de feu et en se laissant brutaliser par les Britanniques, le Ghana s'y préparait sous N'Krumah, nous venions de perdre l'Indochine, les noirs américains se rebellaient pacifiquement sous Martin Luther King, tous les signes étaient là, les dirigeants des pieds-noirs et nos gouvernants auraient dû comprendre qu'ils devaient chercher une solution pacifique, pas maintenir les arabes et kabyles sous leurs savates.

vamonos

Le débat d'idées a repris au sujet de la guerre d'Algérie avec des discussions entre personnes qui ne veulent pas écouter leur contradicteur.

Les Anciens d'Afrique du Nord ont versé leur sang pour que le drapeau bleu blanc rouge puisse flotter éternellement, il reste quelques rues des anciens de l'AFN, il reste des noms sur les monuments aux morts, merci pour eux.

C'était le temps des événements dans les collectivités territoriales au sud de la Méditerranée. Dans le département 9A, une petite fille de sept ans rentrait de l'école, un musulman a tenté de l'enlever en la cachant sous son burnous qui sentait fort la laine de mouton mal cardée. Elle se souvient encore de l'odeur cinquante-deux années plus tard. C'était le temps des enlèvements et des corps qui réapparaissaient dans des charniers ou pas. Ce jour-là, la petite fille a eu de la chance, un courageux pied-noir s'est battu avec le musulman. Mais celui-ci a eu le dessus car il a sorti un couteau et l'a égorgé pendant que la petite fille s'enfuyait en courant à perdre haleine. Aujourd'hui, la petite fille est devenue une vieille dame, elle a des enfants et des petits-enfants, ce n'est pas le cas du courageux pied-noir qui lui a sauvé la vie au prix de la sienne.

Giuseppe

Avec le même cynisme avéré la candidate de la Belle Imposture en appelle toujours au peuple dont elle est la très grande bourgeoise.

A regarder de près son programme il est le cousin de celui de la Corée du Nord, les propositions économiques sont un feu d'artifice de toutes les mesures les plus folles.
Pauvres de nous.

caroff

@Claude Luçon
"A son âge le moment était venu de dire au contraire que nous avons une histoire commune, que des Algériens sont venus mourir pour la France en 14/18 et en 40/45 et que des politiques, français et algériens, ont bêtement et cruellement fait mourir leur jeunesse au lieu de les pousser à se construire deux avenirs solidaires.
Dommage !"

Certes, mais Macron, en se rendant en Algérie poursuivait des objectifs électoraux : convaincre les Franco-Algériens de voter pour lui au motif d'une repentance que je considère très malvenue.

Deux remarques sur Macron, qui se caractérise par :

- son absence de convictions propre à la majorité de ceux qui ont appris à penser "thèse, antithèse, synthèse", notamment à l'ENA.

- sa méconnaissance de l'Histoire lorsqu'il prétend qu'il "n'y a pas une culture française" : s'il le pense vraiment c'est une idiotie, s'il déguise sa pensée c'est pour complaire à une frange de la population qui redoute par dessus tout le concept d'identité. Dans les deux cas, il est condamnable !

A propos de Mignon : elle est bien la preuve qu'en dépit du formatage des élites, il subsiste (Philippot en est aussi un exemple) des individus qui arrivent encore à penser par eux-mêmes !

Frank THOMAS

@ Claude Luçon
"Faites-moi l'honneur de lire ce que je viens de répondre ici à Tomas et, un peu plus tôt à Giuseppe", me suggérez-vous.

J'aurais aimé que vous répondiez plutôt à ma remarque. Je ne suis pas vraiment décidé à aller à la pêche de vos humeurs à travers vos œuvres complètes. Je m'en tiens à votre crapoteuse insinuation qui suggère que les pieds-noirs auraient dû faire preuve de plus de courage et attendre qu'on les égorgeât en Algérie après juillet 1962.

Trekker

@ Robert | 27 février 2017 à 12:32
"Vous attribuez à l'ensemble des pieds-noirs les choix politiques et militaires qui ont conditionné l'histoire de l'Algérie entre 1954 et 1962. Certes ils ont pour leur plus grande majorité été partisans de l'Algérie française. Mais, au-delà de l'influence d'une minorité de "gros colons" de la Mitidja qui avaient leurs entrées dans les instances politiques parisiennes, les Français d'Algérie ont bien plus subi les choix politiques décidés à Paris..." 

Il est évident que la majorité des pied-noirs subirent bien plus les choix politiques décidés par Paris qu’ils les initièrent, cela avant 1958 et le retour du général de Gaulle au pouvoir. Ces choix étaient plus que largement influencés par l’infime minorité des gros colons, au plus 300 à 400 exploitations sur toute l’Algérie, et par quelques dizaines de riches négociants.

Mais pour autant ne pas oublier que ces gros colons et riches négociants tiraient avant tout leur pouvoir des parlementaires algériens, qui étaient pour une grande partie à leur solde. Ces parlementaires étaient quand même élus par la population dite d’origine européenne, donc par les pieds-noirs. Ces derniers portent donc une part de responsabilité non négligeable, via les élus qu’ils s’étaient choisis dans la politique hexagonale vis-à-vis de l’Algérie !

"…elle est proprement injurieuse pour les milliers de Français d'Algérie qui se sont engagés et ceux qui ont été appelés et sont morts dans les rangs de l'armée française en Algérie…"
 
Mais aucune comparaison en terme de % rapporté à la population pieds-noirs, au regard des militaires provenant de métropole. Certes tous n’avaient pas choisi, dont une part de pistonnés, de servir en Allemagne.

"Vous oubliez aussi que les européens d'Algérie se sont organisés en Unités territoriales destinées à assurer l'autodéfense des villages des années 1956 à janvier 1961, année de leur dissolution après l'épisode des barricades du 24 janvier 1960…"

Les Unités territoriales n’eurent qu’un rôle très marginal en matière militaire, et donc subirent très peu de pertes. Elles ne faisaient quasiment que de la figuration, mais furent à contrario un des principaux foyers de tous les ultras Algérie française, puis de l’OAS !

"Au plan militaire, les pieds-noirs n'avaient aucune influence. Je vous renvoie pour cela à l'excellente fiche du colonel Goya datée du 22 février…" 

Je l’ai lue attentivement et suis d’accord avec vous, elle est excellente mais il ne traite que de l’aspect militaire de cette guerre.

"Les barricades du 24 janvier 1960 ont été la suite du discours du général de Gaulle du 16 septembre 1959 sur l’autodétermination, date à laquelle il avait déjà pris sa décision d’accorder son indépendance à l’Algérie."

L’autodétermination prévoyait certes dans une de ses trois options proposées l’indépendance de l’Algérie, mais elle était loin d’être celle privilégiée par de Gaulle. De plus, même dans cette hypothèse elle prévoyait une forte coopération avec la France, une quasi fédération ou confédération, et le maintien des pieds-noirs en Algérie. Ceux-ci ne voulaient surtout pas une égalité de droits entre eux et les maghrébins, ils se cramponnaient à l’illusion d’une Algérie d’avant 1958, et s’employèrent a travestir cette autodétermination. Alors que celle-ci était leur dernière chance pour que cette guerre se termine au mieux de leurs intérêts, mais par aveuglement il la torpillèrent.

"…le 5 juillet 1982 à Oran où plus de 600 Français ont été assassinés par les sbires du FLN..."

Vous omettez d’évoquer, dans le trimestre précédant ces tragiques événements, certes ne les justifiant nullement, toutes les exactions et tous les crimes aveugles que commis l’OAS dans cette ville. Entre autres des dizaines de civils musulmans assassinés journellement, au seul motif qu’ils étaient arabes. Pour eux l’armée française resta, sur ordre de Messmer ministre des Armées, quasi aussi inerte que pour les massacres de Français début juillet.

Claude Luçon

@ Tomas | 27 février 2017 à 23:35

Voilà !
Nous pouvons être différents et débattre sagement !
Gauche, droite, je n'y crois pas de toute façon, c'est une conception du passé, du temps de la révolution industrielle et de la guerre froide, une simplification de soviétisme et de capitalisme.
Gauche et droite sont tombées en même temps que le mur de Berlin.
Les jeunes générations vont devoir s'inventer un autre genre de société.
Rien n'empêche d'avoir la tête à droite et le coeur à gauche.

@ caroff | 27 février 2017 à 18:20

Le sort a voulu que je vive en Algérie avant et après la révolution, je suis convaincu que d'un côté comme de l'autre de la Méditerranée tout le monde voudrait enterrer la hache.
Macron a eu tort de parler de colonisation et de crime contre l'humanité, cet individu n'est pas un homme d'Etat. Son passé de banquier le pousse à jouer au poker, ce n'est qu'un Jérôme Kerviel qui a réussi contrairement à l'autre.
Il a loupé une occasion historique !

A son âge le moment était venu de dire au contraire que nous avons une histoire commune, que des Algériens sont venus mourir pour la France en 14/18 et en 40/45 et que des politiques, français et algériens, ont bêtement et cruellement fait mourir leur jeunesse au lieu de les pousser à se construire deux avenirs solidaires.
Dommage !

Tomas

@ Claude Luçon

Vous avez bien compris, je suis de gauche, cela ne m'amène pas à voir dans la droite la source de tous nos malheurs, l'intelligence et la compétence n'ayant pas de couleur politique.
Et je ne vénère personne, mais il est vrai qu'à part mes parents et les médecins qui n'ont fait que leur travail en m'opérant les fois où je suis passé sur le billard, je ne dois la vie à personne.
Je ne suis pas gaullophobe, il a eu une politique étrangère intelligente et adaptée, et avait le sens de la formule, ce qui me fait toujours rire. Et puis il a eu la sagesse de quitter le pouvoir, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Après, il avait ses défauts aussi, on reproche à Hollande les "sans-dents" sans se souvenir de son mémorable "les Français sont des veaux". Et la nostalgie gaulliste qui a court aujourd'hui me peine un peu car comme il a été dit ici par Robert Marchenoir, il a été le produit d'une époque qui n'est plus, la nôtre a besoin d'autres héros. Lesquels, je ne saurais vous dire !

caroff

@Claude Luçon
"J'ai un vieux compte à régler avec les pieds-noirs et ils en entendront parler à chaque opportunité qui me sera donnée."

J'en ai croisé plusieurs entre 1977 et 1980 lorsque j'étais en coopération en Algérie.

Dans le premier cas il s'agissait de juifs pieds-noirs revenant à Oran après seize ans d'absence, chez des amis algériens communs. Ils parlaient tous l'arabe dialectal et se délectaient de plats typiques non déplaisants au demeurant (bouzelouf, tête de mouton à la broche). J'ai eu le sentiment d'être vraiment le métropolitain de base complètement déconnecté d'une culture et de coutumes partagées avec les Arabes...

Dans le second cas, il s'agissait de gens qui vivaient pauvrement au milieu des Algériens ou de restaurateurs algérois perpétuant les traditions culinaires (je n'ose dire gastronomiques) de notre pays.
Ils m'ont inspiré une sorte de pitié tant était grand le décalage entre leur vécu d'une Algérie française idéalisée et ce qu'ils étaient devenus dans un pays en perdition depuis 1962...

Claude Luçon

@ Tomas | 27 février 2017 à 02:03
"En politique la vénération devrait être interdite, c'est la source de tous les malheurs !"

D'accord avec vous, mais si vous pensiez devoir votre vie à Charles de Gaulle, vous le vénéreriez peut-être aussi.
J'ai dû mal vous lire, je me concentrerai plus dans le futur, mais il me semblait que vous aviez une tendance à vénérer la gauche ?
La gauche est une politique, pas Charles de Gaulle, c'était un homme, et quel homme !

@ Frank THOMAS
"Il aurait fallu prévoir la fuite assez peu courageuse des pieds-noirs..." (CL)
"L'ignominie le dispute à la bêtise dans cette petite horreur. Quel plaidoyer pour de Gaulle !"

Chacun perçoit le monde en fonction des aléas de son existence.
Faites-moi l'honneur de lire ce que je viens de répondre ici à Tomas et, un peu plus tôt à Giuseppe. Un détail qui complète mon ignominie et ma bêtise, là aussi à chacun la sienne.

@ Xavier NEBOUT | 26 février 2017 à 23:08
"Pour ma part, je n'ai absolument aucune raison personnelle d'en vouloir à de Gaulle, ni d'admirer Pétain, mes parents n'avaient aucun parti pris pour l'un ou l'autre, si ce n'est de savoir regarder l'histoire avec distance et perspective."

Je présume que vous faites de même à l'occasion de cette élection ?
Belles preuves de courage, de civisme et de patriotisme !

@ Robert | 27 février 2017 à 12:32
"Quelques pieds-noirs Français de souche se sont maintenus en Algérie en raison de leur âge très avancé et faute de famille en France pour les recueillir."

Ah ! Donc les quelque deux millions qui avaient fui en 62, dont pas mal de gens âgés, avaient quelqu'un pour les accueillir en France !
Autant que je me souvienne ce ne fut guère le cas.
J'ai vécu rue Didouche Mourad (ex-rue Michelet) à Alger de 1972 à 76 où je louais un appartement dans un immeuble de six étages appartenant à un couple de pieds-noirs d'origine alsacienne. Ils étaient aussi propriétaires d'une grande briqueterie en dehors d'Alger et avaient une résidence secondaire à Tipaza où ils nous emmenaient, mon épouse et moi, fréquemment passer un week-end, où nous retrouvions quelques autres pieds-noirs qui faisaient de même.
Ni eux ni moi n'avions été des fans du FLN, pas plus que de Boumédiène à l'époque.

Claude Luçon

@ Giuseppe | 26 février 2017 à 20:34
"Claude on est bien d'accord, mais si vous vous agacez ce n'est pas bon pour votre tension."

Merci de me le rappeler d'autant plus que je soigne réellement une hypertension.

De temps à autre j'utilise mes textes comme défouloir pour me détendre, lisez les réactions que mon texte a provoquées, il y a de quoi me détendre.
Pensez que j'ai vécu et travaillé en Algérie en 61/64, puis 71/76 donc je ne fais que raconter ce que j'ai vu et vécu.
Une petite anecdote à propos des pieds-noirs.

A In Amenas début juillet 1962 nous nous sommes retrouvés sans aucune protection, nos 200 légionnaires étaient partis ainsi que l'officier du SAS qui gérait le centre pétrolier.
Un représentant du FLN avec quelques membres de l'ALN sont venus les remplacer.
Pendant quelques jours tout s'est bien passé, puis un matin, panique générale, les quelques pieds-noirs qui travaillaient avec nous étaient partis. Mais avant de partir, dans la nuit, ils avaient abattu le drapeau algérien nouvellement hissé devant l'ex-bâtiment du SAS qui servait de Mairie, ils l'avaient piétiné dans le sable puis avaient uriné dessus.
Inutile de vous dire la réaction des Algériens, c'était l'époque où on coupait facilement les gorges en Algérie, les harkis en savent quelque chose, pour les métropolitains que nous étions l'idée du "sourire kabyle" ne nous faisait pas rire.
Pour éviter le pire, ces crétins nous ont obligé à assister diplomatiquement à la seconde levée officielle des couleurs du FLN alors que nous n'avions pas assisté à la première, seulement à la baisse de notre tricolore. Dans l'entreprise que je dirigeais nous étions dix ingénieurs, tous officiers de réserve : deux capitaines (X) et huit lieutenants et nous n'avons pas apprécié.
J'ai un vieux compte à régler avec les pieds-noirs et ils en entendront parler à chaque opportunité qui me sera donnée.

charles

Placer sur un piédestal les personnes qui annoncent vous mentir, je reste sans voix. Ne venez pas après, M. Bilger, nous ressasser les reproches que vous faites aux hommes politiques puisque vous vantez désormais leurs dévoiements.

Comment ne pas après ceci reprocher à certains leurs visions complotistes ?

La citation de Machiavel, auteur inscrit dans un temps révolu, est devenue un passage obligé que vous n'êtes pas obligé d'emprunter.

Vous êtes véritablement un demi-habile.

Robert

Je pense, Monsieur Bilger, que votre appréciation suivante est erronée :
"...seuls deux présidents, dont les personnalités étaient dissemblables et les antagonismes profonds, ont contredit la règle énoncée par Emmanuelle Mignon. Charles de Gaulle, quand il est revenu au pouvoir, et François Mitterrand de 1981 à 1883".

Au-delà de la faute de frappe qui aurait pour effet d'inverser la flèche du temps, F. Mitterrand a été lui aussi d'un cynisme absolu dans la mesure où il savait inapplicable son programme commun avec le PC et a choisi de l'appliquer pour mieux marginaliser ensuite le PC après 1983 et son changement de cap. C'était son objectif dès avant 1981, ayant assuré les USA de son alliance de pure forme avec le PC pour mieux les rejeter ensuite.
Quant au général de Gaulle, le cynisme n'était pas moins puissant que les autres. C'est grâce à lui qu'il s'est imposé à Londres comme à Alger puis à Paris.

@ Claude Luçon | 26 février 2017 à 11:44

Je suis surpris que sur ce sujet, en réponse à Frank TOMAS, vos généralisations pour le moins hâtives ne vous aient entraîné à écrire quelques contre-vérités.
En effet vous écrivez : "Dix ans après l'indépendance il restait quelques pieds-noirs en Algérie qui y vivaient en paix, pourquoi eux et pas les autres ?
Une raison peut-être : ceux qui étaient restés étaient de souche française, Alsaciens/Lorrains en particulier. Ceux qui ont fui étaient d'ex-immigrés d'origine espagnole ou italienne pour la grande majorité, comme les Bedos par exemple, grande gueule, grande lâcheté mais petit courage et courte mémoire.
Ceux-là même qui ont laissé l'armée française et les appelés du service militaire mourir pour eux. Faute d'hommes dans nos générations nées du peu de pères qui restaient après 1914/18, le service militaire était de 18 mois, à cause de l'Algérie certains ont servi 23 mois. Les rangs des combattants d'origine pieds-noirs étaient plutôt clairsemés".

Quelques pieds-noirs Français de souche se sont maintenus en Algérie en raison de leur âge très avancé et faute de famille en France pour les recueillir.
Mais la majorité de ceux qui sont restés au-delà de 1963 ont été des anciens partisans du FLN. Et parmi ceux-là quelques Français de souche mais aussi d'origine espagnole. Faites une recherche sur l'abbé Bérenguer et vous verrez que votre affirmation est pour le moins exagérée si ce n'est fortement erronée :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2007/11/14/article.php?sid=60880&cid=4

@ Trekker | 26 février 2017 à 18:20

En réponse à Claude Luçon | 26 février 2017 à 11:44, vous écrivez :
"Les pieds-noirs ont fortement contribué au bazar en voulant ignorer la réalité"
Vous faites bien de rappeler que la très grande majorité des pieds-noirs furent victimes surtout de leur propre aveuglement :
De 1945 à 54 ils torpillent toutes les tentatives d’évolution pouvant profiter aux Algériens, alors que le général Duval après sa répression très dure à Sétif et ses environs, leur avait adressé une mise en garde fort claire.
De 1955 à 60 ils ne juraient que par une éradication militaire de la rébellion, à laquelle nombre d’entre eux s’abstinrent de participer : un casernement en Allemagne était bien moins risqué que les combats dans le djebel.
De 1960 à 62 leur participation active ou a minima avec les pires exactions de l’OAS (~ 80 civils musulmans tués / jour à Alger et Oran en 1962), ne pouvaient que saborder toutes les tentatives d’arriver à une paix équitable".

Vous attribuez à l'ensemble des pieds-noirs les choix politiques et militaires qui ont conditionné l'histoire de l'Algérie entre 1954 et 1962.
Certes ils ont pour leur plus grande majorité été partisans de l'Algérie française. Mais, au-delà de l'influence d'une minorité de "gros colons" de la Mitidja qui avaient leurs entrées dans les instances politiques parisiennes, les Français d'Algérie ont bien plus subi les choix politiques décidés à Paris.
D'abord l’envoi du contingent décidé par Guy Mollet et la SFIO, choix dans lesquels François Mitterrand n'a pas été le dernier des responsables !

Quant à votre affirmation : "De 1955 à 60 ils ne juraient que par une éradication militaire de la rébellion, à laquelle nombre d’entre eux s’abstinrent de participer : un casernement en Allemagne était bien moins risqué que les combats dans le djebel", elle est proprement injurieuse pour les milliers de Français d'Algérie qui se sont engagés et ceux qui ont été appelés et sont morts dans les rangs de l'armée française en Algérie.
Vous oubliez aussi que les européens d'Algérie se sont organisés en Unités territoriales destinées à assurer l'autodéfense des villages des années 1956 à janvier 1961, année de leur dissolution après l'épisode des barricades du 24 janvier 1960. Ceci aussi pour répondre à Claude Luçon sur la prétendue lâcheté des pieds-noirs ! Il doit savoir que si des pieds-noirs appelés du contingent se sont retrouvés en Allemagne, cela résultait le plus souvent d'un choix de l'autorité militaire pour des raisons que je ne souhaite pas développer pour ne pas allonger mon texte à l'excès.

Au plan militaire, les pieds-noirs n'avaient aucune influence. Je vous renvoie pour cela à l'excellente fiche du colonel Goya datée du 22 février et intitulée : La guerre d'Algérie et le modèle français de contre-insurrection

http://lavoiedelepee.blogspot.fr/2017/02/la-guerre-dalgerie-et-le-modele.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed:+LaVoieDeLpe+(La+voie+de+l%27%C3%A9p%C3%A9e)

Lorsque, enfin, vous écrivez à Frank THOMAS que « De Gaulle chercha sincèrement de 58 à fin 60, une solution acceptable par tous les protagonistes de la guerre d’Algérie : paix des braves, etc. Mais il se heurta à l’intransigeance du FLN, mais aussi à l’aveuglement des pieds-noirs et d’une partie de l’armée, qui ne voyaient dans ces propositions qu’une manière de revenir à la situation d’avant 1954 », vous énoncez ici aussi des affirmations erronées pour ne pas dire des contre-vérités.
En effet, les barricades du 24 janvier 1960 ont été la suite du discours du général de Gaulle du 16 septembre 1959 sur l’autodétermination, date à laquelle il avait déjà pris sa décision d’accorder son indépendance à l’Algérie. Les évènements qui ont suivi (barricades du 24 janvier 1960 et putsch du 22 avril 1961) l’ont convaincu d’abandonner les pieds-noirs à leur sort et aux choix politiques du FLN, décision confirmée par les accords d’Evian et l’interdiction faite, notamment par M. Messmer, d’organiser leur rapatriement en Métropole comme celui des Harkis.
En n’oubliant pas qu’au sein du FLN deux tendances existaient : celle des partisans du maintien des Européens et celle dite de « la valise ou le cercueil » (celle de M. Bouteflika et de Boumédiène) qu’on a vu en action le 5 juillet 1982 à Oran où plus de 600 Français ont été assassinés par les sbires du FLN avec l’armée française, commandée par le général Katz, restée sur ordre l’arme au pied…

duvent

@ Lucile
"Elle a une tête archi-sympa, qui respire l'intelligence."

En effet, et qui va très bien avec l'énoncé de ses lapalissades...

vamonos

La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu'elle a. Certes Emmanuelle Mignon a terminé major de sa promotion à l'Ecole Nationale d'Administration mais elle ne peut fournir que des dossiers les plus ciselés possibles, l'usage qui en est fait n'est plus de sa responsabilité.

Tipaza

« Machiavel n'aurait pas détesté la fulgurance sans fard d'Emmanuelle Mignon. »

Je n’ose pas dire qu’Emmanuelle aurait intérêt à se farder parce que je vais me faire traiter de macho, une fois de plus. Et pourtant les machos n’ont pas toujours tort. Mais c’est un autre sujet.

Revenons à Machiavel, référence obligée chaque fois qu’un politicien tordu se moque de ses électeurs.

Suivre les conseils de Machiavel, c’est engager une guerre avec la stratégie de la précédente, et c’est perdre d’avance.

Machiavel s’adressait à un Prince, dont l’autorité venait de Dieu, de la tradition, ou de la succession. Il n’était pas tenu de mendier les voix des électeurs, comme nos politiciens, pour accéder au pouvoir, et le conserver au cours des élections suivantes, il lui fallait se maintenir avec le moins de dégâts possibles.

Deuxième différence, fondamentale, la diffusion de l’information. Le secret fait partie de la stratégie de Machiavel, ce qui se comprend.

Mais à son époque l’information se diffusait par le bouche à oreille ou par pigeon voyageur. Boutade mise à part, cela veut dire que l’information se diffusait d’individu à individu, et donc lentement, alors qu’aujourd’hui l’information se diffuse depuis un site d’information instantanément à des millions de lecteurs, et qu’en plus les lanceurs d’alerte ont réduit à pas grand-chose la notion de secret.

Si le cynisme revendiqué par Machiavel a toujours cours, le cynisme gagnant est celui que l’on voit triompher un peu partout dans les démocratures.
Le cynisme qui dit ce qu’il va faire avant d’arriver au pouvoir et qui le fait après. Là, pas de mensonges, tout est dit et fait, il suffit de voir la façon dont Poutine, Erdogan, Trump et le Président philippin Duterte gouvernent pour s’apercevoir que les programmes annoncés sont mis en œuvre.

Je crois que Machiavel aurait apprécié cette « avancée » par rapport à ses propositions. Penser ce que l’on dit, et faire ce que l’on dit !

Qu’en est-il de Macron ?
Eh bien rien précisément puisqu’il n’a pas de programme ou si peu que pas, même Jean-Dominique Reffait son soutien ici le reconnaît.
On ne pourra pas le taxer de cynique, tout juste d’opportuniste, mais alors là chapeau !

@ Jean-Dominique Reffait | 26 février 2017 à 23:05
"Ne voit-on pas, quand le candidat Macron énonce - parole éminemment sensée - que le style de gouvernement vaut mieux qu'un programme..."

Quand on lit « ça » un lundi matin, on se dit que le fil à plomb du maçon s’est cassé et que recevant ledit plomb sur le gros orteil, la douleur fut telle que le maçon a perdu le fil des idées ce qui le conduit à faire des contresens éminemment insensés.

calamity jane

Ça c'est fait !
Noël en avril/mai, tous les cinq ans par Jean-Dominique Reffait.
Comment les politiques prennent les Français pour des demeurés qu'il suffirait de faire rêver !
Ah ! le fameux pater familias ! ou le petit père du peuple !
"Moi, je n'étais rien et voilà qu'aujourd'hui,
je suis le gardien du sommeil de ses nuits"...

Tomas

@ Claude Luçon

Vous feriez bien d'étudier l'histoire aussi, dire que c'est "la gauche qui nous a toujours entraîné dans l'erreur" est réducteur et caricatural.
Je précise que je n'ai rien contre de Gaulle, mais que je ne le vénère pas. En politique la vénération devrait être interdite, c'est la source de tous les malheurs !

Aliocha

@ vamonos

L'extrait que j'ai cité est une illustration du propos de son auteur, mon dessein n'étant pas de commenter l'actualité indienne, mais de souligner cette pandémie de rage qui s'étend sur le monde et ne nous épargne pas, perspective réduisant les jeux politiciens du billet du jour à néant face à cette vague déferlante du ressentiment qui gronde dans le tréfonds des peuples, et l'analyse de Mishra Pankaj est fondée sur la définition du sacré au sens girardien, même si cela vous avait échappé et n'est pas inutile d'envisager.

"C'est l'essai le plus commenté en ce début d'année dans le monde anglo-saxon. « Le premier livre majeur de l'ère Trump », selon Vogue. Romancier d'origine indienne, chroniqueur pour Bloomberg et la New York Times Book Review, collaborateur du New Yorker ou du Guardian, Mishra Pankaj offre, dans Age of Anger (Penguin), une analyse aussi décapante que sombre de notre actuelle « Ère de la colère ».
D'abord, un constat : Trump, le Brexit, les populismes en Europe, Poutine, les djihadistes, Erdogan, le nationalisme hindou ou le shérif Duterte aux Philippines surfent sur une pandémie de rage se traduisant par le nihilisme, le retour à une communauté (religieuse ou raciale) fantasmée et l'exaltation du machisme. Ensuite, une thèse coup de poing : ces symptômes ne sont pas les manifestations d'un choc des civilisations, mais le signe d'une « guerre civile globale » opposant une élite cosmopolite et libérale à des masses frustrées de ne pas voir les fruits du progrès tant vanté. Et pour finir, une prédiction glaçante : loin d'être une crise passagère dans la marche vers un monde plus éclairé, cette colère ne va que s'accroître, car ses racines sont profondes.
Selon Pankaj Misrah, c'est tout le programme des Lumières qui, dès le départ, contient un bug : en voulant façonner des individus libres, rationnels, mais soumis à la compétition et au désir mimétique, il porte en lui le virus du « ressentiment ». Tout se résume au fond à l'opposition entre Voltaire et Rousseau, réunis au sein du Panthéon, mais dont la rivalité n'a pas fini de faire des émules. D'un côté, le chantre de la raison et du libéralisme anglo-saxon, qu'on qualifierait aujourd'hui de membre d'une « élite » coupée du peuple. De l'autre, le rejeté de la bonne société parisienne, le paria paranoïaque qui a le premier annoncé toutes les passions négatives que pouvait susciter la société moderne.
Dérangeant et pessimiste, rempli de bruit et de fureur, cet Age of Anger est éminemment discutable, mais personne, même pas le très libéral The Economist, n'a nié la puissance et l'ampleur d'un essai qui passe du futuriste italien Filippo Marinetti (qui voulait « détruire les musées, les bibliothèques et les académies de toute sorte ») aux saccageurs de Palmyre. Comme l'a prédit le Financial Times, son auteur est « assuré d'être parmi les intellectuels les plus cités – et critiqués – de 2017 ». Pour Le Point, Pankaj Mishra a accordé sa première interview à un média français sur cette généalogie de la colère."

http://www.lepoint.fr/chroniques/pankaj-mishra-vers-la-guerre-civile-mondialisee-16-02-2017-2105369_2.php#xtatc=INT-5

Frank THOMAS

@ Claude Luçon
"Il aurait fallu prévoir la fuite assez peu courageuse des pieds-noirs..."

L'ignominie le dispute à la bêtise dans cette petite horreur. Quel plaidoyer pour de Gaulle !

Lucile

J'ai eu au CELSA un prof maître des Requêtes au Conseil d'État qui nous expliquait en cours que pour réformer l'impôt en France, mieux valait ne pas commencer par ameuter tout le monde, sans quoi on pouvait être sûr de ne pas y parvenir. Je ne me souviens pas de son nom. Il était très intéressant, tout à fait respectueux de la démocratie, et n'avait rien d'un Machiavel. Ça ne date pas d'hier.

Xavier NEBOUT

@Trekker

Vous, c'est votre gaullisme qui vous aveugle car vos scrupules dans vos démonstrations historiques s'arrêtent au pied du mont Caubert.
Cette funeste journée où de Gaulle fit massacrer ses chars est quasiment rayée de l'histoire. Je suis sûr que vous allez tout faire pour en avoir le coeur net, et là, vous allez tomber des nues sur ce qu'a été le de Gaulle auquel vous avez cru.
La lecture de de Gaulle sous un casque devrait vous éclairer.
Il suffit cependant de voir combien il lui restait de chars au moment où il fut relevé.

Le vrai grand général des chars fut le général Prioux qui s'illustra à Hannut en gagnant la grande vraie bataille de chars contre les Allemands malgré leur domination aérienne.
Cette bataille ne convient pas à l'histoire politiquement correcte.
D'ailleurs, l'une des premières décisions que de Gaulle prit à Alger fut de mettre le général Prioux à la retraite - il lui aurait fait de l'ombre.
Vous devriez aussi vous demander pourquoi aucun des subordonnés de Gaulle ne l'a suivi à Londres...

Quant à l'assassinat de Darlan, je ne dis pas que c'est de Gaulle qui l'a fomenté, mais dire que le comte de Paris était aux ordres de Churchill ne tient pas la route. Par contre, que l'espoir de son retour en France comme Roi était lié au succès de de Gaulle qui le lui avait laissé croire, ça, ça tient debout, et c'est du de Gaulle pur cru.

Une fois délivré de votre gaullisme, vous verrez alors son arrivée au pouvoir en 58 et la suite sous un autre jour. Enfin, je vous le souhaite.
Hélie de Saint Marc devrait d'autant plus vous rappeler ce que fut le de Gaulle que Bastien-Thiry voulait exécuter, que la catastrophe du Vietnam est aussi une grande oeuvre de de Gaulle qui a préféré D'Argenlieu à Leclerc...

Pour ma part, je n'ai absolument aucune raison personnelle d'en vouloir à de Gaulle, ni d'admirer Pétain, mes parents n'avaient aucun parti pris pour l'un ou l'autre, si ce n'est de savoir regarder l'histoire avec distance et perspective.

Jean-Dominique Reffait

Il n'y a pas de cynisme à promettre ce qu'on ne pourra pas tenir mais de la présomption. Et cette présomption est la condition initiale de toute démarche visant à se présenter devant les électeurs comme étant le meilleur. La promesse est émise avec d'autant plus de sincérité que le candidat, même lucide, demeure persuadé d'être le seul à pouvoir tenir une promesse intenable et là où tous les autres échoueraient évidemment, il peut y réussir, croit-il durant les quelques secondes qui lui suffisent à l'émettre.

Mais il faut au peuple, tel un antique dieu vorace, une longue procession de promesses électorales à sacrifier sur l'autel démocratique. Le peuple n'exige aucunement que ces promesses soient tenues, il est même bien capable de s'opposer par la suite à ce qu'elles le soient. Le peuple veut débattre, rêver le temps d'une campagne à des possibles imaginaires, il veut des promesses pour les broyer, les malaxer, il veut enfin que le candidat lui offre tout son stock de promesses et plus encore, crouler sous les promesses.

Ne voit-on pas, quand le candidat Macron énonce - parole éminemment sensée - que le style de gouvernement vaut mieux qu'un programme, chacun se récrier sur l'absence d'un catalogue à se mettre sous la dent ? Des promesses, nous voulons des promesses !

Souvenez-vous du moment lorsqu'étant enfant à l'approche de Noël, nous attendions avec impatience les catalogues de jouets. Nous les décortiquions inlassablement, nous projetant déjà au volant de la voiture à pédales ou imaginant les fabuleux concerts qui sortiraient de l'orgue Bontempi. Nous savions très bien que rien de tout cela ne serait au pied du sapin. Eh bien, une campagne présidentielle, c'est un Noël politique, on joue.

Tomas

"Il faut oublier le programme dès qu'on est élu".

Franchement, j'espère que nous n'avions pas attendu ce témoignage pour nous rendre compte que les candidats en campagne vendaient du rêve pour être élus !

Il faut être réaliste : changer un pays de 65 millions d'habitants et de 550 000 km2 est impossible, cet ensemble est bien trop compliqué à gouverner pour un seul homme. Le bon dirigeant est surtout celui qui promeut l'honnêteté, et donc l'applique à lui-même pour commencer, celui qui ne vide pas les caisses (il est grand temps d'arrêter ces aventures militaires à l'étranger toujours coûteuses, souvent inutiles, parfois contre-productives) et ne se laisse pas aller à satisfaire les bas instincts dans laquelle la foule tombe si facilement.
Mais après, chaque Français est finalement responsable de l'état de son pays, et additionner toutes ses responsabilités dans celle de la figure du président est trop facile !

Achille

@ Jabiru | 26 février 2017 à 11:08

On peut se demander, en effet, si les ennuis de François Fillon ne sont pas dus à son programme d’austérité qu’il a développé avec une franchise pour le moins imprudente lors de la primaire de la droite et du centre. Ce « parler vrai » semble avoir eu un effet positif puisqu’il a emporté haut la main sa qualification, mais l’effet de choc s’est vite dissipé pour faire place à un mouvement de contestation.

Les premiers concernés ont été les fonctionnaires qui n’ont pas vraiment apprécié la suppression de 500 000 postes annoncés (et les avantages acquis qui y sont associés), à commencer par la sécurité de l’emploi qui, dans le contexte actuel, est le premier sujet de préoccupation des Français.

De là à imaginer que cette corporation ait décidé de dézinguer François Fillon il n’y a qu’un pas que je n’hésite pas à franchir. Il est, en effet, étonnant que les médias découvrent seulement aujourd’hui des faits qui remontent à 1986. Entre-temps FF a été maire, député, conseiller général, sénateur, président du conseil régional, ministre d’Edouard Balladur, puis plusieurs fois ministre sous la présidence de Jacques Chirac et enfin Premier ministre tout le long du mandat de Nicolas Sarkozy, sans que personne ne s’intéresse au travail effectué par son épouse à ses côtés.

Il est vrai que d’autres affaires bien plus juteuses sur le plan médiatique ont occupé le devant de la scène : affaire Bettencourt, Karachi, Bygmalion et quelques autres encore impliquant plutôt Nicolas Sarkozy. Ce dernier a en quelque sorte servi de paratonnerre à François Fillon qui pendant ce temps-là n’était pas inquiété par les médias fouineurs.

Sans doute qu’avec un programme plus soft, quitte à utiliser la méthode Emmanuelle Mignon une fois devenu président, il serait encore considéré aujourd’hui comme un modèle d’intégrité et cavalerait en tête dans les sondages.

Il est trop tard maintenant pour dire aux Français « Je vous ai compris ». Seul Emmanuel Macron se l'est permis dernièrement et cela n'a pas été particulièrement apprécié de la part de ceux à qui il s'adressait.

vamonos

@Aliocha
"Beaucoup de ces Indiens frustrés veulent aussi des boucs émissaires et les ont identifiés - musulmans, libéraux, anglophones - de la même façon que des démagogues de la Vienne du tournant du siècle avaient ciblé les juifs et les libéraux."

En Inde sévit depuis plusieurs années une guerre civile dont on parle peu. La rébellion naxalite s'étend dans l'est du sous-continent indien. Le financement des armes et de la nourriture des combattants est réalisé par l'impôt sur les populations civiles qui doivent choisir entre l'Etat de droit et l'Etat autoproclamé maoïste. La caution morale est assurée par l'Internationale socialiste. En France, les media de gauche dénoncent ce qu'ils appellent une répression féroce des autorités, tandis que les attentats sont présentés comme de malheureux accidents.

Je préfère vous lire quand vous commentez des textes sacrés.

Giuseppe

@Claude Luçon | 26 février 2017 à 11:44
"Alors laissez Charles de Gaulle tranquille car sans lui vous n'existeriez peut-être pas !
Etudiez l'Histoire et posez-vous la question de savoir pourquoi c'est toujours la gauche qui nous a entraînés dans l'erreur ?
Après vous comprendrez peut-être pourquoi nous vénérons Charles de Gaulle !"

Claude on est bien d'accord, mais si vous vous agacez ce n'est pas bon pour votre tension.

Lucile

Elle a une tête archi-sympa, qui respire l'intelligence.

Trekker

@ Xavier NEBOUT | 26 février 2017 à 11:17
"De Gaulle a atteint le sommet dans l'art de suggérer sans rien dire, et il n'a pas attendu 1958 pour cela. L'assassinat de Darlan a été un chef-d'oeuvre du genre" 

Votre antigaullisme viscéral vous conduit à prendre quelques libertés avec les deux faits que vous évoquez.

L’assassinat de l’amiral Darlan fut décidé et organisé par Churchill ; avec son machiavélisme usuel il le fit exécuter par un groupuscule de royalistes-catholiques. D’ailleurs Giraud s’en doutait et c’est pour cela qu’il fit fusiller quasi immédiatement, après une simulacre de procès, Bonnier de La Chapelle qui en était un des auteurs : s'il avait eu le temps de parler, Giraud qui jouait un jeu fort ambigu aurait été pour le moins mal à l’aise.

Churchill détestait depuis 1940 l’amiral Darlan et son opportunisme, et il craignait beaucoup que celui-ci s’instaure alors comme l’homme-lige des Américains. En conséquence cela aurait créé pour le moins une situation politique inextricable, notamment vis-à-vis de la population française : maintien et confortation du régime et haute administration de Vichy après la victoire, alors que celui-ci avait perdu toute crédibilité.

Naturellement Churchill, spécialiste incontestable de tous les coups tordus, se garda bien d’informer tant Roosevelt que de Gaulle de son initiative !

"En 1940, de Gaulle n'était qu'un opportuniste devant faire oublier le général catastrophe d'un jour vers Abbeville"

Pour ce qui est de la bataille d’Abbeville faisant suite à celle de Montcornet qu’il avait livrée une semaine avant, de Gaulle ne réussit que temporairement à reprendre cette poche conquise par les Allemands. Cela était dû, comme à Montcornet, aux moyens notoirement insuffisants dont il disposait : une seule division blindée (4° DCR) ne disposant quasi pas d’appui d’artillerie et d’aviation d’attaque au sol. De plus, lors de la bataille d’Abbeville, sa division avait été éprouvée au niveau de son matériel par son déplacement de 200 km après Montcornet.

Je vous signale que Charles Maurras manifesta dans l’Action Française sa satisfaction au vu des résultats obtenus par de Gaulle à Montcornet. Le chef des armées d’alors, le général Weygand, lui décerna pour son action à Abbeville une citation fort élogieuse, cela bien que depuis au moins une dizaine d’années leurs rapports étaient a minima conflictuels !

Mais à dater de son appel du 18 juin 40 et de la création de la France Libre à Londres, tout cela fut réécrit de manière mensongère par tous les caciques du pseudo-Etat de Vichy. Le chef héroïque et avisé de Montcornet et Abbeville n’était plus alors qu’un infâme traître dont toutes les actions militaires - encensées antérieurement - n’étaient que de pitoyables défaites !

@ Claude Luçon | 26 février 2017 à 11:44
"Les pieds-noirs ont fortement contribué au bazar en voulant ignorer la réalité"

Vous faites bien de rappeler que la très grande majorité des pieds-noirs furent victimes surtout de leur propre aveuglement :

De 1945 à 54 ils torpillent toutes les tentatives d’évolution pouvant profiter aux Algériens, alors que le général Duval après sa répression très dure à Sétif et ses environs, leur avait adressé une mise en garde fort claire.

De 1955 à 60 ils ne juraient que par une éradication militaire de la rébellion, à laquelle nombre d’entre eux s’abstinrent de participer : un casernement en Allemagne était bien moins risqué que les combats dans le djebel.

De 1960 à 62 leur participation active ou a minima avec les pires exactions de l’OAS (~ 80 civils musulmans tués / jour à Alger et Oran en 1962), ne pouvaient que saborder toutes les tentatives d’arriver à une paix équitable.

Bien sûr le drame des harkis qui avaient cru à notre parole, massacrés par dizaines de milliers en Algérie ou rapatriés en France dans des conditions indignes, est une tache sur la France et le gaullisme que toute personne de bonne foi ne peut nier.

Pour le reste de votre propos, je ne peux qu’abonder dans votre sens.

@ Frank THOMAS | 26 février 2017 à 08:26
"…promettre à Mostaganem "l'Algérie française" et tourner le dos un an et demi plus tard à ses promesses…"

Certes cette phrase de Gaulle la prononça mais une seule fois et à Mostaganem, quant à son « je vous ai compris » les Algérie française ne voulurent en retenir que le sens qu’ils voulaient lui donner. De Gaulle chercha sincèrement de 58 à fin 60, une solution acceptable par tous les protagonistes de la guerre d’Algérie : paix des braves, etc. Mais il se heurta à l’intransigeance du FLN, mais aussi à l’aveuglement des pieds-noirs et d’une partie de l’armée, qui ne voyaient dans ces propositions qu’une manière de revenir à la situation d’avant 1954.

De Gaulle se résolut à partir de courant 1960 à l’indépendance de l’Algérie, bien que tout dans sa formation et sa culture d'essence maurassienne y était opposé : un grand chef d'Etat réaliste sait surpasser cela. Mais même alors il pensait sincèrement arriver à une solution sans grand drame, sa seule erreur fut de sous-estimer l’OAS et l'aveuglement de la majorité des pieds-noirs la soutenant. Lire ou relire sur cette période entre autres les souvenirs de Peyrefitte, Messmer et Melnick.

Noblejoué

Et on se plaint de l'incivilité des jeunes... quand on encourage les politiciens à rompre leurs engagements.
Proverbe chinois ? Le poisson pourrit par la tête. Qui trahit ses promesses n'est pas légitime à se faire le gardien des lois et à plus forte raison de la civilité.

Polanski a, si je suis bien le fil, un droit à violer et les politiciens à mentir et trahir leurs engagements.
Et demain, le pays après les citoyens ?

Marrant quand on se propose de réprimer de tous petits délits, encourager le viol de la souveraineté du peuple.
Après les promesses menteuses, le bourrage des urnes, l'appel à l'étranger pour faire triompher ses vues politiques ?

Je ne sais pas si l'extrême gauche a un droit à la violence, mais ici, on semble dire que les partis de gouvernement ont un droit à la tromperie.
L'un alimente l'autre. Dans un jeu, quand l'un triche, l'autre peut renverser la table.

Ne cautionnons aucun abus.

Claude Luçon

@ stephane | 26 février 2017 à 11:17
"Major de l'ENA ?
Tout est dit."

Elle aurait écrit ses lignes sur des plaques de marbre assise sur l'esplanade du Sacré-Coeur que ce ne serait pas surprenant.

Boris Zatchem-Patamou

"Je doute d'un tel degré de mépris démocratique", dites-vous.

Je crains qu'il ne faille pas en douter et qu'en douter corresponde à cette intraduisible (je pense) attitude appelée par nos voisins "Wishful thinking", que l'on approche avec "prendre ses désirs pour des réalités" "se voiler la face".

On aimerait bien que ce ne soit pas le cas, mais tous les éléments convergent à le montrer...

J'enfoncerai avec lourdeur ostentatoire le clou :

"It is an old maxim of mine that when you have excluded the impossible, whatever remains, however improbable, must be the truth."
Sherlock Holmes, dans Sir Arthur Conan Doyle : The Adventure of the Beryl Coronet (Il le décline ailleurs)

Michel Deluré

Qui, du système politique ou du candidat, est finalement le plus cynique ?

Imagine-t-on, fort qu'il est du libre choix que lui procure le système démocratique, un électeur apporter sa voix à un candidat dont le programme ne répondrait pas à ses attentes personnelles et ne comporterait pas quelques alléchants appâts, lui permettant de croire en un avenir meilleur ?

Tout candidat n'est-il donc pas prisonnier de cette situation, obligé qu'il est, s'il désire être élu, de proposer le paquet-cadeau dont il espère qu'il aura le plus de succès auprès de l'électorat ?

C'est ainsi qu'une élection se transforme en une véritable opération marketing. Et aucun des candidats sur le large éventail des candidats qui participent à la campagne actuelle n'échappe malheureusement à cette règle.

Ceci n'est point un plaidoyer contre le système démocratique. Il s'agit de relever simplement une de ses faiblesses.

Jean-Pierre CASSAGNE

Se faire élire, c'est faire usage d'une démagogie idéologique à géométrie variable. Dans le cas d'espèce François Fillon : une parole pour la primaire, un parole pour la présidentielle, ne jamais se tromper de combat ! Ce n'est pas moral, encore moins éthique, mais ça marche...

Claude Luçon

@ Frank THOMAS | 26 février 2017 à 08:26
"...vous appelez cela de la clarté et de la fidélité à ses engagements ?"

NON ! Cela s'appelle du réalisme !
Sortir le pays du pétrin, de la guerre civile dans lequel il avait été plongé par quatorze ans de gabegie politique et d'aveuglement absurde des pieds-noirs, et admettre qu'il n'y avait pas d'autre solution possible après en avoir cherché une pendant deux ans.
S'il y avait eu une meilleure politique avant 58 nous n'en serions pas arrivés à ce désastre.
Il aurait fallu prévoir la fuite assez peu courageuse des pieds-noirs mais surtout le futur des harkis. Les pieds-noirs ont fortement contribué au bazar en voulant ignorer la réalité, les harkis ont cru en la France.

Au passage il faut dire à Macron que si crime contre l'humanité il y a eu en Algérie, ce sont les Algériens qui en ont commis un en massacrant leurs compatriotes harkis.
Dix ans après l'indépendance il restait quelques pieds-noirs en Algérie qui y vivaient en paix, pourquoi eux et pas les autres ?
Une raison peut-être : ceux qui étaient restés étaient de souche française, Alsaciens/Lorrains en particulier. Ceux qui ont fui étaient d'ex-immigrés d'origine espagnole ou italienne pour la grande majorité, comme les Bedos par exemple, grande gueule, grande lâcheté mais petit courage et courte mémoire.
Ceux-là même qui ont laissé l'armée française et les appelés du service militaire mourir pour eux. Faute d'hommes dans nos générations nées du peu de pères qui restaient après 1914/18, le service militaire était de 18 mois, à cause de l'Algérie certains ont servi 23 mois. Les rangs des combattants d'origine pieds-noirs étaient plutôt clairsemés.

La France était en guerre depuis 1940, après 1945 nos gouvernants n'ont rien trouvé de mieux, alors que le pays était à rebâtir complètement sur la moitié du territoire, d'aller faire une autre guerre en Indochine, participer à la reconquête avortée du Canal de Suez, puis sans discontinuer aller s'engager dans une guerre civile en Algérie.
Vingt-deux ans de guerre continue, nous en avions assez !
Et c'est sans compter sur les dix années de chaos de 1930 à 40 en sortant de la dépression de 1929, les montées de Mussolini, Hitler, Franco et la guerre d'Espagne à nos portes, et le "pacifisme" de la CGT qui n'étaient guère fait pour rassurer les gamins que nous étions.

Alors laissez Charles de Gaulle tranquille car sans lui vous n'existeriez peut-être pas !
Etudiez l'Histoire et posez-vous la question de savoir pourquoi c'est toujours la gauche qui nous a entraînés dans l'erreur ?
Après vous comprendrez peut-être pourquoi nous vénérons Charles de Gaulle !

Lucile

On ne doit pas omettre le rôle de la presse dans cette course aux mesures détaillées de chaque programme. La façon dont certains journalistes interrogent les candidats à la présidence - avec promesse à l'appui - sur le remboursement des lunettes est hallucinante. Malheur au candidat qui ignore le prix exact du ticket de métro ou de la baguette, il en gardera les séquelles tout au long de sa carrière politique. Et gloire au journaliste qui réussit à le coller. Macron, l'as de la communication, s'en tire en gardant le mystère sur ses projets. À la place il dit aux gens combien il les aime. Ça a l'air de lui réussir plutôt bien pour l'instant.

Tout cela, joué par des acteurs comiques, donnerait des sketches désopilants sauf que ce n'est pas comique du tout quand on considère les critères de nos choix électoraux et leurs conséquences.

Ce sont encore les media qui donnent le ton quand ils offrent en pâture des photos des replis graisseux des hommes politiques et de ceux de leur compagne à la plage en juillet, puis les accusent dès le mois d'août de ne pas avoir fait de réformes. Ils assurent, par tous les moyens non négligeables dont ils disposent, la promotion du candidat de leur choix, pour entamer quelques mois plus tard une campagne de dérision et orchestrer l'indignation des contribuables.

Ce traitement nocif conditionne les personnalités politiques, sauf celles du genre Trump, qui se font une gloire de traiter la presse par le mépris, ou de dire n'importe quoi. Il est probable qu'il fasse des émules.

stephane

Major de l'ENA ?
Tout est dit.

Xavier NEBOUT

Et voilà comment P. Bilger découvrit l'eau chaude.

@Frank Thomas

Mieux que faire jouer les réseaux de barbouzards, de Gaulle a atteint le sommet dans l'art de suggérer sans rien dire, et il n'a pas attendu 1958 pour cela. L'assassinat de Darlan a été un chef-d'oeuvre du genre.
Il s'était seulement abstenu de dire au comte de Paris de l’accueillir comme le Messie envoyé par le Maréchal pour sauver et restaurer tout ce qui pouvait l'être. En 1940, de Gaulle n'était qu'un opportuniste devant faire oublier le général catastrophe d'un jour vers Abbeville. En 42-43, il s'est hissé au rang des plus belles fripouilles de l'histoire de France.
Mais tout cela fait partie de l'histoire interdite.

Aliocha

Et pendant le temps où l'on tend tous ses efforts vers une réélection fondée sur le mensonge et la manipulation, la logique mondaine étend son désastre, et la politique finit par se réduire à la mesure du vit.
Heureusement que quelques-uns réfléchissent :

"- Vous décrivez une colère mondialisée, mais les enquêtes d'opinion montrent que les pays asiatiques et africains sont très optimistes pour leur avenir, alors que le pessimisme se retrouve essentiellement dans notre vieille Europe...
- La colère politique n'est-elle pas causée par les frustrations nées d'un trop grand optimisme ? Tocqueville explique que la colère des gens réclamant l'égalité grandit alors même que les inégalités diminuent. Les édiles du Parti communiste à Pékin l'ont lu attentivement il y a quelques années, car Tocqueville a aussi précisé que les tumultes politiques éclatent quand les attentes et les espoirs augmentent. Et aujourd'hui, Xi Jinping sévit, devenant de plus en plus autoritaire.
Par ailleurs, on peut aussi se demander pourquoi, alors que les enquêtes d'opinion nous assurent de la bonne humeur de l'Asie, les Indiens ont élu à leur tête un homme complice d'un meurtre de masse. Est-ce que votre journal a consacré beaucoup de pages à la politique toxique de Narendra Modi, ou s'est-il contenté de penser que l'Orient est résolument optimiste ? Pourquoi Modi est-il en train de définir un « homme nouveau » – encore une fois en opposition à des supposés ennemis intimes qu'on doit ostraciser ? Avons-nous suffisamment pris conscience que, comme les autres démagogues Duterte, Trump, Erdogan ou Poutine, Modi est obsédé par le machisme, et, en tant qu'homme fort, qu'il est une parfaite figure paternelle pour beaucoup de ses compatriotes qui se sentent émasculés par une économie opaque ? Beaucoup de ces Indiens frustrés veulent aussi des boucs émissaires et les ont identifiés - musulmans, libéraux, anglophones - de la même façon que des démagogues de la Vienne du tournant du siècle avaient ciblé les juifs et les libéraux. Vous pouvez retourner dans l'Allemagne, la France, l'Autriche-Hongrie ou l'Italie du 19e siècle, et vous trouverez les mêmes archétypes qui figurent parmi les supporteurs les plus acharnés de Modi dans l'Inde d'aujourd'hui : des politicards ambitieux, des économistes frustrés, des universitaires mégalomaniaques, des artistes ratés, et bien d'autres cherchant à travers le pouvoir politique une compensation pour leurs inaptitudes ou blessures intimes. L'histoire se répète en Inde, et cette opposition entre un Orient optimiste et un Occident pessimiste va s'effondrer.
Le projet moderne de l’individualisme, tel qu’il a été défini au XVIIIe siècle, est le projet utopique le plus radical de l’histoire..."

Extrait de :
http://www.lepoint.fr/chroniques/pankaj-mishra-vers-la-guerre-civile-mondialisee-page-2-16-02-2017-2105369_2.php#xtatc=INT-500

Jabiru

@Achille

Ce principe de Machiavel, si F.Fillon l'avait appliqué, il ne serait pas obligé aujourd'hui, nonobstant ses soucis judiciaires, de raboter sérieusement ses objectifs qui ont fait tousser très fort ceux qui se sentaient concernés. A trop en dire en politique, on se tire souvent une balle dans le pied. Savoir vendre un programme demande de la finesse et surtout d'éviter de braquer son auditoire.

PR CALGUÈS

@Patrice Charoulet

J'approuve totalement ce que vous écrivez du bouquin de Buisson. Une somme...

"On se précipite puis on se repose" écrit fort justement Philippe Bilger.
Ça va finir par nous coûter très, très cher !

Robert Marchenoir

Certes, mais pourquoi met-on les programmes à la poubelle ? Parce que la France n'est pas gouvernée par son gouvernement, mais par les fonctionnaires, qui s'opposent à tout changement ? Ou parce que le seul but des hommes politiques n'est pas de changer les choses, mais de se faire réélire jusqu'à la "retraite" ?

Les deux ne sont pas contradictoires, cela dit.

Déclaration révélatrice d'Emmanuelle Mignon : "J'écris toute seule le projet chez moi durant l'été. On a 1500 fiches sur tous les sujets. Même sur le taux de TVA sur les couches pour femmes incontinentes. On était hyperprêts."

Un programme électoral d'un président de la République en France, c'est un pataphar qui comprend un paragraphe sur le taux de TVA des couches pour les femmes incontinentes.

Après, on peut toujours se lamenter que le programme ne peut être appliqué...

On retrouve d'ailleurs, dans le programme du Front national, ce même côté "il ne manque pas un bouton de guêtre, on a même pensé au taux de TVA pour les zbignoles ondulatoires à amortissement différé." Ca schlingue le haut fonctionnaire à cent mètres. Vous avez dit "anti-système" ?

Bon, quand je dis "il ne manque pas un bouton de guêtre", c'est à condition d'oublier un tout petit détail : le financement.

Les chefs du Front national, lors de l'annonce des "144 mesures" de Marine Le Pen, ont très sérieusement fait savoir que ces "histoires de virgule" n'étaient pas de leur niveau, qu'il s'agissait d'élire un pr-r-résident de la R-r-république, qu'ils n'avaient pas (eux) une "mentalité d'épiciers", et que, vous l'avez deviné, ils récusaient la "logique comptable".

C'est tout à fait rassurant.

Achille

Bonjour,

Eh oui, Nicolas Sarkozy qui s’est fait recaler de Sciences Po a pensé, un peu naïvement, qu’en prenant comme conseillère particulière une surdouée (major de l’ENA, s’il vous plaît), il pouvait rempiler tranquillement pour un second mandat. Mal lui en a pris.

Emmanuelle Mignon a montré qu’elle était capable de franchise, mais cette vertu est en totale contradiction avec le premier principe de Machiavel qui veut qu'on ne montre surtout pas son jeu si l’on veut aboutir à l’objectif que l’on s’est fixé.

Il est vrai que François Mitterrand surnommé « le Florentin » a su magnifiquement user des recettes de ce philosophe. Mais il avait les dispositions intellectuelles pour cela. N’est pas le Prince qui veut.

Aujourd’hui, il semble que la forme de cynisme qui a le vent en poupe soit plutôt celle de Diogène de Sinope qui lui, ne s’encombrait pas de calculs politiciens. Les temps changent.

stephane

Si certains préfèrent Trouville à Deauville, je préfère Mignard à Mignon.

Frank THOMAS

"Pourtant, à bien considérer notre histoire depuis 1958, seuls deux présidents, dont les personnalités étaient dissemblables et les antagonismes profonds, ont contredit la règle énoncée par Emmanuelle Mignon. Charles de Gaulle..."

Ah vraiment ?
Faire jouer ses réseaux barbouzards, intriguer durant les douze années que dura la IVe République pour nuire aux gouvernements successifs de centre gauche et de centre droit, se faire rappeler au pouvoir par une sorte de putsch, promettre à Mostaganem "l'Algérie française" et tourner le dos un an et demi plus tard à ses promesses, abandonner à leur sort un million de Français et tous les harkis, vous appelez cela de la clarté et de la fidélité à ses engagements ?

Patrice Charoulet

Vos réflexions sur Emmanuelle Mignon, ex-directrice de cabinet de NS, sont des plus intéressantes.
Je signale que Patrick Buisson, dans son livre (indispensable), la couvre d'éloges à maintes reprises pour la justesse de ses analyses politiques. C'est d'autant plus à souligner que vingt autres personnalités, dans le premier cercle ou parmi les ministres, sont déchirés à belles dents par ce juge impitoyable... ce Saint-Simon.

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