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20 août 2017

Commentaires

caroff

Plongé dans le passionnant "Journal 1939-1945" de Maurice Garçon dont je ne saurais trop conseiller la lecture à ceux que cette période a bouleversé (je ne l'ai pas connue mais elle a affecté tant de gens autour de moi !), je tombe sur ce passage (page 403, éditions Tempus) relatif à l'amitié :

"Au vrai et je le constate sans grand dépit, le monde appartient pour une grande part à ceux qui tirent les cordons des sonnettes. Les hommes aiment qu'on les flatte. Si on ne leur prodigue pas les courbettes, ils vous utilisent mais ne font rien pour vous. Il faut valoir quelque chose pour soi-même sans espoir d'en tirer un profit extérieur. Plus j'avance, moins je crois à l'amitié. C'est une fleur rare qui ne se cultive pas. Elle pousse parfois, comme une mauvaise herbe, dans un endroit inattendu. Quand on la trouve, il faut la cueillir et la mettre à sécher entre deux feuillets avant qu'elle s'épanouisse tout à fait. On a trop lieu de craindre qu'elle se fane vite."

Je suis dans les mêmes constats...

Catherine JACOB

@ fugace | 24 août 2017 à 01:01
« Dans une autre vie, fûtes-vous un chat ? »

Peut-être, qui sait !

Savonarole

@ Tipaza | 23 août 2017 à 06:28

Les rabbins me licencieraient sur-le-champ, car pour moi Moïse ne devait pas du tout ressembler à Charlton Heston, mais plutôt à Pierre Bénichou des Grosses Têtes.

Pour en revenir à Camus, c'était un bon critique d'art, lorsqu'il fréquentait la villa Abd-el-Tif à Alger il avait découvert le peintre Richard Maguet, dont j'ai quelques toiles (voir son site http://www.richard-maguet.com/)

Il aimait particulièrement "Tipaza par gros temps"... (Google Images). Curieux, non ?

Sa période orientaliste est superbe.

(Le malheureux Maguet, engagé volontaire en 14, et réengagé volontaire en 40, est mort sous les bombes à Sully-sur-Loire.)

Noblejoué

@ Catherine JACOB
"Ah, vous me parlez de nouveau ?"

Wha, ce que vous êtes susceptible ! J'en rajoute une couche : vous savez que vous intimidez ?
Eh bien, il y a ceux qui s'écrasent par-devant et amassent du ressentiment, et attaquent fielleusement dès qu'ils le peuvent. Ceux qui n'oseront jamais poser de questions voire vous lire, et ceux qui sont... sonnés, enfin, un certain temps.

"Mais je vous conseille de plutôt faire connaissance avec les vôtres, cela vous sera plus utile."

Alors je vous parais dingue... Enfin, plus ou moins. Bon, vous avez bien raison d'éviter les dingues sauf dans les lieux sécurisés comme ici. Eh bien, c'est assez vexant, et je ne m'y attendais pas, mais en somme moins que bête ou tout à fait inculte, diagnostic qu'on peut facilement porter sur les autres quand on a un certain degré de réussite intellectuelle.
Remarquez, je cumule peut-être : ce serait la vexation ultime. Bon, n'en faites pas trop quand même, je ne suis pas masochiste, je serais plutôt l'inverse, en fait, et vous n'avez plus l'immunité due à l'admiration reconnaissante et stupéfaite.

Bon, causons science, si j'ose le dire de mes vagues intuitions... Ce qui sous-tend mes questions. Je sais que ce sera peu clair. Et pourquoi. Ce qui se conçoit bien, blablabla... Mais quand on a des idées qui émergent plus ou moins et besoin de renseignements pour y voir, c'est peu clair. Si on me demande ce que je cherche, que dire ? Que je le saurai quand je l'aurai trouvé.
Mais en gros ! Si j'ai bien compris, les statues sans visage, on n'en sait rien, mais ce serait peut-être parce qu'on ne veut ou ne peut pas soutenir le regard face à certaines réalités et qu'on les en prive donc...

Quoi de plus irreprésentable, moins individualisable que la mort, à l'origine, comme la mort avec sa faux, comme les fantômes, dont le corps est loqueteux et évanescent et le visage brumeux ?
Donc, tout l'irreprésentable, originellement, n'aurait pas eu de visage, ce qui est encore la technique la plus simple : on ne représente pas l'irreprésentable.

Faites donc des recherches sur ça, plutôt que sur ma dinguerie, allez, allez.

fugace

@ Catherine JACOB -| 23 août 2017 à 09:07

Décidément, déjà perchée !
Dans une autre vie, fûtes-vous un chat ?

Hébergeur d'image

Catherine JACOB

@Achille | 23 août 2017 à 16:26
«Par contre dans les environs de Sierck-les-Bains vous devez sûrement connaître l’Auberge de la Klauss à Montenach. Très bonne réputation, bon accueil et excellente carte des menus (et des vins). C’est le même propriétaire depuis trente ans. Il confectionne lui-même ses foies gras.
Je vous le recommande. »

Oui, oui, je connais. Les Keff sont de la famille d'une autre branche que nous, d'une petite cousine de mon père. C'est là qu'on fait nos repas de famille annuels. Ils ont fait du chemin depuis les pommes de terre rôties au lard de la grand-mère. Ils se sont fait cofinancer, par le département il me semble, un hôtel-spa restaurant à l'imitation du château de Malbrouck qui porte le nom pompeux de Domaine de la Klauss, édifié en un temps record et qui a fait le plein de même, mais on ne l'a pas encore testé.
Je crois cependant qu'on va s'en tenir à l'auberge et à ses traditionnelles pommes de terre rôties lorraines vu qu'on n'a pas les moyens de la clientèle étrangère.
Vu qu'ils offrent aussi des bons cadeau, je me demandais si c'était là que vous étiez allé, auquel cas je vous aurais demandé ce que vous en avez pensé.

@ Noblejoué | 23 août 2017 à 16:30

Ah, vous me parlez de nouveau ?

« A l'origine, les fantômes sont-ils sans visage ? S'ils ont un visage, quel genre, et que signifie-t-il ? Existe-t-il (beaucoup) de monstres sans visage ? »

La NHK fait état d’apparitions et/ou d'hallucinations auditives post-traumatiques (tremblement de terre, tsunami, notamment) Ici des personnes ayant rencontré leurs défunts racontent et un bonze vient écouter leurs récits.

Dans ces cas, l’apparition, ou la voix, se manifeste donc dans un contexte de deuil difficile.

les fantômes (en l'espèce des SUSUWATARI) dans le célébrissime dessin animé de Miyazaki, Mon voisin Totoro dont les héroïnes sont une toute petite fille et sa sœur aînée dont la maman est hospitalisée dans un sanatorium et qui déménagent à la campagne avec leur papa pour s'en rapprocher. Elles y font la connaissance du Totoro, substitut maternel.

Sinon, si la question de la crypte vous intéresse, vous avez « Aïe, mes aïeux ! », un ouvrage de thérapie transgénérationnelle psychogénéalogique contextuelle d’Anne Ancelin Schützenberger, professeur émérite des Universités, psychothérapeute, groupe-analyste et psychodramatiste de renommée internationale qui vous incitera peut-être à vous pencher avec profit sur vos propres fantômes.

Et si tout ce qui vous intéresse c’est de savoir si nous avons, nous aussi, nos fantômes, je confirme, les Écossais ne sont pas les seuls. Mais je vous conseille de plutôt faire connaissance avec les vôtres, cela vous sera plus utile.

Patrice Charoulet

@Catherine JACOB

Vous avez réagi au post d'Achille évoquant une maison de retraite à Gouyette.
Il n'est pas complètement impossible qu'il parle de lui et de cet endroit.
Mais comme ces temps-ci des échanges de divers commentateurs étaient relatifs aux activités de personnes âgées, il me semble qu'il nous a renvoyés au film "Les Vieux de la vieille", de Gilles Grangier (1960), avec Gabin et Fresnay. Si friand que l'on soit des dialogues de Michel Audiard, les scènes que vous pourriez voir et écouter, me semble-t-il, ne sont pas certaines de vous enthousiasmer. Le film... vieillit mal, contrairement à d'autres audiarderies. Consulter là-dessus notre expert Savonarole, qui connaît son Audiard par cœur. Et qui le pastiche parfois avec talent.

Noblejoué

@ Catherine JACOB

A l'origine, les fantômes sont-ils sans visage ? S'ils ont un visage, quel genre, et que signifie-t-il ? Existe-t-il (beaucoup) de monstres sans visage ?

Achille

@ Catherine JACOB | 23 août 2017 à 09:07

Il s’agissait effectivement de l’auberge Saint Vincent que l’on aperçoit sur la photo.
Sans doute le quartier général du PC local. J’y étais allé voici déjà une dizaine d’années et sa réputation était excellente. D’ailleurs si vous tapez sur « restaurants Sierck-les-Bains » il est noté 4/5 juste derrière la Vieille porte qui est un restaurant fort convenable. Mais ils ont dû changer de propriétaire car le menu était très ordinaire. Il est vrai qu’avec les menus prépayés de type Smartbox, nous n’avons pas le choix des plats.

Par contre dans les environs de Sierck-les-Bains vous devez sûrement connaître l’Auberge de la Klauss à Montenach. Très bonne réputation, bon accueil et excellente carte des menus (et des vins). C’est le même propriétaire depuis trente ans. Il confectionne lui-même ses foies gras.
Je vous le recommande.

duvent

@ Wil

Vous êtes bien amer ! J'espère que vous êtes, vous aussi, un vieux... mais j'ai un doute, tous ces "m..." me font penser le contraire, et aussi le fait que vous vous souciiez comme d'une guigne du style "écrit", puisque vous voulez utiliser la manière "parlée".
Dans ce cas il faut faire comme Zazie dans le métro !

Par ailleurs, vous semblez révolté par le non sens de la vie, pourquoi ? Le non sens a lui aussi du sens, cherchez bien et vous finirez par le trouver.

PS : Les vieux sont des hommes comme les autres !

Catherine JACOB

@Achille | 22 août 2017 à 08:22
«...à Gouyette, nous n’avons pas beaucoup de distractions. »

Vous êtes Vendéen ?

« Je suis allé dans un restaurant car mon fils m’avait offert en cadeau d’anniversaire une invitation prépayée pour deux personnes. Dans la liste de restaurants proposés, j’ai opté pour celui qui se trouvait à Sierck-les-Bains, beau petit bourg situé près de la frontière luxembourgeoise. »

Eloigné d’à peine 2 km de Sierck (en francique lorrain : Siirk) , Apach a la particularité d'être à la frontière de trois pays : la France, le Luxembourg et l'Allemagne.

Une réserve naturelle d'orchidées s'étend sur des coteaux au-dessus du village. En voici deux en grande conversation : .

Bien, revenons à nos moutons. Si ce n’est pas par trop indiscret, dans quel restaurant avez-vous déjeuné ? Il n’y a pas trente-six établissements en effet à Sierck ; ma sœur avait fait son repas de mariage à la Vennerie qui n’existe plus mais qui semblait la dernière fois que j'y suis passé, avoir engagé des travaux de réhabilitation.

1. Auberge Saint Vincent – connais pas –
2. La Vieille Porte – surfait –
3. L'Orchidée – connais pas –
4. Pizzeria L'Arlequin – connais pas –
5. Auberge de Marienfloss – connais pas –
6. Bar restaurant Le château fort – connais pas –

Mon père au Stromberg sur la rive opposée de la Moselle : et moi au même endroit, à la même époque.

Tipaza

@ Savonarole | 22 août 2017 à 20:23
« Toutes les adaptations cinématographiques de Camus ont été un bide.
Joseph Conrad ne cesse de nous épater, Les Duellistes, Apocalypse Now, L'Agent secret, etc.
Les Trois Mousquetaires, Marcel Aymé(…)
Les thuriféraires de Camus ont un point commun, ils nous assomment.»

Pendant que je lisais ce commentaire, j’ai reçu un mail de l’Université hébraïque de Jérusalem, me demandant mon avis sur Savonarole.
Après avoir vu et visionné (en même temps) l’admirable film de Cecil B. DeMille, « Les dix commandements », Savonarole a postulé pour un poste de professeur associé chargé de la mise à niveau théologique des rabbins à la retraite.
J’ai répondu qu’entre le cinéma et Savonarole, c’était une histoire d’amour entre l’image et le son.

Robert Marchenoir

@ Wil | 22 août 2017 à 21:05
"Moi-même parfois, quand je lis certains commentaires, je me demande si nous ne sommes pas en présence d'une réunion de vieux intellos en chaises roulantes et couvertures se racontant leurs médiocres exploits intellectuels passés."

On ne peut certes pas vous faire le reproche d'être un jeune intellectuel ; vos exploits en la matière, s'ils existent, nous demeurent soigneusement cachés.

Wil

@duvent
"L'amitié est une fiction et la psychologie une autre..."

La vie entière est une fiction, une illusion. C'est bien pour ça que l'homme a créé Dieu.
Parce que quand il a vu sa vie de m*rde il a préféré croire en regardant les étoiles que toute cette m*rde avait un sens sinon pourquoi se faire ch**r à continuer ?
Et de toutes façons il lui fallait bien une raison intellectuelle de continuer cette m*rde qu'il vivait pour soutenir le besoin génétique de n'importe quel être vivant à survivre et donc à se reproduire.
D'où les films que l'être humain continue à se faire en se disant que donner la vie est le plus beau cadeau du monde. Pfff...
Le plus beau cadeau du monde pour qui ? Lui qui veut donner un sens à sa vie de m*rde en jouant à la poupée ou pour un être qui se retrouve dans la m*rde alors qu'il n'a rien demandé à personne ? Qui sait, peut-être qu'il était mieux là où il était.

@Achille 22/08/17 à 08:22

Bien vu Achille le second degré pour dire que le blog de M.Bilger est une maison de retraite pleine de vieux barbons. Il y a du travail. C'est pas mal.
Moi-même parfois, quand je lis certains commentaires, je me demande si nous ne sommes pas en présence d'une réunion de vieux intellos en chaises roulantes et couvertures se racontant leurs médiocres exploits intellectuels passés, au coin du feu d'une cheminée d'un manoir sombre et humide de la campagne anglaise où il ne se passe jamais rien d'intéressant en dehors de la disparition soudaine et pourtant répétitive d'un des pensionnaires devenant de suite sujet à enquête littéraire et donc d'aventure pour de pauvres gens eux-mêmes en fin d'aventure.

Savonarole

Une curiosité.
Toutes les adaptations cinématographiques de Camus ont été un bide.
Joseph Conrad ne cesse de nous épater, Les Duellistes, Apocalypse Now, L'Agent secret, etc.
Les Trois Mousquetaires, Marcel Aymé, la Traversée de Paris, ne manquait-il pas à ce cher Camus une once d'humour ?
Une once de fantaisie ? Une photo d'Einstein tirant la langue ?
Faire dans le sinistre est une mode, mais c'est épuisant.
Les thuriféraires de Camus ont un point commun, ils nous assomment.

Robert

@ Savonarole | 21 août 2017 à 21:35

Sans doute pour nous rapprocher de nos "Tombes", sur lesquelles certains n'hésiteront pas à cracher ?

Catherine JACOB

@Noblejoué | 21 août 2017 à 11:00
« Sait-on pourquoi ces idoles sont sans visage ? »

J’ai un peu cherché et les explications rationnelles officielles sont de cet ordre :
Complément de réponse donc à Catherine JACOB | 21 août 2017 à 21:21

• peinte à l’origine. Les traits du visage sont peints et il peut y avoir des scarifications ou des « tatouages ».
L’interprétation la plus courante est une fonction religieuse, celle de la figure de la « déesse-mère ». Il y a différentes typologies selon les périodes.
Les deux types auxquels j’ai fait référence sont l’un le type dit « Chalandriani » Cycladique ancien II – 2700-2300 av. J.-C., mentionné dans une première réponse à votre adresse, l’autre, sur lequel portait votre question est le type dit « de Spedos » – Cycladique ancien II – 2700-2300, dont les proportions du visage sont aussi caractéristiques avec trois tiers de taille égale pour le front / nez / bas du visage.

Aucune description ne fait mention de l’aspect incurvé du crâne qui, sur cliché du moins, apparaît pourtant très nettement comme tel, et a fortiori, n’en produit d’explications. Peut-être que le modèle était coiffé d’un diadème ou d’une coiffe de plumes ? Après tout, pourquoi pas.

Sur la joue droite de la première idole (celle de Catherine JACOB | 21 août 2017 à 09:31), on observe en effet une scarification en forme de croix mais qui peut être une fêlure postérieure vu qu'elle se prolonge sur le cou. Enfin qui dit peint, ne dit pas forcément que des yeux étaient dessinés puis peints, mais dit juste coloré. Il faudrait pouvoir en examiner une de près et poser la question au spécialiste qui l’aurait en charge pour savoir si on a relevé des pigments colorés différents ou pas à hauteur des yeux. A bon entendeur…

Achille

@ isa | 21 août 2017 à 22:14
« Le choix du tutoiement ou du vouvoiement ne permet pas de dire le degré d'amitié. Mitterrand d'ailleurs usait de l'un ou de l'autre avec la même personne, selon les moments, comme en témoigne Marie de Hennezel. »

Je veux bien admettre que dans certaines circonstances, François Mitterrand pouvait se laisser aller au tutoiement. Certaines de ses conquêtes féminines, qu’on nous dit nombreuses, pourraient en témoigner quitte, effectivement, à reprendre un vouvoiement de bon aloi une fois revenu à des choses plus sérieuses.

En France, le tutoiement et le vouvoiement constituent une frontière de l’intime, sauf peut-être dans certaines familles de la haute bourgeoisie où les enfants se doivent de vouvoyer leurs parents. Il paraît que Jacques Chirac et Bernadette se vouvoient et ceci depuis toujours, ce qui est assez surprenant de la part de notre ancien président qui n’a jamais été très collet monté. Mais on ne peut pas en dire autant de sa femme.

Concernant le tutoiement, je me dois de vous raconter une anecdote qui m’est arrivée pas plus tard que la semaine dernière. Je suis allé dans un restaurant car mon fils m’avait offert en cadeau d’anniversaire une invitation prépayée pour deux personnes. Dans la liste de restaurants proposés, j’ai opté pour celui qui se trouvait à Sierck-les-Bains, beau petit bourg situé près de la frontière luxembourgeoise.
La patronne tutoyait tous les clients et quand elle est venue jusqu’à nous, elle s’est mise à nous tutoyer également, comme si nous étions des amis de trente ans. Je n’ai pas osé lui demander si elle avait sa carte du PCF ou si elle m’avait pris pour un militant de La France Insoumise.

Sur ce blog, j’ai remarqué que tout le monde se vouvoyait. Sur un autre blog (celui de J-M Aphatie) je me souviens qu'avec certains contributeurs présents sur ce blog, on se tutoyait. Mais ici j’ai le sentiment que cela serait incongru, alors on se vouvoie car on est entre gens très "comme il faut". Mais c'est très bien comme ça !

@Aliocha | 21 août 2017 à 23:34

Que voulez-vous Aliocha, à Gouyette, nous n’avons pas beaucoup de distractions. Les bonnes sœurs viennent régulièrement fouiller nos armoires pour vérifier si nous n’y avons pas caché quelques canettes ou bouteilles de bon vin. Déjà que sur Internet elles nous ont bloqué l’accès aux sites coquins, ne nous laissant pour seul espace de discussion que le site du journal La Croix et du Chasseur Français...

Nous avons fait une semaine de grève pour conserver l’accès au blog de Philippe Bilger car la mère supérieure avait trouvé que certains gauchistes pouvaient y tenir des propos inconvenants.

Alors avec le grand âge on se sent revenir une âme de potache comme quand on avait dix ans. On balance des petites piques de temps en temps aux autres intervenants du blog, ça nous change du jeu de fléchettes et de la belote.

Aliocha

La résurrection entraîne les excès de Kro, j'en ai bien peur. Gaffe, les papys, pensez au foie, lui n'est pas éternel. Mais je comprends, en même temps, qu'il soit bon, dans les chaleurs d'été, de se détendre bourgeoisement en activant la machine à claques, ça évite de trop tourner autour du frigo à éviter l'horloge - mince alors, il est trop tôt - puis de se faire l'un ou l'autre, comme à la coloniale, avant le pschitt final de la cellule délivrée, pour contempler, enfin satisfait, le glorieux tableau de chasse quotidien du retraité désœuvré.

isa

@Achille | 21 août 2017 à 16:08
"François Mitterrand avait un seul ami, le seul qu’il tutoyait dans son entourage. C’était Georges Dayan. Même avec Roger Hanin son beau-frère ils se vouvoyaient."

Le choix du tutoiement ou du vouvoiement ne permet pas de dire le degré d'amitié. Mitterrand d'ailleurs usait de l'un ou de l'autre avec la même personne, selon les moments, comme en témoigne Marie de Hennezel.

Savonarole

ACRIMED a été cité plusieurs fois ici.
C'est un site de gauche, très à gauche, mais pour la gymnastique des esprits c'est excellent à lire. Ils ont de belles plumes et quelques épées bien trempées.
On y lit ce qu'on ne lit nulle part ailleurs.
Ils cognent sur la gauche comme sur la droite. Ce sont des anars comme on aime les lire, assis bien au chaud dans nos Louis XV.
Patrick Cohen, Demorand, El Kravache, Aphatie, Les Inrockuptibles, Libération, sont régulièrement passés à la moulinette.
À côté, Rioufol du Figaro c'est un sermon de Bourdaloue.

Noblejoué

@ isa
"Je ne crois pas qu’un mouvement vers l’autre affaiblisse, qu’il soit payé de retour ou non. Cela vous enrichit plutôt."

Question de point de vue. Si on désire, amitié, amour ou autre, qui ne vous désire pas, on se met dans la dépendance de l'autre, ce qui diminue sa liberté. Et pour quoi ? Pour rien, s'il n'a que faire de vous.
J'ai encore de la chance que la personne en question ne se moque pas de moi, ce qui, par parenthèse, valide encore plus mon choix, si on peut parler de choix, on dira, mon élan.
Mais je comprends ce que vous voulez dire, cela enrichit de sentiments, disons qu'on passe de la compréhension au ressenti.

"Ce qui vous affaiblit, c’est de tourner en rond en ressassant « ce qui aurait pu être »."

Avec un tant soit peu de raisonnement, d'imagination et de sensibilité, on en vient vite là dans certaines circonstances. D'où mon intérêt pour ces choses en Histoire, histoire ou uchronie ou contrefactuelle, je ne vais pas faire de jaloux entre les tenants de l'une ou de l'autre... Mais comme vous êtes soucieuse de moi, je vous dirai du positif.
Qu'est-ce que je vais bien pouvoir trouver ? Malgré des obstacles qui rendaient la chose, disons, acrobatique, j'ai atteint un certain niveau, qui me permet, par exemple, de débattre avec n'importe qui, comme vous avez dû le voir. Dans ma déception présente, j'ai trouvé des gens pour me soutenir, ici, ce que je n'oublierai jamais.

Ne vous en faites pas, j'ai une mémoire pourrie, mais elle a ceci de bien d'évacuer beaucoup de négatif, et aussi du positif, mais comme il n'y a pas photo, on ne va pas s'en plaindre.
Et puis, mon esprit, bien plus que vers les problèmes du présent ou les nostalgies diverses et variées, est tourné vers le futur, en dette face au futur même, parce que tout ce qu'on veut et doit réaliser est ce qui vous juge, plus encore que le passé : dans un sens, c'est beaucoup plus exigeant, mais si on croit comme vous que le chemin compte plus que le but, peu importe ce qu'on atteint, à la fin.

Un point de vue qui me repose et me donne de la force pour continuer, comme une hospitalité en voyage, comme une halte en montagne.
Merci.

Savonarole

@ Patrice Charoulet | 21 août 2017 à 19:58

Et bien voilà, c'est excellent, voyez c'est pas difficile, vous progressez, j'oserais vous attribuer un 17/20 comme avant, du temps de ma jeunesse. Ironie, humour, bravo ! Tout y est.

Les Semtob c'est du Lexomil en barre, du Temesta en intraveineuse, on sombre immédiatement, surtout quand elles nous mettent un poème pour accompagner la démonstration, alors là c'est du lourd, l'état crépusculaire, le Grand Sommeil, la mort du petit cheval.
Pour m'endormir, je lis toujours un Semtob que je vais chercher dans les archives de PB.
L'effet est immédiat.

Catherine JACOB

@ Noblejoué | 21 août 2017 à 11:00
« Sait-on pourquoi ces idoles sont sans visage ? »

Je ne sais pas.
Mais peut-être pour la même raison qu’on bande les yeux des condamnés à mort avant de les exécuter. Pour ne pas être pétrifié par les yeux de Méduse...

J’ai remarqué en effet que l’arrière du crâne de ces idoles était incurvé en forme de cuiller ou de spatule.
Voir Ici.

Voyez encore “ la femme cuillère” de Giacometti (1927) dont la stylisation se rapproche de celle des idoles cycladiques, bien que la cuillère y soit pensée dit-on comme une évocation de l’utérus (placentophagie) et non pas comme un crâne ustensile/vaisselle et que la stylisation y ait pour référence, pense-t-on, l’art africain.

De plus :
1) L'historien grec Hérodote (484-425 av. J.-C.) ainsi que d'autres auteurs de l'Antiquité décrivent des peuples qu'ils qualifient d’anthropophages ;

2) La découverte à Knossos d’un amoncellement d’ossements de jeunes gens portant des traces de cannibalisme est donnée par certains archéologues comme à l’origine du mythe du Minotaure. Or, une légende raconte également que le roi Minos sacrifiait aux Charites (déesses personnifiant la vie dans toute sa plénitude, et plus spécifiquement la séduction, la beauté, la nature, la créativité humaine et la fécondité), sur Paros. Donc, donc, donc…

Comme qui dirait « A table ! » -Urne funéraire étrusque avec figurines de terre cuite, cependant Montescudaio (province de Pise, Italie) ; vers 650 av.J.-C.

Le banquet a beau être un thème récurrent de l’iconographie funéraire étrusque, les pieds du convive du couvercle en forme de sabots de bovins interpellent quand même quelque part.

Ceci dit, le simili zigzag du décor est très proche du pictogramme pour 乙 = jeune plante, faiblesse du germe à son prime développement, et il existe un composé avec cette orthographe de bœuf 丑 laquelle écrit le deuxième des douze mois de l’année et les sacrifices propitiatoires qui y sont liés. Il s'agit de 「乙丑」 prononcé Ki_no_to Ushi en jap. yǐchǒu en chin.
Autrement dit encore « le bois qui détruit la terre » et participe des calculs du calendrier selon le cycle sexagésimal.

Patrice Charoulet

Françoise et Karell Semtob ont plusieurs particularités sur ce blog.
Elles écrivent et signent à deux, elles sont distinguées et originales, elles ne parlent qu'à vous, sans entrer dans les conversations (parfois digressives) que les commentateurs ont entre eux.

Du coup, je suis très surpris de lire mon nom dans leur dernier post du 21 août, 17h11.Qu'on se rassure : elles commencent bien par "Cher Philippe" et ne s'adressent pas à moi. Elles citent la phrase, mise en circulation par un autre ici : "Passez-moi la rhubarbe, je vous passerai le séné". Elles font mine de se demander si la phrase "est issue" de tel film étranger ou de tel autre. Puis elles feignent de penser qu'il faut consulter mes lumières, vu "l'immense érudition du professeur Charoulet".

Elles ont décidé de se payer ma fiole. Tous les dictionnaires étant sur le Net, chacun pourra trouver l'origine de cette phrase, qui ne m'intéresse d'ailleurs nullement. Je n'ai été, on le sait, qu'un pauvre petit professeur du dernier rang, admirant de très bas les majors de l'agreg, je le redis. Décidément ma profession aura donné de l'urticaire à beaucoup de monde. Quelle est leur profession ? Qu'elles nous le disent ! Je ne vais pas reprendre ma ritournelle.

N'étant pas rancunier mais amusé qu'elles veuillent me pousser à la faute et me faire tomber dans le ridicule du pédantisme, en appliquant les principes évangéliques ("rendre le bien..."), je signale que le dernier post de leur blog, du 13 mai 2017, est très drôle. Le voici : "Quand le mouvement En Marche ! tombe en panne, cela devient le mouvement En Panne !"

Depuis, sur leur blog, plus rien. Vous m'obligeriez sensiblement en voulant bien me dire pourquoi vous n'écrivez plus rien... chez vous.
N'hésitez pas à nous enchanter encore. Pas seulement ici.

Franck Boizard

Jérôme Garcin ? On parle bien du même ? Celui qui travaille chez Otis, le spécialiste du renvoi d'ascenseur ?

http://www.acrimed.org/Jerome-Garcin-copinages-connivences-et-renvois-d-ascenseur-toujours

modeste

@ Aliocha | 21 août 2017 à 10:00

Lorsque les ordinateurs accepteront de se mettre à écrire cela vaudra plus qu'une caisse de bière ! En attendant, il ne nous reste qu'à nous contenter de ce que l'on a et croire que c'est délicieux !

Savonarole

@semtob | 21 août 2017 à 17:11

Je ne pense pas que Kim Philby, Guy Burgess, Sir Anthony Blunt, Cairncross ou George Blake, causaient comme ça avec leurs interlocuteurs soviétiques.
"Rhubarbe et séné", ce sont des énigmes pour blaireaux de la Cinémathèque du Palais de Chaillot d'Henri Langlois.

Oh, là, ho, les Semtob, on a changé de siècle !

Ne plus me déranger.

Aliocha

@Savonarole

Et en plus d'un brûleur pro de la zone, vous êtes devin.
Bravo pour votre inénarrable perspicacité !

Achille

@Savonarole | 21 août 2017 à 15:53

L'Aliocha, ça sent l'agrégé à plein nez. Je parie une autre caisse de Kronenbourg !

semtob

Cher Philippe,

Nous faisons appel à la culture d'espionnage et de contre-espionnage des lecteurs du blog de Philippe pour répondre à notre interrogation de la journée inspirée par Merville :
L'expression "Passez-moi la rhubarbe, je vous passerai le séné" est-elle issue du film "Le Dossier Odessa" de Ronald Neame ou du film "Cape et poignard" de Fritz Lang avec Gary Cooper et Lilli Palmer ?
Mais nous pensons que seul le professeur Charoulet et sa grande érudition saura décoder le message résistant lié à la question des livres encodés et fermés.
françoise et karell Semtob

isa

@Noblejoué | 20 août 2017 à 21:09

Je ne crois pas qu’un mouvement vers l’autre affaiblisse, qu’il soit payé de retour ou non. Cela vous enrichit plutôt. Ce qui vous affaiblit, c’est de tourner en rond en ressassant « ce qui aurait pu être ». Pourquoi attendre un retour ? Ou plutôt pourquoi attendre un retour qui soit exactement tel que vous l’auriez voulu ? Qu’est-ce que c’est que ces nostalgies stériles ?

Je vous suggère ces lignes de Jérôme Garcin (parlant d’une tout autre perte) : « Je persiste à être fidèle à ma conviction selon laquelle on peut, sur un deuil et ses ruines obscures, fonder un enthousiasme, faire naître une nouvelle vie /…/ » (Perspectives cavalières)
Philippe Bilger a bien raison de penser, qu’il se trouve en Grèce ou ailleurs, à un tel ami et un tel écrivain.

Achille

@fugace | 21 août 2017 à 14:32
@Breizmabro | 21 août 2017 à 13:41

Le général de Gaulle n’avait pas d’ami, sauf peut-être le général Massu. Je rapporte une anecdote dont je ne certifie pas l’authenticité.
Un jour le Général rencontre Massu et lui lance "Alors Massu, toujours aussi con ?" et Massu de répondre : "Eh oui, mon Général, toujours gaulliste !"

François Mitterrand avait un seul ami, le seul qu’il tutoyait dans son entourage. C’était Georges Dayan. Même avec Roger Hanin son beau-frère ils se vouvoyaient.
Il avait compris très tôt qu’en politique, il fallait plus se méfier de ses amis que de ses ennemis et les élections de mai et juin derniers ont montré qu’il avait raison.

Entre les "frondeurs" de gauche et les "constructifs" de droite, ça a été le bal des félons pendant trois mois.
Aujourd’hui encore les plaies ne sont pas refermées et les règlements de comptes s’opèrent jusque dans les coulisses du Palais Bourbon.

Moi-même j’ai très peu d’amis, un vieil ami de quarante ans avec qui j’ai gardé des relations suivies, d’autres avec qui je conserve de bons souvenirs, mais que je ne rencontre plus qu’en de rares occasions. Les aléas de la vie de chacun, parfois même l’incompatibilité d’humeur entre les épouses ont fait que nos relations se sont espacées, voire estompées.
J’ai aussi été déçu par certains amis que j’appréciais beaucoup. Un peu comme en amour, on ressent alors beaucoup d’amertume et puis le temps efface tout. C’est la vie !

Savonarole

@ Aliocha | 21 août 2017 à 10:00

Je parie une caisse de Kronenbourg que c'est de vous.

fugace

"L'amitié et autres broutilles..."

J'ai voulu me remémorer de quand datait le billet sur l'amitié qui se terminait par : "Il y a de l'amitié heureuse. J'en vis."

Du 8 janvier 2017 donc. Comme le temps passe !

http://www.philippebilger.com/blog/2017/01/lamiti%C3%A9-et-autres-broutilles/comments/page/3/#comments

L'admiration peut donc conduire à l'amitié. Puisqu'il semblerait que l'amitié impliquât estime et admiration de l'autre.

Mais qu'est-ce qu'un ami vrai ?
Celui qui entre autres se réjouit du succès de l'autre plus que du sien, sans aucun doute. Alors, certainement pas le copain.

Pour Jérôme Garcin que je ne connais que par l'image, je suis tenté d'aller feuilleter au hasard un des ses livres. Et pourquoi pas commencer par "Fraternité secrète".

Breizmabro

@ Xavier NEBOUT | 21 août 2017 à 10:19

Je crois que les intellectuels (de gauche of corse) n'ont pas cherché à savoir pourquoi le macaron favori de Brigitte (pardon, le Macron, j'ai confondu avec le commerce de son papa) s'était proclamé Jupiter. La réponse est que le petit Emmanuel est né un 21 décembre, qu'il est donc en zodiaque, Sagittaire (pas le bateau à moteur Zodiac mais le signe du... ;)

Le Sagittaire est sous l'influence de... je vous le donne en mille... eh oui, Jupiter. Ce qui donne, pour un mec qu'a fait l'ENA : "JE SUIS JUPITERIEN" ! (Ils ont tous le sens de la formule. C'est dans le programme scolaire)

Mitterrand, lui, qui n'avait pas fait l'ENA, consultait des tireuses de cartes. Emmanuel, lui, se fait tirer les signes et Brigitte la peau du cou (et des bras ? et des bras, et des cuisses ? et des cuisses. Aaa louette...)

Bref chacun son truc.

Et pour finir sur le ton du billet qui nous dévoile une amitié naissante MAIS profonde, je dirais comme François Périer (version pessimiste) : "un ami c'est quelqu'un sur qui nous pouvons toujours compter pour compter sur nous"
OU
version optimiste je cite La Fontaine "Chacun se dit ami : mais fou qui s'y repose ; Rien n'est plus commun que le nom, Rien n'est plus rare que la chose"

Adéo

duvent

Dix-huit commentaires jusqu'à présent pour un sujet qui aurait pu inspirer...
Ainsi, l'amitié n'est plus ce qu'elle était !
Mais il n'est pas étranger à cette négligence le fait que ce sentiment repose principalement sur l'intérêt et que l'intérêt ou usure est l'apanage des hommes de qualités bancaires...
Le plus pathétique étant de se croire baigné de l'aura de l'ami tellement en vue, certains se pensent plus beaux, plus grands et beaucoup beaucoup plus intelligents. Voilà comment il est plus confortable d'avoir des amis riches, beaux, intelligents plutôt que pauvres, laids et c... (je n'ai pas écrit malades, c'est l'injustice de trop).
Patrocle n'a pas Ajax alors vivre et mourir sans amis n'est pas une sinécure !

Noblejoué

@ Catherine JACOB | 21 août 2017 à 09:31

Sait-on pourquoi ces idoles sont sans visage ?

Xavier NEBOUT

L'usage du qualificatif "jupitérien" par des "élites intellectuelles" est significatif de la perte de culture, et les mots manquent dans les commentaires du moment pour parler d'amour sans tomber dans les niaiseries.

Nous contournerons l'imagination grecque et les méandres psychologiques d'agapē, storgê et autres pour aller plus avant.

Jupiter, jus-pater, la justice aimante du père issu du dieu le père des origines que je me plais souvent à évoquer ici, est particulièrement intéressante en ce que la racine de "jus" se trouve dans "jour" - lumière du jour. Di-aus, Zeus, est le dieu du ciel au sens de lumière du jour.
Le dieu le père commun apparaît ainsi comme le symbole de l'amour filial au sens de lumière constituant le corps de celui-ci, lui-même corps de l'Esprit.

Rejoignant la notion de communion d'intelligence de mon propos précédent, l'amitié trouve ainsi sa source dans le partage de mêmes lumières de l'Esprit pour aboutir à l'amour lorsque deux êtres tournent un même regard vers l'Esprit.

petit soldat

L'amitié

https://www.youtube.com/watch?v=093LFnk_MWs

et en prime des protecteurs tous amicalement unis pour spolier les gens de rien.

Je me demande pendant combien de temps la "presse toxique française" va continuer à servir cette supercherie à moins qu'un général normal s'en mêle... mais existe-t-il ?

Aliocha

Ne te retourne pas, Loth, tu avais un ami, que la mort, hélas, t'a arraché. Il était musulman, la belle affaire, et toi, catholique fervent exilé hors des temples hypocrites, trouvait à son doux contact l'accomplissement d'abandon à l'avenir radieux des rêves oubliés. Ne te retourne pas, le futur, toujours, se nourrit du passé, et conduit le flux aux vallées creusées par l'oubli sous l'ardent soleil de l'amour, celui qui régnait, règne et règnera, même délaissé sous la pudeur sémantique, masque de l'amitié, même enseveli en l'argument psychologique des défis à la mort, vérité révélée.
Alors apparaît l'embouchure, neuve destination, tentes blanches oublieuses des drames et du sang, apparaît l'éternel, hors de la passion, et ce n'est plus un rêve, plus une explication, mais le réel au pied du Rabbi, contemplant, accolé au désastre, la vie en résurgence, l'ami ressuscité.

Catherine JACOB

Jérôme Garcin alors que vous avez la mer, le vent, le marbre, et ces idoles cycladiques sans visage qui autorisent tous les songes !
A priori, beau chignon.

Merville

Passe-moi la rhubarbe je te passe le séné.

Noblejoué

@ Breizmabro
" (...)"Et puis comme au fond de soi-même
On s’aime beaucoup
Si quelqu’un vous aime, on l’aime
Par conformité de goût"(...)
Paul Géraldy "Méditation""

Parfois. Et parfois c'est le contraire, "si tu ne m'aimes pas je t'aime, et si je t'aime, prends garde à toi".
C'est un cran de plus mimétique.

Cependant, on peut, rarement, avoir des attractions non imitées - pour ce que cela peut faire quant au résultat.

Enfin, l'important c'est d'être son propre ami, empathie voire pourquoi pas ? pitié de soi-même, et envers les autres. Et en même temps, distant, grâce ou disgrâce depuis l'enfance, pour le cas que je connais le mieux.
Tant de glace en moi ! Je n'aurais pas cru avoir une débâcle : ce doit être le réchauffement climatique.

Le problème, c'est qu'à trop comprendre les sentiments, on finit par s'en infecter, une erreur de manipulation, en ce sens je suis "dé-joué" comme l'a écrit une hyène, comme quoi on peut trouver du vrai dans du faux. En somme, une nouvelle maladie à viser le mieux dans divers domaines, dont chacun serait sans doute trop pour moi tant je ne suis pas ce qu'il faudrait, mais dont aucun n'est révocable.

Ou alors qu'à force de s'enthousiasmer pour des choses extérieures, on finisse par tenter d'en attirer une à soi, un excès... C'est-à-dire un excès pour moi, étant de glace, friable donc, comme l'hiver dans je ne sais plus le titre, mais un air de Purcell sur l'amour réveillant l'hiver - si l'admiration est forcément de l'amour et pas plutôt de l'amitié, vers laquelle je pencherais pour diverses raisons, disons, de l'amitié amoureuse, peut-être, car quoique lucide, il m'est difficile de trancher sur mes propres sentiments tant par proximité que parce que je ne leur lâche guère la bride.

Je n'avais pas besoin de ça, vraiment : ça ne m'apprend rien, et dans la mesure où ce n'est pas réciproque, ça m'affaiblit. Je n'ai pas besoin de nostalgie de ce qui aurait pu être dans ce domaine, j'en ai déjà dans d'autres, trop c'est insupportable.
Mais je crois que ça s'en va, tomber, en amour ou autrement, n'est pas mon but dans la vie. Si ce n'est fait, enfin espérons-le, pour en faire la dissection.

Achille

@ genau | 20 août 2017 à 15:05

C’est beau ce que vous écrivez, mais on ne voit pas très bien où vous voulez en venir et surtout quel est le rapport avec Jérôme Garcin. Mais c’est pas grave.

Patrice Charoulet

J'ai lu vos propos sur votre ami Jérôme Garcin.

Je rappelle, à cette occasion, quelques phrases antérieures, choisies entre cent, touchant l'amitié.

"Je mets en fait que si tous les hommes savaient ce qu'ils disent les uns des autres, il n'y aurait pas quatre amis dans le monde." (Pascal)

Racine sentant qu'il allait mourir, écrivit quelques jours avant sa mort à son grand ami Boileau : "Monsieur, c'est un bonheur pour moi que de mourir avant vous."

"Sur vingt amis, dix-neuf disent de vous du mal, et le vingtième, qui en dit du bien, le dit mal." (Rivarol)

"Quand mes amis sont borgnes, je les regarde de travers."(Joseph Joubert*)
* Idole de Cioran.

"Sans ami, le monde est un désert." (Mallarmé)

"Il est sage de verser sur le rouage de l'amitié l'huile de la politesse délicate." (Colette*)
*Pour Aliocha. Mais pas que.

"Il est rare qu'un avare d'amitié ne le soit pas d'autre chose." (Robert Sabatier, 1991)

Robert

Belle ode à l'amitié pour un homme que je ne connais que pour ses aspects publics. Je n'ai donc pas de commentaire à faire sur Jérôme Garcin.
En revanche cette ode à l'amitié ne manque pas de rappeler Montaigne et bien sûr La Boétie.

On ne peut dès lors s'empêcher de penser que l'amitié, au-delà des qualités qui lui sont prêtées, est aussi une forme de servitude volontaire par la nature des sentiments qu'elle met en jeu.
Ceci me permet de faire une petite digression littéraire qui nous ramène à un précédent billet sur le peuple. Dans mes pérégrinations sur Internet j'ai ainsi trouvé une excellente recension du "Discours de la servitude volontaire" de La Boétie par Olivier Kempf. A lire ici : http://echoradar.eu/2017/08/16/3396/

Patrice Charoulet

Je viens de lire vos propos sur Jérôme Garcin et sur l'amitié. Vous avez bien de la chance de pouvoir être ami de gens d'une telle qualité.
N'ayant rien lu de lui, je ne le connais que par l'émission qu'il anime chaque dimanche soir, "Le Masque et la Plume".
J'avais parlé ici de cette émission, il y a peu. J'avais exprimé mon regret de la grande époque où François-Régis Bastide l'animait et où l'on pouvait entendre les duels fameux Charensol-Bory. Ces grands moments avaient retenu l'attention de François Morel qui retrouva les archives sonores de ce temps et eut la bonne idée de les faire revivre sur scène.

On sait que cette émission est consacrée soit au cinéma, soit au théâtre, soit à la littérature.
Loin de Paris, je ne puis guère aller voir de pièces. Les émissions sur le cinéma peuvent être utiles, même à un provincial. Mon grand regret dans les émissions consacrées aux livres, est que l'on n'y parle que de romans. Je passe ma vie à lire des correspondances, des mémoires, des journaux intimes, des livres d'histoire, de philo, de politique, des essais. Tout-pour-le-roman m'étonne. Parlez-en de ma part à votre ami, s'il vous plaît.

genau

Avec les gens bien, on est mieux.
La vie quotidienne, c'est aussi le flacon vide de détergent et la nécessité d'assister au pillage de la pensée au bénéfice du chiffre, sans rien dire tant la puissance anonyme pèse.
Ecrire, c'est aussi se souvenir qu'on a écrit sur ce qui est aujourd'hui un péril dépassé, irréversible et que, pour cet écrit, on a perdu son avenir.
Simone Weil a tout dit sur l'étrangeté de l'amitié et il n'est pas besoin de la paraphraser, de telle sorte que rien n'avance.
Au Rotary, aussi, il paraît qu'on est bien, moins bien qu'au Jockey Club mais peut-être moins mal qu'à l'association diocésaine.

Les bons mots sont délectables, les formules heureuses s'y associent et convergent en foule aux portiques des demeures mauresques où elles viennent mourir sous la pesanteur inhumaine des textes sacrés.
Le banquet chez Levi n'en finit pas de livrer les secrets que l'Inquisition avait pressentis, et surtout l'ironie de la relation.
On sait peu qui a payé l'amende de Henry Thoreau et le désespoir n'est évident que lorsque la pauvre dépouille du damné ne recueille que des hochements de tête navrés qui trahissent une indifférence gourmande : "moi, je suis toujours là".
On est bien quand on célèbre l'amitié portée sur les fonts baptismaux par la courtoise bienséance et le talent en commun. L'amitié, on la vit longtemps mais elle ne révèle sa profondeur que lorsque, collé au mur du funérarium, on constate que la lumière ne sera jamais plus la même.
Jamais, celui qui a eu une vie n'en livrera autre chose que le pittoresque, c'est une question de "tenue".
Lire à cet égard Nadejda Teffi "Souvenirs", mais, bien sûr, cela a un siècle.

duvent

@Wil

Et je dirais même mieux, l'amitié est une fiction et la psychologie une autre... Mais ne vous inquiétez pas, en grandissant l'homme finit par comprendre et accepter tout ce qu'il y a d'insensé dans la vie qui la rend sublimement précieuse !

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