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13 février 2018

Commentaires

Mary Preud'homme

@ Giuseppe | 13 février 2018 à 12:05

Si vous êtes déjà allé à Lourdes, vous aurez remarqué qu'il n'y a aucun commerce, ni grand, ni petit, dans l'enceinte du pèlerinage, sanctuaires, grotte de Massabielle etc. dès lors qu'ils y sont strictement interdits. Un service d'ordre veille d'ailleurs scrupuleusement à l'application de cette règle, de même qu'il éloigne tous les fauteurs de troubles durant les cérémonies et les processions. A part les cierges vous ne trouverez donc rien à acheter dans ladite enceinte, contrairement aux allégations de certains.

Ce qui se fait en dehors de ladite enceinte est une autre affaire et l'on ne peut pas empêcher les camelots et vendeurs en tout genre (y compris de nombreux musulmans) de profiter de la venue de millions de touristes et de pèlerins par an, pour fourguer leurs bondieuseries et autres grigris. Idem pour les hôtels et restaurants qui profitent de la manne !

breizmabro

@ caroff | 13 février 2018 à 11:41
"Le miracle, c'est que certains persistent à écouter Europe 1 !!"

Et le miraculé Cohen ;)

breizmabro

Peut-être qu'en envoyant Salah Abdeslam à Lourdes plutôt que devant des juges nous pourrions obtenir un miracle.

Qu'il dise en revenant de Lourdes que tous les copains imaginaires se valent, que ce n'est pas utile de s'entre-tuer pour cela, que la guerre c'est pas bien, que les arabes et les juifs sont frères, que le coran est alternatif, que le burkini est juste fashion et que la burqa n'est qu'une invention de machos méditerranéens pour pas qu'on reluque leur femme.

Là, pour le coup j'y croirais au miracle.

A part ça, c'est non !

Michelle D-LEROY

Ce qui ennuie, dans cette affaire, certains esprits narcissiques tels Raphaël Enthoven, c'est que Dieu puisse leur voler la vedette... Bon je plaisante en partie.

Michelle D-LEROY

"J'aime cependant, qu'on croie au Ciel ou non, que soeur Bernadette soit venue jeter un pavé dans la mare de nos certitudes limitées et frileuses. Les esprits forts lui en voudront mais peu importe.
Elle oblige chacun à se questionner sur un possible au-delà."

Tout est dit dans cette conclusion. Il arrive que des athées convaincus se posent des questions. La guérison de sœur Bernadette Moriau peut faire douter ou sourire, elle fait partie de ces mystères inexplicables et troublants qui interrogent.
Par ailleurs, chaque découverte scientifique sur l'espace, l'univers ou l'apparition de l'homme sur terre devrait nous convaincre que tout est rationnel et cartésien, or après chaque découverte il reste une part d'inexpliqué.

Dans un autre domaine, j'ai lu récemment "La preuve du paradis". C'est l'histoire d'un neurochirurgien non croyant à l'origine car pragmatique de par sa profession, mais, qui, tombé dans un coma dépassé (E.M.I.) pendant plusieurs jours, raconte ce qu'il a vu ou vécu, comme on veut. Cette expérience, vécue et racontée lors de leur retour à la vie réelle, de façon semblable par des centaines d'autres patients dont Philippe Labro, est censée apporter une preuve tangible d'un au-delà. Or, après avoir lu ce livre, on doute (enfin du moins moi) tout autant car on y voit surtout que le patient, encore vivant physiquement, malgré l'absence d'activité de son cerveau, rêve, tout simplement.

La croyance sinon en un Dieu qui interviendrait sur nos vies (et il y aurait tant de vies à satisfaire) reste elle-même un mystère. Elle varie et fluctue aussi au gré des événements heureux ou malheureux de notre vie.
Il reste néanmoins des faits inexpliqués, des transmissions de pensée, des personnes dont on n'a plus de nouvelles depuis longtemps à qui on pense subitement et qui nous appellent ou dont on apprend le décès justement de façon concomitante, des coïncidences fortuites mais troublantes, des coïncidences de dates, de faits, bref un tas de petits faits qui font s'interroger.

Et la guérison de sœur Bernadette, qui (peut-être) prédestinée de par son prénom, reste médicalement inexplicable et ébranle notre esprit logique et terre à terre.

gluon

Admettons que Dieu (quel qu'il soit) fasse au gré de ses humeurs des miracles.

Ne pourrait-il intervenir à l'ONU pour que les avions israéliens cessent de bombarder la Syrie et que la France laisse les djihadistes qu'elle a envoyés là-bas, sous Hollande (avec l'accord de Le Drian), se débrouiller complétement seuls (et que Hollande indemnise tout seul les familles syriennes - comme Sarkozy devrait indemniser les familles libyennes).

Les Français en ont assez de supporter des présidents qui se prennent pour des dieux ; et que Dieu se manifeste une fois pour toutes !

Patrick EMIN

Ce que l'on ne parvient pas à expliquer ne s'appelle pas miracle mais ignorance. Le miracle existe bien sûr. Le miracle c'est que l'Église ait réussi à guérir 70 personnes sur 200 millions sans rire et sans trouver un peu curieux que la grâce divine ait superbement ignoré ces 200 millions de malheureux (paix à leurs âmes).

Mieux vaut en rire ! Avec tout le respect que je vous dois, Philippe Bilger, la "crétinté" sue la bêtise et l'ignorance et les efforts démesurés que vous déployez pour tenter de lui trouver une justification n'arrive pas à masquer votre embarras. Oubliez ces bêtises, vous n'en avez pas besoin ; un homme intelligent comme vous, se commettre avec les magiciens du temple...

J'ai du respect pour la religion, la vraie, celle qui manipule les consciences, qui exploite intelligemment l'ignorance, j'ai du respect pour celle-là comme on en a pour Machiavel, mais franchement, quand elle fait des tours de passe-passe... Quelle honte quand elle baisse sa culotte !

http://blog.patrickemin.com/leglise-baisse-sa-culotte-et-dans-mon-estime/

Claude Luçon

Le miracle de Lourdes se manifeste d'une autre façon !
En 1958, longtemps avant le TGV, mon épouse, accompagnatrice médicale volontaire des pèlerins de Catania (Sicile) à Lourdes par voie ferrée, considérait que, après un voyage de plusieurs jours pour un aller-retour total de 4 000 kilomètres, le vrai miracle était que leurs plusieurs centaines de pèlerins, dont la majorité était en pitoyable condition physique, beaucoup au seuil de la mort, n'avaient pas de miraculé mais étaient tous rentrés vivants en Sicile.
Ils n'avaient pas arrêté de chanter et prier à l'aller comme au retour.
Il faut avoir connu les trains de l'époque pour comprendre la validité de ce genre de miracle.

Jabiru

Pour que cette eau qui ruisselle d'une source dans la grotte de Massabielle et que certains qualifient de miraculeuse soit délivrée aux pèlerins aux abords de la grotte, il est nécessaire qu'elle soit potable donc traitée en amont dans des réservoirs spécifiques avec le même protocole que l'eau desservie dans les réseaux de la ville.
Quant au miracle, je reste très sceptique sur les bienfaits attribués à cette eau on ne peut plus courante.
Par contre on peut imaginer que la foi d'un croyant soit susceptible de déclencher une réaction, ce qui reste à démontrer.
Le vrai miracle c'est bien la manne qui rentre dans les caisses des vendeurs du temple.
Un conseil, se méfier des pickpockets qui se fondent dans la masse des pèlerins pour soulager leurs bourses pendant la prière.

Mary Preud'homme

On peut avoir une vision naïve, voire primaire de Marie... Ce qui est le cas de nombreux croyants et même de clercs qui la réduisent (hormis le jour de l'Assomption) à jouer les pots de fleurs dans les célébrations.
Et ceci bien qu'elle ait un rôle capital dans le christianisme, hélas depuis longtemps réduit à presque rien, d'abord par les protestants, puis, plus insidieusement par les catholiques, notamment ceux se réclamant du progressisme branché, hiérarchie en tête.
Alors que, Nouvelle Eve, la Vierge est par excellence le symbole de la femme, épouse et mère, élevée au rang suprême de Reine céleste.
Consolatrice des affligés, elle répare les cœurs blessés, elle est celle que l'on prie à l'heure de la mort...

Toujours la première en chemin, elle continue de nous entraîner et de nous guider sur les rudes sentiers de la vie, récapitulant en son ineffable personne la chaleur de l'amour, la lumière du foyer, l'écoute et l'indulgence inépuisables.

Elle est enfin celle qui intercède sans relâche auprès de Dieu, pour les justes comme pour les mécréants... Qui intercédait déjà pour le bon larron au pied de la Croix, les yeux levés vers son fils mourant qui venait de la désigner comme Mère de tous les Hommes.
Qui intercède mais ne décide pas du miracle, dont l'accomplissement revient à Dieu seul.
Mais serait-elle la seule à plaider la cause des humains en souffrance ou déshérence auprès de Notre Seigneur ? Qu'en est-il alors des innombrables saints du catholicisme et de tous ceux en puissance qui paraît-il sont en chacun de nous ?

Exilé

@ jack
"On peut cependant regretter que 'le miracle' soit si profondément injuste puisqu'une cohorte de malades à Lourdes ou ailleurs, nourrissent le même espoir sans être entendus. Pas d'explications..."

Peut-être que Dieu a horreur d'être considéré comme un distributeur automatique de miracles (à quand le droit aux miracles inscrit dans la Constitution ?) et qu'il aime se tourner vers ceux qui l'implorent avec une foi profonde...

Noblejoué

@ hameau dans les nuages | 13 février 2018 à 10:29

Pourriez-vous développer ?

jean christophe

Selon certaines sources, il existe un fort pourcentage de crédules à la surface de la terre, c'est pour cela que les religions prolifèrent.

Dans peu de temps on canonisera Tapie et Macron "heureux bienfaiteurs du capital".

Giuseppe

@ Achille | 13 février 2018 à 10:57

Un peu dans le prolongement de ce qui est dit... Il faut bien vivre, non ?

https://www.cremedelourdes.com/eau-de-source-de-la-grotte-de-lourdes.html

Patrice Charoulet

Votre texte sur l'événement que vous rapportez me porte à rappeler quelques avis antérieurs, glanés au cours d'une vie de lecture :

"Dieu se rendit sensible par de continuels miracles. (Bossuet)
*
Dieu ne fait pas tous les jours des miracles. (Fénelon)
*
Miracle est un terme équivoque. (Malebranche)
*
Toute la nature est pleine de miracles, mais de miracles de raison. (Leibniz,1692, lettre écrite en français)
*
Ce n'est jamais que par du miraculeux et du surprenant que les religions et les cultes ont pris faveur dans tous les temps et dans tous les pays. (Edmond Jean François Barbier, 1730)
*
Il est absurde de croire des miracles, c'est déshonorer en quelque sorte la Divinité. (Voltaire, 1764)
*
Les miracles sont les preuves des simples. (Rousseau)
*
En 1515, la bourgeoisie et le bas peuple croyaient fermement aux miracles : chaque village avait les siens. (Stendhal, 1827)
*
Aujourd'hui, les miracles s'usent. (Musset, 1837)
*
Un miracle public est devenu une chose assez rare, depuis que l'homme s'est avisé de regarder dans les manches du bon Dieu. (Nerval, 1851)
*
Pour les auditoires grossiers, le miracle prouve la doctrine, pour nous, la doctrine fait oublier le miracle. (Renan)
*
L'inexpliqué seul constitue le miracle. (Zola, 1894)
*
Quelque recherche qu'on ait faite, jamais un miracle ne s'est produit là où il pouvait être observé et constaté. (Littré)
*
La notion du miracle ne peut plus guère se soutenir dans son vieux sens théologique et précis, de violation des lois de la nature. (Jules Lachelier)
*
Le miracle, considéré à la loupe, risque d’être toujours contestable. (Alain)
*
Et, si l'on faisait des miracles quelque part, je n'irais pas y voir. (Alain)
*
Tout est miracle, sauf certains miracles. (Giono)

caroff

@ Achille
"Ci-joint l’avis de Raphaël Enthoven sur le miracle qui est le thème du billet. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a un gros doute sur cette guérison miraculeuse…"
https://twitter.com/Europe1/status/963318082952294400"

Le miracle, c'est que certains persistent à écouter Europe 1 !!

Achille

Ci-joint l’avis de Raphaël Enthoven sur le miracle qui est le thème du billet. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a un gros doute sur cette guérison miraculeuse…

https://twitter.com/Europe1/status/963318082952294400

hameau dans les nuages

Je ne suis pas mystique et ne pratique pas du tout un prosélytisme forcené comme ma soeur... Bernadette.

Mais il est des signes... Mais veut-on au moins les entendre, voire les écouter ? Il m'est déjà arrivé des événements étranges qu'une vie trépidante basée sur l’instantané m'aurait fait balayer. Et ce n'est pas parce que je suis proche de Lourdes.

Heureux les pauvres d'esprit...

jack

Bien d'autres ont prié la Vierge Marie. Tant mieux pour Soeur Bernadette. On peut cependant regretter que 'le miracle' soit si profondément injuste puisqu'une cohorte de malades à Lourdes ou ailleurs, nourrissent le même espoir sans être entendus. Pas d'explications...

duvent

Voilà bien le genre humain !

Après mille tours pendables, il prétend à un miracle de temps à autre...

Il est une condition sine qua non, le miracle doit être visible, et de préférence libérer un corps affecté, la Reine des neiges pour les grands.

Cela peut se comprendre, un miracle qui transformerait un esprit malade en esprit sain, c'est incroyable !!

Donnez-nous plutôt des lépreux et d'un baiser... Décidément, les hommes sont des enfants qu'il faut amuser, les éduquer relève de l'impossible miracle.

Tipaza

« Elle oblige chacun à se questionner sur un possible au-delà. » (Ph. B)

Sujet délicat, la question appelant outre les réponses binaires, un au-delà ou pas, une infinité de nuances.
Carl Gustav Jung a donné une réponse qui peut aider dans une réflexion sur le sujet, je la livre ici.
On sait que Jung parle souvent de Dieu dans ses ouvrages, et on lui a souvent fait le reproche d’être un mystique.
Lors d'une émission de la BBC en 1959 (« Face à Face ») on lui demanda : « Croyez-vous en Dieu ? ». Jung répondit « Je n'ai pas besoin de croire en Dieu ; je sais. »
Devant l’afflux de lettres qu’il reçut après cette émission, il précisa sa pensée dans une lettre datée du 21 janvier 1960 qui fut publiée dans The Listener :

Voici cette lettre :

"J'ai reçu de nombreuses lettres dans lesquelles il était fait état de mes propos sur la « connaissance » (de Dieu). Ma façon de concevoir la « connaissance de Dieu » est peu conventionnelle et je comprendrais fort bien que l'on me reprochât de ne pas être un bon chrétien. Pourtant je me considère chrétien car je me fonde sur des concepts chrétiens. J'essaye seulement d'échapper à leurs contradictions internes en faisant intervenir une attitude plus modeste qui tienne compte des vastes ténèbres qui règnent dans l'âme humaine. L'évolution continue de l'idée chrétienne, comme celle du bouddhisme également, est une preuve de vitalité. Notre époque a certainement besoin de voir se développer un nouveau mode de pensée à ce sujet, car il n'est plus possible de continuer à penser à la façon des Anciens ou des chrétiens du Moyen Âge lorsque nous pénétrons dans le domaine de l'expérience religieuse.
Je n'ai pas dit, au cours de l'émission radiophonique en question : « Dieu existe ». J'ai dit : « Je ne crois pas en Dieu : je sais ». Ce qui ne veut pas dire que je connaisse un certain Dieu (Zeus, Jahvé, Allah, le Dieu de la Trinité, etc.) mais plutôt : je sais que je me trouve, de toute évidence, en face d'un facteur inconnu que j'appelle « Dieu » en consensu omnium (« quod semper, quod ubique, quod ab omnibus creditur »). Je me souviens de Lui, je L'évoque, chaque fois que je me sers de Son nom lorsque la colère ou la crainte m'envahit, chaque fois qu'involontairement je dis : « Oh Dieu ».
Ceci se passe chaque fois que je rencontre quelqu'un ou quelque chose de plus fort que moi. C'est une expression heureuse qui convient à toutes les émotions irrésistibles de mon propre système psychique, qui maîtrisent ma volonté consciente et s'emparent du contrôle que j'exerce sur moi-même. C'est le nom par lequel je désigne tout ce qui traverse mon chemin violemment et sans ménagement, tout ce qui bouleverse mes idées subjectives, mes plans et mes intentions et qui change le cours de ma vie pour le meilleur et pour le pire. D'accord avec la tradition, j'appelle « Dieu » la puissance du destin sous son aspect positif comme sous son aspect négatif et dans la mesure où son origine n'est pas vérifiable ; c'est un « dieu personnel » puisque mon destin signifie surtout moi-même, surtout lorsqu'il me parle sous la forme de la conscience comme une vox Dei avec laquelle je puis même m'entretenir et discuter. (Nous faisons et en même temps nous savons que nous faisons. Nous sommes sujet et objet à la fois.)
Et cependant, je considère qu'il serait intellectuellement immoral de se permettre de penser que le Dieu que je conçois est l’Être universel et métaphysique des confessions ou des « philosophies ». Je n'ai pas l'impertinence de postuler une hypostase, ni l'arrogance de décerner des attributs tels que : « Dieu ne peut être que bon ». Seule mon expérience personnelle peut être bonne ou mauvaise, mais je sais que la volonté supérieure repose sur une base qui transcende l'imagination humaine. Étant donné que je connais ma confrontation avec une volonté supérieure, je connais Dieu, et si, de façon illégitime, je tentais d'hypostasier ma représentation, je dirais que je connais un Dieu qui est au-delà du bien et du mal, qui règne en moi comme ailleurs : Deus est circulus cuius centrum est ubique, cuius circumferentia vero nusquam."

Exilé

L'Eglise est d'une prudence extrême face à de tels événements et toutes les précautions sont prises pour aboutir à un constat médical sans équivoque : soeur Bernadette ne pouvait pas guérir en l'état de la science actuelle.

Exactement.
Il faut même dire qu'elle est tellement prudente que dans plusieurs cas elle ne reconnaît pas le caractère pourtant miraculeux de certaines guérisons inexplicables, par précaution.

Rappelons aussi que les guérisons attribuables à des miracles sont examinées par une commission médicale composée de médecins de diverses sensibilités, y compris des athées.
Alexis Carrel, médecin et prix Nobel, imprégné d'athéisme, s'est converti après avoir constaté le cas miraculeux de la guérison d'un cas médicalement désespéré.

boureau

Sœur Bernadette

Inattendu et intéressant votre billet cher P. Bilger.

Effectivement un pavé dans la mare du relativisme ambiant. Le religieux n'est pas mort, contrairement aux souhaits des "esprits forts". Certains disent même qu'il progresse dans ce siècle qui devait célébrer la mort de Dieu.

Mon épouse, en pèlerinage à Lourdes hier, m'informait qu'il n'y avait jamais eu autant de personnes en communion dans la foi.

Cordialement.

Achille

Bonjour,

Ouh là là ! Philippe Bilger vous abordez là un sujet très sensible, voire clivant. Cela va mener à la confrontation des mystiques et des cartésiens du blog. Les premiers croyant dur comme Lucifer aux forces de l’au-delà, les seconds préférant se fier aux lois universelles qui régissent la Nature. Pour ces derniers (dont je suis), tout phénomène a forcément une explication, même si celle-ci ne nous apparaît pas dans l’état actuel de nos connaissances.

Il est à noter que les miracles sont devenus très rares de nos jours, alors qu’ils étaient coutumiers au temps de Jésus et ce jusqu’au Moyen Âge. Avec le siècle des Lumières, la perception des réalités de ce monde s’est affinée, chez les érudits d’abord, puis l’enseignement se démocratisant, elle s’est répandue à toute les classes sociales. Enfin presque car il y aura toujours quelques illuminés pour croire que l’humanité est sous l’emprise de forces surnaturelles.
Mais il est vrai que des miracles se produisent encore à notre époque, à Lourdes notamment. Ville où les marchands du Temple sont agglutinés devant l’entrée de la grotte miraculeuse pour vendre aux pèlerins leurs milliers de petits bibelots et autres babioles made in Taïwan.

Toutefois, ma scolarité passée dans un établissement religieux m’a amené à croire à cette force intérieure qu’est la foi. Je pense que le mental est capable d’agir sur le physique et parfois même d’œuvrer là où les traitements médicaux n’opèrent pas. C’est de cette force interne, exprimée par la prière, que sans doute provient l’explication de ces miracles qui rendent perplexe les scientifiques et même le Saint-Siège chargé de les « homologuer ».

Moi-même il m’est arrivé de prier, surtout dans ma jeunesse, beaucoup moins aujourd’hui, la vie m’ayant appris à devenir pragmatique et à compter plus sur moi-même que sur les forces de l’esprit. Mais je dois reconnaître que la prière m’a permis de trouver en moi la force mentale me permettant d’affronter des épreuves difficiles, comme nous en connaissons tous au cours de notre existence. Ça marche ! Pas toujours mais assez souvent finalement. La foi, dit-on, soulève les montagnes alors pourquoi ne pourrait-elle pas guérir ?
En fait suffit d’être du bon côté de la Force. Sinon il reste la solution de vendre son âme au diable. Il paraît que ça marche aussi, mais je ne m’y risquerai pas.

Noblejoué

"J'aime cependant, qu'on croie au Ciel ou non, que sœur Bernadette soit venue jeter un pavé dans la mare de nos certitudes limitées et frileuses. Les esprits forts lui en voudront mais peu importe."

Pourquoi ? Qu'elle ait été guérie par le Ciel ou, plus probablement, par la foi, elle ne lèse personne. Toute personne point trop malveillante ressent de la joie et non de la peine pour la guérison de quiconque.

Sinon, il me semble me rappeler que Jésus dit "ta foi t'a sauvé". Mais "Dieu t'a sauvé" ? Il faudrait vérifier, mais flemme... Si c'est la foi, il n'est pas nécessaire que le Ciel intervienne ni même qu'il existe.
Ou alors, il est bien œcuménique, et tant mieux... Dans quelle religion, les ou la divinité ne guérit-elle pas, parfois, ses fidèles ?

Je pense même qu'un simple mortel, très populaire, sans se réclamer de tel ou tel courant religieux, pourrait guérir autour de lui si l’idolâtrie dont il bénéficie bouleversait ses fans au point de guérir les malades. Que faire si on guérit comme ça, dire je ne suis rien par humilité ? Enfin, pour certains, pour d'autres, par égoïsme pur et simple, cela prendrait du temps et pourrait être dangereux, avec les religieux intolérants, surtout les islamistes. On prendrait le risque de ne plus sauver personne.
Dire je suis un avatar de tel ou tel dieu, ou Dieu me parle ? Avec le risque d'alimenter la religion et ses divisions, donc de faire, in fine, plus de mal que de bien ? Je crois que le mieux c'est la citation "ta foi t'a sauvé", ça fait religieux, profond, et comme ça a bien le sens qu'on veut y mettre, cela n'engage à rien.

"Il est frappant de relever que la passion pour la science-fiction, les oeuvres de "fantasy", ce qui déborde le réel - des thèmes dominants au cinéma - ne rend pas les esprits et les sensibilités familiers, dans la quotidienneté, la vraie vie, avec les surprises et les fulgurances imprévisibles du destin. Avec une transcendance ayant décidé d'intervenir dans notre monde trop humain."

Distinguons, distinguons si on n'est pas distingué !
La science-fiction c'est "et si les choses étaient autrement". Donc, rien n'interdit de faire de la science-fiction théologique... Il y a ainsi la trilogie de Lewis. Les dogmes chrétiens sont respectés et illustrés dans une histoire où un philologue est le héros. Le premier tome, tout un programme, très beau titre, dans le tome 2 et 3, moins, mais les livres sont aussi réussis, dans le premier, le titre est "Le silence de la Terre". Rien à voir avec "Le silence de la mer", faites les gros yeux au libraire s'il vous reprend comme un ignorant si, en l’occurrence, l'ignorant, c'est lui. Le silence de la terre, c'est que l'ange chargé de notre planète, méchant, s'est coupé de Dieu, et des autres anges des "cieux profonds". Voilà notre monde remis dans un contexte cosmique, notre héros est enlevé par des méchants qui veulent le sacrifier pour se faire bien voir d'extraterrestres qu'ils iraient opprimer, mais happy end, il est le défenseur d'un interdit type pomme quand une autre fois le drame d'Adam et Ève se rejoue dans un autre monde avec un résultat différent. Si je n'apprécie pas la manière dont les non chrétiens sont présentés et diverses choses du même ordre, l'inventivité théologique, me semble-il fidèle aux dogmes, le souffle cosmique, la manière dont est menée l'histoire et un style qui pourrait être pire devraient plaire aux incroyants et surtout aux croyants.
Il me semble que cela n'a pas été adapté en film, et c'est dommage en ce sens que cela n'aide pas à la notoriété, bien en ce sens que l'on risque quelque peu le ridicule si ce n'est pas bien fait.

Bon, pourquoi parler de ça ? Parce que la science-fiction peut être théologique, que la théologie soit une science ou non, ce genre, mauvais genre pour un tas de gens, qui ne le méritent pas, s'ils le croient, est une science d’hypothèse pouvant traiter de tout. Conquête spatiale, mais pas seulement... Qu'est-ce qu'un robot chez Asimov, par les trois lois de la robotique, avec une casuistique géniale, qu'est-ce qu'être un Homme avec K. Dick, avec l'empathie ou son contraire, et un doute permanent sur la réalité.

Bien, la SF c'est "penser autrement", et je défie qu'on trouve un amateur de science-fiction, un vrai amateur et de la vraie SF, pas juste des batailles spatiales à coup de laser, de ne pas penser et si ?

La fantaisie, c'est plutôt, je dis plutôt car il y a évidemment des cas intermédiaires, comme en tout "sentir autrement".
D'ailleurs un des fondateurs de genre le disait bien, William Morris, auteur de "La source du bout de monde" dans la fantaisie, on fait attention à ce qu'on ne regarde plus, d'habitude, la nature, le vent, les animaux. Je ne sais plus s'il l'a dit, mais on est en général dans un Moyen Âge de fantaisie, on sent autrement les rapports humains, moins de calcul, plus d'action, souvent, plus mythique, davantage de loyauté, en somme l'individu peut s'affirmer comme héros souvent dans une communauté, alors que le sens de l’héroïsme et la communauté n'est pas très fort de nos jours si le communautarisme se développe et pas forcément pour le meilleur.

Et donc, on peut penser et sentir autrement, ce qui n'est déjà pas mal, certes des spectateurs ne le font pas, mais tous ceux qui vont à l'étranger ne s’ouvrent pas forcément non plus aux cultures d'ailleurs.
Bien.

Tout cela n'a rien à voir avec une propédeutique de la foi, je lis K. Dick ou Lewis et je vais à la messe.
Avec la guerre des étoiles, ce sera encore plus coton ! Mais ce qui est vrai, c'est que cela peut aider à ne point considérer seulement la croyance par ses méfaits et par ses gains, coûts-avantages, par ses causes, à mon avis le sacrifice humain essentiellement, par son destin, l'histoire des religions, ou par le vécu des croyants, qui incarne ce que dit précédemment, mais aussi par une autre disposition du réel. Et si les choses étaient autrement qu'elles n'en ont l'air, y compris dans ce domaine ? L'esprit est adogmatique, ni théiste, ni athée, je ne sais pas, je ne crois pas, je pense et je rêve, ouverture absolue au monde.

Ajoutons qu'un croyant peut en faire autant, dans le sens inverse, il a sa croyance, mais il peut adhérer par le rêve à un monde des plus athées dans Asimov, surtout dans le cycle Fondation, où Fondation, une organisation, a prévu et décidé d'écourter les âges de décadence en se servant entre autres de la religion pour ce faire.

La SF ce n'est pas je tolère l'autre gros nul d'idiot de pervers qui ose ne pas penser comme moi, c'est nous pensons et rêvons à différents monde, jouissons de différents monde et ne méprisons celui de personne.
Même si quelques œuvres sont plus ou moins polémiques, l'amateur passe de l'une à l'autre et agrandit son regard.

Tiens, j'ai commis un éloge de la science-fiction, espérons qu'aucun amateur ne me tombera dessus parce qu'il aurait, bien naturel, une autre manière de voir, ça ferait désordre après ce que je viens d'écrire !

Ah, on est toujours coupable dans la vie, quand on fait, lit ceci, on ne lit pas cela, et je pense justement que je n'en ai pas lu depuis un certain temps... Et l'Exégèse de K. Dick, SF, vu l'auteur, gnose vu ce que j'en ai entendu dire ?

Il y a tant de monde possible, et comme dirait K. Dick, "Si ce monde ne vous plaît pas, vous devriez voir les autres".

"On pourrait s'interroger sur le fait que cette bienveillance "miraculeuse" soit si rare mais, si elle était multipliée, que deviendrait notre liberté et le caractère discrétionnaire de la grâce octroyée, par des desseins impénétrables, à Soeur Bernadette plutôt qu'à tel autre malade ?"

Notre liberté... Nous souffrons et nous mourrons, notre intelligence est fort limitée mais nous sommes libres.
Nous ne faisons que subir mais nous sommes libres... Parce que nous sommes libres de ne pas avoir, plus important que vivre d'une vie véritable et non mortifiée, la foi.

La foi aurait donc plus de valeur que tout le reste, en somme, alors qu'elle n'en est que la consolation.

Du moins dans notre monde. Dans un monde où la mort et la souffrance seraient abolies, les morts retrouvés, ressuscités, les familles désunies par la faucheuse recomposées, la liberté et la paix advenues, la foi pourrait être la célébration du bonheur.

Je ne sais pas si j'ai un esprit fort ou faible, je préférerais, dans tous les domaines, avoir un esprit juste, mais si on met Bernadette contre les esprits forts et que des esprits forts répliquent dans le même registre, on perd le plus important.
La joie que, d'une manière ou d'une autre, le monde soit davantage ce qu'il doit être pour une personne guérie de ses maux. C'est peu pour le monde, beaucoup pour elle et ceux qui l'aiment.

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MENTIONS LEGALES

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