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24 mars 2018

Commentaires

vamonos

L'estime de Didier Barbelivien pour Dick Rivers m'a beaucoup touché. Ces deux artistes ont en commun un grand talent dans le registre du divertissement populaire. Dick est toujours là, entouré d'excellents musiciens et il fait des concerts.

Mary Preud'homme

Didier Barbelivien représente pour moi la quadrature du cercle, tant en matière de préférence ou création musicale que de choix politique.
Par exemple comment peut-on demeurer à la fois un inconditionnel de Léo Ferré, assimilé à un créateur génial mais néanmoins militant gauchiste invétéré et rester fidèle à Sarkozy, électron libre par excellence de la politique de droite ?
Personnellement, si le premier m'a toujours semblé lugubre au plus haut point, textes de rive gauche obligent, le second m'est toujours apparu comme un homme d'action chaleureux et sincère - là où je rejoins DB - sans pour autant être génial, non de son fait d'ailleurs, mais plutôt par manque de compétiteurs de qualité ou du même calibre sur le marché.

Comme quoi au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois. Et les sourds, ou les opportunistes d'en profiter et tirer leur épingle du jeu, EVIDEMMENT...

Zonzon

@ Achille
@ caroff

Toute cette activité fébrile post-élyséenne montre combien il comptait peu sur sa présidence pour passer à la postérité.
Pauvres de nous !

Quelle différence avec Devos qui démonta la mer et qui repérait les anges qui passent !

Achille

@ caroff | 29 mars 2018 à 11:59

Vous oubliez de dire qu’il siège également au Conseil constitutionnel ainsi qu’à l’Académie française où il participe à la rédaction du dictionnaire de cet auguste aréopage, qui doit en être encore à la lettre G.
Il s’est aussi lancé dans le métier d’écrivain comme tout politicien désoeuvré, mais avec peu de succès il est vrai.
Bref, un ancien président actif mais en toute discrétion. Vous me direz que ce ne sont pas toujours ceux que l’on voit le plus à la télévision qui sont les plus actifs…

caroff

@ Achille 21h40
"VGE, lui, est en retraite depuis 1981"

Point du tout : il a été élu député en 1984, puis parlementaire européen, de nouveau élu à l'Assemblée en 1988 et en 1993 et ce jusqu'en 2002...
Un retraité plutôt actif non ?

Savonarole

@ Zonzon | 28 mars 2018 à 16:49

"Heureux Zonzon" disais-je dans mon commentaire.
C'était admiratif de ma part.
Je ne suis pas certain d'égaler votre score.

Zonzon

Mon cher Achille,

Pour une fois comment ne pas vous approuver totalement. Cette longue liste de VIP que vous nous donnez en pâture et dont vous laissez à penser qu’ils ne furent pas tous utiles au pays et heureux dans leurs décisions, avez-vous imaginé la multitude de petits Zonzon qui pourraient vivre et prospérer – et pour les meilleurs d’entre eux écrire de fabuleux commentaires pour Monsieur Bilger – avec la gigantesque somme que nous leur allouons annuellement ?

Surtout depuis l’arrivée de Macromé et sa réduction drastique de la retraite des Zonzon les plus pauvres et à laquelle ne sont pas assujettis les bénéficiaires ci-dessus nommés.

Encore ne faut-il pas considérer cet élément positif, revigorant et irréversible, que nous sommes exemptés de tout ce que nous devrions donner si le Président Mitran avait refusé d’abandonner ses droits à aller déguster des ortolans sur les bords du Nil !

Moi je m’en fiche, les ortolans j’aime pas.

Bonne journée

Achille

@ Zonzon | 28 mars 2018 à 16:49

Ne vous formalisez pas de ce que dit Savonarole, Zonzon. VGE, lui, est en retraite depuis 1981, soit 37 ans avec tout l’équipage qui sied au train de vie d’un ancien président de la République (chauffeur, valet de pied, gardes du corps et tout le tintouin) et il a encore bon pied bon œil le bougre !
Et je ne parle pas de la palanquée d’ex-Premiers ministres qui va de Laurent Fabius jusqu’à Bernard Cazeneuve et qui disposent eux aussi de tous les avantages en nature dus à leur rang.

Tout ça pour dire que vous n’avez aucun complexe à avoir. Vous nous coûtez certainement bien moins cher que tous ces braves gens.

Zonzon

Savonarole ! Bigre.
Partout retentissent les cris de douleur. L’affliction recouvre le pays et la rage froide s’empare des plus réservés.
Et voici que vous ironisez. Vous en remettez une couche sur les retraités de 30 ans !

Serions-nous de la même secte dont les membres, convaincus depuis longtemps de leur inanité, attendent sans faillir que la lame du couteau vienne crisser sur leurs vertèbres cervicales ?
Et qu’au terme de ce devenir ultime, notre gouvernement ne nous accorderait même pas l’honneur d’avoir été égorgés selon les règles de l’art.

Nous sommes des chiens, c’est sûr, mais des chiens qui ont le rire en eux ; le propre de cette race de chiens.
Alors parlons, voulez-vous, de Bismarck et de sa remarque aristocratique de hobereau prussien, que le moindre des économistes distingués reprendrait volontiers à son compte.
Une remarque superfétatoire car tout autant au service de son maître qu’ensuite comme pédagogue de Guillaume le dernier – lequel en fit profiter son successeur immédiat – il « vulgarisa » une tout autre méthode pour résoudre cet épineux problème du financement des retraites. Simple et élégante, et disons-le, propre : faire en sorte que les jeunes n’aient pas trop la possibilité de vieillir.

Bien sûr nous sommes sortis de ce « stupide » XIXe siècle, nous sommes devenus avisés et objectifs. Certains même sont « humanitaires », la qualité sommitale dans les confréries usuelles.

Mais il n’y a pas que la raison organisationnelle froide dans la vie. Il y a aussi l’imagination et la science, lesquelles font souvent bon ménage.
Ainsi, Jacques Attali, quelque chose comme le Bismarck du président Mitran, proposa une prospective audacieuse, radicale et élégante, bien connue de tous les économistes.
Il semblerait que nos divers gouvernements nationaux hésitent encore à l’appliquer. Mais c’est comme le compteur Linky, cette technique arrivera un jour chez vous !

Une fois de plus nous avons réussi, loin du maelström, à écrire sur rien, dans le calme et la sérénité. J’ai quand même le sentiment d’avoir « un caillou dans ma chaussure ».
Serait-ce d’avoir à quelques lignes d’intervalle mentionné Jacques Attali lui-même, et le successeur de Guillaume II ? Dans un temps où les vents mauvais reprennent de la force ?

Heureusement, les gens de bonne volonté et ceux qui ne peuvent faire autrement feront toujours confiance à nos gouvernants !

Savonarole

@ Zonzon de 14:21
"Depuis 30 ans je suis à la retraite..."

Bismarck doit se retourner dans sa tombe, lorsqu'il avait mis en place la retraite en Allemagne, il avait tout de même ajouté un bémol célèbre "à condition qu'elle ne dure pas trop longtemps". Heureux Zonzon !

Zonzon

@ Achille

Alors là je ne suis plus d’accord ! Commencer à ne parler de rien en attaquant sur Devos, c’est fort.
Ce monument de grâce, de subtilité poétique, avec ce sens inné de pourfendre les imbéciles seuls – contrainte qui ne le laissait pas sans biscuit – mais jamais avec cette férocité qui les poussent parfois à mettre fin à leurs jours, un prince qui altérait mes zygomatiques, non, trois fois non !

Du coup j’en perds mon latin, je ne sais plus où et quand. Ce sera mon émoticône à moi !

Bonne soirée

PS : Vous me parlez d’un malentendu. Je pense que ce devait être un malentendu. Mais en ces affaires-là je n’entends guère. Souvent c’est du rien.

Achille

@ Zonzon | 27 mars 2018 à 14:21
« Pourquoi ne pas pérenniser cet essai et se mettre à argumenter sur rien, sur le rien absolu. On pourrait, si vous en êtes d’accord, écrire à quatre mains, comme ça, sur le rien c’est-à-dire sur le n’importe quoi, par suite sur le tout. Dans le fond, les contingences ont-elles vraiment du poids, de la substance ?
Un truc à se choper le Goncourt, que je partagerais naturellement avec vous.»

Parler de rien ce n’est pas facile car il est très difficile de trouver quelque chose à dire. Raymond Devos y était pourtant parvenu. Mais c’était le grand Raymond.
https://www.youtube.com/watch?v=hz5xWgjSUlk

Depuis les humoristes ont perdu le sens de l’humour pour le remplacer par le sarcasme qui ne fait guère rire que les imbéciles. Tout fout le camp.

Je pense toutefois qu’à nous deux on pourrait faire une bonne équipe. Il est vrai que l’on était parti sur un petit malentendu. Mais deux musiciens ne doivent-ils par accorder leurs violons afin de bien jouer leur partition ?

Le « petit machin charmant avec lequel j’ai conclu mon billet » s’appelle une émoticône encore appelée un smiley (pour les Anglo-Saxons). Ils sont très utilisés sur les réseaux sociaux. Notamment sur Twitter.

Il est très peu pratiqué sur ce blog. A vrai dire je dois être le seul à l’utiliser ici. Il est possible de récupérer un clavier virtuel sur Internet permettant d’avoir toute une série de « frimousses » très suggestives. Mais il faut savoir un peu maîtriser Internet et je crains que ce ne soit pas votre cas...😜

Zonzon

Ah ! Achille, vous ne saviez pas. Depuis 30 ans je suis à la retraite et j’ai bien d’autres choses à faire que d’être dans le siècle.

Je suis touché que mon écriture sur le néant ait attiré votre attention. Vous me réconfortez et me donnez une idée. Pourquoi ne pas pérenniser cet essai et se mettre à argumenter sur rien, sur le rien absolu. On pourrait, si vous en êtes d’accord, écrire à quatre mains, comme ça, sur le rien c’est-à-dire sur le n’importe quoi, par suite sur le tout. Dans le fond, les contingences ont-elles vraiment du poids, de la substance ?
Un truc à se choper le Goncourt, que je partagerais naturellement avec vous.

Rassurez-moi, le petit machin charmant avec lequel vous avez conclu votre billet, je ne sais pas trop ce que c’est. Non, ne vous moquez pas, réellement je ne sais pas. Mais je veux bien apprendre, je serai un élève respectueux, sauf bien sûr si vous vous permettez des privautés sur ma personne. Les pédagos maintenant…

Bien à vous

Achille

@ Zonzon | 26 mars 2018 à 10:19
« Je ne sais pas ce que c’est que Didier Barbelivien. Avant d’ouvrir votre blog ce matin j’ignorais qu’il existât un tel être. Je dis être puisque vous m’en présentez une photographie… enfin je suppose que c’est la photographie dudit être. »

Vous ne connaissiez pas Didier Barbelivien avant de voir cette interview ?
Que faisiez-vous ces trente dernières années ? Vous étiez en mission d’exploration en Papouasie ? A moins que vous ne soyez un envahisseur de la planète Krypton ! 😊

Julien WEINZAEPFLEN

Mais j’ai compris. Didier Barbelivien n’est plus un éternel adolescent parce qu’il vit un amour durable. Je tiens à la disposition de sa femme, qui croit qu’il l’aime moins, cette note affectueuse du 16 octobre 2004 (a-t-elle été écrite par lui ou par moi ?) :

http://etudestorrentielles.blogspot.fr/2018/03/note-affectueuse.html

Les trois piliers de l'amour durable sont :
Amitié, Désir et Affection.

L'Amitié est la racine de l'amour. « Entre l’amour et l’amitié, il n’y a qu’un lit de différence. » (Henri Tachan)

https://www.youtube.com/watch?v=Htr4PpNkhhw

Le Désir en usurpe le centre apparent.
En fait, il va et vient entre là, remplissant les pauses de lascivité prises par la langueur et laissées dans les creux ou entrelacs de la passion de durer, et c'est ce qu'Amour on nomme, ce désir dans les entrelacs, car avec son frétillant frisson qui sait jouer, il en donne le sentiment saisissant. Et l'amour veut être défini par le sentiment…

Le lac de la passion de demeurer devient de montagne russe, comme les poupées qui font dresser le désir. Si bien qu'il y a du désirable émergeant comme raidillon sur la montagne à serments de la passion de durer dont le sermon est le ciment, le sermon des conversations lentes autour de la table haute, au moment du Conseil statutaire du couple plein de projets, qui bâtit une maison de paroles.

De la passion, le sermon pour ciment (ou ce que Dialogue on nomme), et l'Affection gardienne et gardée comme le beau reste du Désir à marée basse, qui toujours remonte sur la berge, il n'y a rien à craindre là-dessus, car l'Affection veille au grain, l'affection l'entretient.

L'Affection est le beau reste du Désir, elle bat pavillon, les verges repliées, sur le cœur de la passion d'ériger. Mais avec ce reste-là, du désir-bâton-bourdon rentré au port du porc rentré en repos du guerrier, avec ce reste du désir qu'est l'affection sans escales, où qu'en soit l'érection, il reste tout de l'amour, tout, même si l'amour n'est plus fou.

La triste chair peut s'endormir, elle n'a rien à réclamer : l'Affection veillant, comme le cœur, sur les corps après l'extase des petites morts, il reste tout de l'amour, tout, le désir sauf, momentanément interrompant le coït ou laissé à son germe, dans le rêve d'un souvenir en attente du réveil de la baguette magique des contes de fée, qui sera volonté de puissance et aura la puissance de sa volonté ;

Et si l'amour en attendant, dans cet assoupissement de la chair avant nouvel assouvissement, si l'amour est indivis, veillé par l'Affection qui ainsi l'aura confondu, son unité ne saurait le détruire, car l'Affection n'est pas une maladie de l'amour : elle en prend soin, quelque long que soit le silence du Désir et quelque mystérieux le sommeil qui s'est emparé de lui et abattu sur la chair avant duothéonéofaction.

L'Affection n'est pas une maladie d’amour ni la maladie de l'amour : elle en est le souffle, elle est son esprit, elle l'emporte en effluves de son chant qui revient sur l’amour en appels au Désir, en rappels à la chair pour que, le Désir sauf, soient sauvés de l'oubli les sens mêmes.

Au terme des trois, Amitié, Affection et Désir abusivement nommé Amour, c'est l'Alliance, et le triomphe vibrionnant de son or tressé sur les cœurs inséparables, non pas comme une pérennité de l'intérêt contractuel qui cimentait le mariage bourgeois, toujours à l'affût des parures et des pierres à lapider de l'inévitable adultère, mais par le fait tressé, cet or, qu'envers et contre tout (et sans qu'il y ait de lapidation qui tienne), on défend l'autre qu'on représente et qu'on devient.

On devient l'autre qu'on défend, et la lumière de l’affection qui cimenta l'alliance brille sur le bris de l'individu perdu dans l'hors-moi, dans l'é'moi ou l'enlacement des identités, et ce sont deux enfances qui étincellent, enchevêtrées, dans la constellation des consolés, de s'être frottées les yeux ensemble dans une seule et même mémoire qui les a confondues et qu'est l'amour devenu, passion du lac au niveau d'Amitié, au milieu duquel, évasifs en ce limon, flotte sans s’éroder le roseau du Désir évanescent, que soulève l'Affection, poussière aux reflets pailletés dans l'air blessé de jouissance.

Zonzon

Monsieur Bilger, avec tout mon respect, je dois à la vérité de dire que vous m’offrez un grand, un très grand moment de bonheur.

J’explique !

Je ne sais pas ce que c’est que Didier Barbelivien. Avant d’ouvrir votre blog ce matin j’ignorais qu’il existât un tel être. Je dis être puisque vous m’en présentez une photographie… enfin je suppose que c’est la photographie dudit être.

Ce document, comble du ravissement, n’est accompagné d’aucun texte, seulement d’un enregistrement phonique, un objet que je ne consulte plus depuis des décennies en raison de la grande méfiance que j’ai acquise pour avoir trop entendu déblatérer mes concitoyens.

Je ne « sais » donc que la photo d’un homme, de race blanche, à mi-vie, look de bobo branché, probablement un intello dont le domaine d’investigation n’est pas évident, pas plus que ses inclinations sexuelles sur lesquelles je resterai cependant réservé.
Une personne néanmoins digne d’intérêt puisque vous avez tenté, c’est méritoire, de nous le vendre.
Mais le service après-vente n’a pas très bien marché. A l’heure où je vous écris je note dix commentaires que je n’ouvre pas pour rester dans la plus stricte objectivité, je veux dire la méconnaissance absolue du sujet traité.

Nous savons tous parler pour ne rien dire. Mais écrire sur rien est un plaisir ineffable que je n’avais jamais encore éprouvé.

Mille mercis pour m’avoir offert ce moment !

Ellen

@ Jocelyne | 25 mars 2018 à 18:37

Contrairement à votre réponse, je constate que n'avez pas pris le soin de lire ce que j'ai écrit de positif. Vous me surprenez beaucoup. Allez sur mon commentaire, même jour à 09:35, et vous verrez que c'est l'inverse de ce que vous avez pu comprendre. Peut-être est-ce dû à votre fatigue d'hier, ce que je comprends. Nous étions tous dans un état de choc. Vous êtes toute pardonnée et je ne vous en veux pas.

Julien WEINZAEPFLEN

Cher Monsieur Bilger,

J'aime quand vous travaillez à votre compte, non point pour des médias qui vous font piger, parler ou interviewer, mais quand vous êtes un maïeuticien qui fixe lui-même les règles de l'approfondissement et de l'entretien. Cette maïeutique a ainsi permis de révéler, dans des registres très différents, le fond tourmenté d'un Henri Guaino qui ne passera jamais du plan à la politique active parce que trop écorché vif, et les espérances d'un Olivier Besancenot ou de la victoire par la lutte, course que vos questions découvrent entée sur un but et non point faite à corps perdu, quoi qu'on pense de cette course et de ce but.

Savoir interroger donne crédit à votre ambition d'être un maître de la parole. Car sans être un caméléon de l'autre, il faut le comprendre avant de le combattre à supposer qu'on ait à le faire ; il faut se couler dans sa pensée avant de dispenser la nôtre ; il faut croire pour un instant de dépassement de l'ego qu'il a plus d'importance que nous ; il faut en être le révélateur pour qu’il nous révèle à nous-mêmes.

Pourquoi Didier Barbelivien me met-il mal à l'aise depuis quelque temps ? J'aurais pourtant tout lieu de l'aimer sans réserve : c’est un « artiste de variété » qui fait de la chanson populaire. Mais voilà : d'abord il a vieilli et ne rougit plus d'être l'ami des puissants. En ce qui me concerne, peu me chaut qu'il soit celui de Sarkozy. Mais peut-on être un saltimbanque embourgeoisé ? Peut-on faire le métier de Brassens et aimer les dîners en ville avec les gens qui comptent ?

Ensuite, Didier Barbelivien avoue lui-même avoir été caméléon. Il copie tout parce que tout l'influence. Or un artiste est d'abord un univers. Bach copiait de la musique pour découvrir le sien en filtrant les influences. Gérard Lenorman s'est imaginé retrouver une popularité en orchestrant à la façon des années 90 quand on est entré dans ces années-là. Serge Lama a failli de la même manière sacrifier sa veine tragique à la rythmique ou à la mode acoustique. Or une chanson peut être la poésie des temps modernes. Je dis souvent que Baudelaire vieillit plus mal que Brel. Didier Barbelivien ne s'est jamais pris ou fait prendre pour un poète, mais il incarnait l'adolescence. Or voici qu'il donne à "La Vie" ses entretiens sur la foi ou se pose en ami des puissants. Et par là il se perd pour le peuple qu'il a tant fait rêver d'amourettes en lui faisant danser des slows avec les copines de l’école qu'il regardait avec plus d'amour que Vincent Delerm ne considérait "Les filles de 1973" qui "ont trente ans", elles qui "faisaient des résumés", qu’y a-t-il derrière le cliché ?

On ne peut pas demander à Didier Barbelivien de changer d'amis. A-t-on le droit de lui conseiller de se rapprocher de lui-même ? Qui est-on pour le faire ? S'est-on soi-même atteint ? Non, car la fatalité de la destinée humaine veut qu’on ne s’atteigne jamais. Dieu nous a faits en sorte que nous ne puissions pas nous atteindre afin que nous ayons à Le chercher pour être divinisés par Lui.

Et Didier Barbelivien s’en explique. Son image de lui-même était celle d’un chanteur engagé, contrairement à Bob Dylan qui a joué la carte de l’engagement pour avoir quelque chose à écrire. Il n’a pas dû se dégager comme Régis Debray. Au contraire il n’a jamais réussi à faire passer son engagement. Du coup il se retrouve pris dans la tourmente de ce degré zéro de l’engagement où nous sommes et où nous sommes tous contre le terrorisme au risque de nous prendre pour Charlie. C’est Renaud qui commence sa carrière en promettant que la société ne l’aura pas et la finit, chanteur à bout de souffle, en embrassant un flic. C’est Pierre Perret qui fait scandale en parlant du zizi du pape qui fait des bulles et sort il y a quelques années un album hygiéniste contre les marchands de tabac et les marchands de canon. Et c’est Didier Barbelivien qui n’est pas contre la peine de mort comme Julos Beaucarne et qui n’est pas pour comme Michel Sardou, mais qui est contre les assassins comme tout le monde, bien que tout le monde lise des romans policiers et regarde "Esprits criminels".

Barbelivien n’est pas Brel parce qu’il ne se prend pas pour Casanova. Il n’est pas comme moi, qui ai peine à ne pas être « presque aussi saoul que moi ».

J’aime la notation de l’ami Barbelivien sur Léo Ferré : c’était avant tout un comédien. À un moment donné, j’ai soupçonné les larmes qu’il versait chaque fois qu’il passait à la télé d’être feintes. Mais ce que j’en dis est sans doute influencé parce que je me fais de moi l’image d’un personnage tragi-comique. Seul l’ami Didier Barbelivien pourrait nous dire si Léo Ferré jouait la comédie des larmes.

« Ce n’est pas sa mort qui me fait de la peine, Mais de ne plus voir mon père qui danse. » C’est une des plus belles déclarations d’amour paternel que j’aie entendues, après celle de Le Pen disant que le mort le plus important de la guerre, c’était son père. Et mettre ces paroles dans la bouche de Michel Sardou est d’une grande sensibilité si mes propres antennes ne me trompent pas, car Michel Sardou a toujours été à la recherche de la bénédiction et de l’image de son père, qui ne pouvait que partir trop tôt à ses yeux, le laissant seul avec l’encombrante Jackie : « Michel, souris ! » « Je n’aurais jamais cru que ma mère ait su faire un enfant. » Quand j’écoutais moi-même enfant Sardou chanter son père, j’avais l’impression qu’il l’avait perdu très jeune. Eh bien non.

Merci, Didier Barbelivien, d’être comme tout un chacun un homme insuffisant, mais qui par exception a su nous enchanter, et merci, Philippe Bilger, d’avoir su nous le révéler.

Jocelyne

@ sylvain et Ellen

Vous sous-estimez Didier Barbelivien. On peut dire à son sujet, sans crainte d'être démenti, qu'il est un des phares de la pensée du vingtième siècle. Je vous suggère d'écouter à nouveau sa chanson "Je t'aime au nord du Nord" :

Je t’aime au nord du Nord, je t’aime
Dans la neige, en bonnet de laine
Aux aiguilles des vieilles cathédrales
Je compte les lunes et les étoiles

Ah, vous voyez ! Ne soyez donc pas trop prompts à jeter la pierre.

Merci

Tipaza

@ Catherine JACOB | 24 mars 2018 à 17:21

Merci de rappeler cette émission d'Arte que j'avais ratée.
Nikolaus Harnoncourt s'est bonifié avec l'âge, ce qui est le propre de l'homme !

Outrancier au début de sa carrière avec un style baroqueux exagéré, il s'est assagi, pas seulement chez Mozart, mais aussi et surtout me semble-t-il, dans ses enregistrements des symphonies de Beethoven, la neuvième en particulier.

Catherine JACOB

@ Wil | 25 mars 2018 à 01:21

Est-ce que le clip vers lequel renvoie votre lien ne devrait pas plutôt figurer dans ce billet du 22 mars Marlène Schiappa, si vous nous laissiez un peu vivre... ??

Ellen

C'est beau la poésie. Didier Barbelivien a beaucoup de talent. Ses paroles naturelles et sa musique ont un vrai sens de la vie et c'est ce que j'aime chez lui.

Un léger retour en arrière et un peu de douceur - ça fait du bien :
https://www.youtube.com/watch?v=LjFEcXVWiUg

Wil

Barbelivien... C'est tout.
https://www.youtube.com/watch?v=z-sXHFzcdiI

Catherine JACOB

Ça m’a amusée que sur la fin de l’entretien en répondant à cette question :
PB : « Dans votre tête y-a-t-il un chanteur que vous placez au-dessus de tous les autres ? » 47’48
DB dise après un temps de réflexion : « Un chanteur que je place au-dessus de tous les autres ? Y en a plusieurs, mais si je devais en citer un qui m’a enchanté toute ma vie et que je continue d’écouter chanter avec une admiration et une incompréhension de son art, figurez-vous que c’est un chanteur étranger, je dirai Frank Sinatra. »

Cela m’a amusée parce qu'on éprouve souvent de l’admiration pour chez les autres, les qualités de ce qu’on pense être nos défauts ou nos difficultés.

J’ai alors pensé à l’enregistrement du Concerto pour piano et orchestre n°17 en sol majeur de Mozart par le soliste chinois mondialement connu Láng Lǎng (郎朗 ; 35 ans) et le chef d’orchestre viennois musicologue et spécialiste de Mozart, Nikolaus Harnoncourt (84 ans), intitulé : Mission Mozart - Lang Lang & Nikolaus Harnoncourt.

Le directeur artistique interrompt l’enregistrement depuis sa cabine pour demander de bien synchroniser la mesure 142 entre le soliste (Lang Lang, qui prend un peu trop de temps) et l’orchestre. Ça se trouve à 17’59.
Aussitôt NH d’interrompre : « Mais là on dirait du Sinatra ! Ce n’est pas beau si c’est trop synchronisé. Nous protégeons ici ce qui nous reste de liberté musicale et ça ne se passera pas comme ça. »

Lang Lang explique ensuite (18’25) : « On a toujours cru qu’il fallait un jeu synchronisé et bien propre. Mais lui (NH donc) dit que dans ce style de musique il faut de l’authenticité. »

A bon entendeur donc, avec et sans jeu de mots… !

Incidemment j’ai trouvé très intéressant cet enregistrement vidéo de l’enregistrement du concerto.
On y ressent à la fois la différence culturelle entre le soliste chinois et le chef d’orchestre viennois, par ex. dans cet échange :

LL: « Asseyez-vous maestro, ne restez pas debout si longtemps » dit le jeune musicien au Vieux Maître dont on appréciera la repartie :
NH: « Vous ne devez pas m'appeler maestro, on ne devrait utiliser ce terme que pour les coiffeurs ! » Repartie qui ne reste cependant pas sans réplique.
LL: « Alors je dirai votre nom en chinois. »

et à la fois la complicité musicale par laquelle le Vieux Maître veut préserver la liberté de jeu du jeune musicien et trouver le moyen de s’y adapter.

Lang Lang nous apprend également une différence intéressante entre Nikolaus Harnoncourt le Viennois et Daniel Barenboim le pianiste et chef d’orchestre israélo-argentin de nationalité espagnole :

LL : « La musique de Mozart cache toujours un petit singe ; Vous jouez ceci et le singe vous répond (16’02). Cette façon de donner de l’écho est celle de Daniel Barenboim, mais Nikolaus Harnoncourt souhaite un son plus clair et donc qu’on ait recours à d’autres moyens. »

Et enfin, je crois avoir compris les jeux de visage de Lang Lang. Il me semble qu’il se comporte comme une chouette en profitant des capacités de résonance du masque plus large que celui des Européens qu’est celui des Asiatiques, pour mieux suivre et jouer de l'onde sonore, autrement dit j’ai compris que ce que j’avais longtemps pris pour un amusant cinéma était en réalité la mise en œuvre d’une autre et très subtile façon de refléter - et baigner dans - l’onde sonore à moduler.

Bref, pourquoi jalouser ou chercher à imiter l’impeccable mécanique synchrone américaine, quand notre vieille Europe bénéficie de l’authenticité de la liberté. Chez Mozart en tout cas.
Ceci étant, l’absence de considération de la synchronisation a sans doute ses limites dirait peut-être le ouistiti...!

Ellen

J'apprécie beaucoup Didier Barbelivien mais je n'ai pas le coeur de commenter sa personnalité et sa musique même s'il mérite notre attention. Nous sommes tous submergés par la tristesse et la douleur de l'attentat contre nos patriotes. Mille excuses.

Ellen

@ sylvain 11:14
"Dès ce matin, alors que l'attentat de Trèbes mériterait une pause respectueuse, une sorte de recueillement contemplatif, Philippe nous parle de Barbelivien, populaire certes mais insignifiant ce matin".

Je suis d'accord. D'autant plus que nous avons appris ce matin le décès de l'officier de gendarmerie Arnaud Beltrame, une personne exceptionnelle, assassiné par cette ordure d'islamiste radicalisé.

Toute ma compassion pour les victimes et leurs familles.

sylvain

Je décerne à M. Bilger le titre de baromètre de la réactivité d'un peuple face aux faits divers ; notre hôte expose volontairement ou non la preuve que les attentats islamistes font partie dorénavant de la routine évènementielle : dès ce matin, alors que l'attentat de Trèbes mériterait une pause respectueuse, une sorte de recueillement contemplatif, Philippe nous parle de Barbelivien, populaire certes mais insignifiant ce matin, et qui ne pèse pas lourd dans la chronologie des événements ; si on faisait un graphique de courbe d'intensité dramatique, après avoir été au sommet hier suite à l'attentat, celle-ci chuterait considérablement aujourd'hui avec notre chanteur compositeur ; c'est le règne du dégagisme culturel, social et des zapettes des audimats, qui touche aussi tous les citoyens avides de buzz, fakes, reality show politiques, une concurrence des chaînes qui se livrent à une véritable Blitzkrieg de l'info.

Quant aux fichés S, je ne suis pas inquiet pour leur avenir, de plus en plus de ces bombes à retardement vont courir dans les rues grâce à nos Dupond-Moretti, Ruquier, Moix, Diallo, Mélenchon et ses insoumis, toute la gauchisserie, juges rouges du SM mur des cons, écolos, NPA, SOS Racisme et complices qui sont des alliés et appuis sérieux à leur cause et à ces gouvernements soumis collabos propices à l'invasion islamiste ; les collabos des années 40 font figure de guignols comparés à cette engeance criminelle.

Froncez seulement un sourcil en réaction à tous ces crimes islamistes et vous serez taxés d'islamophobes, racistes, fachos, encore la routine !

Achille

Bonjour,

Didier Barbelivien est un bon auteur-compositeur de chansons de variété. Il a à son actif quelques bons tubes qui ont été en tête du hit-parade, en particulier dans les années 80-90. A noter que depuis quelque temps ses chansons passent beaucoup moins sur les stations « branchées », à part peut-être sur Radio Nostalgie.
La facilité avec laquelle il écrit ses chansons (en dix minutes nous dit-il) lui vaut la jalousie de bien de ses collègues plus laborieux.

Je n’ai jamais trouvé de la profondeur dans les textes des chansons de Didier Barbelivien, contrairement à ceux de Jean Ferrat, Georges Brassens ou Barbara et autres chanteurs « à texte ». Le public chantonne ses mélodies, sans trop s’attarder sur les paroles.
Il a écrit beaucoup de chansons d’amour que je qualifierais d’« alimentaire » au détriment du poétique. Ceci est plus une constatation qu’un reproche, car il faut bien gagner sa vie.

Même s’il est un ami de trente ans de Nicolas Sarkozy, il a su rester simple et c’est tout à son honneur.
Bref une personnalité sympathique du monde de la chanson qui, je crains, ne laissera pas de trace inoubliable dans les mémoires du public à venir.
Après avoir écouté l’interview, je pense que ceci ne doit pas vraiment le préoccuper. L'important est d'être bien dans sa tête, même pour un chanteur populaire.

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