Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

Les exemples ne suffisent plus !

Raisonner comme si nous disposions aujourd’hui des remèdes permettant de faire revivre le passé, sur le plan historique, est une illusion. Le futur est justement angoissant parce que les exemples ne suffisent plus et que nous avons à rechercher désespérément notre propre chemin.

La culture générale selon de Gaulle …

On peut soutenir, sans paradoxe, que le commandement et les hautes responsabilités ont besoin, pour être exercés au mieux, d’un capital intellectuel et humain ayant enrichi les esprits et les sensibilités, accumulé au fil des siècles pour constituer un vivier universel. C’est au sein de celui-ci que, confronté souvent à un présent équivoque, difficilement lisible et maîtrisable, le commandement, quelle que soit sa configuration, peut aller chercher des réponses et trouver le moyen de n’être pas dépassé par les défis d’aujourd’hui.

Macron a-t-il oublié Castex ?

Au sein de l’univers macroniste, et bien au-delà, les voix citoyennes sont nombreuses qui laisseraient volontiers de côté Édouard Philippe et Gabriel Attal pour se consacrer à la promotion de Jean Castex, qui est une sorte de Georges Pompidou, ayant sans doute des appétences moins somptuaires et des curiosités artistiques moins élitistes, mais une même passion pour la France profonde et le bonheur des Français. Le président prétend ne pas vouloir se mêler de ce futur capital, désormais si proche. Mais est-il si peu attaché à voir défendu son passé et honoré son présent qu’il soit prêt à ne pas se battre, dans son camp, pour le meilleur et pour l’avenir ?

Pourquoi Edwy Plenel nie-t-il le racisme anti-Blancs ?

Il est triste de devoir énoncer une telle évidence morale et civique : tous les racismes sont à combattre, ces abjections qui réduisent l’autre à une caractéristique dont il n’est ni responsable ni coupable. Mais qu’Edwy Plenel se rassure : s’il est vilipendé par beaucoup, ce n’est pas parce qu’il est blanc, mais en raison du fait qu’il pense trop souvent faux et que l’équité médiatique, en matière régalienne, lui est étrangère.

De la dignité pour Delphine Jubillar !

Si, après l’horreur et les calculs, venaient le silence, la dignité, l’attente et, ensuite, l’arrêt de la cour d’assises, alors justice serait faite.

Le docteur Amar : la gloire d’un modeste…

La destinée du docteur Amar révèle que personne, pas même le responsable politique le plus engagé et le plus accaparé, ne peut s’exonérer de la morale. Tout finit par se savoir : les personnalités et les comportements qui trahissent leurs principes comme ceux qui les honorent. Avec le citoyen comme juge. Docteur Roger Amar, j’aurais aimé pouvoir vous serrer la main.

Mon rêve d’entretien politique…

L’entretien politique est un genre à part qui exige des vertus intellectuelles et humaines considérables. L’exercice phare où, immédiatement, se révèlent le talent et la finesse, où la médiocrité et la partialité sont à bannir. Mon rêve d’entretien politique ? Il est à venir.

Changer de Constitution pour un peu de paix ?

Il y aurait un second obstacle encore plus impressionnant qu’un changement de Constitution : où, en France, pourrait-on trouver une personnalité emblématique à la Judit Polgár, appréciée et désirée par tous, une sorte de miracle humain, intellectuel et politique dans un pays tellement déchiré que même ses fromages multiples, comme le disait de Gaulle par plaisanterie, sont le signe de sa diversité, de ses antagonismes ?

Trop des Dieux quand ils gagnent !

C’est la tare française, dans les analyses sportives, que d’être démesurément placé sur un pavois quand on gagne, de sorte qu’une confiance en soi proche de la vanité est instillée, ainsi qu’une moindre envie de se battre puisque la cause serait entendue et que « nous sommes les meilleurs ». Ce n’est pas après les défaites que nous dérapons. C’est après les victoires que nous dégradons le futur. Et que nous créons donc les défaites à venir. Les footballeurs pris pour des dieux, trop vite et absurdement, sont tout étonnés, après, de se retrouver humains, pour le meilleur comme pour le pire.

La police enfin respectée !

Cette perversion de l’État de droit a fini par brouiller les rôles et les responsabilités. Songeons à la multiplication des refus d’obtempérer, qui ne suscitent ni l’indignation ni le soutien aux forces de l’ordre qu’ils devraient susciter. Avec la présomption de légitime défense accordée à la police, l’État de droit retombe enfin sur ses pieds et revient à la normalité : il rétablit une distinction et une hiérarchie légitimes entre ceux qui veillent au respect de la loi et protègent notre sécurité, et ceux qui la violent en commettant crimes et délits.