Justice au Singulier

Blog officiel de Philippe Bilger, Magistrat honoraire et Président de l'Institut de la Parole

La droite n’aime pas les dissidents…

Personne ne l’admettra, mais le véritable dissident est Éric Zemmour, bien davantage que Philippe de Villiers, dont il est l’ami mais qui peut, lui, monologuer en majesté sans être contredit. Zemmour, au contraire, dérange. La haine qu’il suscite, sa radicalité intellectuelle, cette volonté de pousser jusqu’au bout un raisonnement implacable et provocateur, mais sans la violence d’un Mélenchon, sa capacité à défendre un argumentaire qui choque même lorsqu’il relève du bon sens, son refus de complaire aux journalistes qui l’interrogent, sa profonde solitude dans le monde partisan malgré Reconquête! : tout fait de lui l’exemple unique d’une authentique dissidence.

Vive les Trans !

On ne touche pas à une œuvre classique. Il vaut mieux représenter Shakespeare ou Jean Anouilh plutôt qu’imposer un médiocre à la mode. Le metteur en scène n’est pas l’auteur. Les comédiens ont pour finalité de se faire entendre et de rendre la pièce la plus lisible et la plus accessible possible. La saleté, les déjections, la nudité, l’hermétisme délibéré sont à proscrire. La pétitionnite aiguë de certains acteurs ne les rend pas plus admirables. Un spectacle est destiné à plaire au public et non à ceux qui l’ont fait.

Une redite républicaine…

J’ai décidé de republier ce billet du 17 juillet 2026 parce qu’un collectif d’universitaires s’oppose au vote de…

Qu’allez-vous faire si… ?

Bruno Retailleau et Gabriel Attal — et je pourrais y inclure tous les candidats appartenant globalement à cette mouvance politique et persuadés de pouvoir faire cavalier seul — pourront-ils faire autrement que d’appeler à voter, par responsabilité et souci de sauvegarde démocratique, pour Édouard Philippe si celui-ci est toujours, au moment clé, en meilleure position que les autres ?

À la recherche des mots justes…

On ne se préoccupe jamais de la justesse de l’expression, du mot juste. Parce que cette recherche, cette volonté de vérité induiraient nécessairement un contrôle de soi, un appel à ce qu’on a de meilleur, la quête d’un vocabulaire riche et précis, la considération d’autrui, qu’il s’agirait d’approuver ou de contredire avec le langage le plus adapté possible au thème traité et à la nature du dialogue.

Lumières sur Vincent Bolloré…

La personnalité de Vincent Bolloré — homme de plaisir, homme de pouvoir, père aimant, écartelé entre la volupté d’une puissance jamais vraiment entravée et la hantise de n’être pas à la hauteur du seul jugement qui lui importera vraiment — exerce une fascination tout à fait compréhensible. Il mène son existence, sur tous les plans, comme il l’entend, mais il devrait réfléchir à ce paradoxe qui tranche avec la vision qu’il aurait voulu donner de lui et qu’on aurait aimé pouvoir conserver : celle d’un homme libre, courageux, juste, capable d’apprécier autrui au-delà de ses préjugés, singulier au sein même des privilégiés de la vie et de la fortune.

Défense de François Hollande : désespérée ?

Quelle que soit l’appréciation portée sur le futur que François Hollande s’est construit, notamment comme député, rien de vulgaire ni de grossier n’est jamais sorti de sa bouche ni n’a surgi de ses comportements, attitudes, oppositions ou adhésions. Il n’a jamais rendu son présent indigne du président qu’il avait été et, pour ma part, quoique totalement désintéressé en l’occurrence, je n’ai pu qu’applaudir sa lutte quasiment constante et argumentée contre Jean-Luc Mélenchon et le venin démocratique risquant d’être instillé par celui-ci dans les veines de la France.

Une leçon de l’AfD ?

Aucune dérision à l’encontre de nos responsables politiques. Ils doivent composer avec un système démocratique qui est devenu l’art de retarder indéfiniment l’appel au peuple, de noyer les référendums nécessaires envisagés sous une avalanche bureaucratique et de convaincre le citoyen que s’occuper de ce qui le regarde serait un crime. Pour agir, il faudra d’abord détruire tous ces écrans importuns traduisant, en État de droit, en langage noble, les raisons de notre impuissance.

La féminité, une offense ?

Dans cet univers où est récusée l’essentialisation des sexes, où l’on dénie qu’il puisse exister des natures féminine et masculine, où l’on affirme que tout serait un problème de culture et d’éducation, qu’il y aurait, dans l’espace humain, pratiquement pour tout, interchangeabilité entre l’un et l’une, il est facile de mesurer à quel point ces visions réactionnaires, au moins pour les deux premières, révulsent le progressisme qui interdit qu’on s’interroge, avec nostalgie pour certains, sur le possible retour d’un passé et de comportements obligatoirement à honnir.