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03 février 2007

Commentaires

Preud'homme Marie, Paule

L'héroïsme au quotidien c'est - paradoxalement - à la fois ce qu'il y a de plus répandu et de plus méconnu, non ?

Marcel Patoulatchi

Raph,

Jusqu'où peut-on aller pour appréhender un individu ayant commis un crime flagrant ou un délit flagrant puni d'une peine d'emprisonnement, demandez-vous ? L'article 73 CPP est peu prolixe, on peut donc imaginer que tout acte proportionné au but à atteindre (conduire l'individu appréhendé à l'OPJ compétent le plus proche), servant ce but, est admissible.
Comme souvent en matière de procédure, la limite du tolérable ne saurait être définie par la description d'actes précis (comme le fait de briser un membre) mais plutôt par le but visé par les actes réalisés. Ainsi, si vous brisez un membre d'un individu récalcitrant car cela était absolument nécessaire pour le présenter à l'OPJ (à votre charge de démontrer en quoi), on ne saurait vous le reprocher. Les faits ne seraient pas justifiés par la légitime défense, certes, mais par l'ordre de la loi.

Dans la pratique, il paraît évident que la présence d'un témoin est préférable. Ce n'est pas un secret, je crois, qu'accuser de violences volontaires celui ayant procédé à l'arrestation est une pratique courante. Lorsqu'un dossier est indéfendable en soi, il faut bien ergoter sur les éléments périphériques, n'est-ce pas.

J.W

@ doc
Soyez plus précis.
Vous voulez abandonner la super mamie qu’affectionne en quelques lignes, et pour quelques instants Ph.B, pour appeler de vos voeux une note sur RVB.

« Ecce Homo »
Mais de qui parlez-vous ?
Qui est pour vous l’ Ecce Homo ?
Votre objurgation appelle des précisions.
Y-a-t-il confusion... ou inversion des rôles.

S’il s’agit de comparer le calvaire de "l'Homo" aux petites misères de RVB,
c’est de la démesure.
Mais si vous pensez que l’Ecce Homo, c’est l’autre, historiquement, à mon avis, vous vous trompez. Votre remarque est ambiguë. Expliquez-vous sur Blog n°1.

Et n’enterrez pas trop vite la "super-mamie" !
Notre hôte a écrit « Je n'ai pas envie de parler, pour l'instant, de ce qui secoue la justice. Il faudra que j'y vienne».
Son heure n’est pas encore venue ! L'heure de qui ? Là, je reste volontairement ambigu.
Pour une fois, le "praetor" s'occupe "de minimis". Laissons-le écrire...il viendra «aux grandes » plus tard.

doc

Véronique, j’attendais par rapport à son billet précédent au titre évocateur, quasi emphatique, (Faut il sauver le juge Van Ruymbeke ?) un commentaire de notre hôte.

J’ai donc été un peu déstabilisé de cette absence d’analyse au moins sur la forme (saisine du CSM) qui tranchait avec le ton de son billet de mai 2006.

Effectivement, P. B. se donne le temps de la réflexion : un « juste » est souvent un sage…

(Je tiens à dire que je me suis excusé auprès de lui de mon propos un peu excessif.)

Reste comme je l’ai dit qu’il n’est pas choquant que l’on doive s’expliquer devant ses pairs quand on appartient à de grands corps de l’Etat ou à des professions réglementées.

Après tout, RVB quelles ques soient ses grandes qualités, n’est peut-être pas exempt de tout reproche même sur un plan technique : nous n’en savons rien.

Véronique

@ doc

Je persiste à penser que celles qui prétendent au titre de super mamie, et je ne parle même pas des lauréates, ne sont le genre de PB.

Du reste, il me donne presque raison puisqu'il me dit que si j'y tiens, il ne s'oppose pas à mon intuition.

J'ai cru comprendre que vous vous adressiez à moi (???) pour ce qui est de l'abstention momentanée de PB au sujet de l’injure faite au juge Van Ruymbeke.

Je pense que notre hôte a aussi le droit de prendre son temps, de s’extraire du tout judiciaire pour rêver à loisir sur les super mamies. Je n’ai pas le sentiment que nous ayons affaire en la personne de PB à un caractère se satisfaisant d’indignations sélectives que le temps ou les circonstances pourraient relativiser.

"Je n'ai pas envie de parler, pour l'instant, de ce qui secoue la justice." nous dit-il.

Donnez-lui le temps de s’exprimer s’il le souhaite. Et surtout...ne l’arrachez pas trop vite à sa fantasmagorie.

@ dab

Non, la Super-Héroïne de PB n’a que très peu à voir avec votre chauffeur de bus suisse.

Je pense que si elle avait été chauffeur de bus, elle se serait d’abord contentée de ne remplir que sa mission, qui était de demander au passager son titre de transport.

Je maintiens, et sans vouloir réveiller une polémique qui fâche, que votre chauffeur de bus était dans la confusion des pouvoirs.


LEFEBVRE

Jean Philippe me rappelle que j'ai une fois sauvé une petite fille en train de se noyer à la plage d'Hardelot.
Je me souviens de l'effort, la sensation de fierté, le gonflement de l'ego, la projection de la reconnaissance éternelle de la famille et des honneurs rendus pour mon acte de bravoure.
En arrivant sur le sable, la petite fille m'a demandé de descendre de mes bras et de la laisser tranquille, les parents m'ont regardé avec suspicion, seule la femme m'ayant demandé de porter secours à la fillette prise dans une bâche me remercia. Le soufflé retomba bien vite : adieu fortune et gloire.
Cet épisode m'amuse beaucoup lorsque je l'ai en réminiscence.
Je n'ai pas eu de chance, elle n'était pas assez noyée, peut-être aurais-je du attendre un peu ?
PS : ma dernière phrase n'était qu'un trait d'humour, je suis au contraire bien heureux que cela ce fut passé ainsi, j'aime juste rire de ce vilain trait de caractère tant je me rends compte de sa bassesse.
Un ego surdimensionné n'est certes pas qu'une tare, il m'envoie traverser les forêts la nuit au volant de ma voiture en écoutant la Walkyrie ou il me pose en observation de l'acier qui coule de la fonderie sur l'air de madame Butterfly, j'adore ces moments d'harmonie entre mes aspirations mégalomanes et la contemplation du grandiose, j'ai dans ces moments précis l'impression de toucher les étoiles.
Quel défaut bien orienté ne devient pas une qualité ?

dab

Cette mamie, mais je la vois très bien conduire un bus en Suisse !

"Je suis bien persuadé qu'à moins d'un miracle municipal, aucune personnalité ne proclamera ce qu'elle a accompli, ne célébrera sa qualité humaine et sa force de caractère."

En d’autres temps (14 juillet 2002), le président de la République l’aurait appelée pour « la féliciter pour son intervention,son courage et son sang-froid », mais le braqueur du pharmacien ne devait sans doute pas se prénommer Maxime !

…Et l’aurait faite chevalière de la Légion d’honneur, comme cela est arrivé à l’alsacien Jacques Weber (01/01/03) pour avoir maîtrisé le ci-dessus prénommé et détourné vers le ciel le canon de sa carabine 22LR !

jean philippe

Ca fait plaisir de lire de telles histoires et pour faire un clin d'oeil à un de vos précédents billets, les héros existent mais ils ne sont pas là où on les attend. Ils n'ont pas le visage qu'on attend.

Je trouve dommage le manque de reconnaissance de la part des institutions envers ces personnes. Un de mes amis a un soir plongé dans la Loire pour sauver quelqu'un et n'a eu comme récompense qu'une simple lettre dactylographiée du maire. Quand on voit des sportifs ou des chanteurs chevaliers de la Légion d'honneur (ou même officiers pour certains), on peut se poser des questions.

doc

Véronique,

Je me souviens d’un général « trois étoiles » de gendarmerie mort en s’opposant à un braquage : c’était une autre France…

Autre France qui voit un homme que nous apprécions tous ici, ne pas confirmer son opinion datant de seulement quelques mois sur le renvoi du juge RVB devant le CSM : Monsieur l’Avocat Général, certaines amitiés ou affections présidentiables ou pas d’ailleurs peuvent fausser le jugement d’un « juste » comme vous et ce n’est pas moi qui vous jetterais le caillou…

On n’attend pas de vous un murmure mais un tonnerre à l’encontre de votre « favori »…

Ecce homo !

Raph

Je suis déjà intervenu, hors cadre du travail, pour arrêter l'agression d'une jeune fille (de mon âge). L'agresseur a pris la fuite et je ne lui ai pas couru après, pour aider la victime.

Je sais que toute personne peut interpeller une personne qui commet un crime ou délit flagrant dans le but de la présenter à un OPJ (53 et 73 CPP), mais jusqu'où peut-on aller pour le maîtriser ?
Si je casse un bras à cette personne, est-ce qu'on peut me le reprocher ? (je ne parle pas de la légitime défense, mais vraiment dans le but de l'interpeller)

Véronique

Bon, c'est vrai.

Au départ, je ne lis que le titre de la note.

Je me dis, un peu surprenant quand même le fantasme de notre hôte. Je ne parle pas, bien sûr, des femmes de 60 ans qui peuvent être et qui sont, pour la plupart, des femmes magnifiques. Non, en fait, je pense de suite, et en raison du titre, au concours des super mamies. Et là, naturellement, il y a de quoi être dans l'inquiétude pour vous.

Comme ça, d'entrée, je n'imaginais pas que ces dames sautillantes et toujours de bonne humeur puissent être votre genre.

Et j’ai lu la note.

Évidemment, la dame a de l’allure. Je suis d’accord avec Jean-Dominique, le comportement qu’a eu votre héroïne n’est sans doute pas rare. Ce qui me frappe c’est la capacité de décision et d’action. Entreprendre, faire, agir, même dans le plus petit, sont toujours gagnants sur le laisser faire.

Juste une petite chose.

Imaginant la dame, je la vois plutôt dans le profil des super-héroïnes. Avec tout ce qui va avec...eh bien, oui !

LEFEBVRE

Voici une attitude à prendre comme exemple.
Si nous ne restions pas passif et que nous retrouvions une juste solidarité, bon nombre de comportements ne pourraient pas avoir lieu.
Le jour où il y aura un état d'esprit quelque peu chevaleresque dans notre inconscient collectif à nouveau, les agressions dans le métro, dans la rue ne pourront plus se commettre aussi facilement.
Cette dame au deux tiers de sa vie nous montre que la loi n'est pas l'unique solution à tout.
Un changement de mentalité, un effort pour dépasser sa peur et son confort sont parfois aussi nécessaires.
J'ai la chance avec le sport d'être charpenté et d'avoir un regard expressif, aussi je ne suis jamais agressé et je sais d'ailleurs très bien me défendre le cas échéant.
Je me souviens avoir été parmi les passifs dans les transports en commun parisiens lors d'agressions d'anonymes, je ne me veux plus une telle attitude à l'avenir.
On me traitera de Zorro, de con, ma honte du scandale sera mise à mal mais je ne veux plus laisser une jeune femme se faire importuner en me disant, c'est son problème, pas le mien.
Bien souvent dans mon adolescence, je me suis battu et quelques cicatrices, le nez un peu abîmé, quelques contusions ne sont pas dramatiques, ces douleurs sont, de toute façon, bien plus éphémères que les bleus à l'âme lorsque l'on se tait et que nous ne le devrions pas.

Jean-Dominique Reffait

Voici deux jours que je me dis : "J'en connais un qui doit se demander quel sort il doit réserver aux mésaventures de Van Ruymbeke" !
Voici aussi deux jours que je me dis : "Pourquoi avoir révélé l'identité d'un homme pour l'innocenter après, le conduisant à un geste désespéré."
Voici des années que je considère Alain Minc comme un Trissotin de basse-cour ramenant régulièrement sa tête de fouine pour enfoncer les portes ouvertes. En zigzaguant, on peut aussi faire croire qu'à chaque trahison, on prend une ligne droite : cela lui correspond bien, ainsi qu'à son nouveau maître.
La "super mamie" peut être, comme le suggère très justement Mani, une femme en pleine possession de ses moyens, son geste n'en demeure pas moins utile et souhaitable. Mais je pense vraiment que ces gestes sont bien plus courants que les médias, qui veulent nous faire passer à nous-mêmes pour des pleutres. J'en ai déjà témoigné ici, j'ai déjà constaté des comportements de cette nature en nombre suffisamment significatifs pour ne plus penser qu'ils sont exceptionnels.

Ainsi les médias voudraient nous faire admirer un comportement comme extraordinaire quand c'est leur soudain intérêt pour un geste ordinaire qui est proprement extraordinaire.

Mani

Un geste salutaire qu'il est toujours utile de souligner, rappelant l'implication citoyenne dans le respect de la loi.

Pourtant, j'ai l'impression que ce geste est magnifié par le fait qu'il ait été accompli par une "mamie".

Ce décalage symbolique entre l'agresseur armé, revêtu des attributs de la force, et cette "mamie" de 61 ans que l'on imagine volontiers âgée, recourbée, presque frêle pour se poser en rempart me laisse un peu perplexe.

Les personnes âgées de 60 ans il y a 20 ou 30 ans, les "mamies" un peu usées, le cheveu blanc et le regard doux et bienveillant ne sont pourtant plus les "mamies" d'aujourd'hui.

Je pensais à ma "mamie" et à ma mère qui est aussi "mamie".

Je vous assure que ma mère, comptant autant de printemps et d'hivers que notre héroïne, est une mamie en pleine forme physique, qui n'a pas les cheveux blancs et qui dispose d'un tonus musculaire intacte ou presque.

Il est de même pour la grande majorité des femmes de son âge que je peux voir ou rencontrer.

La "mamie" était peut-être karatéka ou simplement une femme dans la force de l'âge : celui de nos jours.

Que ce relativisme historique et symbolique n'enlève toutefois rien à la qualité de sa réaction.

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