« Les variations Sarkozy | Accueil | Un Séguéla chasse l'autre »

29 avril 2007

Commentaires

Yves Duel

@ ludo : heu--je ne vois pas le rapport. Je déteste Céline (l'art n'excuse pas, etc.) et Muray ; pas Harrison, qui n'a rien à voir. Bref, il s'agissait d'une allusion à un vieil échange.

Ludo Lefebvre

Il y a, cher Yves Duel, un court pamphlet de Ph.Muray (d'un coût de 2 ou 3 euros) qui s'intitule : "Le sourire de Ségolène", tout y est et il fut écrit il y a quatre ou cinq ans.
Plusieurs des phrases de la candidate étaient hier soir au débat ou plutôt au duel exactement dans le sens que ce que dénonce le regretté Muray dans Festivus Festivus, dans ce pamphlet sur Ségo : Les crèches, les poussettes, les rebelles en roller, la fête comme mode de vie, l'intrusion dans l'intimité des gens, tout y était hier soir.
La prestation de madame Royal m'est apparue comme un hommage à ce bon écrivain et plusieurs fois, je me surpris à sourire en pensant à lui. Il se serait régalé du régalien, hier soir.
Personnellement, je n'ai rien lu de mieux que Philippe Muray depuis Céline, même pas Ellroy ou Jim Harrison .

Yves Duel

Rien à voir sans doute : pour revenir sur un débat ancien, je me demande si un alinéa du Monde des Livres de ce soir ne me ferait pas changer (un peu) d'idée sur votre ami Muray...

(Il n'y a que les idiots qui ne changent pas, dit-on ? Peut-être...)

Ludo Lefebvre

J'ai regardé cette nuit la prestation de Nicolas Sarkozy. Je l'entendais pour la première fois en meeting. Effectivement, indéniablement, c'est un tribun, un orateur et il est très talentueux. J'ai aimé cette virilité, ce timbre de voix, la conviction qui y est passée. Vous avez donc mis en évidence, avec justesse l'engouement qu'il sait faire passer avec des mots simples. C'est le propre, à mon non humble avis, d'un maître de la rhétorique.

Je sors du sujet pour exprimer mon doute quant aux actions qui suivront ou pas le discours.
Certes, je me souviens du courage du maire de Neuilly qui est entré dans la salle de classe lors de la prise d'otage pour négocier avec le forcené, l'human bomb lui même. Évidemment, je me souviens qu'il a eu le courage de faire entrer la police dans les quartiers, au contraire de ses prédécesseurs. Je le vois depuis longtemps courir vite tout en étant endurant. Ce sont de bon signes.
En antithèse, je l'ai vu céder à Cachan. Je connais le rapport Machelon, les pires extrémistes de l'UOIF et du centre européen de la fatwa qui tiennent en sous-marins le cfcm. Il y a enfin, le scandale de la discrimination positive qui est une préférence étrangère à l'embauche, au lieu d'une juste attribution au mérite pour le postulant. Je sais aussi que la Constitution européenne, il veut la passer en force par le vote des députés, je ne sais avec quels remaniements précis et ça inquiète.

Pour remettre l'ordre et autres mesures-phares dont il s'est emparé, j'espère pour notre bien-être commun qu'il ne s'agisse pas d'une posture, d'un vol électoral, mais qu'il aura à coeur que nous en finissions avec cette délinquance excessive, de plus en plus violente. J'espère également qu'il n'ordonnera plus aux jeunes policiers de se laisser agresser sans réagir pour éviter la surenchère. Notre police n'a pas à subir cette humiliation, ce fiasco, à rester les victimes de mal élevés. S'il doit y avoir une période de trouble, il est souhaitable qu'elle ait lieu maintenant, pas quand le climat sera encore plus dégradé. Nous devons aussi gouverner pour nos enfants, je souhaite que le mien ne grandisse pas au milieu de "ça". Je préfère que les désagréments soient pour ma génération plutôt que pour la sienne. Je préfère être impopulaire qu'irresponsable et sans une transmission digne à mon fils.

J'espère de tout coeur que monsieur Sarkozy ne soit pas dans la posture, mais dans la nature.

Il fait couleur d'intellectuel d'être d'un pessimisme qu'on qualifie de noir, d'être plus Cioran que Cioran, plus Lautréamont que Lautréamont. Je crois, à la différence de beaucoup, qu'un sauveur viendra, pas par apologie des contes de fées, mais par un regard sur l'Histoire. Ce sont les événements qui créent les grands hommes et non l'inverse. Il est sûr que parmi les Daladier, il y aura toujours un de Gaulle, un Napoléon, un Louis XIV, un Charles Martel, un Godefroy de Bouillon, un Guillaume le Conquérant.
Quiconque a une vision étriquée de la grandeur de notre pays ne se limite qu'au tryptique (tableau du Moyen Age en trois parties) Pétain, affaire Dreyfus, Mai 68. D'un trait de survol, nous pouvons voir, d'avant Clovis à nos jours, la France inventive, gagnante, créatrice, modèle. Une France qui a une place de qualité dans l'Histoire du monde.

Peroixe

A T.,ce mardi 1er mai ...
Je m'en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étoudissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu'à aujourd'hui, la plus brillante, la plus digne d'envie: enfin une chose dont on ne trouve qu'un exemple dans les siècles passés, encore cet exemple n'est-il pas juste (...)
La marquise était bavarde. Pour ceux qui rentrent fatigués de ce pont du 1er mai, je croque le morceau : Jacques Séguéla votera Sarkozy dimanche.
Cette nouvelle la plus, la plus... ne sera peut-être considérée comme telle que par le seul Jacques Séguéla. Mais quel talent pour nous la faire connaître...

Peroixe

A cette belle analyse, peut-on ajouter un grain de sel ?
Nicolas Sarkozy est effectivement un orateur exceptionnel, maître de sa pensée et des mots pour l'exprimer ( à trois exceptions près dont on ne sait s'ils se révèleront finalement bénéfiques ou légèrement dévastateurs ). Convaincant, comme doit l'être un avocat. On n'a pas été fair-play avec lui en martelant qu'il est dangereux ou, comme vous dites, anxiogène ( dangereux pour qui ? et qui l'a décidé ? ). S'il est élu, son mandat peut commencer avec quelques désordres, sauf si l'écart est tel que ses adversaires défaits sont assommés. Le long terme recèle évidemment des incertitudes ( quel que soit d'ailleurs l'élu ) en raison des promesses à satisfaire, des changements promis à mettre en oeuvre et, comme on dit, des impondérables.
Ségolène Royal apparaît comme un échantillon exemplaire de l'énarchie. A partir d'une question, elle peut parler un temps infini en passant d'une fiche - intégrée - à une autre au gré de l'enchaînement de la pensée. Elle a aussi ses handicaps : ton monocorde, grand écart pour ratisser large et donc promettre beaucoup, difficultés dans son propre parti. En tant que femme, elle a ses charmes qui ne vous ont pas laissé indifférent ( et comme je vous comprends !) : " une femme d'exception qui s'offre " ( holà ! ), " des élans de coeur ", " une tendresse démocratique ", " une séduction non vulgaire ", "de l'allure ", "une artiste ". Ajoutons quand même, pour équilibrer, l'avertissement de Baudelaire :
" Que c'est un dur métier que d'être belle femme ".
Salut à François Bayrou qui a mis du piquant dans cette élection. Tout jeune, nous disent ses hagiographes,il a eu la certitude qu'il serait président de la République. Une vision de jeunesse ne saurait être fausse. C'est donc le peuple qui s'est trompé ( Brecht avait fait semblable remarque ). Alors, il reste sur le terrain malgré son élimination de la finale. On ne sait jamais.

bulle

A vous lire, la femme d'exception, c'est Laurence Ferrari...
J'ai vu SR sur Canal, mais quelle est cette obsession de la voir maternelle ? En même temps on lui reproche d'être rigide, de l'autre d'être maternante. Sarkozy, alors c'est l'autorité paternelle, celle semble-t-il d'avant 68...

mike

Certes, l'entretien entre SR et FB était policé et courtois mais ne pouvait cacher les arrière-pensées de l'une et de l'autre.
Les fleurets n'étaient pas mouchetés ; il n'y avait pas de lames du tout.
Mais la faiblesse de l'argumentation de SR m'a frappé particulièrement en matière économique et, oui, sociale.
FB a pu, comme il l'aime, jouer au professeur.
L'élève toute à son objectif n'a pas apparemment retenu grand-chose.
En définitive, j'ai eu le sentiment que FB avait l'étoffe d'un homme d'Etat, alors que SR, si elle ne manquait ni de témérité ni de conviction, avait encore bien des domaines à explorer pour arriver à la fonction qu'elle convoite.
Bien entendu il ne s'agit que de mon impression et je sais que les brillants causeurs, même ceux qui combattent un ancien bégaiement, ne font pas nécéssairement les bons acteurs (ceux qui agissent).
Le talent oratoire et le fond de l'analyse et du programme ne font pas le décideur, sans accent de sincérité ni volonté persévérante.
C'est bien ce qui rend cette élection délicate.
Ce mercredi soir éclairera
peut-être notre petit lampion.

Véronique

Et si dans ce positionnement "maternel", SR avait fait un mauvais choix ?

Il me semble que cette image cultivée et réduite à une sorte de cliché intemporel et sommaire l'a desservie.

J'avais apprécié les positions de départ de SR pour l'indépendance, l'autonomie, "la modernité", l'inattendu, l'originalité, le courage du discours.

Après il y eut ce trop, tout le temps, partout, de la femme, de la mère, de la soeur. "Cette attitude de tendresse démocratique" omniprésente et compassionnelle.

Il y avait une sophistication, une singularité et une lucidité qui étaient présentes chez SR qui, à mon sens, étaient en phase avec les attentes d’une société qui a mûri et qui est disposée, dans son ensemble, je le crois, à affronter les réalités.

Je pense que le recours systématique à une imagerie ordinaire et banale a fini par masquer dans la perception qu'on pouvait avoir de SR ce qu‘elle avait anticipé et compris de notre société.

Parayre

Titre judicieux mais tout de même , à mes yeux , flatteur pour les deux candidats .

Je préférerais considérer qu'avec eux la politique est significative avec des ph(r)ases de mystères et de vides apparents plutôt que sans signification avec des ph(r)ases de certitudes apparentes...

Rejetant avec vous la " nostalgie" , j'ajouterai que l'idée de l'avenir est toutefois plus féconde que l'avenir lui-même : S.R et N.S nous présentent des projets , des brouillons de cet avenir mais nous savons que l'avenir peut en nécessiter des centaines et qu'en toutes hypothèses il est un lieu commode pour y mettre des songes ...

Souhaitons que cette campagne présidentielle ne nous laisse pas au réveil , dans quelques mois , le déplaisir d'avoir cru en ces rêves !

Mais en politique , comme le soutenait Talleyrand , ce qui est cru est plus important que ce qui est vrai ...

Ludo Lefebvre

Je ne les trouve toujours pas bons.

Voici deux ans que Voici, Paris Match et les autres journaux du Show nous matraquent de la publicité NS et SR à nous en causer une indigestion, c'est ainsi qu'il passèrent à force d'argent, de surexposition, de pillage, de promesses.
Voyons maintenant ce qu'ils vont tenir et produire.

Ce ne sont pour moi que le candidat de TF1 contre celle de Canal +. La campagne a d'ailleurs été un succédané de télé-réalité, à renfort de bassesses, de croche-pieds, de mises en avant superficielles. Ce qui fut passionnant dans ces lamentables parties de poker menteur fut ce qui ne fut pas exprimé.
Nous avons un européiste face à une européiste et en troisième homme fabriqué un faux produit du terroir, lui aussi européiste convaincu. Rappelons que ces derniers se sont bien abstenus de parler de l'Europe à laquelle les Français ont dit non.

Ce sont deux multinationales qui viennent de ruiner dix PME, leur volant leurs brevets au passage.

Il n'y a toujours pas de de Gaulle, de grand Homme en politique. Il viendra, par contre, j'en suis persuadé.

Je vote pour monsieur Sarkozy espérant qu'il soit élu, pour qu'il soit face à ses promesses et voir ce qu'il fera de la confiance de ses électeurs.
Nous verrons à ce moment si cet homme a fait un kidnapping, une arnaque ou si c'est quelqu'un qui aime la France.

Si madame Royal passe, je vais vivre avec les cul-nus coiffés à la Rolling Stone d'Amazonie dont j'ai oublié le nom pour me nourrir à la sarbacane... Il faudra trouver une solution pour pouvoir manger.

Véronique

Il s’exila.

Il requit encore quelque temps. Il traversa, nostalgique et défait les tribunaux sombres. Il porta à l’incandescence ses plaidoiries qu’il fit plus que jamais au nom de nous tous. Ce n’était pas pour rien qu’il avait choisi la voix générale. Il apporta son concours à quelques ministères nouvellement intitulés Tranquillité publique. Il croisa ainsi brièvement Nicolas, son jeune ami avocat fréquenté au temps des bohêmes et devenu Président élu de l’Ordre juste.

Il lui en avait tellement voulu à Nicolas, quand celui-ci avait affronté Marie. Nicolas était sorti vainqueur de ce combat si singulier. Mais, au fond, ce fut Frédéric qui avait été terrassé. Il avait tremblé pour elle à chaque mot qu’elle avait prononcé.

Il n’en dit rien pendant des années.

Mais un jour, je le pressentais.

Frédéric ne cesserait pas de nous la raconter... indéfiniment et indéfiniment ... l’histoire de sa mélancolie. Ce jour béni et plein de gravité, quand Mme Royal...apparut...


Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Les commentaires sont modérés et ils n'apparaîtront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.

Vos informations

(Le nom et l'adresse email sont obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.)

Ma Photo

MA CHAINE YOUTUBE

PRESSE, RADIO, TELEVISION & INTERNET

INSTITUT DE LA PAROLE

  • Formation à l'Institut de la parole
    Renseignements et inscriptions : [email protected]
  • L'Institut de la Parole propose des formations dans tous les domaines de l'expression et pour tous, au profane comme au professionnel de la parole publique. L'apprentissage et le perfectionnement s'attachent à l'appréhension psychologique de la personnalité et aux aptitudes techniques à développer. L’Institut de la Parole dispense des formations sur mesure et aussi, dans l’urgence, des formations liées à des interventions ponctuelles, notamment médiatiques. Magistrat honoraire, Philippe Bilger propose également des consultations judiciaires : conseils en stratégie et psychologie judiciaires.

MENTIONS LEGALES

  • Directeur de la publication : Philippe Bilger
    SixApart SA 104, avenue du Président Kennedy 75116 PARIS