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21 mai 2008

Commentaires

Véronique

@ Aïssa

"Passons à autre chose ; tout ceci me fait gerber."

D'accord.

Mais si je m'en tiens strictement à mon idée de Francis Nachbar me représentant dans le tribunal et dans son réquisitoire, je pense que les coups de poing qu'il a portés par ses mots, sont pour moi comme une traduction symbolique de ma colère et de mon chagrin.

Philippe nous dit dans sa dernière note qu'il n'aurait pas utilisé les mots de FN. Moi non plus, je ne pense pas.

Mais FN a exprimé, peut-être, ce qu'en réalité, ni Philippe, ni moi-même n'aurions été capables de dire. Pour POUVOIR passer à autre chose.

Aïssa, il y a sur le figaro.fr un article de S.Durand-Souffland consacré à l'avocat de Michel Fourniret.

Je redis. Maïtre Blocquaux était là pour dévier les coups.

Aïssa Lacheb-Boukachache

"Gloire à toi, petit roquet Francis...", voici les mots de Michel Fourniret, dernier à s'exprimer à ce procès, à l'adresse de l'avocat général, avant que la cour se retire cet après-midi pour délibérer. J'apprends ça à l'instant. C'est on ne peut plus clair. Ou comment une accusation publique se discrédite toute seule...

Aïssa.

Aïssa Lacheb-Boukachache

Y a-t-il plusieurs Marcel Patoulatchi ici ? Car on lit quelquefois écrit "pas l'autre Marcel", près sa signature. C'est amusant. En tout cas, qu'il ne prenne pas mal ce que je lui ai répondu.

@Véronique.

Je n'irai en aucun cas dans votre sens. Car, quel que soit le crime jugé (car on juge toujours d'un crime, non d'un homme puisque juger d'un homme reviendrait toujours à se juger, étant soi-même homme. Sauf dans le cas de Fourniret-Olivier qui furent qualifiés "d'apparence d'êtres humains", par le ministère public, ce qui, vous en conviendrez, fut l'essence même du discours nazi), quel que soit le crime jugé donc, un réquisitoire n'a aucune valeur quand il s'abaisse à devenir un ramassis d'ordures verbales. Il appartient à celui qui le prononce quand il n'est pas tout simplement à son image.
Mon expérience personnelle judiciaire a été ce qu'elle a été. Aujourd'hui, une Cour d'Appel ainsi que son procureur m'ont rendu tous mes droits civiques et civils, effacé jusqu'à la dernière trace de mes condamnations pénales, effacé jusqu'à la dernière trace du réquisitoire monstrueux de cet homme à mon encontre... Je puis voter et ne m'en suis pas privé aux dernières élections présidentielles et législatives ainsi qu'aux municipales récentes, juste pour sentir ce que cela faisait de voter, moi qui ne put jamais le faire... Cet avocat général, je m'en fiche éperdument comme d'une vieille chaussette. Je vous écris les choses comme elles sont, simplement. Vous pensez qu'il s'est emporté dans l'ordure rhétorique parce que ces crimes jugés dépassent l'entendement et ont pu lui faire perdre toute mesure. Je comprends que vous puissiez croire cela. Moi je vous dis que son réquisitoire est le même d'un bout à l'autre de sa carrière et que n'en furent affligés pas uniquement que des Fourniret-Olivier. Quand dans le prétoire de l'accusation publique, on tient un discours nazi en affirmant que des êtres humains ne sont pas des êtres humains mais des apparences d'êtres humains... Cet homme, depuis belle lurette, aurait dû être viré de la magistrature et, comme l'a dit une fois Maître George Kiejman, il y a aussi de dangereux malades mentaux dans la magistrature, ce n'est un secret pour personne. Le pauvre petit, il a dit qu'il n'en pouvait plus, que cela fait cinq ans qu'il porte ce dossier, cinq ans, rendez-vous compte ! Cinq ans de Fourniret-Olivier !... Comme on le plaint ! Comme on compatit à sa souffrance ! Tout est là qui est révélateur. Une accusation digne et responsable ne se serait pas mise en scène de cette façon outrancière et impudique, à la limite de l'insulte aux familles qu'elle est censée aussi représenter car uniquement elles n'en peuvent plus réellement, uniquement elles sont justifiées à le dire, le crier même... Elles ne l'ont pas dit. C'est toute la grandeur de certains si mal représentés par la misérable bassesse d'autres.

Quant au reste, sachez qu'une semaine ou deux avant le commencement de ce procès, Rachida Dati, garde des Sceaux, s'est déplacée personnellement à Charleville-Mézières pour, officiellement, constater auprès du Parquet la bonne mise en place du tribunal pour ce procès exceptionnel où la Chancellerie a dépensé beaucoup de sous pour une meilleure infrastructure et l'intendance, dirons-nous. Gageons que des médailles seront distribuées à la fin et qu'à défaut d'une promotion dorée au ministère, elle l'aura sa légion d'honneur cette accusation publique qui considère qu'il y a des êtres humains et d'autres qui n'en sont que l'apparence, bref des non-humains, encore un effort et elle invoquera en toute logique discursive les fours crématoires comme moyens légitimes de défendre la société, etc.

Passons à autre chose ; tout ceci me fait gerber.

1O 000 bisous c'est beaucoup, non ?

Aïssa.

catherine A.

Difficile de juger d'un réquisitoire que l'on n'a pas suivi en entier mais j'avoue que les extraits de celui de F.Nachbar, entendus aux infos de 20h m'ont rudement surprise ; j'avoue même un instant que j'ai pensé avoir mal entendu ou mal compris. Hélas non. Et je regrette car je ne suis pas sûre qu'il appartienne à l'avocat général d'employer les mots de "fêlés "ou de dire "à gerber Fourniret, à gerber Monique Olivier" avec, qui plus est, tout ce que cette répétition peut avoir de théâtral, de recherche d'un effet que je persiste à trouver douteux et inutile. Je crois qu'à peu près la France entière avait trouvé que les actes de Fourniret et Olivier étaient à vomir.

CHAILLOUS Jean-Philippe

Dr Jekyll et Mr Besancenot !
Eh bien, Monsieur le Procureur, votre billet tout entier est à mes yeux, selon l’expression consacrée, rien moins que l’hommage du vice à la vertu. Et votre talent en l’occurrence est de me réconcilier justement avec cet OB dont j’ai, personnellement, beaucoup critiqué la faiblesse consistant à aller faire le joli cœur chez les petits bourgeois à la Drucker, à montrer patte blanche à la foule et à se laisser en réalité rouler dans la farine à force de vouloir prouver sa fréquentabilité. Je me demandais, moi qui n’ai pas pu (mais n’aurais pas non plus cru devoir) regarder l’émission, ce que ce garçon avait bien pu aller chercher dans cette galère. Eh bien, grâce à vous je le vois, j’ai eu tort ! Certes, il y a sans doute de la naïveté de sa part à sous-estimer la haine inexpugnable que devraient lui vouer, pour son honneur, tous ceux qui s’accrochent au maintien ad vitam aeternam d’un système économico-politique promoteur de malheurs à venir sans fin pour le genre humain et qui poussent des cris d’orfraie, oh, les braves gens ! dès qu’on évoque la violence révolutionnaire (comme si ledit système ne marchait pas de pair avec la pire de toutes les violences, mais tellement banalisée, la violence d’Etat), c’est votre analyse d’une rare pertinence du cas OB et vos clairvoyantes appréhensions mêmes, si bien exprimées, qui me rassurent : non, et c’est vous qui l’affirmez, vous l’un des représentants les plus qualifiés de cette justice bourgeoise, « si dure aux miséreux » : OB n’a pas été chez l’histrion Drucker perdre son âme : « sans céder un pouce de terrain », comme vous l’affirmez, presque admiratif, il n’a fait qu’aller s’expliquer honnêtement – mais sans doute très inutilement, contrairement à ce que vous pensez – et, sûrement à son corps défendant, donner de délicieux frissons d’horreur à tout un tas de gens bien conformes et bien propres sur eux, des brochettes de people à la Christine Bravo (l’une des très rares que je connaisse et puisse donc citer), bouffis d’angoisse haineuse et hystérique. Voilà donc ma colère grâce à vous apaisée, mon estime pour OB grandie et ma déception évanouie. Soyez-en remercié. Aussi, c’est juré, la prochaine fois, dérogeant à tous mes principes, je voterai : je voterai Besancenot !

Cactus qui rebondit tendrement sur Dame Véronique

"@ cactus
10 000 bisous à vous.
Rédigé par : Véronique"

tout ça pour moi, je suis touché, presque roucoulé d'ailleurs :-) de plus ceci conclue bien les échanges plus hoo là là (pour l'instant du moins)

sinon :
on peut redanser le chat chat chat chez moi, comme avant ! toute contre-danse restant toujours impossible, heureusement d'ailleurs !
Sissi !

Véronique

@ Aïssa

Je ne connais de Francis Nachbar que ce que j'ai lu dans la presse à son sujet, en relation avec sa fonction d'avocat général du procès Fourniret.

Ma position est donc celle de dire : dans ce que j'ai lu, comment je me sens représentée par cet avocat général dans ce procès.

Je ne mets pas de côté votre expérience de ce magistrat avec vous à la place d'un accusé.

Mais j'ai envie de vous dire que cette expérience appartient à un épisode judiciaire qui ne peut pas interférer abusivement dans la perception que j'ai du procès de Charleville.

Les ambitions professionnelles que vous prêtez à FN, non plus.

Francis Nachbar discute, selon vous, avec légèreté dans les couloirs du Palais de justice. Comme vous êtes dans le monde médical, vous avez sans doute vu des chirurgiens, des médecins, des infirmiers, des aides-soignants qui peuvent sourire et discuter entre eux dans les couloirs d'un hôpital, alors que le patient qu'ils viennent de quitter est en lambeaux.

La parlotte de FN dans les couloirs est-elle suffisamment porteuse de renseignements, d'indices ou de détails qui tuent, pour suspecter un manque de sincérité judiciaire et intellectuel dans son réquisitoire ?

Dans le cadre d'un réquisitoire comme celui dont nous parlons, j'ai la faiblesse ou la limite de penser que les ambiances de couloirs, les projets de carrière, les petites et les grandes ambitions, les caméras de la télé se désintègrent d’entrée quand il s'agit de se confronter avec ce que FN a appelé les ténèbres du mal.

FN fait peur à tout le monde dans ses réquisitoires. C’est un tueur, écrivez-vous. Mais il y a en face de lui une sorte de bouclier qui, lorsqu’il a fini de "hurler" est l’avocat de la défense. Dans les ténèbres dont nous parlons, il n’y avait personne pour porter secours à la terreur des jeunes femmes et des jeunes filles.

ps : Je lirai votre livre, que vous évoquez dans votre commentaire.

@ cactus

10 000 bisous à vous.

 Joe Cactus

"Mille bisous à vous. Pas au Patoulatchi..."
nous conte Aïssa.

roooo Aïssa Aïssa , écoutez-moi !

"tout le monde il est beau , tout le monde il est gentil !"
a dit un jour un de nos grands philosophes, alors n'oubliez jamais !

"Mille bisous à vous toutes et tous", donc !

Sissi !!!!!!!

Marcel Patoulatchi (pas l'autre Marcel)

Aïssa Lacheb-Boukachache,

Loin de moi l'idée de dénigrer votre activité professionnelle ou d'initier une compétition de légitimité, loin de moi l'envie de prétendre donner toutes les réponses à un problème complexe en un simple commentaire.

Mais mon expérience, personnelle ou professionnelle, m'a fait voir bien des choses qui contredisent votre équation entre « misère » et délinquance, qui interdisent de dire que la famine existe réellement en France (SDF mis à part).

J'ai vu des jeunes qui mangeaient mal chez eux. C'est vrai. Peu, avec guère de variété. La misère ? J'aurais pu le croire, si je n'avais vu leur père, RMIste, rouler en berline de luxe de marque allemande. La misère, est-ce dilapider des allocations ?

J'entends fréquemment ces jeunes qui disent que leurs mains sont « dans la boue » parce qu'il n'y a « plus lovè » (argent). Mais qui, comme eux, s'amuse quotidiennement avec des motos de grosse cylindrée, des quad, roule en VW Golf R32 ?

Je ne me suis pas contenté de « passer un oeil depuis [ma] fenêtre », j'ai aussi fréquemment l'opportunité de visiter le petit chez soi (plus grand que chez moi... mais à loyer dit modéré) des auteurs de ces infractions qui selon vous sont dictées par la misère. Et j'y ai vu plus d'une fois des objets de luxe (home cinema, etc) qu'on ne trouve guère chez qui crie famine.

Quelles sont les références culturelles de vos « miséreux » ? Qu'est-ce qui fait qu'un individu porteur d'habits de marque, d'un téléphone portable, d'un baladeur mp3, se dise misérable ?

Intéressez-vous à leur discours, vous verrez, c'est instructif.

Quelques pistes :
http://www.dailymotion.com/video/x1h5am_tamdem-93-hardcore_music
http://www.dailymotion.com/video/x2c3qe_la-cite-mon-frere93100-montreuil-so_music
http://www.dailymotion.com/video/x4iz48_clip-sarko-ont-te-baise-ta-police-o_music
http://www.dailymotion.com/video/x4iz48_clip-sarko-ont-te-baise-ta-police-o_music


Cactus canard'heures en bouche un coin

alors juste ce coin coin pour prouver que je vous élis toujours mais en silence, combattant de l'ombre même si pas à Londres !

sinon n'oublions pas que les canards ne possèdent qu'un seul mot pour s'exprimer
( coin );
alors imaginez leur trouble lorsqu'ils cherchent un sens caché en une de leur phrase !

sinon je relève une petite erreur :
"Cet hebdomadaire, qui veut être à la page et à la pointe"

" cet hebdromadaire "
vais-je dire, tant ils bossent dur en ce journal qui garde la Gueule Ouverte (souvenirs souvenirs) pour le plus grand plaisir de beaucoup, non ?

Sissi !
(amitiés appuyées aux Dames de ce blog, au fait)

Aïssa Lacheb-Boukachache

Cessez vos petits effets rhétoriques, monsieur Marcel, ils ne valent pas un clou et n'amusent que vous. Elevez-vous à plus d'intelligence, s'il vous plaît. D'une misère l'autre, la prison et l'hôpital, je suis passé presque sans transition. A ma libération de prison, j'ai accompli des études afin de devenir infirmier diplômé d'Etat (pour médecine, c'était un peu tard; j'aurais été praticien à 50 ans ou peu s'en serait fallu). Mon travail soignant actuel, à mi-temps, en intérim., etc., dans à peu près tous les services hospitaliers et para-hospitaliers m'autorisent à écrire ce que vous avez lu. Je vous informe également qu'une des choses qui m'a sidéré le plus fut d'accueillir à l'infirmerie de tel collège ou tel lycée des élèves dénutris, présentant tous les symptômes d'un réel commencement de réelle famine. Ils arrivaient en classe, le matin, le ventre vide, subissaient des malaises en journée, se faisaient parfois apporter en cour de récréation des produits chipés à la cantine par leurs camarades qui, eux, pouvaient y aller car leurs parents pouvaient payer pour qu'ils y soient nourris ... Cela davantage en zone rurale qu'en banlieue, soit, mais dans les banlieues également. Et pas en Birmanie, non, monsieur Marcel, ici, pas loin, tout près, passez un oeil par votre fenêtre...

Chère Véronique. Non, je ne comprends pas que l'avocat de la société puisse beugler durant des heures comme un reître et soudard sanguinaire parce que la société qu'il représente demeure impuissante à exprimer un indicible qui, par sa logique même, ne s'exprime pas. Relisez la dernière phrase de mon post précédent et comprenez-la. Croyez-moi, il se trouve en nombre des avocats généraux pour qui une belle fonction parisienne couronnant une longue carrière de beuglard public impudique, voire à la garde des Sceaux telle une ultime garde méritoire, importent plus que tous les intérêts sociétaux que vous pouvez imaginez. Mais il est vrai que cela n'est pas exclusif de cette profession. "Le bon bédite gommerce", comme l'écrivait Sartre qui avait souvent le bon mot pour en rire, de ces ambitions malsaines.

Mille bisous à vous. Pas au Patoulatchi ...

Aïssa.

Marcel Patoulatchi

Aïssa,

Indiquez-moi qui « crie famine » en banlieue.
Nous observerons conjointement leurs relevés bancaires, leur mode de vie.

Je suis sûr qu'on s'amusera de comprendre comment celui qui « crie famine », selon vos termes, s'habille d'habits de marque et emplit son domicile d'objets de luxe (téléviseurs gigantesques, etc).

S'il me paraît contestable que pour des revendications politiques on commette des dégradations, vols et violences volontaires, nous n'avons pas encore vu de pêcheurs brûler la voiture de son voisin pour s'amuser.

Véronique

@ Aïssa

C'est très compliqué de réagir sereinement à votre post de 22h25.

L'impudeur que vous dénoncez dans le réquisitoire de l'avocat général qui fait écho à l'absence de décence que regrette TS plus haut, et que vous rapprochez d'un choeur de pleureuses professionnelles, pose la question de la fonction d'un réquisitoire dans une cour d'assises.

Francis Nachbar, à sa place d'avocat général, porte la voix de la société. Cette mission l'autorise-t-il à désinvestir, au nom de cette société, un homme et une femme de leur humanité ?

sbriglia apporte une précision importante : nous n'étions pas à Charleville. Je veux dire que vous et moi, dans ce procès, nous sommes restés à la lisière de ce que l'avocat général appelle dans son réquisitoire : "les ténèbres du mal".

Je pense que dans ce coeur des ténèbres, Francis Nachbar n'a pas trouvé la plus petite étincelle de clarté.

"des apparences d'êtres humains", c'est ce qu'il nous dit. Et il rend coup pour coup face à des accusés qui, dans leurs ténèbres ont déshumanisé des jeunes filles et de très jeunes filles, les transformant en des sortes de chimères de mythologie.

L'accusation doit-elle, au nom de la société, rendre ce coup pour coup ?

Je fais partie de ceux qui ont toutes les difficultés du monde à employer des mots comme ceux de monstre, prédateur etc.

Ce que je veux vous dire, après avoir lu et relu le compte rendu du réquisitoire d'Alain Salles dans le Monde, c'est que "le monstre nécrophile" utilisé par FN, eh bien je pense - mais dans la marge de ce procès où je me situe et dont je vous ai parlé plus haut - qu'à la place de Francis Nachbar, je n'aurais pas utilisé ses mots.

Mais il reste que j'aurais été incapable et impuissante à trouver les mots pour caractériser des humains qui ont pu continuer à respirer dans leur quotidien, jour après jour, pendant des années, au coeur de leurs ténèbres.

Je pense que FN a fait le choix de parler du mal comme d’une énigme que les êtres humains tentent et échouent à comprendre avec nos mots.

Vous écrivez des livres. Alors vous devez comprendre qu’un réquisitoire comme celui-ci a aussi pour fonction d’exprimer au moins mal, au moins éloigné, ce qu'une société, malgré les vociférations et les hurlements du dehors, reste impuissante à exprimer.

Aïssa Lacheb-Boukachache

Elles sont mortes, les victimes à Fourniret-Olivier, et leurs familles brisées. On le sait maintenant, tout a été dit, vu, entendu pendant deux mois de procès. Ce n'est pas en beuglant durant des heures, hurlant jusqu'à ne plus être entendu, inaudible à la fin et donnant la visqueuse impression d'être aussi sordide que les accusés, gesticulant au ridicule tel un diable sorti de sa boîte, qu'une quelconque accusation publique se haussera à honorer la mémoire des victimes et leurs proches. C'est pénible comme ce genre de réquisitoire sent la friture rance et, comme on disait naguère les pleureuses professionnelles, on dit alors l'accusation professionnelle, celle qui est payée pour le faire, pour faire semblant, pour faire comme si... Il y a des réquisitoires tellement exubérants, impudiques, qu'on les dirait de clowns sinistres. Ces réquisitoires servent toujours même le pire accusé qui, dodelinant de la tête, finit par dire en lui-même : cause toujours, bouffon... L'accusation publique fait souvent le singe du haut de son box, un index dans le cul et l'autre pointé sur le meurtrier ; les morts et ceux qui leur survivent dans la peine attendent, eux, autre chose que des grimaces qui exprimeraient quelque chose en leur nom. Au vaste crime qu'on ne peut résoudre en aucune façon, quelques mots simples puis le silence sont plus éloquents, qui pétrifient même l'accusé.

Aïssa.

Catherine JACOB

@sbriglia

"nous ne sommes pas chez les Verdurin."

Il vous arrive de lire autre chose que Proust ?


Aïssa Lacheb-Boukachache

@Thierry Sagardoytho

Afin de mieux connaître cet avocat général, je vous renvoie, si vous le souhaitez, à mon ouvrage "PLAIDOYER POUR LES JUSTES" où il en est un peu question. Ce fut lui qui requit contre moi en 1990.

Le procès Fourniret-Olivier et le réquisitoire de cet avocat général. On l'a vu dans la salle des pas perdus, au journal télé régional, à la fin de celui-ci, plutôt souriant dans des conversations avec quelques personnes. Il n'avait pas l'air bouleversé plus que cela et je l'ai bien reconnu en cela. C'est un homme qui hurle mais qui hurle tel un enragé, il faut l'entendre pour le croire, dans la salle d'assises, qui invective personnellement, c'est limite s'il ne va pas bondir de son box pour vous étrangler lui-même de ses mains, on voit la haine, réellement, transpirer par tous les pores de sa peau, il devient rouge, sanguin, les veines de son cou semblent prêtes à éclater, nul homme ou femme qui a commis un crime, même un crime qui ne soit pas de sang, ou un délit simplement, n'a plus droit de cité au chapitre de l'humanité avec lui, il en crève de ne plus avoir le bûcher, la roue, la guillotine comme moyen de droit, c'est manifeste comme il l'exprime sans le dire explicitement, c'est cet homme, cet accusateur public. Dans mon cas, les gendarmes qui m'ont ramené ensuite dans la prison m'ont dit qu'ils furent effrayés d'un tel réquisitoire, qu'en rien ils n'y adhéraient. Le président de la cour d'assises des Pyrénées Orientales où je fus jugé ensuite pour un second vol avec port d'arme, lorsqu'il vint me voir en tête à tête à la prison une semaine avant le procès, comme l'y oblige la procédure, m'a encore dit lui-même qu'il n'y comprenait rien à ce précédent procès et cette précedente condamnation, c'est dire... Il me jugea en une journée et sans discuter m'accorda immédiatement la confusion des peines, en réponse digne à la précédente cour où siégeait cet avocat général. J'imagine sans peine qu'il eut la même attitude au procès Fourniret-Olivier et alors, j'en ai la certitude, c'est toujours sa cause personnelle qu'il plaide et non pas celle des intérêts de la société. Vous avez raison de poser la question de la mesure et de la retenue voire la dignité de l'accusation lors d'un procès d'assises, et de la poser à Philippe Bilger car, sans même connaître personnellement Bilger, je sais qu'à aucun moment de ses réquisitoires passés et à venir il n'a oublié ni n'oubliera qu'il a accusé et accuse un être humain, un frère en humanité, comme il l'exprime lui-même. Et c'est à cela uniquement que l'on reconnaît un grand avocat général et que la société peut être fière d'être défendue et représentée par un tel ministère. L'autre est mû uniquement par l'instinct de destruction. J'ai connu beaucoup d'avocats de la défense ; nombre d'entre eux se sont tus devant lui, effrayés, impressionnés, terrorisés. Je n'en vois qu'un seul capable tant dans le fond que de la forme de lui clouer le bec et de lui faire honte jusqu'auprès des jurés de l'image qu'il donne de l'accusation publique, c'est Thierry Lévy. J'ose croire que l'accusation publique qui requiert même contre un vaste criminel, ce n'est pas la rage et l'écume aux lèvres durant quelques heures et le discret sourire ensuite dans la salle des pas perdus, papotant et attendant avidement le verdict comme on attendrait une quelconque arrivée de tiercé.

Salutations.

Aïssa.

Jean-Jacques Duval

Cher Philippe, que cet article non signé vous soit apparu injuste, c'est possible et je ne puis en juger. Vous connaissez comme moi les cibles favorites du Canard : les curés, les militaires et les juges ! Mais écrire comme l'a fait l'un de vos contributeurs en parlant de cet hebdomadaire de "ragots" c'est faire la preuve d'une inculture manifeste ! Ce journal, son histoire en a fait une véritable institution, d'autres que moi l'ont dit et mieux dit. Cordialement.

sbriglia

...à la différence, cher Thierry, qu'il n'y a pas de perversité chez les fauves, rien que l'instinct de survie... et la dignité de ne tuer que par nécessité.

Fêlé : celui qui a une fêlure...

...ni vous ni moi n'avons subi ces semaines de descente aux enfers de l'humanité à Charleville : le mot, que vous trouvez inadéquat (vraiment ?) ne me choque guère après une telle épreuve : nous ne sommes pas chez les Verdurin.

Marie-France Bezzina

L'avocat général Francis Nachbar a repris en fait une déclaration de Monique Olivier elle-même, concernant sa "possession" sur Michel Fourniret : "Je le veux pour moi toute seule, entre fêlés on se comprend, qui se ressemble s'assemble".
J'ai suivi ces réquisitions à la CA des Ardennes. FN a insisté sur le rôle prépondérant de MO, "l'égérie du crime". Sans elle, sans son aide psychologique et matérielle, le "petit Fourniret" aurait-il pu accomplir tous ces crimes ? Pratiquement, MO était sa rabatteuse, sauf pour les deux derniers crimes, ceux de Céline et de Manyana. "Il était devenu, selon FN, le grand petit Fourniret". Je rappelle que MO a été interrogée 120 fois longuement avant de commencer à faire des aveux à la police belge. Elle pensait ainsi s'en "tirer" avec 4 ans de prison ! N'oubliez pas que, par exemple, elle (garde-malade !) avait lavé intimement l'une des jeunes victimes (12 ans), attachée au lit, pour son "fauve". Ensuite, fatiguée, elle s'était endormie dans la chambre voisine...
Alors que FN soit traumatisé par tant d'horreurs, cela se comprend : il a eu le courage de boucler le dossier. Car d'autres enquêtes sont en cours pour savoir ce qu'ont fait entre 1990 et 2000 ces deux-là. 14 faits sont étudiés. 3, 2 en France, 1 en Belgique, font déjà l'objet de mises en examen.
Un couple d'assassins ? Un couple fusionnel assassin pour FN ; rarissime mais cela existe. Ce couple se maintient...

Thierry SAGARDOYTHO

Cher Philippe,
A l'instar de votre homologue des Ardennes, traiteriez-vous un accusé de "fêlé" ou de "monstre" qu'il serait injurieux pour les fauves d'assimiler?
Il me semble qu'il y a des limites oratoires à ne pas dépasser : il n'est pas nécessaire de faire populiste pour convaincre. Sauf à ce qu'il s'agisse de souffler dans l'air du temps, auquel cas tenir des propos de comptoir en audience n'est pas décent. Sauf à ce que peut-être ce magistrat soit tellement épuisé de porter ce dossier depuis 4 ans, ce qui alors justifierait en opportunité que le magistrat du Parquet, qui suit l'instruction, cède sa place à un collègue aux assises au bénéfice d'un double regard de l'accusation sur le dossier. A méditer.

mike

Aîssa. Je vous approuve.

Aïssa Lacheb-Boukachache

Je regardais ce soir le journal télévisé et y voyais des pêcheurs marins saccager les rayons "poissonnerie" des supermarchés, en repartir avec les produits poissons et autres crustacés, sans passer par la caisse et payer, bien entendu, au vu et au su de tous, médias compris, surtout les médias, et les jeter aux ordures dehors ou les distribuer gratuitement aux passants et automobilistes. Je suis resté dubitatif devant mon écran. Loin de moi la pensée de préjuger et juger de la colère professionnelle de ces personnes. Mais enfin, suis-je bête ou quoi, n'y a-t-il pas là plusieurs délits caractérisés : vols (avec violence parfois ; des personnes furent bousculées), dégradations, menaces et j'en passe... Mais pas un gendarme à l'horizon, pas la moindre "hermine patibulaire" en manifestation. On ne peut s'empêcher de sourire. Le Canard est-il, finalement, si égaré que cela ? Est-ce vraiment ce magistrat qu'il vise en le nommant ou, par-delà sa personne magistrale, l'Institution entière qu'il représente ? Quand exactement les mêmes saccages de supermarchés ont lieu en banlieue ou ailleurs où sévit la misère sociale, quand des jeunes "sauvageons" et autres "racailles" pillent ainsi pour se nourrir et se vêtir, que ne leur envoie-t-on pas immédiatement police et armée pour les traîner devant l'hermine qui sévira douloureusement ! Ainsi, vous avez le droit, sic, de piller un magasin pour faire entendre vos revendications syndicales ou autres, pour sauvegarder votre emploi et vos conditions de travail, bref pour vivre et vous nourrir, mais vous n'avez pas le droit, re-sic, de faire la même chose quand vous êtes chômeur, miséreux, sans emploi et criant famine.

Bonne nuit.

Aïssa.

semtob françoise

Cher Monsieur,
Observer est une action. Etre objectif ou subjectif est aussi une action. Observer la justice dans son évolution est un autre exercice. Comment pouvez-vous être acteur de terrain et prétendre à une objectivité dans votre ou vos observations ? Comment pouvez-vous travailler dans l'urgence et garder un souci de précision ? Je ne sais pas répondre à la question. Comment pouvez-vous rester neutre ? C'est une utopie. Bonsoir.
Françoise

marc

Je me permets juste une remarque de forme sur votre billet.
Sans remettre en doute la légitimité du regard que vous portez sur cet article du Canard Enchaîné, il me semble que depuis plusieurs notes vous vous efforcez de victimiser la magistrature.
Il est vrai que votre profession est régulièrement attaquée, accusée de torts contradictoires, tantôt soupçonnée de corporatisme et fermée aux critiques, tantôt prétendue à la botte de l'exécutif.

Pour ma part je suis pris entre deux sentiments en vous lisant, celui du respect que vous m'inspirez, respect issu de votre pratique du métier et de la profonde humanité qui en ressort, et celui troublant dû à cet arrière-goût de corporatisme que me laissent certaines de vos prises de positions (en particulier concernant les acteurs de "l'affaire d'outreau"). Malaise également sur la position que vous affichez dans votre approche de la délinquance des mineurs qui prend me semble-t-il à contre-pied la pertinence de vos analyses des mécaniques criminelles.

Nous n'avons pas (et c'est là pour moi l'intérêt de ce blog) à être d'accord sur tout, mais j'ai du mal, à recoller les morceaux, et à percevoir la vision globale de la Justice telle que vous la concevez.

Bien à vous.

Marc

Thierry SAGARDOYTHO

Sans doute le rédacteur anonyme de ce billet doux s'est-il ainsi permis une attaque personnelle de bas niveau. C'est tellement plus facile d'invectiver à visage masqué.

SR

Le titre "Hermine patibulaire" posait la question de savoir si le revers de la robe du président était toujours en hermine (rare) ou en zibeline (plus courant) ? Après...

El Desdichado

En même temps, s'arrêter à une qualification, peut-être malheureuse, pour disqualifier un journal de 8 pages écrites en petit, c'est un peu facile.
Ce qu'on peut reprocher éventuellement au Canard, c'est effectivement d'aller un peu dans le sens de la vox populi, et de se complaire dans le cas présent dans l'image d'une justice qui marche parfois sur la tête ou sous la contrainte.
Lecteur assidu de votre blog, il m'a souvent semblé y lire cela aussi !
Cordialement.

Catherine JACOB

Vous évoquez là deux personnalités parisiennes qui n’ont pas grand sens pour le justiciable lambda de province.
D’une part un avocat qui sollicite que l’inspection générale soit elle-même l'objet d'une inspection, et d’autre part un magistrat qu'on dit soucieux de l’erreur judiciaire et de sa réparation, qui cherche parallèlement à développer la médiation et la conciliation, le tout dans ce qui apparaît au quidam comme un vase clos où par ailleurs des juges traitent un substitut du parquet financier par le mépris.
Enfin, un canard qui n’est toujours pas devenu un cygne, qui stigmatise « une souplesse d’échine » qui n’existerait que dans les idées reçues sur l’institution judiciaire, et qui ne veut pas voir «que La justice ne ressemble plus à la caricature facile et paresseuse qu'on continue trop souvent de faire d'elle. »

D’une façon générale, on peut cependant faire observer, notamment en ce qui concerne la médiation, que c’est effectivement quelque chose qui mérite d’être développé et qu’on ne doit plus voir ces cas où le médiateur et la police se renvoient mutuellement la balle, oublieux de l’intérêt du public qui devrait commander et primer sur une gestion égocentrique des prés carrés !! Si le public veut porter plainte, c'est son droit. S'il veut s'en remettre à une médiation, ça l'est tout autant, et le service sollicité n'a pas, à mon sens, à se montrer inopportunément directif et se défausser sur le voisin pour le traitement du cas concerné !

On peut également faire observer que les idées reçues sur l’institution judiciaire ont sans doute la vie aussi dure que celle que les divers fichiers licites et illicites permettent de se faire à propos des justiciables qui auraient le malheur de s’y retrouver listés, aussi bien à juste titre qu’à leur insu et de façon purement fantaisiste, fondée sur des témoignages douteux insuffisamment contrôlés !

Un seul remède à mon humble avis, celui qui réside dans une méthode éprouvée d’études des textes : lire le texte avant de lire les critiques !! Seuls les mauvais élèves se contentent d’apprendre à connaître les auteurs par le seul biais des digest et/ou des ABC du bac !!

Encore faut-il avoir appris à lire naturellement.

Polochon

Je ne lis pas le Canard Enchaîné, ce canard issu de ragots colportés par des fonctionnaires aigris, revanchards ou pas assez occupés.
Je ne pense pas être mal informé pour autant.

sbriglia

"...ou ne sait pas comparer les magistrats entre eux."

Succulent !

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