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17 octobre 2008

Commentaires

Savonarole

Les "petits pois" voient rouge...

http://www.lepoint.fr/justice/arbitrage-tapie-justice-tel-est-pris-qui-croyait-prendre-28-08-2015-1960077_2386.php

Nathalie

Ha oui, les 45 millions de préjudice moral + l'amendement "Tapie" qui vient de sortir... Il a déjà touché le chèque au fait ?

J'allais oublier avec toutes ces histoires d'économie virtuelle, de bourses qui se cassent la figure etc...
Et Tapie à la télé, toujours dans le registre de la séduction - qu'est-ce qu'il a d'autre ? Il agit en commercial, peut-être a-il-vendu des cuisines intégrées dans une autre vie ? - qui fait mouche, ça marche. Il fait rire avec sa gouaille style grande g... et populo. Au comptoir du bistrot, j'imagine le succès.
J'ai du mal à gober que sur le plan juridique, ce soit incontestable surtout si le choix de l'instance qui lui a accordé ces indemnités, lui, l'est.

Duval Uzan

Bonjour,
Je n'ai pu que vous copier un morceau, vous pouvez lire le reste page 118 du Folio "A l'ombre des jeunes filles en fleurs".
C'est très doux ! et pas du tout hors sujet :

"Ce nom Bergotte me fit tressauter comme le bruit d’un revolver qu’on aurait déchargé sur moi, mais instinctivement pour faire bonne contenance je saluai ; devant moi comme ces prestidigitateurs qu’on aperçoit intacts en redingote sous la poussière d’un coup de feu
d’où s’envole une colombe, mon salut m’était rendu par un homme jeune, rude, petit, râblé et myope, à nez rouge en forme de coquille de colimaçon et à barbiche noire.
J’étais mortellement triste, car ce qui venait d’être réduit en poudre, ce n’était pas seulement le langoureux vieillard dont il ne restait plus rien, c’était aussi la beauté d’une œuvre immense que j’avais pu loger dans l’organisme défaillant et sacré que j’avais, comme un temple, construit expressément pour elle, mais à laquelle aucune place n’était réservée dans le corps trapu, rempli de vaisseaux d’os, de ganglions, du petit home à nez camus et à barbiche noire qui était devant moi. Tout le Bergotte que j’avais lentement et délicatement élaboré moi-même goutte à goutte comme une stalactite, avec la transparente beauté de ses livres, ce Bergotte-là se trouvait d’un seul coup ne plus pouvoir être d’aucun usage, du moment qu’il fallait conserver le nez en colimaçon et utiliser la barbiche noire…………..Mais pour Bergotte la gêne du nom préalable n’était rien auprès de celle que me causait l’œuvre connue à laquelle j’étais obligé d’attacher, comme après un ballon l’homme à barbiche sans savoir si elle garderait la force de s’élever….et alors je me demandais si l’originalité prouve vraiment que les grands écrivains soient des dieux régnant chacun dans un royaume qui n’est qu’à lui, ou bien s’il n’y a pas dans tout cela un peu de feinte, si les différences entre les oeuvres ne seraient pas le résultat du travail, plutôt que l’expression d’une différence radicale d’essence entre les diverses personnalités…..
.................."
Je venais juste de connaître le blog d'Eolas
Je viens d'apprendre qu'Eolas n'a qu'une trentaine d'année, je le croyais bien plus vieux... il y aura autant d'Eolas que de lecteurs. Nous avons chacun notre Bergotte.
Ce qui unit ces deux blogs c'est la générosité de leur propriétaire.
Pour le reste je rejoins Véronique.
Duval Uzan

Véronique Raffeneau

@ sbriglia

Bilger, Eolas ?

Jim ET Jules.

Oui. Absolument.

Pour comprendre et pour se choisir soi dans les tourbillons de la vie, c'est tantôt Jim, c'est tantôt Jules.

Chez Jules, c'est d'abord apprendre. Pour avoir une chance de comprendre.

Chez Jim, c'est faire les apprentissages des contraintes et des délivrances d'être soi.

"L'autre est magistrat, heureusement délivré, par son âge et son poste, des choix de carrière, disposant d'une certaine liberté de plume,..."

Quand on lit la biographie professionnelle et intellectuelle de Jim, croyez-moi, même quand Jim avait 10 ans, son tempérament s'est toujours exprimé. La liberté est son nirvana.

Dans l'Antiquité, au temps du juge Pascal, eh bien le Jim, de son propre aveu, réalisait avec ce collègue ébouriffé l'exploit d'être dans le peloton de tête des juges les plus mal notés de France. Jim, dans la nuit des temps, question notation... une vraie catastrophe...(*).

(*) "Un avocat général s'est échappé"

Patrick Marguillier

@ sbriglia

"Inutilement perfide, heureusement faux"

Point faux puisque Monsieur Bilger lui-même admet qu'il ne peut.. toujours librement approfondir étant tenu à un certain devoir de réserve, devoir de réserve qui me paraît légitime et tout a fait respectable.
En l'avouant, ou plutôt en nous le confiant, Monsieur Bilger nous laisse entendre qu'il n'est pas dupe. Et je le crois volontiers.

Confondriez-vous esprit critique avec perfidie?, vous m'attribuez un bien étrange culte qui ne fait pas partie de ma culture, aussi baroque soit-elle, dieu merci ! Je suis un homme d'honneur, Monsieur Bilger accepte la critique démocratiquement, je me sers de l'usage.

La nature m'a doté comme tout un chacun d'une capacité de réflexion, je me contente d'en user, sans pour autant prétendre avoir toujours raison, la perfidie est un terme inapproprié à mon humble avis en ce qui concerne mon caractère seulement franc, le lambda citoyen que je suis se sert de la démocratie directe que nous offre notre hôte.

Si je devais y aller de flatteries continuelles, Monsieur Bilger s'ennuierait, même, si courtois, il ne me le ferait jamais remarquer, Monsieur Bilger argumente parce qu'il aime l'argumentation, Sans l'alpha et l'oméga, l'esprit stagne..

sbriglia

Eolas versus Bilger ?
Cela n'a pas de sens.
Le blog du premier, remarquable sur le plan de la technique juridique, suivi avec bonheur par des commentateurs avides de connaissances du judiciaire, ne saurait, selon moi, être comparé au blog de PB, a fortiori faire l'objet d'un dérisoire et inopportun challenge...
La "clientèle" de l'un ne recouvre pas celle de l'autre, les attentes ne sont pas les mêmes, les profils foncièrement différents...
L'un est avocat, comme tel soumis à la déontologie de son Ordre qui l'oblige nécessairement à l'anonymat... (les jalousies sont grandes chez les disciples de Berryer !)
L'autre est magistrat, heureusement délivré, par son âge et son poste, des choix de carrière, disposant d'une certaine liberté de plume, pour autant limitée par l'inévitable devoir de réserve...
L'un, sous couvert d'anonymat, peut forcer le trait, débrider l'expression, humilier le commentateur imbécile, mépriser l'indigent d'esprit, faire rire aux dépens des uns ou des autres, bref, se "faire plaisir" sans craindre les foudres d'une quelconque hiérarchie, d'un confrère vilipendé, d'un Tribunal admonesté, ledit anonymat le protégeant.
L'autre, à poitrine déployée, tel Cyrano, va représenter la Société aux assises, affronter l'avocat qui, dans un commentaire acide, le fustigeait la veille sur son propre blog, recevoir les instructions d'une Chancellerie dont il n'a jamais été l'obséquieux ou zélé serviteur.

De grâce évitons les comparaisons, ne mesurons pas l'aune "médiamétrique" de l'un à celle de l'autre...

Elles sont consubstantiellement différentes...
Tous deux sont, dans leur domaine, essentiels.

Certains préfèrent le salon Verdurin, d'autres la salle des criées : il faut sans doute un peu des deux pour comprendre son siècle...

sbriglia

"Monsieur Bilger me laisse souvent sur ma faim, ne creusant pas assez, il se contente du salon et au mieux du salon mais ne va jamais dans l'arrière-boutique et encore moins dans l'arrière-cour." a écrit PM

Inutilement perfide, heureusement faux...

Pour la profondeur et le creusement, je vais chercher mon puisatier, ou je m'asphyxie dans la longueur des commentaires de certain(e)s.

Pour l'arrière-boutique et l'arrière-cour, juste avant les latrines, il suffit d'avoir pris ses précautions avant ...

...la réponse de PB est un chef d'oeuvre de finesse.

Véronique Raffeneau

@ Aïssa

...Il y avait presque dix ans de cela. Une usine à la campagne. Une vente aux enchères publiques d'actifs qui n'étaient plus que du matériel qui ne valait rien. Qui valait tout.
Une horde de marchands qui ont éventré des fenêtres, détruit des portes, arraché des prises de courant. Et puis les cuvettes de WC débordés de leurs excréments. Depuis la liquidation judiciaire, l'eau avait été coupée.
Ce jour-là elle avait voulu être ailleurs. Elle y revint le lendemain. Elle pleura comme jamais du désastre qu'elle vit. Une mise à sac. Et elle à terre pour la seule fois, au milieu de tout ça, dans son chagrin sur un ciment glacial.
Un commissaire priseur, ici, auxiliaire de justice, avait dirigé la vente. Il avait permis cette dévastation.
Après tout, ce représentant de la justice, si elle avait eu la force de lui demander d'expliquer, aurait pu lui répondre que ce jour-là il ne représentait "que la loi, rien que la loi, point barre."...


- N'avancez pas ces choses à la légère, vous les ignorez.

- Qu'en savez-vous ?

- Tssss tsssss tssss...

- Passons à autre chose... d’accord, Aïssa ?

Patrick Marguillier

@ Jean-Dominique Reffait

Je partage votre analyse, non sur Bernard Tapie, mais celle sur le blog de Monsieur Bilger, je suis allé plusieurs fois également sur celui de Maître Eolas mais je n'éprouve pas le besoin de répondre, on ne peut nier la richesse de son blog, mais les roses sans épines..

Je me lasse vite de sa lecture..

De toute manière je ne pense pas qu'il soit intéressant de faire des comparaisons, ce sont deux blogs très intéressants, avec contenu et suivi, ce qui attiserait ma curiosité par contre ce serait de voir ces deux ténors débattre ensemble de sujets de société, de justice...

Patrick Marguillier

"..je ne suis pas sûr que certaines définitions de la profondeur qu'on me propose ne renvoient pas tout simplement à une forme de grossièreté, voire de brutalité dans la forme. Ce n'est pas la conception que j'ai de ce blog et dans ce blog."

Je vous approuve pleinement, ça ne serait plus un blog tendant à la qualité des échanges, sans consensus ni acceptation de règles, ça deviendrait une foire d'empoigne lourde à maîtriser.
Puis après tout, vous êtes chez vous que diable ! et nul n'aurait bonne foi à se plaindre de votre courtoisie et chose rare de nos jours, vous ne pratiquez pas la censure ni ne limitez les dialogues.

Votre blog est formidable, la plupart des gens sont intéressants à lire, je ne voudrais pas vous voir le clore parce que la brutalité ou la grossièreté approximative règneraient.

Dans le fond, peut-on se passer de bon pain ?

Patrick Marguillier

@ Monsieur Bilger,

Effectivement, dès lors, on peut comprendre votre réserve, comme disait Desproges (me semble-t-il) "on peut tout dire, mais pas à n'importe qui.."

Néanmoins, certains de vos billets sont très pertinents, et même quelque fois délicieusement impertinents, j'ai toujours plaisir à lire vos posts et votre blog m'est aussi indispensable qu'un bon pain puisque invariablement, je reviens vous lire et décocher occasionnellement quelques flèches. Il est des lectures dont on ne peut se passer.


Je vous sais très ouvert et nombre de hauts magistrats devraient en prendre de la graine, établir des dialogues avec les citoyens lambda pour consacrer à la formule consacrée du "citoyen ignorant" type.

Sinon ma vision de la profondeur ne passait par des formes de grossièreté, d'acharnements, qui ne feraient pas avancer le(s) débat(s), je pensais plutôt aux aspects psychologiques des personnages que vous décrivez, aux conséquences de leurs actes, les avantages ne sont que ceux qui devraient être depuis mille ans si l'homme ne se fourvoyait dans des guerres et autres débilités qui lui font perdre des siècles d'avancées, les avantages ne présentent aucun intérêt verbal puisqu'ils sont le but basique comme ultime de toute démarche humaine, finalement ce qui me semble le plus important ce sont les résultats et leurs conséquences.

En ce qui concerne Bernard Tapie, le personnage est sympathique de prime abord, mais les finalités/résultats depuis des années sont loin d'être à la hauteur de ses beaux discours.

Autant pour Nicolas Sarkozy, autant pour Maître Vergès, beaux parleurs certes, mais quand on analyse un peu plus profondément les choses, la politique du résultat, c'est loin d'être du must ! et quelquefois plus on approfondit, plus c'est nauséeux à souhait ou simplement révélateur.

Ceci pour recadrer un peu les personnages, au-delà de ces résultats, personnellement, ces personnages ne me sont nullement antipathiques, bien au contraire, MAIS je ne vis pas dans les beaux quartiers, je vois, j'évalue, et je constate que les actes ne correspondent pas aux mots, aux engagements, je ne perds jamais de vue que le charme politique, financier, ne vise, la plupart du temps qu'à corrompre l'idéal basique, l'idéal voisin ou l'idéal opposé, le charme n'est qu'un leurre auquel je refuse de succomber tant que les faits ne sont pas à la hauteur du charme déployé.

Il sera toujours temps de se gargariser par la suite.

Pour revenir à Bernard Tapie, l'incompétence désormais notoire de Rachida Dati au moins autant que la prétendue compétence verbale de Bernard Tapie sont nuisibles, Dati est quasi transparente, peut être un peu trop, néanmoins après rapide analyse, il y a une nuance très nette entre "l'affaire" Tapie et l'affaire justice, sérieusement mise à mal, qui concerne quelques 60 millions de Français.

360 millions d'euros, 60 millions de Français, faites vos choix messieurs dames..

Mais tentons un instant d'être résolument honnête, sans le moindre parti pris, le fond de la boutique Dati s'appelle Sarkozy.

Cécilia disait "ma soeur" à propos de Dati, N.S dit: je suis le patron. Dati n'a jamais été élue.

Dati n'a toujours été qu'un pion dans la stratégie de longue haleine, chrono en main, que mène NS. Cela n'exonère pas Rachida Dati de ses nombreuses erreurs politiques et de sa communication désastreuse.

Enceinte, elle va sans doute être contrainte de s'arrêter quelque temps ?

Duval Uzan

Bonjour,

Puisqu'on a comparé ce blog au salon "Verdurin" je copierai demain pour vous le passage décrivant la présentation de Bergotte à Proust, c'est tout à fait délicieux...
Quelqu'un de nous racontera j'espère un jour sa rencontre avec Eolas...
Je rejoins Véronique Raffeneau. Il y a autant d'Eolas que de commentateurs ou de lecteurs d'Eolas... y compris pour lui-même...

Duval Uzan

Philippe Bilger

Comme j'ai été vraiment touché par les appréciations très positives de J-D Reffait sur ce blog, je voudrais indiquer à ceux qui trouvent que certains billets manquent de profondeur - par exemple pour Patrick Marguillier, sur Tapie volant - d'abord qu'ils ont peut-être raison, ensuite, et surtout, que ce qu'ils appellent profondeur serait la possibilité pour moi de disposer d'une liberté totale qui me permettrait d'aller plus loin encore dans l'analyse. Mes billets, la majorité d'entre vous l'a compris, représentent une synthèse entre la volonté de tout dire et ma réserve de magistrat. Je ne peux pas pousser l''expression de ma pensée sans retenue. Je ne suis pas persuadé d'ailleurs que certaines définitions de la profondeur qu'on me propose ne renvoient pas tout simplement à une forme de grossièreté, voire de brutalité dans la forme. Ce n'est pas la conception que j'ai de ce blog et dans ce blog.

Aïssa Lacheb-Boukachache

@Véronique


Tssss tsssss tssss... Vous vous perdez dans la rhétorique, chère Véronique. La philosophie, comme la psychologie, c'est dans le boudoir, pas au tribunal. La loi, que la loi, rien que la loi, point barre. Que dit-elle ? Que le doute doit profiter à l'accusé. Un doute, si infime soit-il, ne perdure pas durant 21 ans comme c'est le cas dans cette affaire Maire. S'il a autant duré au détriment de l'un (l'accusé) et des autres (les parties civiles), que les magistrats en payent le prix, c'est la moindre des choses. Ce prix? Qu'ils dégagent! comme des mauvais qu'ils sont quand ce n'est pas des criminels quand les uns et/ou les autres, las que le doute ne leur profite jamais, finissent par se donner la mort pour échapper à leur incompétence, leur suffisance, omnipotence, cynisme et tyrannie. Ca c'est de la République, n'en déplaise à certains. Le contraire, c'est de la banane.

Quant à moi personnellement, détrompez-vous. Ce système que vous nommez n'a ni plus ni moins souhaité que je crève, comme tant d'autres. N'avancez pas ces choses à la légère, vous les ignorez. Je ne lui dois rien. Si, un lourd crachat quand je le vois continuer pareil dans sa bêtise et son arrogance et son mépris des lois qu'il prétend et affirme appliquer avec conscience et rigueur, et son mépris de l'humain, sous des apparences, des apparats ...


Aïssa.

Patrick Marguillier

@ Véronique Raffeneau

Superbe argumentation

@ Lucas Clermont

Je crains de partager votre avis, Monsieur Bilger me laisse souvent sur ma faim, ne creusant pas assez, il se contente du salon et au mieux du salon mais ne va jamais dans l'arrière-boutique et encore moins dans l'arrière-cour.

Patrick Marguillier

@ Jean-Dominique Reffait

J'adore le "...est une purge"

"au goudron avec les plumes", on en rirait presque si ça ne coûtait autant aux contribuables..

Moi les shows Tapie avec effets spéciaux ne me font plus guère d'effet, je ne nierais pas qu'à une autre époque..
Je pense que quand on sait ce que l'on veut, ce show n'est pas plus difficile que de cueillir des pâquerettes..
SURTOUT quand on sait ce qu'il y a en face, Arlette Chabot tsss..

Quand Tapie a un adversaire efficace qui connaît son ou ses dossiers, il ne tient pas la route longtemps, il se met en colère, devient vite grossier, est incapable de se maîtriser.

Patrick Marguillier

"la ministre et le maître"

On tourne la formule autrement ?

"l'ex taulard et Madame la ministre de la Justice, garde des Sceaux"
voulait sans doute dire Monsieur Bilger, respectueux des us et coutumes de la haute magistrature ?

Allons, trêves d'hypocrisie, il est évident que l'ex master T est plus vicelard coté neurones et verbiage (et actes) que la ministre, pas de quoi tomber à la renverse... un peu de charme, de l'auto-conviction saupoudrés d'une pincée de supériorité envers tous les veaux qui écoutent ou regardent "ça", un zeste de cynisme, de l'autodérision, et le tour est joué, digéré, simple numéro d'acteur dans lequel il a toujours excellé à l'identique de NS...

Tapie volant est un vieux routard des médias et un manipulateur de première, la ministre est simplement engoncée dans son inexpérience médiatique. On ne peut même pas la qualifier de psychorigide, dans l'intimité elle ne l'est pas plus que n'importe quelle femme.

Il faut néanmoins tout de même lui reconnaître un sacré manque d'argumentation qui fait très mauvais effet, dessert autant la magistrature que la politique du gouvernement, la magistrature a soif d'explications, de motivations, de réponses, mais le citoyen ordinaire également, plus particulièrement celui qui a voté pour NS car il commence a sérieusement à avoir le tournis.

Moi quand je regarde Dati je regarde presque à chaque instant mon oreiller avec beaucoup de respect, l'oeil énamouré, quant à Tapie, je connais trop son baratin mâché et pré-cuit pour encore savourer...

Je préfère encore lire votre blog finalement.

Laurent Dingli

Je rejoins, cher Philippe, le bel hommage que Jean-Dominique Reffait vient de faire de votre blog.

Jean-Dominique Reffait

Pour avoir connu les deux blogs, celui d'Eolas et le vôtre, au même moment, je comprends les raisons du plus grand succès de celui d'Eolas qui sont d'ailleurs les mêmes qui me font préférer le vôtre...

Si le blog d'Eolas plaît à un plus grand nombre, c'est en raison de son aisance de lecture, qui n'agite pas ou peu les multiples ressorts du comportement humain, qu'il s'agisse d'affaires de justice ou non. Plus facile à comprendre, il est aussi moins profond et, partant, moins apte à nous faire sentir les dilemmes, les complexités du métier de juger dans un état dit de droit.

Ensuite, et parce qu'il est avocat, Eolas tient un discours attendu d'un avocat : il n'est pas en décalage avec sa profession. Son effort de pédagogie est considérable, sa plume est vive et drôle mais, pour qui est plongé de gré ou de force dans le monde judiciaire, on y trouve plus de formalisme que de recherche des causes qui font agir le système tel qu'il agit.

Vous vous êtes placé dans une autre configuration intellectuelle. Un salon ? non. Un nid douillet, non plus. Vous vous situez dans le fond des choses, vous regardez ce qui reste dans le verre, après qu'on l'eut vidé chez Eolas ou ailleurs.

Et puis vous ne vous situez pas dans la posture attendue d'un magistrat. Ils sont anonymes, vous êtes à visage découvert, vous interrogez votre conscience, ce qui n'est pas l'exercice quotidien de vos collègues, vous exprimez vos convictions tandis qu'ils nous jouent la comédie de la réserve. Cette attitude peut rebuter des lecteurs habitués aux blogs qu'on lit vite fait bien fait : non, il faut souvent vous relire, décrypter, relier un billet à un autre par les souterrains d'une pensée qui est complexe, paradoxale, sans complaisance et sans concessions aux facilités du genre (sauf dans les titres où il est clair que vous vous amusez à faire du bon marketing !)

La question qui doit être posée - et je n'en connais pas la réponse - n'est pas tant de savoir qui est le plus populaire mais qui est le plus influent.

Je n'entre pas dans votre blog pour m'y reposer. Je bondis parfois, j'abonde ou je repousse, mon cerveau fonctionne. Je vais très rarement sur le blog d'Eolas, mais c'est pour m'y distraire et je n'y contribue pas, lui trouvant la beauté que Musset attribuait aux roses du Bengale : "sans épines et sans parfum".

Dati était jolie, avec un visage arrondi par la grossesse, de grands yeux doux et étonnés devant tant de questions. Elle n'a répondu à rien, s'est emmêlée les pinceaux. Service minimum.

Tapie était formidable, j'adore ce type. J'ai suivi son audition devant la commission des finances, un régal. Un show, certes, mais documents à l'appui, argumenté. Enfin quoi, cet homme n'a volé personne. Il a triché dans un jeu où tout le monde triche, mais lui s'est fait piquer et a eu droit au goudron avec les plumes. Le tribunal arbitral concrétise la notion de jeu : entre deux tricheurs, Tapie et le Crédit Lyonnais, il fallait un arbitre et non un juge, la justice se révélant incapable d'établir son mode de fonctionnement dans cette partie de billard. C'est pas joli, mais c'est ainsi que va le monde.

Chabot était nulle comme à l'accoutumée. Complaisante envers les puissants, ignorante des dossiers. Cette femme est une purge.

Véronique Raffeneau

@ Aïssa

"Mais il serait bien qu'une instance constitutionnelle voire européenne soit créée pour justement juger de ces choses (de la responsabilité personnelle des magistrats) afin que des responsabilités judiciaires personnelles soient dégagées et sanctionnées pour ce énième et terrible fiasco judiciaire."

Je pense, Aïssa, qu'aucune instance, quelle qu'elle soit, aussi proche d'une perfection abstraite soit-elle, ne pourra jamais affirmer à des victimes et à des accusés qu'elle est en mesure de les préserver des imperfections d'un système judiciaire.

C'est mentir à des victimes que de leur dire qu'un procès et un coupable leur permettront de faire leur deuil, selon l'expression consacrée et utilisée à tort et à travers.

C'est mentir à un justiciable que de lui dire qu'un système judiciaire prouvera à tous les coups son innocence ou sa culpabilité.

Fabriquez tous les systèmes de responsabilité - étroit, élargi, moyen -, que vous voulez. Il y a, à mon avis, un élément décisif que jamais vous ne pourrez traduire par un langage juridique, aussi élaboré fut-il, c'est l'idée qu'un homme ou une femme se fait ou ne se fait pas, ou ne se fait plus de sa propre responsabilité professionnelle, morale et humaine, et de la valeur qu'il donne ou qu'il ne donne pas, ou qu’il donne plus à cet engagement.

Tant qu'une réelle culture de l'autre n’irriguera pas les apprentissages et les maîtrises techniques ou techniciennes des métiers qui ont à voir avec l'autorité et le pouvoir sur autrui, qui ne se structurent bien que par des ancrages forts dans des traditions de savoirs humanistes qui ont fait leur preuve, et non plus dans les prêts à penser du moment, alors, moi, je serai toujours inquiète que les dogmes des uns mélangés aux habitudes et aux inconsistances des autres tiennent lieu de morale professionnelle.

Quant à votre expérience du monde judiciaire, à vous lire ici depuis quelques mois, j’avais cru comprendre que non, Aïssa, vous n’êtes pas une victime de cet univers. Ce système, ceux qui le composent et sur lesquels vous crachez, vous ont aussi permis de vous relever et de vous tenir debout.

Lucas Clermont

«Alors, pourquoi Dadouche se cache-t-elle et fait-elle perdre ainsi à sa pertinente dénonciation ce qu'un propos de magistrat, dans une transparence respectable, lui ajouterait de dignité et d'élégance ?»


Vous avez raison de vous poser cette question : elle peut vous aider à vous interroger sur la dignité et l'élégance qu'on confond parfois avec la posture théâtrale vertueuse des personnes qui ne risquent rien. Pour ma part, les billets de Dadouche et de Gascogne, m'apparaissent transparents, dignes et élégants en cela qu'ils n'abusent pas de l'anonymat et révèlent des conditions de travail qui laissent songeur, inquiet.

À la rigueur le reproche que l'on pourrait faire collectivement aux magistrats c'est de prétendre rendre la justice alors que manifestement ils n'ont pas les moyens de juger sereinement. Il est vrai que vous avez préféré éreinter Eva Joly plutôt que les conditions dans lesquelles les magistrats du pôle financier conduisent leurs enquêtes ; il est vrai que de l'Allemagne vous ne relevez que l'attitude des magistrats face à la responsabilité et pas que le budget de la justice de ce pays est le double du budget français (rapporté au PIB). Perception très différente du problème : le point de vue serait-il différent ?

Yves D

Monsieur l'Avocat Général, permettez qu'un simple justiciable se fasse l'avocat du Magistrat Dadouche.

Vous critiquez son choix de l'anonymat ("Alors, pourquoi Dadouche se cache-t-elle et fait-elle perdre ainsi à sa pertinente dénonciation ce qu'un propos de magistrat, dans une transparence respectable, lui ajouterait de dignité et d'élégance ?"), tout en comprenant les raisons de l'anonymat d'Eolas.
Nous sommes ici "chez vous", et votre critique est respectable.

Cependant, vous allez jusqu'à donner des leçons : "... nécessaire contrepartie la présentation d'un visage, la lumière d'une personnalité et l'offrande de soi ..."

Là encore, c'est votre opinion, mais n'est-elle pas un peu "facile" ?

Vos premiers livres (certes en collaboration avec d'autres auteurs) datent des années 1990.
C'est donc bien avant l'invention des BLOG que vous avez décidé de vous exposer médiatiquement.
Ce choix vous honore. Mais est-ce qu'un autre choix en devient méprisable ?

Ici, c'est Philippe BILGER qui parle. Ce n'est finalement pas n'importe quel Avocat Général, mais bien le co-auteur de "Le besoin de justice" (paru chez Plume en 1990).

Eolas n'avait pas créé un blog pour faire partager sa parole en tant que personne, mais en tant qu'Avocat, spécialiste du droit, pour l'expliquer aux profanes.
C'est dans cette logique que des éclairages complémentaires ont été apportés par des "colocataires", qu'ils soient avocats ou juges.

Ces derniers ont donc tout naturellement repris la même logique: chez Eolas, ils s'expriment avant tout à travers leur métier, l'expérience de leur fonction. Ils ne cherchent pas l'exposition médiatique sur leur identité.
Cependant, ils assument leurs écrits, et restent sincères.
Et ce choix me paraît tout aussi respectable.

Laurent Dingli

Intéressants commentaires de Lazare et Daniel Ciccia

Guile

Et vous Aïssa, pour qui vous prenez-vous ?
La justice c'est exactement cela : plusieurs procès pour lever les doutes. Cela vous déplaît ? Eh bien allez vivre en République bananière, et vous verrez : un seul procès, vite expédié, et une tête vite tranchée...

Vous avez du culot, n'en usez pas contre ce que vous ne connaissez pas : cela touche au ridicule !

Véronique Raffeneau

@ Philippe

Vous répondez à mon dernier post que vous pensez que l'authentique donne un prix supplémentaire à ce qui est écrit.

Si je prends comme référence de discussion le billet de Dadouche, ce qui pour moi authentifie ses mots c'est la totale sincérité intellectuelle que j'ai lue. Un entier s'y exprimait.

Je peux écrire cela car je lis régulièrement les billets de Dadouche.

Il y a dans le billet dont nous parlons une façon d'être soi dans le plus, un engagement supplémentaire, une façon d'arracher un des masques qui, à mon avis, limitaient la portée des mots de ses billets antérieurs.

Je l'ai dit ailleurs.

Si Philippe Bilger signe ses écrits Philippe Bilger, c'est parce que je pense que vous vous êtes enfin choisi, vous. Tel quel, en bloc. La question est de l’ordre d’une nécessité intérieure et intellectuelle impérieuse qui n’est plus négociable pour vous dans votre débat intime.

Alors la prime que je pourrais accorder à celui ou à celle qui, dans ses écrits, engage son identité réelle, c'est l'idée que celui-ci ou celle-là

" a enfin choisi. Elle (Il) s'est choisie " (S. de Beauvoir - " L'invitée" ).

Un peu également -, toute proportion gardée, grotesque achevé et ridicule infini de la comparaison mis de côté, évidemment ! -, dans cette idée de la fin du film "L'Armée des ombres", quand un encadré raconte le destin des protagonistes du film. A propos du Héros Résistant interprété par J. P. Cassel, l'encadré mentionne comme issue à son arrestation et aux tortures infligées:

" Il n'a donné qu'un nom. Le sien "

@ Aïssa

Je vous réponds dès que possible.

LAZARE

Je n’ai pas gardé ma soirée pour cette émission, mais je l’ai enregistrée pour regarder sereinement. Je n’ai pas été déçu.

A mon avis, R.D. a fait une bonne prestation, elle avait travaillé l’audition ;) .
Vous qualifiez ses réponses de minimalistes, mais les questions étaient tristement banales, imprécises dans la formulation et superficielles dans l’argumentation.
Du mauvais ouvrage de journaliste qui n’a pas pris la peine de travailler le fond permettant des relances précises pour privilégier l’aspect people, rumeurs et autres goujateries, fond de commerce des salons parisiens.
La présence et les interventions d’E. Guigou n’ont pas relevé le niveau bien au contraire. Finalement c’était R.D. la meilleure (ou la moins mauvaise si vous préférez) dans cette séquence.

Elle trace son sillon avec constance malgré les nombreuses peaux de bananes internes au ministère où sa simple présence est insupportable à certains qui la voient toujours comme une mouche dans une tasse de lait (les purges ont certainement amélioré un peu la situation), malgré l’orchestration de rumeurs et autres vacheries de la part de ceux qui ce seraient bien vus à sa place et malgré les syndicats lorsqu’elle ose, provocation suprême, faire diligenter une enquête par l’inspection qui, crime de lèse majesté absolu, souhaite entendre au plus vite les personnes concernées, magistrats inclus.
Votre frustration transparaît nettement dans ce billet au point de nommer R.D. « ce ministre-là » ce qui est une forme plus urbaine de « celle-là » qui a, au genre près, échappé à un Mac Cain en plein désarroi.

S’agissant de votre appréciation sur l’évolution du syndicat dans lequel vous semblez vous retrouver, votre satisfaction de voir naître une « mouvance » quasi-révolutionnaire m’attriste un peu.
Si mener des actions de guérilla et organiser un syndicat de combat vous semble une bonne chose, si les idées du Che imbibent la justice et les magistrats, si vous revendiquez votre autonomie totale, si vous voyez pouvoir et autorité sur le même niveau, si vous considérez que le concours de l’ENM vaut, à vie, onction élective, alors oui, il y a du souci à se faire pour notre société qui souffre déjà de sa justice.
La recherche de l’égalité ne serait qu’une étape avant le saut ultime.
C’est amusant, je repense à votre billet relatif à l’invitation d’O. Besancenot par M. Drucker.

De nombreuses personnes commencent à voir dans les syndicats des magistrats, au pire, un bras armé politique, au mieux, une machine à sédimenter le corporatisme. Souvent les deux à la fois.
Je ne pense pas par ailleurs, que ce soit une bonne chose que le ministre se rende au congrès de syndicat fusse celui de l’USM avec le risque de se faire brocarder ou de faire allégeance, le mélange des genres me semble déplacé.

Tapie.

Talentueux flamboyant et inoxydable.
Il a écrasé le plateau de sa présence sans forcer son talent A. Chabot et N. Domenach ont été inexistants inaudibles.
Je rejoins l’analyse de Daniel Ciccia pour ce qui concerne cette affaire ayant suivi également l’audition de B.T. par la commission des finances de l’AN (vidéo toujours disponible sur le site) et lu la sentence arbitrale.
Il est tombé dans un marigot plein de caïmans plus forts que lui et certains abrités dans l’île du même métal.
On peut se demander comment de telles choses sont possibles de la part d’une banque qui, à l’époque était un organisme d’Etat. Pour le moment elle laisse une ardoise d’environ 15 milliards d’euros aux contribuables. Il est vrais qu’en suivant l’actualité de ces derniers jours….

Aïssa Lacheb-Boukachache

@Véronique Raffeneau


Mais de quelle garantie parlez-vous, chère Véronique? Cette affaire Jacques Maire traîne depuis 1987! Plus de 15 ans d'instruction, des incarcérations, des libérations et des re-incarcérations du suspect Maire. Un procès: pas de un: coupable: 15 années de réclusion. Pas de deux: appel: re-coupable: 20 années de réclusion. Pas de trois: cassation: libération. Pas de quatre: re-incarcération: procès: acquittement. 21 ans de procédure! Jacques Maire bousillé et les familles des victimes mystifiées par monsieur et madame Tribunal-justice, ce couple infernal, ces Thénardier de la République! A ce propos, les avocats des dites partie-civiles vont attaquer (en justice, où voulez-vous que ce soit d'autre? Quelle ironie et hypocrisie institutionnelle! Mais il serait bien qu'une instance constitutionnelle voire européenne soit créée pour justement juger de ces choses de la responsabilité personnelle des magistrats) afin que des responsabilités judiciaires personnelles soient dégagées et sanctionnées pour ce énième et terrible fiasco judiciaire. Car les victimes de ces tarés judiciaires -elles le comprennent enfin!- sont aussi celles-là les familles des victimes, autrement dit les parties civiles; il n'y a pas que l'accusé. En sus de l'accusé, on s'est moqué d'elles durant 21 ans et vous appelez cela "des garanties"! Et ils ont bien raison, ces avocats des parties civiles d'y aller aussi et maintenant de concert avec ceux de l'accusé pour exiger de véritables restitutions de compte de la part de tous ces magistrats qui firent cela. Il faut qu'ils virent! chômage! qu'ils déguerpissent! ras-le-bol de ce népotisme judiciaire intouchable, irresponsable, qui a à peine de compte à rendre à lui-même!... Ils veulent être respectés, soit! Qu'ils commencent par se respecter eux-mêmes et avoir ne serait-ce qu'une once de dignité! Vous me parlez de l'hôpital. Sachez que j'ai connu plus d'un médecin qui, ayant "merdé" et causé du tort au malade, a remis sa démission, lors même qu'on ne lui demandait rien ni ne l'inculpait de quoi que ce soit. J'en ai connu qui ne dormaient plus, qui sombraient dans l'alcool d'avoir causé -involontairement pourtant, par fatigue, sotte négligence- du tort irréversible à un malade. Et eux, là, tranquilles comme Baptiste avec leur pompon de juge sur la tête: On s'est trompé, circulez, y'a plus rien à voir!... Et puis quoi encore?! La paie tombe à la fin du mois, tranquille; aucun risque de se faire virer; on fait ce qu'on veut, on est les rois ... Quelles garanties, Véronique, quelles garanties? Allez dire ça à Jacques Maire et aux familles de ces deux femmes assassinées à qui on a fait croire durant 21 ans que le coupable était trouvé et qu'elles allaient faire leur deuil, oublier ... Vous ne connaissez de la justice que ses ressorts visibles, sa partie émergée qu'on donne à voir au peuple pour lui faire croire des choses, se donner pour sérieuse et caetera. J'en connais tous les ressorts secrets, ceux que vous ne verrez jamais, toutes les fanges, les tourbes, les pourritures, les vices, car depuis l'âge de 14 ans jusqu'à celui de 35 j'étais sans cesse au coeur même acteur de toutes ces choses qui semblent vous éblouir que je ne comprends pas. Des comptes, des vrais, qu'ils rendent des comptes au peuple; on ne leur demande rien d'autre en sus de faire leur job, point barre! Comme le médecin d'hier et, plus généralement tous les notables, a été démythifié par les temps et les moeurs évoluant, lui aussi le juge le sera et cessera de gré ou de force de se prendre pour celui ou celle qui fait le beau, la belle, le beau temps et la pluie au pays de la République, un démiurge mâle ou femelle, un demi Dieu, une Déesse. On les sent désemparés, là, ils manifestent aux marches des Palais, on veut les en déloger disent-ils, on veut les obliger à s'expliquer, à expliquer, protestent-ils, ils sortent les tenues des grands jours, les toques, ils veulent encore impressionner, intimider, ils crient Rachida! ... Demain ils crieront qui? quoi encore?... Taïau taïau!... Ridicule!


Transition.


Je me plais à imaginer le sanglot long et la lourde larme de honte amère et toute bue de Renaud Van Ruymbeke, dans son bureau, seul, hier, au moment qu'il signa lentement, marquant une pause puis reprenant, l'ordonnance de non-lieu qui fait maintenant que toute cette affaire des frégates de Taïwan, ses corruptions, ces nombreux suicidés, ces travers, ces valses et ces tangos, ces rock'n roll judiciaires et caetera, n'ont jamais existé. Un autre aurait fait ça en se marrant, songeant avec avidité à sa médaille et sa promotion; c'est possible; tout est possible avec ces gens-là ... Lui, je le vois plutôt chialer en secret et renifler un bon coup et faire bonne contenance publique car ... show must go on!... malgré tout.


Aïssa.

Thierry SAGARDOYTHO

Bonjour Philippe,
1°) Votre espace de liberté n'a pas à être comparé à celui de Me EOLAS: il a ses spécificités et c'est pour cela que nous lui demeurons fidèles.
2°) Le show médiatique de cette semaine a parfaitement démontré -une nouvelle fois, hélas!- que Rachida DATI ne maîtrise que très approximativement les sujets graves dont elle a la charge; elle effleure les sujets mais s'en tient, comme vous le dites justement, à ne nous faire pénétrer que dans le vestibule; Je la sens d'ailleurs plus à l'aise pour disserter sur les boîtes de chocolat ou de chaussures qui semblent garnir son bureau selon les clichés régulièrement dévoilés.
Peu de journalistes maîtrisent parfaitement la chose judiciaire et l'interview dans ce cadre n'apporte pas grand-chose puisque le journaliste et l'invité sont à peu près aussi à l'aise dans ces questions très pointues.
C'est précisément parce que l'espace télévisuel est pauvre sur ces questions que Philippe BILGER et Me EOLAS sont d'indispensables espaces d'échanges. Continuez ainsi.

Véronique Raffeneau

@ Aïssa

"Tiens, à propos, on vient d'acquitter Maire à la troisième cour d'assises et deux condamnations à 15 ans d'abord puis 20 en appel, c'est pas rien... Faudrait savoir, monsieur et madame Tribunal-Justice ! Il est coupable ou innocent, ce type ?!..."

Dans un procès d’assises monsieur et madame Tribunal-Justice est majoritairement composée d'un jury populaire. Le troisième Jury a la liberté de contredire le premier et le second jury. Un procès en appel est un recours, donc, en premier, la traduction d’une garantie supplémentaire pour l’accusé.

"et vous osez la ramener concernant Rachida Dati ! Mais vous vous prenez pour qui ?!... C'est un comble, ça ! "

Je fais partie de ceux qui ont été profondément heureux de la nomination de Rachida Dati.

Ce qui est en cause ici est la façon précipitée, intempestive et absurde dont Rachida Dati a géré une situation de crise. Ce qui n'est pas acceptable c'est, de la part d'un GDS, de culpabiliser et d'humilier des magistrats.

Aïssa, vous qui connaissez bien le système hospitalier, vous savez parfaitement ce que ce type de gestion a d’injuste et de catastrophique.

Véronique Raffeneau

@ Philippe

Vous me dites que Dadouche pouvait écrire son billet avec son identité réelle. La pertinence de son propos constituant une sorte d‘évidence pour le monde judiciaire.

Un billet écrit avec une identité réelle apporte-t-il une valeur ajoutée et une authenticité supplémentaire à ce qui est exprimé ?

Je pense qu’une identité virtuelle n’est jamais insignifiante ou indifférente. Dadouche est pour la Dadouche réelle une construction d’elle-même sans doute plus près et plus juste, pour elle, que son identité sociale ou professionnelle seule. Le recours au pseudo marque pour certains auteurs un territoire personnel et intime pour l’expression d’une plus grande vérité et liberté de soi.

J’aime beaucoup une scène de "Tout sur ma mère" (film de P. Almodovar) où Algrado, un travesti, dit que nous ne sommes jamais autant nous-mêmes que lorsque nous approchons au plus près de l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes ou que nous avons imaginé et rêvé pour nous-mêmes.

Et puis quoi ! Imagineriez-vous Cactus ici sans ses déguisements qui s’ajustent si bien à son irrésistible pseudo - hello Cactus ! - ou sbriglia sans sbriglia - hello sbriglia ! -, le charme fin et la séduction qui vont avec son pseudo ?

Savez-vous Philippe, que lorsqu’il m’arrive de correspondre avec des virtuels de votre théâtre d’ombres, je vous nomme Jim.

Oui. Parfaitement.

Pourquoi ? Je ne le dirai pas.

Mais sachez que Philippe Bilger a aussi pour moi l'identité de Jim. Croyez-moi, dans mon esprit, le pseudo que je vous donne exprime à la fois quelque chose que je pense être un peu de votre vérité, et quelque chose qui a un peu à voir avec l’idée que je me fais de moi.

ps : je continue sous ce billet à parler avec mon nom. C'est vrai à la fin, ça change quoi ?

daniel ciccia

@pavesi,

"Idem pour Sarkozy qui savait ce qu'il faisait pendant sa campagne en négociant l'appui de Tapie contre un coup de pouce dans ses démêlés judiciaires (quel euphémisme quand on sait le coût de ce coup de pouce)."
Votre propos est spéculatif.
Je ne pense pas que Nicolas Sarkozy ait besoin de graisser des pattes pour s'attirer des jugements bienveillants de la part d'anciennes figures de la Mitterrandie, qu'il s'agisse d'Attali, d'Allègre, de Rocard, de Charasse, etc.
Je crédite ces personnes d'être de bonne foi.

Par ailleurs, j'ai suivi l'audition de Tapie devant la commission de l'AN, il y a quelques semaines, et considère depuis ce jour-là que l'arbitrage était la voie qui s'imposait pour en finir avec cette affaire.
Il est toujours possible de parier sur une victoire possible du Crédit Lyonnais, mais, mon sentiment, c'est que c'est loin d'être juridiquement assuré et moralement nécessaire.
Il n'y a qu'au casino, au jeu, que la banque doit gagner à tous les coups.

Enfin, la décision arbitrale n'a pas été prise à la légère par des guignols, et je m'en remets volontiers au discernement de MM. Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, Jean-Denis Bredin, avocat, et Pierre Estoup, magistrat.
Si le Crédit Lyonnais a manqué à ses obligations et spolié Tapie, sauf si nous étions dans un tout autre type de justice que celle à laquelle il convient de demeurer attaché, il est normal et légitime, ayant purgé par ailleurs les peines auxquelles il a été condamné, que justice soit rendue.
Le fait qu'il ait de la verve ou pas; qu'il soit sympathique aux uns, antipathique aux autres, et vice-versa, n'a rien à voir dans l'affaire.

Aïssa Lacheb-Boukachache

Quel pays de barges les Etats-uniens ! Il suffit que vous regardiez plus d'une minute le cul d'une femme et hop ! vous voilà soupçonné, enquêté, démissionné, empechmenté voire prisonné... Dominique Strauss-Kahn, dans le baba, mon vieux, tu croyais tout de même pas que t'allais faire long feu au bled givré des complexés puritains, bouffer du caviar gratos tous les jours au FMI... Toute façon, t'étais déjà trop gras pour un socialiste, pas bon pour la santé, le souffle, les coronaires tu connais ? ... Et Anne, hein, t'y a pensé à Anne ton épouse journaliste, non mais !... Même le William Jefferson-Clinton, ce sacré vieux Bill, a morflé... On n'humidifie pas ses cigares, si délicats soient-ils, en ces endroits-là, monsieur le président, ce n'est pas fait pour ça, consentante ou pas la propriétaire du dit doux lieu... En France aussi on y est de ces débilités profondes, soyons-en sûrs et tremblons, honnêtes messieurs. L'adversaire, l'ennemi, on s'en débarrasse maintenant par la femme via le juge, à tous les coups ça marche, la justice est là pour régler les modalités, tous les Eolas et tout leur baratin n'y feront rien... Tiens, à propos, on vient d'acquitter Maire à la troisième cour d'assises et deux condamnations à 15 ans d'abord puis 20 en appel, c'est pas rien ... Faudrait savoir, monsieur et madame Tribunal-Justice! il est coupable ou innocent, ce type?!... Vos pas de deux, vos incompétences, vos débilités même, ras la casquette! Les temps sont à la révolution; même l'Ecureuil nous entube de nos millions, nos économies, notre épargne sacrée, notre sueur ... Alors cessez, on n'a pas que ça à faire à ruminer votre suffisance!... Trois cours d'assises pour que le doute présent dès l'origine lui profite, comme le dit explicitement la loi, trois cours d'assises et des années de procédure et de prison et vous vous dites intelligents! et vous osez la ramener concernant Rachida Dati! Mais vous vous prenez pour qui?!... C'est un comble, ça!

Sans transition.

Un peu triste, tout de même ... Guillaume Depardieu ... Il y avait quelque chose de bien en lui, sais pas mais cela se devinait ... Troublant aussi ... Comme lui il est malade et rapatrié de l'étranger, comme lui il fut amputé d'une jambe gangrenée, comme lui il s'est brûlé à tous les alcools et drogues, comme lui il écrivait des poèmes, comme lui il meurt à l'hôpital, comme lui il meurt à 37 ans ... Arthur Rimbaud.


Aïssa.

PAVESI

Comme vous, j'ai été bluffée par la prestation de Tapie pour lequel je n'ai pourtant pas beaucoup de sympathie.
J'attendais avec impatience que Nicolas Domenach lui apporte une contradiction forte et précise et j'ai attendu en vain.
En revanche, j'ai été complètement retournée par la force de conviction, le charisme, l'énergie gouailleuse et intelligente de Bernard Tapie. Et là je me suis dit "il est très fort, il m'a presque convaincue, il m'a fait changer d'avis.
Comme vous j'ai compris qu'un Mitterrand ait pu être séduit par le personnage.
Idem pour Sarkozy qui savait ce qu'il faisait pendant sa campagne en négociant l'appui de Tapie contre un coup de pouce dans ses démêlés judiciaires (quel euphémisme quand on sait le coût de ce coup de pouce).
Mais comme Tapie lui a bien renvoyé l'ascenseur ce soir là avec l'air de ne pas y toucher. "Il est pas mauvais" "Il a magnifiquement géré la crise financière"...
tout en donnant l'impression qu'il ne renonçait en rien à ses convictions, grand ami de Claude Bartolone etc, etc...
Non il est vraiment très fort !

Catherine JACOB

"Dire que j'avais gardé ma soirée pour cette émission."

Vous êtes pas tout seul !
Je me dispense en règle générale de suivre les interventions du ministre de la Justice dans les médias, mais s’agissant de l’excellente émission d’Arlette Chabot et le plateau complet étant prometteur, j’ai regardé « A vous de juger » avant-hier au soir sur France2.

Je réserve encore pour le moment cependant, mon commentaire. Motif : J'ai faim !
Je limiterai donc provisoirement à vous dire que, pour ma part, je ne pense pas avoir gaspillé ma soirée.

bruno

Je n'étais pas puni, j'ai regardé "Flics" sur TF1, Chabot+Tapie, cette seule évocation me donne des boutons...

Cactus de son vrai nom aussi

Tout comme Dame Véronique ( que je re-salue ) et Sir sbriglia , tout comme eux !
Votre blog est notre petit nid douillet et vice versa !
Vous êtes notre vent d'Eole et notre Vendée Globe tout à la fois !!
ump voire ps : vous étiez trop bien hier soir à Cactus sur Paris première , ceci ne s'invente pas ! ( et Vikash Dhorasoo à vos côtés , pas si sot que ça , sissi ) ; et Géraldine , quel peps , quelle Belle , quelle succulente ( et pas que côté décolleté mais aussi les fois où elle sortait son colt tendance Magnum pour mieux gérer son émission _ il y a redif ce jour à 13H45 !_
Bien à vous !!

Laurent Dingli

Eolas… Hum… Le petit fantômas du web est peut-être un brillant juriste, je ne suis pas en mesure d’en juger, mais je rejoins Pascale Robert-Diard quand elle évoque ce « ton de donneur de leçons qui ne souffre guère la critique », c'est pourquoi je ne lis plus depuis longtemps sa très suffisante prose. Mais il y a pire: un homme qui au début du XXIème siècle dit que l’histoire de l’humanité c’est la lutte contre la biodiversité - et qui s’en réjouit visiblement - un homme qui minimise les dégâts faits à notre environnement dans la mesure où ils n’ont pas entamé sa petite santé d’avocat parisien ou celle de ses enfants, un homme qui pense dur comme fer que Monsanto, producteur de l’agent orange, se soucie de la vie de ses clients (et celle des autres ?), cet homme-là, dis-je, n’est pas un grand malin.
En ce qui concerne Rachida Dati, ce n'est pas la personnalité que je préfère dans le gouvernement. Pour le reste, j'avoue mon ignorance et préfère me montrer prudent dans un domaine que je ne connais pas.

Véronique Raffeneau

"Alors, pourquoi Dadouche se cache-t-elle et fait-elle perdre ainsi à sa pertinente dénonciation ce qu'un propos de magistrat, dans une transparence respectable, lui ajouterait de dignité et d'élégance ? "

Je ne pense pas que le masque Dadouche ait fait perdre au propos de ce magistrat dignité et élégance.

Pour le lecteur que je suis, ce qui a terriblement compté dans l'appréciation de son billet, c'est le sentiment que ce qui y était exprimé était une forme de désarroi professionnel profond. La colère maîtrisée d'un professionnel qui souffre. Parce que la gestion par le ministre du jeune détenu suicidé a atteint une sorte de frontière protégée intérieure, qui est celle du sens qu'un professionnel a irréductiblement besoin de donner à son travail. Dont nous tous, quel que soit notre métier, avons absolument besoin.

Là, Dadouche ou une identité réelle n'importe pas ou n‘importe plus.

A la lecture et à la relecture, ce qui a emporté l'adhésion à son billet, c'est le sentiment que quelque chose de totalement sincère et d'intrinsèquement grave - au sens nécessaire et très sérieux - y était dit. Ce pourrait être une réflexion dans le journal intime d'une femme magistrat qui vient d'être amputée de balises essentielles.

@ Augustissime

" J'y ai trouvé enfin la manifestation heureuse du nécessaire déclin des politiques dans l'esprit judiciaire. "

A l'image de cette phrase de PB, je pense que question mots empoisonnés, vous pouvez bénéficier ici d’un terrain d’entraînement dont, perso, je raffole.

Cette phrase, c'est du Philippe Bilger pur cristal...

@ Philippe

Quand vous écrivez Bilger, votre identité est aussi devenue un genre de virtuel.

Je ne pense pas qu'utiliser votre nom réel apporte un supplément de vérité à vos billets.

Parce que d'une part, le nom de Philippe Bilger existait avant votre blog dans le monde judiciaire et ailleurs. Vous êtes ici en totale fidélité à celui-là. D'autre part, tel que je vous perçois, avec vos masques à vous, un pseudo, ce n’est très simplement pas concevable une seconde. Un masque… en trop.

Et puis, vous voyez, je signe ce post de mon nom en entier.

Entre nous, franchement, même si je ne suis pas magistrat, ça change quoi ?

Guzet

Les dernières phrases appellent une remarque : les magistrats sont au service de la loi, et ce sont les politiques qui décident du contenu de la loi, même si les deux agissent au nom du peuple français...

Florence

Pourquoi tant de haine contre Rachida ?

Elle est loin d'être parfaite et elle a un tas de défauts. Nous en sommes tous d'accord. Mais elle a une qualité, peut-être la seule : elle oblige la Justice à se remettre en cause et pour cela elle prend l'opinion publique à témoin. Cela a un côté affreusement populiste, détestable, mais au fond, cette remise en cause de la justice, elle est largement nécessaire. Nous, les Français moyens, pourquoi aimons-nous Rachida ? Essentiellement parce que nous savons bien qu'avec toutes ses imperfections, elle vous obligera à bouger enfin. Vous n'aurez pas le choix !
Je ne parle pas pour vous Philippe Bilger, vous qui êtes un honnête homme, un vrai, comme je les aime.
Mais, de l'intérieur, la Justice n'aura jamais le courage de se réformer elle-même. Rachida, malgré sa vulgarité et en fait, grâce à sa vulgarité essaie et réussira à faire bouger cette vieille femme impotente qu'est la Justice de notre pays. Elle n'a pas la manière car elle n'a pas les bonnes manières mais comment faire autrement ? Un homme du sérail n'aurait jamais eu la grossièreté de donner des coups de pied là où cela fait longtemps que cela nous démange de le faire !

sbriglia

"...mon blog, infiniment modeste par rapport au sien,"

Allons, cher PB, votre verre est petit (quoique !...) mais nous y buvons, outre votre Petrus, le Pommard d'Aïssa, le Sauternes de JDR, le punch de Cactus, le thé aux étamines de fleur de lotus de CJ, le porto de Véronique et autres breuvages plus ou moins frappés...

...aujourd'hui le Pommard est plutôt du vinaigre... balsamique !
Il dégage bien fort les bronches ! Chapeau l'artiste !

C'est là toute la différence avec Eolas : un salon versus un amphi...

Vos fauteuils sont plus confortables...

Surcouf

Aïssa, je suis en plein accord avec votre propos.
Je voudrais cependant rebondir sur un terme que vous avez employé en parlant de l'institution judiciaire.

C'est le mot haine et cela est bien vrai. De nos jours bien trop de réaction haineuse dans notre société.
Je conçois bien volontiers la colère, même forte, voire violente s'il le faut, mais non la haine.
Je lisais dernièrement que la haine est une paresse de l'esprit.
La haine est une réaction de déni de l'intelligence, n'apportant aucune réponse et ne posant que des questions.

Aussi je suis très étonné de voir des hommes de justice ou de la justice se laisser aller à des penchants si opposés à ce que doit être, selon ma perception propre, la pensée même du droit.

Mais je ne voudrais pas non plus, par mon propos, stigmatiser toute une institution. Je pense quand même que nombre de magistrats ou d'avocats et notamment les syndicalistes sont une des causes importantes de ce malaise. Syndicalisme qui lorgne vers l'exécutif et qui donne à penser qu'il aimerait aussi avoir ce pouvoir là. Syndicalisme qui préfère voir la paille dans l'oeil du voisin que la poutre qui est dans le sien.

Un mot sur Bernard Tapie. Voilà un homme qui a cru que l'exercice au quotidien du pouvoir, politique ou industriel, s'apparentait au tournage d'un film ou à un show des Carpentier ou encore à une soirée au casino de Monte Carlo. Grande gueule et gouailleur au possible mais pour moi un triste sire.
Je le voyais cet après-midi à la télévision jouer un commissaire de police. Il était d'un ridicule achevé. Mais bon, pour une liasse de billets certains sont prêts à beaucoup même à paraître ridicule à moins et ce serait dramatique qu'ils se prennent au sérieux.

Aïssa Lacheb-Boukachache

Le questionnement intéressant dans ce billet et qu'il faut aller chercher loin sous votre propos, est celui-ci: En quoi médiatiquement (au sens le plus noble, c'est à dire celui du dialogue franc et précis tant avec les justiciables qu'avec les acteurs professionnels de la chose judiciaire) les prédécesseurs de Rachida Dati à la Chancellerie ont-ils(elles) été meilleur(es) qu'elle? Ce questionnement même et la teneur, entre autres et par ailleurs, de ce billet est en lui et déjà un hommage à l'actuelle garde des Sceaux car enfin, comment conclut-il: par une constatation inédite et heureuse comme qui dirait une divine surprise de la nouvelle et non moins inédite égalité entre un corps institutionnel et son chef ministériel. "A égalité, je vous l'assure", concluez-vous, cher PB. Que ne remerciez-vous pas plutôt aussi Rachida Dati de vous permettre enfin et maintenant celle-ci, l'égalité s'entend? Si donc vous (l'institution) la haïssez et protestez, ne serait-ce pas plutôt parce qu'elle vous enjoint, que dis-je, vous exige d'être meilleurs et de rendre des comptes, non à elle particulièrement car elle passera vite, comme tous les autres, mais aux usagers, voyons, aux consommateurs de justice que nous sommes et qui protestons aussi fort que vous d'être et bien traités et mieux servis? Elle détonne, vous agace car elle vous demande de mieux et bien travailler, de justifier vos rentes fonctionnarisées de situation inamovible et indépendante ... Soyez moins vieux jeu, conservateurs archaïques voire quasi séniles réactionnaires; c'est votre bien qu'elle veut. Vous encensez la prestation télé de Nanard (c'est vrai qu'il est bon à ce jeu) et avez rêvé un moment qu'il fut votre ministre pour de la sorte brasser au public du vent rhétorique ... Allons, réfléchissez: Tapie c'est la culture dure capitaliste du résultat, de l'efficience, du pragmatisme, de la rapidité des décisions, du flair, du jugement, de l'intuition, des économies, des plues-values, enfin vous voyez ce que je veux dire et voyez alors également combien ils seront malheureux à l'infini de n'être jamais à la hauteur, bousculés si violemment dans leurs vieilles habitudes de chambre, leur ronron de cabinet des antiques, ceux-là alors les votres de votre administration de costume trois-pièces et puis de robe ... Méditez: de deux maux, il faut choisir le moindre (Socrate expliquant pourquoi il avait choisi plutôt une femme faible et malingre en lieu d'une forte et décidée). Vous le savez. Certes, si Rachida n'est ni faible ni malingre, croyez moi, tenez-vous en là voire appréciez-la de vous obliger de vous interroger sur vos manières et votre relation à l'autre et n'osez ce genre de comparaison Dati-Tapie et souhait qui vous mèneront vous ne savez à quels extrémités et douloureux regrets ...

Sans transition.

Jean-Baptiste Rambla donne hélas la preuve à tous, aujourd'hui, que victime un jour on en devient pas moins un même coupable le lendemain. Et que le tout et absolu victimaire n'a aucun sens. Je ne sais si j'ai bien écrit la phrase ... On m'aura compris.


Aïssa.

magistratadministratif

"Détournement de procédure", l'interdiction du recours à l'arbitrage pour les personnes publiques est un principe général du droit, sauf dérogation législative ou ordonnance par loi d'habilitation, cela étant, vous êtes un peu rapide, laissez le tribunal administratif de Paris en juger...
D'accord avec vous sur la prestation de Tapie, remarquable, il a laissé les deux journalistes à leur insuffisante connaissance du droit ; et certains arguments de droit (je ne me prononce pas sur les faits et leur qualification) m'ont paru difficilement contestables (montant de la condamnation indemnitaire indexée aux intérêts au taux légal, délai raisonnable de jugement au regard de la CEDH); on ne peut en effet aborder ce type d'affaire sous l'angle du café du commerce ou de la politisation outrancière.

Cactus Rantanplan

J'ai oublié :
Le jour n'est pas encore venu ou l'on verra Tapie scié :
en effet, il est capable de nous repeindre notre monde à sa façon, de toutes les couleurs donc, tant sa palette est grande voire de nous jouer parfois tous les frères Daltoniens à lui tout seul !
Sissi aussi !

Cactus de sa planète père

Mieux vaut , vieux mots je sais , un Tapis volant ( superbe image là ! ) qu'un Bernanard violent , non ?
Sissi !
sinon Chabot était-elle le bon choix ( non non ce n'est pas une contrepèterie )_ elle m'a fait penser à la maman des poissons loin de toute vase de Bobby Lapointe que l'on peut écouter en deux sur mon glog ( deezer ) après un bon grog, hi ou pas ?
bien à vous !

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    Tous les jours du lundi au vendredi de 17h à 19h, émission de débat et de divertissement animée par Christophe Bordet.

INSTITUT DE LA PAROLE

  • Formation à l'Institut de la parole
    Renseignements et inscriptions : philippe.[email protected]
  • L'Institut de la Parole propose des formations dans tous les domaines de l'expression et pour tous, au profane comme au professionnel de la parole publique. L'apprentissage et le perfectionnement s'attachent à l'appréhension psychologique de la personnalité et aux aptitudes techniques à développer. L’Institut de la Parole dispense des formations sur mesure et aussi, dans l’urgence, des formations liées à des interventions ponctuelles, notamment médiatiques. Magistrat honoraire, Philippe Bilger propose également des consultations judiciaires : conseils en stratégie et psychologie judiciaires.

MENTIONS LEGALES

  • Directeur de la publication : Philippe Bilger
    SixApart SA 104, avenue du Président Kennedy 75116 PARIS