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13 juillet 2009

Commentaires

Catherine JACOB

"Plus étonnant de sa part, il reprend mot pour mot les propos de Me Szpiner sur "l'appât", mineure lors des faits, qualifiée de "la jeune fille et la mort". Le lien est tout sauf établi mais peu importe."

Je viens de découvrir un site qui donne accès à de libres enregistrements des Lied de Schubert, et d'une très bonne qualité d'écoute.
Il donne également accès aux paroles ainsi qu'aux partitions, ce qui pour ceux qui les lisent peut avoir une utilité.
Celui des Lied intitulé 'Der Tod und das Mädchen" (="La jeune fille et la mort") y est accessible.
Bien évidemment l'atmosphère du Lied n'a rien à voir avec ce que la comparaison souhaite suggérer. Mais pour ceux que ça intéresse, c'est une musique magnifique d'un compositeur magnifique, hélas lui aussi victime, comme d'autres personnages célèbres, de la syphilis qui a eu au moins cette influence dans le domaine culturel que certaines des destinées dont elle fut la tragédie ont atteint, sur la fin, les sommets de l'art !
Je parierais bien que si l'un ou l'autre des accusés l'avait jamais entendue, cela aurait pu lui être d'un grand secours parce que ça c'est effectivement une musique qui parle aux âmes sans autre truchement!

http://www.das-lied.org/index.php?option=com_content&view=article&id=59%3Ader-tod-und-das-maedchen-op-7-no-3-d-531&catid=55%3Alieder&Itemid=89&lang=fr

david

Bonjour
Juste quelques réflexions un peu candides sans doute.
Je ne crois pas que penser que les juifs soient riches relèvent de l'antisémitisme, (sauf à considérer que ce ne serait pas bien d'être riche ?)
Donc, je ne pense pas que la victime ait été tuée par antisémitisme au sens d'une détestation des juifs qui aurait motivé son assassinat.
En revanche, la communauté juive réagit, et elle a bien raison, désolé, parce que le verdict et le réquisitoire négligent peut-être une évidence :
Art 121- 6 du Code pénal : sera puni comme auteur le complice de l'infraction au sens de l'art 121-7.
Art 121-7 du même code : est complice d'un crime ou d'un délit la personne qui, sciemment, par aide ou assistance, en a facilité la préparation ou la consommation."
Je ne vois vraiment pas pourquoi aller chercher plus loin ?
Que les jurés décident de peines graduées, certaines plus légères, trop aux yeux des parties civiles, pourquoi pas ?
Mais que vous, avocat général, ne réclamiez pas un max pour toute la bande, c'est là qu'il y a un problème puisque vous représentez la société, et donc les victimes ?
Bonne soirée quand même
David

Laurent Dingli

Qui peut d'ailleurs penser que vous n'aviez pas vous-même flairé un piège aussi grossier, que vous ne l'aviez pas anticipé, probablement dès que le dossier vous a été confié. Je vous connais assez cependant pour savoir que ces considérations n'ont pas influencé votre approche, ou plutôt que vous vous êtes contraint à encore plus d'objectivité que de coutume, si c'est possible.
Rien ne serait plus ignoble que de se servir d'un drame aussi terrible pour régler ses petits compte personnels, c'est pourtant la limite que vient de franchir Me Szpiner.

Laurent Dingli

Mon cher Philippe,
Je viens, moi aussi, de prendre connaissance des propos inqualifiables tenus à votre sujet par Maître Szpiner. Difficile de tremper à ce point sa robe dans l'égout ; difficile de témoigner plus de bassesse dans le règlement de compte et l'invective. J'avais évidemment pensé à cet argument, digne des latrines, mais je n'aurais pas cru qu'un avocat eût osé s'en servir. Me Szpiner a osé et il a souillé sa robe comme vous honorez la vôtre par le sens de la mesure dont vous faites preuve depuis le début de cette tragique affaire.

mike

Maître Szpiner, vous avez dit Maître ?
Maître de quoi ?

Ludovic

Bonsoir M. Bilger,

Je viens de prendre connaissance des propos diffamatoires de Francis Szpiner à votre endroit.
Les mots me manquent pour qualifier ce personnage indigne de porter la robe d'avocat.
Que cherche-t-il donc si ce n'est à attiser l'antisémitisme ?
J'espère sincèrement qu'il sera sanctionné pour ses propos inqualifiables et monstrueux. J'ose espérer que cet individu sera radié du barreau où il n'a plus rien à faire. Malheureusement, je n'y crois guère.
Soyez assuré de mon soutien, même si je sais que vous n'en doutez pas. On ne peut tout de même pas accepter pareille ignominie.

Marilou

Dès que Maître Szpiner a commencé à se répandre dans les médias lors du procès Fofana j'ai eu l'impression qu'il profitait de l'occasion pour régler ses comptes avec vous. Avant même que tombe le verdict il a été grandiose et j'étais peinée pour la famille d'Ilan Halimi car les outrances de son avocat ne pouvaient qu'attiser sa douleur.
Pendant toute cette période j'étais bluffée de lire vos billets et irritée lorsque certains de vos lecteurs vous en reprochaient parfois la légèreté. Pour ma part il me semblait que cette respiration vous éloignait quelques instants des horreurs que vous entendiez et viviez au tribunal.
Mais à la lecture de l'article du Nouvel Observateur j'ai eu la nausée. Comment un avocat peut-il se servir d'un tel malheur pour faire sa propre publicité sur le dos de la victime (et de sa famille). C'est ignoble. Comme sont ignobles les paroles que ce misérable a proférées à votre sujet. Laisser entendre que les fautes du père sont transmissibles au fils… les généticiens ont dû tomber de leur chaise ! Pauvre Szpiner sa bêtise n'entachera jamais votre probité mon cher PB ! Le procureur général de Paris demande une enquête à son encontre ? C'est le moins !
Nous sommes nombreux ici, au bout du bout de la Bretagne, à vous apporter notre soutien.

Geneviève

J'ai lu, ici, ce que j'avais désir et besoin que soit dit à M. Bilger. Merci donc à beaucoup de mes concitoyens, et d'abord à M. Bilger. Aucun élément pour évaluer le verdict puisque le procès était à huis clos. Mais une profonde indignation contre la pression d'une communauté, la docilité de l'exécutif, l'ingérence - même légale - envers la Justice.
Peut-on espérer un jour, en France, autre chose qu'une politique politicienne ?

Catherine JACOB

@Claude CAMBE
Vous faites allusion, je pense, à cet article de la rubrique 'Opinion', du Monde:

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/07/18/proces-fofana-les-institutions-juives-se-sont-piegees-elles-memes-par-marc-weitzmann_1220366_3232.html

Point de vue - Procès Fofana : les institutions juives se sont piégées elles-mêmes, par Marc Weitzmann - LE MONDE | 18.07.09 |

"Rappelons l'analyse du terreau mental ayant permis un tel acte, telle que la faisait Jacqueline Costa-Lascoux, sociologue et chercheure associée à Sciences Po, dans les colonnes du Monde du lundi 13 juillet : Côté Fofana, "la brutalité d'un antisémitisme qui est celle que l'on rencontre chez ceux qui se disent rejetés et cherchent à se venger" ; côté complices : "De petites lâchetés en cascades certainement mais aussi une sorte de délire contre tous ceux qui sont dans la norme. Il y a une hargne collective qui se répand contre ceux qui sont supposés être des nantis. Peut-être aussi l'attente d'un gain hypothétique et certainement la peur des représailles si on ne suit pas le chef. Tous les ingrédients du fascisme sont, dès lors, réunis pour créer une déresponsabilisation collective."

"Institutions juives et parties civiles ont estimé que le procureur Philippe Bilger n'avait pas saisi dans toute son ampleur cette dimension des choses.
Ajoutons une question : celle de savoir quand la nécessaire distance d'un magistrat se mue en froideur, voire en incompréhension hostile. On se la pose à lire le blog que le même Bilger a consacré, le 13 juillet, à ce procès. Il y cite la mère d'Ilan, Ruth Halimi, déclarant au journal 20 Minutes que le procès public aurait montré qu'en France, en 2009, la Shoah recommence. Phrase incontestablement dénuée de raison. Mais prononcée par une personne dont on peut concevoir que la douleur, momentanément, l'en prive. Pourquoi, dès lors, ce commentaire sarcastique, "restons calmes", de la part du procureur ? Rien ne l'obligeait à l'écrire.
Mais un tel contexte aurait dû imposer aux institutions juives une hauteur de vue dont, au spectacle qu'elles ont offert, on se prend à douter qu'elle ait jamais existée.
[...]
Dans le procès Fofana, les institutions juives, entièrement soutenues par cette idéologie victimaire qui est l'une des grandes faiblesses de Nicolas Sarkozy, apparaissent hélas aux yeux de l'opinion ou d'une partie d'entre elle, comme suffisamment puissantes pour obtenir de l'échelon politique qu'il revienne sur un verdict qui leur déplaît.
[...]
Le résultat ? Une impression détestable qui semble aller dans le sens de la pire des propagandes - celle, justement, de l'assassin. Dans le piège pervers duquel les associations juives ont sauté comme avec enthousiasme. "

PB est donc directement interpellé à ces deux endroits:
1-"Institutions juives et parties civiles ont estimé que le procureur Philippe Bilger n'avait pas saisi dans toute son ampleur cette dimension des choses."

Autrement dit: Que désormais les avocats généraux ne requièrent plus sans passer au préalable par le bureau de Jacqueline Costa-Lascoux, sociologue et chercheure associée à Sciences Po, spécialisée dans l'analyse du terreau mental des affaires, analyse en vue de laquelle un nouveau poste a d'ailleurs été tout exprès créé à la Chancellerie par lettre de cachet sur le conseil avisé de notre dizième Muse...

2-"Pourquoi, dès lors, ce commentaire sarcastique, "restons calmes", de la part du procureur ? Rien ne l'obligeait à l'écrire."

Or donc, voilà ce qui motivait votre judicieuse remarque. Effectivement, vous avez raison, il s'agit en premier lieu pour PB, il me semble, d'enjoindre le calme à son bouillonnement intérieur dont il faisait par ailleurs état, si ma mémoire est bonne, en disant que dans le temps du huis-clos, Me Szpiner avait tout loisir de s'exprimer dans les médias, tandis qu'il n'était permis à l'avocat général que de ronger son frein.
Personnellement, j'ai également pris cette injonction à soi même comme une invitation au calme pour tout un chacun, mais s'agissant d'en faire un 'commentaire sarcastique' de la douleur des parties civiles, serait-ce donc là la preuve "que le mentir vrai de la fiction reste le plus sûr moyen d'exister après le bruit des médias." pour ceux qui ont la prétention d'écrire au lieu de se contenter de relater, comme la critique en a déjà été adressée à cet écrivain.
Or donc, brodons. L'interprétation est-elle plausible? aucun intérêt, dès lors qu'elle paraît dans la presse à titre d'opinion, elle le devient!

Les associations juives à cet endroit en particulier:

"Dans le piège pervers (de l'assassin) les associations juives ont sauté comme avec enthousiasme", qui "se sont piégées elles-mêmes."
Fofana en Machiavel, hum! En appât lui-même, hum!

Ceci dit, Mme Jacqueline Costa-Lascoux étant investie dans les questions de l'enseignement, en tant que présidente de la Fédération nationale des écoles des parents et des éducateurs - FNEPE, et ex. présidente de la Ligue de l'enseignement, nous pouvons, quant à nous, l'interpeller sur la question du combat de l'école pour armer le jeune esprit à la dérive contre toutes les séductions du discours et en particulier celui basic black d'un Fofana. On leur apprend en effet à résister à la tentation de la première cigarette, à être attentif à ne pas laisser traîner leur verre n'importe où dans les rave party, on les convainc de l'utilité du préservatif, mais pour ce qui est de savoir répliquer au discours brut de la violence primaire :"ça ne passera pas par moi", il me semble qu'il "y a comme un défaut".
Pourtant, il y aurait, ce me semble, une solution avec l'introduction de certains arts martiaux dans les options sportives du baccalauréat ce qui aurait l'avantage de permettre de repérer assez tôt les personnalités problématiques, et de les prendre correctement en charge de façon à prévenir le pire.
Par ex. en permettant l'acquisition d'une conscience du NO TREPASSING, et en l'affinant, ce qui s'entend dans les deux sens.

Claude CAMBE

Un point de vue de Marc Weitzmann publié dans Le Monde cite Philippe Bilger et suggère injustement que cet article dénote une certaine froideur ("incompréhension hostile" ajoute-t-il) et le trouve même "sarcastique" (vis-à-vis de la mère d'Ilan Halimi, croit-on lire entre les lignes). Il suffit de relire l'article de PB pour écarter cette interprétation. J'ajoute qu'on peut légitimement douter de la sincérité de Marc Weitzmann quand il en vient à transformer le "Restons calme" au singulier dans le texte original (injonction donc que l'auteur s'adresse à lui-même) en un "Restons calmes" au pluriel, qui sous-entend que PB s'adresse à la mère d'Ilan Halimi.

Rémige

Pourquoi condamner quelqu'un à 9 ans comme l'appât quand on sait que de toute façon elle n'en fera pas la moitié ? Elle sera libre quelques mois après sa condamnation grâce aux réductions de peines automatiques, ce qui choque légitimement MAM. Par contre, la garde des Sceaux trouve on ne peut plus normal que Florence Rey soit libérée en cachette des années avant la fin de sa peine suivant ce même système. Après tout les victimes n'étaient que des flics... Pourquoi prononcer des peines virtuelles ?

Un autre exemple : Valérie Subra condamnée à perpétuité pour avoir servi d'appât pour l'assassinat d'un juif à été libérée après 16 ans de prison.

Quand les peines seront réellement exécutées en France les victimes se sentiront enfin considérées et ne crieront plus au scandale (ce qu'on leur reproche).

Je ne vois pas pourquoi les victimes ne pourraient pas avoir le droit de faire appel quand le verdict ne les satisfait pas.

Véronique Raffeneau

@ Robert

Je pense que vous vous trompez lourdement si vous imaginez, par exemple, que le second procès Fofana sera fait pour rejuger les condamnés.

Comme le souligne un avocat de la défense dans le Nouvel Observateur ce procès sera celui d'une cour d'assises spéciale, directement inspirée et contrôlée par l'exécutif pour faire rentrer de force dans les cours d'assises la politique et des intérêts partisans et particuliers.

Il ne s'agira que de la mise en oeuvre et de la mise en scène de tous les marketings politiques confondus avec toutes les surenchères idéologiques qui cassent sans réparer.

Un GDS et le garant suprême de l'édifice judiciaire, le président de la République, laissent sans réagir un avocat général insulté par le responsable du CRIF. Celui-ci ne représente que son association avec ses intérêts et ses militantismes passionnels à elle.

Vous avez déjà là l'idée de l'absence de considération et de respect que nos gouvernants portent aux institutions, et dont ils ont la charge et la responsabilité ?

Comment pouvez-vous imaginer une seconde que de cette façon, nous pourrions compter sur une "justice plus juste et réellement neutre" ?

Puisque l'obligation de protection de la part de nos dirigeants d'un Bien commun, la Justice, explose de toutes parts.


Robert

@ Catherine

Je pense qu'accorder aux parties civiles le droit de faire appel est une simple question d'égalité vis-à-vis de la défense. Je pense qu'on peut clairement établir que ce que demande l'accusé, c'est la peine la plus faible possible, voire l'acquittement, pas une justice objective.

Cela renforcerait le rôle des victimes dans le procès pénal et pourrait sans aucun doute lutter contre le sentiment d'abandon et de favoritisme envers les criminels qui est constaté bien souvent.

Actuellement, dans notre procédure pénale, nous avons le parquet, élément neutre représentant la société et la défense représentant les accusés et qui bien entendu est 100% dédiée à la défense de leur intérêts. Personne ne représente la voix des victimes, contre les accusés.

Ce qui fait que la balance de la justice penche au final du côté des criminels.

Je pense qu'instaurer réellement les victimes comme partie intégrante du procès pourrait rendre la justice plus juste et réellement neutre.

Aussi, changer le nom "partie civile" me paraît également essentiel. Car réduire les victimes à une partie civile dont la compétence se limiterait à des dommages et intérêts, c'est à mon avis faire preuve de bien peu de respect envers elles.

liberté-égalité-fraternité

"Procès Fofana : «Lavocat général Bilger minimise l'antisémitisme», selon le Crif

MEDIAPART.FR- Une semaine après lénoncé du jugement dans laffaire du "gang des barbares", la polémique ne faiblit pas. Dans un entretien à Mediapart, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier, affirme au sujet de lavocat général Philippe Bilger, qui a représenté laccusation pendant le procès, qu«il est très dommage d'avoir choisi cet avocat général pour un procès comme celui-là, où il y a de l'antisémistisme. Vous savez, l'antisémitisme, peut-être que certains en voient partout, mais d'autres comme Philippe Bilger le minimisent. Voilà, peut-être que sa façon de voir les choses, c'est de minorer l'antisémitisme. Il y a donc une suspicion, un malaise concernant M.Bilger, oui.» M. Prasquier confie également avoir « fait remonter lémotion de la communauté juive » jusquà lElysée et avoir écrit à la ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie, «avant même le verdict pour (s)étonner des réquisitions de lavocat général », qualifiées d «indulgentes» par le Crif. "

Martin Lothar

Entre politique, juridique, philosophique, médiatique et communautés à tout crin (et pas assez craintes — pour ne pas dire lobbies ou maffias) on voit par là que nous ne somme ni près, ni prêts, d'entrer dans ce vingt-et-unième siècle qu'on nous a tant promis et que tous nos ancêtres de la plus haute Antiquité et de tout poil espéraient tant...
Cela étant, effectivement, seul le calme et la réflexion ne pourront que nous aider et nous y guider. C'est évident et trop humain en fait. Et c'est si simple en plus !
Mes respects du soir, Monsieur Bilger.

catherine A à Robert

@Robert
Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée que les parties civiles puissent faire appel. Une victime demande souvent vengeance - ce que je peux comprendre - et la vengeance n'a pas grand-chose à voir avec la justice.
Que les victimes ne soient pas toujours traitées aussi correctement qu'elles devraient l'être c'est hélas une autre histoire et là encore je ne pense pas que la vengeance puisse pallier le sentiment de solitude, d'abandon, de désintérêt voire de mépris qu'elles peuvent ressentir. A tort ou à raison.

panoptique

Bonjour monsieur,

J'étais heureux de vous voir défendre publiquement votre réquisitoire. L'ennui avec le huis clos est qu'il permet à tous les mécontents de dire n'importe quoi, en se cachant derrière ce secret qu'entraîne forcément ce huis clos. D'où pour moi l'importance de la communication de celui qui parle au nom de tous. A fortiori si celui-ci n'est pas un adepte du lynchage, dont l'affaire présente est le terreau parfait.
Je suis heureux de vous avoir entendu communiquer, disais-je, et je suis admiratif de votre respect du devoir de réserve attaché à votre statut ; car celui-ci ne vous a pas cantonné dans un silence qui aurait été néfaste à la justice, un silence qui aurait cautionné la réprobation "générale" (?) de la mesure que le verdict a incarnée. S'il y a bien une voix qu'il fallait entendre, c'était la vôtre ; pour expliquer, pour rappeler que l'institution judiciaire se doit d'etre indépendante et mesurée.

Ce qui est très gênant, c'est que votre position ait besoin d'explication, alors que ce verdict devrait faire notre "honneur", dans un contexte d'après Seconde guerre mondiale. En effet, la haine du juif a été punie, mais pas par la haine anti-raciste.

zonek

Je trouve la peine requise contre Yalda absolument insoutenable de légèreté. Oui lé-gè-re-té.
On m'objectera bien sûr que je ne connais pas le dossier, que je n'ai pas toutes les informations, argument-massue pour faire taire toute critique.
J'en ai pourtant suffisamment pour m'étonner de la disproportion des peines dans la hiérarchie établie, entre JC Soumbou et Yalda.
20 années de réclusion ont été demandées pour JC Soumbou pour sa participation dans cette affaire. Il a des antécédents judiciaires, il est impliqué dans d'autres affaires d'enlèvement dont certains se sont achevées avec une brutalité extrême, il refuse de livrer ses deux complices (!!), soit, 20 ans.
Yalda commet la pire des trahisons qu'un être humain puisse faire à un autre être humain, elle feint d'être amoureuse pour mieux amener sa proie vers l'enfer.
Elle savait pertinemment que Y. Fofana cherchait des Juifs, et il lui avait exposé clairement ses raisons de leur en vouloir. Il lui avait fait part de ses préjugés antisémites, tout cela a été consigné dans son procès-verbal d'audition.
Dès lors, et quoi qu'ait affirmé Fofana ensuite, elle ne pouvait ignorer que sa proie n'étant pas choisie au hasard, son sort était pour le moins incertain entre ses mains.

Elle a une soeur handicapée. Doit-on instrumentaliser tous les handicapés pour atténuer les peines de leurs proches ?
Elle était mineure, 17 ans, (pas 14... 17), et vous dites vous-même qu'elle était donc en âge de savoir ce qu'elle faisait (en substance). Vous dites que l'excuse de minorité ne doit pas jouer - dont acte.
Elle a été victime d'un viol, et cela n'a pas été reconnu par sa mère, ce qui l'a traumatisée. Sans nul doute. Est-ce que ces éléments justifient de quelque façon que ce soit, de sa trahison, de son immoralité, de sa participation déterminante à cette séquestration ?
Les tentatives de suicide en prison ? Elle est fragile, il faut que le juge des libertés en tienne compte pour que sa détention se passe au mieux.
Mais de là à diviser la peine maximale de 20 ans (pour séquestration seulement) par deux, il y a un monde !
Je ne comprends pas la disproportion dans vos réquisitions, entre ces deux exemples.

Que les jurés ainsi fourvoyés aient cru bon d'alléger encore cette peine, c'est un comportement qu'on retrouve dans d'autres jugements, particulièrement lorsque le travail de la défense a été efficace (merci la soeur handicapée, merci les avocats qui font leur travail aussi et cela honore notre droit).
Pour autant, au nom du peuple, la justice a bien mal été rendue : cette clémence ne passe pas. Que le pouvoir exécutif utilise un recours pour corriger ces erreurs est l'ultime chance de rétablir un semblant de justice.
L'exécutif est aussi un pouvoir qui indirectement, représente le peuple. Et ses représentants ne sont pas tirés au sort !

Leo

Bonjour Monsieur,

Je pense que ce procès aura généré pas mal de discussion et d'interrogations - ce qui n'est pas mauvais, loin s'en faut.

Il aura aussi permis de mesurer l'ignorance d'une grande partie de la population - dont je fais malheureusement partie - en matière de droit et de lois. Mais il faut dire que je n'ai reçu mon premier cours de droit qu'à l'âge de... 23 ans, soit 5 ans après ma majorité. Beaucoup de mes concitoyens n'auront même pas eu cette chance.

J'avais trois questions à vous poser - (elles viennent toujours par trois!). Je ne prétends pas que ces questions sont anodines; néanmoins elles sont on ne peut plus factuelles. Les voici.

1) Ceux des accusés qui ont été condamnés avec sursis ont néanmoins été condamnés. Est-il possible de savoir pour quel crime, et de quoi la justice les a reconnus coupables?

2) A quoi reconnaît-on qu'un accusé a commis un crime "antisémite"? Est-ce sur la base des faits et du déroulement du crime, ou bien n'est-ce que si l'un des accusés se permet une réflexion antisémite au cours du procès - comme il semble que cela ait été le cas, mais je peux me tromper - que la circonstance d'antisémitisme est retenue contre lui?

3) Existe-t-il ou non des zones d'ombre résiduelles dans l'affaire, en particulier des noms de certains complices encore inconnus de la justice.

Merci.

nicocerise

A lire certains commentaires, il faut une femme pour expliquer le comportement d'un homme. Depuis Adam et Eve, notre esprit fantasme la femme manipulée qui devient manipulatrice.

Robert

Pour éviter une telle polémique, il existe une solution très simple.

Permettre, comme les associations de victimes le réclament depuis longtemps, aux parties civiles de faire appel dans un procès d'assises.

Il n'y a aucune raison que la défense soit bichonnée, tandis que les parties civiles sont ignorées.

De plus, la justice donne l'impression d'être très clémente envers les coupables et de maltraiter les victimes ou de les ignorer.

Ici le témoignage d'une victime sur le fonctionnement de la justice:

"Puis il y a eu l’incompréhension et la révolte, quand j’ai appris que deux de mes violeurs étaient des récidivistes, qui avaient été remis en liberté par la Justice peu de temps auparavant.

Mais j’ai connu le désespoir quand le procès s’est ouvert. Le choc a été presque aussi dévastateur que celui de l’agression.

Les rôles étaient inversés. Tout se passait comme si j’étais moi-même une criminelle : n’était-ce pas moi qui avais séduit mes agresseurs ? N’avais-je pas, par hasard, ressenti un plaisir secret à être violée ?

Pire encore, n’étais-je pas une « privilégiée », alors que mes violeurs venaient d’une cité défavorisée ?

Mon avocat m’a donné un seul conseil : « restez calme »… mais j’ai souvent eu l’impression que la justice en France avait moins d'estime pour les victimes que pour les bourreaux.



On m’a imposé des expertises psychiatriques, des examens psychologiques comme si c’était moi l’accusée. Les moindres détails de ma vie privée et de mon passé ont été disséqués, exposés publiquement, puis repris par la presse.



Au contraire, les « experts » ont reconnu toutes sortes d’excuses à mes violeurs : selon eux, ils avaient fait preuve d’une certaine « intelligence », ils étaient en « déficit affectif », c’étaient des « individus perturbés », ils « manquaient d’assurance ». ..

La question principale pour les magistrats semblait être de trouver un moyen de les « réinsérer » au plus vite, bien qu’ils n’aient manifesté aucun repentir, ni présenté la moindre excuse sincère.

Mais le pire, c’est que, bien que les jurés d’assises les aient tous condamnés à des peines de 10 ans de prison ou plus...

… la Justice a relâché le premier après deux ans seulement, en 2002 !!!"

C'est un témoignage très profond et qui me touche au coeur.

Il faut bien comprendre que tant que la justice fonctionnera ainsi, les victimes ne pourront jamais être satisfaites et la justice ne sera jamais équilibrée.

Véronique Raffeneau

@ Catherine J

Je ne suis pas remontée contre MAM. Je suis consternée par sa gestion non professionnelle et très précipitée de ce dossier.

Je pense que ce qui vient de se passer d'un point de vue institutionnel n'est pas rien.

C'est tout ce que cela nous apprend encore d'un fonctionnement des politiques qui pour moi tient depuis des années du plus médiocre.

Aujourd'hui, une sorte de point d'orgue en la matière.

Nous avons eu, lundi, en l'espace de quelques heures la caricature d'une façon de gérer les tensions de l'espace public, de mon point de vue, d'une façon incohérente, précaire, pauvre et dangereuse.

C'est très difficile pour moi d'admettre cela de la part de ceux qui sont chargés de responsabilités gouvernementales.

C'est quelque chose qui me fait peur.

"Je me demande si vos craintes eu égard à une Loi Szpiner ne sont pas un peu exagérées vu que des propositions législatives lui permettant d'obtenir une publicité, même restreinte, du procès préexistent. "

Non, Catherine.

La future loi que vous nommez Szpiner trouve son départ dans la contestation de Me Szpiner au sujet du huis-clos de ce procès.

Je ne pense pas qu'il soit exagéré de penser que tout sera exigé au GDS par Me Szpiner pour qu'une loi nouvelle soit précipitamment votée avant le procès en appel, pour ce procès en appel.

Extrait Site du Nouvel Observateur du 20.05.2009:

"Le député UMP de l'Aube François Baroin a déclaré mercredi qu'il allait déposer avec son collègue socialiste Jack Lang une proposition de loi pour réformer la règle du huis clos pour les cours d'assises des mineurs, en référence au procès Halimi."

Voilà, c'est ce que je vous disais dans mon précédent post.

1 procès = 1 loi


catherine A à Catherine Jacob : lortograf !

"Ménopausée", Mme Jacob. L'orthographe était douteuse... l'humour aussi.
Pour une fois un copié-collé vous eût sauvée.

olivier

N'est-il pas également nécessaire de procéder à une évaluation en demi-teinte de la réforme de la procédure pénale de 2001, amenant la possibilité de faire appel d'un verdict d'assises (avec la précision cruciale et bien entendue, que dans le cas d'espèce, les parties civiles ne sont pas fondées à interjeter appel, même par le truchement du garde des Sceaux). Une étrange multiplication de procès pour rien semble apparaître depuis quelques temps (comme le procès Colonna, avec deux sessions successives sans aucune valeur ajoutée pour la vérité des faits). Comme l'indique avec pertinence un représentant de l'USM dans une interview très récente, les mêmes personnalités, le même dossier d'instruction, les mêmes questions, certainement les mêmes réponses seront examinés au cours de la seconde audience. Un certain sens commun invite à pressentir que les peines ne seront guère amendées, au prix d'un désarroi probable des parties civiles.

Ensuite, les tristes vicissitudes de ce dossier dévoilent peut-être l'aporie de la croyance en la vertu consolatrice du procès d'assises. Rue89.com rappelle opportunément des propos de cette mère courage, échangés avec M.O. Fogiel la veille du procès. Cette femme portait alors des attentes irréalistes, et attendait que la procédure judiciaire véhiculât une mission pédagogique, par la convocation des affres et des malheurs subis par les juifs, et qui se poursuivent actuellement avec la répétition de violences et la permanence de stéréotypes, à l'intensité largement amoindrie en regard du passé mais néanmoins toujours actuelle. Dans ces circonstances, le huis clos, une application pourtant automatique de dispositions législatives, a dû apparaître comme une première spoliation du droit à la parole des victimes. D'ailleurs les avocats des parties civiles ont dû être de mauvais conseil en évitant de préparer leur cliente à cette éventualité (cela aurait été largement plus responsable de leur part que de tenter d'activer leurs réseaux pour préparer une loi précipitée et purement circonstancielle en vue de la publicité des prochains débats).

Il est malheureux que les parties civiles entretiennent cette fiction de la mission cathartique et thaumaturgique du débat judiciaire, même si elles ne font que s'approprier un discours assez commun parmi les politiques (et d'une certaine façon, assez irresponsable). Le prétoire était-il le lieu idoine pour la construction d'un débat pertinent sur des réalités complexes, où s'enchevêtrent la misère intellectuelle des banlieues, la brutalité primitive de certains de leurs jeunes, des représentations erronées sur la géopolitique du Moyen-Orient, et enfin la bêtise antisémite la plus crasse ?

Le fait le plus navrant dans cette histoire, est qu'aujourd'hui le si mal nommé "cerveau" doit s'en payer une bonne tranche dans sa cellule, et se marrer comme une baleine de la cascade de polémiques qu'il a suscitées. Tentons de le priver de ce plaisir odieux, si possible.

Quant à la question des groupes de pression, sans doute faut-il s'arracher de l'esprit certaines inductions précipitées (c'est très difficile dans le cas présent), car après tout, lorsque des paysans saccagent des préfectures, leurs mandataires et leurs fondés de pouvoir corporatistes sont reçus dans l'heure qui suit au plus haut sommet de l'Etat. La généralité de la loi et de la politique constitue une entreprise difficile, quoique indispensable

Catherine JACOB

@Véronique
Je vous remercie pour votre réponse, mais je vous sens vraiment très très remontée contre MAM qui n'a sans doute fait que parer au plus pressé dans le but d'obtenir un rapide retour au calme, que ce soit de sa propre initiative ou que les instructions viennent de plus haut comme certains l'ont suggéré. Comme dit Thierry S ce peut être l'occasion d'engager une réflexion sur les composantes de notre société contemporaine. J'ajouterai via un nombre suffisants de débats réunissant avant le tirage au sort des jurés et la nomination d'un nouvel avocat général, un panel suffisamment diversifié de personnalités disposées à débattre jusqu'à plus soif.

Je me demande si vos craintes eu égard à une Loi Szpiner ne sont pas un peu exagérées vu que des propositions législatives lui permettant d'obtenir une publicité, même restreinte, du procès préexistent. En revanche, je crois que vous avez raison lorsque vous dites que notre "MAM n'a pas encore intégré qu'un parquet général n'est pas une préfecture."
Je suis assez sidérée du nombre de commentaires de ce très court billet appelant au calme, c'est très intéressant en tout cas.
@Jean-Marie
"Le comportement de MAM m'étonne, elle n'est plus elle-même, elle se met à ressembler à Dati."
Peu de chances, elle doit être ménauposée. Et depuis assez de temps pour que, mais soit dit respectueusement, au moins les hormones n'interfèrent plus.

Véronique Raffeneau

@ M. Ciccia

"Est-ce au garde des Sceaux, ici, de prendre les mesures nécessaires ?
Qui d'autre sinon ?"

Mais enfin, M. Ciccia, Philippe Bilger - donc, l'avocat général du procès - expliquait partout au même moment ses réquisitions et pourquoi le verdict respectait l'essentiel de ses réquisitions. Il répondait aux attaques de Me Spizner et du CRIF au sujet du verdict. Et aussi à tous ceux qui se posaient des questions au sujet de ses réquisitions, du verdict et du huis-clos.

Vous ne pensez pas que MAM devait au minimum, au moins, laisser ce temps de restitution des choses, d'explication et d'information au sujet de la position du ministère public ?

Ne pensez-vous pas qu'un ministère public qui s'exprime n'est pas préférable à cette précipitation de MAM et à la précipitation du procureur général qui désavoue ainsi son parquet, le procès et le verdict, alors que ce même parquet est en train d'expliquer sa position.

Ne pensez-vous pas que le discrédit porté là à l'autorité judiciaire et au fonctionnement républicain des institutions par un GDS, relayant d'un coup d'un seul les exigences d'une partie civile et des groupes de pression ne soit pas un trouble à l'ordre public ?


ROUTA VILLANOVA

Yvan Colonna est mis au même niveau que Fofana : restons calmes ! La Ligue des droits de l'homme met la France au même niveau que Bush : restons calmes. Tous des monstres sans distinction : restons calmes.
Allons, un peu de discernement Messires !

Giudice

Merci beaucoup, les gens raisonnables se font rares face à la barbarie. Vous faites honneur à notre justice, et je ne peux pas dire sincèrement qu'elle n'en avait pas besoin.

Daniel Ciccia @ Véronique Raffeneau, Marchenoir, Surcouf

"Au sujet de l'initiative de MAM.
Je ne fais que reprendre ce que les juristes, les avocats et les magistrats disent dans le débat public depuis l'injonction de MAM au procureur général de faire appel.
Je les écoute, je les lis, je réfléchis"

Mme Véronique Raffeneau, nous sommes donc pairs en quelque sorte.

JDR en signalant l'interview de Thierry Lévy, avocat des Droits de l'Homme, de SOS Racisme - je l'ai vu plaider dans ce cadre, il y a quelques années -, ou encore connu pour avoir assuré, autant qu'il était possible, la défense du narbonnais Zaccharias Moussaoui, seul accusé parmi les auteurs des attentats du 11 septembre, m'a incité à lire justement la critique développée sur la privatisation et la politisation de la justice.

Je ne sais pas pourquoi, mais je me retrouve davantage dans les propos de Théo Klein. Pour ce qu'il dit, sans doute. Pour ce qu'il ne dit pas, tout autant.

Ce qui est agréable dans cette affaire, c'est en effet qu'elle est propice à la nuance. M. Marchenoir en est l'illustration dans le domaine des analogies.
Toutes ne sont pas décentes ni appropriées.
Sur le plan politique, j'observe que les réactions - si ce n'est l'initiative sur le huis clos précipitée menée conjointement par Jack Lang et François Baroin - sont jusqu'ici réservées.
C'est une bonne chose.
Il y a des tentations auxquelles il n'est ni sain ni utile de répondre.

On ne peut pas tirer une règle d'une exception.
Ce procès est exceptionnel à mains égards. La déflagration médiatique du verdict, portée par des polémiques ouvertes dès les réquisitions, les propos de Mme Halimi, la montée au créneau des associations juives, la violence et l'intimidation parfois, révélait un trouble à l'ordre public naissant auquel il valait mieux mettre un terme aussi vite que possible.

Est-ce au garde des Sceaux, ici, de prendre les mesures nécessaires ?
Qui d'autre sinon ?

Je ne peux en outre assimiler ni réduire la colère de la partie civile et de la plupart des associations représentatives à l'expression d'un intérêt privé, ou alors c'est que nous ne pouvons pas nous entendre sur des notions essentielles.
Je pense qu'ils ont tort, qu'ils se trompent de combat, qu'ils sont contre-productifs à l'objectif qui les guide, mais je ne pense pas leur parole soit "privée" et qu'on puisse même la renier en disant simplement qu'elle est purement communautaire.
Tout cela s'inscrit dans la vie civile.

Sur le plan politique comme judiciaire, il n'aurait pas été sain de laisser s'épuiser le délai d'un mois, sans entendre la revendication de la partie civile.
Selon moi, le procès serait inabouti et se serait achevé sur des frustrations inacceptables.

Le garde des Sceaux est peut-être garant que cela ne se produise pas.

De surcroît, ni la Justice ni la République ne sont trahis par le fait que le garde des Sceaux ait exercé un droit que lui confère le code de Procédure pénale.

"Il [le garde des Sceaux] peut dénoncer au procureur général les infractions à la loi pénale dont il a connaissance et lui enjoindre, par instructions écrites et versées au dossier de la procédure, d'engager ou de faire engager des poursuites ou de saisir la juridiction compétente de telles réquisitions écrites que le ministre juge opportunes."

Nous étions dans une situation exceptionnelle, un angle mort comme on dit en conduite automobile, dans le fait de l'isolement de la partie civile, ce que je me suis efforcé d'expliquer qui était privé du relais que représente souvent le ministère public.

Je pense que la partie civile a dérivé et qu'elle ne peut pas en vouloir au ministère public d'être resté ce qu'il doit être.
Le procès s'est retrouvé, du point de vue de la représentation des intérêts, dans une configuration paradoxale.

A partir de là, la question est de savoir comment corriger cette défaillance singulière, sinon en passant par un arbitrage exceptionnel, celui du garde des Sceaux, non pas pour désavouer quiconque, bafouer l'indépendance de la justice, mais pour permettre d'aller au bout des recours, non pas pour satisfaire la partie civile, mais pour satisfaire l'ambition d'une justice accomplie.

@Surcouf, je m'excuse si je vous ai donné l'impression de vous faire la leçon au sujet des tags.

Aïssa Lacheb-Boukachache

Excellent, Jean-Dominique, vous avez visé juste… Je viens de lire l'entretien (Monde.fr) donné par ce cher Thierry Lévy que je salue amicalement, et il confirme vos vues. Je modère mon propos quant à moi ; les Juifs français ne chercheraient pas à sortir de la République mais certains des leurs groupes de pressions politisés voudraient, par ce biais ainsi que d'autres, les en faire sortir tous… C'est incompréhensible. C'est à eux, dans leur majorité, à s'élever contre et rejoindre en ceci ce cher PB qui me fait l'impression d'être comme paradoxalement bien seul à défendre ce qu'il pense être et avoir été juste en ce procès comme en toute chose républicaine à laquelle il tient. Je suis étonné du silence, par exemple, de la présidente de la cour d'assises lors de ce procès où, qu'elle le veuille ou non, elle est pareillement attaquée et mise à mal. Les assesseurs, les jurés même, tout le monde doit s'y mettre et même si les jurés sont tenus par la loi au silence a posteriori, il est légitime de penser que, en regard de la tournure que prennent les événements et du fait de l'immixtion amorale du politique -pour des raisons purement politiciennes et de soumission à un lobby- en le judiciaire, il sont en droit de passer outre et se défendre publiquement eux aussi car c'est aussi eux qui sont accusés aujourd'hui de sympathie voire de tendresse pour l'antisémitisme. Ils ne peuvent rester indéfiniment dans le silence sauf à donner raison à leurs accusateurs dont la garde des Sceaux s'est faite le porte-voix.

Je crois également que ce qui se passe actuellement s'inscrit naturellement dans le droit fil de contestation de l'autorité et la légitimité judiciaires. Ainsi, après Ferrara, après Colonna, Fofana… Et la source de tout ceci serait (j'emploie le conditionnel) Outreau.

La logique judiciaire voudrait maintenant que les avocats de Fofana ainsi que de tous les autres non visés par cet appel ministériel conseillent -et deux fois plutôt qu'une- à leurs clients d'interjeter appel également. C'est l'évidence même et cela se pratique quasiment toujours ainsi pour qui connaît un peu ces choses qui ne sont rien que de la cuisine judiciaire. Ainsi si le Parquet fait appel et l'accusé non, la peine en appel ne pourra qu'être soit égale à la première soit supérieure. Si c'est l'inverse, celle-ci ne pourra qu'être égal ou inférieure. D'où l'intérêt, lorsqu'une des parties (accusation ou défense) fait appel, pour l'autre d'interjeter appel dans le même mouvement. Fofana a une chance de voir sa condamnation réduite s'il interjète appel ; il n'en a aucune ni ne risque pire s'il n'en fait rien ; il n'y a pas à hésiter... Grâce aux groupes de pression -limités et restreints- juifs, il est fort probable qu'on voie bientôt Fofana superstar… C'est d'une tristesse…

Cher PB, ce procès ne vous concerne plus et vous devriez vous reposer, je vous sens si mal… Vous avez accompli ce que vous avez cru juste. 18 ans de réclusion, 15 ans, même 9 ans, ce n'est pas rien quand on a 17, 18 ou 20 ans… Et on n'est pas libéré à mi peine comme on voudrait lâchement, hypocritement le faire croire. On ne ressuscitera pas Ilan Halimi, on n'apaisera pas sa famille de ces façons singulières et perpet' pour tout le monde n'empêchera pas demain un autre crime de la sorte visant un juif ou n'importe qui d'autre. C'est l'éducation de ces choses et d'autres, l'éducation républicaine qui doivent prendre le relais ici et s'investir davantage partout ailleurs. Autrement, on n'en sortira pas. Je ne crois pas que Florence Rey ou Valérie Subra qui, elle, est d'ascendance juive, ne soient pas aujourd'hui et désormais positivement autres que ce que la vie a fait qu'elles ont été à un moment de leur jeunesse…


Aïssa.

Jean-Marie

Cet appel est méprisant pour les jurés, et je doute que les jurys d'assises aient encore beaucoup d'avenir si un tel comportement devait se renouveler : à quoi bon perdre du temps et être confronté à des situations très pénibles si l'entourage du ministre sait mieux que vous et d'avance ce qui doit être.

Le comportement de MAM m'étonne, elle n'est plus elle-même, elle se met à ressembler à Dati.

J'apprécie votre attitude bien sûr et je ne comprends pas celle de certains groupes de pression qui commence à me faire peur.

Véronique Raffeneau

@ Catherine J

"De fait il ne semblerait pas que la stratégie de l'avocat de la partie civile soit en cause, si l'on en croit ceci :
"Les relations entre la nouvelle garde des sceaux et les responsables juifs, fréquentes lorsqu'elle était ministre de l'intérieur en charge des cultes, ont facilité leurs échanges sur ce dossier."

J'imagine très mal, Catherine, Me Spinzer ne pas être très attentif et pointilleux quant aux déclarations publiques de ses clients. Qui plus est, dans le cadre des réactions post verdict d'un procès retentissant.

Qu'on le veuille ou non, puisqu'il s'agit pour Me Spinzer de réussir ce qui a échoué pour la partie civile dans une cour d'assises, ce qui compte est d'obtenir une ingérence - le terme est le titre de l'édito du Monde - jamais vue de l'exécutif dans le judiciaire.

Pour cela, connaissant parfaitement bien l'étanchéité on ne peut plus fragile de nos politiques à tout ce qui ressemble à du médiatique, rien, dans cette stratégie, ne peut être laissé au hasard des mots.

Quant à MAM et à ses rencontres avec les responsables juifs en tant que ministre du culte, il n'y a là rien de plus normal.

En revanche, ce qui très nettement l'est moins, c'est notre MAM n'ayant pas compris qu'un parquet général n'est pas une préfecture.

Pour un GDS auquel vous trouvez toutes les qualités en raison d'un doctorat en droit, cette légèreté dans la confusion des genres et des pouvoirs, ainsi que sa précipitation à réagir aux pressions, est tout de même très préoccupante.

Pour un second procès avec une éventuelle publicité des débats, Me Spinzer exige le vote d'une nouvelle loi du parlement.

Je ne sais pas comment MAM va savoir résister à cette nouvelle exigence de Me Spinzer, et savoir garantir en qualité de GDS un des principes fondamentaux qui définissent et encadrent la justice pénale.

Car aujourd'hui les règles de la politique pénale semblent être redistribuées de façon virtuelle, au gré du temps qu'il fait.

Ces règles du moment semblent devoir s'inscrire dans cette configuration:

1 - une affaire = une nouvelle loi

2 - le procès = une nouvelle loi

3 - un verdict où le parquet a clairement dit que ce verdict respectait l'essentiel des réquisitions du ministère public = un appel de ce même parquet

@ M. Ciccia

Au sujet de l'initiative de MAM.

Je ne fais que reprendre ce que les juristes, les avocats et les magistrats disent dans le débat public depuis l'injonction de MAM au procureur général de faire appel.

Je les écoute, je les lis, je réfléchis.

Robert Marchenoir

En réponse à Ludovic, qui approuve mon commentaire dans les grandes lignes, mais déplore que je fasse des "amalgames" : bien sûr qu'il faut faire des "amalgames".

Faire des "amalgames", c'est comparer différentes décisions de justice, pour s'assurer que celle-ci se prononce de la même façon suivant que l'on est blanc ou noir, juif, musulman ou chrétien. Autrement dit, c'est rechercher si la justice est juste ; ce qui me paraît la moindre des choses.

Et la réponse est non, à l'évidence : le discriminé, celui qui est victime de racisme, c'est bien le Français de souche, le blanc de culture chrétienne.

J'ai déjà donné un exemple, montrant que tuer un Français de souche ne coûte que 5 ans de prison à un Maghrébin. Mais il y en a des milliers d'autres.

Djamel Sahraoui s'en tire encore à meilleur compte : 2 ans de prison seulement pour avoir tué un Blanc, d'un coup de poing, à la sortie d'une discothèque. Ah ! détail pittoresque : le meurtrier de Jérôme Descourvières est un militaire. Ca fait chaud au coeur d'être défendu par des gens pareils.

Mieux encore : la victime a aussi été frappée par "Taoufik Z.". En fait, on ne sait pas trop si la mort est due au coup du premier agresseur, à celui du second, ou aux deux.

"Taoufik Z." n'a même pas été inquiété. Il n'a comparu que comme témoin. Il est, lui aussi, militaire.

Tuer un Français de souche non juif, pour un Maghrébin, c'est zéro à deux ans de prison.

Et tout laisse à penser que ce meurtre, comme des dizaines d'autres, est un meurtre raciste. Mais la justice ne vous le dira jamais. Un Arabe ne peut pas être raciste envers un Blanc. Le raciste, c'est forcément le Blanc.

Toutes mes excuses pour cet "amalgame", un de plus. Faut pas parler de ces choses-là. C'est "facho" de faire le rapprochement. On n'évoquera pas le meurtre de Jérôme Descourvières au journal de 20 heures. Le garde des Sceaux n'interviendra pas en sa faveur.

http://www.leprogres.fr/fr/permalien/article.html?iurweb=1745751

Catherine JACOB@Daniel Ciccia

"On attend, par principe, de l'avocat général, la rigueur et c'est souvent le spectacle qu'il donne. "

Il y a plusieurs sortes de rigueur, celle de l'inflexibilité de la règle qui tape sur les doigts, celle du climat et celle de l'exigence intellectuelle et morale. Vu qu'il s'agit d'une critique, j'imagine que celle qui est visée c'est plutôt la rigueur climatique, vu que la troisième sorte de rigueur me semble appartenir aux qualités de notre hôte.

SANDRO

@ Philippe Bilger,
Oui, loin du bruit et de la fureur, il faut citer ce commentaire intelligent et digne dans "Le Monde" d'hier soir de Théo Klein, ancien Président du CRIF (que ne l'est-il toujours ?...)

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/07/14/appel-du-verdict-fofana-poursuivre-sur-le-fondement-d-un-sentiment-est-toujours-une-erreur_1218790_3224.html#xtor=AL-32280184

SR

Un pouvoir qui absout (Marina Petrella, Cesare Battisti, Florence Cassez) ou qui autorise la vindicte populaire (Emma Arbabzade, Audrey Lorleach, Tiffen Gouret). Bref, rien de neuf, si ce n'est la capacité de Carla Bruni à envoûter son mari pour lui souffler l'idée d'une noblesse disculpante dans la complicité meurtrière.

Thierry SAGARDOYTHO

Dommage que Mme ALLIOT-MARIE entame ainsi son ministère. Je pense que l'injonction est venue de plus haut! Ceci étant, Me SZPINER a fort habilement manoeuvré mais manoeuvre politique et justice font rarement bon ménage ou plutôt, lorsque l'émotion politique investit le prétoire, la justice en sort. Tout ce qui se dit et s'écrit ces derniers jours fera le jeu de la défense en cause d'appel.

Daniel Ciccia

Je persiste à penser que la sérénité devant le verdict et son acceptation par la partie civile et la communauté juive auraient relevé d'un monde idéal qui n'existe pas puisqu'il y a eu ce qui cause le trouble : le crime lui-même.

M. Klein affirme son regret de voir "ce désordre" s'installer comme il regrette que soit mis en cause sur la base d'un sentiment l'autorité de la chose jugée.
Par ailleurs, et c'est ainsi que je l'entends, par ailleurs, il s'en remet à la procédure.

Il y a apparemment une vive discussion sur l'appréciation de la légitimité du garde des Sceaux, mais sa demande correspond à une prérogative indiscutable, pleine et entière.
Elle ouvre évidemment à tous les procès d'intention. Si la prérogative n'est pas discutable sur le fond, alors sur la méthode, la forme, la rapidité, qu'il faudrait chercher le vice.

S'agissant du parquet général, il est toujours possible de tirer des interprétations sur sa conduite, sa diligence à suivre le garde des Sceaux et de poser les mécanismes en terme de soumissions successives: celles de Mme Alliot-Marie au lobby juif, au CRIF, aux médias, au gouvernement, voire au président de la République, etc... et finalement celle du procureur général qui obtempère.

Est-ce conforme à la réalité de synthétiser la chose de cette manière ? Que des syndicats de magistrats le fassent, même unanimement, ne me garantit pas que cette lecture, nous faisant passer d'une outrance à l'autre, est la bonne.
Si le garde des Sceaux n'avait pas demandé que l'appel soit interjeté, la polémique et la pression médiatique n'auraient pas désenflé.

C'est bien de dire sa confiance dans les institutions et les personnes qui en ont la charge, c'est mieux de la pratiquer en évitant des procès d'intention basés sur les apparences et l'envie de démontrer et conclure à ce à quoi on a envie de conclure.

Je pense que le procès en appel peut être au préalable l'occasion d'une réflexion sur la société française et l'antisémitisme, et donner sa chance à l'apaisement, à l'humain.

L'anti procès Dreyfus en quelque sorte, pour sortir de ces passions où succombent d'une part certaines associations juives et auxquelles répondent, comme par réaction d'auto-défense, d'autres communautés, qu'elles soient ethniques, religieuses ou intellectuelles.

Par ailleurs, je maintiens que M. Bilger que l'on tient pour un avocat général pétri d'humanités, est peut-être en avance sur le temps judiciaire. On attend, par principe, de l'avocat général, la rigueur et c'est souvent le spectacle qu'il donne.
M. Bilger apporte me semble-t-il le discernement et l'intelligence.

Du coup, là où on avait pour habitude de voir en quelque sorte la Partie Civile et le ministère public faire corps, induisant d'une part des réquisitions qui reflètent de manière exhaustive la douleur et l'attente de la partie civile, et d'autre part, interjetant appel au nom des parties civiles, s'est produit une distinction. Peut-être parce que l'avocat général n'a pas voulu quitter le judiciaire pour l'absolu du combat contre l'antisémitisme, peut-être aussi parce que l'avocat général Bilger, au-delà de cet aspect, représente une société qui, sans être indulgente, n'est pas hiératique et ne l'oblige pas à l'être.

Je pense que dans les écoles de magistrats, le hiatus béant entre partie civile et ministère public tel qu'il s'est révélé là, peut donner lieu à réflexions, et participer à faire évoluer la formation et la nature de celui qui requiert au nom de la société, de ses intérêts.

Jean-Dominique Reffait

Je lis beaucoup de réactions enflammées par rapport à l'appel demandé par MAM. La demande formulée est pourtant d'un jésuitisme absolu et bien conforme à l'habileté politique de la ministre.

1. Les réquisitions de l'avocat général sont confortées, tout en étant considérées comme des seuils minimum en-dessous desquels il ne faut pas descendre.

2. La hiérarchie des peines sera contrainte en appel par les peines prononcées qui ne font pas l'objet d'appel. Les 14 rejugés seront encadrés par les peines maximales et minimales devenues définitives.

3. Le huis-clos sera maintenu en appel du fait de la présence d'une accusée mineure au moment des faits.

C'est donc beaucoup de bruit pour rien et, même si le signal politique est mauvais, le verdict qui en sortira a toutes les chances d'être à une ou deux années près, conforme à la première instance.

Jean-Dominique Reffait@ Sarah et Boris

Sarah,
Vous lirez avec profit l'interview de Thierry Lévy, qu'on ne saurait soupçonner d'antisémitisme primaire (quoique, tout est possible...)

Thierry Lévy, Philippe Bilger le signale, exprime un point de vue important sur cette affaire dans Le Monde. Il rejoint ce que d'aucuns tels que moi ont déjà exprimé : Fofana a raison, les juifs se tiennent entre eux, la preuve est faite.
Il y ajoute, c'est peut-être encore plus dangereux, la notion de privatisation de la justice. Désormais les intérêts privés s'immiscent dans la politique pénale. Le communautarisme, la laïcité positive, voici le résultat.

Boris, non, vous n'avez pas à vous excuser pas davantage que moi ou d'autres pour les inconséquences de certains : la tactique des CRIF de toutes confessions est de prendre en otage ceux qui, comme vous, sont fort loin de leurs hystéries, de contraindre les juifs à s'excuser encore et encore, comme si vous deviez être solidaire. C'est ainsi que l'on fabrique de l'antisémitisme, en ne permettant pas aux juifs d'être autre chose que des juifs. C'est votre avis de citoyen qui importe et vous avez raison d'indiquer que ces organisations communautaires sont très peu représentatives de l'écrasante majorité des juifs de France.

Catherine JACOB

@Véronique
"Si cette stratégie a été suffisamment efficace pour qu'une MAM cède dans l'instant sans aucune connaissance réelle du dossier, "

écrivez-vous. De fait il ne semblerait pas que la stratégie de l'avocat de la partie civile soit en cause, si l'on en croit ceci :
"Les relations entre la nouvelle garde des sceaux et les responsables juifs, fréquentes lorsqu'elle était ministre de l'intérieur en charge des cultes, ont facilité leurs échanges sur ce dossier." Peut-on lire également dans Le Monde sous la signature de Stéphanie Le Bars et Pascale Robert-Diard.
Sans doute peut-on ajouter son sens de l'ordre public tel que acquis au même ministère de l'Intérieur.
On y lit accessoirement en fin d'article également ceci à quoi répondait pourtant déjà l'interview de Philippe Bilger en date du 13/07 :
"La proposition de loi de Jack Lang (PS) et François Baroin (UMP) renverse cette logique en établissant le principe de la publicité des débats pour les accusés majeurs, quel que soit leur âge au moment des faits, mais prévoit que ceux-ci peuvent demander à la cour la publicité restreinte des débats. Si cette proposition était votée d'ici à un an, le nouveau procès pourrait se tenir en audience publique. La communauté juive, qui a dénoncé le huis clos, espère que la publicité des débats mette en lumière "les mécanismes antisémites de cette affaire".
Il disait ce me semble (je cite de mémoire) que la chose était en effet techniquement possible mais présentait l'inconvénient de déconnecter les affaires ce qui pouvait avoir pour résultat un manque de vue d'ensemble susceptible d'être préjudiciable à l'appréciation/appréhension de la partie concernée par la Cour. Mais, personnellement, je me demande comment la Cour pourrait se priver d'être présente aux deux types d'audience, par exemple en tant qu'observateur lorsqu'elle n'est pas directement saisie de l'affaire audiencée.
Il a également bien expliqué qu'il serait difficile de mettre en lumière quoi que ce soit eu égard aux "mécanismes antisémites" évoqués ci-dessus, vu que les accusés à propos desquels appel a été interjeté ne sont pas concernés par cette question.

J'éprouve enfin un sentiment assez mitigé à l'égard de la manière dont Google exploite la situation dans les annonces publicitaires qui s'affichent en marge ou dans le bas de page de l'article et qui sont notamment:
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Daniel Ciccia

Tout à fait d'accord avec vous Chalonnais, s'agissant de l'interview accordée sur le sujet par M. Klein, notamment sur le respect de la chose jugée.
"Moi, je suis pour le respect de ceux qui sont en charge et qui ont la responsabilité. Quand il y a une faute, on finit par s'en apercevoir et on poursuit sur le fondement de la faute. Mais poursuivre sur le fondement d'un sentiment, je crois que c'est toujours une erreur et en tout cas toujours un danger. Il faut essayer de déminer ses sentiments premiers, et de mettre de la réflexion avant de mettre de la parole.", dit-il.
On peut noter, cependant, que ce précepte s'applique également à l'esprit de cabale qui anime les détracteurs du garde des Sceaux.
Sur cette initiative aussi, il est possible d'être intelligent. Dans ce cas, est-il question de séparation des pouvoirs?

Catherine JACOB@Chalonnais

@Chalonnais:
J'ai consulté l'article du Monde auquel vous prenez la peine de renvoyer mais je n'ai pas vu où se trouvait nommée la personnalité dont les propos ont été 'recueillis par Soren Seelow'.

En revanche, il y a un autre article résultant d'un entretien de Pascale Robert-Diard avec l'avocat pénaliste Me Thierry Lévy du barreau de Paris et qui est très instructif. Il est intitulé
"La politique des intérêts particuliers s'est introduite dans les prétoires" et consultable au besoin via ce lien:

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/07/14/me-thierry-levy-la-politique-des-interets-particuliers-s-est-introduite-dans-les-pretoires_1218616_3224.html#ens_id=1184684

Chalonnais

Un avis très très éclairé, et éclairant, sur le sujet, par une personnalité juive incontestable, à lire ici:

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/07/14/appel-du-verdict-fofana-poursuivre-sur-le-fondement-d-un-sentiment-est-toujours-une-erreur_1218790_3224.html

Véronique Raffeneau

@ Laurent

Si je me suis permis de reprendre votre propos au sujet de la déclaration de Madame Halimi c'est que si, bien entendu, je partage votre avis que TOUT est admissible de la part de Madame Halimi enfermée à jamais dans la souffrance la plus grande qu'humainement et que solidairement, on puisse imaginer, ce qui en revanche, n'est pas admissible c'est la volonté sous-jacente de son avocat de faire croire que "la shoah recommence en France".

Je pense que toute déclaration publique de Madame Halimi est contrôlée au plus près par son avocat. C'est la règle dans toute stratégie politique et médiatique.

Me Szpiner peut et, de mon point de vue, doit s'efforcer au recul et exercer sa lucidité dans sa volonté forcenée de vouloir à tout prix un procès à portée pédagogique. Des slogans travestis en arguments sont ce qu'on peut faire de pire et de plus dévastateur en matière de pédagogie.

Si cette stratégie du slogan est profondément blessante pour le tribunal qui a jugé et condamné, mais aussi profondément blessante pour notre société représentée par un avocat général, et qui a donné mandat à un jury populaire de juger et de condamner.

Si cette stratégie a été suffisamment efficace pour qu'une MAM cède dans l'instant sans aucune connaissance réelle du dossier, et pour qu'un procureur général ne sache pas tenir et assumer la position du parquet, ou au minimum du minimum - un minimalisme dans les pratiques professionnelles - ne sache pas faire valoir au GDS qu'il avait besoin de temps et surtout de réflexion pour éventuellement ré-analyser la position de son parquet.

Cette stratégie de Me Spinzer taillée à la mesure et aux dimensions d'un GDS dérivant et d'un procureur général inexistant face à l'exécutif, ne peut pas convaincre - elle blesse - ceux et celles qui ont une connaissance de la Shoah et d'un de ses sous-traitants, le régime de Vichy.

Ceux-là ont inscrit et inscrivent un des essentiels de leur réflexion, engagement et culture politiques dans le souvenir de cette immense catastrophe que fut la Shoah.

Le spectacle consternant donné à notre pays d'un GDS et d'un procureur qui se confondent, est déjà, en soi, une image affligeante et trop grave. Cette image évoque aussi en écho un mode de fonctionnement des institutions que nous avons voulu absolument proscrire de notre vie politique depuis ces années-là.


Chalonnais

Tant de calme, de pondération, de pédagogie ne peut que forcer le respect, merci infiniment.
Il en va tout autrement à "la Cour" et alentours, où l'agitation, les sauts de cabri, les vociférations et la communication tiennent lieu d'expression et de gestion politique.
Quand on pense que 'certain' ose se réclamer du Conseil National de la Résistance, il est plus proche du "bon Beurre" que des Glières !

semtob

Cher Philippe,

Est-ce que l'appel est un appel a minima ?
Je ne dispose que de ces définitions :
"appel que le ministère public interjette, quand il croit que la peine appliquée est trop faible".
"acte d'appel émanant du ministère public par lequel il demande à la juridiction du second degré d'aggraver une peine qu'il estime insuffisante".
Est-ce que l'usage de l'appel a minima est rare ?
françoise et karell Semtob

Alex paulista

@ Boris
J'étais bien d'accord avec votre commentaire.
Jusqu'au
"En tant que Juif, je m'en excuse."
Là je me suis étranglé.

Je ne crois pas être touché par la maladie de l'antisémitisme.
Seulement par l'anti-en-tant-quisme.

Vive les Juifs du Brésil ! Ce sont les meilleurs amis des Libanos-Syriens... amusant.

jpledun

"...Autrement, il ne faut pas faire la leçon aux autres, cher PB."

Venant de vous, Aïssa, c'est trés comique.
Et tant pis si je vous gonfle.

Milla

Bonjour Philippe Bilger,

Je pense qu'en effet la jeune fille a été le chaînon entre ces bourreaux et ce gamin, Ilan Halimi...
Qu'on se calme, je veux bien, mais sincèrement, déjà que le procès se déroulant à huis clos a été perçu comme une injustice par la famille Halimi, que je soutiens pleinement...
Peut-être faudrait-il revoir la loi sur les procès à huis clos...
Ces peines ne devraient-elles pas être exemplaires... car je peine à imaginer mon neveu de 19 ans subir ces horreurs !

Mareven46

Ce détail n'ôte en rien à cette "paumée" que vous citez la portée de ses actes... je dirais que ce n'est pas une "raison" !

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