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22 octobre 2009

Commentaires

Patrick Pike

Guy Môquet résistant ? Mais bien sûr, au capitalisme, et uniquement, comme tout jeune adhérent à la jeunesse communiste de l'époque, refusant la guerre au nom du pacte germano-soviétique, mais certainement pas comme résistant à l'occupant nazi.
Cela étant, ce n'est pas lui faire injure que de le dire. Il collait des tracs rappelant la lutte des classes, réclamant plus de justice pour le monde ouvrier d'où il était issu. Il avait un idéal à cause duquel il est mort fusillé, parce qu'il avait été arrêté par une police française qui chassait le communiste, l'expédiant dans un camp près de Nantes, d'où il fut extrait comme otage après qu'un chef nazi fût assassiné.
Et s'ils le fusillèrent, malgré son acquittement et le refus du gouvernement de l'époque, ce fut en raison de son âge, symbole de leur détermination.
Mais que voulez-vous, quand on a affaire à des esprits qui refusent de se nourrir de lectures, il n'est pas surprenant de les voir divaguer, errer sur des chemins sans issue et prendre des décisions dont ils sont la risée sans même en avoir la moindre conscience.
La lettre de Guy Môquet est poignante et ne révèle que cet aspect d'ordre stylistique.
Pire pour eux, ils érigent en symbole un enfant mort à cause d'un patronat qui piétinait la classe ouvrière et contre lequel il luttait, tout comme luttent aujourd'hui les ouvriers qu'on licencie.
Hier on les arrêtait ; aujourd'hui ils se suicident.

Saly BECHSIN

Monsieur Bilger j'ai plaisir à découvrir en vous un magistrat qui n'a pas la langue de bois...
Notre Président oblige à la lecture de la lettre de Guy Môquet, c'est réduire la symbolique de la Résistance à ce texte, et c'est bien court.
Et comme on le sait, ce qui est obligatoire est rejeté, souvent. Un vrai débat sur la Résistance serait plus opportun, on pourrait faire un rapprochement avec les efforts de fichage de tous les Français (fichier Edwige)...
Mais je me pose la question de savoir en quoi Monsieur Guaino est fondé à prendre de telles positions publiques, ni élu, ni ministre...
Je suis sincèrement mal à l'aise avec Sarkozy, je ressens moi aussi une dérive totalitaire du pouvoir, je suis de gauche mais respectant une élection j'accepte que le Président ne soit pas celui pour qui j'ai voté, mais cette dérive totalitaire me fait peur, elle s'affiche tous les jours pour tous. Cela va d'un simple contrôle de Police lorsque le policier ne vous salue pas et essaie de vous faire peur à l'affaire Jean Sarkozy lorsque le Maître décide que son fils doit occuper un poste d'importance...
Sarkozy a peur du peuple, comment peut-il le comprendre ? Et quand on a peur on attaque, on mord...
Pour revenir à la lettre de Guy Môquet et la Résistance : tout se met en place actuellement pour éviter toute éventuelle résistance, cela du contrôle des magistrats (cela a presque toujours existé) qui va faire que les procureurs seront aux ordres directement, au fichage systématique de tous et au verrouillage des régions...
Il faut réagir, mais comment ?

Ludovic

@Marie C.

"Qu'au mois de juin 41 ? Vous laissez entendre que c'est un peu tard ?!!! Vous cherchez à influencer le lecteur de manière négative mais non justifiée. Guy Môquet adhère au parti communiste dès l'arrestation de son père en 1939"

Vous faites là un bien mauvais procès d'intention à notre hôte. Relisez mieux le billet, lorsque Philippe Bilger utilise la formule "celui-ci", il ne parle pas de Guy Môquet mais du Parti Communiste Français et sur ce point c'est historiquement exact.

Olivier

L'intervention de M. Guaino est d'autant plus intempestive que le ministère de l'Education semblait dans un premier temps évoluer vers de modalités plus ouvertes et constructives pour présenter la lettre et la période à laquelle elle se rattache.

Tout au contraire, le gouvernement (par la voix d'un type qui n'est pas même ministre et n'a jamais été élu) exige le maintien d'un rituel étrange avec cette symphonie de lectures collectives prononcées au même instant. M. Laporte a imprudemment dévoilé l'ambiguïté de cette expérience inédite de dévotion mémorielle lorsqu'il a lu la lettre devant son équipe. Dans le cadre d'un événement sportif, on ne comprenait pas le surgissement des mots d'un condamné, ils en devenaient muets et vides de sens.

La transformation de Guy Môquet en icône contemporaine des salles de classe risque d'avoir à terme des conséquences à rebours de l'effet voulu : une panthéonisation par voie de circulaire qui échoue à exprimer la densité tragique des faits, les chairs torturées, les solitudes angoissées des justes face au danger.

Sartre avait dit cette phrase paradoxale "Jamais nous n'avons été plus libres que sous l'occupation" (on est d'accord qu'il n'a pas été lui-même à cette époque un parangon des vertus héroïques). Cette maxime polysémique frappe pourtant par sa justesse : il restait une liberté essentielle, celle de ne pas abdiquer les valeurs auxquelles on accorde du prix et de ne pas être effrayé par sa vulnérabilité face à l'oppression. Les appels au garde-à-vous proférés par M. Guaino semblent dès lors bien étrangers à l'expérience de liberté démontrée par les résistants au péril de leur corps.

oursivi

"Cette contrainte résulte d'un dessein présidentiel qui a choisi de généraliser sa sympathie citoyenne sans se soucier des aléas de l'Histoire et de l'autonomie des professeurs."
PB

Ce n'est pas tant le choix de l'éclairage de ce destin et l'application stricte et sans nuance des prérogatives hiérarchiques qui me gênent, mais plutôt l'inadéquation du couple actant acté, cette indécence que de glorifier un jeune révolté aux idéaux désintéressés quand on est soi-même un arriviste forcené et le représentant officiel et claironné des puissants, des réseaux et des intérêts bien compris.

De plus, sans tomber dans la crainte d'un quelconque totalitarisme - du moins en ses sens anciens, auquel toute personne saine d'esprit n'a la moindre peur d'une possible résurgence - suis plutôt sidéré de l'extraordinaire paradoxe que le pourtant malin Guaino a lancé à pleins poumons en appelant à la passive soumission ceux que l'on veut voir exalter les capacités de résistance...

République de tartuffes où le spectacle ne se vend plus au kilo mais au quintal, pour la tonne, l'approche des échéances électorales devrait revivifier leurs basses oeuvres incontournables, la faisant déjà record ancien.

AO

Marty

Je recommande la lecture de « L'affaire Guy Môquet - Enquête sur une mystification officielle » de Jean-Marc Berlière et Franc Liaigre qui vient de paraitre chez Larousse.

Jean-Dominique Reffait

Je constate que vous osez - enfin - écrire le mot difficile à penser en démocratie : totalitaire. Oui, nous voyons la tentation totalitaire à l'oeuvre en Italie comme nous l'avons vue aux Etats-Unis pendant 8 années. Chez nous, c'est le mépris toujours plus grand pour tout ce qui pense, qui réfléchit et ça tombe bien, le peuple n'aime pas ce qui réfléchit. La démocratie n'est pas un bien précieux pour le peuple, il se contente d'agitations et de fumigènes.

A l'imitation de S. Berlusconi, N. Sarkozy n'a pas d'expérience de la démocratie. De Neuilly à l'UMP, en passant par les Hauts-de-Seine, son ascension fut affaire de tractations, de règlements de comptes, de coups fourrés entre amis. Son entourage a conçu son accession au pouvoir comme une succession de rapines, de verrouillages, d'ententes et de compromissions. Ils ont davantage pris le pouvoir qu'ils ne l'ont gagné, en abusant ceux qui, tels que vous, n'ont pas vu ce qu'il y avait derrière l'écran de fumée du volontarisme populiste.

Il n'y a aucune raison qu'ils se gênent désormais alors qu'ils bénéficient de l'appui d'une large section de la population qui préfèrera toujours les caudillos expéditifs aux démocrates scrupuleux.

Vous ne trouverez aucun historien sérieux - et ils sont fort nombreux - qui justifie la tendance mémorielle. Evacuons donc l'alibi historique de ce prurit commémoratif puisqu'il ne se trouve pas de caution scientifique sérieuse pour l'avaliser. L'histoire n'est pas concernée par cela.

Il s'agit de bien autre chose. La circulaire du Ministère exprime très clairement le caractère facultatif de la lecture de la lettre de Guy Môquet, laissant à l'appréciation des enseignants le choix de consacrer cette journée du 22 septembre à toute autre évocation de la Résistance et de la Déportation. L'injonction de Guaino ne repose sur aucune base règlementaire : il s'agit d'une simple intimidation, d'un effet de menton, pour rappeler que le Génie du Bois de Boulogne choisit pour nous les héros que nous devons adorer. Point n'est besoin d'une quelconque compétence pédagogique ou historique à celui dont le magnifique ADN suffit à faire d'un cancre un président d'EPAD : il lui suffit de dire pour que cela soit.

Il convient tout de même de noter la bêtise insigne du propos de Guaino : nos enfants boufferont chaque année du Môquet, comme un catéchisme qui se répète inlassablement. La Résistance se réduira à cette lettre, toujours la même, rien d'autre dans cette complexité. Ah, ils vont le détester, ce pauvre jeune homme qui leur prend le chou chaque année avec ses héroïques jérémiades !

Je crois que les enseignants sauront sagement s'en tenir à la circulaire, bien plus raisonnable que l'ego totalitaire de Guaino - sans doute à l'origine de cette illumination présidentielle. Et l'apprentissage de la Résistance commence par savoir résister à Guaino...

Aïssa Lacheb-Boukachache

Il me semble qu'il n'y a pas longtemps, au TGI de Nancy, des magistrats ont eu ce commentaire, lors de leurs attendus concernant une affaire où la peine plancher devait être appliquée: «Nous ne sommes pas tenus d'appliquer stupidement, etc.» … Or les peines planchers, vous y êtes plus que favorable et vous exigez qu'elles soient strictement appliquées … Voici que maintenant vous espérez un sursaut républicain plein d'intelligence et de bon sens de la part des instituteurs quant à ce que le gouvernement leur enjoint d'appliquer strictement, sans réflexion, donc stupidement, cette directive Guy Môquet, etc. Ce qui serait un totalitarisme (pour reprendre votre mot) en puissance et devenir pour eux ne le serait pas pour vous au tribunal … Qu'est cette contradiction singulière qui vous meut? A vous magistrats, appliquer en sa lettre la politique judiciaire gouvernementale; à eux, éducateurs, viser en son esprit sa politique scolaire, prendre du recul, réfléchir … Je crois qu'il y a une singulière ironie à vous poser à cet endroit en conseiller à votre tour. Cet «Etat généreux» se mêle-t-il de ce qui le regarde quand il vous ordonne strictement, vous le judiciaire, les peines planchers? Vous voulez de la souplesse intelligente à l'école de la République, lui suggérant même au besoin une désobéissance civique; vous n'en souhaitez aucune en la justice de cette même République, hurlant obstinément contre tout aménagement des peines, dénigrant ceux qui se revendiquent de cette même intelligence souple … La caporalisation judiciaire, oui; la caporalisation scolaire, non. C'est étonnant. A méditer …


Aïssa.

Gérard DELALOYE

Il est certes difficile de cerner avec précision les limites que doit comporter l'autorité du ministère sur les enseignants.

Mais, au cas particulier que vous évoquez, cher Philippe Bilger, on ne peut lui dénier le droit de leur demander d'effectuer un cours de morale sur le courage civique.

Fallait-il laisser à chacun le choix de l'exemple propre à illustrer son propos ??

On peut raisonnablement supposer que, de toute façon, comme d'habitude, la demande du gouvernement aurait soulevé la polémique.

Chaque année, sur toutes les bases de l'armée de l'air, on lit la dernière citation de Guynemer "disparu en plein ciel de gloire".

Que je sache, cette tradition n'a jamais été critiquée comme étant une manifestation belliciste.

Conclusion : Il me paraît évident, comme à beaucoup de citoyens, qu'en définitive, les enseignants perdent toute autorité en refusant très systématiquement de la subir et en renoncant à l'exercer eux-mêmes.

polo

Vous introduisez une nuance entre le programme pédagogique et ce qui relève plus de l'éthique et du mémoriel pour conclure que l'un doit s'imposer aux enseignants et l'autre pas. J'adhère à cette idée mais concrètement, il peut s'avérer difficile de la mettre en oeuvre (de façon générale).

Sinon, tout à fait d'accord avec vous à propos de M.Guaino... ah, ces conseillers de l'Elysée qui interviennent dans les médias et qui se font nommer PDG de banque. Tout se perd !

Marcel Patoulatchi

Monsieur Bilger,

Une fois de plus, je partage tout à fait votre sentiment.

Le fonctionnaire n'exerce pas une profession libérale, certes. Mais là n'est pas la question, le fonctionnaire est recruté selon ses mérites et qualités (en théorie) pour effectuer une tâche définie. Lorsque cette tâche consiste à enseigner, on ne peut résoudre cela à la dictée d'un texte quelconque selon la volonté d'un homme, fut-il élu président de la République pour 5 ans. Lorsqu'on emploie un enseignant, on doit définir un programme, des axes d'études ; ça ne consiste pas à fournir un prompteur.

Ce qui différencie le praticien libéral du fonctionnaire ne réside pas, ne devrait pas résider, dans la marge de manoeuvre pour mener à bien une tâche définie pour laquelle il est rémunéré, mais dans les libertés par à côté.

Nous sommes ainsi dans un pays étrange où l'on admet, sans coup férir, que des directeurs d'école portent des coups sur des véhicules de police, s'oppose à l'interpellation d'individus, et où, au même moment, on entend dicter aux enseignants le contenu à la lettre de leurs leçons.

Les enseignants, comme tout fonctionnaire, doivent certes obéir. Mais l'Etat serait bienvenu de prendre quelques leçons de gestion de personnel et, au lieu de s'instituer en petit chefaillon castrateur, remettre en place ceux qui abusent de leur fonction.
La bonne gestion, c'est de faire confiance a priori à ses subordonnés pour mener à bien une tâche générale qui leur est confiée. Et sanctionner ceux qui outrepassent leur pouvoir.

Il me semble que de prodigieux efforts restent à faire pour aller en ce sens. Il ne suffit pas de lorgner, avec des binocles encrassés, sur le modèle anglo-saxon pour en tirer les bénéfices.

Robert

Pourquoi lire la lettre-testament d'un jeune fusillé pas encore Résistant dans les faits, simple distributeur de tracts, engagé politiquement ? L'ignominie réside dans le fait qu'on ait fusillé des otages, singulièrement à un si jeune âge. Qu'on dénonce un tel système sur cette base, oui. Faire de Guy Môquet le symbole de la Résistance, la plupart des historiens s'en gardent à juste raison.

Qui n'a pas les larmes aux yeux à la lecture des derniers mots de Guy Môquet ? En réalité, au lieu d'agir sur la raison, on souhaite s'appuyer sur la sensibilité et le sentiment, pour ne pas dire le sentimentalisme. Or, en matière historique, l'émotion aura plus tendance à obscurcir l'esprit critique face à une situation donnée qu'à permettre d'en analyser objectivement les tenants et aboutissants.

L'obligation des enseignants est d'appliquer un programme officiel sur une année donnée et d'aboutir à l'assimilation d'un certain nombre de connaissances dans des matières bien définies. La méthode pédagogique pour y aboutir reste de leur appréciation.
L'État serait donc plus inspiré de se préoccuper du respect strict des principes de laïcité que d'imposer aux enseignants une lecture faisant plus appel à l'émotion liée à l'âge de Guy Môquet, qui ne peut que les bouleverser, qu'à une étude raisonnée et critique de cette douloureuse période de l'histoire de France.

Laurent Dingli

Totalitarisme ! Voilà que vous vous mettez, vous aussi, à utiliser ce type de mots, mon cher Philippe. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur la "catastrophe démocratique" que constitue le diktat d'une certaine pensée gauchisante au sein de l'Education nationale (diktat, vous voyez, je peux, moi aussi, employer des mots excessifs).
Ce qui me gêne davantage dans cette de lettre de Guy Môquet, c'est la volonté pathétique du pouvoir, et de Guaino en particulier, de vouloir ressusciter le patriotisme d’arrière grand-papa. Ils retardent d'un siècle ou deux. Les évocations sentimentales du discours de Périgueux m'avaient touché et je me garderai bien de moquer cette volonté de retremper le lien national, mais je trouve pourtant tout cela légèrement dépassé. Je veux dire, n’est-il pas temps d’enrichir nos légendes fondatrices, de les diversifier, d’adjoindre au mythe pluriséculaire du jeune héros mort pour la patrie, un modèle qui corresponde davantage à l’évolution de notre temps ? Tiens, et pourquoi pas le respect du vivant dans sa richesse et sa diversité ? Une lettre du gaulliste Romain Gary par exemple ? Ou bien des extraits de textes composés par des chrétiens militants comme Albert Schweitzer ou Théodore Monod ? Les héros morts sont nécessaires au ciment national comme ils le sont parfois dans les faits pour stopper la barbarie (les communistes en justifiaient une autre). Mais un message axé sur le vivant serait utile dans les écoles - et je suppose qu’il y est déjà délivré par certains enseignants.

mike

Pour moi la seule question qui importe est de savoir si les élèves doivent obéir à des professeurs qui leur sont tout dévoués .
Ces derniers liront ou pas la lettre de Guy Môquet, victime de la barbarie allemande, ce n'est pas fondamental.
Je leur fais confiance pour transmettre en tout cas l'esprit de cette lettre.
A titre d'exemple, une de mes petites-filles est envoyée au titre de son école faire une visite à Ravensbrück ; elle saura j'imagine, à son retour, passer un message de paix.
Vous craignez, semble-t-il, l'arrivée du totalitarisme ; je me désole de constater surtout l'indifférence devant l'échec que vivent beaucoup d'éducateurs face à de petits voyous.
Le chemin qui mène à Montoire passe par Munich.

Gavot

Henri Guaino s'est exprimé de telle manière que sa volonté de faire courber l'échine aux enseignants était manifeste, c'est d'autant plus paradoxal et même inintelligible que la lettre en question, le personnage en question, sont choisis pour illustrer l'esprit de résistance, le rejet du joug...

Marie C.

"Celui-ci ne s'est lancé résolument dans la résistance qu'au mois de juin 1941 après le déclenchement des hostilités entre l'Allemagne nazie et l'URSS"

Qu'au mois de juin 41 ? Vous laissez entendre que c'est un peu tard ?!!! Vous cherchez à influencer le lecteur de manière négative mais non justifiée. Guy Môquet adhère au parti communiste dès l'arrestation de son père en 1939.

Je crois qu'on peut lui pardonner de ne s'être pas engagé politiquement à l'âge de 10 ans dans le seul but d'arriver à vous complaire !

Et vous faites bien de ne pas vous "prononcer sur la personnalité de Guy Môquet" car seul les faits comptent !

Après, on peut accorder que Guy Môquet ne soit pas forcément la référence absolue en la matière. Il n'est qu'un exemple dans un domaine où les exemples se comptent par milliers. Mais si le hasard l'a mis au-devant de la scène, ce n'est pas pour autant immérité !

Papi Ensoleillé

En extrapolant, les juges doivent-ils faire "exploser le périmètre" imposé par le parquet pour monter d'un degré dans l'indépendance ?

Par ex:
http://veilleur.blog.lemonde.fr/2009/10/20/laffaire-que-nicolas-sarkozy-surveille-de-tres-tres-pres/

Papi Ensoleillé

Ils devraient obéir si notre pays était encore une nation, parce que ce serait un signe d'unité.
Comme ce n'est plus le cas, qu'ils fassent en fonction de l'intérêt de leurs élèves !

yves

Je partage tout à fait votre analyse. Ce qui m'interroge, c'est de savoir pourquoi M.Sarkozy a voulu la lecture de cette lettre. Il est évident que la qualité émotionnelle de ce document n'est en rien le motif, c'est seulement de la psycho-sarko, diviser pour régner.
Une mauvaise passe, fiston qui fait la une, on envoie le conseiller pour brouiller les cartes.
Le président n'a pas de politique, sur tous les sujets il est dépassé.
Alors de chef de guerre contre tous les problèmes que nous rencontrons au quotidien, il est devenu "sniper" sur tout et contre tous.
Le bilan est épouvantablement catastrophique et comme il n'y a guère de solution de rechange, l'angoisse du futur pèse de plus en plus.

Clafoutis

Il paraît que M. Besson aurait préféré que l'on commente en classe la fameuse "affiche rouge". C'est vrai ?

Catherine JACOB

http://www.kz-gedenkstaette-leonberg.de/images/menuunten.gif

Catherine JACOB

La liberté dans le travail pédagogique est inscrite dans les textes. L'important c'est la Résistance et ce que certains, qui ne sauraient se résumer à un seul - et cela devrait-il même être le cas, à un seul dont le choix serait imposé- lui ont sacrifié -parfois délibérément, ce qui n'est pas le cas qui nous occupe-, pour que nous vivions aujourd'hui dans un monde libre ayant échappé à la botte nazie.
Nous devons à leur mémoire de désobéir à toute tentative de réinscrire ce monde dans de quelconques chaînes et diktats visant à asservir la conscience de chacun, ne serait-ce que par le choix des moyens de lui rendre hommage, et les choix du président de la République dont le credo est apparemment, sur tout un certain nombre de plans, la jeunesse et l'inexpérience, ne sauraient s'imposer à la liberté pédagogique de mettre, par ex. de préférence en valeur ceux qui ont malgré tout tenté de vivre et résisté non seulement à l'occupant, mais à la torture et à des souffrances qui, dans certains cas, se sont poursuivies sur plusieurs décennies, afin de témoigner de ce qui ne doit plus arriver!
Par conséquent, je ne suis pas loin de penser que ce président qui, par métaphore et symboliquement, déclare vouloir pendre ses adversaires à des crocs de boucher, faisant ainsi injure à la mémoire de ceux qui, pour qu'il puisse, lui et d'autres, accèder au pouvoir par des élections libres, ont été dans les faits en effet, suspendus à de tels crocs dans le cadre d'une barbarie et d'une sauvagerie sans exemple, est totalement incompétent à émettre un avis, et a fortiori, imposer dans le cadre d'un abus de pouvoir manifeste, un choix quelconque dans les façons de rendre hommage au sacrifice de nos aînés et s'il devait perséverer à vouloir diriger les consciences de citoyens libres, je pense qu'il faudrait lui conseiller d'accompagner Carla chez son analyste de façon à prendre conscience lui-même, du fond de son 'désir' à cet égard !!

Guzet

Non seulement le principe est en lui-même dangereux, comme vous le dites, mais il l'est encore plus lorsque, comme c'est le cas, il officialise une falsification historique, révélatrice de l'inculture historique de nos élites..

Michel Mathurin

Généreux l'Etat qui renvoie sciemment des hommes vers un pays qu'ils ont fui en même temps qu'un destin funeste auquel on les soumet à nouveau comme une punition ?
Il est à craindre que demain soit déjà là...
Je vous l'accorde, M. Bilger, nous ne sommes à l'abri de rien.

Véronique Raffeneau

J'encourage vos lecteurs à lire le billet d'Eolas "Prix Busiris à Henri Guaino" - 16 juin 2009.

Ou à propos d'Hadopi, nous voyons un conseiller spécial du Président de la République tout ignorer de l'histoire et du droit de la République :

"Tel les meilleures bières belges, le prix est ici triple. Tout d'abord, sur l'ironique remarque des révolutionnaires protégeant le droit d'accès à l'internet. Ensuite, sur le droit à l'internet mieux défendu que l'accès à l'eau et à l'électricité (ce qui accessoirement est faux, vous allez le voir) et enfin sur les principes de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, simples principes philosophiques et non juridiques."

HG me fait penser à ces stagiaires-étudiants qui ne maîtrisent qu'une lecture on ne peut plus plus sommaire de fiches de synthèses en lieu et place d'une authentique culture générale qui, seule, peut véritablement structurer et porter les mots. La superficialité affichée de ceux qui ne doutent de rien.

Entre des injonctions à des enseignants dont la pauvreté conceptuelle sidère, et la défense et l'illustration des vertus prétendument attachées au dogme de la jeunesse à n'importe quel prix, sans mémoires et sans expériences (épisode Epad), je pense que les différentes interventions d'Henri Guaino sont des traductions édifiantes de ce qu'un philosophe appelait dans les années 80 l'ère du vide.

Voilà ce que donne des hommes et des femmes formés au rien : des caporaux.

papet croûton

En tant que prof retraité, je me permets de dire qu'il existe un lien impalpable entre un enseignant et ceux qu'il doit élever (je veux dire faire monter le plus haut possible) : ça passe ou ça ne passe pas pour de mystérieuses raisons.
Si, au fond de lui-même, l'enseignant ne croit pas fondamentalement à ce qu'il fait, cela ne passera pas, en dépit de ses sincères efforts.
Dans un discours à des enseignants, Jaurès a dit : "Vous n'enseignez pas ce que vous savez, vous enseignez ce que vous êtes".
Je regrette d'avoir attendu 65 ans pour connaître cette formule...
Donc, oublions ce coup de menton de monsieur Guaino.

Abiram

Vous l'avez rappelé, le jeune Guy Môquet a été arrêté au moment précis où, et parce que, il exprimait son désaccord avec une autorité que l'histoire a retenu comme illégitime. Tout n'est-il pas dit ?

Account Deleted

Monsieur Guaino, principal rédacteur de la lettre aux éducateurs attribuée au Président Sarkozy, est aussi l'un des auteurs de la réforme de l'école primaire qui a substitué l'instruction civique et morale à l'éducation civique. C'est ainsi qu'il nous donne ici une belle leçon d'instruction civique et morale : qu'est-ce qu'un conseiller spécial du Président de la République ? Un père fouettard ! Voire un chevau-léger du nouveau bonapartisme.

jpledun@PB

Cher Philippe ,

Une fois de plus je ne suis pas de votre avis. Cela me désole. Mais bon…

La lettre de Guy Môquet est lue, débattue chaque année dans des milliers d'établissements et ceci sans l'injonction d'un conseiller spécial.

Les profs n'ont pas á obéir mais simplement à remplir le contrat qu'ils ont signé en rentrant dans l'institution.

Vous parlez certainement au nom des ces profs adeptes de "la résistance civique" mais certainement pas au nom des milliers d'autres qui font.

Simplement, ils font. Et même plus que ce qu'on leur demande.

A force de reprendre doucement, insinueusement, l'idée qu’un régime totalitaire guette la France, vu l'état des médias français, vous allez finir par faire un super buzz. (style enfant en détresse dans un ballon dirigeable)

Les fonctionnaires tristement passifs ? Vous parlez de quel pays ?

Franchement, l'initiative de lire ce document dont la grande majorité n'avait jamais entendu parler m'a séduit.

C'est bien francais que d'aller en faire une polémique anuelle.

Désolant.

P.S.

Ceci n'est que mon avis. Je ne demande á personne de le partager. (Je prends mes précautions avant qu'un fonctionnaire anonyme ne me tombe dessus)

Alex paulista

Ce qui m'intéresse dans cet épisode, c'est comment ce mi-mandat est l'occasion d'enterrer le peu de crédit qu'avait la parole présidentielle.
Gandrange, la taxe professionnelle, l'État exemplaire, Guy Môquet passé de facultatif à obligatoire...
Ça y est, c'est assumé, renier sa parole est totalement normal. On sait aujourd'hui quelle valeur il fallait donner à l'exposition de Nicolas Sarkozy sur tous les sujets, en début de mandat.

C'est vraiment le signe de quelqu'un qui perd pied, même avec sa propre norme. Je crois qu'à partir de maintenant ses amis de l'UMP vont le laisser complaisamment se casser la figure, pour accélérer la rotation avant 2012.
Cela a déjà commencé avec l'affaire Jean Sarkozy: les peaux de bananes vont se succéder, vous allez voir.

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