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28 décembre 2009

Commentaires

oursivi@AdmEperdu

Rédigé par: admirateur éperdu | 10 janvier 2010 à 15:43
Je ne sais pas très bien à quoi il sert, en général (je titille là votre pathologie, car vous y verrez un affront à notre bien-aimé tonton, alors nous dirons donc "en Mimi" désormais) de chercher à raisonner les paranoïaques, mais je vous concéderai, désolé, qu'étant de bonne foi, je n'ai toujours pas lu les deux ouvrages de Péan et qu'ai assez écouté d'historiens de témoins et tout simplement assez vécu en France depuis quarante ans pour penser, surtout après avoir lu le livre phare de Rolin (Olivier, pas les autres), que le fascisme que certains en mal de romantisme et souffrant d'une naissance trop tardive pour qu'ils puissent se rendre utilement héroïques, ce fascisme d'opérette, donc que d'aucuns voyaient dans le gaullisme, est bien relatif, bien 'excusable' si on le ramène à l'époque, si on cherche dans ce contexte de guerre froide, aussi de décolonisation, quel régime à lui contemporain put lui être clairement supérieur, tant en termes moral, comme économique et stratégique ? Je cherche encore. Mais des milliers de noms de pays vont vous venir, essayez de vous cantonnez à la terre, le reste, j'en maîtrise mal la géopolitique, désolé.

Un petit mot au paranoïaque, pour finir, histoire de lui offrir sa dose de Valium avant de le mettre au lit, Mitterrand, j'aimais plutôt bien, mais, comme PB et quelques autres, j'aime penser contre tout système, comme contre moi-même, alors je n'en vois pas que les vertus, ce qui est aussi une manière de me moquer avec tendresse du tontonoeudnoeudphile que j'étais à 24 ans quand je votai pour lui en 88 et que j'en vins même, suprême errance, à serrer la fétide paluche de son Jack (qu'on branche généralement à l'oreille là où il fut la voix de son maître, Dieu et son pro fête), c'est dire que je faisais comme fais encore un bien paradoxal 'gaulliste'.

AO

PS (ahhhh) rassurez-vous, je me suis seize mille six cent trente-deux fois lavé les mains depuis.

oursivi@LRemise

Rédigé par: Laurent Remise | 23 janvier 2010 à 22:41

Ce n'est là aucunement une raison pour écrire des "conneries", et nous attendons tous que vous vous excusiez pour "cet accord" qui m'avait tant étonné et que les historiens ont gaussé avec la morgue nécessaire.

AO

Laurent Remise

Les SCUDS et insultes qui me sont envoyés ne m'intéressent pas.
J'ai vu qu'ils traitent tous de la problématique de Mitterrand face à son histoire pendant la Seconde Guerre mondiale vis-à-vis des autres. En le comparant.
Mais tout cela est hors du sujet de l'auteur de ce billet d'humeurs.
Mon propos était juste de modérer son enthousiasme, ne pouvant oublier ce que Mitterrand a été par le passé.
Ce que firent les autres ne m'intéresse pas.
Avant de louer les vertus du "Grand Homme" il serait de bon ton de nous rappeler tous, objectivement, ce qu'il fit de négatif.

jpledun@Véronique Raffeneau

Je vous comprends. J’ai dû m'accrocher aussi pour passer les passages douloureux de ce livre.
Je ne regrette pas d'être allé au bout.

admirateur éperdu

@ Oursivi

J'avoue que je suis assez stupéfait par votre dernière réponse.

Si vous êtes aussi rigoureux dans vos analyses des carrières de nos présidents que dans vos avis sur les ouvrages de Pierre Péan, alors je crains le pire !

Vous devriez lire les ouvrages avant de porter des jugements définitifs... extraits de la presse.

"Proust pour les nuls" en deux paragraphes extraits de "Salut les Copains", cela peut être un peu limite non, pour défendre une thèse ?

Je m'explique : vous écrivez "mais là je crois que nous avons déjà croisé le fer sur ce sujet et aussi connaître vos arguments comme vous devez connaître les miens, donc je vais ménager mon énergie en lisant les "oeuvres" de Péan (qui dézingua aussi bien l'un que l'autre) quand j'en aurai envie".


Je n'ai qu'une suggestion : n'attendez pas "d'en avoir envie", précipitez-vous rapidement sur ce que Péan a écrit sur Mitterrand et vous verrez que vous êtes dans un contresens total.

Il se trouve que j'ai une excellente connaissance des deux ouvrages que Péan a écrit sur Mitterrand pour des raisons que je n'ai pas à exposer ici et que j'ai eu l'occasion d'en parler de nombreuses fois avec l'auteur...

Pierre Péan a écrit au début des années 2000 "Dernières volontés derniers combats dernières souffrances" (deuxième ouvrage sur Mitterrand), ulcéré qu'il était que 90% des médias aient complètement détourné les analyses dans son ouvrage "Une jeunesse française" et aient pris 3 pages sur 500 pour flinguer Mitterrand.

Il est dommage que vos avis péremptoires soient marqués par une telle désinformation. Lisez donc ces deux ouvrages et vous verrez l'énormité de votre contresens.

Ce n'est pas très rassurant quand on voit avec quelle sûreté vous assénez vos jugements et vos bons et mauvais points.

Par contre dans plusieurs ouvrages, dont en particulier "L'homme de l'ombre", Péan a flingué la face noire du gaullisme.

Alors je vais répondre à la question : pourquoi ai-je convoqué de Gaulle pour répondre à Alex Paulista qui affirmait que Tonton avait fait perdre 10 ans à la France ?

Tout simplement parce que je fais partie de ceux qui pensent qu'en politique dans l'entreprise les jugements suivent le principe du fléau de la balance : on porte au pinacle ou on flingue quelqu'un comme sur le fléau de la balance pour contrebalancer avec quelqu'un d'autre.

Dans les deux cas, les uns ou les autres ne méritent ni l'excès d'honneur ni l'excès d'indignité.

En d'autres termes, Mitterrand est sali comme il l'est pour qu'on évite de regarder la face noire de de Gaulle.

Et j'estime que cette face noire du gaullisme, perpétuée par ses "héritiers", mais avec infiniment moins de cynisme, a fait perdre beaucoup à la démocratie française.

Un observateur de la vie politique française, JF Kahn, avait écrit alors que l'anti-mitterrandisme primaire battait son plein : "Les crimes de de Gaulle comparés aux turpitudes de Mitterrand", qui est parfaitement dans la ligne de ce que je pense (et c'était fort argumenté). Je tiens cet article à votre disposition... Vous constaterez donc que je ne suis pas le seul à "délirer" mais que des gens aussi divers que Jean-François Kahn, Constantin Melnik ou Pierre Péan ont des analyses similaires...

Effectivement il est plus facile de me discréditer avec des invectives que d'argumenter par rapport aux faits avancés par ces gens somme toute honorables...(après avoir lu les ouvrages concernés !)

Alors, que la face noire du gaullisme soit totalement occultée et qu'il soit très politiquement incorrect de la rappeler face à cet océan de béatification... Il ne sert à rien de balancer des invectives à ceux qui ont le courage de ne pas se faire enfumer, qui ont gardé leur libre arbitre et qui ne veulent pas occulter autant de dérapages.

Certes cela ne colle pas à la légende... Tant pis pour vous si vous aimez les légendes qui vous arrangent : il ne sert à rien de pousser sous le tapis ce qui dérange.

Je constate quand même que vos sources sont sacrément approximatives : c'est dommage quand on veut discourir comme vous le faites du vrai et du faux et ce, en distribuant les bons points.

Mais n'est-ce pas si français de parler haut et fort de ce que l'on ne connaît pas ? Car c'est quand même un peu fortiche de dire que Péan dans ses deux ouvrages a flingué Mitterrand, sans avoir lu les ouvrages, alors que c'est exactement le contraire.

Avez-vous l'habitude d'avoir des avis aussi péremptoires sur des ouvrages que vous n'avez pas lus ?

PS : je vous attends à Canossa quand vous aurez lu les deux ouvrages de Péan sur Mitterrand + "L'homme de l'ombre" qui explique le rôle de Foccart auprès de de Gaulle ce qui, je l'espère, vous permettra de relativiser un peu la sanctification que vous semblez faire du Grand Homme...

Véronique Raffeneau

@ Laurent

"...je suis plus circonspect que vous sur le fait que, dans les années 80, Mitterrand n'aurait pas mesuré ce que fut la Shoah et la collaboration active dans ce domaine."

Ce que j'essaie de faire valoir c'est l'idée que François Mitterrand prend conscience en même temps, au même rythme que nous tous du caractère spécifique, inouï, inconcevable de l'entreprise criminelle nazie.

Pour cela il fallait des travaux d'historiens et la littérature, au sens élargi du terme, de mise en récit.

Je crois que seuls les écrivains, les cinéastes, les dessinateurs - je pense à la bande dessinée "Maus" d'Art Spiegelman (parution 1986) - sont en mesure de construire des instruments pour une appréhension et pour interpréter - au sens virtuose - au plus près de ce qui s'est passé.

Et encore, si un jour vous lisez "Les Disparus" de Daniel Mendelsohn, il y a un passage dans ce livre qui m'a beaucoup remuée et au sujet duquel je m’interroge.

DM tente de construire le récit de qu'aurait pu être les circonstances de la disparition et de l'assassinat de Schmiel, d'Ester et de Bronia Jäger, le père, la mère et leur petite fille, leur plus jeune enfant.

A ce moment du récit, il semble que le plus vraisemblable les concernant soit un départ vers Belzec - camp d'extermination. La suite des investigations de Daniel Mendelsohn démentira cette hypothèse.

Ce qui m'a profondément remuée c'est quand Daniel Mendelsohn écrit qu'il est obligé d'arrêter son récit une fois la porte de la chambre à gaz refermée sur Schmiel.

Car ici nous ne pouvons plus l'accompagner.

Alors je pense que le retrait de Daniel Mendelsohn est à l'image du temps et du malheur qu'il a fallu pour que des écrivains ajustant leurs récits aux témoignages et aux faits désensevelis par les historiens conçoivent et créent les outils conceptuels d'approche de cette tragédie.

A Vichy François Mitterrand a vingt-six ans. Je pense qu'il est alors dans une logique d'ambitions politiques et de carrière. A l'image de plein d'autres jeunes gens, la plupart, qui ont d'abord saisi Vichy - pardon de le dire ainsi mais je crois que c'est la vérité - comme une opportunité.

Ce qui les intéresse et les absorbe alors n'est pas, par exemple, les lois de 1940 et de 1941 portant sur le statut des Juifs.

J'hésite à l'écrire aussi brutalement mais je pense que pour le jeune Mitterrand d'alors, c'est l'indifférence sur cette législation, qui prévaut.

Après, plus tard, il y a la Libération, la libération des camps, la question Collaboration / Résistance, l'Epuration et... la reconstruction du pays.

François Mitterrand, à mon avis, épouse et s'identifie en tous points aux lignes de ce mouvement dans son ensemble.

La prise de conscience véritable de l'Histoire qu'il a traversée n'intervient que beaucoup plus tard, par à-coups successifs.

Je pense également que dans son obstination à refuser de reconnaître, en qualité de Président de la République, l'implication de l'Etat français dans le génocide, il faut y voir la position d'un témoin direct de cette période de l'Occupation, dont le point d'équilibre, ce qui structure son souvenir des choses, est la sauvegarde coûte que coûte du récit national post Libération dans lequel il avait encore et encore irrémédiablement besoin de croire.

@ JP

"Les Bienveillantes", bien sûr.

Mais je n'ai jamais pu lire ce livre. Je l'avais commencé quelque temps après sa parution. Je l'ai laissé au moment où dans une petite ville, je ne sais plus laquelle, quelque chose de terrifiant se prépare.

Je n'ai pas pu aller au-delà de cela.

Alex paulista

Cher Axel

AE délire sur de Gaulle, vous sur Mme Thatcher (que je ne porte pas dans mon coeur) pour repartir dans votre marotte anti-traders.
Mitterrand doit pouffer dans sa tombe...

Pour plus détailler ce que je reproche à Mitterrand: sa politique économique déplorable, sa manière d'utiliser Renault comme laboratoire social en échange de chèques en blanc de l'État pour les délires du PDG de l'époque, ce dont la régie ne se remettra qu'en liquidant toutes ses activités d'équipements électroniques à haute valeur ajoutée. Aujourd'hui ils ne font que la mécanique, et ont dû bien écraser tous leurs fournisseurs pour compenser.
Il y a aussi la mauvaise gestion payée avec la croissance systématique des charges sociales jusqu'aux niveaux record d'aujourd'hui, avec pour résultat la smicardisation de tous les salaires. Aussi le gel de toutes les réformes prévisibles et structurelles que l'Allemagne faisait au même moment. Même la réunification allemande de 89 n'a pas réussi à faire redescendre la performance allemande à notre niveau.
Plus toutes les mises sur écoute, les suicides de deux balles dans la tête...

La liste est tellement longue, pas besoin de parler de sa participation à Vichy, même si le contraste est visible par rapport à Giscard, par exemple.

jpledun@Veronique Raffeneau

"...Suite à ce billet j'ai recherché et listé pour mon travail les récits et les romans qui constituent la littérature de la Shoah..."

Je suis sûr Madame que dans votre liste figure "Les Bienveillantes".
Etrange roman avec un angle assez original qui nous fait découvrir entre deux vomissements, Lermontov et son "Un héros de notre temps" (entre autres).

oursivi@Admir

Qui en est responsable d'après vous ?
AdmEperdu

Ce qui est responsable est votre paranoïa concernant ce qui égratigne tonton et ce que le général n'a pu que faire... le Titanic cela devait être lui, forcément avec un si grand nez son vrai nom devait être Iceberg, et comme disait Gainsbourg, encore un juif...

Bon, ce que vous disiez à propos de Mimi était assez largement juste, quel besoin pathologique de convoquer le général dans l'argumentaire ? Nul ne l'avait introduit, sinon vous, vous auriez pu si votre obsession n'était bloquée sur 65, ou 8, ou je ne sais quoi, introduire Napoléon Louis 14 ou Henri 4, pour sortir d'autres figures marquantes à juste titre de l'histoire de France, et qui firent cependant beaucoup de conneries. Ou citer Chirac, qui ne fit rien que d'étaler son insignifiance. Mais le sujet ne portait pas sur eux ni sur la Joconde, Tamerlan ou Boris Becker, mais sur Mitterrand, sacré bon sang.

En nous remâchant du de Gaulle le vilain - bouh - vous nous parlez de vous sous un prêt nom maladroit.

Remarquez, j'aime bien les obsessionnels, mais là je crois que nous avons déjà croisé le fer sur ce sujet et aussi connaître vos arguments comme vous devez connaître les miens, donc je vais ménager mon énergie en lisant les "oeuvres" de Péan (qui dézingua aussi bien l'un que l'autre) quand j'en aurai envie. Il vaut toujours mieux s'adresser à Dieu qu'à ses saints.

AmenO

admirateur éperdu

@Oursivi

Votre commentaire n'apporte rien strictement rien et je trouve fort désobligeant que vous compariez les analyses de C. Melnik avec les délires de Laurent Remise.

Certes il est politiquement incorrect de critiquer quoi que ce soit dans l'oeuvre du Dieu Vivant mais je vous pose une et une seule question :

Croyez-vous que le noyautage systématique de la police, de la justice, des services spéciaux, des médias publics, etc. (De Gaulle disait à Foccart, cf Foccart dans ses Mémoires à propos des hauts fonctionnaires : l'important n'est pas qu'il soit compétent ou non, l'important c'est qu'il soit avec nous) que la barbouzerie et les polices parallèles comme le SAC n'aient pas fait régresser la démocratie en France pendant des dizaines d'années ?

D'où vient d'après vous cette propension en France depuis des dizaines d'années aux coups tordus pour abattre les adversaires ?

Je le répète il est parfaitement désobligeant de comparer les délires de L. Remise extraits d'un site plus ou moins nauséeux (et qui plus est amplifié par les hallucinations de L. Remise comme cet accord Bousquet - Mitterrand), et les analyses, argumentées de gens comme C. Melnik ou Pierre Péan.

Ce n'est pas parce que c'est "politiquement incorrect", que cela bouscule des légendes, que cela n'en est pas vrai.

Je dis et je maintiens que les pratiques de noyautage systématique des grands corps de l'état, des médias publics + la barbouzerie et les polices parallèles comme le SAC ont fait régresser gravement la démocratie en France.

Qui en est responsable d'après vous ?

oursivi@AdmirateurEtPerdu

"Combien de temps ont fait perdre cet étatisme délirant, cette conception de la société datant du 19ème, cette conception mafieuse du pouvoir ?"
Rédigé par: admirateur éperdu | 09 janvier 2010 à 09:53

Votre sortie est à peu près aussi inepte que celle de l'autre illuminé de L. Remise (qui ferait presque confusion entre hagard et hangar). Votre vision concernant de Gaulle est aussi caricaturale que celle d'Alex qui sorti des marchés et du thatchérisme trouve tout ringard et désuet (dix ans de retard). Ce qui est un peu risible chez Mitterrand est d'avoir tant critiqué de Gaulle pour finalement se couler dans ses pas, mais pas d'avoir comme lui tenté - avec moins de succès - de promouvoir une France autonome et d'avoir cru - peut-être ridiculement - à une essence supérieure de son pays dont elle éclairerait le monde. Leur vision d'un solide étatisme protecteur est celui dont beaucoup, fragilisés, rêvent désormais.

Ce n'est pas en attaquant les travers de de Gaulle que vous grandirez Mitterrand, et réciproquement, on n'est pas à "On refait le match" (êtes resté bloqué en 65 ?).

Il s'agit juste de moucher quelques cornichons qui inventent des accords ignominieux et ne s'excusent même pas de leur errance.

AO

Laurent Dingli

Tout ce que vous dites est très juste, Véronique Raffeneau, mais je suis plus circonspect que vous sur le fait que, dans les années 80, Mitterrand n'aurait pas mesuré ce que fut la Shoah et la collaboration active dans ce domaine. Mais peut-être vous ai-je mal lue. Quant à l'association burlesque Bousquet/Mitterrand pour les rafles de 42, mentionnée par Laurent Remise, d'autres internautes ont suffisamment répondu sur cette divagation pour que j'aie quelque chose à ajouter.

admirateur éperdu

Je constate que depuis quelques mises au point factuelles, les délires concernant les prétendues turpitudes de François Mitterrand ont cessé de prospérer.

@Alex paulista

Mitterrand aurait fait perdre 10 ans à la France dites-vous.

Et combien, la conception "mafieuse" du pouvoir qu'avaient de Gaulle et tous ses successeurs gaullistes a-t-elle fait perdre à la France et à la démocratie française ?

Puisque vous vous limitez à des affirmations sans argumentation, je vous livre une partie d'une analyse que je partage à 100 %. C'est extrait de "Politiquement incorrect" de C. Melnik :

".../...N'étant pas un Dieu unique et omnipotent, de Gaulle n'était pas non plus infaillible. Si je crois avoir identifié certaines de ses erreurs - qui étaient fort difficiles à supporter quand on avait la chance de le servir tant son orgueil ne les admettait pas -, on ne peut prétendre que sa politique "russe", son paternalisme en Afrique - "les négros", disait-il - , son rêve d'un tiers-monde imaginaire, sa tendance à la gesticulation internationale illustrée par le discours de Phnom-Penh ou le bizarre "Vive le Québec libre !", son hostilité à Israël, soient de glorieux succès. De même et sur le plan intérieur, l'étatisme délirant, un dirigisme d'un autre âge, un "grand dessein" mégalomane dont le France et Concorde seront les coûteux fleurons, l'instauration en France d'un ordre moral pesant - la dictature sur l'audiovisuel ! -, une conception monarchiste, voire mafieuse, du pouvoir ne sont pas à inscrire au bilan d'un grand démocrate.../..."

Combien de temps ont fait perdre cet étatisme délirant, cette conception de la société datant du 19ème, cette conception mafieuse du pouvoir ?

Pour ne prendre qu'un seul grief, cette conception "mafieuse" du pouvoir que C. Melnik a parfaitement illustrée dans ses nombreux ouvrages, que P. Péan a détaillée dans "L'homme de l'Ombre", Foccart pour faire tous les coups tordus pour le compte de de Gaulle, Pasqua ensuite dans ce rôle auprès de Chirac, cette perversion qui fait que ces gens pensent qu'un coup tordu peut tout régler en politique , cette conception de l'Etat qui a transformé notre pays en République bananière, combien de dizaines d'années cela a-t-il fait perdre à la démocratie de notre pays ?

Notre pays n'est pas, en dépit de nos proclamations, de nos rodomontades, un état de droit.

A qui la faute ?

Véronique Raffeneau

Merci à Mike et à a pour leurs encouragements.

Au fond, ce qui m’intéresse beaucoup dans le blog de Philippe c'est le comment je vais pouvoir affermir ou nuancer mon tout premier sentiment à la lecture de son billet.

L’endroit, les mots, là où ça grince et où ça continue de grincer.

Ici ce sont les expressions "succès facile" et "extrémisme de punition".

Suite à ce billet j'ai recherché et listé pour mon travail les récits et les romans qui constituent la littérature de la Shoah.

Selon moi, dans le domaine de la littérature, les choses basculent avec la parution en 1979 du livre de William Styron : "Le Choix de Sophie" (paru en France en 1981).

Des romans et des récits ont bien sûr auparavant fait mention des camps et de la déportation. Mais dans le domaine de la fiction c'est avec Styron que les abîmes de l'horreur deviennent implacablement perceptibles.

Parallèlement, la télévision, avec la diffusion en 1978 aux Etats-Unis d'Holocauste - 1979 en France - marque le début d’une prise de conscience collective, que "Shoah", le film de Claude Lanzmann (1985), consacrera.

Ce qui est marquant c'est le fait que les écrivains, les cinéastes et les historiens, parallèlement, ont accompli à partir des années 70 et tout au long des années 80 un même travail de recherche, de mise à jour et de mise en abîme.

A l'Histoire et à la littérature de la déportation se sont ajoutées et substituées celles de l’extermination.

Valerie

Vous me donnez envie de relire "La paille et le grain".

Rédigé par Monsieur [email protected] le 07 janvier 2010 à 23:57

Ca me fait penser a un titre "L'herbe et le foin"

Alex paulista

@Jean Reffait

Certains aiment le clair-obscur, les nuances où l'on aime à chercher la subtilité, le beau.
S'y cachent aussi la crasse, le sordide, les bas instincts. Même si on en tire de la belle poésie, la boue est toujours de la boue.

Je me sens plus comme les personnages des Choses de Perec, à la fin de l'histoire. Il faut savoir jeter les divans Chesterfield achetés aux puces pour un intérieur grand et lumineux.

La France a pris dix ans de retard sous Mitterrand, au risque de vous provoquer "un heurt en pleine poitrine".

jpledun@JR

Vous me donnez envie de relire "La paille et le grain".

Jean Reffait

Monsieur,
Vous méritez bien du respect pour le courage que vous montrez d'affronter les détracteurs de François Mitterrand, ces personnes qui ne se rendent pas compte qu'elles lui élèvent ainsi un cénotaphe qu'il n'eût pas espéré. Je ne vais pas importuner, intervenant bien tardif, vos lecteurs avec la réfutation des contre-vérités bétonnières dont je finis par trouver que l'énumération, à un tel point haineuse, est difficilement supportable,
Comme le hoquet dont on plaisante et qui, à la longue, devient un mal fatal
(le pape Pie XII en mourut). Il n'est pas nécessaire de me renvoyer à quelqu'illustre inconnu pour dire, comme à quelqu'un qui a bien réagi, à mon sens, et que je connais bien, que j'ai biberonné quoi que ce fût à quelque mamelle que ce fût. Vous méritez, Monsieur, que l'on vous lise en se présentant dans la vérité de chaque conscience. Seule.

Vous regrettez de n'avoir pu rencontrer François Mitterrand, et cette chance, je l'ai eue, sans jamais avoir quitté une gauche que je côtoie depuis mes plus jeunes années. Il ne m'a pas été nécessaire d'aller crotter mes souliers du côté de la cagoule, des vichyssois, maurrassiens ou non.
C'est tout simplement en m'en remettant à de jeunes amis communs (nous sommes tous vieux ou morts à présent) que je me suis trouvé face à un François Mitterrand, qui venait m'ouvrir lui-même en pantoufles ("charentaises," bien sûr), pour converser de ce qu'on appelait le Tiers-Monde (On a honte, à présent, de dire aux malheureux qu'ils le sont) et de l'avenir de ma Bretagne, dont, oublieuse des marins de l'Ile de Sein
et du Maquis de Saint-Marcel, la République s'occupait fort peu. Ces deux sujets, tricotés ensemble, firent que des liens nous firent nous sentir proches.
Peu de gens savent combien, en privé, François Mitterrand était facilement
courtois, avec cette distinction qui n'appartient qu'aux "grands". Impérieux
? Il apprit à l'être, la fonction, dans son cas, ayant créé l'Homme. Mais il commençait par écouter beaucoup. Il n'écoutait pas seulement, il entendait le non-dit. Ainsi montâmes-nous au palais d'Orsay (l'actuel Musée) tous les deux, un véritable "complot" pour imposer à l'assistance, qui n'en voulait
pas d'abord, une motion sévère à l'encontre du gouvernement d'alors, qui refusait de condamner le coup d'Etat des Colonels grecs. Tacticien somptueux, il se servit de moi, convaincu, pour convaincre une large
majorité et le Gouvernement se trouva sommé d'avoir à condamner la première résurgence fasciste en Europe, et, pis, dans notre patrie culturelle, la Grèce.

Car, ce qu'il a apporté à la France (et dans mon précédent billet je me suis prévalu de mon droit de parler de Patrie), c'est cette définition toute simple de notre identité : "Tout se résout en Culture". Si on s'en tenait à ceci, on absorberait comme autant de buvards accumulés, les stupidités qu'on
nous déverse quotidiennement, et que François Mitterrand, pour l'Honneur de la France, n'aurait pas tolérées :" identité dans la diversité", barbouillage verbal qui peut être lu en sens inverse.

Vous le retrouverez, Monsieur, dans quelques pages de "La Paille et le
Grain" dont la langue qu'il employa, atteint la beauté de notre prose française à l'égal des plus grands auteurs.

J'ajoute que je fus de ceux qui, François Mitterrand devenu Président de la République, se contentèrent de lui envoyer un mot de ci de là, et de me consacrer à mon métier et à ma famille. A mes idées aussi, ce qui, à travers ma collaboration - pas très resserrée - avec Madame Danièle Mitterrand, était une façon de le saluer encore de loin. Avant 1965, nous étions peu.
Après 1981, il y avait beaucoup de monde. Peut-être certains qui l'exècrent tant aujourd'hui, auraient-il souhaité alors une invitation de lui ?

a

@ Véronique Raffeneau

Beaucoup de subtilité, de culture et d'humanité dans votre contribution.

Mais que c'est peu à côté des torrents de désinformation, de mensonge, d'inculture sur ce fil.

Est-ce surprenant quand la seule chose qui intéresse certains c'est la diabolisation de l'autre pour essayer de masquer les turpitudes du camp qu'ils soutiennent ou la bonne conscience a posteriori.

A moins que ce ne soit que de la bêtise. Alors c'est grave, très grave...

mike

@ Veronique Raffeneau
Chapeau, madame !

Véronique Raffeneau

@ Oursivi

"Et puis, que Mitterrand ait été le produit de son temps, comme de son éducation et de son milieu, qu'il se soit laissé aller à quelques penchants antisémites et fascisants, est-ce si grave si comme le pensons, il ne prit aucune part dans les ignominies effectives de Vichy ?"

Ce qui est en question dans le billet de Philippe est sa position selon laquelle François Mitterrand, président de la République, aurait résisté au "succès facile" obtenu par Jacques Chirac à la suite de son discours du Vel d'hiv prononcé en 1995. François Mitterrand aurait ainsi su s'opposer et contenir ce que Philippe nomme "l'extrémisme de punition".

Vous évoquez le téléfilm consacré il y a quelque temps à René Bousquet.

Je pense que l'équilibre et la sobriété de ce téléfilm tiennent justement au fait que le discours du Vel d'hiv a permis d'expurger de nos têtes et de nos coeurs le poison lancinant - le passé qui ne passe pas, selon l'expression de l'historien Henry Rousso - qui faisait que les uns et les autres nous nous déchirions sans fin au sujet de ces années.

François Mitterrand, non seulement a été le "produit" de son époque, il a aussi été, je le pense profondément, à l'image de ces années d'après-guerre. Celles qui n'intègrent pas dans leur lecture officielle des années d'Occupation la catastrophe absolue s'abattant sur tout le continent européen entre 1938 et 1945.

Ce que je veux dire c'est que François Mitterrand, en même temps que nous tous, n'a pu prendre conscience que peu à peu de l'ampleur, du caractère spécifique et indicible de cette catastrophe.

J'ai mentionné plus haut la lecture du livre immense "Les Disparus" de Daniel Mendelsohn que je viens d'achever.

C'est le petit-fils, le petit-neveu de Schmiel et d’Ester Jäger, le petit cousin de Lordka, Frydka, Ruchele et Bronia, leurs filles, qui va pouvoir trouver en lui l'énergie, la lucidité, la clairvoyance, la paix pour rassembler et faire tenir ensemble les multiples récits embryonnaires chargés de tous les malheurs de la disparition de cette famille pour en construire un récit un et cohérent : un début, un milieu, une fin.

Je continue de penser que François Mitterrand ne pouvait pas assumer le récit et le versant français de cette tragédie européenne. Il lui fallait d'abord intégrer et assimiler tout ce que les survivants, les témoins, les historiens, les écrivains étaient alors en train de construire.

Entre le début des années 70, date à laquelle notre mythe national d'une France forcément que résistante s'abîme, et la déclaration du Vel d'hiv, il a fallu vingt-cinq ans.

Nous avions besoin de ce temps. François Mitterrand également.

"J’avoue que pour des raisons faciles à appréhender et qui tiennent à mon histoire familiale, l’attitude de François Mitterrand face aux multiples accusations qui ont cru l’accabler, m’a tout particulièrement intéressé" (le billet)

L'enfant, le jeune homme et l'homme Philippe Bilger ont dû, eux aussi, trouver à tâtons leur chemin pour devenir le fils d'un père réprouvé et condamné.

Je comprends que l'obstination de François Mitterrand ait pu pour Philippe être comme un secours. Dans son histoire familiale et intime, pour le petit garçon dont le père fut un maudit, quelqu'un, de loin, lui a tenu la main.

Admirateur Eperdu

@ Laurent Remise

J'ai vérifié sur l'ouvrage de référence "Une jeunesse française" de P. Péan.

Une fois de plus vous dites des énormités : Mitterrand n'a connu Bousquet qu'après la décision, acquittement, de la Haute Cour en Juin 1949. Et il l'a connu, comme je l'ai précisé via Jean-Paul Martin.

Bien évidemment il n'y a jamais eu "d'accord Bousquet - Mitterrand" en Juin 1942.

Mitterrand n'était ni Oberg, ni Darquier de Pellepoix ni Darland !

Comment pouvez-vous proférer de telles énormités, de telles ignominies ?

Intrigué, je suis allé sur le site que vous mettez en référence.Ce site s'affiche « Libéral et pro-américain", j’y ai passé quelques minutes : c'est un mélange de feuilles d’extrême droite et de Closer, le magazine qui vous dit tout sur les seins qui tombent, les vergetures et la cellulite de nos stars.

On y trouve un article de fond sur la chirurgie esthétique de S. Royal ou la sexualité d’une ex-éminence socialiste (il est bien clair qu’il ne peut y avoir de sexualité « trouble » qu’à gauche…ben voyons...).

On appréciera donc la qualité de vos sources...

Mais nulle part je n’ai trouvé cette énorme contre-vérité sur un "accord Miterrand - Bousquet" : cela sort donc, une fois de plus, de votre imagination enfièvrée…

Cela a un nom ce genre de pathologie et cela se soigne à deux endroits : chez le médecin spécialisé et dans les prétoires car il s'agit là d'une diffamation caractérisée doublée d'hallucinations graves.

Le drame c’est que c’est vous qui donnez le la sur ce fil avec un activisme forcené.

Le drame c’est qu’avec de telles sottises, les mensonges énormes, (la déportation des enfants juifs consécutive à "un accord Bousquet – Mitterrand",) il se trouvera toujours un naïf, un sectaire ou un salaud pour reprendre de telles âneries.

Je demande donc à P. Bilger qui en tant que magistrat doit savoir ce qu'il en coûte de diffamer ainsi de faire en sorte, non pas que de telles hallucinations disparaissent,car il est de la pédagogie la plus élémentaire que l'on sache que des individus sont capables de proférer de telles contrevérités,

mais qu'une mise au point ferme permette de rétablir un semblant de vérité en face d'un tel torrent de divagations.


Admirateur Eperdu

@Laurent Remise

Ca m'avait échappé : de plus en plus fort sous votre plume.

"Le 16 et 17 juillet 42, les Parisiens assisteront à la razzia par la police et gendarmerie française (grâce à l'accord Mitterrand-Bousquet), parmi cette razzia 4501 enfants. Le Général Guilbert, chef de la gendarmerie parisienne, sera le superviseur actif dans cette lâche besogne."

Au secours, au fou...

Et vous pensez que pour l'offensive Nivelle en 1917, c'est aussi Mitterrand qui est responsable ?

Et pour la retraite de Russie ?

En secret, je vous le confie, le génocide au Cambodge, c'est Pol Pot qui a été conseillé par Mitterrand. Idem pour la solution finale (la shoah...)

Pour être plus sérieux, vous rendez-vous compte du niveau de ce que vous écrivez ?

J'avoue être de plus en plus surpris par ce que l'on peut lire sur les forums et je citerai à nouveau Martin Luther King : "Rien n'est plus grave dans le monde que l'ignorance sincère et la stupidité consciencieuse".

oursivi@LDandCo

Cher LD, je salue avec retard votre excellent commentaire,

Rédigé par: Laurent Dingli | 31 décembre 2009 à 11:14

celui de Véronique un peu plus haut aussi, mais j'aime à les penser non antithétiques mais complémentaires de celui de PB, enrichissant de leurs lumières les contours esquissés par notre hôte.

Et, oui, je suis d'accord avec vous pour ne pas trouver normal que Bousquet ait bénéficié d'un régime de faveur bien peu républicain, mais cela devient encore plus difficile que de faire tenir tout cela ensemble si repense, peut-être à tort, à ce téléfilm où un Daniel Prévost bien utilisé donnait une tournure humaine à ce froid fonctionnaire-collabo, et cela nous renvoie aux "mansuétudes" de PB que vous vilipendez là probablement à raison.

C'est bien que de

Rédigé par: Laurent Dingli | 01 janvier 2010 à 18:57

douter ; "l'ami" (amateur de "pipeau enchanté" mais pas enchanteur) de JDR ne semblait pas en être capable que d'asséner pareille sortie que celui-là releva aussi à raison

Rédigé par: Jean-Dominique Reffait | 31 décembre 2009 à 01:58

et je reste fort étonné de cet "accord" (?) dont n'avais jamais entendu parler

"Le 16 et 17 juillet 42, les Parisiens assisteront à la razzia par la police et gendarmerie française (grâce à l'accord Mitterrand-Bousquet), parmi cette razzia 4501 enfants."
Rédigé par: Laurent Remise | 03 janvier 2010 à 00:55

qui fait dans son expression sans nuance, FM coauteur de la rafle...

Tous ses autres paragraphes sont bien connus et relativement attestés.

Je me souviens avoir entendu P Joxe interroger son père quant à la conduite de son mentor durant la guerre. La réponse fut claire. "Il a été complétement collabo puis complétement résistant", tout le contraire de Papon.

Et puis, que Mitterrand ait été le produit de son temps, comme de son éducation et de son milieu, qu'il se soit laissé aller à quelques penchants antisémites et fascisants, est-ce si grave si comme le pensons, il ne prit aucune part dans les ignominies effectives de Vichy ? Ce qui est intéressant est le chemin qu'il effectua, qui n'en fait pas un saint, ni son contraire, juste un homme qui chemine et s'égare.

AO

Admirateur Eperdu

@ Laurent Remise

Je vous envoie quelques SCUDS pour démontrer que 90 % de ce que vous écrivez est faux ou biaisé et vous répondez avec un copier-coller sur la politique anti-juive de Vichy et sur René Bousquet.

Et le summum, vous écrivez une énormité : "Pendant la collaboration, Mitterrand est donc à Vichy et fait la connaissance de René Bousquet, secrétaire général de la police."

Ah bon : où et quand ?

Et d'où sortez-vous ça ? De votre café du Commerce habituel ?

Si ma mémoire ne me trahit pas c'est faux et archifaux. Mitterrand connaissait Jean-Paul Martin qui a travaillé avec Bousquet mais je crois avoir lu que Mitterrand a rencontré Bousquet bien après la guerre comme des tas de gens qui le pratiquaient autant que lui : Mendès-France, Bourgès, Chaban et... Simone et Antoine Veil qui étaient au mieux avec René Bousquet jusqu'en 76-77.

Par contre vous omettez soigneusement de dire :

- que Mitterrand lui a été prisonnier en 40 et 41 pendant que d'autres, Chaban-Delmas, Debré, Couve de Murville, Léon Noël, Sanguinetti, Foyer servaient Vichy et au plus haut niveau.
- Pourquoi ne racontez-vous pas les sublimes carrières à Vichy des grands gaullistes ? Ils ont, pour la plupart servi fidèlement Vichy pendant 4 ans de 40 à fin 43 pour retourner leur veste fin 43. Mitterrand était prisonnier pendant 2 ans et après moins d'un an à Vichy dans un poste subalterne, il a eu une résistance sérieuse voire héroïque... sans uniforme de Général, lui ! Malraux lui s'était auto-proclamé Colonel au printemps 44... Quant à Foccart, il collaborait lui avec les nazis jusqu'en 43...

Le plus comique c'est votre vision de la carrière de "résistant" de la première heure "du Chaban" comme disait de Gaulle.

Lisez donc ce qu'en disait de cette carrière le Général Paul Grossin patron du SDECE sous de Gaulle (Guerre d'Algérie).

Si pour vous l'archétype du héros est Chaban-Delmas on ne s'étonnera pas que vous écriviez ce que vous écrivez sur Mitterrand.

Faux sur toute la ligne : vous avez gobé les plus grosses désinformations.

Pour terminer je vais vous citer ce que Paul Grossin disait de ces "résistants" : "Les vrais résistants, de Gaulle les a virés à coup de pieds dans le cul ; la plupart des "compagnons" ont soit fricoté avec les boches soit fricoté avec Vichy".

Et pour ceux qui ont fricoté longuement avec Vichy, il y a "le Chaban" : étonnez-vous qu'il n'ait jamais, lui, attaqué Mitterrand qui s'est infiniment moins compromis avec Vichy que "le Chaban".

Et Mitterrand avait des mots très cruels vis-à-vis de tous ces gaullâtres qui camouflaient leurs petitesses pendant la guerre derrière une gaullâtrie absolue...

Au lieu d'aller chercher vos sources sur des sites de désinformation, vous seriez plus avisé de lire par exemple "Un espion dans le siècle de Melnik", "Mille jours à Matignon" du même auteur, "Une jeunesse française" de Pierre Péan.

Le copier-coller à partir de sites plus que douteux ne fait ni la vérité ni la culture...

JL Ginoux

Il faut être honnête, l'arrivée de la gauche au pouvoir, ce n'était pas mon truc...
Mais le temps passe et l'analyse s'affine. De nombreux choix stratégiques, conséquences des présidences Giscard et Chirac, mais aussi sous Jospin à Matignon ont engagé la France dans des directions ne permettant pas le demi-tour. La grande majorité des choix de Mitterrand pouvaient être "démontés". Des trois il reste pour moi le moins toxique, à Maastricht près.

Lorsque l'on parle de Machiavel à son endroit, je crois qu'il restera pour moi un type capable de "vendre sa prostate".

Le mercredi ou jeudi qui précède le référendum sur le traité de Maastricht, il fait l'annonce officielle, au cours d'un discours télévisé, de sa maladie.
Il s'en suit une présentation par un homme "déjà ailleurs" de ce que doit être l'Europe pour les générations à venir. Le vieux sage n'est plus concerné à titre personnel, il parle depuis l'au-delà, il nous est revenu de chez la dame blanche, une dernière petite fois pour ne pas nous laisser choisir le mauvais chemin faute d'un vrai éclairage sur le sujet.

Nous connaissons la suite, 70% de votants, 51% de Oui.

Les analystes dont le travail est plus simple que celui des "prévisionnistes"... montrent que le vote des seniors a fait basculé vers le Oui, ce qui était tout à fait inattendu. Le rapprochement "avec la force de conviction" (enfant naturel de la "force tranquille") du président Mitterrand sera régulièrement évoqué.

Le cancer présidentiel connu des initiés depuis 1981 sera exploité au bon moment par un acteur hors du commun. Si un jour un film en est tiré, Michel Serrault manquera beaucoup au casting.

Voilà entre autre pourquoi malgré une solide réticence première, je partage avec vous une certaine admiration pour cet homme hors du commun.

Laurent Remise

Son passé collabo :

-Le 19 juin 1942, il arrive à Vichy et parvient à trouver un emploi de documentaliste à la légion des combattants et des volontaires de la Révolution nationale, sorte de parti unique qui reprend la propagande pétainiste. Dans les premiers mois de l'année 1942, François Mitterrand éprouve de l'admiration pour le maréchal Pétain et collabore à une revue de Vichy : "France, revue de l'Etat nouveau". Mitterrand est donc pétainiste.

-Dans une lettre retrouvée dans ses archives, François Mitterrand fait même l'éloge du SOL (Service d'Ordre Légionnaire), groupe paramilitaire chargé de pourchasser les ennemis du régime.

-Pendant la collaboration, Mitterrand est donc à Vichy et fait la connaissance de René Bousquet, secrétaire général de la police. En juin 1942, ce dernier négocie avec le chef de la police allemande les modalités de collaboration de la police française pour participer aux rafles des juifs. Les rares fois où François Mitterrand a accepté de parler de cette période, le président de la République se justifiait en expliquant qu'il n'était pas au courant de ce qui se passait pour les Juifs.

-Lors du vote des lois de 1941 qui excluent les Juifs de la communauté nationale, Mitterrand était en Allemagne. Toutefois, on peut remettre en cause cette version. Il est difficile de croire que Mitterrand ignorait le sort qui était réservé aux Juifs. Il était à Vichy lorsque les fonctionnaires de la police française arrêtaient les Juifs à Paris et dans la zone sud, sous les ordres de René Bousquet.

-En juin 1942, Mitterrand entre au service de presse du commissariat général au prisonnier. Au sein de cette organisation chargée de faire parvenir des colis aux soldats qui sont emprisonnés en Allemagne, Mitterrand s'occupe du bulletin de propagande. C'est au sein de cette organisation qu'il va faire la connaissance d'un groupe de résistants qui ont infiltré le commissariat général.

-Durant l'année 1943, Mitterrand prend ses distances avec Vichy. Il prend des contacts avec des groupes de résistants sans rompre définitivement avec Vichy puisqu'en avril 1943, François Mitterrand reçoit la francisque. Or, pour obtenir cette décoration, il faut en faire la demande en remplissant un formulaire sans ambiguïté : "Je fais don de ma personne au maréchal Pétain, comme il a fait don de la sienne à la France. Je m'engage à servir ses disciples et à rester fidèle à sa personne et à son œuvre".

-Plus tard, Mitterrand atténuera la portée symbolique de cette déclaration en affirmant qu'il était en Angleterre quand la Francisque lui a été remise. Sauf qu'il a signé avant de partir le formulaire pour l'obtenir.

Le 2 juillet 1942, Bousquet rencontre le SS Karl Oberg pour lui proposer l'arrestation de 20 000 juifs étrangers en zone occupé et 10 000 en "zone libre".

Le 16 et 17 juillet 42, les Parisiens assisteront à la razzia par la police et gendarmerie française (grâce à l'accord Mitterrand-Bousquet), parmi cette razzia 4501 enfants. Le Général Guilbert, chef de la gendarmerie parisienne, sera le superviseur actif dans cette lâche besogne.

La même année, 1943, ce même Gal Guilbert, parrain pétainiste de François Mitterand, lui remettra la francisque 3555.

-Au printemps 1943, Mitterrand hésite entre la résistance et le pouvoir de Vichy : dans la nuit du 15 au 16 novembre 1943, François Mitterrand s'envole pour Londres.

source : http://serumdeliberte.blogspot.com/2008/04/le-tonton-menteur.html

Voilà pour les précisions...

Admirateur Eperdu

@JD Reffait

Enfin des connaissances, du recul et de l'intelligence dans le commentaire. Désolé pour la flagornerie de ce commentaire mais quand je vois autant de sottises de gens qui ignorent les parcours à Vichy des Debré, Chaban, Couve, Léon Noël, Sanguinetti, Foyer... tous immenses gaullâtres sous la IVeme et la Veme...

Quand je vois au carrefour de Sèvres la plaque "Michel Debré résistant et homme politique", lui qui avait abjuré sa religion et prêté serment au Maréchal et qui occupait un poste important au Conseil d'Etat, nommé par Vichy (résistant peut-être mais après avoir été vichyste... et résistant bien tardif... lui n'avait pas été prisonnier pendant 2 ans).

Quand je voyais Chaban nous ressortir son uniforme de gégène pour aller au Mont Valérien... après si belle carrière à Vichy !

Quand je vois autant de sottises écrites sur cette période, je me dis que la c... et le mensonge ont encore des millénaires de prospérité devant eux !

@yves bouant

D'Ormesson a raconté plusieurs fois son RV avec François Mitterrand. Il est dommage que la première relation de cette rencontre que j'ai entendue ait été à mon avis trop marquée, par les besoins de la promotion de son ouvrage qui sortait : en d'autres termes, comme c'était peu de temps après la mort de Mitterrand, il était de bon ton de piétiner un peu Mitterrand.

Je l'ai entendu il y a quelques semaines faire la relation de cette rencontre : bizarrement c'était infiniment plus apaisé et il n'y avait plus cette volonté de noircir son interlocuteur... qui ne pouvait répondre.

Sans doute pas de promotion d'ouvrage en vue...


Admirateur Eperdu

@Laurent Remise

Il faudrait quand même que vous vous renseignez, que vous lisiez un peu des ouvrages sérieux, tant votre charge ressemble à ce qui s'est écrit de plus sectaire et remarquable en tant que désinformation.

Loin de moi l'idée de dire que Tonton était un Saint, le président de la Veme dans une république bananière comme la France ne peut être un saint, mais cette diabolisation est grotesque par les mensonges qu'elle contient, les omissions, les parti-pris et le sectarisme qu'elle démontre.

On pourrait reprendre une à une vos charges mais je ne vais prendre que le plus gratiné :

- Mitterrand avant-guerre : certes il était de droite mais vous dites des énormités. Lisez l'ouvrage de P. Péan et vous verrez d'une part quel âge il avait et ce qu'il a fait,

- Mitterrand et Vichy : il vous a échappé que Mitterrand était prisonnier en 40 et 41 ce qui n'était pas le cas de Messieurs Chaban-Delmas, Couve de Murville, Debré, Foyer, Sanguinetti, Léon Noël, etc. qui ont tous eu des postes prestigieux à Vichy...

Pourquoi omettez-vous de dire qu'il a été prisonnier pendant 2 ans ?

Puisque Chaban est de votre Panthéon, renseignez-vous sur ses amitiés en 39 - 40 et sa carrière dans des cabinets ministériels à Vichy afin de s'auto-proclamer Général à 29 ans ce qui a fait écrire à certains milis à l'été 44 sur les murs des casernes parisiennes : "L'entrée est interdite au généraux non accompagnés par leurs parents !"

"Le Chaban" comme disait MonGénéral ! Lisez ce que dit le Gl Grossin ancien patron du SDECE de ce sauteur dont de Gaulle ne fera jamais un ministre. Pourquoi ?
Chaban "désintéressé" ? Autant que la fiscalité et sa feuille d'impôt le permettaient !!!!

Est-ce que cela vous gêne les parcours de hauts fonctionnaires de ces gens-là, tous éminents "compagnons" de de Gaulle ? Connaissez-vous les carrières de ces gens-là ?

Elles sont à Vichy autrement plus prestigieuses que celle de Mitterrand. Renseignez-vous : vous aurez des surprises...

Mais il n'y a que Mitterrand qui vous choque... Bizarre quand même que ces oublis, non ?

Quant à Foccart, lui collaborait avec les nazis de l'organisation Todt...

- Les écoutes : bien évidemment cela a commencé avec Mitterrand et cela s'est terminé avec lui.

Comment peut-on écrire de telles sottises ! C. Melnik en pleine polémique sur les écoutes de l'Elysée à raconté que sous de Gaulle on écoutait 100 fois plus et il sait de quoi il parle : il en était responsable de 59 à 62. Il raconte même que Foccart en se cachant derrière l'autorité de de Gaulle a fait assassiner 550 personnes par les services spéciaux.

Cela ne vous choque pas, je suppose ?

Croyez-vous que les écoutes, illégales, n'existent plus en 2010 ?

Savez-vous pourquoi des pleureuses comme Plenel ont été écoutées ? Farewell et les dérapages du Monde et de Plenel sur ce dossier, cela ne vous dit rien ?

- L'Observatoire : il a eu tort de se croire plus malin que ses ennemis comme F. Mauriac l'a écrit. Mais il y a eu complot sans doute monté par les gaullistes dont M. Debré très mal à l'aise suite à l'affaire du bazooka et La Malène qui étaient derrière Pesquet. Bourgès et Mendès avaient eu aussi été approchés par Pesquet. Apparemment vous ignorez qui était derrière Pesquet... Dommage.

- Bérégovoy : ce n'est pas parce que H. Marty-Vrayance a désinformé des benêts que vous êtes obligé de reprendre ce que dit cet illuminé. Un type sérieux comme B. Collombat a mené l'enquête et démoli une à une les contre-vérités balancées par ce désinformateur des RG,

- Grossouvre : idem mais là c'est Pierre Péan qui a très bien connu Grossouvre et qui n'a aucun doute après son enquête sur son suicide tant ce type approchait la folie à la fin de sa vie .Ce n'est pas parce que ses confidents étaient la lie de la république, les Barril et autres barbouzes, qu'il complotait contre son ami que vous êtes obligé de tout croire...


Votre charge, à laquelle on peut répondre point par point, démontre un aveuglement et un sectarisme malheureusement très très répandus.

Notre pays adore ces diabolisations qui font fi de la réalité et des faits.

Le sectarisme et les ragots du café du Commerce font mauvais ménage avec l'histoire.

A moins que ce ne soit de l'ingénuité, de la naïveté, et je citerai M. Luther King : "Rien n'est plus grave dans le monde que l'ignorance sincère et la stupidité consciencieuse".

PS : dans les gens "désintéressés" vous rangez tous ceux qui autour de de Gaulle ont fait des fortunes immenses ? Tous les "compagnons" ceux que l'on a appelés à juste raison "les copains et les coquins".

Il vous faudrait lire autre chose que du Max Gallo et "L'histoire pour les nuls".

Tant de naïveté (?) comparée à votre charge anti-Mitterrand est d'un comique...

Il vous faudrait lire une bonne vingtaine de bouquins de gens sérieux, pas de bouffons, pour réviser votre vision de l'histoire qui est quand même du genre "Oui-Oui et la Veme République" !

Laurent Dingli

PS: Après relecture, deux cas d'atrocités que j'ai cités ne me semblent pas être le fait de la Wehrmacht mais des bataillons de police et de la SS (les juifs jetés dans des puits et brûlés dans leur synagogue) ; je n'ai pas le temps de vérifier, mais je tenais à mettre cela au conditionnel en attendant une confirmation, afin de ne pas écrire n'importe quoi...

Laurent Dingli

Jean-Dominique Reffait et Oursivi,

Une dernière question sur le sujet : trouvez-vous normal que le grand homme, François Mitterrand, ait fait pression, via le Parquet, pour que son ami René Bousquet ne soit pas jugé ?

Valerie

Je constate à la lecture de ce billet et des nombreux commentaires s'y rapportant que notre ancien Président, décédé il y a presque 14 ans, génère toujours autant de passion. Cette forme d'immortalité doit le rassurer.

MS

Etonnée,

Votre étonnement est un peu étonnant.

Je n’ai pour François Mitterrand ni admiration ni détestation particulières. Il ressemble à ce que nous sommes. Les ressorts qui furent les siens sont les nôtres. Les hautes sphères (qualifiées comme telles) amplifient un effet de levier pour le meilleur comme pour le pire. La dissimulation, la combine, le mensonge se trouvent partout. La main de Thierry Henry prend des proportions délirantes, celle d’Henri Thierri en division d’Honneur est du même acabit sans le même impact.

Dans la conclusion de son billet "Indignations", Philippe Bilger écrit ceci : S'il y a une hiérarchie des turpitudes, qui, quel Etat peut toutefois donner des leçons ? Triste tolérance que celle qui résulte d'un partage universel des maux.

Que serait alors une heureuse tolérance ?
En amont, celle d’où procéderait - forcément - de moindres maux, sans pouvoir les prévenir ni les retenir tous, mais en asséchant quand même sensiblement leurs flots. Une forme d'indulgence.

En même temps, n’est-ce pas la conscience même de l’universalité du mal qui peut seule, dans cet aller-retour permanent de soi aux autres, conduire à cette tolérance ? La supériorité morale ne peut que mettre à l’index, étalant son sectarisme au nom même du bel esprit si peu sectaire dont elle se réclame. Cet aveuglant paradoxe ne saurait guère l’effleurer, vieille histoire de poutre et de paille.

Dans la hiérarchie des turpitudes, tout le mal à la base vient peut-être justement de ce que l’on place et regarde et combat la paille avant la poutre.
Nos maux ont six milliards de sources dont une, c’est décourageant.
D’où sans doute notre perpétuel besoin cathartique de bons boucs émissaires.

Jiel

Après qu'"Etonnée" nous ait (très bien) résumé ce que certains dans mon genre pensent du grand homme, je propose un étonnement d'une autre nature :
Au moment où j'écris, 41 commentaires ont été écrits. Parmi ces 41 commentaires, 26 portent (parfois exclusivement) sur la période de la dernière guerre mondiale... qui n'est pas vraiment le sujet mis en avant par Philippe. Chacun a le droit de digresser, certains ne s'en privent pas. Mais qu'est-ce que ça veut dire ici ?
1- je suis né peu après la guerre et depuis tout ce temps j'ai le sentiment que chaque sujet, sans exception, y ramène 60 ans plus tard... On ne se remet sans doute pas d'une telle épreuve pour ceux qui l'ont vécue, mais quelle génération pourra aussi, de temps à autre, débattre en faisant référence, disons, seulement au dernier demi-siècle ? Cicatrice longue à refermer !
2- à propos de Mitterrand, 2/3 des commentaires parlent de la période de Vichy ; il a quand même fait pas mal de choses bonnes (certains le pensent) et mauvaises ensuite... sans laisser plus de traces que ça ? Président de la République deux fois, ça inspire moins que la collaboration et la résistance, qui sont de l'histoire (récente !) pour les 2/3 des français vivant aujourd'hui.
3- "avant", c'était différent ! On oubliait la guerre précédente en prenant sa revanche avec une nouvelle guerre... Là, il n'y a pas ! La guerre aurait-elle la caractéristique particulière d'être remâchable à l'infini ?

Laurent Dingli

@ Oursivi,
Je ne vois pas de contradiction entre mon préambule et mon développement. Je dis qu'il est normal que la France démocratique assume l'héritage de la France qui ne l'était pas, comme il est normal que l'Allemagne assume le sien. Là s'arrête la comparaison et j'ai pris soin de ne pas comparer les deux cheminements, ce qui serait bien entendu absurde. Il ne s'agit pas de se fustiger à l'infini, de s'enferrer dans une culpabilité générale qui n'aurait pas de sens, mais de prendre en compte le fait que l'attitude de la France à cette époque a été complexe et loin d'être aussi tranchée qu'une réécriture postérieure des faits l'a laissé entendre. Jean-Dominique Reffait l'a rappelé et je le suis sur ce point (mais pas quand il utilise cet argument pour dédouaner François Mitterrand). Comprenez donc, cher Oursivi, que ce thème de la "parenthèse" vichyste a permis, pendant trop longtemps, de jeter un voile pudique sur nos propres errances, et qu'il a permis, paradoxalement, de curieuses reconversions dès l'après-guerre suivant l'allégeance souvent tardive et opportuniste que les personnes concernées faisaient au général de Gaulle. Pendant longtemps, nous avons oscillé entre deux images tout aussi fausses, celle d'une France résistante, et celle d'une France collaboratrice. Le thème de la parenthèse a favorisé ces deux visions extrêmes. Il possédait sans doute des vertus dans l'immédiat après-guerre, dans le sens où il fallait tendre vers la réconciliation nationale - l'épuration sauvage des premières semaines de la Libération, l'atmosphère insurrectionnelle de 1947, entretenue par le PCF, sont là pour en témoigner. Il a fallu attendre la diffusion du Chagrin et la Pitié, et surtout la thèse de Paxton, qui penchait peut-être trop dans un sens, pour essayer de rééquilibrer les choses. Nous, historiens, savons que, non seulement la mémoire, mais aussi l'Histoire, obéissent à un mouvement de balancier. Il faut du temps pour s'approcher d'un certain équilibre lequel demeurera toujours imparfait. Il ne s'agit donc pas seulement d'une question de justice, mais aussi de réflexion, de compréhension de notre histoire. Le thème de la "parenthèse" ne rend pas bien compte de la réalité et notamment du parcours d'un certain nombre de Français qui fut tout sauf linéaire. Quant à Jacques Chirac, a-t-il eu raison d'assumer la responsabilité de l'Etat français ? Je le crois sincèrement, d'autant que le président avait pris soin de dissocier les responsabilités. Rappeler cette souillure, qui fut le fait de certains et non pas de tous (les Français ont sauvé beaucoup de juifs de la déportation), n'est pas faire oeuvre de confusion, ce n'est pas avilir non plus la tradition humaniste française, c'est au contraire l'honorer, en dissociant avec nuances les responsabilités, celle des policiers qui ont obéi sans sourciller et celle des fonctionnaires qui ont été prévenir des juifs qu'on allait arrêter.
Et puis, d'une manière générale, il ne faut pas être trop naïf, l'histoire comme la justice sont faites par les vainqueurs.

Véronique Raffeneau

Philippe, je voudrais mentionner la lecture de cette somme, "Les Disparus" de Daniel Mendelsohn, que je viens d'entamer depuis vos très récents billets où vous évoquez Auschwitz, Pie XII et François Mitterrand.

Ce livre était à ma portée depuis sa parution. J'en avais différé la lecture à un plus tard indéterminé. Car il me faisait peur.

Je voudrais juste dire la très grande beauté déchirante de ce tombeau en souvenir de la famille Jäger assassinée dans une petite ville alors encore polonaise. Un père, une mère, leurs quatre filles. Six parmi les six millions.

Et cette quête tragique de l'auteur pour retrouver et rassembler les vérités poignantes de l'histoire de ce frère, de cet oncle, de ce grand-oncle qui se débat pour survivre lui et sa famille dans un enfer polonais.

Il y a aussi, lu il y a quelque temps, "Badenheim 1939" de Aharon Appelfeld et son épilogue glacial où se casse le destin suspendu au-dessus du vide d'une communauté de curistes mélomanes, extravagants et loufouques, prise au piège dans une petite ville thermale.

En parallèle de ce que les historiens décrivent implacablement, la littérature reconstruit ce qui a disparu. Et nous sommes figés par la terreur et le chagrin.

Jean-Dominique Reffait

Mon cher Laurent, je ne compare pas les conduites dans le détail. Je faisais simplement état de la situation de Vichy et des très nombreux résistants qui espéraient en obtenir quelque chose jusqu'au retour de Laval. Les conduites des uns et des autres furent ensuite singulières. Ou as-tu vu cependant qu'il répertoriait les juifs ? A ma connaissance, il ne s'est occupé que des prisonniers de guerre.
Qu'il fut proche de la Cagoule avant guerre est incontestable. Il a cependant lié des amitiés déterminantes pendant la guerre et en captivité, notamment avec Georges Dayan, sans doute à l'origine de sa conversion à la gauche aussi bien qu'à l'abandon de l'antisémitisme, ainsi que Patrice Pelat, communiste à l'époque.

Je crois que vous faites une interprétation outrancière de ce que fut Mitterrand, loin d'être un saint, détestable si l'on veut à bien des points de vue, mais son parcours n'est pas indigne.
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Etonnée

Toutes coïncidences entre les intrigues de M. Mitterrand et l'intérêt national ne sauraient avoir été que fortuites et involontaires.

Il aura montré constamment de la perversité et des capacités de pourrisseur au-delà de la moyenne.

La gauche ne s'est jamais remise de sa présidence.

La France ne s'est jamais remise du programme commun.

Rocard ne s'est jamais remis de Tapie, piloté par votre grand homme.

Un grand policier s'est retrouvé déshonoré par les écoutes qu'il lui a imposé de faire.

Sa femme a été privée de sépulture commune, après qu'il lui ait fait un enfant dans le dos.

Son médecin a été contraint au parjure.

Ses proches sous influence au suicide.

Pourquoi évoquer la haine persistante de certains Français alors qu'il ne s'agit que de dégoût ?

Il faut sans doute une longue fréquentation de ce que la société propose de pire pour s'exalter ainsi.

Très surprenant.


Laurent Remise

Jean-Dominique, nous nous connaissons sous d'autres cieux et votre commentaire me laisse perplexe.
Comment oser comparer les conduites de Mitterrand et de Chaban-Delmas pendant la guerre ? Je viens de rappeler ce que fit Mitterrand. Tout le monde sait que Chaban a été un résistant de la première heure, plus jeune général de la Résistance de France. Chaban n'a pas attendu fin 43 pour entrer en résistance. Chaban n'a pas fait une campagne législative de 45 sur des thèmes fascisants. Mais Chaban était un radical-socialiste alors que Mitterrand un fascisant dès avant-guerre...
Et puis sommes-nous si certains que cela que Mitterrand a évolué avec conviction de l'extrême droite vers la gauche ? N'a-t-il pas toujours favorisé l'extrême droite et Le Pen en changeant la loi électorale qui favorisait l'entrée du Front National au Palais Bourbon dans le seul but de mettre la droite en minorité ?
A titre personnel j'ai plus de tendresse pour un Président qui a vendu l'Humanité Dimanche que pour celui qui a milité à côté des cagoulards et qui a travaillé à Vichy pour répertorier les juifs français... Question d'honneur et de point de vue.

Laurent Dingli

Bernardini,
Vous avez absolument raison, c'est une erreur de ma part, puisque j'ai confondu le père et le fils. Merci pour votre rappel et cette citation du Chagrin et la Pitié à laquelle je faisais référence. Je comprends que vous condamniez ceux qui ont conspué Mitterrand après l'avoir adoré, mais avouez que son attitude avait de quoi troubler plus d'un de ses fidèles. Il fallait tout de même une certaine dose de perversité pour faire dîner Jacques Attali à la même table que Bousquet, organisateur de la Rafle du Vel d'Hiv. Pour le reste, je maintiens ce que j'ai dit et rejoins les commentaires nuancés de Véronique Raffeneau sur le sujet et de Catherine Jacob sur l'homme.

Véronique Raffeneau

@ oursivi

Quand Jacques Chirac reconnaît officiellement l'implication de l'Etat français dans le projet nazi d'extermination des juifs d'Europe, il s'appuie sur des travaux d'historiens qui depuis le début des années 70 ont contribué à fragiliser et à pulvériser le mythe d'une France que résistante.

Je ne méconnais pas l'argument gaulliste repris et défendu par François Mitterrand d'un gouvernement de Vichy, selon les mots du général de Gaulle "nul et non avenu".

Mais sous couvert de cette vision uniquement littéraire et juridique, notre pays s'est refusé pendant des décennies à affronter les vérités de ses années d'Ocupation.

Il faut rappeler, toujours, à l'initiative seule du gouvernement de Vichy la commission de révision de 500 000 naturalisations prononcées depuis 1927. 15 000 personnes ont été ainsi privées de la nationalité française. On leur a repris ce qui leur avait été donné.

Il faut dire les deux statuts des juifs promulgués par Vichy en 1940 et en 1941.

Il faut simplement dire qu'une partie de nos concitoyens, parce qu'ils étaient juifs suivant des critères instaurés par le gouvernement de Vichy, a été définitivement séparée de la communauté nationale, qui l'a de cette façon privée d'une protection et d'un secours.

Pour ne pas avoir à affronter ces vérités, est-ce suffisant de dire que la France n'est responsable de rien puisque Vichy n'était rien aux yeux du général de Gaulle ?

Vous savez, Philippe, moi, d'autres, plein d'autres, alors que nous sommes de la génération d'après et d'encore après, parce que tous, à un titre ou à un autre, dans les parallèles, les chagrins et les sinuosités de la vie, parce que cette tragédie a fait du mal à nos grands-pères et à nos pères, nous avons une obligation de vérité.

Je pense que c'est très précisément là qu'il faut situer le discours de Jacques Chirac. Je pense également que lui a pu assumer cette vérité car il appartient à la génération d'après.

Je voudrais ajouter que concernant la position de François Mitterrand, on oublie trop facilement que FM a été très contemporain de ces années.

En raison de sa proximité générationnelle avec la période de l'Occupation, pouvait-il accepter de regarder totalement en face ce qui au fond de lui-même, entre lui et lui, a pu peut-être constituer un de ses grands dilemmes et déchirements. Celui de n'avoir pas su vouloir voir alors ce qui était en train de se passer.

SR

Sur le site de Marianne le titre est plus complet "Mon François Mitterrand, je l'aime de droite", au moins c'est plus complet. Mais quelle bluette nostalgique, il y a tant à dire, qu'il vaut mieux ne pas commenter.

Bernardini

@ Laurent Dingli

Vous écrivez : "...ou le cas d'un ancien président de la République, comme Giscard d'Estaing qui, au procès de Riom, croyait dur comme fer que le maréchal allait faire cesser cette mascarade de procès dès qu'il saurait la vérité ! sissi, comme dirait Cactus..."

Excusez-moi de vous reprendre, mais Giscard d'Estaing - je veux dire celui qui fut président - avait 16 ans au moment du procès de Riom (hiver et printemps 1942)... Vous voulez parler de son père, Edmond Giscard, conseiller d'Etat, qui a tenu à Pierre Mendès-France les propos rapportés par celui-ci dans le film sorti en 1971 "Le chagrin et la pitié":
« Il y a un homme qui est venu le lendemain voir Rochat [l'avocat de P. Mendès-France], je ne sais pas si Rochat vous a raconté ce détail, et qui lui a dit : je suis pétainiste, je suis indigné par ce que j'ai vu hier, c'est abominable, c'est un scandale. Le Maréchal ne peut pas savoir des choses pareilles. On trompe le Maréchal. Il est indispensable que le Maréchal soit prévenu et averti. J'ai vu que vous avez fait prendre la sténographie de l'audience, est-ce que vous pouvez me donner une sténographie que j'apporterai au Maréchal lui-même. Rochat lui a procuré une sténographie. Il a été chez le Maréchal, qui n'a naturellement eu aucune suite. Et l'homme qui a fait cette démarche était un conseiller d'État qui s'appelait Giscard d'Estaing. »

Il a été nommé grand officier de la Légion d'honneur et a été décoré de l'Ordre de la Francisque sous le régime de Vichy.

Quant à François Mitterrand, Charentais comme moi - mais que je n'ai jamais aimé - j'ai ressenti pour lui une sorte de compassion vers sa fin, au moment de l'affaire Bousquet (qui était son ami et qu'il avait toujours reçu chez lui, à Latché notamment...). Il me faisait penser "au Lion devenu vieux"; ceux dont il avait fait la carrière se croyaient obligés de venir en dire du mal devant les journalistes ou à la TV. Par charité je ne citerai pas de noms. C'était au-delà du lamentable. Oui, à ce moment-là, j'ai ressenti quelque chose pour lui, à la mesure de la petitesse et de l'ingratitude de ses courtisans et de ses débiteurs.

Catherine JACOB

J'ai relu trois fois ce billet sans réussir à en comprendre les véritables intentions. De ce point de vue au moins, du pur mitterrandisme, c'est tout ce que je puis dire.
Du coup et vu que je ne sais pas ce qu'il en est, je ne peux même pas biaiser le sujet par le moyen de quelque digression savante.
J'ai jeté un coup d'oeil sur la biographie de ce personnage trouble et au fond cruel que vous évoquez et qui m'a toujours paru plus rusé que véritablement intelligent car pour moi il n'y a pas d'intelligence sans un minimum de sincérité et j'ai été intéressée d'apprendre qu'il avait été fiancée à celle qui fut ensuite l'épouse de l'homme de télévision Pierre Sabbagh, créateur de cette émission que j'avais le droit de regarder et qui me plaisait beaucoup : "Au théâtre ce soir".

oursivi@LD

"ont eu tort d'assumer, tant bien que mal, le lourd héritage du national-socialisme,"
LD
Bizarre, votre analyse
"bien sûr que l'autorité qui se proclamait l'Etat français n'avait aucune légitimité, si ce n'est, comme JDR l'a rappelé à juste titre, celle d'une opinion paniquée par la défaite, lasse de la guerre et en quête de repères, laquelle opinion n'a aucune valeur sur le plan démocratique"
dit le contraire de ce préambule.

Bien sûr, comparer le choix démocratique que fit l'Allemagne donnant le pouvoir - certes dans un contexte on ne saurait plus trouble et même électoralement de façon ambiguë puisque même après plusieurs mois d'exercice déjà despotique jamais au-delà de 45% - à l'Adolf (qui aurait préféré l'Adolf évita eut la Dolce Vita) à un pays qui, envahi, se plia à qui voulut bien trouver un honteux mais compréhensible modus vivendi avec son envahisseur, est bien osé.

Le choix de Chirac m'a toujours laissé mitigé, puisque si ce sont bien des fonctionnaires sous les couleurs de l'autorité française qui ont relayé parfois avec zèle les infamies nazies, ceux-là ne furent jamais légitimés démocratiquement par la nation, ses seuls hauts représentants ayant pris sur eux de confier à une figure symbolique, les clefs de ce qu'il restait de pouvoir en France.
On sait qu'il y eut ici une minorité de résistants, une semblable de collabos et une écrasante majorité d'attentistes, reflétant assez bien ce que constatons tous les jours dans notre vie quotidienne.
Alors... que la France doive faire amende honorable dans son ensemble me paraissait un peu extravagant, qu'elle taise cela aussi, il y avait peut-être une autre forme de prise de conscience à inventer, mais l'essentiel est encore, est toujours, qu'aucun fait historique ne soit occulté, que la lumière soit faite, dans toute sa crudité et qu'elle éclaire toutes les contradictions, les recoins.

AO

Laurent Dingli

Ouaouh ! quel scoop Oursivi ; vous êtes tout plein mignon de naïveté si vous croyez m'apprendre que des Français, même juifs, étaient attachés au Pétain de la Grande Guerre. Je pourrais aussi vous citer ceux qui, comme Bloch-Lainé, ont été haut-fonctionnaires de Vichy ou le cas d'un ancien président de la République, comme Giscard d'Estaing qui, au procès de Riom, croyait dur comme fer que le maréchal allait faire cesser cette mascarade de procès dès qu'il saurait la vérité ! sissi, comme dirait Cactus. Bref, je ne vois pas le rapport avec ce que j'ai écrit et en quoi cela justifie, innocente et purifie le parcours du grand homme. Je rejoins pour beaucoup le commentaire de Jiel sur Tonton. Ceci dit, je ne vais pas insulter ledit Tonton après l'avoir adoré, ayant été moi-même un tontonolâtre échevelé quand j'avais vingt ans... Pas mon genre.

Laurent Dingli

Encore quelques mots, si vous le permettez. Le thème gaullien et mitterrandien de Vichy, accident ou parenthèse de l'histoire de France, dont la République refuse pour cette raison d'assumer l'héritage, ne m'a jamais satisfait ni convaincu. Si l'on transposait cette curieuse logique à l'Allemagne, il faudrait donc en conclure que la République fédérale allemande, puis l'Allemagne réunifiée, ont eu tort d'assumer, tant bien que mal, le lourd héritage du national-socialisme, de même que la République de Weimar n'aurait pas dû assumer le catastrophique héritage de la guerre impériale (à vrai dire, elle n'avait pas le choix). Entendez-moi bien, je ne compare évidemment pas la France occupée et le régime hitlérien, l'agressé et l'agresseur, je dis qu'il y a une hypocrisie et une volonté d'évacuer les responsabilités françaises, aussi relatives et minimes fussent-elles, au moyen du mythe de la parenthèse. Bien sûr que l'autorité qui se proclamait l'Etat français n'avait aucune légitimité, si ce n'est, comme JDR l'a rappelé à juste titre, celle d'une opinion paniquée par la défaite, lasse de la guerre et en quête de repères, laquelle opinion n'a aucune valeur sur le plan démocratique (je n'entre pas ici dans les détails des pleins pouvoirs accordés à Pétain par une chambre issue du Front populaire). Je considère donc, pour ma part, que Jacques Chirac, pour qui j'ai souvent eu des propos assez durs, a eu parfaitement raison d'assumer cet héritage, comme il a eu raison, à propos d'un tout autre événement, d'évoquer la responsabilité de la France dans les massacres commis en 1947 à Madagascar par l'armée et la police françaises (sous un gouvernement de gauche). Ce n'est pas une question de courage, mais de justice.

oursivi@LD

Fort puissant billet, M. PB, encore bravo pour l'exercice de tissage des contraires.

Sur le Mitterrand vichyssois, j'y vois plus ce goût incoercible qu'il avait du pouvoir et de l'action qu'une adhésion réelle aux thèses maréchalistes, car n'oublions pas qu'il y arriva suite à une évasion de stalag, pas précisément le genre de provenance ni de parcours qui inclinent à se mettre aux services de l'occupant le coeur léger et conciliant, et si je ne m'abuse il s'y occupa du sort des prisonniers, ce qui n'est pas précisément de la collaboration au bon déroulement de l'annexion de la France...

Pour mieux comprendre ce que ces gens qui "servirent" Pétain de ces tâches administratives avaient en tête, pour sentir ce que PB y pressent - et pour lui donner un argument pour ce faire - je vous conseillerais, cher LD, de revisionner les entretiens que Raymond Aron livra à Missika et Wolton, 81-83 je ne sais plus, notamment la partie de ceux-là où il évoque sa "tendresse" (je ne me souviens plus de son terme exact) pour le Maréchal de 14-18, son désir d'alors, son attente que soit révélé à la fin des fins, ou plutôt juste avant, un revirement de celui-là, une volte-face qui dirait son exécration de la tâche sordide qu'il se serait imposée, pensant à la sauvegarde du plus grand nombre...!

Oui, fort étonnant de la part d'une intelligence telle celle d'Aron, moments de confidence qui disent si bien la confusion qu'une histoire trop tourmentée et riche avait pu faire naître, y compris dans les plus beaux esprits, même dans ceux que la naissance auraient dû faire ennemis jurés de tout ce qui touchait de près ou de loin Vichy.

On le sait depuis longtemps, juger hors contexte n'a aucun sens.

AO

Laurent Dingli

J'ajoute que le mot de "courage" utilisé par François Mitterrand ne change pas le fond, à savoir qu'il s'agit d'un hommage. Quel courage y a-t-il d’ailleurs à tirer une balle dans la nuque d'un enfant de huit ans ? A brûler des juifs dans leur synagogue, à les jeter vivants dans un puits ? Quel courage y a-t-il à fusiller des tirailleurs sénégalais, prisonniers de guerre, uniquement parce qu'il sont noirs ? A fusiller des civils comme en Belgique, au Luxembourg, et dans toute l’Europe occupée ? Quel courage y a-t-il à laisser mourir de faim et de froid deux millions de prisonniers de guerre soviétiques, en les poussant parfois à commettre des actes de cannibalisme (ce que feront les mêmes soviétiques avec leurs prisonniers allemands) ? Ce n'est pas du courage, mais du fanatisme et de la barbarie.
Tous les exemples que je vous donne font référence à des crimes commis par la Wehrmacht et non pas la SS ou les bataillons de police qui les assistaient. A Lvov par exemple, des soldats de la première division de chasseurs alpins participèrent aux massacres des juifs, de concert avec les membres de la division SS Viking et des Ukrainiens. Des unités de la Wehrmarcht participèrent aux rafles des 33 000 juifs de Kiev qui furent assassinés dans le ravin de Babi Yar, etc. Il y a quelques années, une exposition montrant les crimes commis par la Wehrmacht a suscité beaucoup de débats et d’émotions en Allemagne.
Je vous livre pour finir un extrait de l'ordre tristement célèbre donné par le général de la VIème armée, Walther von Reichenau :
"A l'Est, le soldat n'est pas seulement un homme combattant conformément aux lois de la guerre mais aussi l’impitoyable porteur d’un idéal national (…) Le soldat doit être pleinement conscient de la nécessité de représailles sévères mais justes a l’encontre de la sous-race juive".
Si François Mitterrand ignorait ou voulait ignorer tel ou tel de ces faits en particulier, il ne pouvait tous les ignorer. Il lui suffisait de se rappeler que le commandant en chef de la Wehrmacht avait été condamné à mort et pendu à Nuremberg. Keitel s'était vu reprocher "d'avoir autorisé, dirigé et pris part à des crimes de guerre, au sens du chef d'accusation n° 3, ainsi qu'à des crimes contre l'humanité au sens du chef d'accusation n° 4, notamment des mauvais traitements infligés aux prisonniers de guerre et aux populations civiles des pays occupés".
Par ailleurs, je suis très sceptique sur la volonté de François Mitterrand de se servir de Vichy comme couverture, ainsi que se tuent à nous l’expliquer ses admirateurs depuis la parution du livre de Péan.

Jiel

Cher Philippe,

Puisque vous terminez sur votre histoire et votre subjectivité, il serait inconvenant de contester votre admiration pour Mitterrand.
On peut juste dire à quel point on ne la partage pas et l'étonnement que provoque la vigueur de la mitterrandolâtrie omniprésente -contrairement à ce que disent certains commentateurs-, si longtemps après la mort de ce sinistre personnage. Le discours exagérément flagorneur de Chirac dans l'émotion du moment de sa mort peut être mis sur le compte de la récupération, mais on a aujourd'hui du recul !
On peut être remarquablement cultivé, fin, intelligent, habile en même temps que manipulateur, faux, sans foi ni loi, bref, sans éthique autre que celle contingente du moment du discours qui sera ainsi rendu plus ronflant (art qu'il maîtrisait à merveille !). Tant de qualités intellectuelles certes, mais au service de quoi, ou de qui ?
Ne remontons pas aux multiples griefs d'un passé lointain. Une image suffit à discréditer à tout jamais ce faussaire. Celle du Président qui interrompt l'interview de deux journalistes belges à propos des écoutes: "Je ne pensais pas qu’on allait tomber dans un tel degré de vilenie". Certes le mot vilenie est bien choisi et pose son homme; la morgue, l'assurance, la suffisance du Président qui joue l'outragé sont peut-être encore considérés par certains comme la justification de l'admiration que l'on doit à ce demi-dieu hors du commun... mais la politique de latrines que représentaient ces écoutes était du côté de l'Elysée et non de ces journalistes belges. Je souhaiterais qu'on repasse tous les soirs au JT cette séquence.
Sur les reproches à adresser à ce triste sire, je suis intarissable et je n'aime pas les longs commentaires. D'autres ont bien fait l'essentiel ci-dessus ! J'en viens donc au dernier, mais le plus grave :
Mitterrand a ouvert la porte à la généralisation de la défiance des citoyens envers les hommes politiques. Depuis la guerre des Gaules, il y a eu à foison des dirigeants de la France qui se sont mal conduits et ont inspiré à raison défiance et dégoût, mais la première grande figure, exposée aux regards pendant des décennies par des média souvent complaisants, un homme louvoyant, trahissant, utilisant les fonds publics pour le copinage et la famille décomposée, c'est lui. Le grand écart entre le fond sans consistance et la forme si flamboyante qu'elle suscite encore l'aveuglement, c'est lui !
Un camelot trop doué, un bateleur comme on n'en a jamais connu, mais un président qu'on aurait préféré éviter : Mitterrand. Car il n'a pas fait du tort "que" jusqu'à la fin de son deuxième mandat. Parallèlement à la mitterrandolâtrie, perdure douloureusement la défiance envers l'engagement politique et le doute vis-à-vis de ceux qui prétendent défendre l'intérêt général.
L'immensité de son talent intellectuel empoisonne la lucidité du jugement porté aujourd'hui encore sur le Mitterrand chef d'Etat.

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