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22 décembre 2009

Commentaires

Aliboron

Bonsoir,

Que de passions pour ce sujet... Je recommande pour donner un peu de lumière sur Pie XII le livre difficile de Pierre Blet (un jésuite).
Tout le monde voudrait aujourd'hui que le pape ait pris des positions à l'encontre des nazis et aussi du bolchevisme.
Ce livre donne un éclairage sur les faits et la folie nazie.
L'émotion réelle et bien compréhensible de tous aujourd'hui était-elle aussi évidente à l'époque ? ce n'est pas sûr. L'horreur nazie ne devrait pas être invoquée aujourd'hui sans le souci d'une pédagogie visant à éradiquer le racisme.
Documentons-nous et acceptons que les faits nous surprennent.

Jiel

A propos de ce sujet, le dernier billet de Koz sur http://www.koztoujours.fr/
est un régal d'érudition, de mesure et de justesse. Il discrédite par son ton calme les militants antipapistes, les Kahn et autres Duhamel. Internet a du bon !

Gaëtan Ramos

Bonjour.

J'ai plusieurs choses à dire :
Premièrement : Si le Pape Pie XII s'est tu face à Hitler, il avait peut-être de bonnes raisons... Pour qui se prennent les gens d'aujourd'hui, en particulier les journalistes ? Qui sont-ils donc pour décider de ce que quelqu'un aurait dû faire ou pas ?

Le silence du Pape face aux horreurs commises sous ses yeux (les camps de concentration) est justifiable de deux façons. Tout d'abord, ni ce qu'il aurait pu dire ni aucune des choses qu'il aurait pu faire n'avaient d'influence sur ce qu'Hitler ou Mussolini avaient décidé de faire. En effet, il n'avait aucune influence militaire ou politique : est-il utile de rappeler que les Etats pontificaux étaient totalement pacifiques ? Ensuite, le Vatican était sous contrôle du gouvernement de Mussolini depuis les accords du Latran, qui stipulaient que les États pontificaux seraient rendus au Pape à condition que les prêtres et évêques deviennent fonctionnaires italiens : ils devaient prêter serment lors de leur ordre (le sacrement qui fait qu'on devient prêtre ou évêque) non seulement au Pape mais aussi à Mussolini et son gouvernement. Cela signifie que l'Église, étant subordonnée à l'Italie fasciste et donc à l'Axe Berlin-Rome, ne pouvait rien dire ou faire qui aille contre la volonté de Hitler ou Mussolini sans risque de voir son représentant dans le monde (le Pape) remplacé par on ne sait quel homme qui serait réellement à la botte d'Hitler et qui cautionnerait les camps de concentration (pour une raison que je ne connais pas, Hitler ne s'est pas avancé jusqu'à contrôler qui serait le Pape). C'est donc par souci de protection de l'Église que le Pape Pie XII s'est tu face à Hitler.

Voici la dernière chose que j'ai à dire : Pourquoi tous les journalistes s'acharnent-ils contre l'Église catholique ?
Est-ce pour les horreurs commises en son nom dans le passé (je me réfère ici à l'Inquisition du Moyen-Âge ou encore aux Croisades) ? Dans ce cas il n'y a aucune raison de critiquer l'Église : le Pape Jean-Paul II a reconnu tout cela et s'en est excusé en l'an 2000 ! De plus, pourquoi ne critique-t-on pas les musulmans pour les horreurs commises par le passé (j'entends ici le Jihad, la guerre sainte, qui si elle a fait beaucoup moins de morts que l'Inquisition, est totalement inacceptable) ? De peur d'être taxés de racistes ? Ouvrez les yeux et arrêtez de la fermer chaque fois que vous risquez votre si précieuse image publique ! C'est peut-être justement cela que vous reprochez à Pie XII, sauf que lui, c'était sa vie et l'unicité de l'Église qu'il protégeait ! Alors, comme disait une certaine personne, "Avant de voir la paille dans l'oeil de l'autre, regarde la poutre dans le tien".
Est-ce enfin parce que le Pape et l'Église catholique disent des choses qui dérangent ? Mais c'est leur rôle ! C'est ce qu'a fait Jésus lui-même ! Déranger les autres et les faire bouger ! Oui, le Pape dit des choses qui dérangent ! Je pense en particulier au discours sur le préservatif sur lequel il y a eu une désinformation incroyable et une déformation des propos du Pape qui ont été sortis de leur contexte dans le discours. C'est exactement ce qui arrive avec Pie XII en ce moment, sauf qu'il s'agit de contexte historique et de silence : le silence de ce Pape, Pie XII est sorti de son contexte. Oui le Pape dit des choses sur la bioéthique qui dérangent ! Vous avez l'opinion que vous voulez sur les propos de qui vous voulez, mais vous n'avez pas le droit de l'imposer aux autres en leur présentant les propos déformés ! Cela va à l'encontre de leur liberté !

J'ai une dernière chose à dire : si le Pape donne son feu vert pour faire cette chose, ce ne sont pas les affaires des autres : il donne le feu vert à ce qu'il veut puisqu'il est le chef ÉLU de l'Église catholique. Ce sont ses affaires et nous n'avons pas le droit de nous en mêler, surtout dans le but de le discréditer ! Encore une fois, {Vous avez l'opinion que vous voulez sur les propos de qui vous voulez, mais vous n'avez pas le droit de l'imposer aux autres en leur présentant les propos déformés !}

Je vous laisse réfléchir sur cela,

Gaëtan Somar (me reconnaîtront ceux qui me connaissent !)

yves bouant

@Romulus
C'est quoi votre truc, ça m'a l'air épatant ? En cherchant, j'ai fini par trouver que c'est peut-être de la haine.
Ici, on s'engueule, ça arrive, mais on essaye de rester "sobre", pas de vomi dans les écrits.

Romulus

Cher Monsieur Bilger
Je suis athée et, en règle générale, j'ai plutôt tendance à "bouffer du curé", comme on dit. Je n'aime pas ces gens-là. Mais j'aime encore moins le mensonge, la calomnie, la mauvaise foi. Et je combats, à la mesure de mes moyens, le terrorisme intellectuel. Il en est une forme dont, je le regrette, vous vous faites le relais inquiétant dans ce billet à propos de Pie XII. Aujourd'hui, je suis désolé, mais je prends la défense de ce pape qui n'est pourtant pas de mon monde.
Pie XII a, clairement, fait beaucoup, à lire seulement les nombreux témoignages authentiques de personnalités juives incontestables, pour sauver un grand nombre de juifs et le reproche qui lui est fait de ne pas avoir assez dénoncé le génocide perpétré par les nazis est un mauvais procès. Je ne reviendrai pas sur tout ce qui a été amplement et justement développé
par des personnes moralement intègres sur votre blog. C'est parfaitement dit. Il n'y a rien à ajouter.
Je voudrais seulement revenir sur les conditions de votre "retournement", tel que vous le décrivez, après avoir un instant flirté, si j'ose dire, avec la vérité et l'honnêteté intellectuelle, celles que l'on attend en tous cas d'un magistrat, et que j'ai cru discerner jusqu'à présent dans la plupart de vos autres billets.
Vous citez comme l'artisan de votre retournement (de veste, j'allais dire) votre fils "professeur de lettres".
Mais, cher Monsieur, vous venez, sans vous en rendre compte, de vous placer au coeur d'un des problèmes les plus cruciaux de notre société en France actuellement, la manipulation des esprits, et, ce qui est le plus grave, de la jeunesse, par ces orfèvres implacables de la pensée politiquement correcte que sont aujourd'hui la plupart des "professeurs de lettres". Leur obsession, leur motivation, leur raison d'être n'est pas de former les jeunes esprits à la qualité de l'expression littéraire, à l'esprit critique dans l'honnêteté intellectuelle, à mûrir leur sensibilité en appréciant les beautés de toutes les littératures, mais de traquer et, si possible, en bon staliniens retardataires et aigris, d'éliminer socialement tous ceux qui seront "détectés" comme politiquement non conformes et bien verrouillés dans la pensée unique. Sous le scalpel impitoyable de leur intolérance, un rien, un mot maladroit, une phrase malencontreuse parce que douteuse aux yeux de ces diaboliques maîtres vaut à leur auteur une défiguration définitive de leur profil scolaire, parfois bien au-delà de la matière considérée. Et cela, personne en France n'ose, ni ne peut, le dénoncer, du fait tout simplement de la prise en otage de fait de ces enfants ou adolescents, et de leur avenir.
J'ai, Monsieur Bilger, souffert dans mon adolescence de ces maîtres infâmes, dont votre fils est manifestement l'archétype.
Je n'aime pas les "curés", mais je déteste encore plus cette engeance plus dangereuse, parce que dissimulée, non dénoncée et impunie.
Il sait très bien votre fils "agrégé" que tout ce qu'on raconte sur Pie XII est de la calomnie, mais au nom de sa "morale" politique, il justifie, il prétend encore justifier, cette forfaiture. Malgré mes mises en garde, mes enfants, ainsi que nombre de leurs camarades et amis, en ont aussi souffert. Le terrorisme intellectuel continue à bien se porter en France, et vous venez d'y contribuer.
Allez, Monsieur Bilger, vous rejoignez la meute, mais balayez un peu devant votre porte. En vous mettant au garde-à-vous de la pensée correcte ordonnée par votre fils intouchable, vous venez de montrer que pendant la guerre vous auriez sans doute été de ceux dont, pour le coup, on se garde bien de rappeler le silence réel et coupable, autrement plus lâche que les courageuses et efficaces actions du dénommé Pie XII.

furgole

S'il est fréquent de lire sur ce sujet attaques émanant de personnes incultes ou malintentionnées, il est particulièrement douloureux de les trouver sous la plume d'un homme sage et admiré tel que vous.

Posons le débat comme ceci :
- Pie XII est l'homme qui a sauvé le plus de Juifs pendant la seconde guerre mondiale (800 000 selon le rabbin Dahlin)
- En tant que secrétaire d'Etat, il a, immédiatement avant de coiffer la tiare, rédigé l'encyclique Mit Brennender Sorge, condamnation extrêmement claire du nazisme
- au fond, la question que vous poser peut se résumer comme suit : devait-il, pendant la guerre, entrer dans la voie d'une confrontation ouverte et directe avec le nazisme, sachant que :

1°) cette dénonciation n'aurait eu aucune efficacité, car elle aurait été immédiatement étouffée par le pouvoir nazi;
2°) une telle attitude aurait aussitôt compromis les efforts importants et fructueux faits par le Saint Père pour sauver de nombreux Juifs.

En résumé, cette dénonciation aurait eu pour seul effet pratique de priver le Saint Père de la possibilité de sauver des dizaines de milliers de Juifs.

Elle aurait eu pour seul mérite de valoir à ce pape héroïque un satisfecit donné soixante ans après par Philippe Bilger, commentateur confortablement installé dans son fauteuil, et qui s'assimile sans doute à Antigone.

Fallait-il donc, pour obtenir son estime, compromettre les espoirs de sauver la vie de dizaines de milliers de malheureux ?

Parlant de génocide, Monsieur Bilger, il en est un auquel vous pouvez quelque chose. 220 000 enfants meurent chaque année en France (50 millions dans le monde) en vertu d'une loi autorisant le meurtre des enfants à naître. Vous pouvez, sans risque excessif, contribuer à arrêter ce massacre. Les efforts que vous ferez à ce titre ne réduiront pas l'efficacité des autres efforts faits en faveur des victimes.

Pensez, cher Monsieur, que vos petits-enfants vous jugeront sans doute avec une sévérité plus justifiée que celle que vous appliquez à mauvais escient à ce héros.

Laurent Remise

Pegobry rappelle à juste titre les faits qui permettent d'accuser Pie XII d'antisémite.
Même Franco a sauvé plus de juifs que ce Pape indigne d'une église chrétienne pour qui le plus grand des commandements est "aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés". Sur ce plan, Pie XII a failli.
J'ai revu sur la chaîne Histoire il y a peu, la rediffusion du procès Papon. Il n'a rien à voir avec Touvier. Je trouve personnellement la comparaison d'Alain Duhamel entre Pie XII et Papon tout à fait opportune : ils ont laissé lâchement faire et ont facilité, sans s'y opposer, la déportation de nombreuses personnes. Duhamel a beaucoup de chance car il est chrétien mais pas catholique. Cela lui donne du recul et la connaissance suffisante pour oser sa provocation.
Enfin, et pour conclure, je trouve toutes ces réactions peu en rapport avec nos problèmes du moment. Seuls les catholiques se sentent concernés par les décisions papales. Dois-je rappeler que la France est un état laïc et que franchement, cela ne nous regarde pas...

Pierre Régnier

@ vous bien sûr Monsieur Bilger, mais aussi
@ PEB, @ mike, @ koz, @ Pegobry et quelques autres

Je viens de publier ce commentaire à la suite de votre texte sur AgoraVox :

@ l'auteur Philippe Bilger

Parce que vous êtes une personnalité influente (et parce que je considère que c'est à juste titre) je veux espérer que, durant l'année qui vient, vous serez de ceux qui feront avancer l'UNESCO sur un point selon moi extrêmement important, et directement en rapport avec le sujet que vous traitez ici.

Cette année 2010 sera la dernière de la Décennie UNESCO de la Promotion d'une Culture de la Non-violence et de la Paix "au profit des enfants du monde".

Je rappelle que, durant les neuf années précédentes, et malgré les très nombreuses violences effectivement commises au nom de Dieu, non seulement les institutions religieuses n'ont pas rejeté leur conception violente de Dieu, mais elles ont même refusé de réfléchir à la nécessité de ce rejet. Les animateurs de la belle Décennie ne leur ont pas demandé de le faire.

J'ai alerté sur ce gâchis notamment dans deux textes diffusés par Internet, et qu'on peut considérer comme deux volets d'un même article publiés à deux ans d'intervalle :

"La Décennie "au profit des enfants du monde" va finir en catastrophe" (déc 2007) :

http://www.centpapiers.com/la-decennie-au-profit-des-enfants-du-monde-va-finir-en-catastrophe/1633/comment-page-1/

"Irina Bokova voudra-t-elle pacifier les religions ?" (nov 2009) :

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/irina-bokova-voudra-t-elle-64907

Vous y verrez mis en évidence le rôle très négatif de Benoît XVI en la matière. Mais j'insiste sur ce point faible de votre article (très présent d'ailleurs chez de nombreux observateurs) : Jean-Paul II n'avait pas "fait de la morale une politique". II n'est pas maintenant le bon pape à opposer au méchant Benoît XVI car il partage avec celui-ci la responsabilité de ce qu'il a fait de pire. Ce sont ces deux papes qui ont réanimé, re-justifié, "re-sacralisé" même, en quelque sorte, dans le nouveau catéchisme de l'église catholique, la conception violente, criminogène de Dieu, cultivée depuis toujours dans toutes les religions monothéistes.

Je rappelle par ailleurs que c'est Jean-Paul II qui a décidé, en septembre 2000, de béatifier son lointain prédécesseur Pie IX, celui-là même qui, au 19e siècle, avait égaré l'église catholique dans l'invention de l'infaillibilité papale et de nouveaux dogmes stupides, celui qui condamna la liberté de conscience, l'école laïque, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, celui qui, même, persista dans la justification ecclésiale de l'esclavage. Selon ce pape béatifié par Jean-Paul II l'esclavage pouvait en effet "avoir plusieurs raisons justes" qui "se réfèrent à des théologiens approuvés", il "n'était pas contraire au droit naturel et divin pour un esclave, qu'il soit vendu, acheté, échangé ou donné".

Les mauvais papes sanctifient leurs mauvais prédécesseurs en espérant pouvoir être sanctifiés eux-mêmes à l'avenir. Pie XII n'est assurément pas Papon mais Benoît XVI, même s'il est parmi les "théologiens approuvés" est un théologien très dangereux, un de ceux qui s'entêtent à maintenir l'église dans ses pires conceptions obscurantistes. Qui tout particulièrement, en maintenant sa conception violente de Dieu, contribuent à la schizophrénie des croyants de tous les monothéismes et, par suite, au passage à l'acte criminel de certains d'entre eux "pour le bien de l'humanité".

Il faut insister avec force sur le fait que ce maintien n'est nullement fatal.

Il faut aussi remarquer que bien des adversaires du pape actuel contribuent à le maintenir dans son comportement réactionnaire. Parce que, contre toute évidence et pour des raisons démagogiques, ou/et de basse politique, certains d'entre eux veulent absolument faire passer l'islam pour une religion de tolérance et de paix, une religion qui ne pose pas de problème, ils vont jusqu'à accuser le pape des pires intentions quand il suggère que ce n'est pas vrai. Ainsi de stupides protestations se sont élevées quand Benoît XVI, à juste titre cette fois, fit indirectement et mollement remarquer à Ratisbonne que l'islam est une religion violente.

Pour tout observateur honnête et un peu attentif l'islam est une religion beaucoup plus violente aujourd'hui que le judaïsme ou le christianisme. Mais ceux-ci n'en restent pas moins eux-mêmes, partiellement et indirectement, responsables des violences encore commises au nom de Dieu.

Vous avez raison, Philippe Bilger, "d'oser un peu d'impudence". Comme nous tous vous avez le droit de vous "immiscer" dans le "formalisme forgé par les siècles" et qui a conduit les religions à tant d'égarements dramatiques. Avec les athées, les agnostiques et les croyants pacifiques de toutes les religions, y compris ceux de la plus violente d'entre elles, l'islam, nous devons tout faire pour amener les religions à la raison et à la non-violence.

La volonté de Benoît XVI de béatifier Pie XII confirme "l'imperméabilité cultivée" du pape actuel aux vrais besoins de l'humanité. S'il va jusqu'au bout de sa démarche en 2010 il enfoncera encore un peu plus son église dans l'impasse de la théologie dogmatisée et de la violence sacralisée. Je souhaite aux catholiques de trouver les pacifiques moyens de l'en empêcher.

Je souhaite, pour vous-même Philippe Bilger comme pour tous les internautes qui se sont exprimés ci-dessus, que 2010 soit l'année du basculement définitif vers une véritable culture de la non-violence et de la paix.

Et je souhaite que les animateurs de la Décennie UNESCO comprennent enfin, avant qu'il ne soit trop tard, le rôle qu'ils ont à jouer auprès des religions pour que cette belle initiative des Prix Nobel reste dans l'Histoire une décennie consacrée VRAIMENT au profit des enfants du monde.

Marie

Lettre de Monseigneur l'évêque de Bayeux, Noël 1942 :

"A la suite des événements actuels, nous avons l'immense tristesse de vous informer que les fêtes de Noël n'auront pas lieu cette année pour les raisons suivantes :

1) La Vierge et l'enfant Jésus sont évacués

2) Joseph est dans un camp de concentration

3) le bœuf et la vache sont vendus au marché noir

4) Les moutons ont été saisis et expédiés en Allemagne

5) les Rois Mages sont passés à la dissidence

6) l'étable a été réquisitionnée

7) les Bergers qui sont tous réfractaires au service obligatoire en Allemagne se sont camouflés dans la montagne

8) les Anges ont été descendus par la DCA et les étoiles sont restées accrochées aux manches du chef de l'Etat.

Prions mes frères pour que de Gaulle et Giraud remportent la Victoire et nous débarrassent du mal.
Ainsi soit-il !

Athirsata

Cher Monsieur,

Quel bonheur : un homme de droit qui nous rappelle à la morale d'Antigone, celle qui place l'homme debout face à sa responsabilité.

Meilleurs voeux pour la nouvelle année.

Duval Uzan

Encore un petit mot:

Paul Claudel avait une approche très subtile de la croyance.
Dans « L’annonce fait à Marie » c’est en effet Mara la profane qui fait injonction à Violaine la sainte d’être une sainte.
Mara : « rends-moi mon enfant. »
Violaine :
« Mais je ne suis pas une sainte ! »
Mara :
« Il faut être une sainte quand une misérable te supplie ! Si j’avais accès comme toi à Dieu il ne m’enlèverait pas mon fils si facilement »
Violaine :
« Je jure et je proteste devant Dieu que je ne suis pas une sainte »
Et le miracle s’accomplit !
Duval Uzan

Duval Uzan

Bonjour,
Un peu tardif comme Ludovic et Véronique
mais :
PIE XII n’avait pas la foi !
S’il avait eu la foi il aurait tenté de convaincre Hitler.
Il aurait pu faire un discours comme celui de Charlie Chaplin dans « Le dictateur ».
Oui s’il avait la foi il l’aurait fait !
Pourquoi était-il si sûr de ne pas pouvoir fléchir le cœur d’Hitler ?
Pourquoi croit-on aux miracles passés et jamais aux futurs ?
- Est-ce que l’un de vous a demandé à Dieu de nous rendre Inger ?
- Tu blasphème Johannes ! »
( ORDET film réalisé par DREYER que j’aurais bien aimé offrir à vous tous)
Oui il a sauvé des juifs. Spiner aussi l’a fait !
Serge Klarsfeld dit dans Le Point que Pie XII n’a pas protesté à voix haute, mais il a demandé aux établissements religieux d’ouvrir leurs portes. Résultat : des milliers de juifs ont pu être sauvés. Alors que si Pie XII avait élevé la voix, quelles auraient été les conséquences ?
Est-ce que cela aurait changé les choses pour les juifs ?

Pour les juifs peut-être pas mais pour l’Eglise oui !
Si le Pape avait la foi il aurait dit
« ORDET » !
Cela aurait peut-être suffi pour le monde entier.
Oui une parole de toutes les cathédrales aurait peut-être suffi !
Mais toutes les cathédrales ont crié par leur silence l’impuissance de Dieu.

DuvalUzan

Ludovic

Bonsoir M. Bilger,

J'arrive un peu tard, entre le chapon et la bûche, sur un sujet qui pourtant ne souffre aucune approximation.
Nombreux sont vos commentateurs venus à la rescousse de Benoît XVI dans son processus de béatification de son prédécesseur Pie XII, et au fond, ils n'ont pas tort.
Il serait navrant de considérer Pie XII comme un pape falot, voire comme un suppôt du nazisme. Je ne reviendrai pas sur l'encyclique, sans équivoque,"mit brennender sorge", rappelée ici avec beaucoup de justesse (même si elle est signée de Pie XI, le cardinal Pacelli, futur Pie XII, en est l'auteur), ni sur les messages de Noël de 1942 et de 1943. D'ailleurs, dès 1929, Pacelli, à peine promu cardinal et secrétaire d'Etat (en gros ministre des Affaires étrangères du Saint-Siège) et ancien nonce apostolique à Munich confiait à propos d'Hiltler : « Ou bien je me trompe vraiment beaucoup, ou bien tout cela ne se terminera pas bien. Cet être-là est entièrement possédé de lui-même : tout ce qu'il dit et écrit porte l'empreinte de son égoïsme ; c'est un homme à enjamber des cadavres et à fouler aux pieds tout ce qui est en travers de son chemin - je n'arrive pas à comprendre que tant de gens en Allemagne, même parmi les meilleurs, ne voient pas cela, ou du moins ne tirent aucune leçon de ce qu'il écrit et dit. - Qui parmi tous ces gens, a seulement lu ce livre à faire dresser les cheveux sur la tête qu'est Mein Kampf ? ».
Il n'y a pas de doute à la répugnance du futur Pie XII pour le nazisme.
Toutefois, et même si la parole pontificale aurait pu valoir des persécutions pour les catholiques, son silence fut assez assourdissant pour qu'on le souligne.
Je me sens un peu mal à l'aise devant ce processus de béatification. Bien entendu, Pie XII ne fut pas un salaud, ce serait ignominieux que de le prétendre, de là à en faire un héros, mieux encore un Saint, il y a un pas qu'il me paraît prématuré de franchir.
Benoit XVI fait ce que bon lui semble, en son âme et conscience, je préfère pour ma part, attendre l'ouverture, sans cesse retardée, des archives du pontificat de Pie XII pour me faire une idée plus précise du personnage.
L'histoire n'a d'autre choix que celui d'attendre, la béatification gagnerait à suivre le même rythme.

Henri

Un article intéressant sur un entretien avec Klarsfeld :
http://abimopectore.over-blog.com/iphone/article-41712540.html

Bernardini

@ savonarole

Vous avez raison: celui dont je parle c'est Olivier Duhamel, professeur à Sciences Po et éditorialiste sur LCI et France Culture !
Et c'est bien lui qui m'a répondu, me racontant que jeune homme, il n'était pas toujours d'accord avec son père, mais que leurs discussions étaient néanmoins fécondes, etc...
Je vois très bien aussi qui est Alain Duhamel !
J'ai fait erreur sur la personne (le prénom...).
Ceci dit, je n'aurais pas été surpris que le discours pape, Papon, petit patapon soit d'Olivier... Voilà pourquoi je suis intervenu, à contretemps je le reconnais.

papet croûton

Allez-donc voir :
http://www.golias-editions.fr/
"Les empêcheurs de croire en rond"

Savonarole

@Bernardini -23 décembre.

Alain Duhamel "Il est le fils de feu Jacques Duhamel, homme fin et distingué, qui fut ministre de la Culture du temps du président Georges Pompidou."
_________________________________________
Non ! Vous confondez avec Olivier Duhamel, prof à Sciences Po et éditorialiste sur LCI ! Le plus comique c'est qu'il vous a répondu ! Chapeau !

Véronique Raffeneau

"...Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier..."

Jules-Géraud Saliège
Archevêque de Toulouse
13 août 1942

À lire dimanche prochain, sans commentaire."

Comme cette parole, si elle avait été exprimée et portée par le pape lui-même, aurait pu briser l'inimaginable muraille d'indifférence qui a anéanti la confiance et l'espérance en l'autre de tous ceux qu'aucune parole officielle n'est venue secourir.

Je ne sais pas comment et où l'évêque de Toulouse a trouvé en lui la détermination de prononcer et de faire prononcer partout dans son diocèse ces mots juste humains.

Il l'a fait.

Je pense que si un évêque a pu choisir d'être habité et de fixer son dilemme, ses dilemmes, dans la pureté de l'enseignement chrétien dont il était le témoin dans son diocèse, alors le pape, en premier, pouvait choisir d'exprimer et de porter ce qui était le message fondamental chrétien pour ses frères abandonnés de tous.

bernard

............Il n'y a aucune raison pour que Pie XII ne devienne pas saint ! .....................Pie XII a joué un rôle déterminant contre Hitler..............

a écrit S.Klarsfeld dans Le Point.

yves

J'ai la moutarde qui me monte au nez, où est l'espoir à travers toutes ces lignes.
Quel exemple pour nos jeunes, des chausseurs de mille pattes, qui s'approprient la souffrance de millions de gens. 22 millions de Russes. Est-ce ainsi que les hommes vivent. Si oui, je vous la laisse votre vie, c'est pas la mienne.
Le passé est beaucoup plus facile à juger à la lumière de l'histoire, que d'appréhender un avenir pour nos gosses.
J'aimerais beaucoup lire dans 50 ans ce qu'ils diront de "la génération la plus heureuse de l'histoire".
Tout est repenser, à réécrire et on polémique. Moi, devant un S.S, j'en suis certain, j'aurais été minable.
Vous arriveriez à me flanquer le cafard mais je vous connais trop !

Bernardini

"... Pour ceux qui l'ignorent A. Duhamel est protestant. Ceci explique-t-il cela ?..."

Oh! non, pitié! Ceci n'explique pas cela, je vous prie de le croire !
Alain Duhamel est le prototype de "l'enfant gâté". Je me suis permis de le lui dire et de lui écrire même (sur le site de France Culture) après une émission où il m'avait singulièrement "gonflé". Moi et peut-être d'autres...
Il est le fils de feu Jacques Duhamel, homme fin et distingué, qui fut ministre de la Culture du temps du président Georges Pompidou.
Je lui avais écrit que son éditorial, ce matin là, sur France Culture, aurait fait honte à son père. Piqué, ce monsieur me répondit par e-mail. Il atténuait beaucoup ses propos du matin... ce qui m'a laissé songeur sur la sincérité, feinte souvent, de ces éditorialistes à la noix.

Clafoutis

Je lis ceci sous la signature de JPL commentant un article du Monde sur LeMonde.fr :
"Le cardinal Ratzinger a refusé de coopérer avec la commission Murphy alors qu'il avait reçu des rapports de l'archevêché de Dublin. Le maintien de Benoît XVI à la tête de l'église catholique est une nouvelle insulte aux victimes des ecclésiastiques pédophiles et de leurs protecteurs,fussent-ils pape, cardinaux, archevêques, etc. Le courage de Ratzinger-Benoît XVI : quelques paroles aussi lénifiantes que creuses mais elles ne sont suivies d'aucun acte courageux."
Si c'est vrai, il peut béatifier qui il veut, Pie XII, Papon, Touvier et le curé d'Uruffe dans la foulée.
Quelle importance ?
Mais quelle honte.

Surcouf

@Denis Monod Broca
A la lecture de votre dernière phrase je me dis que si on regardait les individus comme des Hommes et non comme des personnes ayant une foi en un dogme quelconque, peut-être le monde en serait changé.

Si nos bons religieux, de quelque nature, de quelque dogme soient-ils, n'avaient pas passé 3000 ans (juifs, chrétiens, musulmans, les fameuses religions du livre) à vouloir dominer de manière exclusive la pensée et la vie des humains, alors, peut-être, les juifs n'auraient pas été injustement persécutés.

Mais, déjà, le fait de préciser injustement peut laisser supposer qu'il y a des cas où une persécution puisse être justifiée voire juste.
Cela m'angoisse sérieusement.

yves

@Aïssa,
C'est un bonheur de vous lire, je partage tout à fait votre analyse.
Je m'interroge sur les véritables motivations de tout ces cinémas politico-religieux, je ne vois qu'une seule et unique réponse face à la seule religion qui vaille "le fric", qui s'apparente à une forme "sophistiquée" de fascisme avec un asservissement de plus en plus grand, par l'assistant minimum, la surpression sur les salariés, l'appauvrissement des classes moyennes et le star system pour faire fantasmer les bonniches.
Le cynisme à l'état pur avant l'Inquisition, tout en prenant bien soin d'entretenir un racisme pur et dur dont l'efficacité ne peut plus être mise en doute.
Tristes perspectives qui ressemblent, par certaines "odeurs", à celles de 1936.
Bon Noël, si tant est qu'il est vrai qu'un homme est né et qui a dit "aimez-vous les uns les autres" .
A cause de cette phrase si belle et de quelques autres tout aussi fortes, nos tartuffes l'ont crucifié.
Peut-être un jour chanterons-nous avec Brel : "Quand on n'a que l'amour", chant qui sera devenu un chant révolutionnaire, pour ne plus jamais voir de sang dans nos sillons.

Denis Monod-Broca

Pendant des siècles on a accusé les Juifs du pire, et ils étaient forcément coupables, et ils n'avaient droit à aucune pitié, et ceux qui prenaient le risque de les défendre étaient eux-mêmes voués au gémonies.

Nous aurions pu en prendre de la graine : toute accusation, a fortiori toute accusation automatique, irréfléchie, est éminemment suspecte.

Accuser le pape (et même Papon, même si c'est une autre histoire, car après tout il n'a été qu'un rouage parmi des milliers d'autres alors pourquoi a-t-il écopé?) ce n'est pas épouser la cause des Juifs injustement persécutés, c'est reproduire l'attitude qui a conduit à leur persécution.

Accuser, c'est être du mauvais côté de la barrière.

BrunoK

Les journalistes sont rarement complets dans leurs informations. Outre les 3 nouveaux vénérables cités, il y en a 7 autres dont un français (étonnant que celui-ci ne soit pas repris par la presse française...) :
http://www.zenit.org/article-23032?l=french

BrunoK

Un autre article pour ce dossier :
http://www.zenit.org/article-23062?l=french

Bernard-27400

Juste un lien vers le site de France-Catholique qui nous renvoie à Pie XII et les juifs.

http://www.france-catholique.fr/Pie-XII-a-t-il-abandonne-les-juifs.html

A défaut d'être une tragédie antique, l'événement est shakespearien, "Beaucoup de bruit pour rien"... Protestations ou pas la cérémonie sera célébrée.
Les critiques vont bon train vis-à-vis de Pie XII et de son éventuelle canonisation. Pourtant personne ne semble contester "Saint Dominique" qui fut le fondateur de l'Inquisition. D'ailleurs cette dernière existe toujours sous le nom de "Congrégation pour la doctrine de la foi" et son président jusqu'en 2005 fut un certain Cardinal Ratzinger.

Jean Louis Ginoux

La frénésie médiatique oblige, le pape doit prôner le préservatif et demander l'avis du CRIFF avant de décider d'une béatification.
À la différence de nos élus préoccupés essentiellement par leur réélection, il est là jusqu'à sa mort.
En ce qui le concerne le point de vue des journalistes vaut zéro, celui de l'historien un peu plus car probablement plus tempéré, écrit avec plus de recul, mais ses références sont ailleurs.
Il me semble qu'il n'a rien à gagner, dans le sens "à qui profite le crime" à béatifier un tordu.
Dans ce contexte je serais tenté de lui voter la confiance sur son choix, en admettant que le souci temporel objet de la frénésie "Communication" lui passe à cent lieues.

Polochon

Un Pape, un papon ? J'ai d'abord cru lire un chapon, période de Noël oblige.
Je dois dire que j'attendais et en même temps craignais cet article, tant les jugements à l'emporte-pièce dominent dans les médias.
Comme souvent, j'ai trouvé cet article et la grande majorité des commentaires, excellents.
En cette période de Noël, ne pourrait-on pas rêver à des médias qui prennent le temps de se renseigner, d'analyser, d'expliquer ? C'est peut-être trop demander et je suggère donc que chacun fasse l'effort de diffuser l'adresse de ce blog à ses amis. Cela contribuera à élever le niveau du débat.

laloose

@Louis SCHWEITZER

"Personne ne trouve anormal qu'au XXIème siècle une autorité d'un tout petit État sans importance stratégique et d'une religion de plus en plus minoritaire et de moins en moins crédible continue à béatifier et à canoniser en faisant croire au monde entier qu'il agit par délégation de Dieu !"

> Sans importance stratégique et de plus en plus minoritaire, c'est un fait. De moins en moins crédible, c'est un avis qui n'engage que vous.
> que je sache, l'Eglise catholique et les croyants sont libres de continuer à croire ce que bon leur semble, sans avoir à supporter de jugements méprisants à ce sujet.

Il va falloir argumenter un peu plus pour justifier le coté "anormal" de la chose sans manquer au respect le plus élémentaire ou sans tomber dans l'anticléricalisme primaire, et pour raccrocher cela au billet de P.Bilger.

Aïssa Lacheb-Boukachache

Je vous souhaite moi aussi ainsi qu'aux vôtres, cher PB de très bonnes fêtes... J'en profite pour saluer aussi ce cher Sbriglia et lui souhaiter de même et que sa joie demeure, qui m'a certes mis en pétard sans raison mais auquel je n'aurais sans doute pas dû répondre aussi fort…

Cependant terminer l'année sur le Benoît 16, je sais bien que l'actualité s'y prête un peu mais ça manque d'originalité… J'aurais préféré qu'on bouffât encore un peu de Courroye ou de Marin ou de prison, de grande Justice quoi mais bref va pour le pontife…

Notre civilisation judéo-chrétienne européenne (terme fourre-tout à défaut d'un autre) a engendré la Renaissance avant-hier, Auschwitz hier, Popieluszko aujourd'hui, demain on verra… Soit le meilleur ici, le pire là, l'inconnu ailleurs… Votre questionnement -c'en est un- est légitime mais vous oubliez d'y inclure quelques données supplémentaires qui ne sauraient être minimisées ni occultées en regard de l'attitude papale actuelle et ses décisions. Ce Pape n'est pas n'importe quel Pape au sens positivement classique où on l'entend, au sens de Jean 23 ou Jean-Paul 2 par exemple ; il fit partie des Jeunesses hitlériennes puis de la Wehrmacht dont on sait désormais le rôle coupable et criminel durant cette époque ; il est aujourd'hui encore un grand admirateur et fervent de l'Opus dei dont on connaît le soutien que cette secte catholique a longtemps apporté aux nazis en fuite ; récemment il réhabilita au sein de l'Eglise catholique, romaine, apostolique, etc., la clique des intégristes racistes des sieurs évêques Lefebvre et consort que son prédécesseur avait pourtant excommuniés… Cela fait beaucoup pour un type dont la dignité devrait être intacte de bout en bout et certes si on peut comprendre qu'étant jeune et dans ces conditions particulières il n'ait pu opposer une réelle résistance à son incorporation dans les rangs nazis, pour le reste qui suit, ça ne le fait pas, il sait très bien de quoi il décide et ce qu'il fait ou ne fait pas… Et que maintenant il veuille canoniser Pie 12 ne paraît pas, c'est l'évidence, vouloir dévier d'un iota de cette singulière sienne trajectoire. En somme, il ne semble pas vouloir se racheter en aucune façon ; même il persiste et signe, cela devient grotesque et risible… Pie 12 ? On dit qu'il sauva des milliers de Juifs italiens et que là serait sa grandeur (en ce sens il s'inscrivit dans le Droit des gens, la loi donc, la bonne qui dit en théorie le bien, Créon donc), soit ! Que ne dit-on aussi que dans le même temps ou presque sa curie et lui aidèrent des milliers de nazis assassins et autres à s'enfuir via le Vatican et son administration pour des contrées alors plus protectrices (à l'encontre du Droit donc, de la loi, la précédente, Antigone dans ce cas) ? Créon et Antigone à la fois ; si c'est possible, il faudra le démontrer… L'idée même d'interpeller la philosophie de Sophocle à cet endroit est une incongruité, quelque chose qui lui fait insulte. Il n'a été ni Antigone ni rien en vérité ; pragmatiquement un vulgaire opportuniste jouant en secret chaque camp, soucieux plus que de tout et de tous de sauver son trône quel que soit le vainqueur de cette tragédie universelle que fut la guerre. Et il a réussi. C'est de cette réussite que son successeur aujourd'hui, Benoît, veut faire une béatification. Et hier (Pie 12) comme aujourd'hui (Benoît 16), ces deux-là n'avaient et n'ont pour seule misérable et petite ambition que de sauver les meubles de leur catholicisme mesquin et tourné vers lui qui depuis périclite dans la conscience des gens et n'a de cesse de ressembler à une quenille dorée, un lambeau cousu d'or mais néanmoins loque… Toutes les bassesses et tous les reniements et même les concessions au pire leur sont utiles pour cette cause qu'ils croient juste mais c'est un leurre ; l'homme leur échappe… Que ne se pose-t-il la question autrement plus prégnante de connaître pourquoi les peuples chrétiens fuient aujourd'hui davantage et de jour en jour cette Eglise catholique ? Où faillit-elle depuis deux mille ans et plus que jamais aujourd'hui ? Quelle est cette religion et cette foi qui prétend associer dans la même foi et la même affection de l'Humanité entière l'arrogant méprisant égoïste raciste Lefebvre et le courageux humble généreux et universel Popieluszko dans un même dogme et un message identique ? Quel est ce brassage singulier d'idées et d'hommes à l'extrême opposés ? Qu'il est sordide en vérité cet évêque de Rome et prêt à toutes les hontes pour sauver son étrange boutique devenue...


Aïssa.

Clafoutis

Béatifier Papon ?
Et Touvier alors ? rien pour lui ? alors qu'il a vécu longtemps, anonyme, dans la macération des monastères ?
La justice n'est hélas pas de ce monde, ça se confirme.

david

Hum
Comme vous le savez sans doute, une frange non négligeable du parti national socialiste était paganisant et voulait éradiquer le christianisme d'Europe !
Hitler était resté catholique, tout en ayant déclaré qu'il se convertirait à l'Islam "après." La victoire alliée fut longtemps apparemment incertaine, ne serait-ce que parce que les progrès allemands en matière de fusées, d'avions à réaction étaient patent et juste un peu en retard.
Dans ce contexte, le rôle du Pape n'était-il pas de sauver aussi et avant tout l'Église ?
Cordialement

Louis SCHWEITZER

Ce débat est édifiant ! Personne ne trouve anormal qu'au XXIème siècle une autorité d'un tout petit Etat sans importance stratégique et d'une religion de plus en plus minoritaire et de moins en moins crédible continue à béatifier et à canoniser en faisant croire au monde entier qu'il agit par délégation de Dieu !

semtob

Cher Philippe,

Antigone est la première femme révolutionnaire humaniste qui rend le droit évolutif. Elle apprend à Créon, bouche de la loi, à humaniser ses décisions. J'ai toujours trouvé Créon minuscule dans sa pensée affective et cognitive. Il est inapte à aimer
et à se sentir aimé, inapte à évoluer.
françoise et karell Semtob

laloose

"Pourquoi faire passer, presque mécaniquement et en tout cas religieusement, ces hommes emblématiques mais forcément imparfaits dans la pompe glorieuse de leur vie dans la catégorie des "purs" que leur mort séparerait radicalement de nous ?"

La vie et le pontificat de Pie XII ne se résument pas à la Seconde guerre mondiale loin de là. Et béatifier ne signifie pas dire quelqu'un est parfait ou au-dessus de l'humanité, ni de l'ériger en modèle absolu dans toutes les caractéristiques de sa vie et de sa pensée, ni de les considérer comme vous le faites comme des "purs", en quelque sorte des surhommes. La béatification a pour but de PROPOSER (et non imposer, la beatification ne relève pas de l'infaillibilité) un exemple de vie chrétienne aux fidèles. Ni plus ni moins.
L'exemple qui me vient en tête immédiatement en support est l'exemple de saint Pierre, premier pape. Il a renié le christ par trois fois, a fui ses responsabilités pendant un bon moment, et cela ne l'a pas empêché d'être saint. Tout homme a ses limites et ses faiblesses, papes y compris. Leur vie personnelle voire publique ou politique est forcément entachée de ces faiblesses, cela n'empêche aucunement que l'Eglise mette en exergue leurs mérites particuliers de façon à pouvoir proposer un exemple aux autres croyants. Je pense qu'il y a une grande mécompréhension sur ce qu'est réellement la béatification et la canonisation.

Sur le fond du sujet, je suis particulièrement étonné qu'on puisse non seulement reprocher à Pie XII ce que personne ne reproche aux autres leaders politiques en guerre contre les nazis (qui eux avaient le pouvoir de bombarder les rails menant aux camps, mais ne l'ont pas fait), mais en plus spéculer sur les résultats potentiels de paroles plus explicites : vous semblez reprocher à Pie XII de ne pas avoir parlé même si cela n'aurait servi à rien. Il aurait dû parler "pour le principe". Vous avez parfaitement le droit de le penser, mais entendez cependant ceux qui avancent que Pie XII était responsable du sort de ses fidèles et répugnait à les exposer à de sévères représailles en cas de crise (eux qui ont dejà lourdement payé), entendez également ceux qui postulent qu'une prise de position franche aurait pu avoir des conséquences pires que son silence relatif.
Tout ceci n'est de toute façon que spéculations, puisqu'on ne refait pas le passé. Je suis quand même particulièrement étonné et dégouté du fait que la majeure partie des commentateurs journalistes, sans parler des commentateurs internautes qui eux se vautrent dans la fange la plus abjecte sur le sujet, parte avec un préjugé nettement négatif sur Pie XII plutôt que d'examiner les choses de façon un peu plus juste, nuancée et ouverte.
Le sujet est complexe, nous ne le réglerons pas, plus de 60 ans après : raison de plus pour éviter de se lancer dans le débat avec des certitudes trop chevillées...
Cela dit, j'ai apprécié la modération de votre billet.


Franck Boizard

Pour ma part, m'estimant ignorant sur un sujet délicat et n'étant pas concerné (l'Eglise canonise qui elle veut), je me suis abstenu de commenter la décision elle-même.

Je me suis contenté de railler tous ces cuistres qui expriment un avis bien senti et tranché sans rien y connaître.

Nota : Duhamel est insupportable de prétention et de bêtise.

Surcouf

Les papes, depuis qu'ils existent, ont toujours fait dans la politique et la tentative de prise de pouvoir.
Comme a pu le dire Jean Ferrat, l'alliance du sabre et du goupillon a toujours été vraie.

Pourquoi en serait-il autrement aujourd'hui ?
Pourquoi ceux d'aujourd'hui seraient-il moins assoiffés de pouvoir que les autres ?

@Guzet
En quoi ne pas aimer le catholicisme est-il un racisme ?
A moins que cela ne soit une nouvelle race que je découvre.
Mais racisme est un mot à la mode qui donne bonne conscience et qui est totalement galvaudé.
Parler plutôt d'anticléricalisme serait, il me semble, plus juste.
Mais une fois encore attaquer la sacro-sainte religion n'est pas permis au nom du politiquement correct et du renouveau séculier des superstitions en tous genres.

Je relisais dernièrement une histoire de la IIIème république par Pierre Miquel et j'étais effaré par l'action du pape Pie IX contre la République française.
Pie IX avait publié une encyclique (Quanta Cura) et un texte appelé Syllabus totalement hostile au progrès de la société.
Quand on voit le pape actuel on se dit que le mot progrès ne fait pas partie du vocabulaire de l'Eglise.

Cactus peu cathodique

Je vais me contenter d'un chapon le jour de Noël (accompagné d'un vieux mouton Rothschild) !
Pas très catholique, je sais !!
Joyeuses fêtes, monsieur Bilger, à Madame et à vous !!!!!!!!!!!!!

Denis Monod-Broca

Benoît XVI proteste avec énergie contre les dérives du monde occidental développé, contre son matérialisme éhonté, contre son indécente frénésie de consommation, contre la violence sans limite et sans pitié qu'exercent ses capitaux à l'encontre des plus faibles, contre le pillage des ressources naturelles dont il se rend coupable jour après jour, etc., etc...

Il n'est guère entendu.

Et sans doute les héritiers des sourds d'aujourd'hui l'accuseront-ils de ne pas avoir parlé assez fort...

alsace92

J'étais prêt à partager vos analyses, vos réserves, vos doutes, voire vos critiques et puis vous me donnez à contrario un argument qui me remet à douter de l'unanimité contre Benoît XVI.
Vous dites qu'un Pape doit être la voix qui crie dans le désert. Certes. Mais quand j'entends les hurlements médiatiques contre le Pape, je me dis qu'il est effectivement cette voix qui crie dans le désert ! Reste à savoir ce qu'il nous crie en faisant bienheureux Pie XII...

PEB

Vous reprochez à Benoît XVI d'être, comme ses illustres prédécesseurs, arc-bouté sur les principes. En réalité, le discours du Pape est celui d'un papa (jeu de mot volontaire) qui vous dit de quel côté est le Bien.

En réalité, le dernier grand texte "Caritas in Veritate" contre l'oppression des plus humbles par les structures de péchés de cette vallée de larmes a été écrit par le Pape actuel. On y cause de la propriété et de ses abus, du dialogue social, de la faim dans le monde. On y présente le début d'une écologie authentiquement humaniste car humaine. Et j'en passe.

L'action de Pie XII fut de résister au mieux à des tribulations inouïes. Imaginez que vous êtes encerclés par les fascistes derrière votre camp retranché et que vos fils bien-aimés sont pris en otage par des criminels sanguinaires ! Le futur Jean-Paul II subissait au même moment les brimades des envahisseurs.

Le Pape a directement protégé "ses" Juifs romains et demandé de même aux fidèles mais avec un maximum de sécurité pour les uns comme pour les autres.

Pie XI a parlé, Pie XII a fait. Pie XII ne s'est plus trop exprimé sur la question car le monde était en pleine réorganisation. Il fallait lutter contre l'autre oppression communiste. La décolonisation commençait. L'arme atomique, la science et les techniques modernes bouleversaient le paysage. Le temps n'était pas à l'introspection mais à la reconstruction morale et spirituelle d'une Chrétienté qui avait, dans une certaine mesure, failli (depuis au moins deux siècles).

La Papauté n’est pas que politique. Elle est d’abord une réalité spirituelle. Le Souverain Pontife mène la barque de l’Église non pas selon les tempêtes mondaines mais au souffle de l’Esprit. Elle est fondée sur le Seigneur lui-même. Chaque Pontife est comme une Pierre dans un édifice millénaire. Les règnes prennent leurs sens l'un par rapport à l'autre. Pie XI donne son sens à celui de Pie XII tandis que Pie XII mit en œuvre les intuitions de Pie XI.

Pie XII a agi selon les préceptes évangéliques d'une charité efficace mais discrète (Mt 6, 3-4). Il fallait sauver des familles entières sans toutefois trop se découvrir pour des raisons de sécurité évidente. Pie XII a fait ce qu'il a pu et fut toujours attentifs à leurs malheurs. Il exerça même une sorte de duché de fait lorsqu'il participa à l'organisation du ravitaillement de la Ville alors qu'elle était "ouverte".

Mettre Pacelli et Papon dans le même sac est donc parfaitement odieux. La soi-disant légende noire et mensongère fut une manipulation honteuse de Moscou visant à diviser l'Église et à saboter l'entente du monde libre.

Cela ne veut pas dire que le Souverain Pontife n'ait pas eu de grandes difficultés à trouver la bonne voie. Mais disciple par excellence du Chemin, de la Vérité et de la Vie (Jn 14, 6), l'Esprit consolateur lui indique sans cesse le bon cap (Jn 14, 26) au milieu des tempêtes (Mt 8, 24).

La sainteté n'est pas dans le politiquement correct. Les saints ne sont parfaits qu'en Jésus-Christ. Pour le reste, leur humanité, leurs petites contradictions, leurs faiblesses mêmes sont les brèches par lesquelles s'engouffre la Grâce. Pie XII aurait-il pu faire autrement ? Peut-être, à vérifier. A-t-il manqué à son devoir d'humanité et à la charité ? Sans doute non.

La protection des Juifs fut proclamée comme un devoir de justice et une nécessité eschatologique par le docteur et abbé saint Bernard, notamment dans sa lettre 363 (Vézelay, 1147): "Il ne faut pas persécuter les Juifs. Il ne faut pas les tuer ni même les expulser. [...] Si les Juifs sont complètement exterminés, comment s'accomplira la promesse de leur salut ou de leur conversion ?" Pie XI se le rappela et Pie XII obéit de tout son cœur et du mieux qu'il pouvait avec une intelligence qui dépassait de très loin la médiocrité de nombre de ses contemporains.

Bref, Pie (XII) le Grand, Jean-Paul (II) le Grand eurent une vie héroïque, digne d'éloges et d'imitations dans la Foi, l'Espérance et la Charité. Que leurs lampes brillent comme des lumières dans notre nuit tandis que s'approche la visite prochaine de l'astre d'en haut (Lc 1, 78), lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël (Lc 2, 32).

Georges 354


Cher Monsieur Bilger, je vous recommande sur Religioscope le lien suivant qui vous donnera je pense un nouvel éclairage sur cette controverse toujours recommencée. Il se trouve dans les archives du site, année 2002. Je vous en souhaite bonne réception
http://www.religioscope.com/pdf/PieXII.pdf

papet croûton

Chers commentateurs, vous seriez un peu plus crédibles en usant d'arguments sérieux.
– Il est évident que dans un blog à la gloire de Pie XII, on ne va trouver que des arguments en sa faveur !
– "Bombarder Auschwitz" ; c'est vrai, cela aurait accéléré l'extermination.
– "Le pitre Duhamel". Je n'en dirai pas plus.
Puis-je rappeler l'exfiltration de nazis par un certain nombre d'ecclésiastiques ? Le pape n'était pas au courant, on peut l'espérer, mais cela s'est tout de même passé dans l'Église, et je ne me souviens pas qu'il y ait eu par la suite de condamnation.
Si on veut polémiquer, on peut trouver bien d'autres cas où, comme on dit, son silence a été assourdissant.

Robert

La réflexion de PhB ne manque pas d'intérêt philosophique ou littéraire. Cependant, je me permettrai deux observations.

1- Benoît XVI comme Pie XII sont (ou était) des "chefs" (au sens de caput, capitis : les têtes pensantes) de l'Église catholique. La béatification éventuelle de Pie XII ne concerne donc que cette religion et ses adeptes. Je me pose la question de savoir ce qui donne autorité à tel ou tel pour s'immiscer dans le fonctionnement interne d'une religion s'il n'en est pas membre.
Par ailleurs, décréter la sainteté d'une personne comme se positionner sur la régulation des naissances ou tout autre sujet relève de "l'autorité" de la seule Église catholique qui est et reste fondée sur le dogme.
Lorsqu'on est extérieur à ce type d'institution, on est libre de juger telle ou telle décision ou option en fonction de ses propres références philosophiques, politiques, religieuses ou morales sans pour autant se croire autorisé, en l'espèce, à donner des leçons de bon ou de mauvais catholicisme.

2- En ce qui concerne la position de l'Église catholique et de son chef pendant la deuxième guerre mondiale, les jugements sont très partiaux et fonction de présupposés idéologiques et politiques, et bien peu de la réalité de l'Histoire.
Ce qui me gêne le plus dans cette évocation est que depuis une trentaine d'années on a fait du génocide des Juifs par le système nazi le centre de cette guerre.
Aucun individu censé ne saurait minimiser l'ignominie de ce génocide. Toutefois, la guerre n'a pas été déclenchée pour le motif du mauvais traitement des juifs par le système nazi, mais bien pour d'autres préoccupations stratégiques, politiques, de conquêtes territoriales, etc.
Dans ce contexte, "la solution finale", malgré son absolue inhumanité, est restée seconde (et non pas secondaire) dans les préoccupations des états-majors alliés pour lesquels les opérations militaires étaient prioritaires face à la puissance militaire de l'Allemagne et de ses alliés, notamment le Japon.
Porter aujourd'hui un jugement exclusivement moral sur cette période me paraît inadéquat, singulièrement en raison des priorités des opérations militaires sur tout le reste. Comme disait Staline, me semble-t-il : "le Vatican, combien de divisions ?".

Jean-Dominique Reffait

Du Bilger de la plus belle eau. La clarté dans le paradoxe, dans le conflit des idées. La coexistence en vous-même de ce Créon sévère et de cette Antigone, non moins sévère mais trop longtemps écrasée par le poids de la loi, vous revient dans la figure. Parce que rien n'est simple de ce qui est tragique.

Et je n'ai pas de réponse à mon tour. Parce que je ne comprends pas ce que signifie une sanctification héritée des temps anciens et magiques dans notre époque administrative. Parce que ce processus tient davantage de la sélection du Goncourt que de la sainteté constatée. Parce que la reproduction des élites semble gagner le Paradis où il fait bon être polonais ou pape ou les deux, impasse faite sur les véritables saintetés quotidiennes, parfois laïques, anonymes.

Imaginons un Pie XII criant. Intimant l'ordre aux policiers chrétiens de l'Europe occupée de ne pas arrêter les juifs. Quelle voix ! Ordonnant aux catholiques bavarois de rejeter le nazisme. Imaginons un Pie XII se livrant en lieu et place des juifs, comme d'autres inconnus l'ont fait dans les camps. Le cours des choses en eut été forcément changé. Mais non, il fallait transiger avec le Mal, celui-là même avec lequel le prédécesseur avait co-signé les accords du Latran. Préserver la nouvelle souveraineté du Vatican, jouir du nouveau statut de religion d'Etat en Italie, au prix du renoncement à toute action politique.

La sainteté se constate, elle saute aux yeux des hommes de toutes convictions, elle a le visage de Mère Teresa, de Soeur Emmanuelle, de l'Abbé Pierre et de combien d'autres, partout dans le monde, dont nous ignorons les noms. Pie XII ne compte pas parmi ces évidences.

cyd

Après avoir lu la chronique d'Alain Duhamel, il me semble que son argumentation ne résiste pas à la première vérification venue.

L'argument de M. Duhamel est celui-ci :

"Et, pendant la guerre, on le sait bien, malgré les persécutions abominables dont ont été victimes les juifs, il a voulu garder le silence. Il a bien eu, à Noël 1942, un message elliptique, mais totalement incompréhensible pour le commun des mortels et même peut-être pour les autres, d'ailleurs."

Or que trouve-t-on dans Wikipédia, source la plus simple à défaut d'être la plus sûre ?

(...) Le 25 décembre 1942, le New York Times publie un éditorial dans lequel il est écrit : « La voix de Pie XII est bien seule dans le silence et l’obscurité qui enveloppe l’Europe ce Noël... Il est à peu près le seul dirigeant restant sur le Continent européen qui ose tout simplement élever la voix[33]. » (...)


Et si vous êtes abonné au NYT, vous avez accès aux archives, et on peut voir cet éditorial en "5 colonnes à la une".


Il semble donc que les journalistes du NYT de Noël 1942 ne fassent pas partie du "commun des mortels" ni des "autres, d'ailleurs" selon la définition de M. Duhamel.


Bref, M. Duhamel démontre toute la difficulté de l'affaire, puisqu'il nous fait une chronique sur la première radio de France qui se contente de hurler avec les loups.


Savonarole

"La sincérité est un calcul comme un autre"- Jean Anouilh- dans la pièce de théâtre "Thomas Beckett, ou l'Honneur de Dieu".
La sincérité n'est pas l'honneur d'Alain Duhamel. Voir comment il se fait drosser dans "Arrêt Sur Images" :
"Immédiatement, dans les radios et les télés du week-end, est donc ressuscitée la figure d'un méchant Pape, d'un lâche, qui n'a pas protesté contre la Shoah. Jusqu'à l'éditorialiste multi-cartes Alain Duhamel qui, avec une férocité bienvenue, mais qu'il ne réserve hélas qu'aux hommes politiques étrangers ou morts, suggère au pape de béatifier aussi Papon. Ah, si seulement il avait officié entre 40 et 45, Duhamel ! Dès juin 40, il aurait lâché ses chroniques à la radio et dans les journaux, et sauté dans le premier bateau pour Londres ! Ah, on l'aurait entendu tonner, à Radio Londres ! Avant qu'il ne saute dans son uniforme pour aller libérer Paris, les armes à la main, dans la division Leclerc"...
________________________________________
- Post scriptum : Pour ceux qui l'ignorent A. Duhamel est protestant. Ceci explique-t-il cela ?

Catherine JACOB

« Le rapprochement est offensant pour Pie XII, trop flatteur pour Maurice Papon. »
Ça c’est bien vrai, il ne manquerait plus que les petits patapons pour souligner le caractère un peu léger tout de même des jeux de langage dans certaines circonstances.

« le rôle de celui qu'on souhaite béatifier mérite d'être mieux connu, dévoilé pour le meilleur ou pour le pire ? »

Ça c’est très juste aussi. Il me paraît à moi également, aussi ignorante de tous les tenants et les aboutissants dogmatiques de la controverse que je peux l’être de ce qui se joue véritablement derrière les élégances -et aussi les inélégances- judiciaires, que la stature du personnage est trop grande pour que l’on ne se penche pas avec le plus grand souci de la réalité des faits, sur la façon dont sa Sainteté PieXII a jugé bon d’assumer sa fonction de représentant de St Pierre, et qu’on le fasse dans le cadre d’une commission réunissant des historiens respectés de différents confessions, ce de façon à permettre aux sentiments des uns et des autres de se positionner sur la base d’éléments plus solides que les opinions générées par les diverses idéologies, je n’ai pas peur du mot, en présence.
Son actuel successeur en effet, du moins me semble-t-il, ne peut pas ne pas avoir le souci de l’apaisement des passions génératrices de polémiques préjudiciables à son action. Il ne peut pas non plus ne pas mesurer tout le bénéfice qui pourrait en être retiré par l’Eglise qu’il sert.

Ceci étant, on ne voit pas pourquoi la mise en place d’une telle commission œcuménique et interreligieuse qui n’oublierait pas les simples laïques et autres agnostiques dans le seul souci de leurs compétences dans la matière historique, devrait imposer une date relativement à l’ouverture symbolique d’un processus strictement religieux eu égard auquel leurs compétences stricto sensu me paraissent, a priori et quelles ques soient au final leurs conclusions, devoir être déclarées nulles.

« peut-être ces Juifs sauvés auraient-ils été multipliés à l'infini ! »
Dire peut-être c’est dire aussi peut-être pas.

«Dans ce combat qui oppose dans le monde et en nous-mêmes Créon à Antigone, j'ai toujours si naturellement pactisé avec Créon - parce qu'au fond il n'était jamais aimé - contre la pureté surhumaine d'Antigone que j'en ai oublié que parfois sa folie à elle avait raison.
Un pape n'a pas le choix : il se doit d'être Antigone ou rien. »

Monsieur l’avocat général, votre conclusion m’a arraché un demi-sourire, mais j’ai bien peur que le motif en ait peu de rapport avec le fond du billet.

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