« Jean-Pierre Treiber a-t-il avoué ? | Accueil | Un psy pour la société ? »

22 février 2010

Commentaires

oursivi@JDR

"Et puis... Doit-on faire la très longue liste de tous les repris de justice que la droite a recyclés ? Il n'en a pas été fait tout un foin par la gauche : Carignon, Longuet, Balkany et consorts."
JDR

Oui, enfin... votre première partie était très convaincante... hélas vint la seconde, celle-là sous entendant que la rouerie tolérée ici (je suis bien d'accord avec vous) devrait donc aussi l'être là...

Nous sommes loin de la gauche idéaliste, fière de ses valeurs et de sa supériorité morale, nous semblons là plus près du choix d'un candidat d'opportunisme électoral à la limite de la provocation quant à ce qu'on tolère progressivement venant des quartiers...

En gros, je caricature à peine, on pourrait peindre cela en, "vous voyez, si on donne à ce genre de fâcheux la reconnaissance et l'embourgeoisement nécessaire, il peut très bien arrêter ses conneries".

Cela me rappelle les propos de Rama Yade sur la main de T. Henry (une obsession, je veux bien, mais elle le restera tant que je penserai que cela n'a pas été assez remarqué).

Dieu sait si je peux juger méprisable la clique du neuf deux dont avez donné les noms, mais, pitié, que la gauche ne se perde pas dans la promotion d'une clique du neuf trois ou quatre...!

AO

Catherine JACOB@Jean-Louis Bernard

@Jean-Louis Bernard | 22 février 2010 à 18:34

Juste pour mon information personnelle, vous aviez la musique de l'Île aux enfants de Casimir dans la tête en écrivant votre texte ?

Hé ! lecteur

"Et si Ali Soumaré - si ce passé judiciaire est bien le sien - se retirait avec une élégance plus estimable que l'aval du code électoral ? Il deviendrait à sa manière, autrement que comme notre jeune héros polonais, une référence pour temps républicains troublés."

Vous savez certainement monsieur Bilger que le retrait d'un candidat, une fois les listes closes, est IMPOSSIBLE ! Listes closes depuis le 15 février dernier.

D'où très certainement ce tapage !

Il y a quelque part en France une tête de liste décédée après ladite clôture. Les électeurs devront voter pour le mort !

2.2.4. Décès d’un candidat

Aucune disposition ne prévoit le remplacement d’un candidat décédé après le dépôt de la liste au premier tour, ni au second tour en l’absence de fusion de listes. Le décès d’un candidat postérieurement au dépôt de la liste n’entraîne donc aucune modification de celle-ci (les bulletins de vote de la liste devront comporter le nom du candidat décédé).
Dans le cas d’une fusion de listes, un candidat décédé avant le dépôt de la liste fusionnée doit être remplacé par un autre candidat dont la liste a obtenu au premier tour au moins 5% des suffrages exprimés.


Cette situation me rappelle le sketch de Muriel Robin :

"... Je dois te dire quelque chose...

- Je t'écoute...

- Ali Soumaré est noir

- T'es sûr ?

- Oui !

- Noir... noir ?

- Oui !

- 5 minutes,

- Bouuuuuuuuhhh !!!!!


Il fut un temps où on disait qu'il fallait éviter de faire des c... pour ne pas avoir de casier judiciaire et les portes fermées de la fonction publique...

A force d'avoir la tête dans la boue, l'UMP ne voit plus chez autrui que les boues d'épuration !

PARITOLOG

TATOUAGE INDELEBILE DE BAGNARD...
éternisation illégale de la "peine"...
néo-médiévalisation "juropositive"
(la juropositivité est à la société ce que
la séropositivité est à l'amour ...),
alors avoir purgé la sanction et payé sa
dette à la société ne sert à rien :
pourquoi pas mais il fallait le dire AVANT !
(Mais puisque la France est championne
universelle de la violation du principe de
non-rétroactivité, alors !)

mike

1/ Tout à fait d'accord avec Florence.
2/ Si l'UMP présente aux élections des candidats en ignorant ou en cachant leurs erreurs, il trompe les électeurs. S'il veut qu'on lui fasse confiance il doit faire son travail d'éthique auparavant.
3/ Il en est évidemment de même pour n'importe quel parti y compris le PS.
4/ Les erreurs (éventuelles pour certaines d'entre elles) du candidat Soumaré n'engagent que lui.
Les silences du parti socialiste nuisent à son désir légitime d'être impeccable et ce ne sont pas les défauts (connus ou pas) de candidats d'autres partis qui pourraient l'absoudre de ne pas avoir prévenu les électeurs.
5/ Dûment informés, les électeurs feront leur choix.

Catherine A à Laboca

"Je sais bien que les âmes sensibles veulent qu'un candidat à une fonction élective remplissent d'autres conditions que celles fixées par le code électoral. Ce sont les mêmes sensibles qui exigent notamment que la femme n'entre dans le mariage qu'à la condition d'être vierge". Quel est le rapport ? Laboca, voilà comment on tente de disqualifier un argumentaire : en faisant des comparaisons absurdes. En posant que ceux qui souhaitent des hommes politiques exemplaires sont les mêmes qui souhaitent des femmes vierges au mariage, vos propos non seulement n'ont pas de sens mais je les trouve extrêmement malhonnêtes.
Si à propos du cas Soumaré, dont je ne sais s'il a "délinqué" ou pas, pouvait enfin se poser le problème de la morale en politique et pas seulement du droit, ce serait une bonne chose. Mais je ne me fais guère d'illusions, les occasions - et combien plus belles rappelées par de nombreux commentateurs - de le faire ayant été si nombreuses avant.

sbriglia

"mais il est du même acabit... qu'un ancien sportif épinglé par la Cour des comptes, David Douillet" a écrit SR.

Avant de faire de la désinformation, SR, tentez de vous informer et reportez-vous au rapport de la Cour des comptes, sur son site, page 53 et suivantes... Rapport effectué par un député socialiste...

Et si vous avez un tant soi peu de sens de l'honneur, à défaut du sens des convenances dont j'ai peine à croire que vous soyez pourvu, faites un rectificatif : David Douillet n'a jamais été épinglé par la Cour des comptes, sauf à considérer que les rumeurs et calomnies qui circulent sur le net, et sont reprises par les faibles d'esprit, sont paroles d'évangile.


Etienne

Bonjour,
Pour ma part je suis surpris que la candidature de M. Huchon n'ait fait l'objet d'aucun débat. Celui-ci a été condamné (en première instance puis en appel) pour prise illégale d'intérêt dans le cadre de ses fonctions au Conseil Régional d'Ile-de-France. Certes la peine d'inéligibilité a été écartée dans le jugement d'appel, donc il est habilité, en droit, à se présenter. M. Huchon se trouve donc exactement dans la même situation que M. Soumaré. Rien n'interdit à ces deux personnes de se présenter au suffrage des électeurs ! Or il se trouve que les électeurs sont habituellement cléments envers les candidats ayant fait l'objet de condamnation (Balkany, Mellick, Carignon, etc...). A mon sens, c'est là que se trouve le hic si hic il y a.

maguy37

Bonsoir !
Ce lien est à consulter parce qu'il apporte des éclaircissements juridiques sur cette affaire.

http://www.maitre-eolas.fr/post/2010/02/22/Ali-Soumar%C3%A9-et-Francis-Delattre-sont-ils-des-d%C3%A9linquants

ramon

La loi (par le code électoral), la justice (par d'éventuelles peines complémentaires d'inéligibilité) indiquent, selon des normes précises, qui peut être candidat à une élection et qui ne le peut pas.

Mais ce n'est pas encore assez pour certains arbitres des élégances morales qui surajoutent des conditions que le législateur ou le juge n'ont pas posées.

Délinquant un jour, délinquant toujours.

Et ainsi, une peine n'est jamais "purgée".

Aïssa Lacheb-Boukachache

Même le Front National n'a pas tiré sur cette ambulance nommée Ali Soumaré. C'est dire combien l'argumentaire politique de cette Droite dont vous faites partie, cher PB, patine et glisse pour partir effectivement à vau-l'eau pour ne pas écrire dans le caniveau. Enfin, j'écris «cette Droite; certains de la Droite plutôt, ils ne sont pas tous aussi nauséeux et nauséabonds… Que fait Pasqua, le Charles s'entend, au Sénat, ô bonne mère ?! Le Sénat de la République, tout de même, c'est autre chose que le Conseil Régional, fut-il celui d'Ile-de-France. J'ai appris récemment que Botton, repris de Justice s'il en est, au casier judiciaire bien fourni, est depuis peu le chargé officiel de mission de notre Président Nicolas Sarkozy, et chargé de mission quant à quoi ? Les prisons. Delarue ne suffisant plus, il faut le croire, on a ajouté et du plus haut sommet de l'Etat, Botton. Que ce vivier que vous citez est bien pauvre en effet et comme le bon et honnête Delarue doit se sentir affligé d'être lesté de ce lourd boulet malfaisant et malhonnête Botton… Je ne plaisante pas, cher PB, je n'aime pas quand vous vous vautrez ainsi dans ces penchants populaciers (dixit Imbert) ostracisants, que je refuse de croire foncièrement les vôtres... Vous invoquez sans cesse l'éthique, la morale et j'en passe ; méfiez-vous, cela devient suspect, vous devenez suspect. Botton, Botton, chargé de mission de l'Elysée, allons, hardi Bilger, un billet de la même veine que celui pour Soumaré ! Je vous moque, cela faisait longtemps que je n'étais venu… Mais je vous dis une chose cependant : c'est le Peuple qui est le Souverain et il ne tiendra toujours qu'à lui de se choisir les représentants qu'il veut. Que cela vous chaut ou non. Voyez-vous, il y a ici à Reims un jeune député (il est né en 1975), Arnaud Robinet. Ce type est médecin, maître de conférence des université, chercheur et praticien hospitalier. 35 ans à peine, c'est un doué. Et désormais député. UMP. Je me dis à présent : quand a-t-il soigné des malades, ce type ? A-t-il seulement déjà soigné des malades, vu son âge en regard du temps qu'exige d'être ce dont il est tant diplômé ? A-t-il seulement eu envie de soigner les malades, les souffrants dans les hôpitaux et ailleurs ? Il est praticien hospitalier tout de même, du CHU de Reims. Que fout-il là-bas à l'Assemblée ? N'a-t-on pas davantage besoin de lui dans son service de l'hôpital plutôt que sur les bancs du Parlement ? Le vrai scandale, il est là, pas chez Soumaré ! Lui, Soumaré, dans son domaine, il a exercé, si je puis exprimer la chose ainsi, et maintenant il propose légitimement de partager et faire partager son expérience de la rue, de la misère, de la galère, à tous les Français. Ca a plus de gueule qu'un Arnaud Robinet sans condamnation aucune et jamais et médecin réel et virtuel à la fois… On ne fait pas médecine pour aller ensuite faire le singe sur les bancs de l'Assemblée ou alors auparavant on fait état d'années d'exercice et d'expérience en son art, on s'est rendu utile en ce pour quoi on s'est formé, en ce pour quoi la République a formé. Il est officiellement chercheur es médecine en plus et maître de conférences, c'est dire qu'il a le don d'ubiquité et une capacité de travail hors norme... Je le cite car c'est un exemple caractéristique. Mais je n'ai rien contre ; il est très sympa, Robinet... Qu'est-ce qu'on ne ferait pas, tout de même, pour être politicien... Les places doivent être chaudes et bonnes, il faut le croire... Même s'ils n'étaient jamais sincères, on comprendrait tous les Soumaré de France... Le vivier, le vivier, mon cher, il est partout et il n'a nul besoin d'avoir été condamné ou non...


Aïssa.

François

Bonjour, M. l'Avocat Général
On ne me fera pas croire qu'au Parti Socialiste, personne ne connaissait les affaires auxquelles M. Soumaré semble mêlé. Seulement, quand chez l'adversaire on trouve M. Balkany, M. Santini et bien d'autres personnalités politiques ayant eu affaire à la Justice ou se trouvant encore sous le coup de poursuites, les "décideurs" se disent que ça n'a plus d'importance. C'est le jeu du "je te tiens, tu me tiens par la barbichette". Voilà le niveau exact des valeurs de ceux qui sont censés nous représenter. Je dis "censés", car ils ne représentent pas mes valeurs, celles que j'ai transmises à mes enfants. Mais, à mon sens, il est bien plus grave que des services de l'Etat -Justice ou Police- aient pu se rendre complices de la divulgation de ces renseignements. Dans un reportage TV, j'ai vu un des "accusateurs" brandir ce qui m'a semblé être une minute de jugement, déclarant qu'il s'agissait d'un document concernant M. Soumaré. Peut-être ai-je mal vu ? Il n'en reste pas moins que je trouve gravissime que des fonctionnaires, des agents de l'Etat, puissent s'adonner à de telles pratiques, et devenir par là même des agents de politiciens. Toute ma carrière, qu'il s'agisse de gouvernements de droite, de gauche, de cohabitation, je me suis efforcé à une totale neutralité en la matière. Qui que soit celui qui a "renseigné" les politiciens, il n'a rien à faire à la place où il se trouve. Sauf à admettre que nous sommes revenus cinquante ans en arrière, à l'époque des polices parallèles et des barbouzes.

Jean-Dominique Reffait

Délitement de la morale publique, le vrai :
une jeune marocaine de 19 ans se rend à la gendarmerie pour déposer plainte contre les violences de son frère. Il veut la contraindre à retourner au Maroc pour un mariage forcé. La gendarmerie, chez qui cette jeune femme vient se réfugier, arrête la jeune fille et elle est expulsée vers le Maroc. Oh là, je n'ai plus envie de rire. Et pour de vrai j'ai des larmes de rage aux yeux. Pauvre gamine. Pauvre pays.

jpledun

Vive le Polonais !

maguy37

C'est très élégamment écrit.
Vous vous voulez sans concessions, alors, soyons sans concessions et passons en revue tous les condamnés pour des délits bien plus graves qui sont à la tête de l'Etat : abus de biens sociaux, détournements de fonds publics, emplois fictifs, les affaires des HLM, favoritisme, des affaires ayant provoqué des morts, des suicides, qui plongent des citoyens dans des problèmes bien plus graves, l'OAS, etc.
Pensez-vous que si Bernard Tapie se présente aujourd'hui sur la liste UMP on lui réservera le même traitement?
Alain Carignon en Isère avait estimé à juste titre avoir payé sa dette à la société et s'était présenté aux élections.
Alain Juppé est maire de Bordeaux.
Et la liste est longue ; parmi les responsables politiques de droite comme de gauche, on trouve des délinquants en col blanc qui trônent derrière des bureaux de luxe dans nos ministères, nos mairies, nos préfectures, ou qui sont maires ou députés.
Que reproche-t-on à Ali ?
Vol aggravé dont il a purgé la peine en 1999, c'est-à-dire il y a 10 ans, alors qu'il avait 18 ans. Doit-il payer cela toute sa vie ?
Ensuite, conduite sans permis de conduire : un crime abominable !
Rébellion et résistance à agents : quoi de plus normal, surtout s'il était déjà fiché chez eux, quand on sait et que l'on voit comment ces gens traitent ces jeunes gens dans les banlieues et partout en France ? Les jeunes arabes et les Noirs sont victimes des contrôles policiers violents et non justifiés, des contrôles au faciès ; comment ne pas se rebeller face à ces abus ?
Ce sont sûrement ces injustices qui amènent ces jeunes en politique parce qu'ils espèrent qu'ils pourront faire bouger les lignes et montrer à ceux qui les méprisent et qui les briment qu'ils sont capables de servir dignement leur pays.
Ali a été condamné et alors ?
Si vous êtes capable de disserter sur Ali, vous devez vous montrer capable également de disserter sur ceux qui nous dirigent et les grosses casseroles qu'ils traînent derrière eux.
Pourquoi Ali devrait-il se retirer, parce qu'il est Noir ? Ne sommes-nous pas nous-mêmes prisonniers de ces préjugés racistes inconscients qui font que l'on veut que l'étrange étranger à la couleur de peau différente se montre sans tâche ni faille s'il veut se faire accepter par la société bien-pensante française ?

Je soutiens la candidature d'Ali Soumaré et m'insurge contre la campagne indigne qui est menée contre lui.
Je me suis toujours demandé ce que Rama Yade faisait dans ce gouvernement, parmi ces gens bourrés de préjugés et de mépris contre les Noirs.

Brassus

Monsieur Juppé a été, je crois, condamné lui aussi et pourtant après avoir purgé sa peine il a contraint le maire de Bordeaux à démissionner pour se présenter à sa place. Et il y en a tant d'autres. Mais c'est vrai que pour eux c'était de la délinquance en col blanc !

Florence

Je pense que si un repris de justice se présente à une élection, la population est en droit de le savoir.
Juppé, Balkany, Huchon, Emmanuelli et bien d'autres ont été un jour condamnés par la Justice. Tout le monde le sait, connaît les délits commis, c'est bien normal et s'ils sont réélus, c'est en toute connaissance de cause.
Si la candidat PS du Val d'Oise a été condamné par la Justice, il est bien normal que les électeurs en soient informés ainsi que des délits commis. Chacun doit pouvoir juger en connaissance de cause.
Je crois que Monsieur Ali Soumaré se grandirait d'informer la population de ce qu'il en est réellement de son passé judiciaire.

Bonsoir à Aïssa !

stephane

Michel Villey dans ses carnets de philosophie du droit présentait la cohérence comme une prétention.

Tout de même...

Comme d'autres, Alain Juppé a bien été condamné dans une affaire de prise illégale d'intérêt, il est redevenu maire de Bordeaux et temporairement ministre.

Ce n'était pas une affaire de droit commun mais bien une affaire politico-financière.

Ce type de condamnation est par essence plus incompatible avec l'exercice de responsabilité d'élu et la morale républicaine que vous défendez.

Pourtant, vous ne demandez pas son retrait de la vie politique pas plus a fortiori que l'UMP.

Dans la mesure où un homme a payé sa dette à la société et qu'il est protégé par la présomption d'innocence, pourquoi ne pourrait-il pas se présenter ?


Aïssa Lacheb-Boukachache

Il y a des jours comme celui-là où non seulement vous ramez, mon cher PB, mais en plus vous pétez carrément un câble... Que vous arrive-t-il, diantre ?! Vous me connaissez ainsi que mon passé, n'est-ce pas ? J'espère en ce cas que si, malade ou accidenté ou vieux grabataire vous deveniez désormais (je vous souhaite naturellement tout le contraire et d'aller toujours au mieux), vous n'opposerez pas ni l'éthique ni la morale ni aucune légitimité quelconque entre vous et moi lorsque, se rencontrant dans le même hôpital, je me pencherai le jour et la nuit sur vous pour vous soigner et soulager votre douleur... J'espère que vous ne me demanderez pas mon casier judiciaire ni ne cliquerez mon nom dans Google pour vous renseigner, avant que je vous touche pour soigner vos plaies, vos blessures ou votre tête malade d'une démence quelconque... Cela me vexerait, vous savez...

Bonjour toutes tous !

Aïssa.

david

Bonsoir
Cela semble vous choquer qu'une personne ayant été condamnée puisse se présenter devant les électeurs.
A partir du moment ou elle n'est pas frappée d'inéligibilité, je ne vois pas où serait le problème ?
Soit la peine compense l'infraction et l'on n'en parle plus, soit on marque au fer rouge pour la vie !!

Romain Pigenel

Ce billet au parfum doucereux de catéchèse repose sur un préjugé jamais vraiment interrogé, selon lequel les hommes politiques devraient être des surhommes au-dessus de toute souillure morale, et au parcours de vie aussi blanc que la robe d'une oie. Or la démocratie, que cela plaise ou non, est d'abord l'exercice du pouvoir par le peuple pour le peuple, dans toute sa diversité et la singularité des différentes existences. S'il y a une morale qui compte en politique, c'est la vertu d'homme public, et là-dessus on ne sait rien de plus des qualités ou des défauts d'Ali Soumaré avec ces "révélations" de l'UMP. Probité ne veut pas dire passé de premier communiant ! A moins que l'on veuille au fond défendre une certaine forme d'oligarchie ou d'aristocratie.

LexParis

Monsieur,

Je tenais à dire qu'avant que vous n'écriviez votre article sur l'affaire Soumaré, j'avais pris l'initiative de faire un commentaire sur celle-ci à la fin de votre article - qui n'avait rien à voir - sur l'affaire Treiber.

Pour répondre à votre article, je vous invite d'abord à lire mon commentaire mais ensuite à vous inviter à un réflexion : la mémoire en politique se conçoit-elle de la même manière qu'ailleurs ? Pour ma part, la réponse est négative.

Par ailleurs, je suis désolé de vous dire que je ne vois pas en quoi une personne condamnée en justice (et qui n'a visiblement pas fait de prison : donc pas de délits graves) ne pourrait pas devenir élu, a fortiori au niveau local ? N'y a-t-il pas des élus de droite, y compris de la nation, qui ont un casier judiciaire long comme le bras, bien plus long que celui de M. Soumaré ?

Je vous trouve un peu trop partial et pas franchement objectif. Je crois que vous ne mesurez pas assez les enjeux moraux qui se situent derrière cette affaire.

Sincèrement, un candidat "blanc" aurait-il subi de telles attaques ? Je ne le crois pas du tout.

LexParis

Monsieur Bilger,

Mon commentaire n'a rien à voir avec l'affaire Treiber. Il a à voir avec l'affaire Ali Soumaré, tête de liste du PS dans le Val d'Oise, qui a fait dernièrement l'objet d'attaques de la part de responsables UMP d'Ile-de-France mais aussi nationaux (à l'instar de Frédéric Lefebvre).

Vous étiez ce soir invité sur le plateau du talk Orange-Figaro et avez été interrogé sur cette affaire. Pour résumer, vous avez estimé les actions de ces responsables "légitimes" dans le cadre de ces élections. Argument : il faut savoir pour qui l'on vote.

Je ne vais pas vous cacher que ces propos m'ont totalement surpris de votre part. Le mot "légitime" est particulier, a un sens, se rattachant à la sphère de l'éthique, de la morale et plus généralement de la justice. Il est à distinguer, comme vous le savez, de celui de "légal", d'ordre juridique.

Sur ce dernier point, vous connaissez très certainement les règles de droit : les informations divulguées et utilisées par les responsables de l'UMP et leurs acolytes ne pouvaient être accessibles par tous. Comme l'a écrit maître Eolas sur son blog à l'instar d'autres blogueurs-juristes et journalistes, l'ensemble de ces informations ne pouvait être accessible qu'en commettant un délit. Ainsi, les membres de l'UMP impliqués condamnent M. Soumaré au regard de son casier judiciaire tout en commettant eux-mêmes un délit. C'est un comble.

Sur le plan de la légitimité, les choses se corsent véritablement.

D'une part, il me semble qu'au sein des listes de l'UMP dans le cadre des élections régionales franciliennes, un certain nombre de candidats sont connus pour avoir été condamnés à plusieurs reprises et ont un casier judiciaire bien plus fourni que celui de M. Soumaré. De ce point de vue, le PS pourrait tout à fait jouer à ce jeu et je suis sûr qu'il gagnerait haut la main tant l'écart est important.

D'autre part, cette question n'a rien à faire dans un tel débat. Ma conviction, c'est que les responsables UMP en Ile-de-France sont tellement dépourvus, sont tellement ridiculisés par certains propos tenus par eux (je pense notamment à ceux de Valérie Pécresse qui fait preuve d'une maladresse qui confine parfois à l'amateurisme le plus radical), qu'ils en viennent à ces extrémités pour tenter de décrédibiliser l'adversaire, seule chance de succès pour eux. Autrement dit, il s'agit d'un moyen de détourner l'attention en salissant coûte que coûte un candidat, au détriment d'un droit à l'oubli qui est, quant à lui, me semble-t-il légitime. C'est d'ailleurs pour cela que les responsables du PS locaux et nationaux n'entrent pas dans ce jeu, ayant toutefois conscience qu'ils pourraient largement en abuser.

Mais cela rejoint un autre élément de réflexion : pourquoi Ali Soumaré ? J'affirme que ces attaques ont pour origine sa couleur de peau. Car qui pourrait imaginer de telles attaques contre un candidat ou un élu "blanc". Il faut tout de même avoir conscience que cela est une première dans un tel cadre. On voit poindre ici un racisme qui ne dit pas son nom, des amalgames récurrents association notamment "immigrés" et délinquance. Les responsables UMP jouent ici avec le feu : il est facile de faire de tels amalgames qui sont souvent ancrés chez un nombre toujours trop important de nos concitoyens, notamment dans la périphérie parisienne. Nous entendons trop souvent la délinquance être associée à l'immigration et in fine à la couleur de peau. Etre de couleur, c'est faire l'objet de préjugés parfaitement honteux. Cette affaire le reflète parfaitement. De tels préjugés n'existent pas à l'égard des "blancs" : un candidat blanc qui aurait eu le même casier judiciaire n'aurait jamais fait l'objet de telles attaques. Je n'invente rien : c'est l'expérience de tous les jours qui me l'apprend.

Il me semble donc essentiel de condamner de telles attaques car, contrairement à ce que vous avez affirmé - ou semblé l'avoir fait -, ces pratiques nauséabondes sont loin d'être légitimes et admissibles dans les temps actuels. Vous avez fait preuve, monsieur, d'une trop grande tolérance, tant sur le plan juridique (car les éléments divulgués n'ont pas été acquis légalement) que sur le plan de l'éthique politique et républicaine.

J'avais assisté à votre conférence lundi dernier à Assas en tant qu'étudiant en droit. Vos propos m'avaient fortement intéressé. J'avais apprécié l'originalité de vos positions en matière d'indépendance de la justice. Je suis votre blog régulièrement. Je dois avouer que j'ai été assez déçu par vos propos trop tolérants et franchement pas très justifiés. Car tout ne peut être rapporté au droit de savoir : tout ne peut pas être su ; on n'aborde pas la question de la mémoire en politique comme on l'aborde ailleurs. Vous ne pouvez pas, en tant que juriste, soutenir, même implicitement, de tels actes malfaisants.

Je vous invite donc à éclaircir vos propos au cours des prochains articles, vous qui êtes indépendant et parfaitement éclairé sur de nombreuses questions. Précision : il ne s'agit pas de prendre parti mais d'avoir suffisamment de recul pour comprendre certains enjeux qui se cachent derrière cette affaire.

Bien à vous.

Cordialement,

LexParis

LABOCA

Ali Soumaré est l'un des deux personnages centraux d'un documentaire réalisé par TF1 en 2009 sur la vie dans les cités de Villiers-Le-Bel et Goussainville : dans ce documentaire, on voit Soumaré conseiller le journaliste de TF1 sur les endroits à filmer ou les personnages à interviewer ; mais il y joue simplement le rôle d'ouvreur de route pour TF1, désireuse de tourner ses images sans voir son équipe de tournage prise à partie par les jeunes. Le second personnage central du documentaire est cette personne d'origine africaine qui a été au nombre des Français ayant interrogé tout récemment Nicolas Sarkozy sur TF1.
Je me demande, naturellement : pourquoi seulement Soumaré ?
La question qu'il faut se poser est celle de savoir si le fait que Soumaré soit tête de liste est ou non conforme au code électoral.
Je sais bien que les âmes sensibles veulent qu'un candidat à une fonction élective remplissent d'autres conditions que celles fixées par le code électoral. Ce sont les mêmes sensibles qui exigent notamment que la femme n'entre dans le mariage qu'à la condition d'être vierge.
Je ne suis de ces âmes sensibles, même si j'estime souhaitable qu'un futur élu soit irréprochable en tous points.
Mais chacun sait que de nos jours il est difficile de trouver des gens absolument propres.
Monsieur l'Avocat général Bilger incarne le droit ; en tant tel, il doit donc être attaché au formalisme.
Mais chacun sait que les délinquants ne sont pas seulement ceux qui ont été déclarés tels par les tribunaux ou cours. On trouve dans notre société quantité de délinquants sur lesquels la police et la justice n'ont pas encore mis la main ou à l'égard desquels l'une et l'autre se sont montrées gentilles. Ces délinquants-là ne sont pas des délinquants selon la justice des hommes, attachée à son petit formalisme. Mais on sait qu'ONTOLOGIQUEMENT ils sont aussi détestables humainement que les délinquants reconnus comme tels par cette même justice.
Il n'est pas certain que Soumaré soit le seul délinquant d'entre les candidats aux élections régionales.
Quelqu'un peut-il mettre sa main au feu et dire qu'aucun desdits candidats n'a commis à l'insu de la police et de la justice un délit ou même un crime ?
On pourrait bien trouver par ceux-là des fraudeurs fiscaux, des pédophiles, des violeurs, des menteurs, etc.
Je suis pour la radicalité. Allons vraiment au fond des choses : comme la police et la justice n'ont pas assez de moyens pour appréhender et sanctionner tous les délinquants, pourquoi ne pas organiser des séances de confession collective où chacun viendrait dire ce qui le tourmente.
Que Soumaré, même en violation du code électoral, doive payer ne me pose aucun problème : je suis pour la vertu, c'est-à-dire pour une valeur qui est supérieure au droit positif, ce droit dont Monsieur l'Avocat général Bilger assure, à son niveau et selon ses moyens, l'application dans son vernis pénal (j'aime bien ce mot "vernis" que nos juristes adorent souvent employer).
Comment ce candidat de l'UMP a-t-il pu accéder au dossier pénal de Soumaré ?
Monsieur l'Avocat général Bilger aurait dû se poser cette question, qui interpelle la justice des hommes.
L'actuel contexte d'agitation autour de l'identité nationale pourrait-il expliquer le dérapage nauséabond où s'engage la campagne pour les régionales?
A mon avis, Monsieur l'Avocat général Bilger, en prêtant le flanc à une manoeuvre de basse politique, se départit de sa mission de citoyen : celle d'aborder uniquement les questions de fond, d'ignorer les questions de personne.
Je crains que Soumaré pose problème parce que fondamentalement il est jeune, de race non européenne et originaire d'un quartier.
Ses antécédents judiciaires sont un beau prétexte pour ceux qui l'ont offert à la vindicte populaire d'avancer masqués.

Augustissime

Disons que ces critiques seraient un peu plus fondées si elles n'émanaient pas d'un parti auquel appartient un certain Patrick Balkany qui (comme Jean-Paul Huchon du reste) semble correspondre, si l'on en croit ce qu'on lit sur Internet, à la définition d'un repris de justice.

Si j'admets pour ma part très bien qu'un délinquant ayant purgé sa peine reprenne sa place dans le jeu démocratique, il me semble impératif d'en exclure définitivement ceux qui ont manqué à l'obligation de probité qui est fondamentale pour un élu. Dans n'importe quelle entreprise, un salarié qui tape dans la caisse est renvoyé. Question de loyauté.

Dommage donc que votre analyse manque, cette fois-ci, un peu de pertinence.

Epaminondas

Je lis les billets de monsieur Bilger avec un plaisir toujours renouvelé. La langue est belle, l’exposé clair et précis : autant d’assurances qu’une certaine éloquence ne se résigne pas à disparaître.
Je partage le fond de la remarque : s’il est vrai que monsieur Soumaré a le passé judiciaire que lui prêtent ses détracteurs UMP, qu’allait-il faire dans cette galère ? Il eut été plus judicieux de la part de l’appareil du PS de discuter du bien-fondé de sa candidature avec l’intéressé, sans faux-semblants.
Je ne peux toutefois m’empêcher de rapprocher monsieur Soumaré – qui n’a rien d’un professionnel de la politique – de certains acteurs de premier plan, tels qu’Henri Emmanuelli ou Alain Juppé : monsieur Bilger s’interroge – concernant monsieur Soumaré – sur le bien-fondé d’une candidature risquant de faire plus figure de « repoussoir » que de « modèle ». Ce sont là des inquiétudes que je partage. Je ne peux pour autant souscrire à ce qui ressemble à une campagne de dénigrement.
Car voilà à mon sens un citoyen, dont le seul tort – outre son passé (qui reste à confirmer à ce jour) judiciaire – est de ne pas appartenir au sérail des professionnels de la politique. Nous aurions aimé entendre le même concert de réprobation lors de la réapparition de monsieur Juppé, une fois surmontée la tentation de Venise. Car voilà une personnalité politique qui a un réel passé judiciaire. Rappelons-nous, parmi les attendus du jugement rendu par le tribunal de grande instance de Nanterre, celui faisant référence à la confiance du peuple souverain…
Le fait que monsieur Juppé soit maire de Bordeaux – avec le passé judiciaire qui est le sien – ne fait pas réagir le désormais incontournable monsieur Lefebvre. L’UMP s’accommode plutôt bien de ce passé-là, puisqu’on lui a confié la prestigieuse responsabilité de réfléchir, avec monsieur Rocard, aux orientations du grand emprunt qui va être lancé prochainement. La remarque s’applique pareillement à monsieur Emmanuelli, qui a retrouvé son fauteuil de député malgré ses déboires judiciaires, sur lesquels réprobation et critique ont glissé comme sur une toile cirée.
Pourquoi autant d’agitation autour d’une candidature pour le moins inopportune, certes, mais guère plus choquante que ce à quoi nous ont habitué les principaux accusateurs du jour ? Est-ce à dire qu’il y a deux poids et deux mesures, et que les « chiens de garde » autoproclamés nous confirment que « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » ?

Alex paulista

Je suis bien d'accord avec notre hôte : c'est incroyable d'envoyer au feu électoral un candidat dans une situation aussi délicate.

C'est tellement énorme, à se demander si le pauvre homme ne fait pas office d'abcès de fixation.

D'un autre côté, si tous les hommes politiques portaient en écharpe toutes leurs condamnations passées et procédures en cours pour détournement de fonds publics, emplois fictifs, subornation de témoins, faux en écritures, fausses factures, incitation à la haine raciale, non-respect de subordonnés, non-respect des recommandations de décontamination du sang, vote à la chaussette et autres bourrages d'urnes... les débats publics seraient beaucoup moins catholiques.

Clafoutis

Donc une erreur passée, et payée, reste la tache de Macbeth et fait de soi un citoyen de deuxième catégorie - à vie.
Et n'importe qui peut venir la brandir et vous faire sortir du cercle social sous les huées des vertueux (ou des malins futés).
Ne faudrait-il pas, pour améliorer le système, que cela devienne héréditaire ?

Marie

Bonjour

1/ il est évident que l'UMP est allé chercher des poux dans la tête de Ali Soumaré. S'il avait été blanc, l'UMP aurait-elle fait son enquête ? !

2/ il est étonnant de pouvoir révéler publiquement des informations aussi personnelles !

3/ Contrairement à ce que vous dites, s'il a un passé et même une actualité douteuse, la réinsertion peut aussi passer par l'engagement politique ! Je ne vois pas pourquoi il ne mérite qu'une réinsertion "de moindre qualité" quand la petite histoire ne dit même pas quelles sont ses compétences et sa formation.

4/ Evidemment, ça ne fait pas bon genre tout ça. Déjà qu'on ne voit pas toujours venir le délinquant en col blanc, alors si on le met (si c'est prouvé) sur le trône en le sachant d'avance... c'est pas très bon pour l'exemple !

Bref, résultat ? eh ben, ça vole pas haut tout ça... et cela, qu'importe la solution qui sera trouvée pour terminer l'affaire.

En tant que simple citoyen, je ne sais même pas quoi en penser vraiment.

Jean-Louis Bernard

J'approuve la réflexion...

Mais enfin, Le Pen, Papon, Bousquet, Balkany et tant d'autres... n'ont-ils pas été élus de la nation ou fonctionnaires, députés, préfet, ministres ? Je ne connais pas les faits qui sont reprochés, mais je doute qu'ils soient pires que la torture, la déportation, la menace avec arme... Nous verrons bien mais hélas, hélas, hélas, la situation s'est déjà si souvent produite que ma conclusion n'est pas encore écrite !

Et puis comme l'écrit Michel Onfray :
"Comme ces temps-ci le voile tombe et qu’on entend des intellectuels défendre un violeur de jeune fille, pourvu qu’il soit cinéaste, ou un amateur de prostitution pédophilique, pourvu qu’il soit ministre, on a eu également des défenseurs de la tricherie pourvu qu’elle soit le fait d’un footballeur de l’équipe de France, les héros de nos temps modernes..." Alors la justice, la morale... Voici venu le temps de la décadence...

JM

Monsieur Bilger,

J'ai lu, sous la plume d'un universitaire italien spécialiste de la Rome antique, qu'un descendant de Caton le censeur, contemporain de César, auprès duquel un de ses partisans s'indignait de que ce dernier achetât des électeurs en vue de son élection au consulat expliqua qu'il fallait en acheter plus que lui !

Je me souviens aussi de ce vers de Corneille : "Un tas d'hommes perdus de dettes et de crimes", repris par Gambetta dans un procès mémorable sous le Second Empire.

Et l'on pourrait remplir des pages et des pages de cas similaires et conclure, pourquoi pas?, en ajoutant un commentaire à l'affaire Soumaré : comparer l'épaisseur d'un poil à celle d'un autre poil ou bien à celle d'une poutre.

Et pourtant comment ne pas commenter ?

Passant

A supposer que les faits soient vrais - ce qui est loin d'être établi à l'heure où nous parlons - pourquoi devrait-il se retirer ? Combien d'hommes politiques condamnés pour des faits plus graves se sont représentés et ont été élus ? L'UMP en connaît quelque chose avec les Patrick Balkany et autres Alain Carignon. Ils sont malvenus de donner des leçons dans ce domaine.

Patrick Handicap expatrié

La morale politique, quelle blague quand on voit M. Balkany participer à presque tous les voyages officiels du Président, lui qui a été réélu malgré ses condamnations en correctionnelle.
Et encore, Stéphane Guillon n'a pas cité ce qui aurait dû lui valoir les assises : la relation sexuelle (fellation) de sa secrétaire sous menace d'une arme (357 magnum).
Il faudra d'ailleurs m'expliquer pourquoi le procureur n'a pas poursuivi même si la secrétaire avait retiré sa plainte, car il s'agissait bien d'un viol, donc d'un crime, de plus particulièrement lâche et odieux vu les circonstances.
Alors ce qui serait reproché à Ali Soumaré, c'est de la bibine à côté...

realworld

A en croire la sagesse populaire, la plupart des politiciens sont des escrocs, des menteurs, des personnes cupides et vaniteuses. D'ailleurs, et pour preuves indirectes, certains y gagnent même des titres honorifiques tels des abus de biens sociaux, détournement de fonds, diffamation etc... Mais continuent de se représenter et de se faire élire !

Encore un peu jeune et naïf, je suis enfin heureux de savoir la frontière de probité qui sépare un bon candidat d'un mauvais : c'est d'avoir été élu avant d'être un voyou. De la bouche d'un magistrat, c'est très révélateur. Que l'on soit riche ou puissant...

Karim

Qui ne s'est pas indigné de la chasse qu'a subie Jean Valjean par Javert dans l'excellent roman de Victor Hugo, "Les Misérables". Oui, il a eu des problèmes avec la justice, et il a été pourchassé sa vie durant. N'en était-il pas moins un bon maire ? Doit-on vraiment traîner ses condamnations passées (et payées) toute sa vie ? Pour ma part, je ne le crois pas.

frednetick

Je lis avec attention votre avis sur cette "affaire" mais je ne peux m'empêcher de me poser une question, permettez que je vous la soumette.

Vous écrivez "Si Ali Soumaré, en effet, est déjà passé sous les fourches caudines de la justice, le proposer comme candidat aux citoyens sur une liste - alors qu'on avait le choix de ne pas le faire - constitue une dérive qui manifeste en profondeur un délitement de la morale publique, de l'exigence civique".

En quoi présenter un citoyen disposant de ses droits civiques, ayant été condamné pour des faits vieux de 11 ans désormais, constituent-ils une dérive de la morale républicaine ?

Puis-je vous rappeler que depuis il s'est impliqué dans la médiation entre les représentants de l'ordre public et les "jeunes" (pour peu que ceux-ci constituent une catégorie homogène, ce qui n'est pas la réalité). Ne vient-il pas à votre esprit lucide et rapide que cette condamnation a peut-être marqué une prise de conscience qui l'a poussé à s'engager politiquement, socialement ?

Est-ce à dire que vous jugez comme une dangereuse dérive morale le fait de tirer les conséquences de son passé pour progresser ?

C'est aussi pour cette implication que le PS - ses militants - du 95 a choisi de l'investir, pas uniquement sur le fondement marketing de la diversité que les médias ont jugé bon d'amplifier.


Laurent

Vos propos me choquent.
Je ne sais pas davantage que vous si les propos portés à l'encontre de M. Soumaré sont exacts.
A supposer qu'ils le soient, il est peu probable que M. Soumaré soit à l'heure actuelle sous le coup d'une condamnation lui interdisant d'être candidat à une élection.
Sans doute même, les condamnations dont il est fait état ont-elles été exécutées.
Dès lors, je ne vois pas un instant pourquoi M. Soumaré ne pourrait pas être candidat.
Devrait-on empêcher tout délinquant d'avoir ce statut ? En ce cas, il appartient au législateur d'introduire cette règle. Comme il n'a pas jugé bon de le faire, M. Soumaré peut se présenter à une élection. Il n'y a aucun scandale à cela, bien au contraire.
Que vous ne souteniez pas ce candidat est une chose que j'admets. C'est votre droit le plus absolu.
En revanche, que vous qualifiiez sa candidature de scandale est inadmissible.

hantayo

Certes, certes, mais alors parlons aussi de l'élégant M. Balkany, ami (autoproclamé ??) plein de classe de notre actuel président...

Catherine A

Mais enfin Philippe vous n'y pensez pas, vous voulez quoi au juste ?
Que les élus condamnés, tiens au hasard, à des prises illégales d'intérêt se retirent ; qu'ils partent en exil à Saint-Martin et qu'ils y restent. Si on vous laissait faire, pour un peu vous exigeriez aussi que tous les politiciens mettent leurs actes en conformité avec leurs paroles ; que l'on ne trouve pas normal par exemple qu'un élu de la gauche de la gauche pleure sur le sort des pauvres Français, son oeil larmoyant rivé sur la montre à plus de 50 000 euros qu'il a payée en espèces...
L'éthique dites-vous ; et puis quoi encore ?

Jiel

Cher Philippe,

Le second scandale méritait d'être souligné. Merci d'avoir avancé sur cette voie.
Me J-P Mignard (tiens ? Ali Soumaré a choisi Me Mignard comme avocat ; Me Mignard est-il avocat et subsidiairement militant PS ou le contraire ?) a exposé au journal de mi-journée de France Inter que son client, en dehors d'une affaire très ancienne et "amnistiée" (?) contestait tout et que rien n'étant jugé, on était dans le scandale le plus abominable en tentant de salir un homme intègre. Pourquoi pas ? Personne n'a l'information de première main, chacun parle sur la foi de fuites, de on-dit... Si les accusations sont mensongères, la justice le dira pour les élections de 2015... peut-être !
Deux réflexions :
1-quel métier curieux que celui d'avocat. Dans ce cas comme dans celui de J-P Treiber, tout le monde marche un peu sur des œufs, avec prudence. Pas très à l'aise à droite comme à gauche sur le cas Soumaré, chacun pèse (à peu près) ses mots ; Treiber, dont le corps vient d'être retrouvé pendu, suscite un peu de dignité et de retenue. Dans les deux cas, les seuls qui se permettent des commentaires définitifs et tonitruants, ce sont les avocats (je parle de Szpiner et Mignard). Une race à part, au-dessus de tout ce qui régit le reste de la population ; ils peuvent tout se permettre, même les propos excessifs. Le bon sens, l'intérêt général ne comptent pas. Seul l'intérêt (?) de leur client s'impose, sans contre-pouvoir semble-t-il, et l'avocat se pose en porte-parole de la thèse la plus outrancière que son client aurait hésité à proférer avec le même aplomb lui-même. Servent-ils vraiment la justice dans ce cas ?
2- ceux qui sont impardonnables dans cette affaire sont les responsables du PS qui accordent les investitures... Il y a assez de Français pour ne sélectionner que des gens irréprochables, et dont on est sûr des mains propres. Je sais que ceci s'applique depuis bien longtemps à droite comme à gauche ; mais aller ici et maintenant (après le débat sur l'identité nationale) faire sortir de l'anonymat un candidat "issu de la diversité" pour que son passé se retrouve sur la place publique (même si c'est à tort pour une part...) et ouvrir un boulevard à tous ceux qui voudront faire l'amalgame entre blacks du 9-3 et "connu des services de Police", c'est vraiment d'une bêtise ou d'une irresponsabilité politique graves.

Pourquoisecompliquerlavie.wordpress.com

Le plus surprenant dans cette histoire est le côté "tu fais pareil, tare ta gueule à la récré" des arguments échangés par nombre d'intervenants. La politique c'est pour des gamins de maternelle qui aiment se rouler dans la boue. C'est en tous cas la deuxième occasion qui m'est donnée de le relever (http://bit.ly/bVJp8h).

A croire que ni la morale, ni le droit n'ont plus d'importance : ce qui compte c'est de ne pas se faire prendre. Et si on est pris par un tricheur, c'est comme si on n'était pas pris !

Et d'aucuns s'étonnent des prévisions d'abstentionnisme.

S'il s'agissait d'élire des gens sérieux, honnêtes, travailleurs (travailleurs, pas multipostes/multitâches), peut-être les électeurs seraient-ils plus concernés ?

Pierre-Antoine

@PB
"Notre vivier militant est-il si pauvre que nos partis soient contraints, pour leur cause, de ne pas faire "la fine bouche"?"

Je ne pense pas que ce soit la pauvreté du vivier, mais la largeur du fossé entre les jeunes des cités et ce "vivier", qui pousse le PS à chercher quelqu'un qui leur ressemble.
Ressemblance non sur le plan judiciaire, mais sur l'origine, le langage et la proximité !

A ce détail près, je souscris à votre billet.

Cordialement

Pierre-Antoine

koz

C'est effectivement le point qui m'a marqué immédiatement : on révèle qu'un homme aurait fait l'objet de plusieurs condamnations pour des faits graves d'atteintes aux biens et aux personnes, et le seul scandale que voient les médias, c'est qu'on ait révélé ces faits. Je pourrais dire que c'est surprenant, mais ça ne l'est pas tant que cela.

Après, je suis tout à fait d'accord avec ce que vous écrivez, en indiquant : "on se montre incapable d'embrasser deux scandales à la fois, le premier réel mais infiniment moins préoccupant pour la démocratie que le second."

Emmanuel

Remarque en passant : la droite de ce pays ne se préoccupe guère de l'historique judiciaire des candidats, lorsque ceux-ci sont de son camp et condamnés (parfois récemment) pour corruption, abus de biens sociaux, etc. Certains voyagent même avec le Président de la République lors de ses voyages officiels.

Pour les candidats de la droite, ils savent entonner la musique de "j'ai purgé ma peine, payé ma dette à la société, etc." S'agissant des candidats de la gauche, en revanche ce sont des "délinquants multirécidivistes chevronnés".

Cela fait partie du cérémonial électoral, probablement, mais la politique n'en sort pas grandie.

C Williamson

Une fois de plus votre commentaire aura été pertinent. Cette affaire n'est-elle pas la conséquence d'une irresponsabilité sociétale française ; société dans laquelle on n'accepte ni la responsabilité, ni la contrainte et dans laquelle on manque cruellement de confiance dans la société elle-même mais aussi dans l'autre.

jacqueline

Pourquoi lui devrait-il se retirer des régionales et le maire d'Issy-les-Moulineaux M.Santini, lui, bénéficie des juges pour le laisser le temps des régionales car il est poursuivi pour abus de bien sociaux par la justice.

Thierry

Il faut toutefois noter quelques ambiguïtés dans notre pays. En effet monsieur Soumaré ne pourra jamais être vigile dans une grande surface car son passé de délinquant, s'il est avéré, lui interdira cette profession. Par contre, rien ne l'empêche de briguer des postes à hautes responsabilités (maire, député...) c'est quand même un risque pour les citoyens que nous sommes non ?

Arnaud Nimât

Cher Monsieur,

A la lecture de votre article, un souvenir d'enfance en forme de citation me revient : "La Loi, ça se respecte. Les valeurs, ça se partage."

Vous comme moi observons que nos responsables politiques veillent à ne pas être pris en défaut avec la loi. D'où le premier scandale que vous évoquez.

Le second scandale relève de valeurs que l'on partageait naguère. On pourrait multiplier les exemples de ces abandons, à droite comme à gauche, en bas ou au sommet. (L'exemple le plus significatif restant pour moi celui d'Alain Carignon, candidat UMP en 2007)

Cette évolution était prévisible. Et que faisons-nous aujourd'hui pour l'arrêter ?

MilAkko

Monsieur,
J'espère avoir mal saisi la teneur de vos propos.
Pensez-vous qu'un candidat sanctionné pour avoir commis une infraction ne puisse pas, par la suite, se présenter à des élections ?
L'inéligibilité que vous lui demandez de s'appliquer ne vous paraît-elle pas constitutive d'une double peine ?
Salutations respectueuses

Achille 57

Bonjour monsieur Bilger,

Il est clair que le PS, sans doute soucieux de se fournir en voix auprès d’une population qui commence à devenir « significative », à savoir celle des banlieues, a sans doute fait preuve de négligence en ne vérifiant pas les antécédents de son candidat.

D’un autre côté, il est à remarquer que côté UMP on n’est pas vraiment regardant sur la qualité du candidat non plus. Le délit de « sale gueule » de Francis Delattre à l’encontre de son adversaire dont, semble-t-il, le morphotype ne lui convenait pas, n’est pas vraiment un argument de bon goût. Mais c’est le fameux « humour de droite » que l’on rencontre généralement parmi les militants de l’UMP, voire même chez certains ministres...

La seconde « révélation », à savoir candidat « multirécidiviste » par contre est plus sérieuse, car pour faire de la politique, il est clair qu’il faut avoir une morale politique sans faille.

Une fois élu, il est vrai que cette fameuse morale sous l’influence des sollicitations diverses a tendance à s’émousser quelque peu. Mais il est indispensable de partir sur des bases saines...

Depuis quelque temps, on le voit, l’affaire Clearstream est là pour nous le montrer, mais aussi, l’élection régionale en Languedoc-Roussillon et maintenant celle d’IDF, l’important pour gagner une élection n’est pas tant de présenter un programme aux électeurs, mais surtout de salir son adversaire en se présentant en parangon de vertu.

Tout cela est bien glauque, mais en politique, comme dans les « affaires », seule la victoire est belle et les moyens pour y parvenir importent peu.

On nous annonce un taux d’abstention record en mars prochain. Nul doute que ce genre de polémique du genre Clochemerle ne va pas inciter les citoyens à se précipiter pour aller voter.

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Les commentaires sont modérés et ils n'apparaîtront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.

Vos informations

(Le nom et l'adresse email sont obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.)

Ma Photo

MA CHAINE YOUTUBE

PRESSE, RADIO, TELEVISION & INTERNET

INSTITUT DE LA PAROLE

  • Formation à l'Institut de la parole
    Renseignements et inscriptions : [email protected]
  • L'Institut de la Parole propose des formations dans tous les domaines de l'expression et pour tous, au profane comme au professionnel de la parole publique. L'apprentissage et le perfectionnement s'attachent à l'appréhension psychologique de la personnalité et aux aptitudes techniques à développer. L’Institut de la Parole dispense des formations sur mesure et aussi, dans l’urgence, des formations liées à des interventions ponctuelles, notamment médiatiques. Magistrat honoraire, Philippe Bilger propose également des consultations judiciaires : conseils en stratégie et psychologie judiciaires.

MENTIONS LEGALES

  • Directeur de la publication : Philippe Bilger
    SixApart SA 104, avenue du Président Kennedy 75116 PARIS