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26 juin 2010

Commentaires

Alex paulista

@ Savonarole

Vous avez raison sur le droit du travail et la France à deux vitesses.
Avec un bémol tout de même: le siège du patron est éjectable lui aussi, et il est bon de conserver quelques appuis parmi les cadres exécutifs. En conséquence un patron ne peut pas être aussi méprisant avec ses cadres principaux sans risquer lui-même une épuration rapide.
Stéphane Bern s'est fait désavouer publiquement pour rien, Philippe Val a dû reprendre sa parole donnée... c'est très maladroit.
Un patron plus subtil n'aurait pas viré Porte du Fou du Roi. Du moins pas tout de suite.

Irnerius

Gageons que le député Arnaud M. n'aura rien à redire à l'"indépendance journalistique" d'Audrey P. ! S'il n'y avait pas quelque précédent en pull mohair au P.S., nul doute qu'il faudrait réclamer la démission de la promue au journal de France Inter.

Jean-Yves Bouchicot

@Gaspadyin ("Seigneur", en Russe, pour ceux qui ne le sauraient pas :-) )

Je trouve important le distinguo que vous soulignez dans l'affaire Guillon-Porte : ce n'est effectivement pas un drame national que leur licenciement, en tous cas pas pour eux. Ils s'en sortiront, et probablement retourneront la situation à leur avantage, dans deux ans au plus tard... (J'espère !) Toutefois, je ne vous suis pas quand vous dites que "tout le monde peut en faire autant". Essayez d'en écrire une par jour, avec la pression de l'audience, vous verrez. Par ailleurs, vous dites que Guillon n'est pas capable d'auto-dérision : pas d'accord non plus. Outre qu'il navigue sans cesse dans plusieurs niveaux de langue, et du second au Nième degré dans ses chroniques, ce qui implique ipso facto un certain recul sur lui-même et sa fonction médiatique, contrairement à beaucoup de vedettes, dont Val, il n'a jamais cherché à effacer ou censurer sur le Net des séquences qui le ridiculisaient un brin, comme la fois où Lio lui a claqué le baigneur en lui enjoignant de se renseigner sur la fonction clitoridienne lui qui a la langue bien pendue, après une vanne minable sur Michel Blanc. On ne peut pas en dire autant de tous les "bobos" que vous dénoncez, de Séguéla à BHL. "La censure lave plus blanc", cf le réquisitoire de Desproges sur Séguéla...
Au fond, je me demande si le dialogue avec le Blog de Philippe Bilger, qui continue à me stimuler, n'est pas nourri de cela : trop de choses sincères, mais souvent au premier degré, "engagées". Vivent les écrivains "dégagés" !
Le drame, si drame il y a, qui fait que chacun se sent concerné, est pour France Inter et pour ses rapports avec le Château.

Laurent Dingli

Je suis d'accord pour une fois avec JDR lorsqu'il écrit :
"Quant au sens des priorités du président : annuler une réunion préparatoire du G8/G20 avec les ONG pour recevoir d'urgence Thierry Henry à sa descente d'avion ne traduit pas un sens indiscutable du timing".
J'ajoute quant à moi que le fait d'écarter d'un revers de mains les questions qui se posent légitimement à propos d'Eric Woerth n'est pas une attitude acceptable en démocratie. Je sais bien que Nicolas Sarkozy joue (en partie seulement) son avenir politique sur la réussite de la réforme des retraites, mais l'on ne peut prétendre désirer une république irréprochable et faire en même temps l'autruche à propos d'attitudes pour le moins suspectes.
En revanche, JDR, évitez de qualifier de nazillons les personnalités qui vous déplaisent et qui n'ont aucun rapport avec l'extrême droite, c'est très déplacé pour ne pas dire franchement ridicule.

Jean-Dominique Reffait

JP Ledun, je ne me prends pas la tête, je constate. Virer un humoriste d'une émission humoristique n'est pas de même nature que supprimer la case humour d'une tranche d'info. Convenez-en tout de même.
Il est clair que dans ce cas précis, la vengeance saute aux yeux. Expliquez-moi sinon pourquoi virer Porte du Fou du Roi ?
Je m'en étonne d'autant plus tranquillement que j'ai détesté la chronique sodomisatrice de Porte.

Quant au sens des priorités du président : annuler une réunion préparatoire du G8/G20 avec les ONG pour recevoir d'urgence Thierry Henry à sa descente d'avion ne traduit pas un sens indiscutable du timing. Que N. Sarkozy prenne 5 minutes pour dire à Carla : "Débrouille-toi avec ton copain Val pour virer Porte" me paraît plus que probable.

Oresme

Radio France n'est pas là pour protéger la liberté d'expression mais pour élever le débat public, pour apporter de l'intelligence, de la pédagogie en vue de faire progresser, même modestement, la conscience collective vers quelque chose de plus noble, plus vertueux, plus humain.

Si le patron de Radio-France estime que ces humoristes posent problème dans cette démarche, qu'il leur demande de changer, de s'adapter. Si ces derniers ne le font pas, qu'il prenne alors sa décision de mettre fin à leur présence à l'antenne.

Bien souvent, ces humoristes se font plus de mal à eux-mêmes qu'à leurs cibles, l'intégrité au sens d'éviter deux poids deux mesures trouve vite ses limites, les dérapages sont énormes et ce n'est pas vraiment la liberté d'expression qui est en jeu, mais le respect de la république, des citoyens et des contribuables.

Bravo à Hees de décider et d'assumer, il fait preuve d'authenticité, d'humanité.

Jean-Yves Bouchicot

Cher Alex Paulista, je vous ai répondu sur votre pique à propos de mon supposé anti-américanisme, mais j'ai commis la sottise de la mettre à la suite de votre philippique. A consulter sur la chronique originale, donc. A bientôt, j'espère.

gaspadyin

Monsieur Bilger

J'ai lu votre dernière chronique avec contentement. Vous êtes le seul, ou une des très rares personnalités, à oser écrire que les licenciements de Porte et Guillon ne constituent pas un drame national ; et vous avez raison ! Guillon n'était pas drôle, simplement caustique, et jamais envers lui-même et son entourage/environnement de bobos. C'était un exercice très simple, surpayé. Des milliers de gens sont capables d'en faire autant. Quant à Porte, je le trouvais plus comique lors de certaines de ses interventions chez Bern, mais je ne me fais pas de souci pour lui, il s'en sortira. Vous avez raison d'attirer l'attention sur des événements vraiment graves qui ont lieu chez nous au sommet de l'Etat. Je vous remercie de commettre de temps en temps un article de réflexion et d'humeur.

Véronique Raffeneau

@ Savonarole

"Le Droit du Travail et la Liberté d'Expression, c'est sans doute sur ce point que JL Hees a été le plus pertinent.
A plusieurs reprises il a rappelé dans son interview au Monde : "je suis chef d'entreprise"."

Ben, en fait de chef d'entreprise, Jean-Luc Hees ne se conduit pas comme tel quand il valide la nomination de Philippe Val à la direction de France Inter au regard de l'amitié entre Philippe Val et Carla Sarkozy.

Le souci de cette nomination Val c'est qu'elle fragilise, dénature et discrédite pour la suite les positions que Jean-Luc Hees aura à défendre en qualité de patron. Quand bien même ses décisions seraient valides ou appropriées.

Un chef d'entreprise, un vrai, sait qu'il ne peut pas compromettre de cette façon la crédibilité de ses décisions à venir.

jpledun@JDR

M. Reffait, arrêtez de vous prendre la tête avec Carla et Nicolas. Votre société est donc si infantile ? Personne ne décide plus rien sans passer par l'Elysée ?
C'est vrai que se sont des sujets vitaux pour un chef d'Etat... (Qui sodomise qui ?)

Comme je le dis plus bas M. Porte n'est pas interdit d'exercer et ne doit pas quitter le territoire.
Au contraire, á partir de maintenant il va être le martyr du méchant système, ce qui va lui faire une bonne pub.
La preuve je ne connaissais pas ce chroniqueur, maintenant je lis son nom partout.
Arrêtez de vous faire peur.
Ouvrez les placards de Tonton et faites-en sortir les journalistes. Au moins vous ferez une bonne action.

Savonarole

Le Droit du Travail et la Liberté d'Expression, c'est sans doute sur ce point que JL Hees a été le plus pertinent.
A plusieurs reprises il a rappelé dans son interview au Monde : "je suis chef d'entreprise".
C'est bien là que se situe le noeud gordien.
Des millions de salariés du "privé" sont soumis au Droit du Travail qui consacre plusieurs articles sur le licenciement des cadres pour "perte de confiance" ou "insuffisance professionnelle". Lorsque ces thèmes sont évoqués par un DRH, il ne reste plus au salarié que les Prud'hommes pour pleurer.
Il n'en va pas de même dans la Fonction Publique, ou un juge qui se met le doigt dans l'oeil et flanque en taule une dizaine de citoyens d'Outreau, conserve son statut, son salaire, se voit attribuer un nouveau poste, sans jamais connaître les affres du licenciement ou du chômage.
En somme, France Inter, qui se réfère sans cesse à un étrange statut de "Service Public", échapperait, dans tous ses cas de dérive, à une quelconque sanction. Nous serions devant une excuse incontournable : la liberté d'expression.
"L'infaillibilité pontificale" pour la fonction publique, les Prud'hommes pour les autres.

Encore un exemple de cette "France à deux vitesses" : la liberté d'expression pour Bibi, le Droit du Travail pour toi !

"Au banquet de la Vie, infortuné convive !"

Jean-Dominique Reffait

Faute avouée est à moitié pardonnée et votre billet eut été autre si vous aviez connu Didier Porte qui est aussi dissemblable de Guillon que Veel l'est d'As. Val est un teigneux, un acariâtre, un jaloux. Il a une idée très précise de ce que doit être une chronique humoristique : ayant tenté des années durant d'en imposer le ton comminatoire dans les queues d'émissions qu'il squattait sans parvenir à émouvoir massivement les auditeurs, Philippe Val sait qu'une bonne chronique est une chronique de Philippe Val.

Alors le pic d'audience de Porte dans le Fou du Roi, c'en est trop. Parce que celui qui dérange Val, c'est Didier Porte : une vraie ironie politique, un vrai style (parfois bien répétitif...). Porte a commis une bourde, c'est vrai qu'elle était de taille mais ne justifiait pas qu'on vire l'humoriste d'une émission humoristique. Passe encore que l'on supprime la case humour de la tranche d'info, mais j'ai du mal à voir dans l'éviction de Porte du Fou du Roi autre chose qu'une collusion objective d'aigreurs : Val vire un talent, l'Elysée exige la tête du sodomisateur, allo Carla, qu'en penses-tu ? tope là ! Les chiens aboient, la CarlaVal passe.

Et Hees dans tout cela ? Il promène son regard de cocker sans plus d'esprit de décision qu'auparavant, trop soucieux, et c'est son charme, de plaire, de séduire laissant à Val ce qu'il appelle son "projet culturel" qui commence tout de même par la suppression d'émissions remarquables (Esprit critique, Et pourtant elle tourne, Allo la planète...). Devant la brutalité de ce nazillon, Hees lui a adjoint une collègue chargée d'arrondir les angles.

Que Guillon dégage m'est égal mais Porte et lui ne se Val pas.

Véronique Raffeneau

"Certes il (Jean-Luc Hees) a emmené avec lui Philippe Val qui grince et fait grincer (JDD.fr) mais on ne résiste pas aux désirs de la première Dame !"

"il déniait toute intervention politique et justifiait sa démarche par le recours aux "valeurs minimales d'éducation et de service public", ce qui n'est pas loin de représenter encore un nouvel exploit, un singulier défi (Le Monde)."

Vous ne pensez pas, Philippe, qu'il y a une totale contradiction chez votre as d'une part à invoquer des "valeurs minimales d'éducation et de service public", de l'autre à accepter une nomination à la direction de France Inter inspirée et imposée que par l'officieux et ce qui ne relève que des relations privées ?

Je ne suis pas du tout certaine que dans ces conditions la position de Jean-Luc Hees Hees soit seulement tenable et crédible.

Je pense que vous surestimez ce qui motive ses décisions de renvoi.

"Il (Stéphane Guillon) m'est apparu, à cette occasion, clairement surestimé et, pour tout dire, le contraire d'un Bruno Gaccio qui a été capable de montrer, au-delà des Guignols, une alacrité, une curiosité et un esprit rares."

Mais est-ce un motif réel et sérieux de licenciement ?

A mon avis, si tel est le cas, alors il faut d'entrée licencier tout ce qui est surestimé dans les services publics.

Croyez-moi, il y a du boulot... gigantesque.

Herman

Qu'aurait-on dit si ces licenciements avaient eu lieu dès l'arrivée du tandem Val/Hess à Radio-France, en même temps que le "remerciement" de Frédéric Pommier de la revue de presse ? Là aussi, le succès était au rendez-vous... Mais voilà que Siné-hebdo était plus souvent cité que Charlie, et ça, ça ne plaisait pas beaucoup à l'ex "Kim Jong-Il" de la rue de Turbigo !
Mais je remercie J-L "As" de sa décision, car je vais pouvoir suivre Porte à "Arrêt sur images", à 7h53 tous les jeudis, formidable non ?
Et par la même occasion, les avertis remarqueront l'attachement d'"As" à la laisse d'or du journaliste le plus servile ("la lutte est acharnée mais le Plan B ne décerne la laisse d’or qu’au plus servile"), obtenue sans peine par ce grand monsieur.

Mary Preud'homme

Mary P avait écrit :
quote
"...on fait clairement allusion à un gang..."
unquote

A Catherine Jacob
Dommage que dans votre exposé, ô combien soigné et savant, vous ayez omis de développer le mot gang qui était pourtant proposé en premier... et qui du point de vue du criminologue semble le plus adéquat pour qualifier les bandes violentes des cités.

MS

@Achille

Sophisme ou syllogisme selon que l'on adhère ou pas à la conclusion. En l'espèce et en réponse à Aïssa, elle voulait signifier que l'on ne peut assimiler l'homme de média Stéphane Guillon à un innocent dans son box quand sur un plateau de télévision, c'est-à-dire dans son élément, il s'avère peu à même de produire "pour sa défense" une pensée véritable.

Hekk

Cher monsieur Bilger,

Vous avez tout à fait le droit de ne pas aimer ou ne pas connaître Stéphane Guillon et Didier Porte, mais pouvez-vous me dire quel humoriste génial, excellent tous les jours, sans grossièretés aucune mais pas gnangnan non plus vous proposez à la place ? C'étaient quelques minutes qui me faisaient du bien le matin avant de partir travailler, cela compensait les éléments de langage que l'on avait pu entendre avant... Et par rapport aux humoristes en général, je les trouve bons, et les termes employés ne me choquaient pas étant donné ce que l'on entend tous les jours. Le licenciement brutal de Didier
Porte après dix ans à France Inter ne me paraît pas anodin. J'apprends en même temps que le directeur du Monde a été convoqué à l'Elysée pour le conseiller dans son choix d'actionnaires, donc cela ne me paraît pas du tout être un hasard de programmation et de rénovation des grilles de programme...

Achille

@ MS

« 1.Un innocent accablé dans son box peut sans doute avoir autant de mal parfois à se défendre qu’un coupable que tout accable.
2.L’innocent n’est pas à sa place, le coupable ne l’est que trop.
3.Conséquemment, s’il est innocent, Stéphane Guillon n’est pas à sa place dans les médias. »

Personnellement je trouve que cela ressemble plus à un sophisme qu’à un syllogisme.

Laurent Dingli

Vous savez, Philippe, Stéphane Guillon est un enfant de choeur dans le domaine de la satire ordurière. Je viens de voir par exemple la une du journal papier "Le Monte", grotesque caricature du Monde, édité il me semble par le publicitaire Stéphane de Rosnay, où on voit à la une un photomontage présentant Nicolas Sarkozy en train d'être sodomisé par un homosexuel vêtu de cuir. Ailleurs encore, dans le même "journal", le photomontage montre le président de la République française sodomisant une chèvre... Je ne l'aurais pas cru si je n'avais vu il y a une heure l'édition papier. Il paraît que c'est de l'humour et de la liberté d'expression...

Valerie

Rédigé par Monsieur Savonarole le 27 juin 2010 à 06:41

Cruel... mais, sans aucun doute, assez bien vu !

Combien se réinventent une biographie ?!

patrons-voyous

Bonjour monsieur Bilger

Je ne suis pas d’accord.

Par qui vais-je remplacer un talent aussi indépendant que celui de Didier Porte ? mh ? Jean Roucas ?

Il va falloir suivre les humoristes courageux sur le sentier de l’underground…

« D'autant plus que Patrick Cohen remplacera Nicolas Demorand et qu'il sera associé à Audrey Pulvar. Un double gage d'indépendance et de plus grande diversité. »

Patrick Cohen d’Europe 1 ? l’organe central de l’UMP ? là ou officie le très offensif ‘La Druque’ ?

MMmmmfff !

Presse propriété des marchands d’armes et autres combinat, télé-gentille, radios passées au Kärcher,…
Ne restera que les salles et l’internet.

Neuf ‘moins de trente ans’ sur dix s’informent sur Internet et non plus par la presse.

« il faut savoir : on reproche sa gabegie au Pouvoir et quand il fait un effort d'économie, on se plaint encore ! »
Coluche disait pareil avec les chômeurs et ceux qui se plaignent de leur emploi. Mais Coluche, c’était du second degré.

« Je ne connais pas bien Didier Porte qui a été licencié par Val. »
Je ne peux que vous recommander de lire ses livres, tirés de ses chroniques.

Didier Porte possède un champ lexical et de la formule qui égale largement le vôtre.
Et des convictions.

Quelque part, vous êtes très proches.

Ludovic

Bonjour M. Bilger,

Je ne partage pas votre opinion sur Stéphane Guillon et Didier Porte, que vous mettez un peu vite dans le même sac tout en reconnaissant dans le même élan mal connaître Didier Porte.
Toutefois je ne serai pas de ceux qui crieront à la liberté d'expression bafouée ou à la République en péril. Même si j'ai peu d'estime pour le président de la République, je répugne à voir partout la main du pouvoir, y compris pour le choix des animateurs de radio. Je crois que le chef de l'Etat a d'autres chats à fouetter en ce moment.
Je m'indignerais plus volontiers sur le sort de ce journaliste de France 3, giflé par un sarkoboy lors de la visite vespérale de notre président à la Courneuve. Là on est clairement dans le cadre d'une atteinte à la liberté de la presse.
Je viens de lire que des manifestations devraient être organisées le 1er juillet devant la Maison de la Radio et en province pour soutenir Guillon et Porte, le ridicule est à son comble, fort heureusement il ne tue pas.

soleil

Vous défendiez Zemmour pourtant.

Nathalie DIVAL

Hees n'est pas un as.
NON, la France ne s'émeut pas pour de petites choses pour laisser passer, indifférente ou blasée, les grandes.
NON, la France n’adore pas sonner le tocsin à la suite d'événements somme toute dérisoires.
Et NON, Monsieur HEES n’est pas un as !
J’écrivais hier (sur Marianne2), que je n’aurai plus guère l’occasion d’être en désaccord, merci de m’en donner à nouveau l’opportunité !
L’émotion ne devrait donc s’exprimer que pour de grandes choses : quelle définition donnez-vous donc à « GRANDES CHOSES » ?
Convenez qu’il faudrait que l’on s’accorde sur ce point ! ce qui est petit pour vous l’est-il également pour d’autres ?
C’est avec les petits ruisseaux que l'on fait les grandes rivières et les grandes choses ne sont que la somme des petites.
Les penseurs qui ont la chance d’avoir le temps de se pencher sur ce qui est grand ou pas, dérisoire ou non, n’ont probablement pas le même quotidien que cette France.
La France n’a pas toujours le talent d’analyser avec hauteur les grandes choses….
En revanche elle a souvent un certain flair pour pister les signes avant-coureur de ce qui deviendra, peut-être, un grand problème ou un grand danger.
Ce n’est pas le remerciement de Monsieur Guillon ou Porte, ad nominem, qui émeut la France. Ils ne sont qu’un symbole et certainement pas des martyrs.
La question n’est pas de savoir si le licenciement de ces personnes est une grande chose, mais elle est de savoir pourquoi tout le monde s’en émeut.
Vous dites qu’il a fallu du courage à Monsieur Hees.
Je n’appelle pas « courage » la position qui a consisté simplement à prendre une décision au pied d’un certain mur, le courage, quelquefois, n’est que l’expression de la peur.
Vous rappelez qu’il a dû à plusieurs reprises se manifester.
C’est vrai, et le vrai courage n’aurait-il pas été de prendre sa décision à ce moment-là ?
Qu’on ne me dise pas qu’à ce « moment-là » la décision n’était pas facile à prendre (le courage n’est pas facile), qu’il leur a été donné une seconde (ou énieme) chance de changer de cap .
Soit Monsieur HEES n’a rien vu venir et n’a pu percevoir chez ces personnes une incapacité à ne pas aller trop loin, soit il s’est dit que la décision serait plus facile à prendre en les laissant justement aller encore plus loin.
On a laissé les auditeurs se nourrir de ce conflit entre le patron et ses salariés, on les a laissés, finalement, devenir juges de ce conflit. Et ils ont jugé, à tort ou à raison.
Le licenciement de Stéphane Guillon n’est pas un drame national, bien sûr, mais la France a manifestement décidé d’en faire un fait national et pourquoi ?!
Comme pour la débâcle du foot : même ceux qui n’aiment pas le football se sont émus ce que vous appelez un événement dérisoire. Pourquoi ?! Remarquez il eut été difficile de penser à de grandes choses à ce moment là puisque les médias n’ont parlé que de ça !
On maintiendrait donc l’attention de la France sur ces petites choses dérisoires ? Pour lui faire reproche de s’en émouvoir !
Le conflit Hees/Guillon est une petite chose en soi, je suis entièrement d’accord avec vous, mais ce qui m’inquiète c’est que cette petite chose ait eu une telle conséquence, une forme d’effet papillon en sorte.
Je n’écris jamais, ou quasiment, en public, et pourtant, je l’ai fait et pour cette toute petite chose.
Je m’interroge donc ! et je m’inquiète aussi d’être peut-être tombé dans le petit, dans le dérisoire.
Ce doit être une déformation professionnelle, certainement, car voilà 20 ans que je persiste, dans les prétoires, à m’émouvoir des petites choses de mes clients, et, pire, de tenter d’émouvoir mes interlocuteurs et cela au nom d’une très grande chose : la justice.
Tous les jours, nous avocats, nous nous battons pour ces grandes choses que sont la justice et l’équité et pourtant avec des petits riens, sur des petits litiges dérisoires.
Devrais-je ne défendre que de Grandes Causes ?
Vous avez du talent Monsieur et pas seulement dans vos billets, mais là, permettez-moi de vous dire que vous aussi vous êtes allé, à mon sens, un peu loin :
« Qui trop embrasse, mal étreint » et à trop embrasser Monsieur Hees, vous avez mal étreint la France.

JMT

Curieuse étude syllogistique, cher Aïssa. On pourrait même dire enthymémique.
De la conclusion induite on ne remonte guère aux prémisses, car elles concernent deux sujets qui figurent dans la majeure et dans la mineure, sans se retrouver dans la conclusion. Ce qui, à mon avis, ne peut résulter que d'une tendance subconsciente à l'immanentisme spinozien.
On peut toujours rigoler, non ?

MS

@Aïssa

... donc je reviens vers vous, mon cher PB au sujet de ce que vous laissez à entendre quant à la stupidité et l'inculture qui seraient celles de Stéphane Guillon puisqu'il n'aurait pas, selon vous, «été «fichu» en dépit du contentement de soi qu'il exprimait de formuler la moindre idée, la moindre pensée, le moindre trait réfléchi et sérieux qui auraient pu révéler de sa part … etc.» … Ce que vous écrivez là me laisse à penser que vous seriez de ces juges et procureurs qui dans une affaire à juger où le doute est présent partout induiraient de la timidité, des hésitations, des balbutiements, des silences, des maladresses d'un accusé la preuve ou la quasi preuve de sa culpabilité. «Il s'est si mal défendu, le pauvre, c'est pourquoi il a été reconnu coupable» disent alors certains qui passent ensuite à autre chose …


C'est un raccourci sommaire. Il faut trois termes pour un syllogisme.

Exemple :
1.Un innocent accablé dans son box peut sans doute avoir autant de mal parfois à se défendre qu’un coupable que tout accable.
2.L’innocent n’est pas à sa place, le coupable ne l’est que trop.
3.Conséquemment, s’il est innocent, Stéphane Guillon n’est pas à sa place dans les médias.

Natoussia

Cher M. Bilger,
A force de prendre systématiquement l'opinion dominante à rebours, on peut finir par occulter le vrai problème. Si la pensée gauchiste un poil démago que vous dénoncez, qui tend à présenter Guillon comme un Zorro de la liberté d'expression sacrifié au nom de la bien-pensance, peut agacer, il n'en reste pas moins qu'un poil à gratter pas toujours fin mais souvent drôle car appuyant là où ça fait mal a été supprimé de l'antenne sans ménagement, malgré son succès et son utilité, par confort et lâcheté pour un président de radio qui ne l'assumait pas.
Guillon a certes proféré des attaques qui visaient directement son patron Val à l'antenne, mais, sauf erreur de ma part, il se savait déjà quasi viré et cette chronique, qui soutenait Didier Porte, était franchement réussie. Quitte à perdre la guerre, autant le faire la tête haute, et je ne lui en ai pas voulu pour ce dernier camouflet mérité.
Hurler avec les loups n'est jamais bien glorieux, mais il faut aussi savoir prendre du recul sur son propre recul. Non, effectivement, la République n'est pas en péril. Je pense que Guillon est un grossier personnage mais qui a fait son boulot de chroniqueur satirique, et que Hees est un couard, ce qui est dommage pour un président de radio. Et je préfère soutenir le grossier personnage, même si c'est aussi le choix de gens dont je n'aime pas le discours.

Savonarole

Au moins une fois dans sa vie, il faut avoir entendu Michel Drucker raconter : "comment j'ai été viré de l' ORTF en mai 68".

C'est à se taper sur les cuisses.

Ou bien Bernard Kouchner nous expliquer comment il a "mis fin à la guerre du Vietnam"... (hallucinant)...

Orphelins de Jean Moulin et de Guy Môquet, ces gugusses du show biz n'en finissent plus de se fabriquer des biographies.
Dans un curriculum vitae, rien de plus précieux qu'un : "j'ai-été-viré-de...".
Plus sobre, mais assez flashy, vous avez également : "je me suis battu pour..."

Compte tenu du fait que la guerre mondiale de 40 est terminée, et que l'on ne rencontre plus guère de gens ayant connu Napoléon, il faut absolument se trouver une page sanglante, un truc qui vous distinguera.
On nous a fait le coup avec les QHS et la littérature de Roger Knobelspiess (Quartiers de Haute Sécurité), sans revenir sur les concierges du XVIe arrondissement "qui ont tous fui le franquisme dès 1936".
C'est un travers bien français que celui de toujours vouloir jouer les héros, avec des sabres en bois et les ergots plantés sur un tas de fumier.

Guillon et Porte resteront comme les Bouvard et Pécuchet du ricanement.

Jean-Yves Bouchicot

Ah oui, j'allais oublier : Last but not least, je me demande maintenant si Val n'avait pas déjà été mandaté pour profiter du début d'Alzheimer de Cavanna, (qui lui a vendu le titre !!!) pour torpiller "Charlie-Hebdo". Vu ce qu'il en a laissé, on est fondé à se poser la question. Mon cher Cavanna réduit à radoter sa Nième chronique resuçotée à travers son dentier sur je ne sais quelle histoire de Reine Margot ou autre ... : on dirait du Maurice Druon, les Maudits Rois Fainéants. C'est ce qui est Beau dans l'Histoire : Cavanna rejoint Charles de Gaulle, enfin, aux portes du Ciel : "La Vieillesse est un Naufrage". Bal Tragique à Charlie : victime collatérale.

Aïssa Lacheb-Boukachache

J'ai jamais autant mangé de chips que depuis cette coupe du monde … J'ai dû prendre au moins trois kilos … J'ose même plus me peser … Nom d'une pipe!

Je reviens vers vous, mon cher … (expression favorite des avocats («je reviens vers vous pour vous informer que NOUS sommes définitivement acquittés ...») et des attachés de presse («je reviens vers vous pour vous dire que Jean-Luc Hees maintient son refus de ne pas consacrer une seconde d'antenne à votre dernier livre … Nous nous rabattrons donc (superbe ce «rabattrons» en la circonstance) sur ...») …; donc je reviens vers vous, mon cher PB au sujet de ce que vous laissez à entendre quant à la stupidité et l'inculture qui seraient celles de Stéphane Guillon puisqu'il n'aurait pas, selon vous, «été «fichu» en dépit du contentement de soi qu'il exprimait de formuler la moindre idée, la moindre pensée, le moindre trait réfléchi et sérieux qui auraient pu révéler de sa part … etc.» … Ce que vous écrivez là me laisse à penser que vous seriez de ces juges et procureurs qui dans une affaire à juger où le doute est présent partout induiraient de la timidité, des hésitations, des balbutiements, des silences, des maladresses d'un accusé la preuve ou la quasi preuve de sa culpabilité. «Il s'est si mal défendu, le pauvre, c'est pourquoi il a été reconnu coupable» disent alors certains qui passent ensuite à autre chose … C'est un peu facile, je trouve et davantage étrange d'une intelligence telle la vôtre en ces choses des ressorts de l'esprit humain. Guillon innocent serait condamné; Gaccio coupable serait acquitté … Hum … Selon que vous serez réservé voire maladroit ou non ... Tenez, en tête à tête sur une radio ou un plateau télé, je vous engage à entretenir Modiano de son dernier livre ou des choses de la vie tout simplement … Quelle rigolade vous nous offririez là tous deux!... Ecrirez-vous ensuite «que cet écrivain est surestimé puisqu'il n'a pas été «fichu» de formuler la moindre idée, la moindre pensée … etc.»? A cet endroit déjà votre argumentation est sapée et c'est ce que je vous écrivais tout à l'heure: vous frôlez à l'inepte réflexion, méfiez-vous …

Guillon est avant toutes ces choses un artiste qui se produit devant un large public. Il ne le voit pas, ce public; la lumière est sur lui et c'est cet effet bien connu et expliqué qui, comme pour nombre d'artistes qui se produisent ainsi, le désinhibe en quelque sorte. Et c'est alors -ses textes étant écrits par lui qui plus est- qu'on voit combien est grande son intelligence et sa culture générale. Ce n'est pas l'abruti du coin qui connaît Shakespeare pour en extraire Iago dans la satire à Besson même si on peut en discuter le fondement … La confrontation en d'autres conditions publiques (un plateau télé, un simple face à face sur le plateau même d'Inter …) peut «couper les pattes» sans rien démontrer pourtant sinon que ce n'était pas la façon la plus appropriée pour faire ressortir le meilleur de celui qu'on interpelle … De même le tribunal, la cour d'assises … Il ne faut pas juger sur les apparences; c'est vieux comme le monde, ce principe et vous ne devriez pas l'ignorer. Or il s'agit là d'apparences incontestables. On ne leste pas sans risque sa démonstration avec des idées aussi légères ...

On est ainsi et on n'y peut rien; c'est à chacun sa nature. Vous sombrez dans ce travers que vous dénoncez chez lui et pire vous y sombrez en le dénonçant, ce travers … Ainsi, il se moque du physique de Besson (vous ne l'acceptez pas, vous l'écrivez …); vous pour l'incriminer vous moquez de son psychisme … Est-ce que vous l'acceptez?


Aïssa.

Jean-Yves Bouchicot

Alors, là on est au coeur du sujet.
Procédons par ordre et calmement.
1. Stéphane Guillon est, de façon emblématique, victime du syndrome du "Talent Obligatoire Quotidien" (TOQ). C'est vrai pour moi qu'il tape souvent facilement sur des détails physiques ou de petites faiblesses personnelles, parce qu'il fait trop de choses et que c'est dur d'être génial au quotidien (ce blog en témoigne). N'est pas Desproges qui veut. Mais qui lui a fait accepter ce rythme de production ?
2. L'annulation de la garden-party de l'Elysée est, comme l'a dit cette pauvre Ségolène, de la poudre aux yeux : les commandes sont déjà passées, et seront payées, sauf à mettre des entreprises en grande difficulté. Il faut être à l'abri feutré des prétoires pour ignorer ces bases de la relation Etat-entreprises. L'Etat Français est le plus mauvais payeur, le plus chicaneur que le monde Réel connaisse.
3.Même si Guillon m'énerve, par sa facilité, parfois racoleuse ("ex-Lang de pute à Canal", se présentait-il naguère...) il a été engagé pour produire du vinaigre tous les matins. Mais Radio France, c'est comme le Ministère de la Culture : Il n'y a pas de ministère, il n'y a que le ministre.
4. Jean-Luc Hees est un journaliste dont la carrière mérite en tous points d'être connue et écoutée. A un détail près : il y a quelques années, il a échoué à l 'élection au poste de directeur de Radio France. Pour le consoler, on l'a nommé correspondant aux Etats-Unis. Il en est revenu avec des méthodes de management "à l'américaine" et une capacité de négociation avec M. Sarkozy qu'on ne lui aurait pas imaginée auparavant.
5.Philippe Val, quant à lui, représente de façon outrancière ce qu'on appelle le "désir d'Empire" : trublion se permettant tout et n'importe quoi dans les années 70-80, il a monnayé sa capacité de nuisance par le truchement de la première Dame, exactement comme ces leaders lycéens de l'époque du CPE se sont vu aussitôt proposer des postes clés chez les Jeunes Socialistes. Toute veste est réversible quand on veut "faire carrière". M. Besson ayant donné l'exemple, suivi de près par M. Couche-Nerfs, et Mme Oh-Craintes. Ne faites pas semblant de le découvrir, grand idéaliste que vous faites semblant d'être...!
6.Je me fais fort de prouver, avec l'aide de quelques amis et un peu de temps, que la "lettre de mission" de Val incluait un règlement de compte avec Guillon et autres agaceurs de Néron . On parie ?

bernard

Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi ces courageux humoristes que sont Porte, Guillon, Anelka, le gars de la Courneuve, "sodomisent" toujours des hommes (Sarkozy, Domenech) et jamais des femmes, Ségolène, Martine, Michèle, Cécile, Marie-Georges ou d'autres.
Ca leur poserait plus de problèmes ?
Auraient-ils quand même un ultime tabou, une ultime frontière à leur LIBERTE CHERIE ?
Serait-ce par homophobie ? par intégrisme religieux sexuel ?
Leur toute-puissance s'est heurtée à un mur.
Ils s'en remettront.

Pierre-Antoine

@PB

A la fin de votre précédent billet "Des affaires d'Etat" vous avez écrit:
"Ce qui distingue la pensée libre de l'ignominie intellectuelle, c'est, comme l'a toujours soutenu si lucidement Raoul Vaneigem, d'être ou non à la source de comportements et d'attitudes qui font mal. Quand on n'est plus dans le mot, dans l'écriture mais déjà dans le réel inquiétant et pervers qu'on s'acharne à légitimer."

C'est exactement ce qui se passe, on veut légitimer la perversion des mots qui font mal de ces "humoristes" par le corporatisme, pire le copinage.

Les syndicats de France Inter appellent le 1er juillet à la manifestation de soutien des "licenciés" (quel est le montant de leurs indemnités svp ?).
http://www.dgmic.culture.gouv.fr/afp/francais/topics/internet/100626184330.gc9z885m.php

Même votre ancienne collègue Eva Joly qui prend leur défense au nom du nécessaire contre-pouvoir de la presse. Confondant ainsi "humoriste" et journaliste. N'est pas "Dany le rouge" qui veut !
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/06/23/97001-20100623FILWWW00664-joly-denonce-l-eviction-de-guillon-et-porte.php

D'ici à ce qu'on les élève au rang de martyrs offert sur le bûcher du sarkozysme il n'y a qu'un pas.

Cordialement

Pierre-Antoine

Catherine JACOB

«Il n'y a que sur un blog consacré notamment à la défense de la liberté d'expression qu'on se sent tenu de publier le pire proféré sur soi par certains commentaires, pour ne pas se contredire ! »

Mais cette discipline spirituelle qui vous contraint à chaque fois à satisfaire au principe plutôt que de céder à la pression de l'affect vous met tellement au-dessus de ce style de commentaires ainsi que de leurs auteurs...!

Franck

Si sa mission est de saboter la seule radio à peu près audible de France: Hees est un as !

Le perfectionnement de la communication politique (E. Bernays "Propaganda") soumet le citoyen un peu curieux au désespoir le plus complet. Il faut se résigner à voir la réalité travestie, tordue ou superbement ignorée (Aaaah, TF1 !). La fonction journalistique, d'intérêt général, a déserté les médias généralistes, désormais peuplés de "benêts impartiaux" (Chateaubriand). Alors oui, ne restent que quelques "comiques" plus ou moins drôles pour se faire l'écho du désarroi populaire.
Quand l'unanimisme est de mise sur des questions politiques vitales (traité constitutionnel) et , ayant échoué, débouche sur une forfaiture éhontée (traité de Lisbonne), quand le ridicule le plus grotesque ne fait plus rougir personne (Sarkozy le jeune et l'EPAD...), quand le populisme racial se drape dans la robe de Marianne (Besson), etc, etc, on ne chipote pas devant le peu de noblesse de celui qui dit "merde" à tous ces drôles. Cela n'est pas d'ailleurs d'un fin politique que de supprimer le sifflet de la cocotte : "Aux puissants assez insensés pour dire : la populace ne rira pas, le Peuple répond par la terre qui tremble !" (d'après Hugo...) Copé n'a-t-il pas évoqué 93 à propos de l'injuste chasse aux sorcières dont est victime ce monument d'intégrité qu'est notre ministre du travail ?

Et puis cette nouvelle mode, consistant à parer du beau nom de courage l'exécution effrontée des basses œuvres ! Je sens que nous allons assister dans les temps qui viennent à des manifestations d'héroïsme sans précédent.

Alex paulista

L'éviction de Didier Porte du Fou du Roi en dépit du souhait de Stéphane Bern montre bien qu'il s'agit d'une vengeance personnelle et non d'un choix de programmation.

J'ai souvent remarqué que les patrons despotiques viennent souvent du public, où ils ont fantasmé des années sur ce qu'est un dirigeant. France Télécom, La Poste le montrent assez par leurs taux de suicides.

Etre un patron c'est tout sauf ce que fait Hees, qui prend le micro, évince, désavoue publiquement ses collaborateurs.

Achille

Bonjour Philippe Bilger,

Je ne sais pas si J-L Hees est un as - encore faudrait-il pour cela définir dans quel domaine, car on est toujours un as de quelque chose, pas un as tout court.

Enfin une chose est sûre c’est que ses nouvelles fonctions lui ont singulièrement fait attraper la grosse tête et surtout lui ont fait oublier la liberté d’expression dont il était, avec son ami Philippe Val, un fervent défenseur et que tous deux ont largement utilisée lorsqu’il exerçait le métier de journaliste. (Souvenons-nous des propos de Philippe Val sur les caricatures de Mahomet...)

Je vous ferais juste remarquer que ceux qui ont été amenés à travailler aux côtés de Stéphane Guillon et Didier Porte ont tous regretté cette décision. Il suffit pour cela de lire la lettre ouverte aux auditeurs écrite par le personnel de France Inter.

Les seuls qui pouvaient vraiment virer les humoristes « indélicats » d’une façon efficace et définitive, ce sont les auditeurs eux-mêmes.

A partir du moment ou Guillon ou Porte ou Morel ne les faisaient plus rire, ni même sourire, ils auraient été naturellement écartés du « cirque » médiatique. Cette éviction est non seulement une erreur de management mais surtout un aveu de faiblesse voire de susceptibilité déplacée.

J-L Hees, avec un mépris assez nauséabond, dit qu’il ne s’appelle pas Domenech. Mais ainsi que le lui fait remarquer François Morel, ce type de comportement semble indiquer qu’il n’en est pas loin.

Coluche avant lui, mais aussi Le Luron (qui pourtant n’était pas de gauche) ainsi que Desproges ont connu les mêmes déboires que les (ex-) humoristes de France Inter et sont cités maintenant en référence dans tous les bons salons parisiens où l’on se gausse de leur effronterie. Gageons que le licenciement de Guillon et Porte (et sans doute de Morel) ne fera que renforcer l’humour caustique qui déplaît tant à certains esprits bien-pensants et à l'orgueil mal placé.

Christian C

Cher Philippe Bilger,
La réponse à votre billet se trouve dans votre entame de ce dernier ; je vous cite en effet : « France Inter non plus ne va pas s'effondrer parce que ces deux personnalités ne s'exprimeront plus sur cette antenne. D'autant plus que Patrick Cohen remplacera Nicolas Demorand et qu'il sera associé à Audrey Pulvar ».
Votre préférence revendiquée de Patrick Cohen à Stéphane Guillon et d’Audrey Pulvar à Didier Porte (ou l’inverse, si vous préférez) est à mon sens la justification du soupçon permanent qui pèsera sur la moindre décision de l’inénarrable couple Hees/Val, en ce qu’elle exprimera une « préférence » qui leur sera, soit personnelle, soit « inspirée ».
J’écoutais très régulièrement les chroniques de Guillon, Porte et Morel (tiens, à propos, que devient-il ?), ils m’ont fait rire sporadiquement, énervé ou dérangé de temps en temps, fait sourire très souvent.
Je reconnais à tous mes contemporains le droit d’être d’un avis contraire, mais pas de me priver du plaisir de les entendre. Laurent Gerra et Philippe Bouvard ne me font pas rire ; je n’ai jamais demandé pour autant à la direction de RTL de les sortir de leur antenne. De même que je ne vois pas au nom de quelle « liberté » j’aurais pu demander que l’on sorte Jean-Marc Sylvestre de l’antenne, bien qu’il me portât considérablement sur le système.
« Je ne crois pas que la République soit en péril parce que les humoristes (?) Stéphane Guillon et Didier Porte ont été licenciés », écrivez-vous ; j’espère que vous avez raison. Mais je ne vois aucun progrès, ni républicain, ni démocratique, dans cette initiative qui n’a pour but que de les priver de leur expression, qui ne manquait pourtant pas de talent. Je ne vois aucune preuve de santé républicaine et démocratique dans les pressions exercées par le président de la république sur Eric Fottorino dans la procédure de « reprise en main » du quotidien « Le Monde ».
Derrière le fond, il y a aussi la forme. Philippe Val n’a reçu ni Didier Porte, ni Stéphane Guillon avant de les licencier. Philippe Val s’était même engagé à ce que Porte conserve sa chronique quotidienne au « Fou du roi » auprès de Stéphane Bern, qui, bien connu pour son trotskisme rampant, avait sollicité le maintien de son chroniqueur.
Il est vrai aussi que Jean-Luc Hees, le 15 mai 2009 - jour de son intronisation à Radio France - avait déclaré sur l’antenne de France Info : « Au nom d’un principe qui a été ignoré en ce qui me concerne et dont je me souviens très bien : on ne pousse pas les gens dehors… On parle, on essaie de trouver des tas de solutions, et après on dit - quand on a vu tout le monde, quand on a parlé, quand on a trouvé des solutions, pour tous les gens (il y en a beaucoup, de talents ici) - donc après, on dit ben voilà… j’ai trouvé de nouvelles solutions ».
Quand Philippe Val indique, sur leparisien.fr de ce jour : « Il y aura toujours de l’humour dans la matinale, il est dans l’ADN de la station », on voit bien la communauté de vue entre lui et Jean-Luc Hees sur ce que doit être la ligne de cette antenne qui est, qu’on le veuille ou non, « la nôtre ».

Aïssa Lacheb-Boukachache

J'ai le souvenir de mon ami Martin Winckler viré sans façon par Jean-Luc Hees de sa chronique matinale sur Inter - chronique que lui avait pourtant proposée Jean-Luc Hees. Ce fut brutal, déloyal et pour tout dire, mesquin. Le sujet de ce licenciement (une volonté de censure en vérité) était une chronique de Martin qui n'eut pas l'heur de plaire à une certaine industrie pharmaceutique … Martin - qui est médecin avant tout - y mettait celle-ci face à ses scandales, ses mensonges, ses corruptions et autres anomalies de fonctionnement et de recherche scientifique … Hees a démontré déjà sa tendance à subir facilement l'intimidation de puissants et lorsque vous faites son portrait aujourd'hui, on oscille entre l'envie d'éclater de rire et une certaine inquiétude quant à votre capacité à réfléchir et réagir qui irait peut-être se dégradant. Vous pouvez détester Stéphane Guillon, lui donner tort en bien des manières, le condamner même, mais cela n'est pas conditionné à une adhésion voire une affection quasi aveugle à son patron dont les façons détestables en ces choses ne sont plus à prouver … Au contraire, cela vous ridiculise et vous discrédite à un point que vous ne soupçonnez pas.

Sur le cas de la chronique matinale incriminée de Guillon ainsi que celle de Porte … Il n'y a jamais eu de quoi en faire toute une tartine, que ce fut Strauss-Kahn, Besson ou d'autres qu'ils ont étrillés … Le malentendu est qu'on a présenté ces moments comme des billets d'humour quand ils étaient en fait des commentaires satiriques. C'étaient des chroniques satiriques et si on les avait présentées dès le début comme telles, je gage que la suite n'aurait pas pris cette tournure lamentable et Porte et Guillon officieraient encore chaque matin à l'antenne pour y verser avec entrain et énergie ces poisons dans nos oreilles qui n'en furent jamais mortels cependant. Croira-t-on une seconde seulement qu'un ministre se serait suicidé ou aurait été étranglé par sa femme ou la chute du gouvernement ou des élections anticipées ou la République salie, en danger ...etc., parce que Guillon et Porte en «assassins» de radio chaque matin?... Allons, soyons sérieux deux minutes s'il vous plaiî; on toucherait là à l'étiage de la pensée … On ne s'entend pas sur les mots et ce qu'on y met; là est le problème. Humour n'est pas satire et inversement même si la seconde peut être portée par le premier et l'accompagner tout de son temps … Ces deux-là sont des fous de la République, au sens propre comme au figuré, au sens le plus respectable également et vous faites aujourd'hui l'impression triste et désolante de ces nobles d'antan qui arrivant à la Cour pour la première fois n'y comprenaient rien et voulaient fouetter l'insolent insultant fou qui s'adressait ainsi au Roi dans les moments qui lui étaient autorisés et qui étaient (ces instants) la garantie et la preuve que la royauté était alors plus forte que jamais.

As oui … de la stupidité crasse! Garde que vous n'en deveniez par ce chemin singulier que vous prenez, le misérable valet. Et que vous invoquiez là encore à votre décharge que vous pensez contre vous-même ne vous accordera plus autant de circonstances atténuantes, doutez-en ...


Aïssa.

omega

Monsieur Bilger,

Il est surprenant que votre billet soit plagié dans sa quasi-totalité par un commentateur du blog de JM Aphatie.


http://blog.rtl.fr/aphatie/20100625/etats-d-esprit-25-06.html?comments
18h17 friedrich 26-06-2010

Si vous le savez et l'acceptez ainsi, ce que je ne crois pas, cela dénoterait d'une conception étonnante du droit d'auteur.

Avec toute ma considération,

podarcis

On sent bien que Guillon aimerait bien être un chevalier républicain bravant les interdits avec détermination. Au mieux il s’est enfermé avec détermination dans un rôle d’aiguillon talentueux et pathétique. Mais le talent il le partage avec bien d’autres chroniqueurs. Par contre il a de plus en plus alimenté ses chroniques à l’humour noir d’une dose de plus en plus écoeurante d’attaques personnelles, montrant la vacuité de sa propre réflexion sans doute.

Pathétique d’autant plus qu’il supporte tout Guillon, sauf la critique de son propre travail. Ça le met dans une humeur triste et touchante même. Touchante pour ceux qui n’ont pas été victimes de l’incroyable tribune qu’une radio publique lui offrait.

un exemple?
http://www.dailymotion.com/video/x2xy8f_stephane-guillon-se-fache_people

à pleurer j'vous dis

Donc sans peur et sans reproche Guillon face aux despotes. Tenant le cap! Malgré tout!
Mais voilà les despotes sont plus qu’exagérés voire imaginaires et les chevaliers comme lui et Porte sont devenus des petits barons républicains très « bankable » sur les plateaux.

Cracher sur un ministre de droite, quel courage Messieurs. Il faut dire que Guillon a perdu sa place dans l’histoire. C’est sans voir que tout ceci était écrit depuis bien longtemps dans les médias. Bon nombre de commentateurs ont opiné bien avant son éviction que se faire virer juste avant sa tournée de one man show est une excellente opération de com. Quelle qu’ait été la décision de France Inter Guillon sortait gagnant.

Dorénavant ceux qui l'écouteront se faire plaisir seront volontaires. Ouf!

jpledun

Ces deux messieurs ne sont ni interdits de territoire, ni privés de leur droit d'exercer leur profession. Alors où est le problème ?

D'un autre côté, ces messieurs sont très importants. La vie est courte. "All I need is laught". Il faut des critiqueurs, des persifleurs, des amuseurs, des comiques, des clowns.
Qu'ils restent polis. Cela n'enlève aucune force á leur propos.
Bien au contraire...

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