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04 juin 2010

Commentaires

jmarcio

Cher M. Bilger,

Je ne suis pas sûr que l'on doive limiter la liberté d'expression de la presse - remarquez, je n'ai pas vu ou lu ce qu'a dit François Morel et je ne pense pas non plus qu'il soit un reporter, mais plutôt un acteur. Néanmoins, ce droit qu'on accorde à cette catégorie de personnes suppose un usage responsable.

La méchanceté gratuite de certains humoristes veut juste dire que ce sont des gens qui ne sont pas suffisamment créatifs pour exercer leur métier dans le respect des autres. Ou alors, c'est le signe d'un besoin d'aller voir un psy...

Marie

« La calomnie, monsieur ! vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés. Croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté, pas d'horreurs, pas de conte absurde, qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville en s'y prenant bien : et nous avons ici des gens d'une adresse !... D'abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l'orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano, vous le glisse en l'oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et, rinforzando de bouche en bouche, il va le diable ; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à vue d'oeil. Elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ? »

Pierre-Augustin Caron de BEAUMARCHAIS


Le Barbier de Séville

http://www.youtube.com/watch?v=YUtoL-IDUlk&feature=related

Epaminondas

Monsieur Bilger, si je partage le principe sur lequel est assise votre démonstration, je me dois de vous apporter une précision. A votre connaissance, monsieur de Villiers n'a jamais exploité les malheurs de quiconque, à la recherche d'effets faciles permettant de mettre les rieurs de son côté. Une recherche rapide sur Internet vous donnera accès à son discours au cours duquel il moque les ennuis de monsieur Broloo avec l'alcool. Le discours en question date de l'époque (pas si éloignée) où l’on réfléchissait à l'instauration de ce qu'on avait par la suite nommé "taxe pique-nique". La blague de monsieur de Villiers était facile, blessante, gratuite : empreinte de la même inélégance que celle dont il a été la victime. Ceci excuse-t-il le dérapage de François Morel ? Non. Pas plus que ça ne valide ce type de pseudo-humour (je reconnais un certain talent à François Morel, qui ne doit pas tout excuser ni autoriser). Pour autant, monsieur de Villiers n’est pas la blanche biche décrite dans votre billet : il a lui aussi ces travers détestables.

Catherine JACOB

Il paraît que "la Chancellerie réfléchit à la suppression des jurés populaires". Voilà sans doute un grand enjeu qui empêche qu'on se préoccupe des petits détails. Ce serait surtout une grave, très grave erreur. Il ne faut pas plus évacuer le peuple de la Justice que de la République !

Tant pis. Je suis "vieux jeu".

Vous n'êtes pas du tout 'vieux jeu' et vous êtes même parfaitement 'dans le coup' relativement à la lucidité qui sait que si le technicien doit prendre le pas sur l'homme du peuple parce que le peuple et les aléas de sa compréhension de son propre destin ainsi que la légitimité avec laquelle il se représente également lui-même feraient tache désormais sur la pureté juridique de l'édifice technique ou la pureté technique de l'édifice juridique, ne serait pas seulement grave une erreur, mais serait une erreur MONUMENTALE et même une faute contre la démocratie!

Si le peuple n'est pas capable d'avoir une opinion consensuelle dans laquelle s'enracine la seule véritable légitimité d'une décision d'ordre judiciaire, bonne ou mauvaise, il n'est pas non plus capable d'élire les députés qui à leur tour votent les lois et s'il n'est pas capable de voter pour ou contre les députés qui votent les lois, il n'est pas non plus capable d'être l'acteur de son propre destin et s'il n'est pas capable d'être l'acteur de son propre destin, il n'est plus rien qu'un risque de guerre civile contre lequel il importera également de se prémunir. La suite tout monde, même non technicien, l'imagine aisément!

Il faut accepter que tout ne peut pas être toujours contrôlé et conforme (à quoi d'ailleurs?) à commencer par la mort et aussi la naissance, phénomènes sur lesquels l'homme essaie malgré tout, vent debout, de prendre par toutes les manières, le contrôle.

Tous les hommes sont mortels et ça concerne aussi les hommes et les femmes politiques, et tout mortel est faillible et ça concerne tout autant le Juré d'un Jury populaire que le magistrat professionnel à l'illusoire neutralité à cette différence près que tout ce qui serait dès lors imputale à la seule erreur du professionnel ne saurait plus désormais se concevoir en dehors d'une responsabilité personnelle impartageable!

Enfin toute castration du peuple, et la suppression du jury populaire à l'évidence en est une, finit immanquablement dans le panier révolutionnaire de la guillotine selon les mêmes lois par lesquelles la nuit succède au jour et le jour à la nuit!

Herman

Savonarole,

Vous avez au moins votre bêtise à vendre ! Mais que vous arrive t-il ? Vous perdez vos nerfs ! Une semaine sur la corrida ? Il me semble qu'entre-temps, Philippe avait posté d'autres billets, dont la teneur vous était disponible, sans passer par ces commentaires soûlants sur ces mises à mort habilement montées...
Quant à vos délires sur Aïssa, Laurent, Jean (et les autres ?...) que dire...!
Personnellement, moi je suis content de cette gratuité qui me permet, tout petit que je suis, de dialoguer avec ses grands-là !...

Laurent Dingli

Très beau texte, Jean-Dominique Reffait. Tout cela finit par m'écoeurer moi aussi.

Jean-Dominique Reffait@Laurent Dingli

Laurent Dingli, bis,

L'attitude d'un Savonarole illustre le voeu de Philippe : "a-t-on le droit d'espérer qu'une sorte de règle commune aux médias puisse s'instaurer, toute simple : qu'on n'ajoute pas au malheur des gens, quels qu'ils soient ! Qu'on n'alourdisse pas leur fardeau, qu'on n'aggrave pas leur difficulté d'être. Serait-ce trop demander ?"

La vidéo de F. Morel va tourner sur le net, à l'infini et jusqu'à satiété de tous ceux qui trouveront bon de rire du malheur d'un autre. C'est d'ailleurs par Internet que Philippe a découvert cette chronique, preuve de la démultiplication médiatique de ce support.

Il en est de même pour tous les misérables qui se pressent sur Google pour dénicher le pedigree des autres, histoire que jamais personne ne soit tranquille. Cette propension à jouir du pire conduit à cette dérive humoristique qui alimente les glorieux sentiments d'aigreur, de jalousie, de rancoeur de l'honnête citoyen - entendre celui qui se badigeonne de cette qualité. Il faut sans cesse fournir une tête de turc, sacrifier une victime vivante au dieu Baal de l'opinion qui trépigne d'impatience en attendant le prochain entartage, à la différence qu'il ne s'agit plus de la bonne crème fraîche de Noël Godin mais d'une boue plus douteuse.

Ce conformisme de l'injure et du fiel répandu vise à passer pour de l'audace lorsqu'il s'exprime dans les médias. Il s'agit toujours pour le minus de mordre les mollets de celui qui lui fait une ombre quelconque. Oh, on peut comprendre l'aigreur d'un Savonarole dont aucun commentaire n'a été capable de soulever une autre réaction que de nausée dont on détourne le regard et qu'il nourrisse un fort ressentiment à l'égard de scribouillards dont l'écho est plus sonore que le sien apparaît naturel : mais c'est justement pour satisfaire ce que les journalistes appellent les "anonymes", ceux qui se cachent, que les médias, avec Internet en secours désormais, livrent en pâture l'honneur ou la tranquillité de certains.

Le pire est qu'il est impossible de répondre : que voulez-vous que Villiers réplique ? La liberté d'expression s'entend dans le débat, d'homme à homme, à la régulière. La googlelisation permet désormais d'échapper à toute forme d'éthique personnelle, de se goberger de tous les racontars ignobles et, croyez-moi, il n'y a strictement rien à y faire. La responsabilité d'un éditorialiste ou d'un chroniqueur, à la différence d'un obscur imbécile comme Savonarole, c'est de prendre en compte cette nouvelle dimension de la diffusion et de son usage. Il fut un temps où l'article du journal était vite oublié et la calomnie enveloppait le poisson du lendemain : aujourd'hui, cet article va durer, durer inlassablement sur le net. Les juges sont aujourd'hui dans l'incapacité de désigner notamment la période de prescription d'une diffamation sur internet. Sans doute F. Morel pense-t-il qu'il ne fait que de la radio tandis qu'il alimente Google, Facebook, Twitter et Dailymotion sans limitation de durée, sans prescription, sans droit à l'oubli, légitimement défendu par Nathalie Kosciusko-Morizet.

Savonarole est un gueux sur lequel on peut s'essuyer les pieds avec d'autant plus de confort qu'on ignore s'il s'agit d'un être humain, d'un homme, d'une femme, d'un groupe de personnes, d'un pédophile, d'un assassin ou d'un cafard surdoué dans un grenier, mais représente la pratique contemporaine du traitement de l'information. F. Morel serait plus prudent s'il savait quel Savonarole écoute ses chroniques.

Savonarole

@L. Dingli :

"Quant à celui qui évoque ici les scribouillards ayant eu affaire à la justice (j'imagine qu'il s'agit de Jean Reffait et de vous),"
________________________________________

Quand il s'agit de balancer... ça c'est méprisant M. Dingli !

Savonarole

L. Dingli & A.L Boukachache me reprochent mon pseudo, Savonarole, et donc mon anonymat, alors qu'ils utilisent le blog de Philippe Bilger pour racoler.
L'un sur son propre blog, et l'autre qui renvoie à sa littérature, et donc à la vente de ses livres.
Passer un billet sur le blog de P. Bilger est donc une façon de se faire connaître et d'attirer l'attention sur leurs écrits.
C'est malin et c'est gratuit....
Là ou ça se corse, c'est lorsque ces marquis poudrés se prennent pour des moralisateurs et sont incapables de faire un billet de dix lignes.
Hélas.
Pour Aïssa on doit se cogner 40 lignes et pour L. Dingli, c'est la "corrida" pendant une semaine.
De plus, ils sont jaloux de leur pré carré ! Ces beaux messieurs !...
Dès qu'il y en a un (ou une), comme Catherine Jacob, qui ose prendre une page pour expliquer son point de vue, on la charrie et elle reçoit en échange quelques railleries.
En somme ce blog leur appartient déjà.

Pour ma part, je n'ai rien à vendre.

Jean-Dominique Reffait@Laurent Dingli et Savonarole

Laurent Dingli,
Je crains que vous ne dénonciez du jésuitisme socialisant là où il n'y aurait que des nuances que vous ne percevez pas. Et si vous estimez que je louvoie trop, demandez-vous un peu, par instant, si ce n'est pas votre démarche qui est par trop raide. L'humain est rond, mou, presque liquide et, comme une casserole de lait, ne déborde jamais du côté que vous imaginiez.

Mon propos est pourtant clair et d'un jésuitisme de béotien. Contrairement à Tartuffe, M. de Villiers était sincère quand il croyait indépassables certains principes au point d'en bassiner le peuple, mais cette erreur intellectuelle ne justifie en aucune manière que l'on ne soit pas solidaire de la détresse qui est maintenant la sienne et celle de sa famille. Je ne reviens pas sur Battisti, j'en ai déjà tartiné des kilomètres sur un sujet qui m'intéresse fort peu et, manifestement, vous n'y avez rien compris. Je crains qu'une nouvelle explication aboutisse au même résultat.

Savonarole,
"je me demande ce que foutent ici deux illustres scribouillards, qui ont eu affaire à la justice dans des circonstances peu flatteuses."
Etes-vous seulement le prochain de la liste ? Ah, c'est vrai, vous avancez masqué et nous ne pouvons donc pas savoir quel criminel vous êtes réellement. Ceux qui ont le petit courage d'écrire sous leur vrai nom prennent effectivement le risque de côtoyer d'aimables volatiles qui croassent à l'abri d'un pseudonyme tyrannique. Comme il en faut toujours un, demeurez sur ce blog : vous porterez bien bonheur à quelqu'un un jour.

Véronique Raffeneau

@ Aïssa

Je pense profondément que ce qui a animé Philippe Bilger pour écrire son billet est de même nature que ce qui vous a animé, vous, pour répliquer à Catherine.

Que faut-il faire quand on est effondré par la teneur d'une chronique ou d'un commentaire ?

La liberté d'expression de François Morel n'a de sens que si elle est AUSSI limitée - au sens contestée, discutée - par ceux qui, en face, heurtés par son propos lui répliquent et s'opposent à ses amalgames en cascade qui offensent.

Je suis certaine que PB s'est interrogé au sujet de l'importance à donner à la chronique de François Morel.

L'ignorer c'était, je pense, dans l'esprit de PB, considérer que l'offense faite au père en utilisant les fils, le malheur et le drame qui déchirent cette famille ne sera commentée que pour être approuvée, de façon unanime et appuyée, par des wagons de ricaneurs et d'inconséquents, du même genre que ceux qui étaient dans le studio de France Inter au moment de la chronique de FM.

Enfin, je pense qu'il ne s'agit pas de la part de PB d'une lecture juridique contestant la liberté d'expression de FM.

Il s'agit à mon sens d'un droit d'une autre nature, celui qui fait légiférer entre soi et soi :

"Qu'on n'ajoute pas au malheur des gens, quels qu'ils soient ! Qu'on n'alourdisse pas leur fardeau, qu'on n'aggrave pas leur difficulté d'être"

Dans votre domaine infirmier et médical, ce pourrait être l'équivalent du :

"D'abord, ne pas nuire"

Laurent Dingli

Cher Aïssa,

Faut-il développer longuement le fait qu'il y a un minimum d'élégance à ne pas profiter de la souffrance d'une famille ? Il y a une façon plus noble d'affronter un adversaire politique, même de la part d'un bouffon.
Mon père me répétait souvent ces vers de Jean Racine :

Les maîtres qui eurent soin de ma jeunesse,
Ne m'apprirent point à commettre des bassesses,

Quant à celui qui évoque ici les scribouillards ayant eu affaire à la justice (j'imagine qu'il s'agit de Jean Reffait et de vous), vous devriez l'ignorer. Les lâches anonymes ne méritent que l'indifférence et le mépris.

frédéric

M Bilger,
Vous défendez avec votre mauvaise foi toute catholique M De Villiers, mais vous ne soufflez mot du témoignage de la victime, relaté dans un article du Parisien. Vous pérorez, mais passez sous silence le bannissement par son père du fils violé.
M Morel ne fait que railler ce modèle électoraliste, familial, eugénique, royaliste, fallacieusement rédempteur, sous couvert de
puritanisme.
Je préfère toujours les troubadours face à votre acrimonie les concernant.

Au nom du Père ?

Aïssa Lacheb-Boukachache

Il y en a un ici qui m'interpelle au sujet de cette phrase: «François Morel écrit et dit ce qu'il veut, c'est son choix ...» … Invoquant mon sens démocratique, il étale ici sans pudeur ni honte le sien qui a contrario du mien tient essentiellement en cette image de ces rats sombres et inconnus qui émergent régulièrement de leur fange pour mordre et infecter ici et là de leur maigres propos sans courage; ainsi de cette référence puante à, comment a-t-il écrit- «ces deux illustres scribouillards» … Ce qu'ils foutent ici, ces deux-là, a-t-il le culot de demander sans douter une seconde de sa légitimité à l'être lui aussi? Bien justement, ils écrivent ce qu'ils veulent et signent de leurs noms, eux, de leurs vrais noms ... Mais c'est qu'il donne des bon points en plus, il réprimande là, condamne derechef ici, ce sordide anonyme … Un peu plus de courage, et vous serez crédible un peu et je daignerai alors m'abaisser à vous porter une autre et plus vraie contradiction si tant est que vous ayez les moyens intellectuels de suivre, le souffle en somme … Car assurément vous en faites une bien belle prétention intellectuelle, vous, sans contredit et plombée, comme il se doit souvent en ces situations d'une bonne dose de lâcheté.

Cher Laurent, si vous ne partagez pas mon avis, de grâce développez, que je profite … Autrement, c'est stérile. Ne soyez pas contaminé intellectuellement par les manières vides sinon du nauséabond de celui-là ci-dessus dont le sens démocratique est assurément autre chose, confie-t-il sans le dire …

Chère Véronique, c'est absolument différent … Catherine Jacob a dérapé lamentablement; il fallait la remettre illico sur les rails; ce ne sera jamais qu'une énième fois … PB a prémédité et développé son thème et croyant faire bien en défendant en se scandalisant, il accable en poursuivant dans la médiatisation de cette affaire qui n'en peut désormais de publicité. C'est aussi un réquisitoire contre la liberté d'expression. Et en cette chose, ce que je dis, c'est qu'il se heurte forcément au désir de ceux non moins nombreux et légitimes pour qui la liberté d'expression (François Morel) ce jour-là n'a pas outrepassé ses droits ... Quand bien même sa sincérité (PB) ne serait pas compromise …

C'est soleil, profitons dehors aux racines des grands tilleuls, même l'âcre anonyme des égouts pensifs …


Aïssa.

Véronique Raffeneau

@ Aïssa

Pourquoi reprochez-vous à Philippe Bilger de défendre ce que vous n'avez pas pu vous empêcher de dire et de défendre - avec intelligence, grande sensibilité et fermeté - dans le post adressé à Catherine Jacob dans le précédent billet de Philippe Bilger ?

"...et c'est être innocent que d'être malheureux..." écriviez-vous si bien.

Le billet de Philippe Bilger n'est pas un réquisitoire contre la liberté d'expression de François Morel.

C'est le billet d'un auditeur, d'un fils, d'un père, d'un frère effondré face à cette laideur majuscule qui consiste à accabler quand le malheur et le drame, quels qu'il soient, frappent qui ce soit.

Laurent Dingli

Lire "avec ce jésuitisme socialisant dans lequel vous êtes passé maître". Merci.

Je ne partage pas votre avis, chers Herman et Aïssa Lacheb-Boukachache, mais plutôt ceux de mb et de Mary Preud'homme (eh oui...). J'ajoute, cher Ludovic, qu'il s'agit d'un viol présumé. Il n'y a vraiment pas de quoi rire.

Savonarole

M. Bilger, un de vos lecteurs écrit ici :

"François Morel écrit et dit ce qu'il veut, c'est son choix…"

C'est une conception de bazar de la Démocratie.
C'est plus proche de Coluche que de Sénèque.
C'est du "populo-démago" à prétention intellectuelle.
C'est du Carla Bruni qui fait placer à la tête de France Inter le chantre de Charlie Hebdo (un boomerang pour son époux Nicolas...).
C'est du Evelyne Thomas : "C'est mon choix"

Si on peut "écrire et dire ce qu'on veut", alors je me demande ce que foutent ici deux illustres scribouillards, qui ont eu affaire à la justice dans des circonstances peu flatteuses.

PS : Je salue l'intervention de Laurent Dingli.

Alex paulista

@ Aïssa
"La liberté que tous ont de le poursuivre ou non en diffamation existe pareillement et est à la portée de qui se sentira concerné."

Oui mais non : en se défendant on aggrave le scandale. On est condamné à encaisser en silence.

C'est bien ce qui permet à des journaux comme Le Canard Enchaîné de prendre des petits arrangements avec la réalité en toute tranquillité...

Patrick Pike

Dans la première partie de sa chronique - je remercie Marie pour le lien puisque ne l'ayant pas écoutée - François Morel n'a repris que ce que l'on savait déjà depuis plusieurs mois, paru dans la presse qui en avait fait, à l'époque, des gorges chaudes. Il n'y a là rien de bien nouveau.
Qu'il reprenne cette info en y amalgamant des combines immobilières s'achevant dans le désastre de la dernière tempête pour démontrer que Philippe de Villiers est un Tartuffe, me paraît un tantinet inconséquent. Morel, qui nous avait habitué, à la différence des autres qui sévissent au même endroit, à un peu plus de finesse - n'en déplaise à ceux qui pensent le contraire, ne souriant sans doute qu'en se chatouillant - n'a pas écrit, en l'occurrence, une bonne chronique. Elle n'était pas, d'ailleurs, en l'analysant succinctement, destinée à faire rire mais plus à critiquer. C'est son droit, le malheur est qu'il le fit gratuitement mais surtout qu'il a frappé, non pas en dessous de la ceinture - si vous me permettez cette image - mais totalement dans le vide.
Seul l'individu est responsable de ses actes, en aucun cas ses géniteurs, sinon pourquoi ne pas remonter aussi jusqu'à la treizième génération où nous pourrions y trouver, tous autant que nous sommes, un éventuel ancêtre commun. Malgré tout le soin qu'on peut espérer donner dans l'éducation de ses enfants, un de ceux-là, pour une raison qui lui est propre et peut-être précisément par défi, par refus, par sottise, par perversité ou que sais-je encore, peut agir à l'inverse de ce qu'on a cru bon lui inculquer. On pourrait aussi débattre sur bien d'autres points, telle la génétique dont quelques-uns ne se privent pas, pour expliquer tous les crimes puisque notre époque se complaît à toujours chercher responsabilité chez les autres et non chez l'intéressé.
Pour reprendre l'exemple - croustillant ou pas néanmoins prégnant - du cardinal cité par JD.R. - qui, soit dit en passant, décédé chez une prostituée, dans ses bras ou pas, revient au même, à moins de penser qu'il était là en tant qu'apôtre bénévole et non qu'homme tourmenté - est-ce la faute de ses parents, puis de son éducation éminemment religieuse, s'il s'est permis ce prétendu écart ? Le véritable Tartuffe, il est là et non pas chez de Villiers dans sa tragédie familiale.
François Morel s'est trompé. Pour une fois. Peut-être récidivera-t-il, nul n'est à l'abri d'une seconde erreur. Il n'en demeure pas moins un excellent comédien mais aussi un chroniqueur de talent qui surclasse les autres d'une bonne tête.

zenblabla

PB,
(drôles d'armoiries que celles du net!... j'espère trouver meilleure entrée, je cherche... et sollicite excuses, me rassure de trouver un jour !)

Pour dire,
j'aime bien comme vous refusez de vous boucher les oreilles, tandis que les remugles des médias parviennent.

Par exemple, cela fait assez longtemps que je n'ai plus la télé,l'abonnement à l'hebdo, le quotidien et la radio qui empêcherait de se brosser les dents.
Les commentaires sont autant instructifs désormais que les annonces, et s'ils restent souvent édifiants c'est ce que je leur leur souhaite.
Pour que cela soit... en remplacement,... en néologie,... en post-modernité,... etc, mais en viol général des attachements particuliers, comme vous le dites et pourquoi j'apprécie.
Je vous fais confiance, nulle inter-locution d'un flagorneur ici !

Que cela soit généralement inquiétant, particulièrement insipide, finalement convocation et exposition en motifs étranges voire étrangers, c'est notre lot advenu.
Dommage et tans pis tant mieux !

Les médias conservent la fascination de l'étrangeté, et les véritables étrangers ont tout à y craindre... avec la thèse, mais avec l'antithèse, quoiqu'on dise et "t'façon !"

Devient alors premier le problème du choix de la nouvelle que l'on va introduire, partant des faits éventuellement, et la manière qui accompagne...
Le plus souvent, c'est devenu un peu comme un plat qui ne saurait se passer de mayo, de ketchup et autres exotismes tartares que le bon goût intime, pour les actuels médias qui accompagnent.

Humm !
"La connerie,ça "pègue""... proverbe marseillais"
On pourrait se demander :
A quoi bon dire la même chose, même avec d'autres mots ?

Herman

Cher Philippe,

Une fois de plus j'abonde dans le sens de Jean-Dominique, hormis sur la non-virginité morale de de Villiers, puisque ce sont ses enfants qui sont concernés. Du moins l'un d'eux...
Mais effectivement, vous mettez en doute la prétention à l'humour de cette chronique de F.Morel, alors que contrairement à un Guillon, il ne se défausse pas en prétendant ne vouloir que faire rire les gens. Ou alors, faudrait qu'il pense à changer de métier...! Non, lui, il se promène dans tous les registres, du burlesque au grave, en tentant parfois de brouiller les pistes...
Si faute il y a, une fois de plus elle est du côté des médias, qui voient dans les faits divers un bon moyen de vendre du papier (en dévoilant la vie des gens, qui même si leur noms ne sont pas livrés, sont très connus dans la population locale...). Avec en prime dans cette affaire-là, du croustillant à croustiller... même entre soi !...

Pour vous remettre de ce désagrément, cher Philippe, je vous propose la première chronique de F.Morel sur F.Inter :

http://www.marianne2.fr/France-Inter-Morel-candidat-a-la-succession-de-Val_a181994.html

Pierre-Antoine

@PB

Ne vous étonnez pas, c'est normal et en droite ligne de l'ambiance actuelle dans les médias.
Tailler, diffamer, mélanger, grossir, arranger... faire écho aux ragots, aux bruits de couloir, aux "on m'a dit que...". Et bien sûr sans aucune vérification.

Pour faire mieux que Stéphane Guillon et Bruno Gaccio, il faut inévitablement faire dans la surenchère humeuristique (je refuse d'écrire humour) et comme la barre n'est pas haute mais basse, très basse même, il faut encore descendre plus bas, bien plus bas pour avoir un espoir d'audimat.

Quand on laisse une porte ouverte, il ne faut pas s'étonner que ce qui est derrière vienne sur le devant.

Et si la porte est celle de la cabane au fond du jardin, bonjour les effluves.

Je me demande même si poster mon commentaire ce n'est pas ouvrir un peu plus la porte.
Il a au moins le mérite de dire "ça pue ici".

Mais il en est des odeurs comme des habitudes, on s'habitue aux mauvaises et elles deviennent une seconde nature.

Cordialement

Pierre-Antoine

SR

J'avais entendu cette chronique sur les éventuels abus sexuels dans la famille Villiers. C'était choquant et déplacé, l'homme public est aussi un père affecté. Le chroniqueur a moqué le personnage politique, finalement il a joué au père fouettard et délateur en occultant la présomption d'innocence et le drame familial.

surcouf

Moi dans tout cela, rien ne me fait ne serait-ce que sourire.
Qu'il est facile une fois encore d'attaquer des gens qui n'ont absolument aucune possibilité, que dis-je, aucune chance de se défendre.
Que ne sommes-nous à l'époque de Clemenceau. Au moins cet humoriste de caniveau aurait-il dû se battre à l'épée contre le fougueux politicien.
Pour sûr que les Guillon et confrères y regarderaient à deux fois avant de sévir.
Qui sait, on aurait peut-être eu là une bonne "brochette" d'humoristes.

Mary Preud'hommme

C’est d’abord à la victime que doit aller notre compassion, c’est-à-dire à Laurent. Car son affaire ne date pas d’hier. On peut donc imaginer qu’avant de déposer plainte, il a dû porter ce poids tout seul un certain temps, essayer ensuite de se faire entendre auprès des siens, notamment ses parents et même son frère aîné, coupable de l‘avoir violenté, lequel a toujours nié. Les parents étaient-ils au courant à l’époque ? Pas sûr. Mais, au cas où ils l’aient été, au moment des faits ou plus tard, quelle fut alors leur réaction ? Ont-ils essayé de relativiser, voire de fermer les yeux comme cela se passe souvent, hélas, dans les familles ou prévaut l’esprit clanique ? Ont-ils séparé les deux frères ? Autant de faits qui nous échappent et devraient nous empêcher de juger.
D’autant que ce qui est arrivé chez les de Villiers se produit ou est susceptible de se produire dans nombre de familles, y compris chez les Morel et consorts…
Moi ce qui me dégoûte, c’est que des humoristes de caniveaux, des journaleux de tabloïds minables et autres scribouillards de bas étage se permettent de faire leurs choux gras à partir de ce genre d'information. Comme si l’épreuve n’était pas suffisante pour Laurent et ses parents. Comme s’il fallait en rajouter, mettre à tout prix de l’huile sur le feu, appuyer où ça fait mal, au lieu de laisser cette famille régler son problème sans éclabousser le ban et l’arrière-ban qui n’en peut mais… Et surtout permettre à Laurent de panser ses blessures, à Guillaume de prendre conscience de sa faute avec ou sans l’aide de la justice, mais en tout cas à l’abri des calomnies et des éclaboussures médiatiques de tous ordres qui ne peuvent qu'aggraver les choses.
Bref, ce Morel est un sale type ! Mais les individus mesquins qui se régalent de ces saillies bêtes et méchantes ne valent pas mieux. De même que ceux qui s'en prennent à Philippe de Villiers, oubliant peut-être de balayer devant leur porte ou que ce qui est arrivé à ce père et cette mère de famille peut fort bien leur arriver un jour à eux aussi. Et qu’est-ce au fond que ce besoin de rabaisser, de calomnier, de brocarder méchamment celui qui est déjà au fond du trou, ce désir malsain de se repaître et se réjouir du malheur des autres, sinon une forme de perversité qui dissimule sans doute la propre flétrissure d'êtres vils qui ne se complaisent que dans l’ironie cinglante, le dénigrement, la grossièreté et la diffamation.

Alex paulista

"Parce qu'il serait catholique (la tare suprême !), ..."
Ce genre de dialectique visant à prêter des motivations anti... à toute personne que l'on veut atteindre, cher Philippe, il serait bienvenu de le laisser aux BHL, Finkielkraut, CRIF et autres persécutés chroniques.

Cela ne vous sied pas ...

mb

C'est vrai que c'est assez bas comme attaque, mais il ne faut pas trop en vouloir à Morel qui essaye de se faire une petite place dans la bulle médiatique et germano-pratine parisienne.

Les codes sont très soixante-huitards d'ailleurs c'est une forme de nouvel ordre moral, un nouveau clergé médiatique (comme l'a bien expliqué Regis Debray) qui règne sur Le Monde, Libé, Le Nouvel Obs, France Télévisions, France Inter...

D'un point de vue sociologique ça ne représente pas tant que ça, 10 ou 15% mais au niveau médiatique c'est plutôt 80%.
Pour rentrer dans "le cercle", c'est pas très compliqué, il suffit de vomir toutes les institutions dites traditionnelles : État, école,Église, nation, famille patriarcale...

Ces valeurs sont d'ailleurs souvent renvoyées à une conception pétainiste de la France et à la doctrine "Travail-Famille-Patrie", mais une fois encore, il ne faut pas trop en vouloir à nos chers bobos héritiers d'une pensée lavallo-mitterrandienne car ils refoulent drôlement, ils ont beaucoup de choses à cacher : leur gourou Mitterrand fleurissait la tombe de Bousquet et 85% des partisans et collabos notoires de la Seconde Guerre Mondiale étaient des radicaux-socialistes. On comprend mieux leur malaise.
Morel c'est pas lui qui faisait les Deschiens ? une caricature du prolétaire moyen ou du campagnard bas de plafond. Salauds de pauvres !

Catherine JACOB

« J'ai été effaré puis effondré. Ainsi, c'est cet humour qu'on révère, qu'on porte aux nues... Cette indignité, cette bassesse ! Jean-Luc Hees, qui semble avoir du courage en certaines circonstances - il ne rit pas toujours avec les loups ! -, après avoir dû "recadrer" Stéphane Guillon au sujet d'Eric Besson, aurait pu se pencher sur le "délicieux" François Morel, comme il est souvent qualifié par les gazettes qui vantent maintenant son talent de chanteur. Ce gentil prétendu est un vrai méchant ! »*

J'ai pris le temps et la peine d'écouter deux vidéos de l'émission concernée. La première que voici :

« France Inter, aujourd'hui Nicolas Demorand, vous êtes devant celui qui remplace le directeur de France Inter. Autant dire que que c'est du lourd. Même si, par hasard, par erreur, par manque de goût, de discernement, vous ne me trouviez pas drôle [etc..] vous avez intérêt à être gentil avec moi. [...] Stéphane Guillon au volant de sa Porsche est parti prendre du recul afin d'affiner un peu plus ses analyses politiques. Depuis qu'il a souligné avec pertinence que Strauss-Kahn était un "queutard" de première et que Martine Aubry avait un gros 'popotin' (je traduis), il est devenu le politologue le plus écouté de France. De source bien informée, on dit qu'il travaillerait en ce moment sur un gros dossier qui risque d'être relayé par toutes les rédactions un peu sérieuses de ce pays, Eric Besson aurait un petit kiki. ( Où ça?) [..]Donc Philippe Val est devenu le directeur de France Inter. Imaginez etc. » Suit ensuite un portrait du président NS à la sauce prétendument Philippe Valienne, mais vu qu'il consiste en une accumulation de gros mots qui n'est pas spécialement innovante, je ne saurais le re transcrire. On le trouvera cependant au besoin à cet endroit: http://www.lpost.fr/article/2009/09/04/1681426_eric-besson-aurait-un-petit-kiki-francois-morel-frappe-fort-pour-sa-premiere-chronique.html

Avant d'aller plus loin, je précise tout de même à destination des politologues confirmés qu'il en va en règle générale des kiki comme de la grammaire, ce n'est ni l'activité débordante, ni les dimensions respectives qui comptent, mais le bon usage qu'on en fait.

Ceci étant, les trois minutes de la chronique que vous fustigez se trouvent à cet endroit : http://cabondavy.over-blog.com/article-philippe-de-villiers-tartuffe-moderne-selon-francois-morel-51216803.html

Le passage qui vous désole intervient tout à la fin, à partir de 3'30''. Mais il y a tout ce qui précède et qui pour être mordant reste néanmoins dans une veine voltairienne traditionnelle, donc nécessairement un peu méchante, c'est juste, mais oserais-je rappeler que cette tradition ne vous est pas inconnue? Ceci étant, cette conclusion est en effet extrêmement et inutilement dure qui présume de Philiipe de Villiers deux visages dont on n'a aucune preuve, pour le plaisir de faire un bon mot qui par ailleurs, l'est tout à fait, il faut le reconnaître et très bien amené.
Je pense cependant au contraire, qu'on peut présumer des trois minutes et demie qui précèdent que le drame de ce homme doit être encore plus terrible que si les idées qu'il défend n'étaient pas ce qu'elles sont.
Il peut tout à fait s'être joué entre les deux frères (deux frères formant souvent un couple infernal au moins autant que deux sœurs comme le sait l'analyse), un drame shakespearien sans rapport avec l'éducation reçue et que le vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon qui descend tout de même de Philippe d'Orléans (1674-1723), duc d'Orléans, même si c'est par l'escalier de service à une époque où la chose avait moins d'importance qu'aujourd'hui, n'a pas été seul à donner, si par ailleurs on peut présumer que comme beaucoup d'hommes politiques (ou encore d'écrivains, de scientifiques etc. dont les péripéties de la vie familiale ne sauraient entacher la qualité intrinsèque du travail ou la justesse intrinsèque des idées ou encore la bonne foi intrinsèque de leur défense), il ait été davantage préoccupé de la France que de sa famille, et si c'est le cas et sans préjuger de rien, sans doute doit-il amèrement le regretter.

Ceci dit, il ne s'agit là que de deux de ses sept enfants qui dans leur ensemble en sont sans aucun doute également stigmatisés et à la honte desquelles il convient sans doute de ne pas rajouter, sur ce point je vous suis tout à fait.

Laurent Dingli

Ludovic,
Une bassesse n'en excuse pas une autre, d'autant que Borloo n'est pas en difficulté.
Je ne partage pas votre maxime de l'arroseur arrosé, et le fait que les positions de M. de Villiers sont, sur la plupart des sujets à l'opposé des miennes, ne change rien à l'affaire.

Toujours votre façon de louvoyer, Jean-Dominique Reffait, de contourner l'obstacle, pour dire en fait la même chose que Ludovic avec ce jésuitisme socialisant dans lequel vous êtes passé maître. Vous prétendez ne pas aimer tirer sur les ambulances, mais vous évoquez subrepticement, en vous identifiant à Morel, le décalage entre la vertu proclamée et le vice (supposé). Et vous en profitez pour balancer l'exemple toujours croustillant de l'évêque qui se pâme dans les bras d'une prostituée (ça fait plus intello il est vrai que la "cage aux folles"). Du grand art rhétorique qui ne trompera que ceux qui ne sont pas habitués à votre prose. Vous avez procédé ainsi mille fois, notamment avec ce pauvre Battisti dont il fallait - non pas excuser les crimes (diantre non, vous êtes trop malin pour ça !), mais les restituer dans leur contexte historique, etc. etc.

naolin

Monsieur, vous n'êtes pas très sérieux. C'est oublier que Philippe de Villiers s'est toujours posé en grand pourfendeur de la morale. Ce qui lui arrive est effectivement tragique. Mais ce qu'on peut espérer c'est que son cœur brisé lui permette de s'ouvrir un peu plus sur les autres, au lieu de stigmatiser les criminels comme il l'a toujours fait dans sa carrière politique. Quant à Morel, sa conscience sera son juge : pas vous.

Aïssa Lacheb-Boukachache

Je ne m'attendais pas à un commentaire de votre part sur ce sujet non de la forme du billet de François Morel mais du fond néanmoins tous deux indissociables dans la circonstance, mon cher PB … Le silence aurait été en l'espèce la meilleure attitude et l'on se demande pour le coup qui des deux -de vous ou de Morel- nuit en ce fait davantage à de Villiers et sa famille … Ou vous l'avez fait exprès et alors c'est très subtil de méchanceté; ou vous êtes de bonne foi et dans ce cas vous auriez été un très mauvais avocat au Barreau. Il est des plaidoiries qui massacrent et enfoncent davantage celui qu'on prétend à soutenir et défendre, le savez-vous … La vôtre serait à inscrire dans ce schéma sauf à la penser un réquisitoire contre un homme sujet d'une incontestable liberté d'expression et contre un autre quant à lui auteur et usager de cette liberté d'expression. D'un commentaire, vous feriez en somme deux coups … Je ne vous suivrai pas en cela et ce piège dialectique que vous tendez et où sombrent déjà plus d'un commentateur naïf et même d'autres plus avertis pourtant ne grandit pas votre écriture ainsi que votre pensée.

Je n'ai rien à dire de cette affaire pas plus que quiconque d'ailleurs sauf s'il y est partie … Juste rappeler que l'accusé nie les faits et que dans ce dossier comme dans nombre d'affaires de la sorte, c'est parole de l'un(e) contre celle de l'autre. Juste rappeler également que le Parquet a formulé à la fin de l'instruction une demande de non-lieu, estimant que les charges étaient insuffisantes pour pouvoir renvoyer en jugement. L'Instruction a vu ces mêmes charges autrement; d'où le renvoi … La Chambre d'accusation aura sans doute à se prononcer. Si cette affaire est intéressante pour le public et notamment celui féru de Droit, c'est uniquement à cet endroit … Qu'en aurait-il été de cela dans le cas du système accusatoire dont le débat est encore à l'ordre du jour? Plus de juge d'instruction et cette affaire était déjà oubliée … Si l'on considère les protagonistes de celle-ci, notamment le père de ces directement concernés, l'on pourrait poser la question plus que pertinente de la réelle -ou non- indépendance face au Pouvoir politique de ce nouveau Parquet menant seul et l'accusation et l'enquête et le renvoi ou non devant une juridiction de jugement. Où l'on voit bien aujourd'hui que dans les faits, l'indépendance du Parquet est davantage soutenue voire stimulée par la présence du magistrat instructeur tel qu'il est institué et dans le même temps, la menace -menace réelle et grave- quant aux libertés individuelles que pourrait plus que jamais constituer un Parquet indépendant tel qu'actuellement souhaité (notamment par vous, par exemple …) est contenue par ce même magistrat du Siège.

François Morel écrit et dit ce qu'il veut, c'est son choix … La liberté que tous ont de le poursuivre ou non en diffamation existe pareillement et est à la portée de qui se sentira concerné. La règle commune aux médias que vous appelez de vos voeux est précisément celle fixée par la loi. En ne la citant pas expressément, vous invoquez et proposez une sorte d'auto-censure à ceux-là et ce, on peut le comprendre, en vos qualité et droit d'auditeur d'une radio publique vous appartenant ainsi qu'à tous puisque précisément publique … Cependant, vos droit et liberté en cette chose se heurteront inévitablement à ceux non moins légitimes et contraires en leurs choix d'autres auditeurs et de cela vous ne saurez faire abstraction. Il n'y a pas d'issue à ce débat forcément conflictuel. Une attitude par contre: allumer ou éteindre son poste de radio ou de télévision. Ne nuisant alors en rien au droit et à la liberté d'expression de chacun, chacun conservera la sienne et ne la compromettra pas … Votre espérance de sorte de règle commune est là et uniquement là: votre volonté -et liberté- de choisir.


Aïssa.

Vincent D

J'ai ressenti la même chose que vous à l'écoute de cette chronique, dont je n'ai d'ailleurs écouté que le début tant je n'avais pas envie de salir ma matinée avec des propos qui agressent mon esprit.

J'ai été moi-même fort surpris par le choix de ce sujet lamentable par Morel dont j'écoute occasionnellement les billets et qui m'avait habitué à plus d'élégance.

Villiers n'est pas de mon clan, pas de ma race comme dirait l'autre, mais j'ai toujours su lui reconnaître une légitimité politique et une dignité. Oui il défend des idées dans lesquelles je me reconnais peu, mais ces idées ne sont pas haineuses, elles représentent quelque chose de la France, elles ont une origine, une histoire et je respecte mes concitoyens qui les partagent.

Je suis attristé que les Français se haïssent à ce point qu'ils sont incapables de comprendre l'autre. De comprendre pourquoi un ouvrier des années 30 a cru dans le communisme, pourquoi un petit vieux de Villiers-le-Bel écoute les sirènes du FN, pourquoi un patron de PME aimerait moins de fonctionnaires ou pourquoi une composante rurale et chrétienne a suivi de Villiers.

Toutes ces choses existent, toutes ces idées sont respectables, il n'y a ni gentils, ni méchants, il y a des gens qui sont confrontés à des univers différents mais à qui beaucoup de commentateurs parisiens-de-gauche expliquent quotidiennement que leurs idées sont risibles et leurs préoccupations illégitimes.

Au sujet de Villiers et du rire qu'il inspire, je l'analyse comme un vieux conflit entre urbain et rural, deux univers qui ne se sont jamais parlé, jamais compris, qui croient chacun représenter la vraie France alors que la nation retrouverait une partie de son unité si chacun comprenait qu'il a la même histoire que l'autre.

Et pour conclure, cette attaque était d'autant plus déplacée à mon sens que Villiers a annoncé il y a peu souffrir d'un grave cancer à l'oeil qui devait l'éloigner de la vie publique.

Morel n'a pas tiré sur un politique ringard et fier de l'être, il a bombardé au napalm un convoi de réfugiés apatrides.

Savonarole

Les monstrueuses gargouilles de Notre-Dame de Paris évoquent ces sycophantes qui, dès le matin sur nos ondes, vomissent tripes et boyaux.
Dans ce statuaire de l'horreur c'est la Stryge qui est la plus impressionnante.
Cet espèce de bouc diabolique est accoudé et regarde Paris en tirant la langue.
De l'Art Grotesque des romains à la céramique japonaise et jusqu'à Jérôme Bosch, c'est France Inter qui offre la plus grande diversité du "vulgaire", désormais valeur sûre de l'audimat.
Service Public oblige.
Quant à cette malheureuse famille vendéenne, on aurait pu souhaiter qu'après des siècles d'immersion dans les bénitiers, elle aurait pu se construire une autre "tenue" dans l'existence. Lamentable.

L'expression galvaudée "bûcher des vanités" a encore sa signification...

Jean Reffait

Monsieur,
Je ne connais pas François Morel et, à vous lire, je n'en éprouve pas de regrets.
Je ne connais pas davantage Monsieur Philippe de Villiers, si ce n'est en tant qu'homme politique à qui ses cordes vocales interdisent tout avenir au-delà des échelons locaux.
Mais je connais les devoirs qui s'imposent à tout citoyen face au malheur, quel qu'il soit, qui frappe son semblable, dans une société où nul n'est sans reproche. Les ai-je toujours bien respectés, comme me voici en train de prêcher en faveur de leur respect ? Sûrement pas. Ma seule consolation c'est d'appartenir à cette "pâte humaine" qui n'est pas plus abordable par un flanc que par l'autre.
Que M. de Villiers soit à droite, ce n'est pas mon affaire. Il est catholique et j'espère que, si sa foi est sincère, elle l'aide dans ces difficiles instants. Qu'il soit à Droite et même plus que cela ne m'importe pas. Je combats ses idées mais certainement pas un homme, tout aussi respectable que s'il était de mon bord politique. En tant que Breton de "tendance 4 Août", je n'aime guère la Chouannerie en tant que situation historique mais, là aussi, j'en respecte les acteurs et ceux qui sont morts pour elle, comme les "Bleus" qui étaient en face. Hoche fait partie de mon patrimoine national comme La Rochejacquelein et les deux sont le patrimoine commun de M. de Villiers et de moi-même.
Autant dire que les malheurs de la famille de Villiers me paraissent très au-delà de ce que l'"humoriste" dont vous faites le titre de votre présent billet est capable de faire en termes de nuisance.

J'espère pour cette famille que les valeurs spirituelles dont elle se réclame l'aideront à mettre fin à toute forme de haine et de rancune.
Je sais que cela n'est pas facile. Mais il ne faut jamais y renoncer.

Certains de vos commentateurs suent cette haine (cela vaut pour d'autres commentaires que ceux provoqués par ce billet). Pensent-ils "faire mouche" plus aisément ainsi ? Satisfont-ils leur "moi" démesuré qui ne s'en prend qu'au "moi" des autres ?

J'éprouve de la compassion envers M. de Villiers et les siens. Je sais que le terme est peu apprécié. J'en éprouve, d'une autre manière, pour ce François Morel que je ne connais pas, car il fait du mal, sans peut-être l'identifier comme tel. C'est devenu une telle habitude pour lui et pour tant d'autres...

Le gangréneux s'habitue à l'odeur de son pansement.
Ainsi de notre société.

Ne peut-on laisser les gens vivre et mourir tranquillement ?

Ludovic

Bonjour M. Bilger

Bien entendu je n'approuve pas l'attaque ad hominem qui frappe Philippe de Villiers.
Cependant je dois reconnaître que la nouvelle du renvoi de Guillaume de Villiers devant les assises pour le viol d'un de ses frères m'a fait sourire.
Allez savoir pourquoi j'ai immédiatement pensé à Michel Galabru dans le rôle du président Simon Charrier dans "la Cage aux folles".
Philippe de Villiers, grand défenseur de l'ordre moral et des valeurs familiales, se retrouve dans le rôle de l'arroseur arrosé, et au regard de ses déclarations passées, il est difficile de ne pas relever l'ironie du sort.
Par ailleurs, Philippe de Villiers n'a jamais épargné ses adversaires politiques et il n'est pas exempt d'attaques personnelles. Puisque vous semblez l'avoir oublié un peu vite, je vous rappelle que lors de l'université d'été du Mouvement Pour la France de septembre 2008, l'agité du bocage à propos de la "taxe pique-nique" avait déclaré à la tribune: "Borloo, il s'en fout (de la taxe sur les gobelets en plastique), lui, il boit au goulot". Des propos d'une rare élégance, vous en conviendrez.

Pierre

Philippe, il y a quelque temps déjà que je lis régulièrement vos chroniques. Tranchant avec l'instinct de certitude qui prime dans de nombreux articles de commentaires politiques et sociétaux, j'y retrouve un soupçon d'humanité et de tempérance qui donne tout son poids à l'argumentaire et à l'analyse.
Cependant, au-delà de l'analyse, il est permis de laisser sa "réaction" s'exprimer et devant ce billet, je ressens cette insupportable tyrannie des donneurs de leçons de France Inter, les seuls apparemment légitimes à porter les valeurs morales de ce pays... une forme sournoise d'un certain totalitarisme.
Bref, entièrement d'accord avec votre « réaction » à la chronique de Morel. Elle est faible, déplacée, et si peu "impertinente" en fait. Il aurait été vraiment impertinent s'il était sorti du rôle convenu de moraliste laïc et soi-disant républicain, juste en étonnant son public par un peu de fraîcheur, même de gauche !

Jack

Enfin ! des remarques de qualité sur la non-qualité de deux humoristes de France Inter dans certaines interventions : exemples, la diatribe de Monsieur Morel à l'encontre de la famille de Villiers (un verdict 'fourre-tout' général, expéditif, un navrant amalgame, avant que la 'vraie' justice se soit prononcée sur des points précis). Je pense aussi à la charge sulfureuse de Monsieur Guillon à l'encontre de DSK ou M. Besson. Pas plus habile et inutilement blessante. S'agit-il désormais d'une forme d'humour (au-delà du caustique) que l'on devrait accepter sans sourciller ?

olivier seutet

Hier au Grand Journal de Canal+ Nicolas Demorand s’est fait une gloire de ne jamais avoir lu préalablement un mot des interventions de ses « humoristes » pendant la matinale de France Inter. Il déplorait du coup une vulgarité de Didier Porte sur Fillon et Sarkozy ; il s’est abstenu de commenter le lynchage permanent de Besson et Zemmour par Stéphane Guillon ; il aurait été intéressant de connaître sa réaction sur la chronique de François Morel à propos de la famille Villiers.
L’attitude autoproclamée que la liberté de penser passe par une liberté d’expression sans limites (sinon celles de la sanction de l’écoute) est difficilement acceptable pour au moins deux raisons :
- L’animateur (Demorand en l’espèce) est dans l’esprit de l’auditeur une sorte de rédacteur en chef ; ce qu’il laisse dire au nom d’une anarchie libératrice est de facto sous sa responsabilité ; qu’il refuse d’assumer ses devoirs me paraît poser problème ;
- Le droit de réponse est complètement inapplicable dans le cas de la famille de Villiers (que dire face à l’indécence?) , ou dans le cas de Fillon-Sarkozy (que répondre à des grossièretés ?) ; il est difficilement exerçable pour Besson ou Zemmour (ce ne serait qu’une occasion de répéter le lynchage).
Beaucoup de plaignent des infamies pouvant être répandues sur leur compte sur internet ; au moins faut-il que l’internaute aille les chercher ; dans la presse écrite, la radio ou la télévision les calomnies ou les rumeurs sont balancées de force au public (sauf à fermer les yeux et à se boucher les oreilles) . De toute évidence le véritable problème devient l’absence complète de contrôle (de censure, osons le mot) puis de sanction (de punition par la suspension du droit de communiquer) des rédacteurs, rédacteurs en chef sur leurs journalistes, et en particulier sur leurs « humoristes ». Que des zozos disent des horreurs est inévitable, que des responsables ne les blâment que du bout des lèvres est une absence de courage.

Jiel

Cher Philippe, c'est la première fois que vous me mettez autant dans l'embarras.
D'un côté, je reconnais mot par mot la justesse de ce que vous dites dans ce cas précis, de l'autre, je voudrais souligner ce que vous ne dites pas et qui nuance votre attaque contre François Morel.
D'abord sur Philippe de Villiers. Malgré ses outrances, ses convictions stables et enracinées, souvent proches des miennes en font à mes yeux un personnage respectable du paysage politique de camelots-girouettes qui tiennent le devant de la scène. Mais il n'a pas pu vous échapper que "notre Philippe" comme l'appelle affectueusement un grande majorité de vendéens, a mis au cœur de son discours la vertu familiale, les bons principes d'éducation, un masque de père-la-rigueur et que sa famille est celle où on s'attendait le moins à apprendre qu'il y avait de curieuses PRÉTENDUES affaires de mœurs. Ah, si ça avait frappé une famille recomposée de soixante-huitards attardés... La famille n'a rien vu venir ? le pater familias n'a pas pris les mesures préventives au premier pressentiment de déviance ? Je ne le sais...
Mais Philippe, connaissez-vous de bonne foi un seul de nos humoristes qui ne se serait pas rué sur le gag éternel de l'arroseur arrosé ?
Comme le style assez particulier et hautain de notre baron n'attire pas la clémence chez tous, François Morel est allé très et trop loin dans cette chronique. Il a vidé un sac de haine qui devait se remplir depuis un moment.

Je pense en revanche que vous auriez tort de juger François Morel sur ce seul billet. D'abord il y a ce système affligeant développé maintenant par les radios. Pour parler de France Inter, la surenchère devient insupportable entre Guillon, Porte et Morel, chacun étant chargé de scandaliser davantage cette semaine que la dernière, puisque le public en redemande (voir les hit-parades des podcasts). Hees et Val en patrons-suiveurs semblent bien falots. Ils vont comme tous les faibles taper du poing sur la table pour les grilles de septembre au lieu de gérer leurs affaires au jour le jour !
Je me demande souvent ce que fait François Morel dans cette galère. Quand il m'arrive de l'écouter, je me dis que cet homme peut être excellent dans la fibre "gentille" et mauvais dans la fibre "méchante". Peut-être est-ce un vrai "gentil" ?

Comme Hub l'a signalé, la chronique "petit curé", il y a quelques semaines était un modèle d'humanité émouvante. Je l'ai signalée à plusieurs amis. Et en plus elle était courageuse, puisque s'écartant de la curée anticléricale bien-pensante qui est le pain quotidien de Radio France. Je ne pourrais pas condamner en bloc un humoriste qui a prononcé sur France Inter ces quatre minutes de bon sens bienveillant.

Tous sont pareils, les "guignols", Canteloup : parfois drôles, parfois pas. Mais qui est bon tous les jours ? Donc pour éviter les "dérapages", une seule solution : renvoyer les amuseurs publics dans les cabarets de chansonniers ! Qui y est favorable ?

Jibitou

"Certains se souviennent, je l'ai déjà rappelé ici, de ce cardinal Daniélou, grand pourfendeur du délitement des moeurs, retrouvé mort entre les bras d'une prostituée."

Retrouvé mort chez une prostituée, ce qui est un peu différent. Jésus aussi a dénoncé le délitement des mœurs de son époque, cela ne l'a pas empêché de côtoyer des prostitués.

Achille

Bonjour Philippe Bilger,

Je vous l’avoue avec un peu de confusion, je suis un fervent auditeur des chroniques de François Morel ainsi bien sûr que de celles de ses compagnons d’antenne : Didier Porte et Stéphane Guillon.

Ces trois humoristes sont plutôt décapants et apportent une touche de dérision au monde politique, qui en a souvent besoin mais l’accepte assez mal, ainsi qu’on a pu le constater à plusieurs reprises, notamment avec les rubriques de Stéphane Guillon...

Mais concernant la rubrique que vous citez dans votre billet, je dois bien reconnaître que François Morel a franchi la ligne qui sépare l’humour de la méchanceté.

A force de surfer ainsi entre l’ironie et la provocation, voire le ressentiment, il arrive parfois qu’un humoriste se trompe de cible. Son rôle est de faire rire ou sourire mais il ne doit pas blesser en s’en prenant notamment à la vie privée de celui à qui il a consacré sa chronique.

Je pense pourtant que François Morel n’est pas un méchant au sens ou vous l’entendez. Il a commis un écart, c’est sûr.

Accordons donc, si vous le voulez bien, monsieur l’Avocat Général, à François Morel qui d’habitude est un excellent humoriste, une peine avec sursis... Mais qu’il n’y revienne pas.

Jean-Dominique Reffait

C'est un peu plus compliqué que ce que vous écrivez.
Ce billet de Morel ne prétendait pas à l'humour : il sait en manier les ressorts et n'en a utilisé aucun pour cette chronique.
Son propos n'est pas non plus de se payer un catho : comme il a été écrit, Morel a fait dernièrement une très jolie chronique sur "un petit curé", rejetant les amalgames.
Il dénonce, à tort ou à raison, le décalage qu'il peut y avoir entre un discours moralisateur d'un côté et la réalité moins flatteuse. Certains se souviennent, je l'ai déjà rappelé ici, de ce cardinal Daniélou, grand pourfendeur du délitement des moeurs, retrouvé mort entre les bras d'une prostituée.

Pour bénéficier de l'indulgence des autres, il faut avoir fait soi-même preuve d'indulgence et ne pas s'être livré à la condamnation sans rémission de comportements que l'on peut, par malheur, être amené à croiser dans sa propre vie. Il faut, comme on dit, avoir le nez propre. Philippe de Villiers, qui ne m'est pas antipathique pour autant, s'est longtemps confiné dans le rôle du chef chouan prônant une rigueur stricte des moeurs. Hélas, la porte lui revient dans la figure.

Je suis, par nature, solidaire des ambulances. J'imagine le désarroi de la famille Villiers face à cette déchirure familiale. Désarroi d'autant plus grand que Philippe de Villiers pouvait s'estimer à l'abri de ce genre de choses quand il pensait avoir donné à ses enfants la meilleure éducation qui soit. Sûr de son fait, trop sûr, il s'est exonéré de l'indulgence élémentaire dont il ne croyait pas devoir un jour avoir besoin.

Comme d'un mauvais prof qui vous a cassé les pieds, Morel s'est vengé au premier faux pas : réaction puérile. Villiers s'est trop lourdement trompé pour qu'il soit permis de s'en gausser. Tartuffe ne croyait pas ce qu'il disait, Villiers y croyait trop.

Jibitou

Merci pour votre billet dont je rejoins l'analyse.

Trois choses me gênent particulièrement dans le chronique de F. Morel :
- établir un lien entre des choses qui n'ont pas grand-chose à voir (que vient faire l'attitude de P. de Villiers avant ou pendant la tempête Xynthia avec cet événement familial ?)
- laisser accroire que P. de Villiers est responsable directement de ce qui s'est passé entre ses enfants (que ce soit le viol ou la calomnie, ou les deux)
- la façon insidieuse de dénigrer des valeurs générales à partir de faits particuliers : P. de Villiers défend la famille, il s'est passé quelque chose d'ignoble dans sa famille, donc la valeur famille, c'est du pipeau (cqfd)

Il me semble que Jean-Luc Hess devrait présenter, si ce n'est déjà fait, ses excuses à la famille de Villiers.

Jibitou, http://www.catholique-aujourdhui.fr

Laurent Dingli

Un très bel article, mon cher Philippe. Ce personnage est en effet absolument méprisable.

Marie

Jalousie peut-être parce qu'aucun lien avec la famille "Morel-De Villiers" ?

Je ne connais pas ce monsieur, je n'écoute pas les "comiques" d'aujourd'hui, qui me "rasent" et que je trouve vulgaires...

Il paraît qu'il aurait prêté sa voix au personnage de Ran Tan Plan... !

Et qu'il aurait une maîtrise de l'être... !

Marie

C'est la seconde fois que je me rends sur le site de Madame Royal et que l'on peut... vous y lire !

Marie

A ce sujet la vidéo sur :

http://www.dailymotion.com/video/xdgvmz_moliere-notre-contemporain_fun

Véronique Raffeneau

Philippe, je suis totalement d'accord avec tous les mots, toutes les virgules, tout de votre billet.

Maintenant, pourquoi attendre Jean-Luc Hees pour contester et répliquer ?

Les personnes présentes dans le studio ce matin-là pouvaient et devaient le faire.

Erig le Brun de La Bouëxière

Faut-il s'étonner de cette odeur de vomi, venue de celui qui a fait les "Deschiens" ? Qu'y avait-il déjà de plus bas, de plus mauvais, de plus méprisant ? Qu'aurait-on dit à l'époque si la population moquée sur le même mode avait été plus bronzée ?
Mais les petits procureurs staliniens de la bien-pensance audiovisuelle n'ont pas d'autre cible que leur peuple, et ceux qui lui sont attachés.
Rappelez-vous le premier édito de l'inénarrable Benamou dans son torchon "Globe" : "Parce que rien ne nous est plus odieux que tout ce qui sent le franchouillard : les bourrées, binious..."
La haine, c'est toujours pour les autres.

jpledun

C'est accablant en effet.

Ce qui m'étonne quand même á chaque fois, c'est que sont les mêmes qui dénoncent, avec raison, M. Le Pen, ses dérapages, ses exagérations, ses mensonges, qui se mettent au même niveau que celui-ci.

Pour beaucoup de Français, les chroniques de ces messieurs sont bible et pain béni.

"Plus c'est méchant au mieux ma journée sera !" disent-ils.
Et fort de cette réflexion, de conclure : « ça c'est de l'humour ! »

Ceci étant dit, M. Morel est un excellent acteur comique de scène.
Mais ce n'est pas le sujet.

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