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28 juillet 2010

Commentaires

Luc Nemeth

@thierry bruno

Votre remarque selon laquelle celle d'Aïssa donnerait "une image peu reluisante de la justice", et ce au motif que cette dernière est sensible à ce que vous appelez "le tapage médiatique", me paraît prisonnière du mythe de l'impossible impartialité.
Laissons de côté, par égard envers celui qui a affiché ci-dessous mon commentaire, tout ce qui peut concerner la partialité délibérée des magistrats, pour peu que la raison d'Etat soit en jeu...
Mais il y a aussi quelque chose de plus simple - et qui me paraît avoir été assez parfaitement exposé par Sébastien Faure (que je cite de mémoire) en... 1899, lorsque se trouva posée la question de la cassation du procès Dreyfus, et que nombreux étaient ceux qui restaient muets à attendre la décision qui allait être prise : "les juges de cassation ne sont pas, ils ne peuvent pas être indifférents aux bruits du dehors".

Catherine JACOB@Luc Nemeth

@ Luc Nemeth | 29 juillet 2010 à 12:46
«ainsi la pharmacie où eut lieu le double crime imputé à Pierre Goldman devient-elle, p. 71, un... magasin de lingerie (la volonté de nuisance, se fait ici volonté de nuisette);»

Hum ! Pour que la substitution puisse jouer il conviendrait sans doute qu'il y ait une volonté de nuire délibérée qui tenterait de se présenter de façon atténuée, j'imagine. Ceci étant, la lingerie ne se compose pas que de nuisettes...

«et auxquels on ose au moins espérer que madame Anissimov refuserait, le cas échéant, de tendre une patte molle.»

Une pâte molle? Quelle horreur ! Blague à part c'est vrai qu'une poignée de main sans énergie laisse une impression assez désagréable et, peut-être à tort, de manque de franchise. Personnellement, je préfère toutefois l'inclinaison de tête qui ne présente pas le même risque de contamination par toutes sortes de bactéries...

«Pour le reste on s'étonne d'avoir à rappeler que Pierre Goldman avait aussi ses défauts. Parmi ceux-ci figurait sans doute un tic de comportement très répandu dans le milieu des "organisations politiques" (trotskistes, mais pas seulement) et qui consiste à vouloir ne rien devoir à personne.»

Donc, pas le même profil que Banier auquel un don important aurait été fait dans la foulée du décès d'André Bettencourt par, incontestablement, une épouse en deuil, ce qui est une vulnérabilité intrinsèque, et à propos duquel on a appris ce matin qu'il serait notamment bénéficiaire de deux assurances-Vie de 200 millions d'euros chacune.

Denis Monod-Broca

@ Pierre-Antoine

Merci pour la citation de St-Paul. Elle se vérifie malheureusement tous les jours. Nous faisons le mal avec les meilleures intentions du monde. C'est désespérant mais ce n'est pas une raison pour perdre espoir.

Véronique Raffeneau

@ Pierre-Antoine

Honnêtement, je pense que pour qui prend la peine de lire les articles de presse que j'ai mentionnés dans mon post il est évident que l'enjeu des procès de Pierre Goldman allait bien au-delà de celui de la manifestation de la vérité.

Quand je parle d'une génération je crois qu'on peut également y inclure celle d'une magistrature post 68.

Si vous le pouvez, lisez les pages que Pierre Goldman consacre à son procès dans "Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France" (p.261 – p.311).

Je veux bien trente ans plus tard n’être qu’une lectrice orientée par le billet de Philippe, mais bon je "ressens" quand même l'empathie - appuyée - du président Braunchweig et de l'avocat général Langlois pour l'accusé Pierre Goldman.

Sans parler de la présence de Simone Signoret rejouant dans la cour d'assises la scène de Casque d'or spectatrice muette de l'exécution de Manda...

Sans parler du défaut de procédure ayant entraîné la cassation du premier procès : l'absence d'une date sur un PV ayant trait aux débats lors du premier procès d'assises...

Et puis, pour le médiatiquement et l'intellectuellement dominant du moment - Libération, Le Monde - des jurés assassins en première instance, des jurés justes en second procès...


Enfin, dans ma série "que sont-ils devenus ?" je ne résiste pas à mentionner pour Philippe Bilger l’extrait du chapitre que la Commissaire Leclerc - policier chargé de l’affaire du boulevard Richard-Lenoir - consacre à Pierre Goldman dans son livre de souvenirs "De l'Antigang à la Criminelle" :

"Je retiens de ce jour (les obsèques de Pierre Goldman) l'émotion sincère de deux qui l'aimaient, la dignité de ceux qui le croyaient coupable malgré tout, et l'épitaphe que lui avait ciselé Bernard Kouchner avant la cérémonie : "Pierre tu étais dans notre génération et au-devant d'elle, et tu le demeureras". Le voyou était devenu un objet de culte."

B. Kouchner est devenu ministre de... Nicolas Sarkozy.

Maintenant, en rapport avec votre observation.

En rapide, ce qui aujourd'hui pourrait distinguer à mon avis un avocat général Langlois d'un procureur Courroye ce pourrait être chez le second une notion assez floue du sens de l'honneur, et une aptitude assez développée à une forme de cynisme. En ce sens le label procureur Courroye est aussi pour moi le produit d’une génération. Celle des années 80.

Clafoutis

Quelle idée bizarre de nous balancer Pierre Goldman en amuse-gueule !
Pourquoi pas la bande à Bonnot ?
Ou Cartouche ?
Pour nous faire oublier la bonne Liliane et ses prédateurs ?
Il est vrai qu'elle inspire moins la pitié que les deux pharmaciennes. Ou que Pierre G. assassiné (par des truands dites-vous, que l'on n'a pas identifiés ? Comme Boulin s'est suicidé ?).
Mais jugé innocent. JUGÉ, M. Bilger, jugé.

Il est vrai aussi que la grande Liliane n'a pas besoin de P38 (même spécial) pour extorquer de la petite monnaie au bon peuple : il lui suffit de planquer ses revenus et ses biens, avec l'aide de spécialistes et de la législation - qui est très bonne fille (et que l'on peut toujours améliorer : la fiducie est maintenant accessible aux personnes physiques - lisez le blog de M. G. Moréas). Merci qui ?

Au bon peuple, cet infâme profiteur avec ses prétendus avantages acquis - peut-on imaginer une telle outrecuidance ?, de se colleter avec le fameux déficit. L'huile première pression à froid est la meilleure. Mais on peut faire une deuxième pression - et chauffer les résidus si nécessaire : c'est encore un corps gras qui sourd.

Allons, on peut ainsi encore poursuivre la partie de poker entre amis : les découverts seront comblés par un petit tour de vis sur le dos du petit personnel.
En attendant amusons-le avec l'ignoble Pierre Goldman, coupable bien qu'innocenté.

thierry bruno

Encore à côté de la plaque, Aïssa. Il ne me semble pas que P. Bilger dise que Goldman est coupable après avoir lu ce roman mais qu'après cette lecture, cela lui permet de rappeler quelque chose qui donne une image peu reluisante de la justice : avec un excellent tapage médiatique, on peut influencer une cour dans un sens ou dans l'autre. Selon P. Bilger, Goldman était coupable, toutes les preuves étaient là et pourtant il a été innocenté. Pour avoir vu des reportages sur ces faits, j'avais aussi de sérieux doutes sur l'innocence de cet individu, mais ce n'est qu'une impression personnelle. Je pense que P. Bilger est suffisamment expert de la chose judiciaire pour que son propos nous interpelle sans polémique et surtout sans vos lourdes diatribes habituelles qui tournent en rond.

Luc Nemeth

Contrairement à ce que tente ici de faire croire le nommé Bilger le (très mauvais livre) de ce Perrut n'est qu'un poussif remake de celui commis par une merdignoble nommée Anissimov peu auparavant : on voit donc mal pourquoi la critique... littéraire lui aurait accordé la moindre attention. Mais bon, puisque la "critique littéraire" intéresse tellement le nommé Bilger : je lui envoie copie de celle que j'avais en son temps adressée c/o Les Temps modernes à Claude Lanzmann, qui se garda bien de la publier, et même, d'accuser réception...

L. Nemeth, Docteur en Histoire contemporaine

- copie au Monde
- copie à Jean-Jacques Goldman, bien cordialement
- copie et pour sa honte au "Musée d'art et d'histoire du judaïsme", qui dans sa boutique, diffuse le livre de la merdignoble Anissimov

* * * *

- Myriam ANISSIMOV, Vie et mort de Samuel Rozowski, Denoël, 2007

L'auteur s'était déjà signalée pour avoir procédé, dans sa biographie de Primo Levi, à des emprunts mal signalés, et pour y avoir commis des bourdes qui témoignaient de surprenantes lacunes sur le plan historien. Mais c'est à un comportement d'une toute autre gravité qu'il nous est ici donné d'assister avec un ouvrage dont c'est jusqu'au titre, qui atteste le caractère louche. Sachant que la mort occupe ici moins d'une page (pp. 226-227) elle n'est présentée que comme étant la conséquence logique, d'une "vie", elle-même présentée d'une manière qui appelle peu de commentaires. Pour l'essentiel en effet on est ici devant un florilège des deux précédents ouvrages hostiles à Pierre Goldman (Prazan, Casubolo) ; à ceci près, que là où leurs auteurs faisaient mine de garder quelque "'dignité'", madame Anissimov bave en toute insanité. Tout au plus lui concèdera-t-on la semi-franchise avec laquelle elle se présente, p. 226, comme une amoureuse éconduite. D'où les incongruités qui en découlent : ainsi la pharmacie où eut lieu le double crime imputé à Pierre Goldman devient-elle, p. 71, un... magasin de lingerie (la volonté de nuisance, se fait ici volonté de nuisette) ; quant à l'épouse de Pierre elle n'est évoquée, p. 143, que sous un angle gynécologique, ordurier, et dont on aimerait être sûr qu'il est dépourvu de toute considération ethnique (rappelons que Pierre avait épousé une originaire de la Guadeloupe).
L'existence d'un contentieux affectif n'est pas seule en cause toutefois dans ce ricanement, qui en page 214 prend même des accents céliniens ("Il s'en sortait toujours d'une façon ou d'une autre par une pirouette, Rozowski"), et dans lequel -même si madame Anissimov devait s'en défendre avec la dernière énergie- les antisémites feront leur miel de plus d'un passage : celui (pp. 146-150) où cette ânissime se pose en bienfaitrice-mal-récompensée de la mère de Pierre, est à cet égard un modèle du genre. Mais hélas force est de constater que ce livre exprime assez fidèlement l'idéologie qui est aujourd'hui de mise dans un certain milieu juif où l'on n'hésite pas à faire cause commune avec la pire réaction, du moment qu'il y a moyen de brûler ce que l'on avait adoré, et de virer sans cesse plus à droite -à la limite de la déréliction. Incroyable, mais vrai : il n'y a pas une seule page consacrée à l'engagement politique de Pierre, dans ce livre qui est supposé nous parler de lui. Mais à la limite, ici peu importe, car très vite apparaît que c'est avec son propre passé, que l'auteur tente ici de régler un mauvais compte. Un passé, où être de gauche voire d'extrême gauche impliquait moins une critique radicale de l'ordre existant (mai 1968 aura clairement à cet égard marqué un tournant) que l'adhésion à des "causes", qui furent autant d'événements-fondateurs. Le soutien à Pierre Goldman (qui même s'il date d'après 1968, héritait de cette culture de l'avant) ayant été, ô combien, l'une de ces causes : ce serait providentiel, pour Anissimov et consorts, si Pierre pouvait nous avoir trompés -et nous, nous être dramatiquement trompés ! Le plus affligeant est que madame Anissimov est sûrement très persuadée de faire oeuvre originale là où elle ne fait en réalité qu'emboîter le pas à ce qui se pratique depuis maintenant des décennies dans ces mêmes milieux aux Etats-Unis vis-à-vis de l'affaire Sacco et Vanzetti, des époux Rosenberg, voire de la guerre d'Espagne.
Si originalité il y a, ce n'est pas du côté de Guignol, où risquait de nous entraîner l'enfance lyonnaise de l'auteur, mais bel et bien du côté du grand-guignol. Car enfin on peine à garder son sérieux, p. 242, là où il est question de l'inhumation définitive de Pierre : "François Lalou, se penchant vers moi, murmura avec une sorte d'amusement : "Décidément il nous aura fait marcher jusqu'au bout" (si tant est que la mémoire de Pierre est au-dessus de ces p...attes de mouche on se prend tout de même à penser que les histoires juives ne sont décidément pas très drôles, par les temps qui courent). Encore aimerait-on être sûrs que la judéité ici mise en avant s'appuie sur des convictions et ne vise pas à caresser dans le sens du poil une certaine catégorie de lecteurs, comme en p. 214 où l'on apprend que Pierre aurait déclaré à un juge, en prison, être favorable à des résolutions de l'ONU qui alors "pleuvaient sur Israël". Rien de trop grave en vérité quand on sait (mais madame Anissimov omet de le préciser) que ces résolutions condamnaient une Occupation qui en Palestine dure depuis maintenant quarante ans. Mais ce n'en est pas moins une présentation malhonnête quand on sait les homériques discussions qui toujours opposèrent Pierre aux membres de la rédaction de "Libération", chaque fois qu'il était question du Moyen-Orient.
Incidemment aussi on est amené à constater que la bourgeoisie a depuis longtemps cessé de respecter, vis-à-vis de l'extrême gauche, les plus élémentaires règles de loyauté, et les lois qui sanctionnent la diffamation. Car enfin s'il s'était agi d'un militant d'extrême droite les éditions Denoël, outre qu'elles auraient refusé ce (très médiocre) manuscrit, n'auraient pas publié une phrase telle que celle-ci, p. 210, concernant Pierre Goldman en prison : "Il aurait voulu être un Juif profondément pieux le vendredi soir, et un tueur impitoyable le reste de la semaine". Madame Anissimov a bien de la chance de pouvoir lire ainsi dans le cerveau des gens.... (que soit permis de rappeler, et en s'appuyant sur les deux livres hostiles déjà ici mentionnés : 1) que Pierre n'a jamais tué qui que ce soit ; 2) et que, outre qu'il n'avait pas l'âme d'un mercenaire, sa conception de la délinquance l'opposait en tous points, au grand banditisme). Mais on ne se débarrassera pas si facilement de ce qui suit. Celles et ceux qui connurent Pierre, même si ce fut en d'autres lieux et en d'autres circonstances, peuvent attester qu'avec lui ce n'était pas seulement "le vendredi soir" mais toute la semaine qu'ils avaient tout à craindre, ces nazillons qui firent par la suite une belle carrière ministérielle ; que même une ancienne déportée trouva très fréquentables, sitôt qu'ils firent partie de ses amis politiques ; et auxquels on ose au moins espérer que madame Anissimov refuserait, le cas échéant, de tendre une patte molle.
Pour le reste on s'étonne d'avoir à rappeler que Pierre Goldman avait aussi ses défauts. Parmi ceux-ci figurait sans doute un tic de comportement très répandu dans le milieu des "organisations politiques" (trotskistes, mais pas seulement) et qui consiste à vouloir ne rien devoir à personne. Que madame Anissimov ait été sincèrement éprouvée, par ce qu'elle aura interprété comme un comportement d'ingratitude, on veut bien le croire. Mais cela ne saurait en aucun cas justifier, ce qu'il faut bien appeler : une basse besogne.

Pierre-Antoine

@Denis Monod-Broca
"nous ne sommes ni intrinsèquement bons ni intrinsèquement mauvais."

Si seulement c'était vrai !

J'imagine qu'un peu de levain faisant lever toute la pâte, il ne faut pas grand-chose dans le coeur de l'homme, malgré ses "bonnes intentions" à le rendre mauvais.

Comme le disait l'apôtre Paul "Je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire en l’être faible que je suis. Certes, le désir de faire le bien existe en moi, mais non la capacité de l’accomplir. En effet, je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas..." (Lettre aux Romains ch7:18,19)

Je reprendrai ce que vous avez écrit en conclusion en disant : "Nous sommes intrinsèquement bons dans l'intention et hélas mauvais dans les résultats".

Mais il y a de l'espoir !

Cordialement

Pierre-Antoine

Pierre-Antoine

@Véronique Raffeneau
"A leur lecture, on se rend compte vraiment de l'ambiance de l'époque et de cette drôle de justice agissant sous pression médiatique et idéologique. "

Ouf, heureusement que ce n'est plus le cas aujourd'hui.

De quoi ? que dites-vous ? non... cela ne peut pas être ! Impossible, pas dans une démocratie du XXIème siècle, encore moins avec la qualité des médias que nous avons !

Cordialement

Pierre-Antoine

Achille

« Il était inconcevable, pour la cause, que Pierre Goldman ait pu accomplir cela, être un homme capable de cela ! »

Je ne sais pas de quelle « cause » vous parlez, mais il est certain que lorsqu’on connaît J-J Goldman, son talent et son investissement dans les causes humanitaires, on a du mal à imaginer que son frère puisque être capable de telles ignominies.

Alors le fait d’avoir eu un père résistant (juif ou pas, cela n’a pas vraiment d’importance... enfin je suppose) est-il un sauf-conduit délivré par le microcosme intellectuel français, permettant de commettre toutes les turpitudes ?

Sincèrement je m’interroge.

Franck Boizard

Eh bien quoi ? N'avez-vous pas l'habitude que la gauche bien-pensante se caricature elle-même dans la pire abjection ?

Devant, on se réclame des «valeurs», on dénie aux autres le droit d'en avoir, on les traite de salauds. Mais, derrière, on fait ses petites affaires et ses grosses magouilles.

La «cause» justifie toutes les "saloperies". Et ils sont toujours aussi blancs à leurs propres yeux. Et ils continuent à nous tympaniser de leurs leçons.

Véronique Raffeneau

Extrait d'un entretien entre Pierre Goldman et Régis Debray paru dans Libération en 1979

"Si tu n'avais pas écrit le livre, crois-tu que tu aurais été absous, à Amiens, du chef d'accusation principal ?

Non. Je crois que si je n'avais pas écrit ce livre, le verdict n'aurait pas été cassé. Et si par hasard, le verdict avait été cassé, j'aurais été condamné à nouveau (…)."

Je suis d'accord avec vous pour dire que la mobilisation intellectuelle et médiatique de l'époque autour de "la cause" Pierre Goldman est un véritable marqueur du climat et de l'ambiance des années 70.

Sur wikipédia, j'ai noté à votre attention ceci :

"En prison, Pierre Goldman écrit "Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France", qui obtient un succès critique et populaire (plus de 60 000 exemplaires vendus). Maître Arnaud Lyon-Caen, son avocat devant la Cour de cassation en fait même distribuer un exemplaire à chaque membre de la Cour avant son procès en révision"

Et puis, au fond qu'est devenue cette génération super militante ?

Me Kiejman, un des avocats de Pierre Goldman est devenu garde des Sceaux de François Mitterrand. Aujourd'hui il est l'avocat de... Mme Bettencourt.

Je pense que Pierre Goldman a été plus utilisé que lui n'a utilisé.

Pour vos lecteurs il est intéressant de se reporter au dossier que le site de J.J. Goldman consacre à P. Goldman.

Il y a tout un assortiment d'articles que Libération, Le Monde, Les Temps modernes ont publiés pour défendre leur "cause". A leur lecture, on se rend compte vraiment de l'ambiance de l'époque et de cette drôle de justice agissant sous pression médiatique et idéologique.

Denis Monod-Broca

"Il était inconcevable, pour la cause, que Pierre Goldman ait pu accomplir cela, être un homme capable de cela !"

Toujours cette tentation de séparer l'humanité en 2 parties, les bons d'un côté, les mauvais de l'autre.

Ce sont les actes qui faut distinguer, bonnes actions d'un côté, crimes et délits de l'autre. Mais, tous autant que nous sommes, nous sommes capables des uns comme des autres, nous ne sommes ni intrinsèquement bons ni intrinsèquement mauvais.

GL

Il se trouve que, comme vous visiblement, j’ai vu cette enquête diffusée ce dimanche par Canal + concernant Pierre Goldman, que je ne connaissais pas jusqu’alors.
Il est expliqué, témoignages à l’appui, y compris d’un ministre, que cette affaire remonterait jusqu’en haut de l’État.
Lorsque vous dites « assassiné probablement à la suite d’un trafic d’armes mal négocié », cela semble, et pour le moins, un peu léger. La lecture de Wikipédia le confirme d’ailleurs.
Mais bon ! Je n’y étais pas, tout comme vous d’ailleurs.
Par delà le fond, ce qui me surprend, c’est le manque de respect de la seconde cour d’assises ou celui des morts, l’intéressé ne pouvant se défendre.
Mais vous allez encore me dire que j’ai la volupté d’être désagréable…

twitter.com/Mussipont

Vous êtes étonnant M. Bilger, vous regrettez un déni de justice pour des faits commis en 1975 alors qu'il y a quelque temps vous demandiez que l'on abandonne les poursuites contre un violeur d'enfant célèbre qui n'a fait que 42 jours de prison pour des faits commis en 1977.

Vous avez une drôle d'idée de l'injustice je trouve...

Aïssa Lacheb-Boukachache

C'est étonnant tout de même ou plutôt non mais désolant … Il suffit qu'à trente ans de distance, quelqu'un se dévoile et dit avoir été l'auteur de l'assassinat de Pierre Goldman et hop! toute une flopée de livres apparaissent comme par enchantement, chacun livrant, bien sûr, LA Vérité … Ce serait drôle si cette affaire n'avait été pour ces deux pharmaciennes autant que pour Goldman, tragique de bout en bout …

Je ne serais pas intervenu à cet endroit si dans votre commentaire de ce livre de Perrut, cher PB, il ne s'y trouvait pas une chose qui m'a arrêté … C'est de vous lire écrire que Goldman est coupable. Coupable parce que vous venez de le lire dans le livre de ce type … Dans le même temps, l'air de rien, vous donnez le change en faisant semblant de ne vous en tenir qu'à une banale critique de livre. Or, ce n'est pas cela que vous faites et on ne saurait tenir pour secondaire votre propos ... Là, je ne vous passerai pas cela, cher, même par gentillesse car le sujet est par trop délicat … Ainsi,vous qui n'avez eu de cesse d'appeler ici même et partout au respect de l'institution judiciaire, au respect de ses décisions en jugement et arrêt, au respect du jury populaire, au respect de l'intime conviction judiciaire, à la considération que la vérité judiciaire clôt toute polémique, au respect de la loi en somme, des principes également, ne vous trouve-t-on pas aujourd'hui en flagrant délit de piétinement public de toutes ces choses de ce seul fait subjectif et insignifiant en vérité, que la littérature d'un romancier «maladroit» (je vous cite) dit a contrario de l'institution judiciaire en sa cour d'assises d'Amiens que Pierre Goldman est coupable! Quel reniement de tout ce que vous professez depuis longtemps!... La cour d'assises d'Amiens, du vent! Le jury populaire de cette cour ce jour-là, du flan! un ramassis d'ânes! des abrutis! L'intime conviction, des cacahuètes! La cour de Cassation, du pipi de sansonnet! La vérité, c'est Perrut et son «malhabile» (je vous cite encore) roman. Rien autre! Est-ce que vous vous rendez compte de la portée de tels écrits émanant de vous? Et si oui, je vous pose la question essentielle: pourquoi l'avez-vous fait?

Ce commentaire que vous avez produit aujourd'hui marque de manière incontestable un tournant radical dans votre conception de la chose judiciaire. Par dessus elle, vous avez placé et le journalisme d'investigation et la spéculation intellectuelle, littéraire et fictionnelle … Par terre les juges donc et tout ce qu'ils font et ont fait! Quel est la cause de ce formidable désamour? C'est extraordinaire!....


Aïssa.

Valerie

Le choix d'un sujet assez risque pour une fin de mois de juillet !

En effet, il ne s'agit pas d'un fait divers ordinaire, comme certains seraient tentes de le penser, mais bien d'un evenement revelateur d'une epoque revolue et il est necessaire pour le comprendre de le replacer dans le contexte historique post-soixantehuitard.

J'ai bien aime le texte reference ci-dessous

http://www.causeur.fr/pierre-goldman-encore-et-toujours,3683

Ma batterie va me lacher donc j'arrete la et puis les barbouzes...

Herman

Bonjour M.Bilger

Un article de ce Dominique Perrut paru il y a quelque temps sur le site Causeur.fr, suite à un documentaire complaisant à l'égard de Goldman diffusé sur Canal+ :

http://www.causeur.fr/pierre-goldman-revelations-desinformation,3773

Achille

Bonjour Philippe Bilger,

Alors vous faites dans la rubrique des faits divers maintenant ?

J.A

Votre mémoire se distrait dans la chaleur estivale Monsieur Bilger. Mais que de gravité dans ce billet plongé dans les années 1975. J'ai souvent pensé à ces horribles crimes et à ces deux pharmaciennes victimes innocentes d'un tueur fou. La presse ne s'attarda pas sur elles. L'affaire fut ailleurs. Le meilleur et le pire dans le communautarisme de l'époque, encore et toujours bien vivant ! Vous avez rendu un hommage à ces deux femmes aujourd'hui Monsieur Bilger ! Merci à vous.

Alex paulista

Je suis jeune, mais près des Pyrénées on se souvient que des salauds torturaient encore à quelques kilomètres, de l'autre côté de la frontière. Cette lutte n'était pas que du romantisme, et avait aussi ses victimes innocentes.
Et les bourreaux y ont aujourd'hui une belle retraite de la Police espagnole.

Il faudrait demander à Charles Pasqua, l'un des derniers dinosaures de cette époque troublée, si la mansuétude envers les réseaux pro-ETA (anciennement résistants) était seulement un effet de la peopolisation bien-pensante de gauche.

Patrick Handicap expatrié

Faut-il justifier pour autant la vengeance avec un crime d'officine comme moyen de rendre le "droit" ? Est-ce faire "honneur" à la police ? Pas à la justice en tous cas qui s'est avérée impuissante, volontairement ou non, pour châtier les coupables et instigateurs de ce crime. Il aura fallu attendre Auriol ???

Catherine JACOB

Vous avez décidément entrepris d'occuper ce mois de juillet avec des questions fort épineuses mais qui ne sauraient qu'inciter à la réflexion ainsi qu'à la plus grande prudence...!

Pierre-Antoine

@PB
"On a abandonné sur le bord de la route judiciaire des détresses et des douleurs, des morts qui n’avaient pas la chance d’avoir le label révolutionnaire. "

Alors quelqu'un s'est arrogé le droit de remettre sur la route un semblant de justice en exécutant cet homme.

Il n'est pas sûr que la clarté nécessaire à la vérité s'en soit trouvée améliorée. Peut-on combattre l'injustice par une autre injustice ? Peut-on se substituer à la justice en devenant exécutant des basses oeuvres ?

http://www.dailymotion.com/video/xc0j4o_extrait-comment-j-ai-tue-pierre-gol_news
extrait de l'émission "spécial investigation" rediffusée ce dimanche 25/07 sur C+

Cordialement

Pierre-Antoine

Jean-Dominique Reffait

J'ignore presque tout de Pierre Goldman. Je m'étonne de cette hypothèse exclusive que vous privilégiez quant à son assassinat sans évoquer les barbouzes de la police d'alors, notamment les honorables justiciers du GAL. Et si l'on prétend démystifier un épisode de cette époque, il convient également de faire un sort aux collusions d'alors entre police secrète et milieu dans ce qui était, heureusement à une bien plus faible proportion qu'en Italie, la tentative de barrer la route à l'hydre communiste par tous les moyens du crime et de la crapulerie. On ne corrige pas un déséquilibre par un autre déséquilibre.

Je ne suis pas tenté pour autant de défendre Pierre Goldman, pas davantage que plus tard, Knobelspiess. J'étais adolescent à l'époque, je pouvais me mobiliser contre l'extradition de Klaus Croissant, en raison de son statut d'avocat de Baader, mais je ne me suis jamais senti solidaire de ces héros aux mains sales. Je n'ai aucun avis sur sa culpabilité et m'astreint, pour lui comme pour tous, à ne pas transformer mon ignorance en vindicte. Je ne lirais pas le livre de Dominique Perrut parce que le sujet ne m'intéresse pas du tout. Il y avait tant à faire, à gauche à l'époque, plutôt que braquer des commerces. La gauche a toujours recherché son Robin des Bois, sans jamais le trouver.

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