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14 août 2010

Commentaires

Jean-Yves Bouchicot

@ JP Ledun

Non, ce n'est pas une profession, c'est un statut. Ou vous faites semblant de ne pas comprendre, ou vous êtes de mauvaise foi, ou vous répondez systématiquement sur autre chose que la question... Comme les politiciens de profession. Vous voulez savoir quel est mon métier : il n'existe pas. Ni pour les banques, ni pour les assurances, ni pour le Pôle Emploi, ni pour l'INSEE, ni pour les Chambres de commerce. Pas de case, pas de Code APE. Pourtant c'est un métier régi par des statuts déposés en 1930. Guess what.

jmarcio

Bonjour,

"Comment accepter qu’à Perpignan, deux jours après la visite du ministre de l’Intérieur, des fonctionnaires de police soient gravement agressés et les coupables sanctionnés judiciairement avec une relative indulgence ?"

Je ne sais pas si l'agression a été une provocation suite à la visite du ministre ou pas, mais si cela n'a pas été démontré, il ne faut pas lier la sanction et la visite. La justice est indépendante.

Je pense qu'il faut sanctionner sévèrement les délits commis contre les agents de l'Etat en fonction, mais tous et pas uniquement les agents de police, qui ne doivent pas être traités différemment des autres.

Par exemple, lorsqu'un enfant/adolescent insulte un enseignant et l'enseignant, excédé, lui répond, l'enseignant est sanctionné et il n'arrive rien à l'élève. Comment espérer que cet enfant respectera l'autorité de l'Etat quand il deviendra un adulte ?

Il y a des mesures répressives qui sont en train de se mettre en place, et c'est normal, mais quid des mesures préventives ?

jpledun@Jean-Yves Bouchicot

"J'ai été intermittent du spectacle pendant 25 ans..."

C'est une profession intermittent ?

Judith

Vous avez raison, les histoires personnelles n'intéressent en réalité personne sinon peut-être les psy qui, et c'est la moindre des choses, sont rémunérés pour les écouter.

Je n'avais pas l'intention de parler de mon expérience personnelle mais Narcisse n'a pas résisté à la tentation de contredire Paterzan sur son propre terrain.

Pour autant, soyez bien persuadé qu'un thème qui traitera de l'influence du milieu social, de la rémanence des valeurs inculquées par l'éducation ou de la culpabilité me révèlera péremptoire et gonflante comme jamais.

Je ferai toutefois un effort pour taire l'origine de mes réflexions : ce n'est pas mon genre de frapper sous la ceinture et je ne voudrais pas vous les faire exploser.

Jean-Yves Bouchicot

@ Alex Paulista

J'ai de moins en moins d'amis, intermittents ou pas. Pour avoir des amis propres, il faut en changer souvent, c'est comme les chemises. J'ai été intermittent du spectacle pendant 25 ans, et porte-parole de la coordination toulousaine en 2003. Je connais un peu le problème : comme vous dites, c'est complexe. A tout problème complexe, il y a une solution simple, et elle est mauvaise (Umberto Eco). A part ça, nous sommes d'accord. Ne pas généraliser, c'est souvent éviter de dire une bêtise. Amicalement.

zenblabla

@ Judith
Bingo!
Voltaire, c'était l'Avatar dans la liste!

Voltaire, c'est un provocateur.
Je crois qu'au sujet de la force de l'intolérance, il oppose la vitalité du Candide...

Si cette manière est géniale, elle ne fonde qu'en creux pour la morale l'intolérance, et elle est intéressante parce qu'elle provoque l'interrogation au sujet des limites...
Ces limites sous-tendues en morale, ce sont celles qui font le droit s'acharner avoir à les discerner et les déclarer "pour de vrai".

Je tiens les limites hourdies depuis l'intolérance, fabriquer de bien étroits territoires.
Comparés aux territoires de nos attachements, ils resteraient grands.
Toutefois, ils ne seraient pas vastes, autant qu'en politique il faut s'y attendre.

Car, si on croit que le mot "politique" n'a pas été inventé par hasard...et dépasse par ce simple fait, ainsi qu'avec le mot de "justice", le sentiment de son inanité.

Les limites avec l'intolérance se dessinent depuis bien trop longtemps pour que l'on ne constate pas les territoires fabriqués en telles limites être trop peu accueillants pour bien trop de personnes...

Je ne pense pas là à la drogue, encore que son économie mondiale laisse rêveur, mais à tous les non-rentiers remis sur notre territoire, en quête de politique bien mieux que de morale!

Herman

Judith,

Vous commencez à me gonfler avec votre frangin ! Si à chaque fois qu'un type tombe dans la came, on doit déduire que toute la branche professionnelle dans laquelle il évolue est pourrie jusqu'à vous mettre accroc aux drogues, va falloir que tout le monde arrête de travailler !!

Ne prenez pas le cas de votre frère pour une généralité. C'est aussi simple que ça.

Jean-Yves Bouchicot

@ Judith

Nous sommes bien d'accord, et je me retrouve parfaitement sur cette façon d'exprimer les choses. Loin de moi l'idée d'"interdire" quoi que ce soit, amalgame ou autre. Mais on a dit assez de saletés sur nos métiers que leur image est durablement dégradée dans la société. Essayez de louer un logement ou d'obtenir un prêt bancaire en étant Intermittent, vous verrez. Grain de sable ou pas, inutile d'en rajouter. Content que nous ayons éclairci le malentendu. Et toujours ravi de vous lire.

Alex paulista

@ Jean-Yves Bouchicot

Avez-vous des amis intermittents ?
Ce n'est ni blanc ni noir. Les bosseurs en événementiel bossent en effet parfois 20h par jour, mais je crois que depuis quelques années le calcul est fait sur la base d'un nombre de jours et plus un nombre d'heures. Ils déclarent donc avoir travaillé trois jours.
Quand, pendant un mois, ils n'ont pas réussi à cotiser suffisamment, ils se rachètent des jours entre eux. Quand ils tombent malade ou se cassent une jambe aussi d'ailleurs. C'est plus simple, ils échangeront avec un copain le mois suivant.
Et les chaînes (y compris publiques) de télé abusent complètement du système en déclarant officiellement la moitié des jours. À la fin l'intermittent ne collecte pas une fortune et travaille un mois plein, payé à moitié par les caisses des travailleurs. Le tout pour engraisser les boîtes de prod.

Vous voyez, le problème n'est pas simple. Comme sous tous les statuts, il y a des gros bosseurs et des gros fainéants. Mais ce qui est sûr, c'est que ce système offre une flexibilité supérieure en termes d'employeur, d'horaires. Flexibilité qui rend moins détectable la consommation de drogues.

C'est, pour moi, une évidence.

Savonarole

F. Fillon, voilà un gars "saint sulpicien"...

Régis Debray serait "saint sulpicien" dans la première acception du terme : santons et crèches.

Judith

@ Zenblabla

Je ferais donc du Voltaire sans le savoir ?
Vous me faites trop d'honneur.

Judith

@ Jean-Yves Bouchicot

Un tas de sable est un tas de sable, qu'il y ait deux grains de plus ou deux grains de moins.

Ces interdictions d'amalgame, chaque fois qu'on détecte un tas de sable ressemblent à s'y méprendre à de la censure intellectuelle.

Je n'ai (plus) rien contre ce statut : le stade de la rancoeur est passée.

C'est mon frère qui en est revenu.

Vous le dites à demi-mots : très souvent, ce statut n'offre qu'un emploi d'ouvrier du bâtiment sans les garanties offertes par la convention collective.

Un statut qui promet à des milliers de papillons de nuit qu'ils approcheront la lumière alors qu'ils n'en voient qu'un prisme.

La précarité du statut qui le séduisait tant commence à lui peser mais il admet lui-même qu'il serait incapable de tenir un travail classique à horaires fixes.


Jean-Yves Bouchicot

@Alex Paulista

Vous vous méprenez, je ne reproche en rien à Judith de parler du "statut d'intermittent", parlons-en, mais je ne vois pas le rapport avec la toxicomanie. Sa mention, comme la vôtre, tendrait à amalgamer des notions sans rapport. Les intermittents travaillent aussi, jusqu'à vingt heures par jour quelquefois en période estivale. Mais ils sont payés pour six heures, et cotisent aux caisses de chômage et de retraite dans la même proportion. Mais tous ne plongent pas dans la coke ou l'héroïne pour autant. L'amalgame est ignoble. Même s'il est vrai qu'à une époque, les techniciens de tournées "Rock and roll"", pour tenir ce rythme de cinglé où vous roulez, déchargez le camion, réglez son et lumière, jouez, démontez, et remontez dans le camion, pendant des semaines, certains contrats mentionnaient une certaine quantité de coke fournie par le producteur. Ces pratiques tombent en désuétude, mais les "roadies" ne se poudrent pas plus le nez que bien des bobos parisiens "workaholics" ou suractivés du bulbe ou de la libido assistée.

zenblabla

@Judith

Vous devriez relire les moralistes...
La Fontaine, La Bruyère, Voltaire, Sade, Nietzsche, Schopenhauer, Jaspers, Jankélevitch, Levinas, Simenon, Sloterdjik...sans parler de tous les fondateurs en religion !

En morale, il y a un paradoxe, autant simple que troublant : les valeurs de chacun, en la chose morale ne s'appliquent finalement qu'à soi, car de telles valeurs intimes s'étendrait-elles à tous, immédiatement elle s'effondreraient ... c'est la règle !

Elles s'effondrent mêmes étendues à moins que tous, parfois à très peu nombreux, et même à quelques proches...


Au sujet de l'intolérance, comme vous dites, cette supposée valeur a toute sa place, entre concernés au moins et à moins qu'entre eux cela s'effondre, sinon en attendant entre non concernés...

Si votre raison n'est pas mienne, elle est considérable donc, mais je ne la partage pas... en toute moralité !

 oursivi@AP qui bosse à Nova

"C'était flippant, on lui a dit de mettre une sourdine et il a fini par aller chanter ailleurs."
Rédigé par : Alex paulista | 16 août 2010 à 17:12

:o)))

Vous êtes cruel à faire déchanter ainsi les faibles d'esprit ; mais qui seront accueillis les premiers car les derniers seront les...

Chabadabada.

AO

Alex paulista

@ Jean-Yves Bouchicot et Judith

La réalité, parfois, n'a pas le mérite d'être en accord avec vos convictions politiques.
Je ne vois pas pourquoi Judith se retiendrait de parler du statut d'intermittent qui, comme le ferait celui de chômeur et au-delà des querelles du patronat, participe de manière évidente: quand vous avez la contrainte d'aller travailler, la toxicomanie est plus rapidement détectée et le robinet à pognon automatiquement coupé.

@ paterzan

Je ne connais pas bien la toxicomanie, ai côtoyé des amis alcooliques. Je crois que c'est plus similaire que ce que le bon peuple pense.
Ici, au Brésil, les églises évangélistes foisonnent. Elles fonctionnent en prélevant 10% des revenus, enrôlent et isolent presque comme des sectes.
Pourtant, il faut leur reconnaître un mérite: elles s'intéressent aux condamnés, vont dans les prisons, ramassent les alcooliques et les toxicomanes. Pour le sevrage, les évangélistes emploient la manière forte. Même après la cure le gars doit comparaître à l'église, participer aux shows du soir, ils vont le chercher s'il ne vient pas.

Apparemment, ils sortent de l'addiction beaucoup de gens. Peut-être parce qu'ils lavent le cerveau et échangent une addiction pour une autre, mais il faut constater que ça marche, pour certains au moins.

Bon, faut voir le résultat aussi: j'ai subi dans l'équipe de gardiens de l'immeuble un portier qui chantait à longueur de journée des prières au lieu de regarder l'entrée. Il effrayait tout le monde, à vrai dire plus par ses chants qu'on entendait jusqu'au 4ème que par les tatouages au cou qu'il avait gardés de son passage dans les gangs.
C'était flippant, on lui a dit de mettre une sourdine et il a fini par aller chanter ailleurs.

Judith

@ Paterzan

Aussi longtemps que le mot intolérable aura sa place dans les "i" du dictionnaire, je me permettrai d'être intolérante sur certains sujets.
D'ailleurs, à aucun moment je n'ai parlé des drogués, je n'ai parlé que de la drogue, objet mercantile qui se contrefiche des jugements de valeur que je porte à son endroit.

La tolérance, il y a de quoi alimenter de longs débats houleux sur le sujet.

Pour ma part, je me demande si la vraie tolérance n'est pas précisément de reconnaître que l'intolérance voire les intolérants ont, eux aussi, leur place dans ce monde.

Et puis quel ennui le pays de OuiOui, quel serait le prochain mot à rayer du dictionnaire ?
Intransigeant ? mesquin ? idiot ?

Aïe, c'est presque de l'eugénisme que de vouloir que tout le monde soit fabriqué de la matière de ses propres valeurs...

paterzan

@judith

Avec tout le respect que je vous dois, je maintiens que vous ne connaissez rien au problème. Pour info, j'ai été toxicomane à l'héroïne pendant 15 ans dans les années 80. J'ai accompagné ma copine jusqu'à son dernier souffle et perdu beaucoup d'amis. J'ai fait des dégâts terribles à mes proches. J'ai volé ma mère. Tous ces vilains actes vous culpabilisent et vous font souffrir encore plus. Malgré tout, ils ont eu confiance en moi et par leur amour, ils m'ont redonné espoir. J'ai par miracle échappé au sida mais je continue de me soigner pour une hépatite C. Aujourd'hui, j'ai une bonne situation, je suis marié avec deux enfants (complètement sains). Dans les années 80 les ravages de l'héroïne étaient bien pires qu'aujourd'hui. A la Courneuve, on ramassait un mort d'overdose chaque jour. Grâce à certaines prises de conscience, la consommation a chuté et les overdoses aussi. Bien sûr il n'y a pas de miracle pour se désintoxiquer. Seule la volonté peut décider. Si on regarde le toxicomane comme un monstre, il va croire qu'il en est un. Mettez de la tolérance dans votre esprit et ne jugez pas trop vite.

Jean-Yves Bouchicot

"Il a surtout mis l’accent sur le fait que le but d’un gouvernement était de combattre l’insécurité, de s’attaquer aux effets dévastateurs de la drogue et non de gérer officiellement celle-ci."
Eh, bien, Philippe !!? Vous aussi, vous vous sentez "menacé" par les toxicomanes ? Vous en voyez souvent, en dehors des audiences ? A part les "people" qui ne risquent rien ? Méfiez-vous, Johnny pourrait devenir un danger pour vous...
Je n'ai pas compétence en cette matière, mais le fait d'opposer accompagnement thérapeutique et insécurité me semble une dérive de la société, de la peur que nous vend le capitalisme sauvage, qui n'arrive plus à nous vendre assez de voitures et d'électroménager.
@ Judith : votre lien entre la toxicomanie de votre frère et son statut d'intermittent du spectacle me ravit. On leur avait reproché beaucoup de choses déjà, mais merci de nous persuader que ce sont, en plus, des drogués. C'est M. Seillère et M. Raffarin qui vont être contents !
Et puis c'est tellement délicat vis-à-vis d'un membre de votre famille... Un problème d'héritage, peut-être ? :-)

jpledun

Il est quand même tentant d'expérimenter ces salles de soins.
La Suisse en a, c'est vrai. Elles aident quelques-uns, plus décidés que d'autres á s'en sortir.
Mais allez derrière la gare de Zurich, voir des jeunes par grappes se péter le cerveau. C'est d'une grande tristesse et très décourageant. Il faut le voir pour le croire. Des enfants á peine arrivés á l'adolescence. (Possible qu’ils aient changé de coin entre-temps mais ils n’ont pas changé de problèmes)

A Graz également les médicaments de substitution se revendent entre "drogués". Nombre de conflits et méfaits dans la ville sont causés par des dépendants toujours en quête d'argent.


« L'objectif qu'on doit poursuivre, c'est de casser la dépendance à la drogue et pas, d'une certaine façon, d'accompagner la dépendance », « Il vaut mieux travailler avec les professionnels de la santé en améliorant le dépistage ou la prise en charge des hépatites, plutôt que d’envoyer un très mauvais signal aux personnes concernées par la drogue ».
Ca c'est la position de L'UMP

La drogue, j'en entends parler depuis que je suis gosse (comme le conflit israélo-palestinien d’ailleurs). Ne venez pas me parler de manigances électoralistes (deux ans avant le scrutin !)

Répression pour les vendeurs et fournisseurs de m... et accompagnement thérapeutique pour les dépendants, à mon avis ces deux volets sont complémentaires.

Et puis il y a aussi la méthode de Judith, qui serait certainement la mienne si un de me gosses tombait là-dedans.

Pas facile.

lambertine

Judith,

Votre frère est sans doute l'exception à la règle : je n'ai connu aucun toxicomane sevré de force qui ait réussi ensuite sa désintoxication, ne serait-ce qu'à moyen terme. Je sais que c'est une pratique défendue par bien des centres de cure, mais à l'arrivée, l'efficacité pour les toxicomanes dépendants aux drogues dures par injection, c'est zéro.
Et les centres où l'on s'injecte des "substituts", je ne les connais pas. Je ne connais que les centre de cure après sevrage total.
Quant à l'image que les tox donnent d'eux-mêmes, croyez-moi, ils en ont conscience. Du moins, je n'en ai jamais rencontré qui n'en avaient pas conscience. Comme de la souffrance de leur entourage (même si souvent, ils s'en foutent, ou prétendent s'en foutre). La culpabilité de l'entourage, par contre, c'est un autre débat.

zenblabla

Peut-être ne s'agit-il pas de guérir les toxicomanes... seulement.

Dans une certaine mesure n'est-ce pas la proposition d'un encadrement parmi beaucoup d'autres, afin que ne soit pas seulement dit que le sort des toxicomanes est remis à eux-mêmes, et avec eux à la pègre, mais que soit fait et soit tenté alors, quelque considération alternative par la grâce de doses officiellement délivrées.

La Suisse à nombreux points de vue, ici puisque le billet de M. Bilger rôde en politique, c'est vraiment ailleurs, très très ailleurs !
Je ne crois pas que l'exemplarité suisse puisse faire motif en matière de comparaisons, en conclusif ou en spéculatif...

L'éradication de l'alcoolisme avec des doses passe par des taxes, mais encore avec les alcooliques anonymes...
Le sevrage ne se décrète pas... Faudrait-il ?

Catherine JACOB

Je n'ai pas spécialement réfléchi à la question mais a priori il me semble que ces 'salles de consommation surveillée' sont un peu à l'addiction aux drogues ce que les capotes sont à l'addiction sexuelle. La récusation de Fillon relative à de tels lieux se compare un peu la récusation papale des capotes en matière de protection vis-à-vis des MST en général et du Sida en particulier. Tous deux prônent donc l'abstinence et la maîtrise de soi. Qui leur donnerait tort !
Ceci étant, on ne peut guère donner tort non plus au ministre de la Santé lors qu'il se préoccupe, comme il est et de son devoir et de son ressort, de santé publique, et de santé publique au-delà des frontières dont il est également comptable vis-à-vis de ses homologues internationaux, en particulier européens qui lui font la leçon comme nous faisons nous-mêmes la leçon en ce moment à l'Inde qui ne l'entend pas trop de cette oreille, en ce qui concerne cette nouvelle bactérie mortelle résistante à tout ou presque et que nous ont rapportée des patients hospitalisés dans les hôpitaux de certaines régions de l'Inde après avoir été victime d'une infection nosocomiale.

J'ai vu un reportage sur ces salles (qui comme tous les lieux de soins doivent eux aussi prendre garde au risque d'infection nosocomiale, j'imagine), et j'ai constaté qu'il prémunissait au moins contre le risque présenté par les seringues jetables. Ayant été amenée à plusieurs reprises à devoir signaler à la voirie municipale la présence de telles seringues sur le sable d'un jardin d'enfants proche, pollué pendant la nuit, qui me paraissait présenter un risque autrement plus sérieux que celui des déjections canines vu que si les maîtres des chiens sont sanctionnés ce n'est pas le cas de ceux des chats qui sont tout aussi polluants et à certains égard même, peut-être plus, je me suis dit que Mme le ministre avait trouvé une sorte de parade à ce problème.

Je pense qu'il faut lutter contre la drogue sur tous les fronts et le front de la santé publique en est un qui n'est pas du tout négligeable et on ne saurait faire grief à Roselyne Bachelot de, en tant que ministre de la Santé et non pas en tant que garde des Sceaux ou ministre de l'Intérieur, de mettre à l'épreuve les solutions, de santé publique mises en oeuvre par nos voisins.
Son problème c'est avant tout les consommateurs et le risque que leur addiction fait courir au public lambda. Sans compter que dans les annexes de tels lieux pourraient être organisées des consultations destinées à inciter et aider au sevrage et au retour sur soi.

Le problème de la Justice ainsi que de la police qui n'ont pas intérêt à atomiser leurs forces en les diluant dans le vaste vivier d'une consommation échappant, pour l'instant, à toute surveillance, ce devrait être en priorité, les dealers et leurs fournisseurs. Peut-être faudrait-il augmenter de façon significative le budget des stups, sévir contre le deal dès la première comparution et aider les pays producteurs autrement qu'avec de bonnes paroles !

calamity jane

MDR !
Les proportions peuvent être kif-kif ! Voilà
pourquoi je me permets de rajouter un commentaire car franchement c'est d'un risible absolu !
Qui va défendre une personne virée de son
travail ? Et comme il n'y avait pas de faute
professionnelle, l'employeur a fait appel
à un commandant de gendarmerie pour virer
l'employée de bon matin... Qui réagit
contre ces méthodes ?
Allez, un peu de cran pour sortir les textes de loi qui autorisent ces abus !
Ah, pour prendre position sur le "shooting"
il y a du monde, mais pour des abus notoires
personne ne bouge !

Judith

@ Lambertine

Je sais que je vais faire hurler mais je crois en la cure de force. Il n'y a que sevré qu'un toxicomane peut réfléchir à sa condition et prendre la décision d'arrêter.

Je pense que la plupart des toxicomanes se rendent dans les centres, non pas parce qu'ils ont décidé d'arrêter mais, en désespoir de cause, pour s'injecter un substitut.

Un toxicomane en manque ne vit qu'au présent de l'indicatif.

C'est ainsi que cela s'est passé pour mon frère et je ne regrette pas un seul instant de l'avoir privé de ses liberté, volonté et pouvoirs décisionnels.

Judith

@ Jean-Dominique Reffait

Si j'étais une riche héritière, d'un empire cosmétique de surcroît, je ne vous aurais pas donné de chèque.
Je vous aurais probablement fait dandy-ner dans l'espoir vain d'un gratification pécuniaire.
Oui, je crois que si j'avais de l'argent, beaucoup d'argent, j'en deviendrais perverse.

@ Paterzan

Mon petit frère a fait une cure. Intermittent du spectacle, il est passé par la coke et s'est rabattu sur l'héroïne, faute d'argent.

"Vous" puisque vous dites "nous" savez peut-être ce que c'est qu'être en manque mais ne saurez jamais ce que c'est de donner du pognon à votre frère pour qu'il aille se tuer.

C'est précisément parce que je sais à quel point un toxico est hermétique à tout secours, tentative de raisonnement, aide et autres bonnes volontés que je trouve la drogue intolérable, sous toutes ses formes (étatique, médicamenteuse, pure ou coupée).

Je dis bien intolérable : je ne laisse aucune place au "mais" et m'avoue intolérante sur ce sujet.
La cure, il n'y a que cela qui sauve, de gré ou quasi de force.

La régression des consciences, je rêve.

Puisque vous êtes passé par là, n'auriez-vous pas un petit mot pour les consciences que vous avez torturées précisément par la mauvaise image que vous renvoyiez de vous et la culpabilité que vous faisiez porter à votre entourage ?

Je vais vous dire, je ne crois pas une minute que vous avez été toxico, c'est de l'intox.
Vous n'auriez jamais eu cette réaction sur un commentaire qui traite de cure de désintoxication et encore moins sur une proposition qui entretient la toxicomanie.
Pff, les esprits trop ouverts donnent prise aux courants d'air et il n'y a plus une idée qui tienne debout.


Yves

M. Bilger, autant le dire en trois mots sans fioritures : je vous approuve.
Au passage, je me demande pourquoi Mme Bachelot a lancé ce sujet cher aux militants toxicos sans avoir, au préalable, vérifié que ça n'allait pas contre la ligne du gouvernement.
La sagesse chinoise enseigne qu'il faut à l'homme deux ans pour apprendre à parler, toute une vie pour apprendre à se taire.
Quant à l'épisode judiciaire de la semaine dernière à Perpignan, rappelons que lundi trois policiers sont attirés dans un guet-apens, attaqués à coups de marteau, envoyés à l'hôpital et que jeudi leurs agresseurs sont condamnés mais immédiatement libérés.
Quand je lis à ce propos : "coupables sanctionnés judiciairement avec une relative indulgence", je dis : "bonjour charmante litote !"

paterzan

@ Judith

C'est en lisant des commentaires comme le vôtre que la régression s'effectue dans les consciences. Apparemment vous ne connaissez rien de la toxicomanie. Vous n'essayez même pas de comprendre, vous référant simplement à la mauvaise image que la société vous renvoie. La méthadone et le subutex se revendent pour former un marché parallèle. L'enclenchement d'un sevrage ne peut s'effectuer que si autour de nous on s'aperçoit que l'on nous respecte pour ce que nous sommes. Idem pour l'alcool.

anne l.

Je suis assez déçue de votre position. Evidemment, présentée comme des salles de shoot, on en tire comme conclusion que la collectivité devient complice du consommateur de drogue dure, voire l'encourage. Pour connaître un peu l'exemple suisse, c'est très différent. Il s'agit d'abord d'éviter au consommateur de drogue de se shooter dans des conditions d'hygiène telles qu'il risque sa vie. Il s'agit également de tenter de rétablir un lien avec lui. C'est un sujet délicat où il faut se montrer pragmatique (mais la vente libre de seringues a probablement évité une hécatombe. c'est la même logique). Sur de tels sujets, il n'y a pas de bonne solution. Essayons de retenir la moins mauvaise. Mais il faut aborder le problème sans a priori, modestement et en examinant ce qui se fait ailleurs.

LABOCA

Joyeux anniversaire à vous, Jean-Dominique Reffait.

oursivi@PB

le "qu'en" dira-t-on je et nous sommes fatigués, parfois !?

AO

Alex paulista

@ JDR

Bon anniversaire Fidel !

Jean-Dominique Reffait

Judith, je n'accepte de chèques des femmes que lorsqu'il s'agit de très vieilles héritières d'empires cosmétiques. Pardon ? Ca porte un nom ? Ah non Judith, je vous défends de traiter M. Woerth de gigolo !

Personne ne prétend que ces endroits règleraient la question de la toxicomanie : c'est juste un mieux. Toutes les expériences le disent. Vous avez raison, les toxicomanes ne sont pas tentés d'arrêter dans ces centres d'autant plus qu'il y a là un confort qui endort leurs craintes. C'est une petite pierre de l'édifice, très peu coûteuse, les personnels formés existent et sont disponibles. Ce ne serait pas une grande preuve de courage politique que d'en accepter l'expérimentation : cela fait plus de 20 ans que les Suisses pratiquent les salles de consommation, ils ont essuyé les plâtres. Une telle mesure prend en compte la détresse des toxicomanes sans aliéner le moins du monde la sévérité de la lutte contre le trafic. Alors que craignons-nous ? De fâcher Marine Le Pen ?

lambertine

Judith,

Je ne nie pas l'excellence des centres de désintox français. Maintenant, encore faut-il qu'ils s'y rendent, dans ces centres, les toxicomanes. Parce que si on les y amène de force, si on les sèvre sans qu'ils en aient le désir - parce que la volonté seule ne suffit pas, les chances de réussite sont nulles.
Un héroïnomane n'est pas qu'une personne à la conscience altérée, c'est aussi une personne à la confiance altérée. C'est "lui contre le monde entier". Sans restaurer cette confiance (essayez une thérapie comportementale sans confiance dans l'équipe soignante... bonne chance !), personne ne peut rien pour lui. Et peut-être ces salles sécurisées, où on ne juge pas, où on ne fait pas la morale, où, simplement, on écoute si le tox le veut, pourront-elle rétablir un lien ténu. Peut-être. Et de là, peut-être, pour certains, les substituts, le sevrage et la désintox, avec une petite chance de retrouver une vie saine. Une toute petite chance. A laquelle il faut se raccrocher. Malgré tout.

saint louis

Monsieur Bilger bonsoir,
Finalement vous êtes comme monsieur Fillon : la dernière fois que vous avez vu un drogué ça remonte à quand ? et vous étiez derrière une double haie de robocop ?
Si vous preniez le temps d'examiner les choses sous l'angle de l'humanité et du bien à faire à son prochain? Tout cela est d'ailleurs parfaitement concordant avec l'ordre public. Réfléchissez-y, vous verrez...

Judith

L'héroïne est un dépresseur qui ralentit le système nerveux central et abolit toute volonté.

Sous son emprise, le toxicomane est purement et simplement incapable de se poser des questions existentielles relative à sa survie puisqu'il est au contraire libéré de toute angoisse, déconnecté de la réalité avec une sensation de bien-être intense.
Lorsque le manque se fait sentir, il n'est habité que de l'obsession de se réinjecter une dose.

C'est un leurre de croire que des salles de shoot permettront de les amener progressivement à se désintoxiquer : leur état de conscience est tout simplement trop altéré (sous emprise ou en manque) pour qu'ils en aient la volonté.

La France a la chance d'offrir des centres de désintoxication dont le coût est couvert par la Sécurité Sociale où les soins peuvent être prodigués anonymement.
Elle est là la solution, exclusivement là j'en ai peur.

La guérison ne peut passer que par le sevrage, brutal quoique accompagné de traitements médicamenteux.

On ne donne pas des mignonnettes à un alcoolique pour le guérir, on le sèvre.

C'est encore plus vrai avec l'héroïne.

L'ennui avec les toxicomanes est qu'ils sont incapables d'en faire la démarche, faute précisément de pouvoir faire preuve de volonté.

Je ne sais comment les salles de shoot sont organisées dans d'autres pays mais il faudrait à tout le moins que l'apport de substitutifs soit conditionné à l'obligation de soigner ensuite.

A défaut on entretient les ravages : sans doute évitera t-on la vue des seringues, la contamination de l'hépatite C ou du VIH mais ils mourront proprement de complications pulmonaires ou intestinales.

Laurent Dingli

Je préfère rester prudent sur une question que je ne maîtrise pas, bien que j'aie des proches toxicomanes, dont l'une a fait de la prison et l'autre est mort du sida à trente ans. En revanche, je n'ai aucun a priori contre ces salles de shoot. Dans un pays, qui est malheureusement devenu une "narco-démocratie", et qui sombre dans le plus total chaos - le Mexique - cette solution est très sérieusement envisagée dans le but de déraciner la gangrène des narcos : mais le président y est opposé. Certes nous n'en sommes pas au niveau apocalyptique du Mexique ; la question mérite toutefois d'être posée. A un certain niveau, le trafic et la consommation de drogue deviennent un péril de premier plan, non seulement pour la santé publique, mais aussi pour la démocratie. Je crois sincèrement que, plutôt que d'écarter la réflexion d'un revers de phrase impérial et définitif, F. Fillon eût été mieux inspiré de tolérer le débat.

Bon anniversaire à vous, Jean-Dominique Reffait.

Alex paulista

Histoire de culture tout ça. Les Suisses détestent plus que tout la saleté.
Les Français aiment la logique, la cohérence, au risque de devoir fermer les yeux sur la saleté.

Ouvrir des "salles de shoot" n'est à mon avis pas la priorité. En bon français cartésien, je pense qu'il faudrait rouvrir les bordels avant...

Mais pourquoi pas dans certains endroits fournir anonymement des kits qui, d'un côté, laisseraient sortir des seringues neuves et, de l'autre, scelleraient les seringues usagées ? Ou toute autre mesure se focalisant sur la distribution et la récolte des seringues, puisque c'est ça le nœud du problème ?

Ici, à São Paulo, je peux vous dire que les seringues ne sont plus tellement un souci: les paumés se tuent au crack. C'est moins cher, plus fort, et cela tue plus rapidement.
La pire m.... qui soit.

Une remarque: plus la drogue est dure et dévastatrice, plus ceux qui la vendent sont distincts de ceux qui la consomment, et moins la mansuétude avec le consommateur implique une complaisance avec le vendeur.
C'est très différent avec le cannabis.

Epaminondas

Monsieur Bilger,
Je trouve regrettable que vous repreniez presque mot pour mot la position du chef du gouvernement au sujet de l’accompagnement des toxicomanes, car dans le fond c’est bien de cela qu’il s’agit.
Que monsieur Fillon réagisse de la sorte est compréhensible, même si c’est là un raisonnement paresseux. Avec un chef de l’Etat dans la tourmente, une réalité qui a l’audace de ne pas se plier à ses injonctions, un ministre en charge du dossier des retraites qui n’en finit plus de déballer sa panoplie de casseroles, il est vital pour le Premier ministre de monter au front, et de se positionner de manière à accentuer un clivage qui par nature renforce son camp. Comment ne pas déplorer la part faite, dans ce type d’attitude, au renoncement, à l’abandon à la dictature de l’air du temps, là où nous avons plus que jamais besoin d’hommes et de femmes incarnant ce renouveau politique qui nous avait tant été vanté en 2007 ?
Se positionner comme l’a fait monsieur Fillon, c’est fermer la porte à tout débat, à toute discussion, à tout examen d’un sujet sensible, concernant la santé d’une catégorie de Français en détresse. Quelle tristesse de voir un haut responsable politique nous offrir le spectacle d’une équipe gérant la situation à la manière d’un staff d’émission de télé-réalité : on se demande quels sont les chiffres de l’Audimat, avant d’écrire les prochains épisodes de la série. Au lieu de fixer le cap, on mouille son doigt pour savoir d’où vient le vent. On se préoccupe plus de ceux des Français susceptibles de renouveler votre mandat, au lieu de prendre à bras-le-corps les problèmes de citoyens peut-être les moins enclins à manifester une certaine reconnaissance, fût-elle celle du ventre. On ne représente plus l’ensemble de ses concitoyens, mais juste une partie de son électorat.
Vous vous félicitez de ce que notre Premier ministre ait « surtout mis l’accent sur le fait que le but d’un gouvernement était de combattre l’insécurité, de s’attaquer aux effets dévastateurs de la drogue et non de gérer officiellement celle-ci ». En quoi le fait d’accompagner ceux des toxicomanes les plus atteints est-il incompatible avec une fermeté sans faille dans la lutte contre le trafic de drogue ? Comment ne pas voir qu’une telle attitude enferme dans le même sac le délinquant et ses victimes ? Accompagner les victimes n’est jamais aveu de faiblesse envers leurs agresseurs, pour peu que le secours porté aux victimes ne constitue pas la seule façon de lutter contre le mal.
Abandonnons donc ces toxicomanes à leur clandestinité, et entérinons leur situation de retrait du corps de la nation. Prenons garde de ne pas nous laisser entraîner, par un effet de cette même paresse, à abandonner à leur sort d’autres victimes d’autres fléaux.

lambertine

Monsieur Reffait,

Je ne peux malheureusement vous envoyer de chèque. Mais je vous souhaite malgré tout un bon anniversaire, et je vous remercie pour le texte que vous venez de poster. Je suis globalement d'accord avec vous.

Monsieur Bilger,

L'interdiction des "salles de shoot" est certainement dans la logique électorale et idéologique du gouvernement français malheureusement, elle va à l'encontre, et du pragmatisme, et de l'humanité.
Les consommateurs de drogues dures par injection sont des personnes extrêmement fragiles, psychologiquement, physiquement et socialement, et extrêmement méfiantes. Ces salles pourraient être un moyen de regagner leur confiance et, outre leur éviter des maladies graves et des "bobos" aux conséquences parfois tragiques sur leurs organismes très affaiblis, être le premier pas pour certains d'entre eux vers une resocialisation, voire une désintoxication volontaire à plus ou moins long terme. Ces salles éviteraient aussi qu'ils se shootent n'importe où.
Bien sûr, elles ne seraient pas des panacées. Mais elles ne seraient pas non plus des "appels à se droguer". Juste des passerelles entre la déchéance et, peut-être, la "vraie vie".

oursivi@olderJr

Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 14 août 2010 à 10:51
Junior, vous voulez perdre ce nickname, ou quoi ? Un fringant gaillard comme vous, perdre encore un an... et qu'en avez-vous fait de cette année, laissée sur un banc, comme celle de l'an passé ? On ne peut décidément rien vous confier !

...

Un petit beurre à vous donc, les too you viendront l'année prochaine, si ne la dilapidez pas goulûment.

Bon, trêve de familiarité, PB, ce doit être la première fois que je vous trouve un peu frileux entre les oreilles.
Certes, accueillir des types pour les voir se défoncer, a priori rien de bien réjouissant.
Mais toute société a le devoir de ne pas glisser la poussière sous le tapis, faute d'y faire des vagues, à force.
Ces salles outre les qualités prophylactiques que d'aucuns ont judicieusement rappelées, pourraient être l'occasion d'engager le sevrage progressif et encadré qui est la seule voie qui vaille, la seule branche de salut des camés.

Ne rien faire, ou faire à demi mot comme c'est le cas - une cousine médecin a longtemps oeuvré dans ce cadre hospitalier, à l'en croire, c'est encore bancal - ne fera rien avancer, c'est renouveler cette scène du "Voyage" où Bardamu Louis Ferdinand ne peut rien pour une fauteuse dont l'avortement tourne mal.

La mener à l'hôpital vous n'y songez pas, la famille, le quand dira-t-on...!

On y est toujours.

AO

Judith

@ Jean-Dominique Reffait

Joyeux joyeux joyeux anniversaaaaire
Mes voeux les plus sincèèèèères.
Joyeux aaaaaanniversaire Jean-Dominique
Joyeux anniversaire !


Ceci étant souhaité, je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous.

La toxicomanie est comme l'alcoolisme, une addiction qui rend fou en cas de manque.

L'alcool est à portée de bouche, l'héroïne n'est pas à portée de veine.
L'alcool est légal, sans danger quand il est consommé avec modération, l'héroïne ne l'est pas.

Les alcooliques meurent de cirrhose.
On ne devrait pas légaliser la mort des toxicomanes.

Cela revient à se donner bonne conscience, une fausse bonne conscience.

Herman

Où l'on voit les limites de la dénonciation sans relâche de la bien-pensance, tôt ou tard, on se retrouve dans le camp dénoncé !
Mais se dit-on que l'on ne s'y reprendra plus ?
à voir...

Benjamin

Dès lors qu'on appelait ces locaux "salles de shoot", c'était inopportun, et ça n'avait aucune chance de marcher.
Étant pragmatique, je préfère ne pas voir de seringues dangereuses traîner, je préfère ne pas avoir, comme contribuable, à payer les soins de milliers de personnes victimes d'hépatites ou de SIDA. Bref, j'aurais souhaité des "salles d'aide aux victimes de la toxicomanie" où en plus de seringues propres, les drogués auraient le contact avec un personnel péri-médical à leur disposition pour les aider à "décrocher" si le besoin se fait sentir. Parce que la désintoxication n'a une (petite) chance de fonctionner que quand la personne en exprime le désir sincère (les injonctions de soin demandées par la justice c'est hélas du pipeau qui fabrique des comédiens)
Je ne suis pas sûr que les riverains de certaines rues qui subissent le voisinage QUOTIDIEN des drogués, des seringues usagées, etc. ne soient pas en faveur de ces salles. Certes Fillon ne doit pas être gêné par cette coexistence à Matignon.

Mais partisan de l'ordre républicain, je demanderais, si on mettait en action ces salles de prévention, que la lutte contre les dealers soit intensifiée, qu'une guerre sans pitié soit menée à TOUS les échelons - depuis le petit revendeur jusqu'au grossium en passant par les "mules"

Patrick Handicap expatrié

Décidément, le pays que j'ai quitté n'est plus le pays des droits de l'homme que pour ceux qui le gouvernent et demeurera un pays arriéré. Un des derniers à légaliser l'avortement en ne se donnant pas les moyens de le permettre à toutes les femmes, un des derniers à tolérer les unions homosexuelles avec le PACS mais pas encore de mariage et une adoption seulement permise tout dernièrement grâce à la Cour de cassation et seulement pour des homosexuels ayant adopté à l'étranger. La Suisse pourtant contre les minarets pratique les salles de shoot comme 6 autres pays européens. Quand je pense à la rupture de stock des anti rétroviraux vitaux pour les personnes atteintes de HIV qui n'ont pu se soigner durant plus de deux semaines avec les conséquences mortelles induites, je suis heureux d'avoir choisi un pays européen où la santé est gratuite et où je peux obtenir les deux anti rejets indispensables pour demeurer en vie après ma greffe du foie à la pharmacie de mon village sans débourser un euro. En France, il fallait que j'aille chercher l'un des deux médicaments à la pharmacie de l'hôpital parisien ouverte seulement aux heures de bureaux des fonctionnaires dans une salle aux murs maculés de sang et d'autre chose qui n'avait rien à envier aux hôpitaux du tiers monde avec des ruptures de stock fréquentes m'obligeant sous risque de rejet - et donc de mort passé deux jours - à me rendre à la pharmacie centrale des hôpitaux parisien rue Saint-Jacques, en insistant car ce n'était pas mon hôpital...
Monsieur Bilger, pensez que vous serez un jour malade comme tout un chacun et ayez un peu plus de sollicitude à l'égard des personnes dépendantes en pensant que les malades sont, eux aussi, à un moment ou un autre, dépendants du bassin qu'on ne leur apporte pas, ou de la nourriture qu'on ne porte pas à leur bouche.

paterzan

Il ne faut pas tout mélanger. La toxicomanie est une maladie et non une délinquance. Ouvrir des salles de shoot serait une avancée considérable. Dans les quartiers de Barcelone et Zurich, la population a changé son regard. Désormais les gamins peuvent rejouer dans les aires de jeux sans se piquer sur une seringue usagée. La délinquance a baissé ainsi que les overdoses, les contaminations hépatiques et sida. Les résultats sur la réinsertion dans la vie sociale des toxicomanes sont très encourageants. Pourquoi attendre encore plus longtemps ?

Judith

@ Achille

Sauf erreur de ma part, les salles de shoot ne visent pas le trafic de marijuana mais le marché de l'héroïne.

C'est du reste en cela que je ne comprends pas la stratégie qui se cache derrière cette proposition, si stratégie il y a.

Autant l'ouverture de coffee shops aurait certainement trouvé un écho favorable chez les jeunes et aurait, à coup sûr, permis une réconciliation de ce public avec le gouvernement (au risque de griller l'électorat traditionnel), autant les salles de shoot ne visent que les héroïnomanes dont bien peu de personnes se soucient.

Le manque leur fait littéralement perdre la tête : ils peuvent tout aussi bien briser la vitre d'un véhicule pour voler un simple parapluie, que braquer leur propre mère ou une pharmacie.

L'ouverture de telles salles aurait l'avantage d'éradiquer ce genre de délinquance et de priver les dealers de petits soldats prêts à tout.

L'effet d'une telle mesure s'arrête toutefois là et je doute que le jeu en vaille la chandelle sur le plan électoral.


Gilles

Bonjour Philippe Bilger,

Il y a quelques jours un septuagénaire, présentant tout garantie de représentation, semble-t-il, a été emprisonné pour avoir tiré et atteint deux voleuses qui fouillaient son logement à l'heure de sa sieste.
Votre confrère ou consœur a défendu cette décision qui place la victime d'une agression au rang de l'auteur par une perversion qu'il m'étonne de ne pas vous voir dénoncer !

s d'être cohérent avec une ligne politique d'ordre et de répression de la délinquance, mais

Que quelqu'un de plus au fait que moi de ces matières me dise pourquoi il serait absurde d'ouvrir en France ces salles de "shoot".
Je comprends bien votre argumentation, Monsieur Bilger; et même, sur le plan de la cohérence politique dont M. Fillon tâche de faire preuve, je partage votre point de vue.

Mais il me semble que c'est une erreur que de réduire cette question de santé publique au rang d'un élément de stratégie politique.
Certes, nul ne peut, de gaîté de coeur, assister au pitoyable spectacle de ces personnes en détresse venant se piquer dans un local médicalisé. Il y a même quelque chose de monstrueux à cette convocation de la médecine au service de ce qui abîme la santé.
C'est cette évidence de l'horreur qui, précisément requiert un grand courage politique.
Or le courage , en l'occurrence, n'est pas d'être cohérent avec une orientation politique générale d'ordre et de répression de la délinquance, mais d'oser prendre l'opinion à rebrousse-poil lorsqu'il y va de la santé de nos concitoyens.
D'autres, en des temps pas si anciens, l'ont osé, et la suite leur a donné raison.

Jean-Dominique Reffait

Information hors sujet mais capitale : c'est aujourd'hui mon anniversaire. Hommages, révérences, compliments et profession d'indéfectible admiration sont bienvenus. J'accepte aussi les chèques.

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