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04 septembre 2010

Commentaires

Eugénie

Ceci n’est pas un commentaire… ;-)

Depuis vendredi, je lis avec soin les articles, billets et commentaires parus dans la presse et sur les blogs…

Cinq jours après la décision du JLD de Grenoble et lecture de plusieurs centaines d’avis de tous genres - « éclairés » bien sûr le plus souvent - je n’ai pas acquis une meilleure connaissance du dossier… et je me garderai bien, par prudence, de commenter à mon tour !

Catherine JACOB@Savonarole

@Savonarole | 06 septembre 2010 à 14:13 @Catherine JACOB
Pensez-vous toujours que zenblabla soit japonais ?
(Moi en tout cas je bride les yeux quand je le lis...)

Contentez-vous de les plisser, il ne l'est pas.

tartatin

@ christian C : M. Bilger plein d'amalgames et de préjugés ?

Je suis entièrement d'accord avec vous.
Comme j'ai déjà pu l'écrire M. Bilger fait peur.
M. Bilger vous êtes avocat général, et vous êtes en train de penser que : "Reste qu'apparemment il était en fuite depuis la date des crimes et que son casier comportait notamment déjà une condamnation criminelle."

Vous ne prenez position que sur des apparences et le passé d'une personne pour juger de sa culpabilité. Et les faits dans tout ça ?

J'espère pour le justiciable que jamais vous ne pourrez être juge : parce que vu votre manière de raccourcir les choses, beaucoup d'innocents pris dans la toile judiciaire seraient dans le maquis (et donc coupable à vos yeux) ou en prison.

M. Bilger, j'arrive à la même conclusion : "Le peuple, la police et nous ? Pour ma part, sans hésitation, et pour Grenoble, je choisis le premier et la deuxième". Mais j'y arrive par des idées et une pensée plus réfléchies et construites. Je ne prends pas à votre manière des raccourcis.
Car raccourcir, c'est tronquer... tronquer c'est mutiler. Et mutiler la vérité c'est très grave pour la société que vous êtes censé représenter !

Dona Quichota

Monsieur,
Comme tous ici, je ne connais pas ce dossier. J’ajouterai qu’ayant connu de très près certains dossiers et avoir lu ce qu’en disait la presse ne me donne aucune confiance dans ce qu’elle peut raconter et m’effraye littéralement quand il s’agit de domaines qui me sont étrangers.

Ce commentaire pour vous dire que la vieille pénitentiaire que je suis approuve totalement votre point de vue quand vous écrivez : « L'indépendance est plus que jamais nécessaire dans les dossiers où le Pouvoir se mêle de ce qui ne le regarde pas. En revanche elle ne donne pas le droit de faire n'importe quoi, de tenter des expériences ou d'exprimer un malaise politique. La responsabilité est une exigence au moins aussi belle que l'indépendance. L'une est la soeur jumelle de l'autre ».

Mais la vieille pénitentiaire que je suis s’interroge sur le jugement que vous portez sur votre collègue JLD qui aurait fait « n’importe quoi ».

L’expérience qui est la mienne me permet de constater, tous les jours, et sur le plan national, que dès qu’une affaire de ce type est médiatisée, la règle est la prison, le maintien en liberté, sous une forme ou une autre restant l’exception.

J’en ai donc conclu que le dossier devait être particulièrement vide ou mal « ficelé » pour que ce monsieur ne soit pas placé en détention.
Et je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec cette vague d’arrestations à Grenoble quelques jours auparavant dans une autre affaire où quasiment tous les protagonistes ont été relâchés alors qu’ils avaient été présentés comme les X ème bandits de ce siècle débutant bien malmené.

Catherine JACOB

"pour seule obsession que de mettre en exergue le principe de l'indépendance du juge et d'exiger la protection de la garde des Sceaux.

La procureure générale de Grenoble, magistrat de grande qualité, [...]Le peuple, la police et nous ? Pour ma part, sans hésitation, à et pour Grenoble, je choisis le premier et la deuxième.

Il faut choisir la cohérence jusque dans la grammaire, si vous féminisez le neutre de la profession il vous faut vous en prendre aussi à "magistrat" et choisir "magistrate".
S'agissant de la grammaire judiciaire, j'imagine qu'elle aussi a sa cohérence et que cette dernière est au-dessus de l'aléa évènementiel...
Choisissez la cohérence mon cher avocat général et plutôt que de chercher à éponger les Tsunami avec un mouchoir de poche, soyez du côté de ceux qui les cherchent à les prévenir. Restez neutre.

kris

@Gérard DELALOYE

Maître, la justice est déjà depuis bien longtemps discréditée aux yeux de la population. Elle n'a pas besoin de Philippe Bilger pour se discréditer, elle l'a fait toute seule.

kris

Philippe Bilger, vous ne pouvez pas savoir à quel point cela fait plaisir de voir un magistrat qui essaye de ne pas être coupé des réalités et surtout, surtout, qui a la parole libre dans un monde feutré et de non-dits.

Ne changez surtout pas, même si vous devinez à nouveau être convoqué comme dans l'affaire Zemmour.

L'intolérance d'une partie de nos concitoyens se nourrit aussi de cela, de toutes ces décisions que le commun des Français de comprend pas. Aucune insulte dans mes propos lorsque je dis "commun", juste une différence entre le monde judiciaire et nous.
Toutes ces décisions qui nourrissent le sentiment d'impunité des délinquants, et donnent l'impression d'une énorme impunité et du laxisme de la justice à la population, toutes ces décisions sont malheureuses car elles mènent bien souvent à ce que les gens se crispent.

Il y a un mois ou deux, un policier s'est fait enlever son casque dans une interpellation mouvementée, un individu le tenait par derrière, tandis qu'un autre en a profité pour lui mettre un énorme coup de marteau sur le crâne et l'officier ne doit son salut qu'au réflexe d'avoir mis la main pour se protéger. Résultat, un doigt cassé.

Comparution très rapide et le magistrat (de Perpignan si j'ai bonne mémoire, ne m'en veuillez pas de citer), non seulement les a condamnés à 5 mois avec sursis dont un mois ferme sans mandat de dépôt pour un type qui avait à son actif une dizaine de condamnations, mais en plus s'est permis de leur dire qu'ils pouvaient sortir libres et "apaisés". J'ai cherché vainement à comprendre pourquoi dire à un délinquant qu'il pouvait sortir "apaisé". La justice doit-elle apaiser des délinquants notoires ? Les délinquants doivent-ils se rendre à chaque comparution au tribunal avec l'idée qu'ils vont être "apaisés" par la justice ou doivent-ils au contraire craindre la sanction de la justice ???
Dans mon système de valeurs j'ai tendance à croire que le délinquant doit avoir peur de la sanction de la justice pour son acte et non pas y aller en se disant je vais être apaisé. Il paraît que ces délinquants sont ressortis du tribunal en disant "merci la France".
Le magistrat aurait ajouté que s'ils recommençaient alors on retomberait dans le système de la "répression".
Je ne comprends pas. Très honnêtement je ne comprends pas. Qu'est-ce que la répression ? Appliquer la loi à des délinquants notoires est-ce là ce que ce magistrat appelle "répression" ?
Je ne suis pas certain que beaucoup de nos compatriotes veuillent de cette justice, celle où, permettez-moi de le dire, certains magistrats appliquent des décisions de justice contraires au bon sens, le mien sans doute, renforcent le sentiment d'impunité des délinquants, et jugent en fonction de leur couleur politique, comme pour contrebalancer par un mouvement d'humeur les décisions ou prises de position d'un gouvernement.
Comment peut-on être aussi indulgent face à un type qui par le fait de mettre un coup de marteau sur le crâne d'un officier de police démontre qu'il voulait tout sauf lui faire un câlin ? Le coup de marteau aurait été ailleurs, bras, jambe, épaule, j'aurais presque compris la décision, presque, mais le faire volontairement sur le crâne d'une personne est à mon sens une tentative de meurtre.
Cette justice-là personne n'en veut.

Cdt

JD75

Quelqu'un ici, peut-être même le maître des lieux, pourrait-il nous dire si l'éternelle rengaine consistant à affirmer qu'un ministre de l'intérieur ne doit pas commenter (ou pire... critiquer !) une décision de justice a le moindre fondement juridique ? Mme Guigou affirmait par exemple récemment, dans une interview au Parisien, que "c'était aller à l'encontre de la loi". S'agit-il d'une référence à une loi précise qui m'échappe, ou bien peut-être à une phrase plus ou moins vague de la Constitution affirmant sans plus de précisions l'"indépendance de la Justice" ?

palpatine

Le jour où vous êtes de passage à la République des Blogs (oui, c'est un appel du pied -- mercredi 29/09 pour la prochaine édition), faites-moi signe, je vous amènerai un exemplaire de "Surveiller et punir", et nous aurons une agréable discussion.

Sylvain

@ Bouchicot

Je vous renvoie à un extrait d'un billet posté sur Mediapart (désolé Sylvain) qui illustre ce genre d'incompréhension : ...

....................................

Désolé mais les revues pour salles d'attente de gare ou de sanisettes ne m'intéressent pas ; mais vous avez le droit de pratiquer l'auto décervelage à votre convenance...

Véronique Raffeneau

@ M. Bouchicot

"Je sais que vous défendez les juges, mais j'ai peur que vous ne confondiez Indépendance et Arbitraire, légalité et légitimité."

Je ne défends pas les juges contre les policiers. J’essaie de motiver - d'argumenter - mon désaccord (pas facile !!! et, croyez-moi, prise de tête) avec le billet de Philippe Bilger.

Très honnêtement, ce qu'il m'intéresserait beaucoup de connaître dans cette affaire de mise en liberté d'Uriage est le cheminement du JLD, qui l’a conduit à privilégier un contrôle judiciaire plutôt qu’une détention provisoire, ainsi que le détail de ce qui a motivé sa décision.

Je suis d'accord avec PB quand il écrit dans son post :

"En l'occurrence, il n'est venu à personne l'idée saugrenue de discuter l'indépendance du JLD. Il y a droit et il l'a eue. Ceci ne signifie pas qu'on doit s'interdire de vérifier le contenu qu'il a donnée à cette liberté."

Vous me parlez de l'indépendance que je confondrais avec l'arbitraire.

Très simplement.

Une décision pour moi prend le risque important d'être arbitraire quand il n'y a pas obligation de la motiver, et quand il n'y a pas d'instance de contrôle pour l’examiner, la valider ou l’infirmer.

Le JLD en question a motivé sa décision.

"J’ai pris ma décision en toute indépendance, au vu des éléments du dossier. Les articles 143-1 et 144 du code de procédure pénale évoquent 'des éléments précis et circonstanciés résultant de la procédure'. L’examen de ce dossier contradictoire m’a conduit à estimer que les critères n’étaient pas remplis pour procéder à un placement en détention" (JDD - 04-09)

Pour des raisons qui tiennent, j'imagine, au principe du secret de l'instruction, le JLD ne peut pas développer et détailler publiquement les raisons qui l'ont conduit à opter pour le contrôle judiciaire.

Le Parquet à interjeté appel de la décision de contrôle judiciaire.

J'imagine que le Parquet, qui a en mains le dossier et le détail de la motivation du JDL, va contester sa décision devant la chambre d'instruction (l'instance de contrôle de la décision du JDL) en discutant point par point les arguments du JLD.

A la suite de ce débat, il reviendra à la chambre d'instruction de valider ou d'infirmer la décision du JLD.

En gros, je pense que c'est de cette façon que les choses se passeront. Je n’y vois donc pas le risque d’arbitraire tel que j’ai essayé de le définir.

"légalité et légitimité"

Je suis désolée, pour développer ces notions, là, ça dépasse clairement et de trop mes quelques moyens en matière de maîtrise des concepts juridiques.


Christian C

@ Judith,

Je ne vois pas en quoi je me méprends.
« En l'occurrence, Monsieur Ghabbour a été arrêté alors qu'il était en fuite », avez-vous écrit. Je ne sais où vous avez trouvé cette information. A ma connaissance, il n’était pas en fuite.

Vos affirmations impliquant le mépris du JLD (« il crache ainsi sur tous les critères légaux ») pour le travail des policiers sont parfaitement gratuites.

Votre amalgame : « On parle de Woerth & Co, mais ce genre de décision crée une inacceptable différence de traitement entre les justiciables... par idéologie. » ajoute une crédibilité indéniable, car parfaitement dénuée d’idéologie, à vos propos.
Si vous exercez une responsabilité dans la chaîne pénale, j’espère ne jamais me trouver, en tant que justiciable, face à une décision qui dépendrait de votre appréciation.

H.

@ Jean-Dominique Reffait

Je suis comme vous, totalement admiratif devant l'infaillibilité sous-tendue par les propos de notre hôte. Comme il le suggère et comme vous le dites, instaurons le caractère suspensif de l'appel du Parquet !... Supprimons toutes les juridictions de la détention et confions les tampons d'incarcération au Parquet. Effectivement, une telle réforme ne coûterait pas bien chère. Elle serait, je n'en doute pas un instant, terriblement efficace.

Savonarole

@Catherine JACOB

Pensez-vous toujours que zenblabla soit japonais ?

(Moi en tout cas je bride les yeux quand je le lis...)

Jean-Yves Bouchicot

@ Véronique Raffeneau

Je ne sais pas si vous avez entendu le fonctionnaire de police interrogé sur France Info samedi, mais il me semble qu'on est dans une guéguerre Police-Justice pire que celles internes à la Police même. Je vous renvoie à un extrait d'un billet posté sur Mediapart (désolé Sylvain) qui illustre ce genre d'incompréhension :
(...)Dans le même temps, un nouveau procureur est nommé à Nice. Son premier travail consiste à lancer une série d'arrestations envers tous les petits délinquants ou criminels de la ville, afin de faire un chiffre et "nettoyer" la capitale azurienne. La PJ et la BRB de Nice, résignées, procèdent à une série de rafles et d'arrestations qui aboutit à quelques mises en examen et surtout beaucoup d'interdictions de séjour... La PJ se désole : tout un réseau d'indicateurs constitué depuis 15 ans est détruit. (...)
Ne trouvez-vous pas que les policiers sont fondés à poser des questions, ayant mis trois semaines à retrouver un suspect, avec antécédents, et qui se cache ? Alors que les "Comploteurs" de Tarnac sont encore mis en examen après des mois de préventive, sur un dossier apparemment fragile sinon vide, puisque la police elle-même reconnaît qu'il y a une problème de procédure..? Je sais que vous défendez les juges, mais j'ai peur que vous ne confondiez Indépendance et Arbitraire, légalité et légitimité. Si les policiers perdent confiance dans les juges, ils seront bientôt des figurants emperruqués au service d'une classe dominante.

Judith

@ Christian C

Vous vous méprenez.

L'intéressé a été mis en examen. Ceci signifie que son dossier contient d'ores et déjà des preuves suffisantes de son implication dans les crimes qui lui sont reprochés : à ce stade de la procédure, il est donc inutile de s'interroger plus avant sur l'innocence ou la culpabilité de l'intéressé.

Il est très sérieusement soupçonné, point, et le JLD n'a pas à revenir sur cette appréciation.

Le rôle du JLD n'est pas de déclarer coupable ou innocente la personne qui lui est présentée, mais de déterminer si le "très sérieusement soupçonné" doit être mis en détention ou laissé en liberté pendant le cours de l'instruction.

En d'autres termes, le JLD doit déterminer si le comportement, la personnalité ou l'attitude de la personne qui lui est présentée justifient sa mise en détention dans l'attente du procès.

Plusieurs critères légaux limitatifs sont soumis à l'examen du JLD (sa dangerosité, la gravité des faits reprochés, les risques de pression sur les victimes, le risque de fuite).

En l'occurrence, Monsieur Ghabbour a été arrêté alors qu'il était en fuite. Il lui est reproché une tentative d'homicide volontaire contre les forces de l'ordre ainsi qu'un vol à main armée, crimes pour lesquels je le répète, il a été mis en examen.

Trois critères légaux sur quatre sont remplis alors qu'il en suffit d'un pour 99 % des mis en examen lambda des affaires non médiatisées. On peut même dire que les quatre sont remplis puisque je crois me souvenir que les policiers ont de surcroît été menacés par la suite...

Je me doutais que Monsieur Bilger réagirait.

Il n'a cessé d'espérer une coopération policière et judiciaire et cette actualité nous en donne l'exact contre-exemple.

Le JLD n'est pas le juge de la qualité du travail de la police et encore moins un juge de la cour d'assises.

C'est le juge de la détention avant procès.

Qu'il crache ainsi sur tous les critères légaux dont l'un seul d'entre eux auraient dû emporter la mise en détention est une provocation.

On parle de Woerth & Co, mais ce genre de décision crée une inacceptable différence de traitement entre les Justiciables... par idéologie.

Commettez un délit de fuite après un banal accident de la route simplement parce que vous savez que votre taux d'alcoolémie est supérieur au taux légal : vous serez mis en détention dans l'attente de votre comparution immédiate.

A ce stade de la procédure, le JLD se fichera de savoir si vous aviez bu voire trop bu et si vous étiez responsable ou non de l'accident (ce sera à l'enquête de le déterminer).

Il retiendra simplement (et c'est ce qu'on lui demande) qu'il existe un risque de fuite puisque vous avez déjà fui et ordonnera votre détention jusqu'au procès.

Véronique Raffeneau

@ Philippe

Mais après tout, parce que j'y pense, pourquoi ne pas avoir écrit un billet au sujet par exemple, de la demande du Parquet du maintien en détention provisoire du septuagénaire de l'Hérault et suivie par la chambre d'instruction ?

""Je vous demande de confirmer le placement en détention au regard du trouble à l'ordre public lié à la nature des faits et à l'écho public qui en a été fait" a dit l'avocat général Laurent Bebon."
(Le Point.fr - 17-08)

Il me semble que là, Philippe, il y avait aussi, peut-être, pour vous matière à parler un jour pour ne se pas se taire toujours.

.../...

"La tare essentielle de notre chaîne pénale, c'est qu'elle ne permet pas l'existence d'une cohérence et qu'elle rompt la chaîne presque systématiquement de la phase policière à la phase judiciaire."

Je comprends la frustration, voire la colère des policiers dans l'affaire d'Uriage.

Mais en l'absence d'une indépendance nette du Parquet vis-à-vis de l'exécutif, il est selon moi indispensable que dans une démocratie et un Etat de droit la logique policière et la puissance publique trouvent en face d'elles des contre-pouvoirs et des équilibres, qu'un JLD peut dans le cadre d'une procédure, le cas échéant, incarner.

Le GDS a donné instruction au Parquet d'interjeter appel de la décision du JLD.

Franchement, vous nous dites que le procureur de Grenoble est un super procureur, pourquoi alors de la part du GDS faire comme si ses compétences professionnelles n'existaient pas en lui sommant d'interjeter appel ?

Il me semble que dans votre chaîne pénale, vous oubliez de mentionner le maillon invisible mais peut-être le plus décisif : la puissance de l'exécutif et de ses intérêts propres.

zenblabla

Monsieur Bilger

Soyez remercié d'être retourné dans l'arène tenir bon en vos propos initiaux.
J'approuve ce que vous y précisez.

Je m'avance peut-être beaucoup aussi en relisant :
"A Grenoble, depuis quelques semaines, en raison de ce qu'avaient subi les fonctionnaires de police, il était normal de ne pas songer qu'à son indépendance mais aussi à sa responsabilité. Reverra-t-on le mis en cause, par exemple ? Quid des policiers "chassés" de Grenoble ?",

et aussi:
".... par tous les autres JLD. Mais qui peut nier que le débat doit aller bien au-delà d'une satisfaction corporatiste et nous contraindre à relier, dans notre réflexion, le professionnel de justice, le policier et le citoyen ?",

en disant que:
Y aurait-il, comme en un relief karstique, des avancées policières dans des reculées citoyennes, au motif que dans ces reculées, tous ne seraient pas aussi bon citoyens qu'en ces fonds de vallées, où jaillissent les sources, il le faudrait.

Mais des bons citoyens, des habitants en ces reculés, ne disent-ils pas quand même que les manières policières ne sont pas adaptées, révoque le peu de sérénité en certes mauvais équilibres?
Evidemment, l'eau ne fait pas que jaillir en fond de reculés, elle tombe aussi du ciel, et même sourd des sols en plaine.

Alors si,
"en raison de ce qu'avaient subi les fonctionnaires de police, il était normal de ne pas songer qu'à son indépendance mais aussi à sa responsabilité"
est un argument incontournable, bien posé et plein de sens, du côté de la population si elle est innocente mais au moins échaudée, est-ce qu'il n'y a pas été pensé d'une semblable inspiration avec le JLD dans sa décision, à cette population incertaine de ses droits et en ses reculés.

Car je ne peux pas croire notre police incapable d'arrestation en douceur..., ou bien?

Merci encore vos enseignements, la démonstration par vous que soit laissée juste une libre expression

...
Et comme n'ayant pas lu votre intervention à temps et ayant mené des réflexions indépendamment, comme elles suivent cela ne vaut que digression:
J'ai détecté un trimvirat plein de sens, un véritable phénomène phénoménologique parmi les contributeurs du blog de M. Bilger.
Mais pourquoi use-t-il ses doigts en trois claviers qui serait trois gâchettes, ce triumvirat, si à l'autre bout du tir ne s'usent que nos yeux ?
J'ai nommé Achille-Damien-Savonarole.
Pour être plus efficace encore du phénomène il devrait faire de la politique, ce triumvirat, plutôt que drôle de porte-flingue pour notre hôte qui n'en a guère besoin.

Sinon, quel besoin?
Notre hôte, qui décrit depuis l'intérieur ce que lui inspire le monde qu'il décrit, il a bien raison de démontrer ce qu'est l'extérieur vu depuis l'intérieur, car l'un ne va pas sans l'autre.
Mais inspirer un ministre de l'intérieur, depuis l'extérieur, cela ne va pas tellement de soi !
Alors, ce triumvirat, c'est peut-être un corpus de missionnaires par lequel suivant chacun ses qualités, l'un se tiendrait prudemment à la frontière tandis que l'autre escorterait le troisième dans la profondeur de ses explorations.
A force de pratique, ils parviendraient même à s'interchanger..., bonifierait.

Cela explique sans doute pourquoi on redécouvre avec eux, au plus profond de la jungle, nos célèbres châteaux de la Loire.
Pouvons-nous alors nous persuader de les sauver, ces châteaux, et d'élaguer parmi les lianes virtuelles...

Francois F.

Comme je l'ai déjà écrit, il y a un discours sécuritaire (parfois outrancier !) mais il me semble erroné d'en déduire qu'une politique sécuritaire est appliquée en France (sauf peut-être envers les automobilistes). La décision de ce JLD en est une preuve supplémentaire et s'il a pu la prendre si facilement, c'est que le pouvoir actuel au-delà des mots l'a bien aidé.
Aux arguments que j'ai déjà donnés (cf Segolène Royal persiste et signe), je pourrais ajouter ceux-ci, on y cherchera longtemps le caractère sécuritaire :
- Appel du parquet non suspensif en cas de remise en liberté par un JLD.
- Restriction des possibilités de détention provisoire.
- Suppression de la double peine.
- Maintien de la loi Besson (dont la non-application par les collectivités permet à certains d'excuser certaines délinquances), etc.
- Et les peines plancher direz-vous ? C'est une politique sécuritaire non ? Je ne crois pas, plutôt le type même de la mesure en trompe-l'oeil électoraliste : quand on instaure des peines plancher, on s'arrange pour que les juges puissent passer outre moyennant une petite justification (les magistrats sont très forts pour justifier, s'ils le souhaitent, n'importe quoi !). Ainsi une certaine opinion qui croit qu'on a instauré des peines plancher est contente et les juges qui savent qu'ils peuvent toujours faire ce qu'ils veulent sont satisfaits eux aussi. De plus le texte n'impose même pas que la peine de prison plancher soit ferme, le prévenu peut donc être condamné à de la prison avec sursis !!!! Combien de Français le savent ?
Les Français ont voulu élire un avocat. Ils ont ce que peut leur donner un avocat : des mots ! J'ai toujours pensé que Sarkozy se contrefichait de la sécurité des Français et qu'il n'y voyait qu'un intérêt électoral, son objectif principal étant d'accaparer avec ses amis le pouvoir et les avantages qui vont avec : à cet égard, le cas Woerth est exemplaire de ce qu'est le sarkozysme dans les actes, plus dans les mots !

Gérard DELALOYE, avocat

Cher Philippe Bilger,

J'ai constaté, à la lecture des observations de vos lecteurs, que plusieurs d'entre eux (une fois n'est pas coutume...) n'étaient pas d'accord avec votre opinion sur la décision du JLD.

Un blog, me semble-t-il, devrait parfois être un support de discussion interactive.

Il serait sans doute intéressant de connaître vos réactions à celles provoquées par votre article.

Sylvain

@ZEBULON | 05 septembre 2010 à 21:54

Félicitations Monsieur Bilger, vous êtes courageux. Faites de la politique, vous apporterez beaucoup à la nation. Contrairement à tous les autres...

...................................

Non M. Bilger, ne faites pas de politique, surtout pas, vous y perdriez votre âme et votre honneur... Le monde change, les peuples, surtout le nôtre, deviennent de plus en plus versatiles et ceux qui sont censés diriger ne servent que de boucs émissaires à toutes les frustrations, réelles ou imaginées ; un élu n'a pas plus d'importance qu'un "chamboul' tout" les jours de kermesse. Le bulletin de vote a perdu toute sa valeur civique et citoyenne : les gens n'y accordent pas plus d'importance qu'une feuille du rouleau qui trône dans nos commodités.
Restez tel que vous êtes, M. Bilger, vous avez tout à y gagner.

Christian C

@Judith,
« J'ai cru comprendre que cet homme était en fuite. »

Vous substituant au JLD, vous mettez ce mis en examen en détention parce que vous avez cru comprendre.
« Naturellement nous ne connaissons rien du dossier mais les policiers eux, le connaissaient, de même que le Parquet. »
Le JLD n’a pas, selon vous, la présomption de connaissance du dossier ?
« L'arrêté-libéré a été mis en examen par ce juge : cela veut dire que ce dernier a trouvé dans le dossier suffisamment d'éléments pour le croire capable d'avoir commis les faits qui lui sont reprochés. »
Si vous étiez juge, vous condamneriez donc un homme parce qu’il est « capable » du fait, et non « coupable » ?
J’espère que vous ne jouez aucun rôle dans la hiérarchie judiciaire.

Jean-Dominique Reffait

Je ne sais pas. Est-ce trop d'avouer cela ? Je ne sais pas. Philippe, vous avez de la chance, vous savez. La grâce vous est descendue du ciel. Moi, je ne sais pas.
Je ne suis évidemment pas favorable à ce qu'un assassin traîne dans les rues. Cela doit-il me conduire à souhaiter la détention du premier venu parce que le président et le ministre de l'Intérieur gesticulent ?
A vous lire, peu importe ce qu'il y a dans le dossier, puisque vous admettez ne pas le connaître, il faut embastiller par principe celui que la police a arrêté et qui, de surcroît jouit d'un passé peu flatteur. Oh je ne fustige pas la police qui, dans ce cas, doit être très motivée à retrouver le véritable coupable. Elle arrête quelqu'un qu'elle a de bonnes raisons de croire coupable, elle n'est pas tombée sur cet homme par hasard, j'ai plutôt confiance dans la police en la matière, dans la mesure où elle doit continuer ses investigations et ne pas considérer qu'avec un suspect la messe est dite. Mais le juge, avec les mêmes éléments, apprécie les choses autrement. Il a le dossier sous le nez le juge, non ? Parce qu'il ne suit pas l'émotion des syndicats de police, vous y voyez de l'idéologie. Mais si le dossier était à ce point vide ? Vous considérez sans doute qu'un ancien braqueur peut très bien supporter quelques mois de prison quand bien même ne serait-il pas le coupable que l'on cherche. Vous avez peut-être raison mais tout de même : ne vaut-il pas mieux mettre un minimum de droit, une once, un milligramme dans une décision d'incarcération ? Ce n'est pas l'excès de droit qui est le risque le plus grand en la matière, mais son absence totale.

Notez que vous êtes cohérent : instaurer le caractère suspensif de l'appel du Parquet ! Ben voyons ! Allons plus loin dans la logique : supprimons toutes les juridictions de la détention et confions les tampons d'incarcération au Parquet. Il faudra prévoir un petit budget pour votre réforme dans la mesure où le parquet réclame systématiquement la détention, rejette systématiquement les demandes de remise en liberté, il va falloir faire de la place !

Je me contente d'avouer honteusement que je ne sais pas. Je ne bêle pas avec agneaux, je ne hurle pas avec les loups, je ne sais ni bêler ni hurler.

Philippe Bilger

Démagogie "bilgérienne", paraît-il.
Beaucoup de commentaires me donnent vigoureusement ou amicalement des leçons en regrettant que j'aie écrit ce billet.
Je ne porte pas le discrédit sur une décision de justice mais, contestant la position singulière d'un JLD, mon propos n'offense nullement l'autorité de la justice ni ne vise en général à disqualifier la magistrature. Cette extrémité seule serait de nature à me faire encourir un tel reproche. J'ajoute qu'avec ce post, je ne fais qu'accompagner un mouvement que l'appel du parquet a judiciairement traduit.
J'ai cru comprendre qu'on m'imputerait aussi d'avoir développé mon point de vue sans connaître le fond de la procédure. Il s'agissait d'une mise en examen. Non pas d'une discussion sur l'innocence ou la culpabilité mais d'une évaluation des présomptions pesant sur une personne interpellée et déférée par la police à un juge d'instruction ayant saisi le JLD pour une détention. Je sais qu'il est hélas usuel de considérer que la police, naturellement négligente, n'a offert que des preuves dérisoires et inconsistantes, voire aucune preuve du tout. Soyons sérieux : contre l'individu présenté, pesaient nécessairement des présomptions que l'information permettra ou non d'amplifier en charges. A ce stade procédural, à partir des informations multiples quoique forcément superficielles recueillies, j'avais toute légitimité pour formuler un avis sur une séquence qui ne se rapportait qu'au rapport entre un contexte grenoblois, des présomptions et une demande de détention. J'ajoute - et je répète - que la caution d'un procureur général fiable et compétent n'était pas non plus sans apporter du crédit à ma thèse. A partir des éléments dont je disposais et qui tenaient à l'ordre public, à la disparition délibérée du mis en cause depuis juillet et à son passé criminel, il n'était pas illégitime de ma part de m'appuyer sur ces incontestables données pour critiquer une position individuelle de JLD. Je n'étais pas moins habilité à me prononcer que ceux, magistrats syndiqués,qui ne disposaient pas de davantage pour venir au secours du JLD.
J'avais d'autant plus le droit d'intervenir que cette affaire s'inscrit dans une polémique et des affrontements qui à nouveau avaient pris la police pour cible au propre et au figuré. La tare essentielle de notre chaîne pénale, c'est qu'elle ne permet pas l'existence d'une cohérence et qu'elle rompt la chaîne presque systématiquement de la phase policière à la phase judiciaire.
Surtout, qu'on ne vienne pas sans cesse brandir comme un ostensoir la notion d'indépendance alors que d'une part elle n'est pas tout et que d'autre part elle n'est pas de nature à démontrer par elle-même la validité d'une décision. En l'occurrence, il n'est venu à personne l'idée saugrenue de discuter l'indépendance du JLD. Il y a droit et il l'a eue. Ceci ne signifie pas qu'on doit s'interdire de vérifier le contenu qu'il a donnée à cette liberté. A Grenoble, depuis quelques semaines, en raison de ce qu'avaient subi les fonctionnaires de police, il était normal de ne pas songer qu'à son indépendance mais aussi à sa responsabilité. Reverra-t-on le mis en cause, par exemple ? Quid des policiers "chassés" de Grenoble ?
Je conçois que pour mes excellents commentateurs avocats, l'ordonnance du JLD grenoblois soit pain bénit et un exemple à respecter par tous les autres JLD. Mais qui peut nier que le débat doit aller bien au-delà d'une satisfaction corporatiste et nous contraindre à relier, dans notre réflexion, le professionnel de justice, le policier et le citoyen ?
J'estime que les leçons qui m'ont été données sont sujettes à caution et qu'il est trop facile de se draper dans de grands principes pour ne pas affronter la provocation singulière et libre (évidemment !) d'une décision mal comprise et mal acceptée. La censure qu'on voudrait imposer au magistrat blogueur que je suis au sujet d'une péripétie aisée à appréhender ferait le lit demain d'une passivité devant des scandales infiniment plus graves à dénoncer. Ce serait un risque pour la justice et la démocratie. Se taire un jour, se taire toujours !

anne l.

Le JLD a examiné le dossier. Il a estimé que la détention provisoire ne se justifiait pas. Les commentateurs n'ont pas connaissance du dossier. Ils sont persuadés qu'elle s'imposait.
Puisque le procureur estime que la décision n'est pas la bonne, son appel permettra un nouvel examen du dossier et une éventuelle infirmation par la chambre d'instruction dans quelques jours.
Parler de scandale, de forfaiture et prononcer toutes sortes de noms d'oiseau est assez inquiétant. En abordant ainsi les dossiers les plus sensibles pour l'opinion, on discrédite non un juge mais toute l'institution judiciaire et on aboutira rapidement à de nouvelles affaires Outreau puisque les JLD décideront de plus en plus sous la pression de l'opinion. Il est très inquiétant, dans une démocratie, que les commentaires soient aussi irrespectueux d'une décision de justice qui, même si elle est mauvaise - ce qui n'est peut-être pas aussi évident que certains ne l'affirment -, ne mérite pas les qualificatifs qui lui sont attribués au plus au niveau de l'Etat.

ZEBULON

Félicitations Monsieur Bilger, vous êtes courageux. Faites de la politique, vous apporterez beaucoup à la nation. Contrairement à tous les autres...

ZEBULON

"Reste donc à savoir qui s’est plantée : la Police ou la Justice." Je vous prie de bien vouloir signaler que le parquet ainsi que le magistrat instructeur a demandé un mandat de dépôt concernant ce braqueur. Il ne faut pas opposer systématiquement la Police et le Justice, tout n'est pas tout blanc ou tout noir.
Dans les jours qui ont suivi ce "verdict" de mise en liberté, un autre braquage a eu lieu dans une bijouterie de Grenoble.
A tous ces idiots qui pensent que Monsif Ghabbour devait être libre, j'espère pour eux qu'il ne recommencera pas un nouveau braquage au cours duquel il tuerait quelqu'un. Le pire c'est que cela ne les empêchera même pas de dormir.
VOUS ETES DES IRRESPONSABLES avec votre morale à deux balles de présomption d'innocence qui s'applique à tous. Parlez-en aux familles des "dommages collatéraux" de ces braquages.
SEPARATION DES POUVOIRS ??? Depuis quand ? Depuis que le Juge Burgaud a dû répondre de ses actes devant les parlementaires ??? FOUTAISES.
Le peuple ne veut plus de Justice des textes, mais il a besoin d'une justice du coeur. Et dans le coeur de tous, Monsif Ghabbour aurait dû partir en prison, enfin, après tous les délits qu'il a commis dans le passé.

Franck Boizard

Certains opposent maître Eolas à P. Bilger.

Cependant, maître Eolas et ses collaborateurs souffrent de deux défauts rédhibitoires à mes yeux et qui rendent leur blog inférieur à celui-ci :

> ils croient, ou feignent de croire, que tout ce qui est légal est juste. Ainsi, le cœur du débat est esquivé : l'appareil judiciaire est discrédité parce qu'une bonne part de l'opinion est persuadée, hélas, je crois, avec raison, que la justice française peut prendre des décisions à la fois légales et très injustes.

> maître Eolas et ses boys sont anonymes. C'est un défaut majeur (je vous prie de ne pas engager de discussion sur ce point : c'est hors sujet. Je vous le livre juste comme un de mes éléments de d'appréciation de maître Eolas. Je sais qu'il y a des gens qui défendent l'anonymat avec d'excellents arguments, mais, ayant pesé le pour et le contre, j'ai fait mon opinion).

Savonarole

"Mais je pense que tant que des exécutions publiques ne viendront pas étancher la soif de sang des plus apeurés parmi nos concitoyens, Savonarole et Sylvain continueront à dormir avec un pistolet à grenaille sous leur oreiller."
Rédigé par : franck | 05 septembre 2010 à 10:47
__________________________________________

Désolé mais je ne me suis pas exprimé sur ce billet de P. Bilger.
J'ai répondu à une réaction de Denis Monod-Broca, contributeur de ce blog.
J'espère vous avoir éclairé.
Quoique tenter d'édifier un Dupont-Duconneaux est une oeuvre de longue haleine...

Alex paulista

@ Contredire

Ce n'est pas exactement ce que dit notre hôte. Il dit qu'en général, dans pareille situation, on place en détention provisoire.
Ce souci de cohérence avec ce qui se fait habituellement n'est pas non plus à balayer d'un revers de main et fait que la libération peut être perçue comme un camouflet par les forces de l'ordre.
Mais justement, l'écho médiatique de cette affaire donne l'occasion d'affirmer un changement dans la pratique de la détention provisoire à des fins punitives.

Judith

J'ai cru comprendre que cet homme était en fuite.
A elle seule, cette information justifiait la mise en détention puisque rien ne garantit qu'ayant fui une fois, il se présentera aux convocations du juge d'instruction.

C'est l'un des motifs de la mise en détention, probablement le plus imparable, et ce motif a manifestement été ignoré.

Je crains qu'il ne s'agisse d'une décision purement idéologique d'un juge qui voulait démontrer à quel point il s'opposait aux instructions ouvertes du gouvernement et du président de la République.

Si tel est le cas, c'est un scandale.

Le gouvernement des Juges n'est rien de moins qu'une dictature.

Le pouvoir des Juges est au service de la Loi, non au service d'une idéologie personnelle.

Naturellement nous ne connaissons rien du dossier mais les policiers eux, le connaissaient, de même que le Parquet.

Il faut arrêter le fantasme : les policiers ne font pas la chasse aux innocents surtout dans des affaires aussi sensibles, où toute bourde serait immédiatement médiatisée.

L'arrêté-libéré a été mis en examen par ce juge : cela veut dire que ce dernier a trouvé dans le dossier suffisamment d'éléments pour le croire capable d'avoir commis les faits qui lui sont reprochés.

Malgré cela et malgré le fait qu'il ait été arrêté en fuite, il l'a remis en liberté...

Je reviens d'un mariage où les invités étaient très majoritairement de gauche (ils parlaient de la manifestation de mardi espérant qu'il fasse beau tandis que j'allais sur la piste faire la danse de la pluie), les oreilles de Sarkozy ont certainement sifflé mais j'imagine que les tympans de ce juge ont littéralement explosé.


Jean-Pierre

En guise d'antidote à la démagogie bilgérienne:

http://www.syndicat-magistrature.org/Grenoble-Etat-de-police-contre.html

Alex paulista

@ Achille

Vous avez raison, Sylvain est un commentateur "décomplexé".
Pourquoi pas, il aurait tort de se gêner après tout. Il n'est pas ministre, lui.
De là à réagir...

Baleine

"Qu'on ne vienne pas soutenir que le magistrat en cause n'a fait qu'appliquer la loi alors que celle-ci dans une application stricte et non idéologique aurait plutôt dû conduire à une ordonnance de détention."

Ceci est le noeud de l'affaire et hélas ici, vous affirmez, alors qu'on aurait aimé que vous démontriez.

Gérard DELALOYE, avocat

Monsieur l'avocat général,

Sauf le respect que je dois à votre personne et à vos fonctions, ne commettez-vous pas, en publiant votre article, comme le relève Me EOLAS dans son blog, le délit consistant à jeter le discrédit sur une décision de justice ?

J'aimerais bien connaître votre sentiment à ce sujet.

Achille

Après lecture des commentaires, je voudrais revoir ma position dans cette affaire.

Il convient, en effet, de savoir si la personne qui a été arrêtée est bien le second braqueur du casino d’Uriage ou si c’est simplement un pauvre joueur qui était tranquillement au casino en train d’essayer de se « refaire ».

Evidemment si les forces de l’ordre ont présenté ce gars-là devant le juge sans avoir la moindre preuve tangible, on comprend mieux la position du juge des libertés et de la détention qui s’est limité à un simple contrôle judiciaire.

Reste donc à savoir qui s’est plantée : la Police ou la Justice.

Jean-Yves Bouchicot

Dommage, Philippe : votre blog est victime collatérale des coups de volants de la Présidence. Je me demande depuis quelques jours comment les commentaires sont "modérés". Je ne voudrais pas être à la place du Médiateur (ou de la Médiatrice). Vous aurez fait ce que vous avez pu, mais la ligne du "milieu Juste" est devenue intenable, ce me semble. Vous en êtes réduit, homme de dialogue et de mesure, à publier les éructations de celui qui signe "Sylvain". Je lui reconnais le droit d'être de droite, et même sarkozyste si ça lui chante, mais force m'est de constater que le niveau baisse, pour ne pas dire qu'il coule. "Don't feed the Troll"
Oui, la non-incarcération du suspect du Casino d'Uriage est incompréhensible, pour moi comme pour les policiers qui ont travaillé à le rechercher et le déférer. La seule explication à ce mystère tient là : à force de gouverner avec les sondages, on donne des coups de volant de plus en plus pendulaires qui s'amplifient jusqu'à l'inévitable sortie de route. Le platane vous attend. Vous n'étiez pas obligé d'être solidaire. Et croyez loin de moi l'idée de vous dire : "J'l'avais dit." Il y a des presciences amères. Courage.

Contredire

Résumons votre article : "Je ne connais absolument rien du dossier, je n'ai lu aucun procès-verbal, j'ignore complètement si des charges un tant soit peu sérieuses ont été réunies contre cet homme, mais peu importe, moi je l'aurais mis en détention."

Morale de l'histoire : heureusement vous êtes parquetier et non pas juge du siège, et espérons un peu plus encore la séparation définitive entre ces deux corps, tant la mentalité est - heureusement pour nous les justiciables - très différente entre les unes et les autres.

Franck Boizard

Franck Boizard

Il n'est pas besoin de connaître le dossier pour justifier le maintien en détention : le trouble à l'ordre public et la fuite, indépendants du dossier, suffisent (d'autant plus que, au nom du trouble public, on maintient en détention un septuagénaire dont l'arrestation a déclenché infiniment moins de troubles que les émeutes grenobloises - ces deux poids, deux mesures font un effet dévastateur dont les magistrats auraient intérêt à prendre conscience).

Il y a dans cette décision, qui n'est hélas pas isolée, le symptôme d'une justice très malade.

Peu importent les critiques que vous pouvez encourir, il est sain qu'un juge tente de réconcilier la justice, la valeur morale dont chaque homme est digne d'avoir le sentiment, avec la justice, l'institution ; autrement dit, qu'un juge essaie de réconcilier la légalité avec la justice.

En effet, l'idée que ces deux justices sont de plus en plus éloignées n'est pas pour rien dans le discrédit qui frappe nos institutions.

Il y a des magistrats qui ont visiblement oublié que, même si ils ne sont pas soumis à élections, leur légitimité vient du peuple et que le peuple la leur consent si la justice qu'ils rendent n'est pas trop contraire au sentiment de justice.

Ces magistrats qui méprisent la justice, au sens commun, comprennent-ils que, trahissant leur mission, ils scient la branche sur laquelle ils sont assis ?

Dav38

Bref si on veut raccourcir, il faudrait enlever le JLD puisque par solidarité et respect pour le travail policier, il n'aurait plus rien à juger !!

Ludovic

Bonjour M. Bilger,

Si la décision du JLD m'a surpris, je me garderai bien de la commenter. J'imagine que ce magistrat n'a pas rendu sa décision à la légère. Vous savez mieux que quiconque qu'une décision de justice n'a pas à complaire à l'opinion publique ou au pouvoir exécutif. Plutôt que de hurler avec les loups, je rejoins la sagesse du commentaire de Christian C.
Une phrase de votre billet me fait toutefois bondir : "Une réforme procédurale est à mettre en chantier d'urgence : restaurer le caractère suspensif de l'appel du parquet". J'espère bien qu'il n'est pas question d'une telle réforme.
Conférer au parquet un pouvoir supérieur à celui de la défense devant une juridiction (ici le JLD, mais il pourrait s'agir d'un tribunal correctionnel ou d'une cour d'assises) serait pour le coup une véritable forfaiture en contradiction totale avec le système accusatoire que vous avez toujours défendu. Le parquet n'est et ne doit être qu'une des parties d'un procès, c'est aux magistrats du siège, indépendants, que revient le pouvoir de rendre la justice. Il en va de l'équilibre de la Justice et si je ne conteste nullement le droit du parquet d'interjeter appel, je considère qu'un appel suspensif serait une monstruosité judiciaire.

Fariolet

1) Il est interdit de commenter une décision de justice.
2) Un magistrat, eût-il pris une décision aberrante, voire préjudiciable à un citoyen, est intouchable.
3) Les syndicats de magistrats couvrent un spectre politique suffisamment large pour défendre l’ensemble de la corporation.
C’est quand même du trois à zéro.
Bravo, donc, pour ce billet qui refuse "la solidarité mécanique et obligatoire" au profit du bon sens.

raoulginette

Bonjour à tous,

Ce qui paraît étonnant avec cette affaire, ce n'est pas tant la décision du juge, car nul ne connaît le dossier, que l'absence d'égalité de traitement des affaires entre les différents tribunaux.
A Strasbourg, cette semaine, des individus sont en prison pour avoir volé des bicyclettes et avoir commis des vols à la roulotte.
A Corbeil (91) des individus condamnés à de la prison ferme pour une tentative d'homicide sur un policier avec un marteau ont été condamnés à de la prison ferme mais ils sont libres et vont bénéficier d'un aménagement de peine.
Si on est en République, alors on attend d'y voir plus clair.
Le RSA, les allocutions familiales et les impôts sur le revenu sont les mêmes partout en France. On attend de même de la justice.

L'individualisation de la peine et autres concepts est un concept dépassé qui doit être sévèrement réformé pour ne plus entraîner ce n'importe quoi.

Merci

franck

La différence entre l'appel à la raison et au respect du droit dans le texte de maître Eolas sur le même sujet, et l'appel à un effacement de la loi pour satisfaire aux passions populaires et politiques dans le vôtre est frappante.
Où il démontre encore une fois que le supposé laxisme dont ferait preuve la justice dans notre beau pays, est plus une affaire de ressenti dans les couloirs de la rédaction de TF1 qu'une réalité statistique. C'est d'ailleurs le cas de beaucoup d'autres sujets passant par les pattes de nos vénérés leaders.
Mais je pense que tant que des exécutions publiques ne viendront pas étancher la soif de sang des plus apeurés parmi nos concitoyens, Savonarole et Sylvain continueront à dormir avec un pistolet à grenaille sous leur oreiller.

At the Mercy

Ce qui me dérange est cette tendance des politiques à s'indigner de décisions de justice et à faire pression pour obtenir les décisions qui les arrangent d'un point de vue électoral.

Ce qui me dérange aussi est que la détention préventive qui devrait être l'exception est devenue la règle. Mais peut-être est-ce la logique de l'évolution d'une société où un ministre de l'intérieur parle de présumé coupable.

mike

Nous devrions reprendre en choeur dans ce pays qui doute de lui-même la chanson bien connue :
"Tout va très bien, madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien, mais cependant..."

Véronique Raffeneau

"Le peuple, la police et nous ? Pour ma part, sans hésitation, à et pour Grenoble, je choisis le premier et la deuxième."

Je voudrais juste dire que de la part d'un magistrat du Parquet votre choix est somme toute très cohérent.

Mais, à tort ou à raison, je considère que Philippe Bilger s'exprimant dans son blog n'est pas exclusivement l'avocat général Philippe Bilger.

Bref, je pense que votre blog n'est pas une publication à vocation professionnelle, mais bien votre journal d'idées à caractère intime : au sens de ce qui vous agite, vous émeut, provoque chez vous une réaction, mais également et surtout suscite un débat contradictoire entre vous et vous.

Aussi le principal reproche que j'adresse à votre billet est le fait qu'à aucun moment vous n'envisagiez la décision du JLD du point de vue des tensions qui, normalement, travaillent un juge dans l'élaboration du processus de prise de décision.

Il est d'entrée acquis pour vous que le JLD n'a agi que par désir de provocation et que sous la seule impulsion d'en découdre avec l'exécutif.

Vous n'accordez à ce juge aucun droit au dilemme intime. Vous n'envisagez pas l'éventualité que sa décision ait pu être prise au prix et dans l'ombre d'un questionnement grave et difficile.

Par ailleurs, au risque d'entraîner des incompréhensions, je ne suis pas certaine que le questionnement d'un JLD repose PRIORITAIREMENT sur la défense de l'intérêt social et sur la validation obligatoire du travail des policiers.


paterzan

M. Bilger, c'est très bien d'extrapoler sur ce sujet. Votre papier tient la route mais il ne faut pas oublier l'innocence dans tous les sens du terme. On peut vous montrer du doigt alors que vous n'avez rien fait. Restons-en là et voyons la suite ?

Jean

Monsieur Bilger, votre billet pose une excellente question. La légalité est-elle synonyme de Justice ?
La récente et très controversée décision de justice prise par le JLD de Grenoble prouve, hélas, que ce qui est légal ne sert plus ce qui est juste.
Et quand ce qui est mal triomphe légalement, les gens, leurs enfants, l'avenir social et tout ce qui fait tenir en équilibre une société est en péril.
Le prix de l'angélisme et des pseudo grands idéaux est bien trop élevé.

Raty de Robinson

M. Philippe Bilger, merci pour ce commentaire articulé et à mon avis juste.
Il ne faut pas craindre de dire la vérité.
Et moi, moins contraint que vous, je peux dire que j'ai été à même de mesurer l'esprit pervers et les malhonnêtetés d'une avocate dans un procès civil.
Parce que j'ai été militaire de carrière. Et que j'étais "tombé" par malchance dans les mains d'une avocate dont j'ignorais qu'elle appartenait à une cellule de la LCR.
Je dis qu'il y a des magistrats et des avocats qui sont des idéologues révolutionnaires qui s'attachent avec talent à utiliser toutes les possibilités de la loi, de la procédure, ou la trahison pure et simple de leurs clients, pour aller à la provocation subversive et faire monter les tensions, les ressentiments qui génèrent la violence. Car la montée des violences est dans leur stratégie une des conditions de la désorganisation et du chaos, ce qui est précisément recherché par ces gens-là.
Vieille recette dont il faut être conscient et qui s'inscrit dans la vaste entreprise de subversion des institutions de la société qu'il haïssent en l'état.
Et au prix d'autres injustices et d'autres victimes collatérales.
Le second "suspect" dans cette affaire, libre pour l'instant, ne va-t-il pas commettre des délits, voire des crimes ?
Il sait que son sort est seulement différé.
Le juge des libertés "fait joujou" avec la sécurité, voire la peau des autres.

Ce qui est grave, c'est que divers assauts n'ayant rien à voir entre eux se rencontrent sur le même objectif : subversion de la République et de ses principes fondateurs, de la laïcité, subversion de la société par la disculturation et l'inversion des valeurs, par l'argent roi et le consumérisme effréné, l'individualisme hédoniste, la "festivisation" de la vie sociale (voir Philippe Muray), la politique de désengagement civique des médias, la banalisation de la corruption, etc.

Votre intervention apporte un peu "d'oxygène cervical" là où il en manque tant.

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