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05 février 2011

Commentaires

Denis75

Hélas, mille fois hélas... Je pense que vous n'avez toujours pas saisi la quintessence de l'action du politicien Nicolas Sarkozy.

"Nicolas Sarkozy a saisi l'ampleur de la fronde judiciaire, il en tirera les conclusions qu'IL VEUT. En tout cas, le mouvement prévu jusqu'au 10 février est superfétatoire s'il vise seulement à alourdir la riposte aux propos présidentiels et à lui adresser un message encore plus déterminé."

Le 9 février, les magistrats administratifs avaient également appelé à faire grève. Ce genre d'action "jusqu'au boutiste" pour des hauts fonctionnaires du pouvoir judiciaire très professionnels et respectueux de l'État de droit est significatif d'un malaise dont vous ne devez pas saisir l'exacte ampleur.

J'entends votre souhait de ne pas prendre le citoyen en "otage" : c'est toujours malheureux de devoir en arriver là. Mais c'est parfois l'unique moyen des grévistes pour aboutir à une fin qui soit plus favorable pour tous.

Si quelques jours de retard n'handicaperont pas outre mesure les justiciables, ces ultimes agressions médiatiques à l'égard d'un pouvoir judiciaire toujours considéré comme inférieur aux deux autres ainsi que les volontés de réformes sans réelle finalité pratique depuis 2007 - sinon que de satisfaire une clique élitiste et dorée - n'ont qu'un seul but... qui n'est pas celui d'unifier et de d'apaiser la société française, me semble-t-il.

Car, depuis 2007, tout fonctionne de la même manière : division (comme si les magistrats étaient des débiles mentaux corporatistes qui remettent en liberté d'autres débiles mentaux) ; exacerbation basée sur l'émotionnel et jamais sur le rationnel (citez-moi un contre-exemple, ma mémoire est peut-être défaillante) ; puis, enfin, passage en force...

Donc, si les magistrats sont déterminés à défendre une justice qui juge "au nom du peuple français", ils peuvent légitimement tenter d'influencer les citoyens sans se les mettre à dos. La bonne administration de la justice mérite mieux que les coups de pied de l'âne que lui assène notre chef de l'État.

calamity jane

Au nom du peuple français, les magistrats
défendent leur bout de gras : manque de
moyens et antérieurement de considération.
Une dichotomie étonnante pour qui prétend juger sans appel les manquements à la Loi.
Autrement dit : peuple sous la robe, pontife
avec.
Tout ceci dans un pays où près de la moitié
de la population vit avec un revenu mensuel
sous la barre des mille euros.
L'air du temps !
Comment en est-on arrivé à cette situation
chez des représentants en charge de faire
respecter la loi et connaissant les codes
pour faire pression... ?
Le peuple commence à en avoir "ras le béret"
qu'on lui demande d'être à chaque endroit
le dindon de la farce, exemple (pour rester
dans la basse-cour) lire toutes les étiquettes, s'informer de ce que les industriels
pétris dans la pub mensongère nous refourguent pour becqueter ; surveiller les
ordonnances de son toubib, lire les posologies de tous les médocs, éventuellement les
refuser pour ne pas aggraver ses douleurs !
savoir aller devant les Tribunaux en con-
naissant la Loi (que nul n'est censé ignorer) c'est-à-dire être capable de plaider son cas.
Mais il existe (!) un appareil indépendant,
la Justice donc, qui fait cela encore mieux
que vous "au nom du peuple français" après
que votre porte-revenus soit devenu étique.
Comprendre est une chose ; tout gober en
est une autre.
Quand on a la chance d'être les héritiers
de femmes et d'hommes qui ont su pousser
leur réflexion jusques et y compris dans
les abysses de la connaissance humaine,
avec toutes les erreurs qui ont pu s'y
glisser, on prend son courage à deux mains
on tape du poing sur la table pour ne pas
oublier que chaque famille, dans une nation,
s'est battue au moins une fois pour résoudre une injustice.
C'est un lien et il est fort.

Jeanne

Je suis, comme beaucoup je pense, lasse de ces affrontements permanents, de ces défis ou mises en cause, excédée de cette volonté de clivage, de division, de divorce, fatiguée de ce souci de la seule apparence au détriment de l'efficience...

Διαίρει καὶ βασίλευε.

pitou002

Même si je sais que le pouvoir indépendant de la justice est un des trois piliers de la République et de la Démocratie, je ne peux m'empêcher de comparer les trublions corporatistes intouchables aux gens de l'AFSAAPS et au scandale du Mediator : quand il y a une faute, il faut faire la lumière et non pas se draper dans des robes comme des vierges antiques.

Christian C

@Véronique Raffeneau,
Je rejoins pour une bonne part votre analyse sur la façon dont a été « suivi » le dossier de Tony Meilhon par l’ensemble de la chaîne judiciaire ; peut-être y a-t-il eu faute, laissons à l’enquête le temps de se dérouler.
Je vous concède que le président ait été « très sincèrement bouleversé », encore que je doute que cette émotion eût atteint un sommet paroxystique.

Mais pourquoi focaliser le projecteur sur les magistrats et les services de police avant même que de s’être inquiété des éventuelles défaillances de la Chancellerie ? Au nom de quelle immédiateté désigner par avance un ou des coupables, si seule l’émotion est le déclencheur de sa réaction ? Pourquoi ne pas même envisager aussi la possibilité, fût-elle infime, d’une certaine fatalité ? Qui, sans connaître le dossier, peut affirmer qu’après la mobilisation de tous les moyens possibles - experts psychiatres, JAP, agents de probation, bracelet de géolocalisation, traitements chimiques - cet assassinat odieux n’aurait pas été perpétré ? Si vous détectez des raisons autres qu’électoralistes, je n’en ai pas trouvé.

La mise à l’écart (la prison à vie) de tous les délinquants considérés comme pouvant être dangereux serait donc le seul moyen de réduire tous les risques, sauf celui de l’évasion. Mais qui définirait dans ce cas ce qu’est un délinquant potentiellement dangereux ? Quel genre de tribunal, composé de quelles compétences, se chargerait de cette forme de mise à mort sans décès ? Et, à supposer que la majorité de nos concitoyens acceptent de financer une telle mesure, quel en serait l’effet ? Dans la volonté absolue qui semble mobiliser notre pays vers le « risque zéro », comment empêcher les citoyens non connus comme dangereux de tuer ou violer leurs contemporains ? En les détectant, comme l’ont proposé Nicolas Sarkozy et Frédéric Lefebvre, dès l’âge de trois ans à l’école ou par analyse génétique de leur ADN ?
Personnellement, je ne souhaite pas vivre une telle forme de civilisation.

Véronique Raffeneau

Mais que pouvaient bien valoir aux yeux du ministère de la Justice les multiples rapports et mises en garde concernant l'activité quotidienne du service d'application des peines de Nantes et adressés en pure perte par M. Couaillier, président du Tribunal de Nantes ?

Tandis que M. Couaillier alerte dans le vide, la seule actualité judiciaire qui absorbe l'essentiel de l'énergie des services du ministère se résume alors de toute évidence à la gestion - comprendre gagner du temps en vue du remaniement ministériel - d'un dossier classé lui totalement prioritaire pour ce qui est d'une mobilisation de ressources tant humaines que matérielles.

A la différence de bon nombre de commentateurs je pense que le président de la République est très sincèrement bouleversé par la tragédie de Pornic.

Je n'y vois pas forcément qu'un calcul électoraliste destiné à sa future campagne.

Mais plutôt une énergie à caractère défensif destinée à se persuader lui de la validité de ses préjugés contre les magistrats, préjugés qui prennent toute la place dans son analyse de ce dossier.

De toute façon cet argument exposé avec l’espoir d'un gain électoraliste serait à mon avis totalement inopérant.

Autour de moi, l'incompréhension la plus évidente qui se manifeste suite à cet drame absolu porte non pas sur l'aspect du suivi judiciaire de Tony Meilhon, mais prioritairement est pointée la passivité a priori des services de police en charge des plaintes déposées à l'encontre de ce garçon.

Moi la première j'ai un mal fou à comprendre pourquoi, par exemple, quand je me fais verbaliser pour non port de ceinture de sécurité, les gendarmes d'un coup d'un seul accèdent à des fichiers comme celui des cartes grises, alors que s’il y a plainte – dans ce dossier sept plaintes - pour violences, la biographie pénale de l'agresseur n'incite visiblement pas à crédibiliser la parole des plaignants.

Quand les services de police sont en capacité de mettre en garde en vue illico presto l’auteur d'un mail douteux adressé à Rachida Dati, alors il me semble que ces mêmes services sont en capacité de transmettre au procureur des plaintes relatives à un multirécidiviste affichant 13 condamnations au compteur en quinze ans.

Achille

Bonjour Philippe Bilger,

« Ce qui a changé dans le climat d'aujourd'hui, et depuis quelques mois, c'est que la gestion calamiteuse et, à la fois, partisane de certains dossiers politico-médiatiques et, plus globalement, l'évolution de l'image politique auprès des citoyens ont favorisé l'effacement de ce sentiment capital en démocratie et qui est le respect. »

Il est vrai que, depuis presque quatre ans, la notion de respect entre le pouvoir politique et les institutions, mais aussi les médias s’est sensiblement dégradée.

Les bourdes à répétition, les affaires politico-financières qui se succèdent et dernièrement les amitiés particulières d’une ministre avec des proches d’un régime dictatorial.

Un président qui s’efforce tant bien que mal de se défaire de sa période bling-bling en affichant ses goûts littéraires et cinématographiques dont on sent bien la « patte » de Carla.

Cette obstination du même président à faire passer en force ses réformes, quitte pour cela à faire revoter les projets de loi quand le vote ne correspond pas à celui qui était attendu.

Et « last but not least » cette propension à se comporter comme un éternel candidat à la présidence et utiliser le moindre fait divers pour tenir des propos populistes avec clairement une arrière-pensée électorale. Tout cela ne contribue pas à instaurer une situation de respect mutuel, c’est sûr !

jpledun

"Elle ne fera pas gagner un pouce sur le Front National"

Philippe, comme si c'était cela l'enjeu ?

Ce n'est pas parce que « Mediapart » « Le Canard déchaîné » et « Marianne» le décrètent que c'est la vérité vraie.

Demain, il n'y a pas d'élection.
Attendez, c'est trop facile. On ne bouge plus, tout le monde se planque jusqu’au 2ème tour en 2012 ?
Non merci ! Les problèmes c'est maintenant qu'il faut en parler. Les Laetitia c'est aujourd’hui qu'elles se font massacrer. Pas dans 13 mois.

J’entends toutes les critiques sur la forme, le style etc. Et puis ?

Oui, ce n’est pas la meilleure façon d’aborder le problème en lâchant ce genre de truc á la télé. En même temps tout le monde se sert des médias. Lui n’aurait pas le droit ?

J'ai lu beaucoup de crasses en réaction à vos deux derniers billets. Par là les anti Sarko font preuve de la "résistance" annoncée par M. le facteur déprimé, Besancenot.
Au vu de ce qui se passe en Tunisie et en Egypte... c'est á mourir de rire "leur" "résistance".

Alors encore une fois, la question que je vous posais lors de mon tout premier commentaire ici :

puisque la justice est indépendante, ni de droite, ni de gauche, pourquoi celle-ci est á ce point syndiquée ?
Comprends pas.

Jean-Dominique Reffait

N. Sarkozy a visiblement renoncé à être Président de la République. Par Président de la République, il faut comprendre le président de toutes les institutions de l'Etat républicain. Il répugne à présider l'Etat et ses institutions parce qu'un président, s'il sait diriger, est aussi celui qui assume la pleine responsabilité des éventuels dysfonctionnements, et N. Sarkozy n'est pas disposé à endosser ce costume.

Cette démission présidentielle laisse évidemment libre cours, sans les limites institutionnelles, à toutes les critiques envers ce qu'on est censé protéger sans ressentir le moindre sentiment de responsabilité. C'est sans doute ce qui justifie le maintien à toute force de ministres qui, même s'ils n'ont pas fauté, affaiblissent l'image de l'Etat à l'intérieur et de la France à l'extérieur. Le gouvernement est hors l'Etat, il n'est plus tenu de veiller à son intérêt, il déglingue ses composantes quand il le souhaite et, tare du quinquennat, il n'est plus responsable devant personne.

La grève des magistrats est une erreur stratégique, c'est d'ailleurs tout ce que souhaite le pouvoir. Parce que ce pouvoir ayant renoncé à présider l'Etat se conçoit comme intermédiaire messianique entre le peuple et les méchants fonctionnaires qui tuent les jeunes filles, il serait plus judicieux pour les magistrats de se rapprocher des citoyens, de mener des opérations portes ouvertes dans les SPIP pour montrer qui fait quoi, comment et avec quels moyens, d'ouvrir les arrière-cours des tribunaux pour montrer dans quelles conditions sont traités les dossiers, combien s'empilent sur les bureaux.

Savonarole

@ Mary Preud'homme

"Zenblabla , Votre blabla est souvent obscur, sinon incompréhensible. Je pense qu'on vous l'a déjà dit. Est-ce un genre que vous vous donnez, ou bien est-ce naturel ?
Rédigé par : Mary Preud'homme | 05 février 2011 à 20:45
_________________________________________

Catherine Jacob avait cru qu'il était japonais et se proposait de l'aider en français, mais elle s'est ravisée.

zenblabla

@Mary Preud'homme
Merci votre inquiétude.
Mon obscurité est absolument naturelle, of course...
Entre hasard et nécessité, quelque part.

Cela m'amuse parfois trop, mais puisque je suis quand même sérieux selon l'importance des sujets, j'aime beaucoup les "réquisitoires" de notre hôte.
Ils me semblent fondés, souvent justes, au minimum pertinents.

Mais, par atavisme s'il s'empêche, je suis malgré tout de gauche, et cela pour l'instant, quel que soit le trouble contemporain, car je ne vois encore guère de raisons qu'être de gauche cela me quitte!

Même si cela, manifestement actuellement, cela ne vaut plus...autant que cela produisait.
Il y a l'urgence d'un dépassement, entre tous alors?
Pourquoi M. Rocard et M. Juppé s'accoquinent l'instant d'un livre?
Il ne sont pourtant pas des transfuges!

Du trouble, sans doute..., certes.


Herman

Oui Alex, je me souviens même de gens ayant voté pour lui le regretter dès le lendemain, après "l'affaire" du yacht. A pleurer!...
Comment une société arrive à produire cela? Gros, gros problème...!
Nous ne sommes pas dans la tête du président et, même si la tentation est forte, on ne peut décemment lui imputer telle ou telle intention quant à l'utilisation de ce drame sans tomber soi-même dans cette exploitation outrancière...
Ce sont, une fois de plus, les médias, qui soit dit en passant sont à 90% sociétalement de gauche et économiquement de droite (tu m'étonnes!...) les coupables! "Voilà, nous n'avons pas d'images mais on peut vous dire qu'on ne sait rien et que si ça bouge promis on vous le dira ça y est on on a pas d'image mais on peut vous dire que c'est pas beau à voir d'ailleurs ya plus rien à voir etc.

Plus le drame est proche de chez soi, plus cela nous concerne, point barre.
Alors, que le président en rajoute, je n'y vois que du cynisme, ou de la débilité, au choix...

Mary Preud'homme

Zenblabla

Votre blabla est souvent obscur, sinon incompréhensible. Je pense qu'on vous l'a déjà dit. Est-ce un genre que vous vous donnez, ou bien est-ce naturel ?

sylvain

Rédigé par : Pierre-Antoine | 05 février 2011 à 17:13
@Sylvain

Qu'en pensez-vous ?

*************
RTL-Belgique s'étonnait samedi que Nicolas Sarkozy ait pris deux avions pour rejoindre Bruxelles, etc.........
.....................
Ben la prochaine fois il ira en pirogue offerte par son ami Gbagbo...

calamity jane

Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir
faire entendre leur voix !
Chacun essaie de matérialiser son malaise
devant une assemblée de gouvernants d'un
autre siècle dont leur chef le Président
de la République en campagne depuis 2005
qui n'a pas eu l'heur de s'apercevoir qu'il
avait été élu à la tête d'un pays... mdr
jaune.

zenblabla

Eh bien, Mary Preud'homme !
Engageriez-vous un peu de modération ?

Votre histoire de "décadence", par son contrepoint à tout propos à chaque fois m'agace.
A word as a suitcase ?

Manifestement, il faut penser à construire, depuis notre vieux monde, et même en lui et pour lui....

J'avais il y a quelque temps pensé au sujet du "respect".
Bien sûr, ce texte est trop long et trop court..., tant pis pour le lecteur!
Frontières:http://zenblabla.canalblog.com/

Il faut qu'il aille directement à la fin du texte, où le mot "respect" est associé au mot "dignité", ce dont vous ne manquez quand même pas.

Si ce contexte est juste, foin de décadence !
Les complicités, c'est toujours extrêmement difficile lorsqu'elles deviennent importantes, et peut-être même incontournables.

Guzet

"Le respect de tous côtés s'est évaporé". C'est évident, des sommets de la société aux comportements les plus prosaïques et les plus quotidiens... La France s'installe lentement mais sûrement dans un état d'anarchie, qui, pour l'instant, reste une anarchie soft... Jusqu'à quand ?

Christian C

@Mary Preud'homme

Je note avec intérêt que vous considérez MM. Moubarak, Gbagbo et Ben Ali comme les "personnes les plus en vue" de l'Internationale socialiste.

Je comprends mieux alors certaines de vos prises de position : pleines de bon sens.

L'Internationale socialiste n'est pas, et n'a jamais été un mouvement politique (n'en déplaise à votre "lexis").

verel

Peut-on sérieusement faire croire qu'il y avait des chances importantes de prévoir et d'empêcher ce drame si les magistrats avaient "fait leur travail" ou si les SPIP avaient eu plus de moyens ?

Est-il possible de regarder ce type de question sérieusement c'est-à-dire sans se laisser aveugler par l'émotion ?

Peut-on dire que le nombre d'homicides ne cesse de baisser en France (-35% en 10 ans) et qu'il est au plus bas niveau historique ?

Peut-on dire qu'un délinquant sexuel qui tue une personne cela arrive une fois par an ?

Qu'il y a nettement plus de maris qui tuent leurs femmes ?
Qu'il y a eu en 2008 plus de 4000 morts sur les routes ?

Qu'en rajoutant 1000 policiers pour prévenir les accidents de la route on ferait beaucoup plus sûrement baisser les morts violentes dans notre pays qu'en leur demandant de s'occuper des délinquants sexuels ? Que le deuxième commentateur se trompe donc ?

Que les hauts représentants de l'État et l'auteur de ce blog s'honoreraient en reconnaissant que les peurs autour des meurtres sexuels sont disproportionnées à la réalité ?

http://verel.typepad.fr/verel/2011/02/peur-disproportionn%C3%A9e.html

Jabiru

Les polémiques qui s'enchaînent au fil des semaines laisseront des traces. Le vinaigre et le sel déversés en permanence sur les plaies ne peut qu'exacerber, cristalliser et coaliser les esprits et surtout ne règle absolument rien.
Cette politique menace/sanction/spectacle est tout à fait méprisable au motif qu'il y a bien d'autres méthodes efficaces pour sanctionner des dérives avérées.
Comme d'habitude, si sur le fond on peut déplorer des désordres et s'interroger sur les causes, sur la forme, les coups de menton sont totalement inadaptés. Il y aurait tant à faire pour faire progresser les choses, mais trop souvent on se trompe de cible. Et s'il y a du ménage à faire qu'on commence par traiter les dérives de ceux qui devraient montrer l'exemple.
Mais ça restera probablement un voeu pieux !

Christian C

Monsieur l’avocat général,

La polémique ouverte par le président de la République ne me semble, hélas, pas près de s’éteindre, tant l’ouverture de la campagne électorale 2012 me semble solidement campée.
« Quand Michel Mercier souligne que le président de la République n'a fait qu'exprimer "ce que ressentent les Français" », le garde des Sceaux met en lumière un comportement de candidat, et non une attitude de président. Le ressentiment que cherche à susciter Nicolas Sarkozy à l’encontre des acteurs de la justice n’est qu’une tentative assez abjecte de manipulation de l’opinion publique ; ce n’est hélas ni la première, ni la dernière de la part de cet homme qui, à force de jouer à l’apprenti sorcier, finira bien par porter à la fonction suprême un représentant du Front National, pour la plus grande satisfaction de certains de vos commentateurs.
Après avoir qualifié ses adversaires de complices des délinquants alors qu’il se posait en défenseur des victimes, voilà qu’il nous présente en effet l’ensemble des acteurs de la justice comme des irresponsables favorisant les crimes sexuels par leur coupable passivité. Reconnaissez, Monsieur l’avocat général, que les magistrats et leurs auxiliaires ont des raisons de ne pas s’en déclarer ravis.
Mais vous avez raison, leur sens de l’honneur et de la responsabilité serait plutôt grandi par un mouvement réduit à une ampleur qui est la seule proportionnée à la bassesse de l’attaque : le mépris.

Pierre-Antoine

@Sylvain

Qu'en pensez-vous ?

*************
RTL-Belgique s'étonnait samedi que Nicolas Sarkozy ait pris deux avions pour rejoindre Bruxelles, de Paris, vendredi.

Le présidence de la République a en effet affrété pour ces 300 km de voyage l'A330 présidentiel en service depuis 2010 et également un Falcon, comme le relève LeMonde.fr.
La télévision belge RTL a filmé les 2 appareils.

Pas de réaction officielle à l'Elysée, où l'on indique que le chef de l'Etat se déplace toujours avec deux avions.

L'A330 est toujours accompagné d'un autre avion pour empêcher Nicolas Sarkozy d'être bloqué en cas de panne, de même source.
*************
Cordialement

Pierre-Antoine

Alex paulista

Récupérer l'émotion suscitée par cette affaire pour des fins électorales, c'est assez minable mais on s'y attendait.
La récupérer ensuite à des fins syndicalistes pour demander toujours plus de moyens, c'est ajouter encore une couche d'indécence.

Les policiers ne manquent pas de moyens pour faire ch... les braves gens qui roulent à 52km/h. C'est vrai que ça rapporte plus et c'est moins stressant que de protéger les gens d'un individu violent qui a déjà quelques plaintes derrière lui juste quelques mois après sa sortie de prison.

Quant aux magistrats, ils devraient condamner à 1000 euros forfaitaires quiconque fait appel à la justice de manière abusive.
A terme, ils devraient recueillir soit de l'argent soit une diminution du nombre de dossiers.

Parfois, les policiers et les gendarmes risquent des sanctions (comme l'officier d'Anduze, je l'espère). Les magistrats, eux, ne peuvent pas en imaginer la possibilité.

Quant à NS, je suis un peu fatigué d'entendre des critiques de ceux qui étaient à fond derrière le candidat Sarkozy en 2007. Sarkozy n'a jamais caché son jeu, a toujours été égal à lui-même, c'est-à-dire un manipulateur de chiffres brasseur d'air surfant sur une vague sécuritaire et xénophobe. Sa seule rupture a été d'ajouter la vulgarité à l'étiquette, la politique de manipulation des chiffres à l'inefficacité.
Il a rajouté le malfaisant à l'inutile, mais c'était évident, il avait commencé depuis 2002.
Maintenant qu'il est président, comment lui reprocher d'être lui-même et lui demander de changer ?

Il suffisait de ne pas voter pour lui, c'était quand même simple à la fin !

Frédéric

M. Bilger,

A votre emphase je vous oppose l'étude empirique de M. Jean-Paul Jean, avocat général près la cour d'appel de Paris, expert de la CEPEJ, Président du Groupe de Travail Evaluation du Conseil de l'Europe (CEPEJ rapport 2010 : http://www.coe.int/t/dghl/cooperation/cepej/evaluation/2010/2010_pays_comparables.pdf).

A cette lecture basée sur des statistiques comparatives, il apparaît nettement que la France termine en piètre position du classement des 16 pays, tant au niveau des moyens humains que budgétaires. Je vous cite un exemple de ce rapport instructif : aux budgets consacrés à la justice et effort budgétaire rapporté à la richesse nationale, la France se classe piteusement en avant-dernière position.
Que de verbiage de votre part, afin de critiquer sentencieusement et rituellement l'action syndicale.

Robert

<< La magistrature, à tort ou à raison, n'est plus prête à se soumettre avec révérence ou à se laisser flageller avec un masochisme peureux... Cette transformation est radicale qui a ajouté à la méfiance politique pour les juges... la désillusion judiciaire à l'égard des politiques. Pas seulement dans le champ de la Justice mais globalement. S'il a existé une période où le pouvoir, les ministres, les députés et les sénateurs ont été parés d'une sorte d'aura de principe, elle est bien révolue.>>

Oui, Monsieur l'Avocat général. Vous avez parfaitement raison de le constater. Mais cette découverte est faite en 2011. Combien d'années se sont-elles écoulées avant cette prise de conscience ?
L'institution judiciaire, plus particulièrement une forte proportion de ses magistrats, protégée dans la tour d'ivoire de ses principes, naviguant dans ses circonlocutions purement intellectuelles était déconnectée de la réalité sociale. Puisse ce type d'incident lui permettre de connaître elle aussi le prosaïsme de la réalité quotidienne d'une grande majorité de nos concitoyens, perdus dans la misère et l'abandon de leur France provinciale !

<< La démocratie, pour tous, est devenue moins un acquis, une conquête qu'un but, une exigence.>>
Je voudrais rapprocher cette phrase des propos de Noël Mamère et Esther Benbassa parus dans Libération : "le laïcisme et le républicanisme... nouveau dogme d'une France drapée dans son conservatisme, qui se cogne la tête au mur de ses peurs et de ses fantasmes"... Où l'on voit que certains, qui prétendent à diriger la France, ont encore perdu le sens des réalités !
Cette incise close, il me semble que l'on use et abuse ( non pas vous-même bien entendu !) du mot "démocratie" qui, en France du moins, est indissociable du concept de République "(à la) Française". Encore faudrait-il des hommes et femmes politiques qui agissent dans l'intérêt général et non pas dans un esprit de caste, isolée des réalités des Français...
Il est vrai que lorsqu'on considère le mot "peuple" dans sa seule acception méprisante de "populiste" et que l'on a tout fait pour faire disparaître la notion élevée de "Peuple", Français en l'espèce, nié dans son existence même, peut-on s'en préoccuper en dehors de la seule fonction utilitaire justifiant une pseudo-démocratie : celle d'électeurs (consommateurs surtout, d'ailleurs !).

Enfin, dans une gestion de la communication en fonction de l'actualité immédiate, le corps judiciaire apprend à présent et à ses dépens ce qu'est le fait d'être désigné à son tour comme bouc émissaire des échecs de nos politiciens dont la seule préoccupation reste d'accéder au "POUVOIR" et de s'y maintenir le plus longtemps possible !

Mary Preud'homme

Frank Thomas a écrit :
"Mais tancer les policiers et les magistrats devant les caméras et offrir au peuple ce spectacle de façon calculée (ou incontrôlée, ce qui serait presque plus inquiétant) est une faute en soi."
--
Là, je vous rejoins. On a parfois la désagréable impression que Sarkozy dispense ses cours de morale en culpabilisant et en insistant lourdement, comme devait le faire sans doute maman André avec ses garçons. A cet égard, il n'a pas grandi (sans jeu de mots).

sylvain

Accusé Sarko levez-vous !

Le Président Sarkozy suspect ou « présumé coupable » d’atteinte à la présomption d’innocence ?
Et puisqu’il faut présumer alors présumons :
Laetitia était présumée vivante avant qu’un présumé criminel ne l’étrangle.
Le présumé assassin est en prison.
Surgit le présumé président faisant un discours devant des présumés fonctionnaires appelés magistrats qui ont pour fonction présumée d’exercer un métier selon des règles dont les présumés énoncés m’échappent, croyant naïvement que lorsqu’un présumé fou furieux doit être élargi il y aurait une personne présumée faire son boulot afin d’anticiper ce qui pourrait « présumément » se passer.
Les présumés magistrats invoquant le manque de moyens ont trouvé une merveilleuse parade en annonçant une semaine de grève pour justifier leurs errements. Ensuite ils réclameront des moyens pour rattraper le temps perdu pendant la grève.
Car personne au monde n’est coupable dans cette présumée affaire.
Sauf Laetitia qui a eu la mauvaise idée de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.
Ce sera donc la faute à la présumée fatalité, non ?

Francis GRETZ

"Non pas tant parce que les procès qui lui sont faits seraient toujours injustes ou de mauvaise foi mais parce qu'elle dénie toute exemplarité à ceux qui prétendent les lui intenter"...

Monsieur l'Avocat Général,

Je vous écris pour la seconde fois mais c'est chaque jour que je lis avec d'autant plus d'intérêt vos billets que je ne suis que partiellement d'accord avec vos points de vue. Sur le sujet d'aujourd'hui je note la phrase copiée ci-dessus, à propos de laquelle il me souvient vaguement d'un adage d'origine juridique selon lequel "l'on ne s'excuse pas de sa propre turpitude par celle des autres" - d'autant plus que l'on revendique l'exemplarité de la fonction que l'on assume. J'ai, sur le même sujet, mon lot de critiques - graves - que je crois pouvoir adresser au gouvernement et au Président de la République. Néanmoins, comme nombre de citoyens de notre pays, j'ai les plus grandes difficultés à oublier l'affaire d'Outreau - entre autres, mais la plus lourde de toutes en France quant au nombre des victimes - et ses conséquences nulles voire positives pour le magistrat principalement en cause.

Frank THOMAS

Si le Président de la République a des reproches à faire à certains membres d'une institution, il a le pouvoir de les faire convoquer par leurs supérieurs ou de les recevoir lui-même, s'il tient vraiment à s'impliquer, et à les morigéner comme il le voudra.
Mais tancer les policiers et les magistrats devant les caméras et offrir au peuple ce spectacle de façon calculée (ou incontrôlée, ce qui serait presque plus inquiétant) est une faute en soi.
C'est une faute qui justifierait des sanctions graves à l'égard de n'importe quel chef de service ou directeur du personnel qui la commettrait.
Il est démoralisant qu'au plus haut niveau de l'Etat on puisse impunément la commettre.

Cette mise en scène régulière de l'autoritarisme, enfant dégénéré de l'autorité, ces menaces sans cesse proférées à grands coups de menton, "les yeux dans les yeux, d'homme à homme", sont ridicules, odieuses, et n'ont pour résultat que de décrédibiliser totalement l'autorité.

Celle-ci ne se décrète pas; elle n'est pas un acquis du pouvoir, emballé dans le même paquet. Elle se mérite par la compétence, le respect de la parole, le sens de l'honneur, la qualité des propos que l'on tient, la dignité et la tenue morale.
Elle ne peut être fondée que sur le respect des autres et de soi-même, deux ingrédients qui, en ce moment, dans ce pays où les puissants et les célèbres abandonnent toute vergogne, ont tendance à devenir denrée rare.

Décidément, je le disais hier à propos d'un autre article, vos tribunes, Philippe, brossent un sombre tableau de notre République.


Mary Preud'homme

Je rejoins Philippe Bilger quand il déplore de voir disparaître le respect à tous les niveaux, le respect et son corollaire l’autorité, laquelle n’a rien à voir avec l’autoritarisme. Là est la source du mal profond qui ronge notre société et dont les plus faibles et les plus vulnérables sont les premiers à pâtir. Et si l’on veut ralentir la chute et désamorcer cette décadence mortelle, n’est-ce pas par le rétablissement du respect et de l’autorité à tous les niveaux qu’il faudrait commencer, à la fois dans un mouvement ascendant et descendant. C'est pourquoi le fait d’attendre tout d’un homme ou d’une femme (providentiel-le) me semble relever de l’utopie. Mais c’est encore pire de désigner des boucs émissaires, car cela ne peut que retarder notre prise de conscience et celle de notre entourage, dont les jeunes, qui ont davantage besoin de modèles et de repères pour se construire que de têtes de turc.
Philippe Bilger nous donne à réfléchir sur beaucoup de sujets, ce qui génère parfois des désaccords et des incompréhensions, mais aussi de temps à autre des miracles, par exemple, quand nous nous retrouvons tout à fait dans les mots d’un adversaire idéologique et qu’en revanche notre allié naturel ou objectif nous apparaît comme sectaire et borné. Mais cela serait-il possible s’il n’y avait au départ, par-delà nos divergences d’opinions, de sensibilités et parfois de cultures, la volonté de nous écouter mutuellement et le respect de celui qui nous accueille autour de son billet bi hebdomadaire.
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Christian C
Leader est un mot anglais et non à consonance anglaise que j’ai employé dans le sens suivant : personne la plus en vue dans un mouvement politique (d’après le lexis de la langue française). Vous savez, j’ai fait une partie de ma carrière en Angleterre et aux Etats-Unis, c’est pourquoi je maîtrise assez bien (entre autres) la langue anglaise...

Honoré

La rengaine du manque de moyens devient insupportable. D'autre corps de l'Etat subissent les effets de la crise et les restrictions budgétaires dans des proportions sans commune mesure avec le corps judiciaire. Par exemple les armées. Alors messieurs les magistrats, un peu moins de corporatisme et de politique et un peu plus de sens de l'Etat s'il vous plaît.
Merci.

Harry

Exact... L'application de la loi avec le degré de sévérité requis par les Français ne demande aucun moyen supplémentaire.
Pour l'instant cette sévérité n'existe que dans le cas où le prévenu est un citoyen lambda qui a dépassé la vitesse autorisée sur autoroute, là on ne se pose pas la question de savoir s'il va perdre son travail pour un "risque" qui par définition n'a tué personne, alors qu'on lui trouverait des circonstances atténuantes s'il avait volontairement tué quelqu'un.
La justice marche sur la tête.

Pierre-Antoine

@PB
Quand la magistrature syndiquée s'installe dans une contestation revendicatrice pour ne pas dire revancharde, elle se tire une balle dans le pied...
Il lui faudra en supporter les conséquences !

"Plus de moyens" est devenu le seul argument de tous les syndicalistes.

Oui je sais vous manquez de moyens, c'est absolument vrai et ce n'est pas normal. Mais gérer une situation de crise impose de faire des choix.

Il n'y a pas besoin de moyens, sauf neuronaux, pour faire glisser le dossier d'un multi-multi récidiviste au-dessus de celui d'une mère de famille (abandonnée par son mari alcoolique) qui a eu pour seul crime d'avoir volé dans un supermarché parce que ses enfants avaient faim, ou celui d'un adolescent petit dealer d'escalier.

Il y a juste besoin de connecter convenablement quelques neurones entre eux.

Cordialement

Pierre-Antoine

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