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14 avril 2011

Commentaires

Herman

J'ai l'impression en lisant certains commentaires que les adeptes des monothéismes aimeraient bien revenir quelques siècles en arrière. C'est le moment où jamais de taper sur la laïcité, car dans un an (j'espère...), l'homme par qui tout cela est arrivé sera renvoyé de l'Elysée, et pourra enfin se consacrer à son ambition avouée: devenir riche! C'est chrétien, ça?...

calamity jane

OUI, vous avez raison je ne fais que sortir
des machins de leur contexte ! je m'en
excuse auprès de votre grande science et
culture. Permettez-moi de vous signaler
que vous n'avez pas répondu à ma question ?
D'autre part ostensible et ostensoir ont
la même racine qui plus ou moins signifie
"montrer à l'adoration de..."
ostentatoire signifiant : étalage parade.
Les signes donnés par le gouvernement
sont ostentatoires.

denis

Tous ces commentaires me font penser à un concours littéraire privilégiant la forme plutôt que le fond…
Simplement, notre république laïque n’a pas à déroger à ses règles pour privilégier des pratiques religieuses toutes confessions confondues.
Quant à l’hypocrisie de M.Sarkozy, qui s’en étonne encore ?

Alex paulista

@ Salomon Ibn Gabirol

"Pour etre encore plus clair, je suis juif moi-meme"

Comment Salomon vous êtes juif ?
Écoutez ça fait rien...

antoine

@Trekker
"comment justifier l'équité entre refus et acceptation des dérogations demandées ?"

Précisément par ce qui fait la différence entre un radar et un juge: le pouvoir d'appréciation.

Refuser d'entrer en matière signifie faire la sourde oreille, et donc instaurer la laïcité comme religion d'Etat, alors qu'elle est la garante de la cohabitation pacifique de toutes (?) les religions.
Refuser une dérogation au prétexte qu'elle engendrerait une décision de principe? Allons, nous savons très bien que déroger à un principe signifie faire un pas vers celui qui le sollicite.
C'est peut-être cet effort de mouvement qu'une certaine "laïcité" cherche à économiser.

Pierre-Antoine

@laboca
"Les exigences découlant de la religion doivent-elles primer sur le reste?"

Exact, d'accord avec vous, supprimons aussi les dimanches, réminiscence de la messe dominicale.

Après tout, entre le vendredi musulman, le samedi juif et le dimanche chrétien, ça fait bien trop de privilèges religieux qui empiètent sur le pré-carré de la République laïque.

Faisons passer les examen et concours les WE... en plus les profs ne travaillant pas ces jours-là, ils seraient disponibles.

Dieu n'y verra certainement aucun inconvénient puisque au regard de l'éternité tous les jours sont égaux.

Cordialement

Pierre-Antoine

Yves

Puisque cet épisode est mort-né, épargnons-nous une réaction trop hesselienne aux discriminations dont aurait pu bénéficier telle ou telle religion.
Pourtant, comment ne pas être frappé par l'incommensurable incompétence de certaines autorités religieuses et politiques ?
Dans une France de 2011, où le moindre manche de lustrine, pour se venger de son sous-chef de bureau, est capable de faire publier une photocopie compromettante par Le Canard enchaîné, est-il raisonnable d'espérer que "tout doit demeurer secret" ?

LABOCA

[email protected]
Votre position est défendable. Mais l'idéal serait que le service public n'ait jamais à arranger telle ou telle catégorie de citoyens.
Les exigences découlant de la religion doivent-elles primer sur le reste?
La réponse à cette question est évidente : non!
La laïcité impose des obligations au service public : le service public doit s'organiser et fonctionner sans se soucier des exigences des religions.
En principe, la laïcité ne s'impose pas aux citoyens, personnes privées, libres. Les citoyens n'ont pas à dissimuler leur religion. Ils ont le droit, au nom de leurs engagements religieux, de demander au service public tel arrangement. C'est pour cela que j'ai dit que les étudiants juifs n'avaient rien à se reprocher, qu'ils devaient être fiers de leur religion.
Mais le service public n'a pas à donner satisfaction à ces étudiants, puisque les règles de son organisation et de son fonctionnement interdisent de composer avec les contraintes inhérentes aux religions.
La laïcité n'est pas une chose difficile à comprendre.
Si la situation est devenue invivable aujourd'hui, c'est parce qu'on a en face des gens comme Copé dont la mauvaise foi et l'envie de créer la discorde entre les Français sont trop fortes.
Je suis vraiment déçu que l'UMP, qui comprend pourtant des gens de valeur, s'en remette à Copé, à Jacob et aux députés PACA pour faire entendre sa voix sur un sujet qui doit être abordé avec intelligence et culture. Ce parti regorge de talents et il faut qu'ils s'expriment. Il devient insupportable que quelques personnes ambitieuses aient fait main basse sur un parti à la fondation duquel ont participé des gens cultivés.
Le service public de l'enseignement a commis une faute en accordant cette dérogation aux étudiants juifs, même si ceux-ci avaient le droit de la solliciter.
Est-ce que demain ce service public va aussi accéder aux demandes qui émaneraient d'étudiants musulmans, d'étudiants chrétiens, d'étudiants animistes, d'étudiants sikhs ou d'étudiants d'autres religions ou croyances?
Le sectarisme et l'intolérance régnant actuellement obligent à répondre par la négative à cette question.
Mais le rejet de demandes formulées par des étudiants autres que juifs, ne pourrait qu'amener à conclure que les étudiants juifs sont favorisés par rapport à eux, qu'ils ont des droits qu'eux n'ont pas.
C'est pourquoi en tant que juif je me refuse systématiquement à appuyer des revendications communautaires.
La communauté juive de France ne doit pas se laisser piéger par l'action d'une minorité agissante qui n'a pas été désignée pour la représenter.

Temoignagefiscal

Bonjour,
Tolérance et intégrisme, deux sujets inépuisables. L'homme est-il naturellement tolérant ou intégriste? Malheureusement les deux, et dans le même homme. Est-ce à dire que peu importe le système de société, ces deux attitudes seront toujours présentes? Evidemment oui. Mais la cohabitation de ces deux pulsions chez l'individu ne porte pas ou rarement atteinte à la liberté du voisin. Alors que lorsqu'une société s'affiche tolérante, elle est fondamentalement différente que lorsqu'elle est intégriste et les effets s'en font ressentir sur les individus. Et évidemment inversement.
La société tolérante, par essence, accepte l'intégrisme, dont elle meurt. La société intégriste, par essence, refuse la tolérance, elle en meurt. Match nul. Mais de part et d'autres des victimes. Là est tout le problème. Nulle perfection n'est à trouver. Vivre est difficile, vivre en groupe est très difficile. Il n'y a que les gogos pour se laisser prendre aux gesticulations de nos élus qui font mine, pour être réélus et conserver leurs privilèges, de s'inquiéter des duretés de la vie en commun, voire de la vie individuelle.
Apprenons à nos enfants que la vie n'est qu'un moment éphémère d'équilibre pour chacun de nous, dont le but ultime est le néant pour tous. Ce moment éphémère, essayons de nous convaincre qu'il faut essayer de ne pas le rendre infernal par trop d'intégrisme ou trop de tolérance. Cordialement. H. Dumas

Alex paulista

@ Frank Thomas

On peut reprendre votre commentaire en remplaçant laïcité par égalité, tolérance par justice, etc. Vous y devenez un dangereux communiste voulant débarrasser contre leur volonté tous les propriétaires de leurs biens, ce pour leur plus grand bonheur car, c'est bien connu, l'argent ne fait pas le bonheur.

Parler d'intégrisme me semble adapté quand on s'appuie sur un principe au départ très bon mais qu'on étend idéologiquement à l'extrême pour contraindre ses semblables même lorsque ce n'est pas nécessaire, à part pour propager la doctrine.

C'est vous le linguiste, dites-moi si j'ai bon.

Jean-Dominique Reffait

Laïcards, laïcs purs et durs, intégristes laïques, ça commence à bien faire ! Qui casse les pieds de la société avec des petits particularismes qu'il faudrait prendre en compte on se demande bien pourquoi ? Ainsi parce qu'un obscur illuminé aurait eu un jour la vision qu'il ne fallait pas passer d'examen certain jour, mettre un chapeau un autre jour, lever la patte en l'air un troisième, toute la société devrait se soumettre à ce genre d'élucubrations ? Il faudrait arranger tout le monde ? Composer avec tous les caprices ? Slalomer entre toutes les superstitions ?

Qui décide du sérieux d'une croyance et de la fantaisie d'une autre ? Parce qu'une lubie aurait 4000 ans sans que jamais un esprit rationnel ne soit jamais parvenu à en expliquer le fondement, il faudrait prendre l'air grave de la compréhension ? Doit-on légiférer sur les chats noirs ou sur les trèfles à quatre feuilles ? Puis-je exiger de ne pas passer de concours les vendredi 13 ? Pourquoi telle croyance plutôt qu'une autre ? Ne voit-on pas l'indécence et le ridicule qu'il y a à mobiliser l'appareil d'Etat pour des enfantillages de cette nature ?

La laïcité laisse à chacun le loisir de ses fantasmes mais ne permet pas que ceux-ci viennent polluer la vie publique de tous. La collectivité n'a pas à se préoccuper de cela, en aucune manière. J'ai le droit d'être adorateur de l'oignon, d'autres préfèrent être chrétien ou juif ou musulman, certains s'adonnent au druidisme, au spiritisme, au tarot marseillais. Et si l'on se contraint soi-même avec des interdictions, il convient alors de les assumer seul sans emm... le monde.

Ces braves étudiants ne sont pas si pieux que cela et sont bien hypocrites : c'est Dieu qui leur envoie cette épreuve d'avoir à choisir entre une pratique privée et le passage du concours et c'est à eux de se déterminer. Ils pensent tromper Dieu par un stratagème mais Dieu n'est pas dupe et ils seront damnés pour avoir oser prendre Dieu pour une grosse buse !

Salomon Ibn Gabirol

Cette histoire de concours separes pour etudiants juifs pratiquants a ete clairement dementie. De tels concours n'auront bien evidemment pas lieu et ces etudiants devront soit enfreindre les regles qu'ils s'imposent a eux-memes, soit redoubler.

Je pense donc que votre billet, cher Philippe, est parfaitement inutile et ne peut (mais je sais bien que ce n'etait pas la votre intention) que creer du ressentiment a l'endroit de la communaute juive, qu'on accuse ici de beneficier de passes-droit, faveurs et derogations.

Pour que les choses soient claires, je ne nie pas que l'idee de concours separes ait pu germer chez, voire meme etre suggeree par, certaines autorites religieuses juives. Je ne nie meme pas que l'idee ait pu etre entendue, peut etre meme par une oreille bienveillant ou favorable, par les autorites gouvernantes. Je dis juste que jamais cette idee n'aurait eu la moindre chance d'aboutir concretement, et que donc il n'est pas necessaire de rapporter l'histoire a tire-larigot, a tous le moins en utilisant un ton qui ne peut que creer du tort et du ressentiment.

Pour etre encore plus clair, je suis juif moi-meme, et je suis hautement agace (c'est un euphemisme) par l'idee que des etudiants juifs qui ont decide eux memes de suivre de maniere stricte les preceptes, contraintes et obligations de leur religion puissent penser etre en droit de demander une derogation concernant des examens dont les dates d'organisation sont en conflit avec une fete religieuse.

Mon approche est la suivante: de meme qu'il est autorise (voir impose) de rompre (ou de ne pas respecter) le jeune de Yom Kipour (ou du Ramadan, d'ailleurs) pour des raisons medicales, un juif pratiquant devrait, sans autres etats d'ame, s'autoriser (et les autorites religieuses le soutenir dans sa demarche) a deroger a la regle religieuse. Ces examens sont d'une importance capitale, en ce qu'ils determinent la vie que ces etudiants auront, a court, moyen et long terme. La religion ne devrait pas selon moi forcer ceux qui la pratiquent a faire des choix, des renonciations, dont leur destinee depend.

Mary Preud'homme @ Calamity

Toute personne de bonne volonté est capable de comprendre mon raisonnement, ce qui semble-t-il n'est pas votre cas, dès lors que vous vous bornez à citer un court extrait sorti de son contexte dans le but manifeste de caricaturer mes propos.
---
Je remarque également que vous semblez méconnaître le texte de loi actuel au sujet des signes religieux ostensibles (et non pas ostentatoires) dans certains lieux publics.
Rappel :
"Sont considérés comme des signes «ostensibles» le voile islamique, la kippa juive ou la croix chrétienne de dimension manifestement excessive. En revanche, les signes discrets -petite croix, étoile de David ou main de Fatma- sont autorisés.

hippocrate

Paradoxes insolubles:
les termes " laïcité", "république", ne relèvent que de la vénération d'idoles, et n'ont pas plus de réalité que "triangle équilatéral", "smouale", "borogove", ou "fauvette à col roulé".
Tant que l'on refuse d'examiner précisément "comment ça fonctionne", les mots sont vides....

Je dirais que, comme d'habitude en France, nous ne sommes pas dans une situation de fait et de droit qui ressemble en quoi que ce soit à une indifférence réciproque des croyants (le seul critère de croyance étant d'ailleurs purement déclaratif et individuel) et du gouvernement.

Au contraire, nous nous trouvons dans une parfaite situation d'oligopoles religieux adoubés par l'administration: il est donc reconnu à des "groupes" autodéclarés (et dénié à d'autres...) des droits qui seraient autre chose que ceux, individuels, des personnes.

L'inégalité des droits individuels (selon réclamation d'appartenance ou non à tel ou tel groupe) est donc automatiquement constituée: tout accommodement en fonction de critères "déclaration de croyance" est donc automatiquement contraire à l'égalité INDIVIDUELLE DE TOUS devant la loi.

J'attire l'attention sur la pente glissante que constitue la notion "d'accommodement raisonnable"; regardons à quel point nos voisins britanniques et cousins québécois s'en mordent les doigts!

De plus, se référant à des croyances (supposons-les "sincères"!!), par nature irrationnelles (l"amour l'est aussi et irrationnel ne veut pas dire obligatoirement "mal""..), il existe une contradiction irréductible, une antinomie totale, entre accommodement raisonnable (c'est-à-dire au nom de la raison) et accommodements au nom de la croyance (c'est-à-dire d'une subjectivité personnelle irrationnelle, comme l'Amour).

Pour finir, je voterais les yeux fermés (enfin presque) pour des élus qui introduiraient dans la constitution française le premier amendement de la constitution américaine et tous les textes US se référant au "free speech": outre le fait qu'il aurait été facile de les introduire sans ambages dans la charte européenne des droits (ce qui n'a pas été fait, curieux, non?), je pense que je ne suis pas près de voter pour qui que ce soit...

Jiel

@ Mary Preud'homme et Frank Thomas.

Si FT n'avait pas pondu ce concentré de laïcité telle qu'elle est insupportable, je n'aurais pas repris la plume pour dire tout le bien que je pense de la position saine de MP.
La laïcité conçue comme un faux-nez de la haine revancharde des laïcards sectaires est une horreur dont souffre la France depuis le petit père Combes. Les "bouffeurs de curés" nous pourrissent la vie.
Quelle bonne idée ce serait d'aller vers une laïcité POSITIVE!
En tous cas, à lire certains commentaires, "laïcité" est bien un mot fourre-tout qui n'a plus de sens partagé. Un débat s'imposerait!!!

Pierre-Antoine

On pourrait aussi dire que la religion laïque commence à devenir tolérante.

Elle le réclame des autres religions, pourquoi ne le serait-elle pas pour elle ?
A moins que leur liberté s'arrête là où elle le décide !

Cordialement

Pierre-Antoine

jeanne

@Véronique Raffeneau :

"...marquant ainsi une ingérence sans précédent de l'exécutif dans le judiciaire..."

Vous avez, en ce moment, habituée que je suis à vous lire avec grand intérêt, une nouvelle tendance à l'exagération... Les ingérences de l'exécutif dans le judiciaire sont consubstantielles aux relations entre ces deux pouvoirs et de surcroît, en l'espèce par vous évoquée, il ne s'agissait en rien d'une ingérence mais simplement de l'application des dispositions de l'article 36 du CPP.

Les cas de véritable ingérence sont légion et ne se limitent pas, loin de là, à des instructions, encore une fois légales, aux fins de relever appel.

Comme disait Cioran "avec quelle quantité d'illusions ai-je dû naître pour pouvoir en perdre une chaque jour !"

Achille

Bonjour Philippe Bilger,

« Laïcité : une exception juive ?
Tout aurait dû demeurer secret. »

Le secret n’existe plus depuis longtemps. On s’en est aperçu avec certaines affaires politico-financières qui ont défrayé la chronique ces derniers mois, mais aussi pour des affaires du genre de celle qui vous évoquez et qui n’auraient certainement pas fait trois lignes dans le moindre journal à sensation, si la politique du gouvernement avec sa loi sur le voile et son débat sur l’islam (pardon, sur la laïcité) n’avaient échauffé les esprits, au point qu’aujourd’hui le moindre fait qui se rapporte de près ou de loin à la religion ne soit aussitôt porté en exergue.

Bilan des courses, nous semblons vivre en ce moment la même période que celle qu’ont connue les Etats-Unis du temps du maccarthysme. Sauf que là il ne s’agit plus des communistes, mais des communautés religieuses.

Nous sommes dans une république laïque où paradoxalement nous ne cessons d’aborder les problèmes religieux.

Sur les frontons de nos mairies il est écrit : Liberté, égalité, fraternité.

Or que constate-t-on depuis quelque temps ? Ostracisme, discrimination, communautarisme.

Vous ne croyez pas qu’il y a un « bug » quelque part ?

Frank THOMAS

"Ne faudrait-il pas commencer par rappeler aux laïcs purs et durs, dont certains n’ont rien à envier aux intégristes religieux, qu’une laïcité bien comprise n’est pas vivable sans la tolérance de part et d’autre", écrit Mary Preud'homme.

Tout adjectif qualificatif accolé à laïcité loin d'en approfondir et d'en accroître le sens, le réduit et le fragmente.
Ce tic de langage est caractéristique des ennemis de la laïcité. Il y a toute une frange militante de religieux qui systématiquement qualifient la laïcité selon leur coeur de "positive" ou d'"ouverte". Vive la laïcité à condition qu'elle soit "positive", c'est-à-dire tolérante aux intolérants, ouverte aux bouchés, amie de ses ennemis !
Cette lectrice, elle, pour faire bonne mesure, dote les laïcs non pas d'un, mais de deux adjectifs originellement très laudatifs : "purs et durs", lesquels, sous sa plume, prennent une toute autre acception. Pour préciser sa pensée qui n'en avait pourtant pas besoin, elle ajoute "bien comprise", variation sur le thème de "positive".
Mais le plus délicieux dans ce commentaire est sans doute quand elle affirme que la laïcité n'est supportable qu'à condition qu'il y ait "tolérance de part et d'autre".
Faut-il donc lui rappeler que la laïcité est par essence la traduction politique de la tolérance ? Elle est un idéal et un mode d'organisation de la société qui met au centre de la vie publique ce que tous les citoyens ont en commun et place à la périphérie ce qui les distingue et risquerait de les opposer dans le champ du politique : les conceptions métaphysiques.
Mais le plus jouissif est dans le "de part et d'autre" qui nous dit que les religions doivent être tolérantes à l'égard de la laïcité. C'est de l'humour ?
J'aimerais à le croire mais j'en doute lorsque, dans le même commentaire, je lis un peu plus bas ce cri d'amour chrétien : "l'esprit étriqué de quelques sectaires hystériques ou refoulés". Brrr !

JJJ

Mais enfin, où est le problème ? Les principes de laïcité sont applicables et appliqués à toutes les sectes religieuses. Sauf à la "vraie foi", évidemment :)

Véronique Raffeneau

A mes yeux l'essentiel de votre billet est dit dans ces deux phrases:

" Tout aurait dû demeurer secret."
" On n'aurait rien dû savoir."

Le scandale à mes yeux de cette étrange exception est le catimini, la façon de tordre dans les arrière-cuisines du Pouvoir et de l'Administration une disposition actée, à caractère général, et pour le rabbin Korsia obtenir ainsi gain de cause.

Dans toute action la parole du Pouvoir se doit absolument d'être une, cohérente et équitable. Ce qui en jeu n’est rien de moins qu’une fiabilité mode minimum.

Je partage tout du propos de votre billet.

A l'exception de votre mention concernant l'appel du procès Fofana.

L'exécutif n'avait pas opté pour le catimini.

Le garde des Sceaux d'alors avait relayé en toute clarté crue, autoritaire et précipitation médiatiques l'exigence du Crif, passant outre la position du Parquet général de Paris, et marquant ainsi une ingérence sans précédent de l'exécutif dans le judiciaire.

xc

En quoi la République aurait-elle tremblé sur ses bases si ces jours avaient été déclarés "protégés" ? Il ne restait pas assez de dates libres dans l'année pour y organiser concours et examens ? Contraints de participer aux mêmes horaires que les autres, les candidats israélites auraient été, du moins je le suppose, en conditions psychologiques défavorables. Autrement dit, ils auraient été discriminés sur critère religieux, ce qui est contraire à la vraie laïcité. Par contre, quel avantage par rapport aux autres un horaire aménagé leur conférait-il ? Cela donnerait-il lieu à des difficultés d'organisation excessives qui ferait peser sur la collectivité ce qui ne concerne que quelques-uns ?

calamity jane

Mary Preud'homme,
je vous cite :"et puisque la laïcité n'est
pas en danger ni l'ordre public menacé dès
lors que des croyants, juifs, chrétiens
ou musulmans peuvent célébrer comme ils l'entendent deux ou trous grandes fêtes par an, à quoi bon venir légiférer pour régler
un problème qui n'existe que dans l'esprit
étriqué de quelques sectaires hystériques
ou refoulés".

Vous assimilez la laïcité à une religion
et, de plus, pratiquée par des sectaires
hystériques ou refoulés ! Laissant entendre
que d'aucuns empêcheraient certains de pratiquer ...
Lors de la soirée chez Taddéï avec les
quatre représentants des confessions en
France, deux n'avaient aucun signe religieux
ostentatoire. Alors je vous pose la question
comment doit-on se comporter avec les personnes affichant des signes religieux ostentatoires ?

Savonarole

"De concession en concession on finit en concession à perpétuité"

Alphonse Allais

Alex paulista

Je suis assez d'accord avec Mary (une fois n'est pas coutume).

Les idéologues de tout poil commencent à me courir. Si des juifs sont gênés par une date on envisage la possibilité d'un aménagement. Si le Ramadan était sur quelques jours, on aurait raison d'essayer aussi.

C'est quoi cette société d'aigris. Ça me fait penser à ces familles (décrites par Alain dans son propos "En famille") où chacun, à l'heure du repas, se plaint d'une porte poussée trop fort, d'un bruit après dix heures qui a fait perdre le sommeil pour la nuit. Il y règne un "bonheur" contrit où chacun est persuadé qu'il est plus gêné par les autres qu'il ne les gêne.

Dans d'autres familles, c'est un peu tonitruant, chacun ne se demande pas si sa joie est importune. Au contraire, elle se communique.
Une famille d'égoïstes, diront certains.

En bref, on a bien raison de ne pas se priver, au nom de la laïcité, d'envisager les solutions acceptables.
Et cela n'a rien à voir avec la burqa, qui n'est pas acceptable par principe par l'idée des relations hommes-femmes qu'elle sous-tend (sans mauvaise allusion). Même si je continue à penser que ces saillies de l'UMP sur la burqa étaient ridicules au vu de la quantité de personnes concernées. Cette publicité a fait croître leur nombre, au contraire, et généré une loi bancale qui n'avoue pas sa vraie motivation.

Trekker

@ Antoine
"Il ne s'agit absolument pas de "deux poids deux mesures" : en quoi la dérogation accordée à quelques étudiants vient-elle troubler la paix confessionnelle ?"

Que cette dérogation concerne 7 étudiants, et non 70 ou 700, cela ne change rien au problème. Ce type de mesure factuelle et même limitée à quelques personnes, crée un précédent fâcheux. Dans le futur, on ne peut exclure que des pratiquants d'autres religions se référeront à cette dérogation afin d'en obtenir une similaire, voire d'autres.

Ainsi que le rappelle fort justement notre hôte, "combien de personnes ne sont-elles pas soumises au même conflit entre leur foi et les règles de la société civile". Si on accepte de déroger à cette primauté des règles de la société civile, on entre alors dans l'arbitraire avec toutes ses dérives : comment justifier l'équité entre refus et acceptation des dérogations demandées ?

Au fil des enchaînements et surenchères, on risque fort d'arriver à une concurrence des religions. Chacune arguant des dérogations obtenues par une ou d'autres, pour se poser en victime d'une discrimination étatique. Pour tenter de maintenir la concorde entre les différentes religions, on entrera dans un processus de cléricalisme de la société.

LABOCA

La dérogation voulue pour les étudiants juifs n'est pas un scandale. Pratiquement tous les établissements d'enseignement supérieur s’efforcent de tenir compte des contraintes de religion de leurs étudiants.
Le scandale vient de ce que cette dérogation a été obtenue suite à une intervention de Sarkozy dont pourtant le parti, l’UMP, de plus en plus intégriste depuis l’arrivée de Copé à sa tête, fait un boucan intéressé depuis quelques semaines autour de la laïcité.
La conclusion, c'est que Sarkozy et l'UMP ne sont pas sincères, car pendant qu'en public ils déclarent se battre pour la laïcité, en privé ils attaquent la laïcité.
Les étudiants juifs n'ont rien à se reprocher : ils sont innocents. Ils se retrouvent simplement au cœur d'une fausse querelle sur la laïcité, initiée par des gens dont le double jeu est la première qualité.
Si j'avais quelque pouvoir, je codifierais les dates de ces concours en décidant par exemple qu'ils se tiendraient toujours telle semaine de tel mois. Ce serait le seul moyen pour éviter que des étudiants musulmans, juifs ou chrétiens viennent formuler des exigences de date en faisant valoir les contraintes inhérentes à leurs religions respectives.
Cette dérogation, qui révèle l'hypocrisie et la dureté du cœur des gens, ne pose pas seulement des problèmes au regard de la laïcité. Elle aboutit surtout à la rupture de l'égalité entre les étudiants selon leurs religions d'appartenance respectives.
L'affaire révélée par Mediapart - dont le professionnalisme doit être salué alors surtout que la plus grande partie du journalisme français a choisi depuis longtemps de se prostituer auprès des détenteurs du pouvoir - disqualifie a posteriori les billets publiés ces dernières semaines par Monsieur l'Avocat général Bilger en lien avec les sujets de l'immigration, de l'identité de la France, de la laïcité.
Monsieur l'Avocat général Bilger a expliqué ici que les gens de l'UMP étaient sincères dans leur volonté d'imposer aux Français un "débat" sur ces sujets.
On sait maintenant que ces gens sont dans un double jeu, ce que Monsieur l'Avocat général Bilger persiste à escamoter.
Si je partage la position exprimée par Monsieur l'Avocat général Bilger dans son billet, je dois constater qu'elle est contradiction avec ce qu'il a soutenu antérieurement.
Monsieur l'Avocat général Bilger a toujours cherché à suggérer que la laïcité ne pouvait souffrir que de la présence des musulmans en France. Les faits lui ayant montré que d'autres communautés prenaient des libertés avec la laïcité, il a dû procéder à un amendement de ses idées, par nature hostiles aux musulmans.
Je ne peux me ranger derrière Monsieur l'Avocat général Bilger, ne pouvant partager son opportunisme.

Mary Preud'homme

Ne faudrait-il pas commencer par rappeler aux laïcs purs et durs, dont certains n’ont rien à envier aux intégristes religieux, qu’une laïcité bien comprise n’est pas vivable sans la tolérance de part et d’autre. Ce qui va pourtant de soi pour les démocrates de droite comme de gauche, qui considèrent avec raison que la liberté de conscience n’est pas à sens unique et que la foi d‘un croyant fait partie intégrante de sa dignité. Et puisque la laïcité n’est pas en danger, ni l’ordre public menacé dès lors que des croyants juifs, chrétiens ou musulmans peuvent célébrer comme ils l’entendent deux ou trois grandes fêtes par an, à quoi bon venir légiférer pour régler un problème qui n‘existe que dans l'esprit étriqué de quelques sectaires hystériques ou refoulés. D’autant que les célébrations qui ont un caractère obligatoire pour les grandes religions - à savoir Pessah pour les juifs, Pâques pour les chrétiens ou Aïd-al-Kebir pour les musulmans - se résument à quatre ou cinq dans l’année (pour les juifs et musulmans) sachant que les fêtes chrétiennes (y compris les secondaires) sont déjà toutes chômées.
A noter que sans le problème de la burqa, qui d'ailleurs n’est nullement obligatoire pour une musulmane, (si l’on s’en tient aux textes coraniques), on n’en serait jamais venu à ces palabres incessantes sur l'Islam en France et, pour faire bonne mesure, à la traque du moindre signe extérieur d’appartenance à d'autres grandes religions. Ce qui constitue bien une remise en cause déguisée de la liberté religieuse pourtant inscrite en toutes lettres dans la Constitution.

boris

En quoi est-ce choquant ?
On vit certes dans un pays laïque, mais il n'y a jamais eu d'examen le dimanche, ni le jour de Noël, ni le lundi de Pâques...

La liberté religieuse n'est pas incompatible avec la laïcité. Quant à la loi sur le port de la burqa, quel est le rapport ?

Au nom de quoi interdirait-on à des gens de passer des examens ?
Sachant pour les "profanes" que seul la religion juive interdit de passer des examens des jours de "fêtes".
Au contraire, ces étudiants sont extrêmement motivés pour les passer dans ces conditions...

La communauté musulmane peut crier autant qu'elle veut au deux poids deux mesures, cela n'a aucun rapport. La loi sur le port de la burqa est une loi électoraliste, puante et elle devrait porter plainte devant la CEDH pour atteinte aux principes religieux.

Le président Sarkozy n'a rien à voir avec cette décision, cela fait plusieurs années que des négociations ont lieu quand les dates d'examens posent problème...

Epaminondas

« Il y a eu le débat organisé par l'UMP sur l'islam et la laïcité. Sur tout ce qui dans la religion musulmane en particulier pouvait apparaître difficilement compatible avec notre espace républicain et notre vie sociale. »

On ne saurait mieux résumer ce à quoi tenait le débat organisé par l’UMP. Comme de nombreux spectateurs, vous avez rectifié de vous-même l’intitulé frileux que le parti de la majorité avait choisi. Quand on n’a pas le courage de ses convictions, ou des idées reçues qui en tiennent lieu...
Il ne s’agissait pas de laïcité, mais de la place à donner à une certaine représentation que certains se font de l’islam en France, et de sa compatibilité avec les principes de laïcité, auxquels tous les participants de ce pseudo-débat se disent attachés, cela va de soi.

« Certes il ne s'agissait pas de stigmatiser "la communauté arabo-musulmane" mais il n'empêche que cette dernière s'est sentie clairement visée et l'a fait savoir. »

Quelle méprise ! Les bras m'en tombent !

Alors comme ça, il ne s’agissait pas de pointer du doigt une communauté en contribuant à entretenir la confusion entre la poignée d’individus minoritaires adoptant un comportement provocateur, et la vaste majorité silencieuse et respectueuse des lois républicaines ?

Nous avons été bien nombreux à nous égarer.

Il suffit de faire un détour par le site Internet de l’UMP pour savoir de quoi il retourne :

http://www.lemouvementpopulaire.fr/actualites/La-laicite-un-bien-qui-se-partage-9700.html

Pour la bonne bouche, un morceau de choix :

"c’est aux religions de s’adapter à la laïcité et non la laïcité de s’adapter aux religions , précise le député Jacques Myard qui invite les Français à ne pas se départir de ce principe."

Avant d’inviter l’ensemble de ses concitoyens à ne pas oublier ce principe de base, nous pouvons l'inviter à demander au président de la République qu’il le respecte et l’applique.

Jean-Dominique Reffait

Ce qui me surprend ici comme dans d'autres décisions ponctuelles de ce régime, c'est la bêtise. Comment plomber la cause que l'on défend. C'est consternant d’imbécillité. Je le croyais malin, même pas.
Moi, ma religion m'interdit de passer tout concours et me contraint cependant à être reçu aux grandes écoles. Sinon, je suis en grand désarroi et mon dieu va me punir sévèrement. On aménage ?
Il a bon dos le Père Noël.

phineus

Comme ils sont fatigants ces religieux ! Tout ce bruit alors que l'intériorité est par essence silence.

calamity jane

Quand je pense aux personnes qui travaillent et qui posent des jours de congé pour pouvoir passer des examens...
Seulement aujourd'hui (et pour une histoire
de religion) vous sont révélés les innombrables tours de passe-passe du gouvernement ?
Comment vont-ils(elles) faire ceux et celles qui ayant été élevé(e)s dans la religion catholique et qui ne pratiquent plus, pour revenir au bercail ? Puisque ce qui à l'air de se dessiner c'est "une religion ou rien pour vivre" ! P.F. (pauvre France).

oursivi

Certes, sur le fond, l'impartialité, vous avez raison.

Toutefois, la nature des exceptions est tout de même divergente.

D'un côté, un aménagement ponctuel qui ne pénalise en rien ceux n'en bénéficiant pas.

De l'autre, un aménagement (si la burqa était tolérée) qui serait plus pénalisant pour ceux qui comme moi aiment à considérer - comme se donnent à voir à - ceux qui les entourent.

Distinguo tout de même notable, sans parler du trouble à l'ordre public que la possibilité de se dissimuler peut encourager.

D'ailleurs, est un autre champ sur lequel il serait temps que le législateur se penche.

Je pense aux burqas à quatre roues - et pas quatre roupies, Indien vaux mieux qu'eux deux tuent Laura - qui se généralisent sur les routes.
Devient difficile de savoir si l'occupant du corbillard généralisé vous a vu, vous regarde, vous a intégré à son jugement.

Cette sournoiserie est épouvantable, en plus d'être elle aussi propice à tous les abus.

AO

Franck Boizard

Je ne suis pas un intégriste laïcard. La laïcité, c'est bien, mais il ne faut pas en faire un fromage.

En réalité, la focalisation sur la laïcité est un moyen d'éviter le vrai débat, qui porte sur l'islam.

Il n'y a pas de problème de laïcité en France, il y a un problème d'islam.

Quelle est la différence entre l'islam et le judaïsme ?

> le judaïsme n'est pas conquérant (la population juive n'augmente pas).

> il n'a pas une stratégie de grignotage de nos us et coutumes.

Personne ne craint que la France ne soit plus la France à cause d'un trop grand nombre de juifs, alors que cette crainte est bien réelle (et justifiée, à mon sens) concernant le trop grand nombre de musulmans.

Edouard d'erf

Ces affaires de piston sont indignes. Et peu importe ici que les bénéficiaires soient juifs ou mazdeistes, l'idée même que l'on puisse intervenir pour faire déplacer des examens pour le bon plaisir de quelques-uns est odieuse. Nous vivons dans un système dont les deux pôles paraissent être les prébendes au nord, et l'indignation sélective (aussi appelée opportunité des poursuites dans le monde judiciaire) au sud. Tout cela finira très mal, j'en ai de plus en plus peur.

Frank THOMAS

Je suis troublé par ce billet dont la fin dément le début.
Si "aucune exception" n'est finalement retenue pour les fêtes juives des 20 et 26 avril, le principe de laïcité et la pratique effective sont en accord et je ne vois pas où est le problème.
Qu'un rabbin ait demandé qu'on fasse un aménagement est possible. Comme tous les dignitaires religieux, il essaye de voir "jusqu'où il peut aller trop loin". Mais on ne lui a pas accordé cette faveur, et c'est plutôt rassurant.
L'affaire du voile intégral est d'une toute autre nature. Il semble, cher Philippe, que vous déceliez une sorte d'acharnement anti-musulman dans la concomitance de l'entrée en vigueur de la loi sur le voile et le débat sur la laïcité auquel les musulmans, selon moi, auraient mieux fait de participer et que les représentants des diverses confessions auraient été mieux inspirés de ne pas critiquer comme ils l'ont imprudemment fait.
Le Président de la République, depuis le début de son quinquennat s'est aventuré sur des terrains glissants, il est vrai.
Mais il est devenu plus prudent, comme en témoigne l'annulation du voyage qu'il avait projeté de faire à Rome pour assister à la béatification de Jean-Paul II ce qui, pour le coup, aurait constitué une insupportable provocation à l'égard de tous les citoyens, croyants ou pas, attachés à la neutralité religieuse de l'Etat et à la laïcité.

Jean-Marie

Si les institutions concernées avaient réagi avant le 2 décembre auprès de l'administration et après cette date auprès du Ministre, du Premier ministre et sans réponse favorable dans la presse, sans doute la question aurait-elle été réglée. Car la circulaire n'arrive pas de nulle part, je comprends que tous les ans elle tombe. La défaillance se trouve probablement dans le manque de vigilance des institutions représentatives des citoyens concernés.

Qu'après on ait cherché une solution me semble normal et que des solutions absurdes soient imaginées avant d'être abandonnées est plutôt bon signe sur la créativité et le bon sens de notre administration. Qu'à un moment donné certain remonte au Président, et que le Président dise des paroles aimables non suivies d'effet est dans l'ordre des choses.

Y a-t-il eu dans ce cas défaillance républicaine, c'est-à-dire pression de l'une ou l'autre des autorités pour obliger l'administration ou les écoles à accepter l'inacceptable, cela demande à être confirmé, mais il est vrai que la justification donnée par le ministère dans Le Parisien du jour pour l'abandon de la solution de nuit laisse supposer qu'elle a réellement été très sérieusement envisagée, au-delà de toute raison sauf le communautarisme.

Quant au déplacement du concours de médecine dont Jiel parle, il est étrange car de toute façon l'externe puis l'interne ne sont pas maîtres de leurs horaires sauf à considérer qu'il y a dans l'hôpital deux types d'externes, ceux qui sont de garde le week-end et ceux qui n'ont pas cette charge : il est vrai que j'ai entendu parlé de cas qui évitaient pour motif religieux toutes les gardes de week-end et ceux qui s'en étonnaient étaient racistes, bien sûr.


antoine

Il ne s'agit absolument pas de "deux poids deux mesures" : en quoi la dérogation accordée à quelques étudiants vient-elle troubler la paix confessionnelle ?!?
Pourquoi est-ce que le principe de laïcité imposerait le même traitement à des situations complètement différentes ?!?
Mais probablement que la définition de la laïcité, comme l'a tentée Buisson dans son fameux nouveau dictionnaire pédagogique, s'est perdue : de la garantie de cohabitation entre les diverses religions en harmonie dans une société républicaine, nous avons glissé à une sorte de laïcité intégriste qui ne supporte pas l'altérité ni la différence.
Autant pénaliser le port du voile que s'offusquer d'une dérogation à un examen m'est insupportable, et m'apparaît complètement contraire aux valeurs humanistes élémentaires dont est, paraît-il, issue la laïcité...
Et s'il est vrai qu'aujourd'hui les musulmans sont légitimés à se sentir persécutés, en quoi est-ce que le non octroi d'une dérogation justifierait cette atteinte ?!?

sbriglia

Je croirai à une République laïque lorsque l'on fera passer le bac un dimanche, lorsque l'on n'édifiera pas des croix de Lorraine (dont je remercie Catherine Jacob de nous rappeler qu'elle est une croix chrétienne surmontée de l'écriteau INRI) au-dessus des champs de lapins ou que l'on cessera de la graver sur les médailles militaires, et lorsque le Président de la République renoncera à être chanoine de Latran (ce qui par ailleurs lui laissera plus de temps pour ses appels mobiles...)

"Vaste programme", comme il disait.

PS : JDR, nous sommes au moins deux sur ce blog à avoir les mêmes idées sur la démocratie... Je me sens moins seul !

Bob de marque

Comme votre billet évoque l'affaire Fofana, permettez-moi, monsieur l'avocat général, de vous interroger sur une proposition qui m'interpelle. La Mairie de Paris a décidé de "baptiser" un square du 12ème arrondissement "Ilan Halimi" afin de rendre hommage à cette victime d’un crime atroce et antisémite. L’autorité municipale précise que ce malheureux Ilan résidait dans le 12ème arrondissement. Est-ce heureux, d’après vous, d'utiliser cette tradition française consistant à politiser l'espace public, pour graver ad vitam aeternam le nom de cette victime pour marquer les consciences ?

Jiel

Il y a une vingtaine d'années, ma nièce passait les épreuves de l'internat de médecine de Paris. Une épreuve était programmée le samedi matin. A la demande d'étudiants juifs, elle a été déplacée... au dimanche matin (à l'heure de la messe). Rien de changé sous le soleil.
Comme dirait l'autre, face à la laïcité on est tous égaux mais certains plus que d'autres.

twitter.com/Mussipont

Cette lamentable affaire de dérogation me rappelle que lorsque j'ai passé les concours des écoles d'ingénieurs les épreuves écrites tombaient cette année pour l'essentiel dans la période du ramadan. Un de mes camarades de classe, tunisien et musulman pratiquant, avait passé ces épreuves écrites complètement à jeun ce qui ne l'avait pas empêché de réussir brillamment et d'intégrer l'Institut National d'Agronomie !

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