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03 janvier 2012

Commentaires

suricat

"Sarkozy gère tout à l'affect".
C'est effrayant. Que Guaino, l'une des têtes pensantes de Sarkozy, l'ait dit, c'est confondant. Confondant de bêtise ; donc effrayant.
Que cette phrase, énorme, n'ait pas fait l'objet d'un buzz énorme, est désolant et effrayant (le buzz surfe sur l'écume, il ne voit pas le tsunami. Dire, avec une naïveté formidable, que le chef de l'Etat agit sur foucades émotionnelles, est proprement incroyable).
Ce que dit Guaino n'est pas un scoop pour moi : ce qu'il dit, je l'ai toujours pensé ; en d'autres termes - je n'utilise pas le langage professionnel des psy (l'"affect" !).
Basiquement, en termes basiquement français, je pensais que Sarkozy était un émotif qui ne savait pas se contrôler. .

MS

Herman,

La phrase hors contexte, ou hors développement, est certes un peu brutale, mais je n'y vois aucun mépris.
Etre en quête permanente d'un peu plus de vérité en soi et sur soi est plus ou moins activement et consciemment la démarche de tout homme. Mais l'homme reste un mystère pour l'homme. Celui qui se connaîtrait le mieux ne saurait toujours pas comment il agirait ou aurait agi en telles ou telles circonstances qui l'ont jusqu'à présent épargné. En ce sens très ultime, se connaître soi-même, prétendre se connaître soi-même, c'est stupide ! ;-)

Herman Kerhost

MS,

Je suis d'accord avec vous, mais partiellement. Nicolas Sarkozy, au moment de ces propos était dans sa 53ème année et je m'étonne qu'à cet âge seul le mépris vaut réponse à cette question qui peut sembler bizarre pour un individu parfait, mais qui constitue néanmoins la base à une société tenant à peu près sur ses pieds. La raison trouvant sa source dans sa propre raison.

MS

En effet, Sarkozy trouve stupide de se connaître soi...

@ Herman

Indépendamment par ailleurs de sa personne, j'ai - vainement - tenté de vous dire en quoi la phrase de Sarkozy renvoie à un sens moins abrupt et sommaire qu'il n'y paraît.

Une plus grande connaissance de soi-même favorise l'écoute d'autrui, peut-être serons-nous d'accord sur ce point.

Herman Kerhost

@MS

Je vois que non seulement vous approuvez mon propos, mais qu'en plus vous le dépassez. En effet, Sarkozy trouve stupide de se connaître soi (au diable Socrate ! c'est qui ça ?) et tout le monde le sait sur-consomme du je et du moi, matin, midi et soir. Double faute !

Chapeau l'artiste ! ou les artistes...

MS

Herman,

J'en pense que ce qui nous paraît trop simpliste peut être parfois une subtilité qui nous échappe.

Une certaine introspection, un retour sur soi, une vie intérieure sont absolument essentiels, évidemment. Bernanos (Sarko peut-être en écho...) ne parle d'imbéciles qu'au stade de la démangeaison, mécanique, obsessionnelle. La sagesse est mesure et équilibre, l'excès aux deux extrémités présente le même danger. A trop s'ignorer ou se plonger dans le Moi on barbote dans le moi moi moi.

Herman Kerhost

@MS

Bernanos OK, mais vous, vous en pensez quoi ?

Frank THOMAS

Sarko aurait répondu à une de ses remarques : se connaître soi-même ? mais c'est stupide ! dit Herman

C'est du Bernanos : "Se connaître soi-même est la démangeaison des imbéciles.", lui répond MS.
Bien avant, déjà, Pascal faisait ce reproche à Montaigne en qualifiant le projet des Essais de "sotte entreprise".
On voit que l'ennemi de la Princesse de Clèves a de sérieux alliés !

Cyril

Votre billet met en relief quelque chose qui est fascinant pour l'être humain, c'est la complexité de son fonctionnement.
Avec l'Univers, il n'y a rien de plus complexe que le fonctionnement d'un être humain, l'appareil psychique est tel qu'un individu ne peut jamais être égal à lui-même !
Un être humain, c'est aussi vrai pour le boucher du coin que pour un chef d'Etat, a de multiples facettes dont la plupart sont imperceptibles par autrui.

François Mitterrand qui fut un grand homme d'Etat, homme très lettré, avait des zones d'ombre sur sa personnalité que bien peu de personnes ont réussi à en dénicher une once d'éclaircissement.
Idem pour Jacques Chirac, homme passionné par l'histoire de la Chine et par les arts premiers, mais qui était souvent mal à l'aise sur les plateaux de télévision, a également des zones obscures en son être.

L'être humain, dans son essence, est complexe de nature, et son existence s'en trouve balisée.

MS

@ Herman

Sarko aurait répondu à une de ses remarques : se connaître soi-même ? mais c'est stupide !

C'est du Bernanos : "Se connaître soi-même est la démangeaison des imbéciles." Ne pas trop se creuser le nombril, s'en décoller un peu, le contraire d'une invitation à vivre à la surface de soi-même.

Herman Kerhost

Pour les commentateurs surpris de ne pas voir leur commentaire publié, méfiez-vous que ce ne soit dû à la demande d'un code à recopier qui peut être demandé parfois qui apparaît en bas de page et que l'on ne voit pas lorsque le commentaire est long.

Herman Kerhost

Bonne année à vous aussi Philippe et aux autres.
Pour les voeux, dites-moi d'abord pour qui comptez-vous voter au mois de mai et j'aviserai... :-)

Je réfléchis depuis plusieurs jours à votre billet et je n'arrive pas à l'attaquer par le fond. Je peine beaucoup avec la psychologie des gens sans les rencontrer. Avec Sarkozy tous les éléments sont pourtant sur la table et le constat devrait s'imposer à moi, mais non ! ça manque de chair...
Néanmoins une idée générale me vient concernant le libre-arbitre :
Pour ma part, je considère celui-ci comme fictif même si j'admets volontiers ne pas être en mesure de trancher véritablement, mais je considère tout de même celui-ci plus ou moins "ébranlable" par une connaissance fine de soi, or d'après Michel Onfray, lors de leur fameux entretien à "Philosophie Magazine" Sarko aurait répondu à une de ses remarques : se connaître soi-même ? mais c'est stupide ! (ou idiot ou débile ?...).
Il ne faut donc pas s'étonner que le même subisse intempestivement, pour notre malheur !... la tyrannie de ses instincts !

Nordine

Ce portrait nuancé de Nicolas Sarkozy adoucit finalement son image. Et j'ai l'impression que cette analyse est indulgente moins pour le président que pour Henri Guaino et son infaillible fidélité. Plus j'y pense et moins je trouve d'accointance entre les deux hommes.
Il n'est pas impossible que le jugement parfois subisse le parasitage du respect, de l'amitié, de la sympathie.

Max

C'est toujours plus facile de philosopher sur la brutalité et la qualifier de lâche quand on a un rapport privilégié avec la police.
Même déléguée et diluée sous sa forme administrative, la police et la justice, ça reste de la brutalité.
Quant à notre justice, comment prétendre qu'elle n'est pas basée sur l'affect alors que, malgré les apparences, tout démontre le contraire ?

suricat

Analyse subtile et profonde à verser au chapitre "ces malades qui nous gouvernent".
Hollande n'aurait pas dû employer le mot tabou "normal" mais le mot "équilibré". On peut briguer le poste suprême sans test de personnalité alors qu'on en subit pour des tas d' emplois mineurs. Mais peut-on être normal et vouloir être président de la République ? Hollande est moins normal qu'il le croit.

On se bat toujours pour ce qui nous manque le plus

Cher Philippe, permettez-moi de vous présenter mes vœux les meilleurs à votre excellent blog, à toute votre famille, à toutes et tous les contributeurs toujours plus nombreux, que cette année vous garde en bonne santé et qu'elle s'enrichisse encore de la vérité impartiale contre la vérité falsifiée, de ses contradictions, dont les mots et les verbes roulent en torrents écumants vos billets d'un extraordinaire sens de l'audience et d'une courtoisie légendaire pour notre plus grand bonheur dans son expression démocratique.


Notre Seigneurie en rouge et noir sous les feux de la rampe médiatique

Difficile d'être plus proche qu'Henri Guaino qui le connaît mieux que personne mais qui sait aussi flatter son ego en grand communicant par une nuée journalistique dont Notre Seigneurie les connaît tous, les appelle chacun par leur prénoms, demande des nouvelles de leurs épouses ou de leurs enfants ! Cette nouvelle manière de communiquer est pour le moins inédite sous la 5ème République d'autant qu'une salle d'enregistrement et de presse fût construite au château spécialement pour sa mandature. Certains d'entre eux sont aussi invités à dîner et c'est effectivement un privilège rare. Mais une manière certaine de tenir les plus bavards dans une allégeance déférente au trône en choisissant ses emblèmes communicants pour leurs bienveillances révérencieuses. Ce qui nous place au 44 ème rang mondial de la liberté d'expression journalistique, nous sommes devenus un pays autoritaire par une propagande médiatique exacerbée de communication mensongère finement orchestrée au travers sondagiers inexacts ! Voilà pour l'affect comme le dirait Henri Guaino.

Le moindre mot de trop pour un journaliste patenté au château et c'est la disgrâce immédiate dans l'affect violent de colère d'une brutalité psychique mais également physique, il serait capable de casser la figure à quelqu'un tout en proférant des menaces de mort: «Ces journalistes, il faut les passer à la kalachnikov,../...» ou par ailleurs le Canard Enchaîné l'avait aussi rapporté «Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits, eux, ont une morale». Suivi par l'appel à son employeur et sa lettre de licenciement...Il prend néanmoins des gants avec ses ministres qu'il a nommés et c'est souvent contraint et forcé dans une rage intérieure qu'il prend la décision de les révoquer non sans les avoir peu ou prou défendus.
L'éclairage donné en une ligne par Henri Guaino est bien connu depuis fort longtemps !
Notre Seigneurie aime sa cour aussi longtemps qu'elle lui rend ses déférences !
Ce que je résumerai en une ligne: avec Sarko on est avec lui ou vous êtes considéré contre lui, au centre le débat démocratique est exclu...

Frank THOMAS

"Faut des vœux, et des meilleurs :
"Birout, des sous !!!"
...c'est que pour rire, comme avec Napoléon II."

zenblabla pourrait-il (elle?)donner une traduction simultanée ?

zenblabla

@Frank Thomas
Faut des vœux, et des meilleurs :
"Birout, des sous !!!"
...c'est que pour rire, comme avec Napoléon II.

Savonarole

@ - Achille | 04 janvier 2012 à 15:53

J'ai essayé devant ma glace. Il aurait pu dire "je suis le salaud, l'ignoble individu", que sais-je... "Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolable"... Mais là, franchement, ça sonne bizarre. Et le quarteron d'obséquieux qui n'arrive qu'à se contredire, alors qu'ils étaient présents, ça sonne faux. La perle c'est Sylvie Pierre-Brossolette ! Mon Dieu ! Porter un tel nom et passer sa vie brouter à tous les râteliers...

Je préfère le "casse-toi, pauvre con".
C'était plus viril et le plouc en question n'a jamais remontré sa bobine, alors qu'un passage chez Denisot et Ariane Massenet aurait fait sa fortune. Disparu.

Avec cette histoire de "sale mec", Hollande en a pour deux semaines. Pas plus.
On a vu pire : "Caligula au petit pied", "Sarkozy est fou" (JFK et Marianne).

Achille


@Savonarole

Ah les phrases sorties de leur contexte, c’est quelque chose !

Selon certains journalistes présents, Hollande décrivant la démarche de Nicolas Sarkozy en se mettant à sa place, lui a prêté le discours suivant : "Je suis le président de l'échec, je suis un sale mec, mais, dans cette période difficile, je suis le seul capable, j'ai le courage..."

Ce n’est donc pas du tout la version des Morano et compagnie qui parlent déjà d’insultes envers le président et exigent des excuses.
Seulement voilà, la technique de la bande à Copé est évidente : utiliser tous les stratagèmes afin de pousser Hollande à la faute, quitte pour cela à en rajouter et à déformer les faits.

Frank THOMAS

Depuis ce matin il n'est bruit, sur toutes les radios et télévisions, que du doux nom de «sale mec» dont Monsieur Hollande aurait gratifié le président de la République devant des journalistes.


Si c'est vrai - et tout porte à le croire - même si ces mots sont extraits d'une prosopopée, puisqu'il paraît que Monsieur Hollande aurait mis ces propos dans la bouche du Président citant ses adversaires, c'est absolument inqualifiable et tout à fait irrespectueux des usages républicains.

Le mou joue au dur, "le cave se rebiffe", c'est un fort mauvais scénario et qui va mal au genre de beauté de l'intéressé.


Ce matin même à la radio, on a pu l'entendre dire « je préfère être normal qu'anormal». Le "normal" étant lui-même selon sa propre définition et l'"anormal", son principal adversaire.

Jusqu'où ira-t-il dans l'injure et l'agression verbale ?

Pourtant il me semble que ces dérapages regrettables sont anecdotiques au regard d'un passage de la lettre aux Français que, imitant François Mitterrand de façon assez poussive, Monsieur Hollande a écrite dans le Libération de lundi.

Voici ce passage :

« La République leur paraît méprisée dans ses valeurs comme dans le fonctionnement de ses institutions, le pacte social qui les unit est attaqué, le rayonnement de leur pays est atteint et ils voient avec colère la France abaissée, affaiblie, abîmée, "dégradée".»

Outre la référence voire le décalque ridicule des fameux propos du Général de Gaulle le jour de la libération de Paris :

«Paris ! Paris outragée ! Paris humiliée ! Paris martyrisée ! etc.»,

il y a dans les mots du candidat du Parti Socialiste une sorte de faute grave, voire de forfaiture à l'égard du pays qu'il prétend vouloir gouverner.

C'est insupportable et pour tout dire plutôt répugnant.

Vite ! Que l'homme normal rentre en soi-même et se reprenne !
Le divan sera-t-il suffisant à canaliser cette agressivité qui commence à ressembler à celle de Jospin à l'égard de Chirac "vieilli, etc", dont on sait où elle l'a conduit.

zenblabla

Très beau billet !
Sarkozy, Guaino... qui damne l'autre ?
Et quel spectacle !

Tandis qu'ils ne sont actuellement qu'aux assises en élections, on voit, Onfray comme si le psychisme était négligeable !

Hermione

Je serais marri d'être hors sujet, mais je pense que les états d'âmes de notre président de la République n'intéressent pas sa politique. Ils peuvent éventuellement expliquer ses foucades, ses modifications de tactique ou de politique. Ils peuvent nous attendrir devant la commune faiblesse humaine.

Mais un homme qui prétend à de pareilles fonctions et qui n'a atteint le pouvoir ni par la force ni par le plébiscite, se doit d'effacer ses faiblesses pour le profit commun. Est-ce bien le cas ?

S'il ne s'agit que de compassion, évidemment, le Président Deschanel a toute ma sympathie également.

PS : merci pour les corrections des fautes d'orthographe dont je suis un habitué, si bien qu'en relisant un de mes messages publié et que d'aventure vous ayez oublié un accord défectueux, je me dis "Tiens, il ne l'a pas vu", ce qui est un comble, non ?

PS 2 : Bonne année à tous, chacun selon nos particulières faiblesses et aspirations.

Savonarole

"Sarkozy est un sale mec "- (François Hollande- ( Le Parisien).

Vite, un divan !...

Frank THOMAS

Si durant les 70 ans de son règne Louis XIV avait suscité tant de commentaires, au jour le jour, sur son action et plus encore sur sa personne, et si les images et les moyens de propagation des écrits avaient été à cette époque aussi puissants et répandus qu'aujourd'hui, les Français, assurément, ne l'aurait pas souffert.
On parle trop de Monsieur Sarkozy et s'il n'est pas tout à fait étranger à cet excès, il n'en est pas non plus tout à fait responsable. A ce rythme, il est peu d'hommes ou de femmes qui ne finiraient par lasser. Que Monsieur Hollande soit élu, ou Monsieur Bayrou - pour ne pas parler de Madame Le Pen - la même cause produira les mêmes effets et l'accablement du citoyen sera le même.
Pour dire un mot de votre commentaire ci-dessus, cher Philippe, il me paraît en gros équitable, mais je doute qu'il soit efficace car il me fait un peu penser à ces remontrances que le professeur fait à toute la classe et qui, tout en visant tout le monde ne vise exactement personne.
Bonne et heureuse année à vous et à tous les lecteurs de ce blog.

BrunoK

Meilleurs voeux pour 2012 à vous M. Bilger et à tous vos lecteurs.
2012 apporte aux Français une élection présidentielle. Mon voeu est que le meilleur, vraiment le meilleur des candidat, homme ou femme, soit élu. Mon voeu est quelque part théorique, même abstrait, parce que je suis bien incapable de dire qui est le meilleur ni comment véritablement savoir ce qui est le mieux pour la France. La démocratie vous permet de choisir et encore seulement dans une certaine mesure. Vous donne-t-elle réellement tous les éléments pour ce faire ?

jlm

Bonne année Monsieur Bilger et bonne année Madame Bilger.
Et longue vie à ce blog.
Josiane Lacombe Minguell

Boris

A vrai dire, ce n'est pas tant l'inconscient du chef de l'Etat qui m'inquiète, que son aptitude à assumer la charge délicate où nous l'avons placé. Ce qui ne veut pas dire qu'il perdra des voix là dessus : les autres candidats sont tout aussi gênants sur ce point, pour des raisons d'ailleurs différentes, et NS a quand même un peu appris en cinq ans - au moins à donner le change. Enfin, quitte à mettre un juriste au sommet de l'Etat, j'aurais préféré D'Aguesseau, Moro-Giaffieri ou Floriot... ou même un magistrat du Parquet hors norme dans votre genre... La langue française et la politesse y auraient gagné ce que le bling-bling y aurait perdu !

LABOCA

Monsieur Bilger,

J'ai bien lu votre dernière intervention.

Le rythme de vos billets a connu depuis le dernier été une accélération qui risque d'attenter à sa qualité. Cette accélération tient probablement à deux facteurs : d'une part, vous n'êtes plus magistrat, ce qui vous laisse plus de temps qu'avant : certes, actuellement vous officiez dans un cabinet d'avocats dynamique, mais je pense que vous n'y travaillez pas sous la même pression qu'à l'époque où vous étiez magistrat (obligation de respecter le rôle à vous confié compte tenu du calendrier judiciaire de la cour d'appel de Paris); d'autre part, l'actualité politique, du fait de la perspective des élections présidentielle et législative de mai et juin prochains, fournit chaque jour des faits à commenter).

Or, je pense que vous n'avez pas à considérer l'ensemble de cette actualité politique. Vous devez au contraire procédé à une sélection des faits pertinents.

Une bonne moyenne hebdomadaire serait deux ou trois billets. Vous pourriez toujours concevoir des billets ayant un champ élargi, chaque intervenant choisissant son angle d'attaque.

Je regrette aussi que depuis l'été vous ne publiez pratiquement plus de billets consacrés à des faits anciens mais qu'on pourrait relier à l'actualité du moment.

Vous semblez donner à la distinction du fond et de la périphérie une portée qu'elle n'a pas forcément. Une digression peut toujours être intéressante, dès lors qu'elle est informative.

La notion de "hors sujet" est trop subjective pour être partagée unanimement.

Vous êtes l'auteur de vos billets. Mais vous n'êtes pas nécessairement le meilleur interprète de vos billets, car l'interprétation - notion bien connue des juristes, catégorie dont vous relevez - est un acte de volonté (Gadamer, Hans Kelsen, Norbeto Bobbio, Michel Troper, Olivier Cayla, etc.).

Pour terminer, je souhaite que vos billets ne soient pas exclusivement consacrés aux actualités françaises mais qu'ils embrassent parfois l'Union européenne, les pays proches politiquement ou géographiquement de la France, la politique internationale, le sport international, les systèmes pénaux étrangers, etc.

Votre blog est extrêmement utile. Malgré les divergences doctrinales fondamentales existant entre vous et moi, mon souhait personnel est que vous continuez à l'animer, car incontestablement vous êtes l'une des rares personnalités actuelles se singularisant par la rigueur morale et l'honnêteté intellectuelle.

Achille

@ Philippe Bilger

Je partage entièrement votre point de vue sur la tenue de votre blog qui, à bien des égards, est remarquable et dont la plupart des commentaires, parfois très passionnés, sont d’une grande qualité.

La liberté de s’exprimer s’arrête là où l’échange n’est plus possible et où la propagande fait place au débat.

Achille

« Il y a en effet des caractères qui occupent tout l'espace, à ce point ostensibles par leurs traits positifs et négatifs qu'ils focalisent l'attention. »

C’est parfaitement exact ! Et concernant notre président en exercice, je crois qu’il est la personnalité sur laquelle tout a été dit, redit et re-redit. Depuis l’éloge dithyrambique gonflé d’obséquiosité sirupeuse jusqu’à la satire cruelle chargé d’un mépris condescendant.

Au cours de la dernière décennie, on ne compte plus le nombre d’ouvrages écrits, le plus souvent par des journalistes qui ont vu là l’occasion d’améliorer leur ordinaire, sachant très bien qu’un bouquin sur Sarkozy, fût-il mal écrit, trouverait toujours quelques gogos pour l’acheter.

C’est l’homme qui fait le buzz depuis 5 ans sur Internet sans discontinuer. Qu’on l’aime ou qu’on ne déteste, une chose est sûre, il ne laisse pas indifférent, et je pense que cet engouement sur sa personne serait plutôt pour lui plaire.

Je n’ose imaginer sa détresse si, en avril prochain, il n’était pas élu. Plus que l’humiliation de l’échec, le retour soudain à la « vie ordinaire » serait pour lui insurmontable.

Giscard d’Estaing, paraît-il, a mis longtemps à s’en remettre, mais en ce qui le concerne son départ remonte déjà à plus de 30 années.

Valerie

Passera, passera pas ?! mais sera dit !

"...les commentaires de digressions, divagations, saillies, étrangetés et insipidités qui font de ce blog pire qu'un forum: une sorte de chienlit désordonnée où les dialogues personnels, anecdotiques et insignifiants..."

Les digressions, Monsieur Bilger, contribuent, elles aussi, a donner une etoffe a votre blog ; dans une certaine mesure, elles devraient etre les bienvenues.

Les commentateurs qui redigent des saillies brillantes et pleines de vivacite d'esprit agrementent merveilleusement vos ecrits.

Je ne pense pas que tous les dialogues personnels ni meme les anecdotes soient insignifiants ; ils nous eclairent sur la personnalite des commentateurs et donnent un relief a leur presence...ainsi qu'a la votre !

"...je crains que plusieurs très estimables nous quittent ou raréfient leur présence. Quand on a de l'intelligence et de la tenue, on n'a plus envie de mêler sa voix à n'importe quoi pour ne pas évoquer les grossièretés de langage qui émaillent trop volontiers quelques rédactions..."

Mais, ces tres "estimables" reguliers ont besoin d'un ecrin pour briller ; comment remarquerait-on une jolie femme s'il n'y en avait pas de laides autour d'elle ?!
Que la "jolie" eprouve de la pitie pour ses soeurs moins chanceuses... surtout que tout est ephemere ici-bas.

Desolee, mais j'adoooore les hors-sujets de certains/certaines et les lis avec bonheur.

Et pour conclure ; "une semonce"... est-ce jamais amical ?

Excellente annee 2012 d'une tres fidele lectrice... meme avec un metro de retard !

MS

A. Camus parlait de "cet humanisme contemporain dégradé en catéchisme de tribunal". En ce sens, les deux parts de votre conclusion n'apparaissent pas très contemporaines. D'autant plus pérennes.

Alex paulista

Bonne année Monsieur Bilger !

Votre analyse du caractère de Nicolas Sarkozy est bien sûr intéressante, pourtant il me semble que, comme beaucoup de gens qui fonctionnent à l'affect, notre Président essaie justement d'attirer l'attention sur le côté personnel.

En clair, cet aspect passionnel n'est qu'un chiffon rouge de plus que sa communication agite, et votre billet tombe dans le piège de s'y intéresser. Quand NS parle de Kärcher, de mouton dans la baignoire, c'est la même façon de vous sortir hors de la sphère de l'analyse, que vous soyez pour ou contre lui. C'est en partie ce type de mécanisme qui crée une polarisation exagérée autour de son personnage.

Je préfère résister à cette tentation et analyser la réalité calculée de sa politique catastrophique. Je veux écouter les Stefanini derrière les Hortefeux et autre Besson dont le passage amuse la galerie.
Il faudrait plutôt à retirer les Dati, les Borloo, Morin, les annonces fascisantes venues de l'Intérieur ou du Ministère de l'"Identité Nationale", bref tous les plans comm qui se sont succédé, et engager les gens à voir le bilan réel sur la justice, l'écologie, l'éducation, la santé, la sécurité, la qualité de l'accueil des étrangers souhaités et l'efficacité des solutions trouvées contre les étrangers clandestins.

Halte aux discours, regardons les résultats de ce clown !
(sans vouloir offenser les palhaços professionnels, cela va sans dire)

philippe.bilger

A l'aube de cette nouvelle année, je profite de cette heureuse opportunité pour souhaiter à tous le meilleur, et sur tous les plans, pour 2012.
J'use également de la possibilité de vous faire parvenir par ce biais quelques observations sur la tenue de ce blog. La réputation de celui-ci tient au lien fort entre le rythme des billets et la qualité des commentaires. On peut aimer mes billets ou les apprécier modérément ou même les détester : ils sont écrits pour être critiqués. La plupart des commentateurs s'y attachent avec talent, cohérence et rigueur même s'il me plairait parfois de voir davantage débattu le fond que la périphérie. C'est le point de vue très subjectif du rédacteur !
Je note tout de même depuis quelque temps une dérive préoccupante qui emplit les commentaires de digressions, divagations, saillies, étrangetés et insipidités qui font de ce blog pire qu'un forum : une sorte de chienlit désordonnée où les dialogues personnels, anecdotiques et insignifiants entre quelques commentateurs prennent le pas quantitativement et intellectuellement (si j'ose dire !) sur la discussion et l'argumentation.
Pour la première fois depuis la création de ce blog, j'ai été amené à supprimer cinq commentaires sans queue ni tête de l'une d'entre vous malheureusement nourris et exploités par d'autres qui, commentant les divagations, renforcent le chaos de l'économie générale de ce blog.
Celui-ci ne restera digne de l'allure que les uns et les autres nous désirons lui prêter que si la discipline et la rectitude gouvernent non pas le fond des posts qui est évidemment à la discrétion de chacun mais la méthode : ce n'est pas une loge de concierge et que les concierges me pardonnent ni le café du commerce et que ces établissements n'y voient nulle offense !
Au-delà de l'apparence - les commentaires sont lus, relus, corrigés pour l'orthographe et la ponctuation -, au-delà de l'absence de censure - j'espère que les permanents inquiets et soupçonneux seront enfin rassurés -, il convient de favoriser la relation entre des billets ayant une identité et des commentaires traitant au moins le sujet.
Si ce que j'ai constaté de la part de quelques-uns continue, en dépit d'une majorité de commentateurs valables et structurés, je crains que plusieurs très estimables nous quittent ou raréfient leur présence. Quand on a de l'intelligence et de la tenue, on n'a plus envie de mêler sa voix à n'importe quoi pour ne pas évoquer les grossièretés de langage qui émaillent trop volontiers quelques rédactions.
J'espère que cette amicale semonce atteindra ceux qu'elle concerne et ne découragera pas les autres qui honorent ce blog.
Je vous demande d'accepter le fait qu'à l'avenir, ce qui est TOTALEMENT hors sujet sera évidemment supprimé.
Pour finir sur une note plus gaie : bonne année à tous!

Pierre-Antoine

C'est quand même incroyable, on attend d'un (notre) président de la (notre) République des qualités que l'on ne trouve que chez les rois des romans à l'eau de rose ! Romans que l'on qualifie de "romans de gare" aux personnages "mièvres" qui ne plaisent qu'à la ménagère en mal d'amour !

Cordialement

Pierre-Antoine

Savonarole

Après le Métropolitain, Philippe Bilger découvre "Sarko" !

(passer de "Caligula au petit pied" à "Sarko", c'est un progrès, louons le Seigneur !).

Quelle brute épaisse habite donc notre Président ?

- Celui qui a contribué à rétablir la démocratie en Côte d'Ivoire ?
- Celui qui a giclé Kadhafi ?
- Celui qui n'a pas 570 soldats morts en Afghanistan, comme nos amis anglais ?

Souhaitons qu'en 2012, Philippe Bilger n'ait pas à faire le même chemin vers Canossa que Jean-François Kahn, qui aujourd'hui se contorsionne pour faire oublier les une de Marianne de 2007 à aujourd'hui...


calamity jane

"vulgus" : le commun des hommes !
c'était dans le billet -conformisme du
blasphème- à propos de la phrase de
E. Renan que je m'étais permis de développer.
Rien de nouveau sous le soleil !

DMonodBroca

"Il n'est pas moi mais ce que j'ai trouvé en lui, paradoxalement, me le rend proche. Au-delà de nos divergences et de nos antipathies, quelque chose nous rassemble : c'est notre compassion pour la pauvre bête humaine que nous sommes tous, délestés de nos oripeaux."

Vous êtes dur : vous comparez vos sentiments à l'égard de notre président à vos sentiments à l'égard des repris de justice...

Mais vous avez raison, nous sommes semblables.

J'aime cette petite histoire juive racontée par la psychanalyste (toujours le divan) et exègéte Marie Balmary dans l'un de ses ouvrages :

Un élève demande à son professeur : "Rabbi, Rabbi, pourquoi tous les hommes sont-ils différents ?"
Et le professeur lui répond : "parce qu'ils sont tous à l'image de Dieu"

Catherine JACOB

« Il n'est pas moi mais ce que j'ai trouvé en lui, paradoxalement, me le rend proche. »

« Dédicace / Au Poëte impeccable / au parfait magicien ès lettres françaises / à mon très-cher et très-vénéré maître et ami / Théophile Gautier / avec les sentiments / e la plus profonde humilité / je dédie / ces fleurs maladives" – Charles Baudelaire

« […]
Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,

Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde;

C'est l'Ennui! - l’œil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère! »

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    Renseignements et inscriptions : [email protected]
  • L'Institut de la Parole propose des formations dans tous les domaines de l'expression et pour tous, au profane comme au professionnel de la parole publique. L'apprentissage et le perfectionnement s'attachent à l'appréhension psychologique de la personnalité et aux aptitudes techniques à développer. L’Institut de la Parole dispense des formations sur mesure et aussi, dans l’urgence, des formations liées à des interventions ponctuelles, notamment médiatiques. Magistrat honoraire, Philippe Bilger propose également des consultations judiciaires : conseils en stratégie et psychologie judiciaires.

MENTIONS LEGALES

  • Directeur de la publication : Philippe Bilger
    SixApart SA 104, avenue du Président Kennedy 75116 PARIS