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20 décembre 2012

Commentaires

Tipaza

Le mariage pour tous, la PMA, l’euthanasie, en attendant le contrôle aux frontières, et pour l’instant le dénigrement, la mise au ban de la société bobo-socialo, de ceux qui préfèrent la liberté à l’égalité pour tous, de gré ou de force.
On se croirait revenu aux procès de Moscou, à l’affaire Kravchenko, avec son livre « J'ai choisi la liberté », et aux déchaînement des communistes de l’époque.
Le socialisme est un totalitarisme, sous quelque forme qu’il apparaisse, il finit ainsi, c’est dans ses gènes.
L’égalité est liberticide puisque contre-nature !!!

Pietri S

Josiane Lacombe Minguel

Cet article du Monde ne prouve rien tout au contraire : des enfants qui ont 27/29ans aujourd'hui affirment qu'ils ont toujours bien vécu avec deux mamans, sans problème aucun à l'école etc. ce qui prouve que la société est tolérante et qu'il ne faut donc rien changer !

Serait-il convenable que des enfants LOL de 27/29ans LOL viennent contester le choix de vie de ceux/celles qui les ont élevés et aimés, un peu de sérieux !

Quant à Marie Mandy "l'autre maman" abandonnée par sa compagne (mère biologique) partie avec leurs deux filles, elle subit ce que subissent de nombreuses mères, de nombreux pères, rien que de très habituel !

Cet article est absolument contre-productif et renforce le fait que ce mariage homo n'est qu'une exigence sans réel fondement !

Jachri

Durkheim et Kubler Ross avaient beaucoup parlé de la mort, écrit sur ce passage, mais ça a été une tout autre histoire quand ils y ont été confrontés dans d'infinies souffrances... au grand dam de leurs disciples... et c'est vrai que c'est bien plus facile de parler de la mort quand on est en bonne santé !
J'accompagne des personnes en fin de vie depuis longtemps et plus je m'approche du terme, plus ça me terrorise... pas la mort, non, mais ces infinies souffrances qui peuvent la précéder.
Beaucoup de vieillards se suicident, quand ils peuvent encore le faire, mais il ne faut pas en parler, hein ?
D'ailleurs, on ne dit pas qu'untel est mort mais qu'il "est parti". Curieuse société, dite moderne, qui ne peut affronter ce mystère qu'est la mort, ne peut la côtoyer et la cache dans des chambres aux murs blancs ! Et qui, pourtant, palabre... à l'infini...
Rendez-vous, Monsieur Bilger, ou vous, NS, à ces instants-là, pleins de souffrance et de désespoir, si le destin ne vous est pas clément, s'il ne vous accorde pas une "bonne" crise cardiaque rapide, pour mettre fin à une insupportable agonie. Ferez-vous mieux que Durkheim, Kubler Ross ou d'autres ? Vos mots seront-ils les mêmes ?

Pietri S

Véronique Raffeneau 5.17

Vous semblez faire une confusion, le suicide assisté ne peut pas être une pratique du corps médical ! et les pays qui l'autorisent l'ont bien compris !

La Suisse qui pratique le suicide assisté le permet par l'intervention d'une association relativement bien encadrée.

Cette pratique est destinée uniquement et essentiellement à ceux/celles qui souffrent d'une maladie incurable et pour lesquels il n'existe plus aucun traitement : état authentifié par un médecin, la police et la justice sont informées ; le patient doit être le demandeur, c'est lui qui prend la potion qui lui est proposée par l'association, ou qui ouvre la perfusion ; l'association intervient comme fournisseur du produit moyennant une somme de €7000 : le patient choisit le moment où il décide de partir. C'est l'association qui constate le décès et se charge des démarches a posteriori.

En Belgique l'intervention est un peu différente, un médecin rédige une ordonnance pour retirer le kit dans une pharmacie.

Pietri S

Libérus 23.43

Ce que vous affirmez est vrai, terriblement vrai et terriblement effrayant à la fois ; si l'on prolonge votre raisonnement (dont je ne vous accuse pas le moins du monde), la Gestion Pour Autrui serait (sera !) donc autorisée puisqu'il s'agit d'une "rencontre mercantile" : l'offre et la demande moyennant rémunération.

Dans une société dans laquelle tout doit être égalité, le même droit pour tout pour tous, tout tous pareils, sans distinction aucune : toute distinction, toute différence étant discrimination, phobie de quelque chose... aucune raison de s'arrêter : la morale, la formule "un être humain se contraint, un être humain ne cède pas à ses pulsions", ne sont que des suppléments d'âme pour les conservateurs sans doute !

... et si c'était ça la fin du monde, celle d'un cycle durant lequel la morale avait encore un sens ! La morale qui était la limite, la borne, le rempart aux débordements de la nature humaine !

Josiane Lacombe Minguell

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/12/20/mariage-pour-tous-des-familles-homoparentales-auditionnees-sur-le-projet-de-loi_1809213_3224.html
Vos questions Monsieur Bilger font partie du débat et les réponses que vous donnez par avance ne sont que les vôtres, celles qui correspondent à votre propre vision des relations de couple. Alors pouvons-nous écouter la voix des enfants concernés qui réclament plus de droits et les entendre ?

Pietri S

Une grande idée générale se dégage comme toujours, et toujours la même, chacun a un avis bien circonstancié, bien définitif sur la fin de vie des autres, sur le ressenti sur ce que veulent les concernés.

Pourquoi faudrait-il une loi, encore une, pour la fin de vie... Il faut appliquer celle (s) qui existe. Il y aura toujours des exceptions, il y aura toujours des cas particuliers, le sien, une loi n'est pas faite pour répondre à des cas particuliers.

L'euthanasie existe, l'euthanasie est pratiquée, quant au suicide assisté est-ce à l'Etat de s'en occuper ?

La société française est décidément construite autour de plus d'Etat toujours pour organiser notre vie et notre mort : à quand une loi pour autoriser les couples "à procréer" ? nous n'en sommes pas très loin avec le mariage homo et les PMA et GPA, oui la Gestation Pour Autrui, les mères porteuses, parce que ne nous y trompons pas, ce sera accordé : il suffit d'observer la mollesse devenue de l'argumentation de ceux qui étaient de farouches adverses du mariage gay qui par lassitude abandonnent le combat.

Véronique Raffeneau

Non, Jean-Dominique, une loi qui autorise le suicide, pour reprendre votre expression, techniquement assisté par un tiers, marque une rupture dans la confiance qui constitue le socle de l'éthique médicale. Elle explose pour chacun d'entre nous la garantie, la promesse de cette confiance.

Aucun texte de loi ne pourra jamais traduire l'infinie complexité et gravité de ce qui lie un médecin à son patient qui va mourir.

Aucune loi ne pourra jamais abolir la souffrance psychique du grand malade, celle de ses proches et de ceux qui prennent soin de lui.

Il ne faut pas que l'hôpital et les unités de soins palliatifs inspirent de la défiance, de l'angoisse et de l'inquiétude.

"L'humain à ce point délicat et sensible est-il vraiment l'affaire de l'Etat ? Les gros sabots de la réglementation doivent-ils fouler le terrain complexe, friable et chaque jour assumé, rejeté ou accepté, de la souffrance, du courage, de la solidarité et de la douleur ?"

Je partage en totalité cet engagement de Philippe.

Et comme l'a écrit le commentateur JMT, ni les gouvernants, ni le monde médical au sens large, ni la société, personne n'a les moyens intellectuels et moraux, j'ajoute humains, d'autoriser et d'officialiser la transgression de l'interdiction absolue du "tu ne tueras point".

Quant aux difficultés des décisions à caractère économique, je pense tout le contraire de ce que vous écrivez: ces décisions sont à la portée de n'importe quel gouvernant. Il y faut juste le courage, la solidité et la détermination d'un homme ou d'une femme d'Etat.

Et à défaut d'être des hommes ou des femmes d'Etat, ne les laissons pas se transformer en apprentis sorciers.

oursivi

@Alex

Mais que resterait-il à l'Homme, cher Alex, si sa vie même ne lui appartenait ?

Lui qui tient, manipule, peine ou s'amuse de cette matière qui toujours lui survit, d'objets, de lieux, de temps qui le voient rapidement passer sans un début d'émotion, que lui resterait-il si on le privait de l'étroit libre arbitre où il croit libre une volonté qu'il fait Lui, n'ayant maîtrise de rien d'autre.

La seule chose que l'Homme possède est bien ce corps perfectible, du plus sage au plus inconscient, il est muré en lui-même, et s'il n'a bâti ce mur, c'est son seul toit, l'imprescriptible demeure, la confier à d'autres est le nier lui, infiniment.

Ce qu'il y fait - pour autant qu'on puisse l'extraire de sa coquille de chair et les regarder séparément, une sotte folie - ne regarde que lui, ne concerne que lui, et à cette unique occasion, lui seul est dedans, lui seul une fois adulte et au fait de ce que les autres savent, sent et pense ce qui lui convient et qui ne concerne que lui, là où tout autre est infiniment ignorant de ce ressenti-là, et voudrait exercer ailleurs un droit qu'il se refuserait en lui-même, annihilant ses modestes efforts de cohérence.

Son seul terrain à défendre sans empiéter sur ses semblables et voisins, c'est à sa peau qu'il s'arrête, là seul il est souverain, au-delà commence l'univers des autres, celui, commun, où ils tentent d'inventer des lois pour qu'ensemble, ces petites entités discrètes valent plus que la somme qu'elles constituent, naissent alors les concepts d'Humanité, de Dieu, de Sens.

Je peux parler du désir qu'a l'Homme de Dieu, mais Dieu, ses pensées, si c'est même ainsi qu'il conviendrait de qualifier les lois physiques que constatons et les sociales qu'avons pesamment bâties, comment en parler sans sombrer dans le ridicule ?

Qu'il existe ou non, laissons son Nom, ou laissons ce mot hors de cela.

Nous nous connaissons déjà tellement peu nous-mêmes que viser plus large serait s'égarer.

Non, je ne trouve pas le texte lu par NS fin, ni particulièrement profond. JDR en a esquissé une juste critique, le sophisme y fleur bon que de tout mélanger, effet, volonté et dérive anticipée. C'est à peu près aussi sot que de vilipender vies et naissances, promises à tant de peine et à une mort certaine.

La seule chose à considérer est de s'assurer que le prétendant à une fin anticipée soit bien conscient de tous les aspects de la situation qu'il traverse, comme de lui avoir offert tous les moyens de ne pas la voir si funeste ; là est le seul effort de quelque humanité à lui offrir.

Beaucoup d'entre vous sont sensiblement - dans tous les sens du terme - dévoyés, et Philippe n'est à ce sujet pas le dernier, à vous soucier d'effets de troisième ou quatrième ordre quand déjà tant de problèmes d'ordre autrement premier ne sont en rien réglés.

Le mariage gay, mais qu'importe, les homos se lasseront de ce gadget bien plus vite que les hétéros ne l'ont fait.

L'euthanasie, le suicide... ils existent depuis la nuit des temps humains, on commence juste à les penser collectivement en tentant de les encadrer de quelques règles de plus, puisque c'est ainsi qu'avons toujours agi. Mais tout cela existe déjà dans le champ du quotidien et les réflexes qui s'appliquent à leur rencontre resteront exactement les mêmes, s'appliqueront semblablement et infléchiront l'application de la loi comme le font les décisions ultimes actuelles ; tous avons peur des mêmes dérives, la loi le traduira et ceux devant y faire face agiront avec la même conscience.

La seule guerre à mener est de s'attaquer aux maladies, aux assassins et aux problèmes concrets de ceux qui nous paraissent vouloir pour eux-mêmes une fin trop précoce.

Au delà n'est rien, si ce n'est améliorer encore et toujours cela.

Là est la proie, lâchez l'ombre.

AO

Libérus

@ Robert
"Comme si le droit à l'enfant était de la même nature que celui de l'acquisition d'un objet quelconque"

Le jour où nous avons admis le remboursement par la Sécurité sociale de la PMA aux couples stériles et ayant un "projet parental" (quelle belle expression), nous avons implicitement reconnu pour ces couples un "droit à l'enfant".

Libérus

"Pourquoi ce gouvernement, par ailleurs si frileux, si modéré - qu'on songe à sa réforme bancaire - alors que l'audace devrait être sa règle pour ce que la survie nationale et internationale impose, ne se montre-t-il vraiment déterminé qu'à l'égard des domaines où son abstention aurait été bienfaisante ou au moins son infinie prudence"

Une mauvaise réglementation bancaire pourrait avoir des conséquences beaucoup plus graves pour nous tous que la plaisanterie consistant à accorder la PMA aux homosexuelles.

Alex paulista

@ oursivi
"De quel droit, j'aimerais qu'on me le dise - l'ai déjà écrit mais ne désespère point d'éveiller ainsi quelques esprits - une société pourrait-elle obliger quelque personne à continuer une vie qu'elle abhorre ?"

De droit divin, cher oursivi. Notre vie ne nous appartient pas. On pardonne juste (et encore pas toujours) à ceux qui se suicident.

D'ailleurs l'extrait de discours cité par notre hôte est très fin mais ne s'attaque pas au noeud du problème : Dieu.

Jean-Dominique Reffait

N. Sarkozy inspiré, peut-être, mais par qui ? Le ton désabusé, la structure latine de la phrase font penser à Guaino. Le propos juste énoncé par N. Sarkozy n'est qu'un élégant sophisme. Il part d'une hypothèse – la société veut se débarrasser de vieillards bien portants – et ficelle une argumentation a posteriori sur le moyen de parvenir à cet objectif : l'euthanasie. C'est exactement dans l'autre sens qu'il faut penser : lorsque tout est fini et qu'il ne reste plus de la vie que la souffrance, ne peut-on laisser au moins un choix, un seul, celui de partir. Le projet de suicide assisté s'oppose à l'euthanasie et le propos de N. Sarkozy en occulte volontairement les différences évidentes. L'euthanasie consiste en une décision tierce, celle d'un entourage, d'un médecin. Elle est totalement exclue par le rapport Sicard. Le suicide, comme son nom l'indique, provient d'une décision personnelle, techniquement assistée par un tiers dans le cas du suicide assisté. Sur un tel sujet, il convient d'être intellectuellement honnête.

Nous ne sommes pas ici, Philippe, dans un contexte de convenance ou d'agitation démagogique comme le mariage homosexuel. Il s'agit ici de répondre à des drames humains, à des souffrances insupportables, à un délaissement de la fin de vie. Il ne s'agit pas ici de heurter la moindre conscience – en brouillant le sens des mots communément admis – mais de permettre à certains de fermer leur propre porte. J'entends bien que la vie est sacrée et tralala mais est-ce la vie qu'un corps qui meurt dans la douleur et qu'une intelligence humaine réduite à souffrir ? Ne mélangeons pas le gadget et l'essentiel sous le prétexte que l'un comme l'autre interrogent notre conception de l'homme. Que je sache, ni la nature ni la volonté divine ne sont respectées lorsque notre médecine permet à tant d'enfants de naître et de survivre. Pourquoi, dès lors qu'il s'agirait de la fin de vie faudrait-il s'en remettre à cette nature ou à cette providence ? Il y a là des questions à se poser pour les tenants de toutes les philosophies, chacune pataugeant dans ses paradoxes. Mais il n'y a certainement pas matière à polémique mondaine.

Ce qui n'est pas faux, en revanche, c'est le décalage apparent entre la détermination gouvernementale sur les sujets de sociétés et les décisions plus nébuleuses en matière économique. Mais il ne faut pas là non plus se laisser prendre : le mariage gay, le vote des étrangers, le suicide assisté, aussi dissemblables soient ces sujets par nature, sont des mesures simples : c'est oui ou c'est non dans le principe. Une politique économique, ce sont des mécanismes plus que des mesures, dont l'exposé est à la fois moins spectaculaire et plus ardu à percevoir. Le pacte de compétitivité, pour qui veut se donner la peine de le lire, est cohérent et direct, sans ambiguïté. Mais il ne peut se réduire à une formule aussi facilement que ces sujets de société. Discuter de son bien-fondé nécessite un arsenal de raisonnement dont on se passe pour juger à l'emporte-pièce sur les sujets plus simples à percevoir. Et ce que nous prenons pour un brouillard politique en matière économique provient de ce que nous ne sommes pas en mesure de discerner tous les contours des mécanismes en jeu. Je ne prétends pas que tout va pour le mieux avec ce gouvernement, je suis comme tout le monde, dans l'attente de signaux plus forts et d'une direction plus affirmée. Mais j'ai conscience qu'il m'est plus facile, à moi comme à beaucoup, d'appréhender une problématique sociétale que de concevoir la globalité de mécanismes économiques et sociaux.

Boris

Dans le genre incongru, notre BHL national vient de prendre la défense de Lakshmi Mittal. Il serait peut-être temps de le radier de la Gauche prolétarienne...

RF

Autant le "mariage pour tous" est à mes yeux une cause de dégénérescence sociétale, autant je m'interroge sur l'euthanasie.

Mon coeur balance entre, d'un côté, l'interdiction de toucher à la vie humaine et, de l'autre côté, la compassion pour le malade incurable en phase terminale, l'accidenté cloué au lit ou le vieillard au bout du rouleau, qui demandent qu'on abrège leurs souffrances tant physiques que psychologiques.

Choix cornélien.

En tout cas, merci pour votre très beau billet.
Votre question finale me laisse cependant perplexe car, si je compare au discours de Dakar, on ne s'interrogeait pas tant à l'époque sur l'auteur du discours. Nicolas Sarkozy avait eu le malheur de prononcer ce discours et il en a pris plein la tête car il l'avait prononcé. On lui avait reproché ses propos. Cela démontre à quel point l'orateur s'approprie le discours qu'il prononce. Peu importe l'auteur.

Je préfère en rester là pour le dernier discours de Nicolas Sarkozy, d'une très grande beauté. Peu importe son auteur. Nicolas Sarkozy l'a prononcé et il n'y a que ça qui compte.

JMT

Pardon, intervention. Phrase tirée du rapport Sicard :
"Pour cette raison il paraît à la plupart inconcevable qu’une loi puisse établir de manière générale les situations dans lesquelles l’euthanasie pourrait être réalisée, autrement dit qu’elle dicte une norme déterminant les cas où l’assistance au suicide serait possible. "
"D’autre part, on observe surtout une grande ignorance de la situation actuelle et des changements intervenus avec la loi Leonetti." p.21

MS

De quel droit, j'aimerais qu'on me le dise - l'ai déjà écrit mais ne désespère point d'éveiller ainsi quelques esprits - une société pourrait-elle obliger quelque personne à continuer une vie qu'elle abhorre ? AO

Nous l'avons déjà évoqué, Axel. L'aliéné jugé irresponsable de ses actes, ne disposant d'aucun libre arbitre, conserve toute sa dignité d'être humain. On ne le supprime pas, on ne "l'emprisonne" même pas, on l'envoie en soins.
Ce n'est donc pas notre liberté qui fonde d'abord notre dignité. Il y a en l'homme plus grand que lui-même. Ce "plus grand" est indéfinissable, il est au cœur de nos questionnements, celui profondément de Jabiru : "Fallait-il, ne fallait-il pas ?"


C'est simple à dire comme à lire, mais demeure immensément incompris. AO

C'est au contraire immensément incompréhensible et bien trop complexe pour le résoudre par la loi.

calamityjane

Eh bien, pas de théories sur le sujet d'autant qu'étant très proche d'un cas de détérioration prononcée mais à un âge
plus que respectable, je n'ai que des questions et aucune réponse.
Cependant quelquefois cela permet aux vivants d'apprivoiser un départ définitif et de préparer éventuellement le sien.

oursivi

Personne n'est dupe, comme le dit bien Boris.

Mais, petit pavé dans notre petite mare, cette peine de mort dont redoutez l'application, est-elle pire que les peines de vie, les peines à vie, quand d'elle on ne veut plus ?

De quel droit, j'aimerais qu'on me le dise - l'ai déjà écrit mais ne désespère point d'éveiller ainsi quelques esprits - une société pourrait-elle obliger quelque personne à continuer une vie qu'elle abhorre ?

Pourquoi un prisonnier ayant commis les pires actes dont il est parfois conscient, se voit-il protégé de la peine de mort mais pas de celle de vie, de cette vie recluse qu'on lui impose ?

Est-ce une torture subtile qu'on plaque consciemment ?

Pourquoi légiférer, demandez-vous pertinemment. Peut-être parce que dans beaucoup de cas, ce fut devant les tribunaux que des médecins ayant agi dans la plus parfaite et responsable humanité, ont dû aller rendre des comptes. Et confier leur destin à un jury aux compréhensions pas forcément laïques ou bienveillantes.

Qu'un patient ou qu'un être quelconque décide et clame avec répétition qu'en finir il désire, de quel droit pourrions-nous l'en empêcher ?
Quand on sait le nombre de personnes qui finissent par se donner la mort pour de sottes raisons bien matérielles, concrètes et parfaitement traitables et qui d'indifférence ou de négligence finissent par se convaincre que la société les pousse au suicide, ouïr en même temps que d'aucuns pour lesquels elle ne peut plus rien se voient priver du droit de sortir du champ de ce jeu stupide, est sidérant à si bien démontrer que doivent être sauvés ceux qui peuvent l'être et juste soulagés, ceux pour qui on ne peut plus que cela.

C'est simple à dire comme à lire, mais demeure immensément incompris.

AO

Jabiru

C'est quand on est confronté à l'agonie de quelqu'un qui souffre que l'on perçoit la nécessité de définir les limites de ce que peut supporter l'humain. Abréger les souffrances quand il n'y a plus aucun espoir, mais ne les abréger qu'après concertation entre la famille et les médecins. J'ai malheureusement connu il y a une dizaine d'années une situation de dérive coupable, quand un anesthésiste m'a demandé s'il pouvait couper la ventilation d'une patiente (ma mère) tombée dans le coma depuis deux heures. J'ai bien évidemment refusé cet acte inqualifiable, la patiente s'est réveillée 48 heures plus tard, ce qui lui a permis de vivre sept ans de plus mais paralysée et clouée au lit. Fallait-il, ne fallait-il pas ?
En tout cas une grande prudence s'impose pour aller au-delà de la loi Leonetti.
Imaginons des héritiers pressés !

Laurent Dingli

J'étais étonné de lire quelque chose de positif sous votre plume concernant Nicolas Sarkozy, jusqu'à ce que je découvre la fin, plutôt perfide. In cauda venenum.

scoubab00 à Xavier

Philippe, je jure que c'est pas moi ! Cette remise de breloque(s) est peut-être l'occasion de s'apercevoir que Nicolas goûte pleinement Carla et sa compagnie ? La nature a horreur du vide, la défaite l'aime. Ayant tenu à distance les lèche-culs de rigueur après les événements de mai, si Sarko se régale auprès de sa muse qui chante tout en faisant bon usage de son muscle pubo-coccygien, que voulez-vous que je vous dise, c'est parfait. Un orage passé, un couple renforcé, très bien.

Peut-être que ce gouvernement-ci est plus taillé pour le social que pour l'économique... c'est déjà faire preuve d'un certain courage que de tenter de faire bouger un pays aussi rouillé sur certains sujets de société. Pour l'économique, c'est trop dur pour ces bourgeois de gauche que sont Eyrault et consorts. Trop vieux, trop dans le système; trop la crise, aussi.

Boris

Les sujets sociétaux ont en commun avec les controverses théologiques de divertir l'attention du bon peuple lorsque les barbares sont aux portes ou que la récession menace. Tous tant que nous sommes, nous ferons penser aux Byzantins discutant du monophysisme dans leur boutique... ou des Bleus et des Verts, pardon, du divin Zlatan.

Quant à NS, les Byzantins l'auraient nommé kastrophylax du fort de Brégançon. C'est son niveau de compétence : la qualité éventuelle de ses nègres ne change rien à l'affaire. Seule la nullité croissante des dirigeants de l'UMP l'empêche de sombrer définitivement dans les poubelles de l'histoire.

Valerie

Rédigé par : Pietri S le 20 décembre 2012 à 10:22

"...pas comme en Suisse une association parfaitement encadrée..."

Faites-vous allusion a cette societe mercantile ?

J'avais lu dans le magazine du Sunday Times et j'ai retrouve des infos sur eux grace au Net :

http://www.swissinfo.ch/fre/societe/Des_urnes_funeraires_au_fond_du_lac_de_Zurich.html?cid=8918234

http://www.swissinfo.ch/fre/societe/Dignitas_souleve_lindignation.html?cid=6236756

Excellent billet. Bon, comme pour le reste des autres sujets societaux, on nous donnera l'impression d'un choix. Ce qui est faux parce que si l'on est de nature scrupuleuse et que l'on a peur de gener... on donnera son accord a quelque chose que l'on n'a pas franchement choisi...


Achille

« Un jour vient où l'on considère que, faute de les avoir prévenues puis de les avoir soulagées, il faut abréger les souffrances et que mettre un terme à ce que l'on appelle l'agonie devient une nécessité sociale. Une nécessité si évidente que toute la société, heureuse de se débarrasser du problème, exige des lois et que celui-là même qui est en train de mourir devient complice de sa propre mort, en implorant la fin, croyant accomplir un dernier geste de liberté alors qu'il ne fait que se soumettre à une nouvelle contrainte sociale. Le risque est grand alors de voir une société supprimer des vieillards, avec leur consentement, pour supprimer la vieillesse et la peur qu'elle nous inspire »

Il est vrai que la progression des non actifs est en passe de poser un problème préoccupant dans un avenir plus ou moins proche. Mais faut-il pour autant faire un amalgame entre le coût des soins des personnes en fin de vie et la détresse de celles-ci ?

Faut-il, au nom d’une morale essentiellement religieuse, que des êtres qui n’ont plus rien à attendre de la vie, en soient réduits à continuer, contre leur gré, une existence qui n'a plus de sens?

Ne sommes-nous pas maîtres de notre propre existence, même si ne sommes en rien responsables de notre venue à la vie ?

A la fin de vie d’un être cher, faut-il ajouter à la souffrance de ses proches qui n’ont que leur amour pour l’aider à mourir ?

A cela s’ajoute le cas de conscience du médecin qui s’est engagé à sauver des vies et non à donner la mort, même si celle-ci est une délivrance.

Problématique délicate où des concepts politiques, moraux et sociétaux s’entrechoquent et pour laquelle il sera très difficile d’apporter une réponse qui satisfasse toutes les sensibilités.

Robert

J'éviterai d'ajouter un commentaire à ceux déjà exprimés, d'autant que je partage le point de vue exprimé par JMT et comprends aussi celui de Marie Dumont.

En un mot, je dirais qu'il est impératif que TOUS les médecins appliquent intégralement les dispositions de la loi Leonetti. Cela doit être exigé d'eux, y compris et singulièrement par les patients eux-mêmes, sans qu'ils se dérobent, ce texte ne contredisant en aucun cas le serment d'Hippocrate.
En revanche demander aux médecins d'être les acteurs du suicide d'autrui, notamment s'il ne sont pas des malades en fin de vie se trouvant dans une souffrance inextinguible si ce n'est par la sédation, me paraît constituer une régression de la civilisation. Mais on n'en est pas à une près quand on entend les énormités proférées par Monsieur Berger sur l'achat du ventre de mères porteuses... Comme si le droit à l'enfant était de la même nature que celui de l'acquisition d'un objet quelconque, une belle voiture par exemple ! Comme si le mariage devait se traduire par l'exercice d'un droit de propriété sur le ou la partenaire et le ou les enfants à venir. La négation même des principes de Liberté, d’Égalité et de Fraternité.

JMT

L'ennui c'est que, dans cette affaire, tout a été dit, depuis des millénaires, mais plus récemment, par Jonas, Marie de Henezel et le Pr Puibasset dans son ouvrage collectif édité chez Springer et que, bien sûr, personne ne cite: même des infirmières y ont dit leur point de vue, pensez donc.
Ce que disent les politiques, c'est l'écume des problèmes de société. Il y a toujours au fond un intérêt personnel, paraître le Solon de l'époque.
Qu'ils aillent au diable s'il en veut.
Il y a eu une loi excellente, la loi Leonetti, inspiré autant par une philosophie ontologique que par le devenir de la technologie.
Le suicide assisté c'est une infime minorité des malades qui le réclamera, on a les moyens de l'éviter par une sédation adaptée, à condition de le vouloir et d'aimer le malade comme un sujet et non comme un objet. Bien sûr, ça fait bien de s'en occuper, ça donne une profondeur au personnage "Moi, Président....j'ai fait autoriser le suicide". Magnifique tableau de chasse.
Loin de ces inanités, nous ne savons rien de la pensée du mourant; je m'approche de ce moment et sans en être curieux, je n'ai aucune idée de ce que la chimie de mes réactions internes me communiquera, comment ma pensée évoluera; je souhaite seulement que quelqu'un fasse ce que j'ai fait pour ma mère, pour mon ami, que leur visage apaisé accompagne le glissement vers la réunion à l'Univers sous une forme plus élémentaire.
Une Loi ? Elle n'a aucune importance sur la question, elle n'est destinée qu'à refléter le point de stationnement provisoire d'une pensée en l'espèce, prêtée. Aujourd'hui, le grand voeu, c'est tout, tout de suite. Ce que voulaient les communistes "pendre les patrons avec les tripes des contremaîtres." Lesbienne avec enfant aux frais de la Sécu, là, tout de suite, gay avec emploi salarié selon Bergé du tiroir à polichinelle pour, là, tout de suite, se procurer un enfant, pour soi, pour sa légitimité d'homo dans l'indifférence.
Les enfants ne sont que pour une génération dans la vie, au-delà, ils ne nous appartiennent plus.
La mort, c'est l'éternité du recommencement, c'est au-delà de notre conception même, alors, de grâce, messieurs
Les politiques, gavés d'honneurs, pétris de dérobades et ignorants, n'allez pas au-delà de la possibilité d'aider, ne franchissez pas le pas de l'accord sur le suicide, vous n'en avez pas les moyens moraux ni intellectuels. Le suicide, c'est une maladie, la science peut aussi la contourner par les moyens actuels, n'ajoutez pas une maladie à votre orgueil.

Denis Monod-Broca

Pourquoi en effet vouloir à tout prix faire une loi sur l'euthanasie ? Pourquoi diable vouloir faire encore une loi ? Nous faisons trop de lois, beaucoup trop de lois ! Cela est dit et répété, nous le savons, mais nous persévérons, c’est plus fort que nous. Encore et toujours, avec toujours de « bonnes raisons », nous faisons de nouvelles lois. Certains parlent de « harcèlement textuel », d'autres de « logorrhée législative », on pourrait aussi parler d’« addiction à la nouveauté ». Sur cette question de la fin de vie, il est vrai essentielle, à quoi bon légiférer encore ? Au chevet d'un mourant qui souffre il y aura toujours cas de conscience, il y aura toujours hésitation, il sera toujours difficile de décider. L’injection létale, si elle était autorisée, n’y changerait rien. Ce serait une option de plus, oui, certes, encore que certaines doses de morphine n’en différent guère, mais il y aurait toujours cas de conscience et hésitations, il y aurait toujours souffrances. Aucune loi ne pourra jamais les éviter. On a le sentiment d'assister à la quête vaine d'un inaccessible St-Graal, celui d'une loi parfaite, d'une loi aux pouvoirs magiques, d'une loi qui penserait et agirait à notre place, d’une loi qui ferait disparaître toute souffrance... Ce n'est pas raisonnable. À moins qu'un autre ressort ne se cache derrière cette quête perpétuellement insatisfaite ? Les partisans de l'euthanasie ne rêvent-ils pas de faire un sort à l'injonction « tu ne tueras pas » ? Ne caressent-ils pas le secret espoir d'en finir une fois pour toutes avec cet absolu qui a un tort rédhibitoire, celui de garder, de par ses origines, une connotation religieuse ? Ne sont-ils pas poussés par un besoin incoercible, prendre une revanche contre ce dieu qui l'aurait dictée ? On peut légitimement se le demander à observer les efforts qu'ils déploient, loi après loi, avec une constance sans pareille, pour obtenir que le droit de tuer enfin devienne légal. Prisonniers de leur soif de revanche, ils ne se rendent pas compte de ce qu’ils font. Notre système législatif dans son ensemble perdrait sa cohérence si tuer était admis par la loi. Depuis qu'il y a des hommes, ils tuent, toujours convaincus d'avoir de bonnes raisons pour le faire. Mais ces raisons, on le sait bien, ne sont jamais bonnes. Jamais. N'est-ce pas pour cela qu’a été dit « tu ne tueras pas » ? n’est-ce pas pour cela qu'a été abolie la peine de mort, même pour les auteurs des pires crimes qu'on puisse imaginer ? En nous donnons le droit de tuer des innocents, pour leur dignité, par compassion, par amour dit-on parfois, nous nous abandonnerions à la pensée sacrificielle. Loin d’être un progrès, ce serait une vertigineuse régression. Faire entrer dans la loi de bonnes raisons de tuer, ce serait tuer la loi.
Mettre l'euthanasie dans la loi, c'est euthanasier la loi.

Savonarole

En effet c'est bien écrit et certainement émouvant.

Toutefois, pour avoir vécu 20 ans à l'étranger, il n'y a qu'en France que l'on philosophe en toge au forum indéfiniment avant de prendre une décision.

On songe en ce moment à tous ces malades qui attendent que l'on ait fini nos beaux discours et qui sur leur lit de souffrance vont continuer à s'exclamer dans leur agonie, comme Villiers de l'Isle-Adam : "eh bien, je m'en souviendrai de cette planète !"

adamastor

Et si le discours avait été écrit par lui-même ?...

Marie Dumont

En tant que citoyenne, je vais me mêler de ce qui me regarde. Toute l'oeuvre de ce gérontologue semble consacrée au "bien vieillir". De judicieux conseils y sont donnés (hygiène de vie, exercices physiques et mentaux) qui sous-entendent que pour celui qui vieillit mal, c'est un peu de sa faute. Cela met certainement du baume au coeur à celui qui, à 70 ans, souffre d'une sclérose en plaques, ou, beaucoup plus jeune, d'une maladie professionnelle invalidante.
La loi Leonetti était une avancée certaine, mais voilà, beaucoup de médecins hospitaliers l'ignorent superbement. Il leur faut donc "se battre" en infligeant des traitements lourds pour prolonger la vie d'un vieillard de quelques semaines au prix de souffrances qu'on ne peut pas toujours soulager
Le discours de monsieur Sarkozy est celui d'un homme jeune, en bonne santé, qui n'envisage pas que la mort puisse être un jour un passage qu'il ne franchira pas "facilement".
Quel terme plus méprisant que celui, pour un mourant que "d'être COMPLICE de sa propre mort". Non monsieur Sarkozy, pas complice, mais acteur, c'est de MA mort dont le jour venu, il s'agira.
J'avoue, monsieur Bilger être déçue et même scandalisée par votre commentaire. Je vous souhaite une bonne santé.

Jean126

Cher Monsieur

Vous semblez décidément évoluer depuis quelques billets... et réaliser que le plus important n'est pas la forme, mais le fond.

Toutes ces mesures sociétales à venir (mariage homo, PMA, euthanasie, recherche sur les cellules souche), ne sont pas des surprises, elles figuraient clairement dans le programme de M. Hollande.

Entre un exercice 'apaisé' ou 'normal' de la présidence, et la défense des valeurs et principes structurants de notre société, qu'est-ce qui est pour moi le plus important ? Qu'est-ce qui guide mon vote ?

Frank THOMAS

"Nicolas Sarkozy était très inspiré ce soir-là.
Qui lui a écrit ce discours ...?"

Remarquable article, cher Philippe, qui dit bien que la Loi, la norme, sont toutes nues devant la complexité des souffrances humaines.
Mais pourquoi diable cette méchante pique épigrammatique ?

Pietri S

Monsieur Bilger

En effet qui a écrit son discours, ce n'est pas du Guaino, peut-être du Mignon, plus certainement du Michel Gaudin LOL, l'assistance en est restée médusée :

"Il va bouleverser la société mais répugne à la réformer" et vous ajoutez "ce qui est beaucoup plus difficile !" et c'est bien là que le bât blesse...

Il y aura toujours une poignée d'agités, d'associations et de lobbyistes qui commenteront les bienfaits de telle ou telle évolution de la société, mais qui ne concerne qu'une minorité, en hurlant comme pour le suicide assisté que ce sera au corps médical de s'impliquer, pas comme en Suisse une association parfaitement encadrée (médecin et police) et moyennant le règlement d'une somme de €7000, association qui a dû se délocaliser sur un terrain loin de tout, le voisinage était las de voir passer des cercueils.

Il est tellement plus facile d'être populaire auprès de ces agités qui veulent toujours aller plus loin dans ce qu'ils considèrent être une évolution, qu'il faut sanctionner par une loi qui ne concerne qu'une minorité que réfléchir et définir une vision pour un pays pour les >25années à venir, et les projets industriels correspondants.

L'un accorde une popularité immédiate et récurrente, l'autre requiert du travail dans l'ombre, l'un fera la une de tous les JT, l'autre pas... : une seule preuve : aucun espace média réservé à la nouvelle invention française dans la microchirurgie à distance moins invasive, une révolution d'après les chirurgiens, mais une telle avancée n'intéresse personne, en tout cas pas les médias !

hameau dans les nuages

Monsieur Bilger, je crois que cet article du Point résume très bien la crise existentielle finale de notre société.

Nous sommes en décubitus physique et mental.

http://www.lepoint.fr/monde/la-science-espagnole-croule-sous-les-cadavres-14-12-2012-1580021_24.php

Et Monsieur Hollande qui va à Canossa ce matin discourir devant une rangée de drapeaux algériens.

Le seul drapeau français ayant du mal à percer, un agent protocolaire, le portable à l'oreille, essaye avec beaucoup de mal de le déployer pour montrer nos trois couleurs.

J'ai mal.

Catherine JACOB

"Qui lui a écrit ce discours qui tombait comme une réponse anticipée et intelligente à l'humanisme équivoque du lendemain ? "

Vous m'enlevez les mots de la bouche.

SR

N. Sarkozy a des défauts et des valeurs, c'est pourquoi il a refusé d'accéder à des demandes qui contredisaient sa pensée: le mariage gay, l'euthanasie. J'ai longtemps entendu un proche me confier le soir après ses journées à l'hôpital: "Beaucoup de mes patients veulent mourir, mais au lendemain de la visite d'un ami, d'un frère, d'un voisin, ils ne parlent plus de mourir." La mort fait partie de la vie.

Martin

Bonjour Monsieur Bilger,

Et tout d'abord, merci, merci encore de nous inviter à la réflexion et à l'échange. Votre respect de la langue rend encore plus agréable votre lecture.

Je suis souvent d'accord avec vous sans le dire, mais cette fois, sans être en désaccord profond, je m'interroge. Vous prêtez au gouvernement l'intention de réformer la loi sur la fin de vie. C'est un fait avéré. Mais que sait-on à ce stade du texte qui sera effectivement voté ? Un débat s'est engagé. Je ne le crois pas terminé. Il est vrai que l'État se pique de situations particulières et minoritaires, il est vrai, mais ça ne l'empêche probablement pas de travailler sur d'autres dossiers dans le même temps. Et quand bien même ! Une loi n'est jamais qu'une porte ouverte. Je crois que le choix restera ensuite aux citoyens de l'ouvrir ou non.

Je vous salue très respectueusement.

Tipaza

« Nicolas Sarkozy était très inspiré ce soir-là.
Qui lui a écrit ce discours qui tombait comme une réponse anticipée et intelligente à l'humanisme équivoque du lendemain ? «

Et si c’était lui, tout seul, pour une fois ???
Non, je blague évidemment !!!
Une pareille sensibilité ne peut venir que d’une femme, dont le cerveau…etc. et là je ne blague pas, enfin pas complètement.
Il y a de la compassion, de la tendresse, enfin toutes choses qui font que la femme serait (au conditionnel) l’avenir de l’homme.
Ou alors ça vient de quelqu’un qui a beaucoup aimé et souffert d’un départ douloureux, car il y a aussi une authenticité évidente.
F. Hollande et la gauche croient faire preuve d’habileté, ils ne montrent qu’un dogmatisme, une froideur idéologique, et pour tout dire un impressionnant mépris de l’âme humaine, dans la manipulation de ces réformes sociétales.
Les leurres sont souvent à usage unique, en agissant ainsi ils se dépouillent de leur déguisement. Les masques tombent.

Catoneo

Cher Monsieur Bilger,
Vous pouvez fermer les commentaires puisque vous avez tout dit.
Merci.

Guzet

Réflexion complémentaire. Le questionnement écologique sur notre société de l'expérimentation remarque à juste titre : "Nous savons à peu près les conséquences à court-terme de nos initiatives, beaucoup moins les conséquences à moyen terme, pas du tout les conséquences à long terme..." Ce qui est plus ou moins admis par la culture médiatique concernant les expérimentations sur la nature (atome, OGM, effet de serre, etc.), est déjà peu évoqué lorsqu'il s'agit des expérimentations biologiques sur l'homme et totalement ignoré au profit d'une fuite en avant aveugle dès qu'il s'agit des expérimentations sociales. Pourtant, la problématique est la même et devrait interpeler le bougisme contemporain lorsqu'on s'interroge sur ce qu'il est convenu d'appeler les "réformes de société"...

Achille


Bonjour Philippe Bilger

« Nicolas Sarkozy était très inspiré ce soir-là.
Qui lui a écrit ce discours qui tombait comme une réponse anticipée et intelligente à l'humanisme équivoque du lendemain ? »

Est-on vraiment inspiré quand c’est quelqu’un d’autre qui écrit votre texte ?

Ceci étant c’est vrai que c’est un beau discours.

Véronique Raffeneau

Magnifique billet, Philippe !

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