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22 juin 2014

Commentaires

Parigoth

@Franck Boizard
Mais ne m'obligez pas à dire que c'est bien, ne me tartinez pas de "mourir dans la dignité", ne m'empêchez pas de professer ma conviction profonde : c'est une horreur, un crime contre l'humanité.
___________________________________________
Sur ce point précis, je ne puis que vous rejoindre.
Vous avez parfaitement saisi la gravité de la question.
Bien des crimes contre l'humanité ont été commis non pas par des bourreaux mais par des gens ordinaires qui avaient la conscience tranquille, confortée par une multitude de bonnes raisons plus ou moins spécieuses.

Sandrine

@RF
"peut-on croire que son âme siège encore dans son corps ?"

Oui bien sûr, puisqu'il lui arrive de sourire ou de pleurer !... Aucun doute.

Ce qui est obscène, c'est votre proposition de garder son corps tout chaud pour donner ses organes à la science.

Il y a de grands handicapés qui communiquent à peine et qui pourtant veulent encore vivre. Rendez-vous quand vous serez dans ce cas, on verra si vous n'avez pas changé d'avis et si vous êtes toujours d'accord pour être dépecé vivant et donner vos organes un à un...

Jabiru

Je vais peut-être choquer mais l'obstination déraisonnable proscrite par la loi Leonetti à forcément un coût.
Il est en conséquence naturel de se poser la question de qui doit supporter ce coût.
La société ou la partie de la famille qui maintient son veto à une préconisation médicale ? Si les juges estiment que la décision n'est du ressort que du corps médical, cet élément "bassement matériel" sera-t-il pris en compte ? L'avenir le dira... ou pas.

Sandrine

@Garry Gaspary
"par rapport à la définition de cette existence humaine et de son caractère sacré que le droit à l'avortement est légitime..."

C'est justement le contraire. Et si la dignité était "aussi" d'être responsable, donc d'assumer une grossesse et de ne pas avorter ?...
C'est le caractère sacré de la vie, dont vous parlez, qui justifie de ne pas avorter. Et d'aider les femmes enceintes au lieu de leur faire ce terrible croche-pied. Dont beaucoup ne se remettent pas.

Savonarole

Yves | 23 juin 2014 à 13:04

Ça c'est un coup à faire ressusciter Vincent Lambert, il va se précipiter pour acheter des actions. Tiens, la Médecine n'y avait pas pensé, la Bourse et la Vie...

Yves

Si on veut bien me pardonner d'aborder une question autre que celle proposée, j'appellerais la sagacité des lecteurs sur un aspect du texte de l'accord concernant Alstom.
Nous avons entendu le ministre se féliciter que l'État ait obtenu une option sur 20% du capital d'Alstom, option consentie par Bouygues.
Un membre de phrase de l'accord définit l'enjeu:
"....l'État dispose d'une option d'achat d'un maximum de 20% du capital d'Alstom détenu par Bouygues..."
Si j'étais le gouvernement et si j'avais voulu que Bouygues s'engage au delà de 4%, j'aurais rédigé un autre texte.

breizmabro

@ Sandrine : « Laissez Vincent Lambert tranquille ! »

Je crois que lui, il l'est, depuis longtemps, tranquille, ce sont les autres qui vibrionnent autour de lui reprenant à leur compte la célèbre phrase de Cocteau :

"puisque ces mystères nous dépassent feignons d'en être les organisateurs"

Alex paulista

On parle ici de 'culture de la mort'. C'est bien du contraire qu'il s'agit. Nous sommes dans une culture de négation de la mort. La population vieillit, on mange du faux-filet à tous les repas, mais on préfère se taper la bascule et militer contre la corrida.
Je mentionne les animaux parce que si leur mort nous est devenue inregardable, c'est par pur antropomorphisme.

RF

Je trouve obscène de maintenir en vie le corps de Vincent Lambert et de médiatiser son cas comme on exposerait un monstre humain dans une fête foraine.
Peut-on croire que son âme siège encore dans son corps ? Car c'est ça la vraie question à se poser, avant de trancher la question judiciairement.
J'emploie volontairement le verbe "croire" car nous sommes aux confins entre la foi, la science et la justice.
Personnellement je crois que son âme a déjà quitté ce corps inanimé sans activité cérébrale, maintenu en vie artificiellement et dont l'état a été évalué comme irréversible. Mais comment être certain que son âme a déjà quitté son corps ? Si l'âme a quitté le corps, maintenir en vie des organes dans un corps inerte a-t-il un sens ? Si ce n'est pour se prouver que l'Homme est capable de dépasser la nature ? Si ce n'est pour cultiver des organes sains potentiellement destinés à une greffe vers autrui ? Serait-il autorisé, serait-il décent, de voir et de savoir ce corps vivant amputé de ses organes au fur et à mesure des besoins en greffes des autres patients ?
En ce qui me concerne, mes proches savent que je voudrais mourir plutôt que de continuer à vivre artificiellement. Rendre mon âme à Dieu, et donner mon corps à la science...

Sandrine

@Achille

Non.
Vincent Lambert n'a plus aucun appareil médical maintenant ses fonctions. Vous ne connaissez pas le dossier. Il n'a plus qu'une sonde gastrique destinée à le nourrir. La retirer, c'est priver de nourriture un mourant : une véritable honte indigne de ce que nous croyons être.

Savonarole

« Le fil n'est pas coupé. La mort n'est rien. Je suis seulement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi, vous êtes vous. Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours (…) » Péguy

Rédigé par : breizmabro | 23 juin 2014 à 11:37

Enfin une citation qui élève le débat, bravo breizmabro.
On notera au passage le silence assourdissant de notre sainte mère l'Eglise... Où est donc notre archevêque de Paris ? Notre Jean 42 ou avoisinant ? Il a un nom de formule 1, impossible de me rappeler de son nom... Il ne passe chez Elkabbach que lorsque le Pape va faire une tournée quelque part...
Ah, l'Eglise aéronautique !...

Achille

@ Sandrine
« Laissez Vincent Lambert tranquille ! »

Vous avez raison laissons Vincent Lambert tranquille. Pour cela retirons-lui les appareils médicaux qui maintiennent les fonctions essentielles de son corps, alors que son esprit est déjà ailleurs.

breizmabro

Tout en avouant ne pas bien connaître le fond de cette triste affaire, je m’interroge en mettant en parallèle deux cas cliniques considérés, par le corps médical, comme graves.

Dans le premier, celui qui est l’objet du billet, il semblerait que ce soit la famille qui, pas d’accord sur le principe de dignité de leur frère, cousin, ou fils, fait assaut de procédures diverses pour satisfaire leur propre examen de conscience.
Qui a raison, qui a tort, difficile de le savoir et la décision, pour qu’elle soit apaisante, sinon satisfaisante, serait que TOUTE la famille fasse bloc pour le mieux-être de cet homme.

Dans le deuxième cas nous avons Michael Schumacher. Là, visiblement, l’organisation autour du blessé est plus feutrée et, surtout, pas médiatisée, et la famille fait bloc pour le bien-être de la personne aimée.
Pourtant personne ne sait si M. Schumacher reviendra dans le monde de ses proches, ils font juste le pari que, tant qu’il ne souffre pas il fait encore partie de leur monde.

Pour moi je ne vois pas où est la « morale » dans tout cela. Je ne vois que deux points de vue différents sur la façon d’appréhender le vide que laisse celui que l’on aime, lorsqu'on ne peut plus communiquer avec lui pour qu’il nous dise : « je préfère cela à cela… »

Pourquoi ne peut-on se résoudre à dire, comme Péguy :

« Le fil n'est pas coupé. La mort n'est rien. Je suis seulement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi, vous êtes vous. Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours (…) »

Parigoth

@Hermione
de nous entraîner avec des mots tels que "culture de mort" dans son sillage.
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Cette attitude montre que vous tentez de vous leurrer vous-même en refusant de voir la vérité en face.

Quand une société s'acharne à tuer les êtres humains qui ne correspondent pas à ses normes au lieu de s'attaquer aux vrais problèmes (telle ou telle maladie, tel ou tel problème pratique etc.), en donnant la priorité à la mort sur la vie, n'est-elle pas tombée de fait dans la culture de mort ?

Allons plus loin.
De nos jours les belles âmes se permettent de dénier le caractère d'appartenance à l'humanité aux gens qui sont plongés dans le coma, aux embryons, aux trisomiques, demain aux vieillards etc., en résumé aux « gêneurs ».
Mais au fait, n'était-ce tout simplement pas l'attitude des Nazis, qui déniaient à toutes ces catégories le statut d'êtres humains, en ayant selon la même logique ajouté à cette liste certaines catégories raciales ?

Eh oui, dénier à un homme sa qualité intrinsèque d'être humain, quelles que soient les circonstances, c'est s'inscrire dans la lignée des théories nazies...

jack

Chaque jour, en conscience, des médecins dans les hôpitaux prennent des décisions difficiles. Ils agissent collégialement dans le cadre de la loi Leonetti. Il me semble qu’ils sont mieux à même de se prononcer qu’un juge administratif. Ce cas douloureux est monté en épingle sur fond d’intégrisme religieux et d'antagonisme familial. Effectivement, au point où nous en sommes, les juges administratifs vont devoir exercer un droit de vie ou de mort. Inhabituel et dérangeant.

Franck Boizard

Je me sens comme un vieux Romain qui voit son monde s'écrouler.

Deux choses me gênent, au-delà de la discussion générale sur l'euthanasie :

> qu'une décision de vie ou d'un mort d'un innocent soit prise par des juges.

> qu'on s'appuie pour cela sur de prétendues certitudes scientifiques. La science est beaucoup plus incertaine, c'est même une méthode pour gérer l'incertitude, que ne le croie le public qui en fait une idole.

Garry Gaspary

Il y a une profonde différence à faire entre l'existence humaine et la vie humaine.

Si l'humain a une quelconque dignité particulière, elle ne peut se définir dans le simple fait de vivre, au sens biologique du terme, mais dans celui d'exister humainement, c'est-à-dire comme un être apte à se projeter consciemment vers ce qu'il désire.

C'est cette existence qui doit être sacrée pour une civilisation humaine sortie de l'absurdité de l'obscurantisme qui sacrait l'âme humaine sans même savoir ce qu'elle était !

C'est par rapport à la définition de cette existence humaine et de son caractère sacré que le droit à l'avortement est légitime, que le crime contre l'humanité imprescriptible. Que la peine de mort trouve la raison d'une abolition, que la prison à vie pose un problème civilisationnel.

Enfin, que la mort dans la dignité trouve un sens.

Sandrine

Je ne supporte plus l'utilisation de l'expression "mourir dans la dignité" pour promouvoir l'euthanasie.
Et si mourir dans la dignité c'était, justement, continuer à être hydraté et nourri ? Et si mourir dans la dignité, c'était pouvoir faire face à sa propre mort (en maîtrisant si possible la souffrance physique) au lieu de chercher à l'escamoter ? L'homme a certainement la force de regarder sa propre mort dans les yeux sans qu'on la lui vole.
Priver quelqu'un de sa nourriture sur son lit de mort, c'est cela selon moi qui est indigne et barbare. Jeter aux médias les déchirements de la famille, c'est cela qui est indigne. Arguer du fait que les parents de Vincent Lambert pourraient être influencés par leur religion dans leur insistance pour que leur fils vive, c'est cela qui est indigne. La volonté de l'épouse de voir les autorités autorisées à tuer son mari, en la dédouanant de toute responsabilité, c'est cela qui est indigne. Qu'un médecin se fasse le chantre de ce geste de tuer un de ses patients, c'est bien cela qui est indigne.
Devant tant d'indignités et de bassesses, qui rabaissent l'homme en le transformant en être irresponsable, défiguré par la peur de la mort, il est urgent d'attendre, je suis bien d'accord avec vous Philippe Bilger.
Laissez Vincent Lambert tranquille !

Parigoth

Pour ce tétraplégique de 39 ans en état végétatif chronique, il conviendrait donc de mettre fin à ce qui, selon le sens commun et la majorité des avis médicaux, ne serait plus une vie digne de ce nom.

Mais en quoi la majorité serait-elle considérée comme présentant un caractère de légitimité en la matière ?
Une majorité peut être invoquée pour décider du ravalement d'une façade d'immeuble ou bien pour la construction d'un rond-point, mais que vient-elle faire dans une question touchant à la vie et à la mort ?
Rappelons aussi qu'un homme seul peut avoir raison contre une majorité : cela a été le cas de Pasteur face à la majorité des scientifiques partisans de la théorie de la « génération spontanée ».

Et qui peut se permettre de dire en quoi consisterait une «  vie digne de ce nom » ?
La vie d'un homme lui est intrinsèque et ne dépend pas de critères extérieurs subjectifs liés aux modes du moment.

Yves Maillard

Du fond du coeur, je vous approuve chaleureusement. J'aurais été incapable de dire aussi bien ce que vous dites et que je partage totalement.
Puissent les juges vous entendre !
Très cordialement

Franck Boizard

Certains voudraient qu'on se concentre sur les seuls aspects pratiques ou exclusivement sur la personne de Vincent Lambert ou qu'on évite des expressions comme "culture de mort".

Mais ces propositions sont déjà un choix moral. On ne peut y échapper.

Pour ma part, bien au contraire de ces propositions, je pense que cette affaire a des dimensions philosophiques, que le cas de Vincent Lambert nous interpelle collectivement et que la culture de mort est le coeur du problème.

La problématique est fort bien résumée par Chantal Delsol.

Notre culture a été façonnée par le personnalisme chrétien et sa notion de dignité humaine.

La vie est donnée par Dieu et donc sacrée (en l'absence de crime volontaire). La notion de vie indigne d'être vécue est blasphématoire. Le Christ a souffert sur la croix, tous ceux qui souffrent dans leur vie ont cet exemple supérieur sous les yeux. D'où l'interdiction de l'avortement et de l'euthanasie.

Aujourd'hui, le christianisme a quasiment disparu du paysage en Occident (autour de 5%, voire moins, de catholiques pratiquants). Il est donc compréhensible qu'on en revienne à l'état habituel de l'humanité où l'avortement et l'euthanasie sont courants.

Mais ne m'obligez pas à dire que c'est bien, ne me tartinez pas de "mourir dans la dignité", ne m'empêchez pas de professer ma conviction profonde : c'est une horreur, un crime contre l'humanité.

Véronique Raffeneau

@ Jean-Dominique
"Non, il ne s'agit pas d'une "peine de mort", le tribunal n'ordonnera pas la mort mais peut laisser l'équipe médicale et la famille, ainsi que le principal intéressé qui s'est exprimé lorsqu'il en était encore capable, choisir la solution la moins mauvaise."

Choisir et ordonner de ne plus alimenter et de ne plus hydrater Vincent Lambert équivaut à un arrêt de mort.

Nous savons tous que cette décision, si elle intervient, créera une situation sans précédent qui, selon la formule consacrée, aura valeur de jurisprudence.

"Si, par exemple la porte de cette affaire Lambert ouverte, on ne savait plus la refermer et si on abusait d'une forme de compassion qui trouverait toujours de quoi se justifier sur le plan médical, et trop prompte à l'irréversible ?" (Philippe)

Jean-Dominique, personne ne saura plus refermer la porte, personne n'aura plus jamais la possibilité de défendre et de protéger le commandement suprême : tu ne tueras point.

L'enjeu est très au-delà du cas particulier, aussi tragique soit-il.

Hermione

C'est étrange la passion de faire d'un cas banal un archétype. C'est bien alors l'auteur de ce billet et les contributeurs qui "sans mauvaise foi d'un côté ou de l'autre" pensent plutôt à leurs propres sentiments pour le meilleur, à leur propre idéologie pour le pire.

Songez que sans le désaccord des parents de cette personne, vous n'auriez jamais entendu parler de ce cas. Pas d'affaire "Lambert", pas de tribunal embarrassé ou déterminé n'a jamais à se prononcer dans 99,99 % des situations semblables.

Il suffit de taper "débrancher" sur un moteur de recherche et des dizaines de situations semblables apparaissent et cela dure depuis des décennies.

Que chacun vive selon ses principes moraux et n'essaie pas d'insinuer que ceux qui vivent selon d'autres normes sont forcément sans morale ; et surtout que personne n'essaie, sous couvert de compassion comme Parigoth, de nous entraîner avec des mots tels que "culture de mort" dans son sillage. Cette expression est communément utilisée par les opposants à l'avortement. Confrontation d'idéologies où le sort de ce monsieur n'est au fond qu'un prétexte.

Jean-Dominique Reffait

Non, il ne s'agit pas d'une "peine de mort", le tribunal n'ordonnera pas la mort mais peut laisser l'équipe médicale et la famille, ainsi que le principal intéressé qui s'est exprimé lorsqu'il en était encore capable, choisir la solution la moins mauvaise.

D'un point de vue moral et philosophique, je ne comprends pas le débat. La nature fait des choix. Lorsqu'on peut les contrecarrer au moyen de la médecine, il est évidemment légitime de pousser le plus loin les soins. Mais lorsque la nature refuse les soins, quelle vanité humaine que de s'acharner à lui contester le dernier mot ! Pour la nature, Vincent Lambert est déjà mort, il ne reste de lui qu'une enveloppe physique qui, au moyen de machines, persiste à donner de lui l'illusion qu'il est encore en vie. Ce sont les machines qui vivent, pas lui.

L'homme est un transgresseur à l'égard de la nature, c'est ce qui le distingue des autres animaux. Nous transgressons quotidiennement avec celle-ci en portant des vêtements, en nous soignant, en vivant tel que nous le faisons. Le dessein de la nature ou de Dieu est contesté chaque seconde de notre vie : c'est l'héritage utile de l'humanisme de la Renaissance qui considérait que l'homme n'a aucun compte à rendre à la transcendance sur ce qui le concerne ici-bas. Cet humanisme a conduit les progrès de la médecine pour déjouer les plans de la nature ou de Dieu sur le cours de nos existences. Mais au bout du bout, l'éternité n'est pas de ce monde, il faut mourir, il faut se rendre à la décision ultime. A quoi sert-il, lorsque ce terme est arrivé et qu'il ne peut plus être éviter que par des illusions mécaniques, de refuser de se rendre ?

Vincent Lambert doit-il vivre cette pseudo-vie un mois, deux ans, cinquante ans, deux cents ans ?
Et si demain, le cœur de Vincent Lambert lâche, comme tous les cœurs le font un jour, il conviendra alors de le ranimer. Si ses reins se fatiguent, il faudra le greffer, s'il contracte un cancer, il faudra l'opérer, lui faire des séances de chimiothérapie et de rayons. Et si, compte tenu de son état, on ne relance pas son cœur, on ne lui greffe pas un rein, on ne l'opère pas de son cancer, ce sera une euthanasie. C'est à cela qu'aboutit votre propos, Philippe : faire semblant d'avoir affaire à un vivant à qui nous devrions tous les efforts médicaux pour sauver une illusion de vie. Les progrès techniques doivent permettre de maintenir Vincent Lambert dans cet état encore longtemps, d'autres progrès techniques permettront d'enrayer son vieillissement cellulaire, bref Vincent Lambert a toutes les chances de survivre mille ans dans cet état. Cela ne se produira pas, nous le savons tous : si le cœur de Vincent Lambert s'arrête, rien ne sera fait pour le relancer, personne ne prendra la décision absurde de lui greffer un nouveau rein, bref, tôt ou tard, Vincent Lambert sera euthanasié, au sens machiniste que vous lui donnez.

semtob

Cher Philippe,

Si les juges décident de tuer ce jeune homme, car ce jeune homme est handicapé physique, nous regarderons l'Etat comme un Etat assassin ou complice d'assassinat.
Que l'on donne des pouvoirs de droit de mort sur une personne à des réanimateurs nous semblent terrifiant.
Que cette femme reprenne sa liberté et laisse la vie sauve à celui qui est devenu un poids pour elle.
Aucun scientifique ne peut affirmer que ce jeune homme qui n'est pas atteint d'une maladie incurable ne retrouvera pas un jour ses fonctions en partie.
Le soutien doit l'emporter sur ceux qui privilégient la vie.
Cela nous rappelle cette certitude d'une équipe médicale qu'en débranchant l'assistance respiratoire d'un autre patient médiatisé, celui-ci allait décéder. Voir les têtes des experts scientifiques lorsque cette personne se mit à respirer d'elle-même venant contredire l'attente médicale.
Si les gens en majorité se réjouissent de la mise à mort des handicapés, des personnes âgées, c'est que les hommes ne sont comme le disent les rappeurs que des bouts de viande, des bouches inutiles.
Certains éléphants peuvent parcourir des centaines de kilomètres pour rapporter un fragment osseux sur le lieu du cimetière des éléphants. Certaines lionnes peuvent braver tous les dangers pour défendre leurs petits.
Les pandas hurlent pendant des jours lorsque les humains arrachent leur petit, celui qu'elles ont pu nourrir.
L'hôpital regardait le moindre petit progrès comme un miracle. Dans certains espaces, il faut être docte en patience plutôt qu'en science.
Le scientifique qui ne sait plus qu'afficher des certitudes et oublie l'infinie diversité des situations qu'il rencontre, bafoue l'hypothèse dans son domaine n'est plus un scientifique.
Le juriste qui prétend définir un droit de vie et de mort sur les enveloppes fragiles des âmes a perdu le sens de la justice qui était supposé défendre le faible.
Non au rétablissement de la peine de mort en France. Un handicapé n'est pas un coupable de son handicap.
françoise et karell Semtob

Alex paulista

@ Savonarole

La philosophie, c'est pour ceux qui ont du temps à passer dans le boudoir. Elle comptera peu si votre fille tombe enceinte après un viol ou si vous vous retrouvez comme un légume...
Vive l'esprit pratique !

calamity jane

Entre deux tonneaux sur l'autoroute on voit défiler sa vie entière presque minute par minute depuis que l'on a acquis la capacité de communiquer verbalement...
Michel Piccoli n'en a pas l'exclusivité.

Jabiru

Je lis à l'instant sur Reuter que Jean Leonetti va devoir de nouveau plancher sur la fin de vie afin de proposer une adaptation de sa loi de 2005 qui serait aujourd'hui mal connue, mal comprise et mal appliquée.
Ce débat sur l'euthanasie reprend la Une de l'actualité à l'occasion de deux dossiers devant les tribunaux, celui de l'ex-urgentiste Bonnemaison et le cas de Vincent Lambert. Nul doute que les nombreux témoignages qui émanent des milieux médicaux seront de nature à permettre de clarifier ce qui est formellement permis et ce qui ne l'est pas. Sachant quand même qu'aujourd'hui la Loi Leonetti proscrit "l'obstination déraisonnable" ce qui peut être interprété comme une réponse dans le cas de Vincent Lambert.

Parigoth

@genau
Il faut penser à l'épouse, clouée à son statut de femme qui n'en finit pas, elle, de souffrir et qui n'a pas le droit de faire son deuil (...)

Donc selon vous, pour soigner l'épouse, tuons le mari (est-ce remboursé par la S.S. ?) !
Car c'est à cela que cela revient en dépit de toutes les circonvolutions hypocritement humanistes que l'on nous serine en boucle.

Noblejoué

@ Savonarole

Et vous Savonarole le bien nommé qui demandez aux autres de dire ce qu'ils voudraient à la place de Vincent Lambert, que voudriez-vous pour vous-même ?

Savonarole

Halte aux citations !
Le prochain qui cite un grand philosophe je sors ma seringue !...

Robert

"Cette gêne, ce malaise perceptible du rapporteur public ne sont-ils pas ceux du citoyen ayant appris que d'une certaine manière certes honorable et légitime et à des fins admissibles, cet éminent représentant de la justice administrative avait tout de même "requis" la peine de mort de Vincent Lambert ?"

La fin de cette phrase rejoint l'argumentaire de l'avocat des parents et je la trouve excessive, pour ne pas dire démagogique car elle fait appel bien plus au sentiment qu'à la raison, raison en l'espèce médicale.

On veut ici confondre morale et éthique alors que le problème se place à l'évidence dans le seul champ médical.
Regardons un médecin urgentiste qui doit à un moment décider de donner la consigne de cesser de pratiquer un massage cardiaque : condamne-t-il à mort le patient dont la vie file entre ses doigts ? A l'évidence : non !

Dans le cas d'espèce Lambert, le problème ne se pose que parce qu'il y a mort cérébrale tandis que seules les fonctions basales continuent spontanément. Médicalement Monsieur Lambert est mort, malgré les apparences de vie (respiration autonome, sang circulant, chaleur du corps). La décision médicale "normale" serait l'arrêt des soins qui le maintiennent en vie tout en lui assurant une fin de vie digne et sans souffrance.
Ce problème se pose à quantité de parents à la suite d'un accident de la route, l'arrêt des soins autorisant, avec l'accord des parents, le prélèvement d'organes au profit de receveurs en attente pour leur survie. Il est effectivement particulièrement douloureux pour ces parents de voir partir au bloc leur enfant avec les apparences de vie pour ensuite récupérer un corps froid, figé par la mort.

Ici, il me semble s'agir d'un refus caractérisé d'acceptation de la mort d'un fils par des parents auxquelles seules des convictions religieuses conduisent. Elles sont certes respectables, mais ne relèvent pas d'une approche raisonnée et poussent à un excès de juridisme.

Question : le Conseil d’État a-t-il qualité pour se substituer à l'autorité médicale ? Ma réponse est catégoriquement non.
Je reste intimement persuadé que la question relève exclusivement d'une équipe médicale qui doit seule prendre sa décision selon son code d'éthique et en fonction des connaissances médicales du moment.

Zenobie

@ Parisien Philosophe
"Vincent Lambert survit très bien tout seul, il faut juste le nourrir et lui donner à boire. Pas de respiration artificielle, pas de stimulation cardiaque, pas de perfusions..."

Vous mettez de côté l'ensemble des éléments qui fondent sa situation actuelle : il est dans l'incapacité de communiquer avec ses proches (inconscient), on ne sait rien de ce qu'il ressent (douleurs physiques ?), il faut le nourrir, l'hydrater, lui faire les soins de nursing nécessaires à la prévention des escarres et des complications du décubitus (calcifications de certaines articulations, risque de phlébite et d'embolie, risque infectieux), tout en sachant qu'il avait clairement exprimé (de façon verbale) son refus de survivre dans de telles conditions si cela lui arrivait.
Des situations comme celles-ci sont heureusement rares et se doivent d'être résolues au cas par cas. Je suis défavorable à une loi sur l'euthanasie active mais, dans le cas précis, suis tout à fait en accord avec la décision prise voici quelques mois par la famille proche (celle qui vient régulièrement à son chevet et dont les parents ne font pas partie) et l'équipe médicale. La décision du Conseil d'Etat n'a rien d'une condamnation à mort, l'article se trompe de cible. Sans l'acharnement d'une mère pourtant très éloignée de son fils, jamais cette situation n'aurait eu un tel retentissement. Laissons donc ce malheureux homme s'éteindre en paix.

genau

@Denis Monod-Broca

Merci pour cette citation, étrangement dérangeante car elle donne à penser que la détermination de la folie serait faite à travers la mesure du degré idéal de conscience de l'état. Quelle dure perspective, mais bien dans l'esprit des libertins aboutis du XVIIIe.

Quant à dire que le patient vit par lui-même, qu'il a seulement besoin de la becquée, c'est faux, il est pauci-relationnel d'après ce que j'ai compris et n'a plus du tout la capacité de mastiquer ou de déglutir. Non, il ne paraît pas être en bonne santé, seulement voilà, c'est un peu notre enfant à tous et lorsqu'il s'en ira nous aurons tous le chagrin qui s'y attache.
Pour lors, on ne pourrait que souhaiter la réunion de la famille.
Il faut penser à l'épouse, clouée à son statut de femme qui n'en finit pas, elle, de souffrir et qui n'a pas le droit de faire son deuil, c'est-à-dire qu'elle peut aussi, lentement, se détruire de l'intérieur sans qu'il y ait de coupable, sans mauvais traitement, seulement dans un combat douteux.

Parigoth

Sans mauvaise foi d'un côté ou de l'autre, les uns pensent à eux d'abord, les autres à lui essentiellement.
____________________________________________
Nous n'avons pas à reprendre de façon inconsidérée cette antienne faussement humaniste forgée par les manipulateurs pour tromper l'opinion afin de la conduire à approuver leurs thèses spécieuses sur la base d'une approche inversée des valeurs.

Croyez-vous que ces conjoints qui se sacrifient littéralement pour s'occuper d'une personne dans une telle situation « d'état végétatif chronique » pensent réellement à eux-mêmes, alors qu'il s'agit plutôt là au contraire d'une preuve d'abnégation ?

Quant à vouloir absolument envoyer tout ce qui nous dérange ad patres - une solution de facilité - sous de faux bons prétextes, n'est-ce pas là une attitude digne d'humanistes de pacotille ?

Tipaza

« Sans mauvaise foi d'un côté ou de l'autre, les uns pensent à eux d'abord, les autres à lui essentiellement »

La formule est ambiguë (qui sont les uns et les autres ?) et en même temps elle a un caractère binaire et affirmatif qui me paraît erroné.

L’amour, l’affection, la relation humaine sont bien plus complexes, et cette complexité serait mieux traduite par une description non exclusive. Par exemple :

Sans mauvaise foi d'un côté ou de l'autre, les uns ET les autres pensent à eux d'abord ET à lui essentiellement.

Et si cette formulation n’est ni logique, ni rationnelle, c’est que la vie et la mort ne le sont pas.

Pour le reste, seul Salomon serait en mesure de prononcer un jugement pertinent.

Savonarole

"Live and let die..."
Rédigé par : Alex paulista | 22 juin 2014 à 14:37

Ah ouais, c'est super, la pop pour toute philosophie...

Parigoth

Cette affaire Lambert nous amène à exprimer ici des opinions personnelles, reposant plus sur divers critères subjectifs et sur l'émotion que sur des bases sérieuses.

Mais l'Académie de Médecine avait déjà mis les points sur les « i » :

«L'arrêt de vie, en réponse à une demande volontaire à mourir alors que la vie en elle-même n'est ni irrémédiablement parvenue à son terme, ni immédiatement menacée ne peut être assimilée à un acte médical. Sans équivoque, quand bien même il s'agirait «seulement» d'une aide au suicide, il n'est pas dans la mission du médecin de provoquer délibérément la mort».
(...)
Tout aussi fermement, le rapport de neuf pages réaffirme que «le droit de la personne à l'alimentation et aux mesures appropriées à la qualité de vie», comme la kinésithérapie, l'hygiène et la prévention des escarres, ne peut être «subordonné à sa capacité relationnelle», qu'«aucun médecin ne peut l'accepter». Pourtant, Vincent Lambert, depuis fin 2012, ne bénéficie plus de kiné ni d'orthophonie.
En d'autres termes, peu importe le degré de conscience ou de communication, un médecin «a mission de soigner», dit l'Académie en précisant ne pouvoir «souscrire» à une «distinction entre état végétatif chronique et état de conscience minimal».

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/05/15/01016-20140515ARTFIG00014-affaire-lambert-le-rappel-a-l-ordrede-l-academie-de-medecine.php

Merci à l'Académie de Médecine de rappeler avec fermeté ces principes qui devraient aller de soi mais que trop de nos contemporains y compris ceux qui occupent des postes à responsabilités ont tendance à oublier.
De quoi rassurer les patients potentiels qui se demandent parfois si, rentrant à l’hôpital par la porte des urgences, ils n'en sortiront pas par la cheminée de l'incinérateur sur un caprice d'un médecin de garde pressé de partir en congés.

Ceci dit, si la justice persiste à vouloir condamner à mort un de ces nouveaux accusés coupables d'être innocents, devra-t-elle recruter et former des bourreaux successeurs de Deibler pour cette besogne ?

Savonarole

L'embarras est patent ici sur ce blog, soit ce sont des "pisse-copie", comme disait sbriglia, avec des litanies grotesques, soit la gêne génère des commentaires brefs car le sujet les dérange.
Soyez braves, mes frères, pensez à votre propre mort, cessez de nous bassiner avec ce malheureux enfant Lambert.
Et vous ? Et vous les commentateurs distingués du blog ?
Et vous ?
Et vous ?
Allez, quittez vos charentaises, et à poil dites-nous ce que vous souhaiteriez pour vous ?

Marik

"Il a résisté pendant vingt longs jours
Et sa mère était à côté de lui.
Il a résisté, Florentin Prunier
Car sa mère ne veut pas qu’il meure.
Elle arrive à l’heure où l’on fait du feu
Et reste jusqu’à l’heure où Florentin délire."

Georges Duhamel, La ballade de Florentin Prunier

Elle est là, elle. Une mère, une vraie...

Achille

@ Parigoth
« Et si, au lieu de s'acharner à faire mourir contre leur gré les gens soi-disant « dans la dignité » ils s'efforçaient plutôt de les faire vivre en respectant leur dignité ?
C'est cela, le véritable humanisme. »

Vivre en étant relié au monde extérieur par des sondes et du personnel médical chargé de les remplacer régulièrement et faire votre toilette intime, ceci sans espoir de retrouver une vie normale ainsi que l’attestent les rapports d’un collège d’experts qui s’est penché sur l’état de Vincent Lambert n’est pas ce que l’on peut appeler vivre dans la dignité.

Je ne souhaite à personne de connaître un jour ce genre de situation. C’est tout simplement l’enfer.

L'enfer c'est les autres disait Sartre, à commencer par ceux qui vous empêchent de partir alors que l'on ne peut plus rien attendre de la vie.

Alex paulista

"J'éprouve comme un effroi devant ce qu'avec la meilleure volonté du monde, le droit et la pitié mêlés pourraient avoir comme conséquences négatives"

Certes. Mais ce n'est rien à côté de ce que la négligence et la bêtise causent déjà tous les jours.
Live and let die...

Véronique Raffeneau

J'approuve chaque phrase de votre billet.

Jabiru

S'agissant de la fin de vie, entre la théorie et la pratique il y a quelques usages non avoués mais parfaitement avérés ! Deux cas précis pour étayer mes dires. Une patiente âgée victime d'un AVC après une opération du dos tombe dans le coma. Dans la demi-heure qui suit le coma, l'urgentiste de garde prévient la famille et pose une seule question : peut-on couper la ventilation ? Réponse indignée : c'est non ! La patiente est sortie de son coma dans les trois jours. Un patient âgé victime d'une grave occlusion et non opérable. Deux questions au médecin en charge : processus vital engagé, réponse oui. Va-t-il souffrir, réponse : nous avons les moyens pour faire en sorte qu'il ne souffre pas. Le temps d'aller récupérer quelques affaires, le patient s'était endormi.
Il est temps de se pencher à nouveau sur les modalités qui permettraient une fin de vie dans la dignité et c'est la raison pour laquelle il va être intéressant de suivre les attendus du procès en cours à Pau.
Dans les deux cas que je citais s'agissant de mes proches, j'ai eu à connaître de l'illégal et de l'humanité. La distance entre les deux étant une source de dérive, il y a lieu d'en reclarifier les limites dans l'intérêt des malades et de leurs familles.

Parigoth

@Achille
Vincent Lambert veut juste qu'on lui donne le droit de mourir dans la dignité.

Cette expression piégée « mourir dans la dignité » est une de ces figures de style tirées du langage orwellien et forgées par des officines obnubilées par la culture de mort pour présenter sous un emballage cadeau orné d'un joli ruban rose un contenu pas très ragoûtant.

Et si, au lieu de s'acharner à faire mourir contre leur gré les gens soi-disant « dans la dignité » ils s'efforçaient plutôt de les faire vivre en respectant leur dignité?
C'est cela, le véritable humanisme.

Savonarole

Dieu quelle triste affaire, et la surenchère des médias nous accable de leur ignorance crasse. On va encore opposer les catholiques réactionnaires aux avant-gardistes de mes deux.
On sent que ça va être le topic médiatique des dix prochaines années.
Pourtant voyez la retraite de Russie, ce sujet est à peine évoqué, Larrey, Percy, Desgenettes, les grands médecins de Napoléon en parlent peu dans leurs mémoires, lorsqu'il n'y avait plus d'espoir on laissait la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) faire son œuvre.
Mon grand-père gazé à Ypres lors de la Première Guerre mondiale racontait qu'au sanatorium les infirmières passaient vers trois heures du matin ouvrir les fenêtres en plein hiver pour emporter la moitié de la chambrée.
On peut s'étonner qu'ici personne de relève que Sarkozy a reçu, en tête-à-tête, le médecin traitant d'une dame atteinte d'un cancer de l'œil, et que le lendemain elle était morte comme elle le souhaitait. Serait-ce trop demander ici de reconnaître à Sarkozy d'avoir trouvé une solution alors que Marisol Touraine va nous accabler de son bréviaire socialisant ?
Ne vous en faites pas un monde, la mort c'est quelques secondes, cessez de vous représenter Michel Piccoli dans un accident de voiture où il revit sa vie entre deux tonneaux sur route nationale... c'est de l'humanisme pour les ploucs.

Achille

@ Parisien Philosophe
« Vincent Lambert survit très bien tout seul, il faut juste le nourrir et lui donner à boire. Pas de respiration artificielle, pas de stimulation cardiaque, pas de perfusions...
Mais voilà, il ne veut pas mourir proprement... alors on invente un condamnation à mort avec exécution par déshydratation et famine !
Et ça ose se dire civilisé ! »

Non mais on rêve ! Mourir proprement, ça veut dire quoi ? Demeurer dans un état végétatif pendant des années sans aucune possibilité de s’exprimer, d’agir, de profiter pleinement de son existence.

Combien de temps seriez-vous capable de supporter son calvaire si vous étiez dans la même situation ?

Vincent Lambert veut juste qu'on lui donne le droit de mourir dans la dignité. C’est cela mourir proprement.

 Michelle D-LEROY

"Impossible de réagir autrement que sur la pointe de l'esprit et du coeur en n'étant sûr de rien et en n'enviant pas les juges qui dans très peu de temps devront donner raison à ceux qui veulent maintenir coûte que coûte Vincent Lambert parmi nous "

J'ai des convictions sur beaucoup de sujets, mais sur ce sujet hyper sensible, humain, intime, je n'en ai pas. C'est quelque chose qui prend aux tripes en pensant à cette famille déchirée, à cet homme en état végétatif... Mais qui a le droit d'interrompre une vie ? un débat sans fin.

Le droit à mourir dans la dignité, oui sans doute mais lorsque je lis que les médecins proposent de ne plus alimenter le malade, cela me laisse une drôle d'impression.

Je ne voudrais être à la place d'aucuns des acteurs de ce drame.

Je précise que des proches en fin de vie sont partis dans la dignité, accompagnés, dans des hôpitaux lambda, par un personnel médical à qui je rends hommage pour leur discrétion, leur dévouement et leur humanité.

Un sujet difficile et presque inhumain.

Parisien Philosophe

Vincent Lambert survit très bien tout seul, il faut juste le nourrir et lui donner à boire. Pas de respiration artificielle, pas de stimulation cardiaque, pas de perfusions...
Mais voilà, il ne veut pas mourir proprement... alors on invente un condamnation à mort avec exécution par déshydratation et famine !
Et ça ose se dire civilisé !

marie dumont

Si j'ai bien compris, le maintien en vie de Vincent Lambert n'existe que parce qu'il y a divergence de vue entre les divers membres de cette famille, sans cela, la médecine avait tranché, et Vincent Lambert serait mort. J'avoue avoir du mal à entrer dans le raisonnement des parents extrêmement croyants, qui par leur acharnement, retardent l'entrée de leur enfant dans ce paradis auquel ils croient.
En conclusion, il faudrait faire une campagne d'information pour que chaque adulte ait pris la précaution de faire connaître sa volonté si, victime d'un accident, il se trouve dans la situation de Vincent Lambert.

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