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22 juin 2014

Commentaires

Denis Monod-Broca

@ genau

D'accord avec vous.
Mettre fin à une vie devenue artificielle, ce n'est pas mettre à mort.
Quand la mort a fait son office, que la vie est arrivée à son terme, il faut savoir le reconnaître.
Sauf à donner toujours plus d'arguments aux défenseurs de l'euthanasie.

A propos de la folie et de la citation de Diogène Laërce, connaissez-vous cette définition du mot folie de l'encyclopédie de Diderot et d'Alembert : "S'écarter de la raison, sans le savoir, parce qu'on est privé d'idées, c'est être imbécile ; s'écarter de la raison le sachant, mais à regret, parce qu'on est esclave d'une passion violente, c'est être faible ; mais s'en écarter avec confiance et dans la persuasion qu'on la suit, voilà ce me semble, ce qu'on appelle être fou. Tels sont du moins ces malheureux qu'on enferme, et qui peut-être ne diffèrent du reste des hommes, que parce que leurs folies sont d'une espèce moins commune, et qu'elles n'entrent pas dans l'ordre de la société."
Et en effet, c'est bien souvent quand on se croit le plus raisonnable qu'on est le plus fou...

Achille

Bonjour Philippe Bilger,

« Affaire Lambert : un arrêt de mort miséricordieux ? »

Certains font bien des simagrées pour maintenir dans une vie qui n’en est déjà plus une un jeune homme qui n’espère qu’une chose c’est qu’on le délivre de son lit de souffrance.

Pendant ce temps les marchands d’armes n’ont pas de scrupules pour fabriquer des mines anti personnel et autres engins de mort qui détruisent chaque année plus de civils que de soldats. Quant aux quelques blessés ramassés sur le terrain, ils n’ont pas droit au battage médiatique des bien-pensants qui vont clamer leur indignation sur les plateaux TV.

Il est grand temps d’arrêter cette mascarade tartufféenne et laisser enfin Vincent Lambert reposer en paix, vu que c'est ce qu'il réclame depuis des mois.

Xavier NEBOUT

Tiens donc, la pensée moderne serait incapable de savoir ce qu'est au juste la fin de la vie ?

Si on nous proposait de choisir entre perdre l’usage de son corps ou sa mémoire, que choisirions-nous ?
Tel mystique vous dira que la pensée suffit pour prier et remplir une vie.
Par ailleurs, parlons-nous de vie ou d’existence ?

Il a été scientifiquement constaté que l’âme vit bel et bien en dehors du corps avec un encéphalogramme plat.
Alors, qu’a-t-il été constaté ici ? un encéphalogramme plat, ou une absence de vie ?

Quelle est l’utilité du corps dans la vie en dehors du corps ?
Lorsqu’on aura retrouvé sa liberté d’esprit, sa véritable liberté de penser, on pourra aborder ces problèmes.

On pourra en attendant affirmer qu’on ne doit pas faire peser la responsabilité d’une telle décision sur les proches, et même qu’ils devraient être écartés de toute possibilité d’action et d’implication, le serait-ce en intentant une action judiciaire, mais la « société » rationaliste est bien trop lâche pour ce faire. Elle cherche la loi salvatrice de toute responsabilité que le cœur et l’intelligence ne lui ont pas donnée.

Pour traiter un tel cas, c’est un collège de moines et de prêtres exorciseurs mais aussi de ces médecins anesthésistes qui s'escriment à constater les NDE, auxquels il faudrait s’en remettre, pauvres ignorants à l’esprit borné sous couvert de la farce humaniste, vous qui avez consacré le corps, nié l’âme, et êtes infichus de seulement admettre qu'on puisse voir un centimètre d'aura alors qu'elles ornent les vitraux de nos églises.

Parigoth

Sans tomber dans le grandiloquent, au-delà de la problématique qui passionne et excite les spécialistes de la fin de vie, j'éprouve comme un effroi devant ce qu'avec la meilleure volonté du monde, le droit et la pitié mêlés pourraient avoir comme conséquences négatives.

Fin de vie ?
On nous rebat les oreilles avec cette expression alors que Vincent Lambert est jeune et vivant !
Et mis à part sa situation de tétraplégique, il est en bonne santé !

Il faut aussi savoir, à la lumière d'exemples récents, qu'une personne peut être plongée dans ce qui ressemble à un coma, avec une insensibilité apparente aux stimuli y compris à ceux créateurs de douleur alors qu'elle est en fait consciente mais incapable de la moindre réaction (cas d'Angèle Lieby, par exemple, revenue « à la vie » alors que les médecins parlaient de la « débrancher »).

Cette affaire nous pose de nombreuses questions.

Qui peut se permettre de juger que telle personne doit vivre ou mourir ?
Le droit à la vie, indépendamment de considérations simplement morales, n'est-il pas pourtant reconnu par la DUDH (Art 3) ?
Est-il du rôle du médecin de donner la mort (ne fût-ce que de façon hypocrite par arrêt d'alimentation, procédure par ailleurs effroyable) ?
Le fait que les juges qui ne requièrent plus la mort pour les pires criminels récidivistes coupables de monstruosités acceptent par contre sans broncher de la requérir contre un innocent, une personne sans défense, n'indique-t-il pas une fois de plus que notre société marche sur la tête, sur un empilage de valeurs inversées ?

En mettant le doigt dans un engrenage aussi dangereux, n'est pas tout notre conception de la civilisation qui risque de s'écrouler, pour nous plonger dans la barbarie à visage humain ?

Bruno

Sur le fond, je suis également dubitatif sur la solution proposée par le rapporteur public, mais pas exactement de la même manière que vous.

L’interruption d’un traitement d’hydratation pour ne pas nuire au malade au cours de la phase terminale d’une maladie (pour éviter des effets secondaires nocifs ou pénibles), cas classique en soins palliatifs et clairement conforme à la loi, ce n’est pas la même chose que ce qui est envisagé ici, à savoir l’interruption d’un traitement d’hydratation (ici simplement par voie entérale) alors que l’état de la personne profondément handicapée est stabilisé et que le traitement ne lui nuit pas (à moins de considérer que c’est la vie elle-même qui nuit à la personne : cf. les débats autour de l’arrêt Perruche).

Les causes de la mort ne seront d’ailleurs pas les mêmes dans les deux cas : la maladie dans le premier cas (mort parfois un peu anticipée du fait des traitements antalgiques strictement nécessaires) ; la déshydratation causée par l’arrêt de soins dans le second. Et surtout, la finalité de l’arrêt de traitement n’est pas le même dans les deux cas. Je ne suis pas convaincu dans le second cas que c’est ce que la loi demande ou permet.

L’alimentation et l’hydratation, par un moyen simple, non douloureux, sans effets secondaires nocifs, d’une personne dans un état stable, respirant normalement, ne me semblent pas facilement qualifiables ni de traitements "déraisonnables" (ou objet d’une obstination déraisonnable) ni de traitements maintenant purement artificiellement en vie (on risque sinon d’avoir à qualifier la valeur ou le sens de la vie, voire le droit de vivre, d’une personne très profondément handicapée, notamment en fonction de son état de conscience).

Je comprendrais mieux qu’on arrête les traitements parce que tel était, autant qu’on puisse le savoir, ce qu’aurait décidé M. Lambert avant son accident, d’après deux témoignages. Il y aurait peut-être quelque incertitude à faire ainsi, mais sans risque de dénier l’humanité et la vie à la personne profondément handicapée qu’est M. Lambert, et sans risquer de généralisations abusives à la situation d’autres personnes gravement handicapées suite à un traumatisme crânien, en particulier celles en éveil non répondant.

On est dans des situations difficiles, délicates, douloureuses pour les proches et les soignants. Compassion et délicatesse sont nécessaires vis-à-vis de chacun, notamment épouse et parents. Qui tous, je crois, essaient de trouver ce qu'il y a de mieux pour leur proche handicapée.

Une de mes questions, c’est comment intervenir avec prudence et humanité (loin des violences verbales, des accusations, voire des insultes qu’on trouve parfois sur Internet, hélas), sans rajouter à la souffrance des personnes.

Bravo à ceux qui essaient d’aborder ces questions difficiles avec pondération, raison et compassion.

genau

De grâce, ne confondons pas tout. Ce garçon ne continue à palpiter que grâce à la technologie. Il y a cinquante ans, il serait parti depuis longtemps. Le processus angélique ou démoniaque engagé avec le défi à la mort engendre par lui-même des perspectives inattendues. Qui a lu l'ouvrage extraordinaire dirigé par le Pr Puybasset, où tous les professionnels donnent leur avis technique à propos de la loi dite Leonetti ?
Bien sûr, le sentiment, avec les mots qui l'accompagnent prévaut et nous inflige à tous une souffrance supplémentaire, mais quelle est la portée de cette apparence extérieure de la vie qui est aussi une raison quotidienne de se morfondre ? La mort n'est pas une victoire, c'est la certitude de la continuation de la vie particulaire, la fusion par la récupération des éléments dans l'univers palpable.
Orgueil de la condition humaine, qui défie sans arrêt les lois naturelles tout en sachant qu'un jour ou l'autre, celles-ci seront plus fortes. Il est vrai que les avancées de la connaissance font également partie de la nature ; mais notre espèce n'a pas toujours existé, un jour elle disparaîtra.
Le recours judiciaire reste pour moi un grand tourment. Les malheureux juges ont à régler une question simple: l'état du droit permet-il de retirer du domaine des soins un organisme qui, grâce à eux, continue d'avoir un fonctionnement physiologique partiel, c'est-à-dire végétatif ? Autrement posée, la question revient à décider de la frontière de la vie, lorsque la connaissance scientifique en fait un artefact. Il est cependant certain que les hommes préhistoriques faisaient des trépanations et on peut répéter au cours des siècles le lent progrès de la lutte contre la mort.
Toute autre considération sensible ne fait que compliquer le problème, même si tout le monde comprend sa nature. Y céder serait jouer et cela a commencé avec l'invraisemblable interprétation du rôle du rapporteur public; il a "requis" la mort. C'est à ce degré d'aberration que conduit l'ignorance du sujet.
Par là même, la dérive n'est pas à craindre, mais les moyens de l'empêcher appartiennent maintenant pour longtemps au droit, donc, in fine, à une décision éventuellement judiciaire ; la prolongation de l'espoir de vie entraîne ainsi une perte de notre liberté remise entre les mains de tiers. Diogène Laërce VI, 70 nous renvoie à ce principe : "c'est à cause de leur folie que les hommes sont malheureux."

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