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12 octobre 2014

Commentaires

Roland

Monsieur l'avocat général, je profite de ce fil et vous demande de m'excuser d'être hors sujet, dans un débat hautement existentiel et si déterminant pour l'avenir de notre pays.
J'expose ce qui me tracasse :
Une LOI votée à l'unanimité des représentants du peuple a décidé de la mise en oeuvre de l'ECOTAXE.
Hier, un(e) ministre décide tout(e) seul(e) qu'elle ne serait pas appliquée.
Sommes-nous encore dans un état de droit ?
Dans ces circonstances, rien n'empêche de spolier sans indemnité ceux qui se goinfrent avec les revenus des autoroutes, comme souhaite le faire un(e) ministre (tiens c'est le (la) même).

Pouvez-vous, sans vous obliger, nous donner votre avis sur cette question.

Tipaza

"Pourquoi les seins sont-ils masculins et les c...lles féminines ?"
Rédigé par : Yves | 13 octobre 2014 à 17:51

Élémentaire mon cher Watson, ce sont des organes par destination !!

Franck Boizard

On peut aussi discuter d'esthétique : "Madame le président" est délicieusement ambigu, a un côté androgyne qui n'est pas déplaisant.

Mais bon, ne nous emballons pas, restons raisonnables : discuter d'esthétique avec les gauchistes, des gens qui croient que l'art contemporain c'est de l'art et qui s'extasient devant des bidets, ça ne mène nulle part.

Autant discuter de théologie avec une souche.

breizmabro

@ calamity jane | 13 octobre 2014 à 14:21
"On ne dira jamais mon homme de ménage, on préférera technicien de surface ; quand la femme restera "femme de ménage".

Oui mais quand on a une personne qui s'occupe de son jardin potager on dit "mon jardinier" car si on féminise, forcément tout le monde ajoutera... de légumes :-D

Gone-with-the-Bling

@Parigoth | 13 octobre 2014 à 17:41

Vous avez raison. Ils ne servent à rien. Et c'est parti ainsi pour au moins deux ans et demi.

stéphane

Que n'aurait-on pas dit si le député en question avait été Gilbert Collard ! L'UMPS dans son ensemble aurait crié au bafouement des valeurs de la République par un élu antirépublicain qui n'a pas sa place dans l'hémicycle.
Bel exemple pour la racaille des banlieues.
Les courbes de Gauss se trouvent aussi à l'Assemblée nationale, mais le petit niveau en costard cravate, ça passe mieux.
Le député a exagéré, c'est un récidiviste, il est sanctionné. Pour les grands comme pour les petits, la justice est la même et cela fait aussi mal quand elle touche au portefeuille.

Catherine JACOB@Garry Gaspary&Paul Duret

@ Garry Gaspary | 13 octobre 2014 à 17:21
« Il est dès lors infamant pour une femme de se voir nier sa féminité, comme il est tout aussi infamant pour un homme de se voir nier sa virilité. Je trouve donc la sanction tout à fait justifiée, au nom de l'égalité et du respect dû à la fonction. »

Si vous appelez une dame, monsieur et un monsieur, madame, là oui vous niez peut-être la féminité de l'une et la virilité de l'autre, mais vu que de nos jours et en particulier depuis qu'Yves Saint Laurent ou encore Inès de la Fressange se sont mis à régner sur la mode et que l'unisexe est roi, l'erreur non seulement paraît plus fréquente, mais paraît même parfois recherchée. D'où je ne vois pas pourquoi on monte ainsi en épingle l'assimilation du neutre (unisexe ou asexué) au genre masculin.

En japonais, une langue où les pronoms personnels ne sont d'une utilisation ni obligée, ni même recommandée loin s'en faut, et où les substantifs n'ont pas de genre, ce n'est pas le sexe de la personne qui prévaut dans l'utilisation du langage à son endroit, mais les relations de subordination qu'elle entretient avec le locuteur ou encore son lien de familiarité ou encore d’éloignement.
L'appréciation de ces subtils distinguo est très délicate. Elle relève de tout un art à l'égard duquel notre différenciation de genre paraît assez simple si pas simpliste. Mais bon, en l'espèce il n'y aurait pas eu débat sur le titre par lequel il eût été convenable d'interpeller le - ou de s'adresser au - président de séance, ce titre étant en quelque sorte unisexe.

@Paul Duret | 13 octobre 2014 à 14:34
«I>quel est le masculin du mot "putain" ?»

Putain, n.f. (de l'ancien français pour vil, puant, de la même famille que 'putois') représente à l'adresse d'une femme, une injure la qualifiant de 'femme débauchée'. Donc tombe sous le coup de la loi. Rien ne s'oppose à ce que vous qualifiiez un homme de "femme débauchée", qualification à l'égard de laquelle il vous faudra sans doute prendre ensuite vos responsabilités.
Quant à 'débauché' il s'agit d'un adjectif qui s'accorde en genre (f. m.) et en nombre (sing. pl). Le, la, les débauchés, sont présumés se livrer à la débauche en tant que recherche immodérée des plaisirs sensuels.
Comme on le voit, cette définition du Robert ne tient pas compte du fait que la femme qui fait métier de la pratique du plaisir sensuel, n'y prend pas nécessairement plaisir elle-même et ça vaut pour l'homme. Du moins, j'imagine.

Quand chez nos voisins d'Outre-Rhin on parle de nos jours de travailleurs et de travailleuses du sexe, on parle chez nous de prostitué(e)s.

La définition de ce mot est en fait celle-ci :

Prostitué, e, n. : personne qui se prostitue du latin prostō: se tenir en avant, faire saillie; surtout usité dans le sens de "être exposé en public, être offert en vente", "se prostituer" (prostibilis, prostibulum, prostibula). Le japonais dit 売春 (Bai_shun): vendre le printemps, un homonyme - mais pas un homographe - de 買春 (Bai_shun) : acheter le printemps.

Prostituer son talent reviendra donc à dire qu'on en mésuse dans le seul but de faire plus d'argent. Se prostituer soi-même dira donc qu'on fait commerce de ses charmes (ce qui vaut même pour ceux ou celles chez lesquels on cherche vainement ce qui peut être qualifier tel) et prostituer quelqu'un revient à l'avilir en l'utilisant à des fins dégradantes (par ex. l'obliger à nettoyer les tinettes d'un régiment à mains nues) ou vénales, autrement dit retirer un profit financier de l'avilissement dans lequel on le maintient.

De mon point de vue, les proxénètes, homme ou femme, sont de la gent qui pue bien davantage que leur gagne-pain.
Tirer dans le dos de quelqu'un ne serait-ce simplement que de l'air comprimé pour lui couper inopinément la respiration est également un comportement qui pue, la calomnie aussi etc.
Il y a beaucoup de comportements puants dans notre société française jusques et y compris parmi nos pseudo-élites lorsqu'elles vont à l'encontre de leurs véritables sentiments et convictions dans le seul but de cirer des pompes, ce qui inclue celles de l’électorat, même va-nu-pieds.
Autrement dit au sens premier du terme, beaucoup de putains qui représentent néanmoins le fumier sur lequel, bien que non composté, ont heureusement pu pousser deux blancs lis Nobel...!

Garry Gaspary

@ calamity jane

Il va vous falloir m'expliquer en quoi une pratique professionnelle n'est pas un état d'être.

Le problème récurrent avec le féminisme, c'est qu'il ne peut se définir comme une émancipation de la femme, mais comme l'occasion donnée aux femmes d'exploiter autrui ou d'être exploitées par autrui.

Le simple fait d'imaginer E. Badinter expliquant à sa femme de ménage, contrainte de récurer ses toilettes à sa place, tout ce que le féminisme a fait pour cette dernière me donne la nausée...

sylvain

Pôv' Mazetier, la boboniche du bien-pensant...
La féminisation de métiers anciennement masculins donne de mauvais résultats, c'est évident. Il y a de plus en plus de femmes policiers et de gendarmettes dans une police de plus en plus désarmée et face à un monde de la pègre de plus en plus dur. Les institutrices et femmes professeurs reconnaissent que la féminisation complète de l'enseignement est très dur à vivre pour elles-mêmes. L'autorité est quelque chose de physique et non pas d'abstrait comme on le pense, du côté féministe.
Comme disait Zemmour l'entrée des femmes en politiques a désacralisé la fonction.
Le politique n'a plus de pouvoir, place à l'idéologie et aux faux semblants.
Je prends acte "Môdame lE présidente" !

Yves

Quelques observations :
- ainsi, Philippe Bilger regrette de ne pas être parlementaire de droite (?)
- nul n'a une pensée pour ce qu'endure le premier "bénéficiaire" des convictions de Mme Mazetier, c'est-à-dire son mari.
- la langue française est difficile. Une jeune Anglaise entrée dans ma famille après de solides études littéraires se disait déroutée par le genre des mots français. Pourquoi les seins sont-ils masculins et les c...lles féminines ?

eileen

Le Prix Nobel d'Economie attribué à un Français souligne la compétence française en économie mais surligne que le problème français c'est sa classe politique, ses politiques incapables de mettre en place les actions nécessaires et confirme l'un des titres du The Telegraph (le premier quotidien britannique devant The Times, The Guardian et The Independent) le samedi 4 octobre 2014 "France's problem is its politicians, not its people".

Parigoth

@Gone-with-the-Bling
C'est tout de même assez caricatural, car il reste à prendre les mesures structurelles essentielles de relance économique et de baisse des dépenses de l'État qui doivent sortir le pays de l'ornière.

Mais justement, ces mesures structurelles et ces mesures de baisse de dépenses de l’État qu'aucun gouvernement de la vraie gauche ou de la fausse droite n'a eu le courage de prendre depuis quarante ans alors qu'ils savaient que les choses ne pourraient pas durer éternellement comme cela, mesures que le gouvernement actuel se refuse de prendre aujourd’hui alors que tous les clignotants sont au rouge et que nous sommes au bord du gouffre, pourquoi voulez-vous que demain un autre gouvernement et sa chambre associée se décident à les prendre ?

Ces gens-là se refusent à prendre les décisions de fond qui s'imposent : ils ne servent donc à rien.

Ils attendent les Cosaques et le FMI.

sbriglia@breizmabro

« Lorsque j’étais à Brest les hommes d’équipage disaient « Oui mon Capitaine ! » (il aurait fait bon dire non…) en saluant Valérie Fourrier, Capitaine Instructeur à bord de la Jeanne. »

Etes-vous certaine, breizmabro ?

Lorsque l’officier est un homme, on s'adresse à lui en faisant précéder son grade de « mon » (abréviation de Monsieur). On appelle un officier féminin directement par son grade.

Ainsi, il me semble que - dans la Marine surtout - on aurait dû dire « capitaine » à celle qui était donc lieutenant de vaisseau (sauf à ce qu’elle soit déléguée par l’armée de terre sur la Jeanne).

Mes modestes états de service dans la Navale ne me mettent toutefois pas à l'abri d'une erreur !

Garry Gaspary

@ Catherine JACOB

Montaigne est effectivement un mauvais exemple, pas uniquement parce qu'à son époque l'orthographe n'était pas encore fixée, mais surtout parce qu'il ne prêtait aucune importance à la perfection orthographique de ses écrits.

Sur le reste, ce n'est justement pas une question de goût concernant le terme qui signifie le mieux l'autorité ou le prestige, mais, comme l'a très bien expliqué Jean-Dominique Reffait, une question d'évolution logique de la langue suite à une évolution des mœurs : à partir du moment où les femmes ont commencé à exercer des fonctions à responsabilité, il est naturel de féminiser (lorsque cela respecte et la logique, et l'esthétique de la langue, ce qui est totalement le cas pour "présidente") les termes qui signifient ces fonctions, et il est dès lors infamant pour une femme de se voir nier sa féminité, comme il est tout aussi infamant pour un homme de se voir nier sa virilité. Je trouve donc la sanction tout à fait justifiée, au nom de l'égalité et du respect dû à la fonction.

Mais il est toutefois nécessaire de préserver un fondement matériel et/ou rationnel à l'emploi des mots, et je me refuse, pour l'exemple, de dire qu'un transsexuel est une femme (même s'il s'offusque, et considère cela comme de la transphobie ; comme quoi, les histoires de goût et de préférence au sujet des appellations peuvent vite mener à des tyrannies lobbyistes injustifiables lorsqu'elles sont injustifiées) au moins tant que son état civil est toujours masculin.

Le féminisme quand il est intelligent comme c'est le cas dans cette affaire, pas de problème. Mais la théorie du genre, jamais !

Jerome Fortias

Je ne suis pas certain. "Madame la présidente" n'est-il pas juste pour la femme du président ? Et réciproquement ne pourrions-nous pas appeler (ne devrions-nous pas) le mari d'une présidente "monsieur le président" ? Ne parlons-nous pas de présidente d'association, de conseils d'administration ?
Je n'ai aucune certitude, et si le monde politique français me semble sexiste, je pense que ce différend ne méritait pas une telle sanction. La présidente aurait pu en sourire et demander gentiment qu'on l'appelle madame la présidente par élégance et courtoisie. Tout le monde aurait été gagnant non ?

Gone-with-the-Bling

@ Parigoth | 13 octobre 2014 à 11:26

Votre discours respire le bon sens, mais :

1- Dans votre schéma, l'Assemblée nationale devient une chambre qui ne sert presque plus à rien car traitant de beaucoup de sujets futiles. C'est tout de même assez caricatural, car il reste à prendre les mesures structurelles essentielles de relance économique et de baisse des dépenses de l'État qui doivent sortir le pays de l'ornière. De plus, il y a encore beaucoup à faire en matière de simplification administrative à tous niveaux, notamment pour les entreprises. Sans parler du vote sur le budget.

2- Les députés sont beaucoup trop nombreux : il faudrait les réduire d'un tiers ou même mieux, des deux cinquièmes. C'est-à-dire revenir au chiffre d'avant l’ère Mitterrand, qui s'est autorisé à les augmenter au niveau actuel.

3- Ne pas mésestimer le frein qui fait que les intéressés, chez qui l'on veut couper dans les rangs, sont juges et parties dans l'affaire. Pas facile de leur demander de d'automutiler ou de scier la branche sur laquelle ils sont confortablement assis.

4- Penser sérieusement à supprimer le Sénat, chambre fin-de-voie des retraités (précoces ou tardifs) de la politique, et raisonner pareillement au sujet du Conseil économique et social et autres structures parasites. Supprimer deux niveaux sur quatre du millefeuille territorial (en ne conservant - pour ce qui est strictement opérationnel - que les régions recomposées et les intercommunalités). Ces mesures sont d'ailleurs inscrites dans le projet de certains candidats de la droite gouvernementale.

5- On ne pourra jamais passer à une Assemblée nationale virtuelle et bénévole, sauf peut-être dans le très très long terme.
Et encore… cela reste à démontrer.

Une présence physique dans un lieu dédié de parlementaires dûment rémunérés, mais moins nombreux, demeure le poumon autorisant la respiration de la démocratie.
Ce mode de fonctionnement autorise une efficacité potentielle dans la gouvernance…
Je dis bien potentielle, car elle est nécessaire mais pas suffisante (voir pouvoir actuel).

Tipaza

Hors sujet, mais tellement valorisant !!

Nous venons d’avoir :
Un commissaire à l’économie au sein de l’U.E. : Pierre Moscovici
Un Prix Nobel d’Économie : Jean Tirole

Et après on dira que les Français ne connaissent rien à l’économie…

La vérité c’est que nous faisons l’économie.
En laissant les autres faire des économies...

Toute la distance qui sépare l’ARTISTE de l’ARTISAN…;-))

Paul Duret

Au fait, suite à toutes les explications fort intéressantes de JDR et de Catherine Jacob, j'ai eu une interrogation, à laquelle l'un des lecteurs du blog se fera certainement un plaisir de répondre : quel est le masculin du mot "putain" ?

calamity jane

@moncreiffe

Comment ? vous initiez l'inégalité dans les titres ?
Y a la variante "être femme de ménage" mais "technicien de surface" ? L'aviez-vous remarqué ? On ne dira jamais
mon homme de ménage, on préférera technicien de surface ; quand la femme restera "être femme de ménage". Alors qu'ainsi que j'avais déjà essayé de le développer ce n'est qu'une pratique professionnelle et non un état d'être.
Comme je maintiens "vanitas, vanitatum et omnia vanitas" ! il est parfois préférable de s'empêcher (voir A. Camus) de lire entre les lignes pour rester détendue.

sbriglia@moncreiffe

"Et une femme qui nettoie les cabinets d’un ministre, vous l’appelez comment ?"

Une broyeuse...

Herman

Un peu d'intelligence dans ce monde de brut(e)s :

http://jeanzin.fr/2014/10/06/le-feminisme-d-un-point-de-vue-materialiste/#more-9092

Jean-Dominique@Catherine JACOB

Catherine JACOB : "Autrement et clairement dit, à une perruche au perchoir on dira avec condescendance Mme la présidente, tandis qu'à une aigle au perchoir, on dira avec respect Mme le président."

Sans doute avez-vous raison mais il demeure que ce n'est pas s'exprimer en français correct que de ne pas accorder un adjectif : chacun peut user du charabia qu'il désire mais ne peut prétendre à la pureté d'une langue qu'il massacre lui-même ! Je répondais ainsi à la plainte de Philippe sur la dénaturation de la langue française, dénaturation qui est en l’occurrence dans le camp qu'il soutient ! Et si demain, il me venait d'écrire ici que "Catherine Jacob est une remarquable érudit", la main magique de ce blog me corrigerait illico sans imaginer un seul instant que j'aurais voulu conserver le masculin à "érudit" pour renforcer la dignité du compliment ! Ce serait une faute et rien que cela ! Personne n'est juge du bon emploi du masculin ou du féminin, il s'impose selon les règles du bon français.

Il y a des règles en bon français : on accorde les adjectifs et les participes, on use du bon genre des substantifs, c'est une OBLIGATION, pas un libre choix pour qui prétend aimer cette langue. Et quand le conservatisme résulte de l'ignorance des règles et de l'histoire de la langue, il faut le combattre. Je ne me prononce pas sur l'idéologie des uns ou des autres mais sur l'argument fallacieux du déclinisme de la langue à ce propos. Ici, ceux qui prétendent défendre la langue française sont justement ceux qui la maltraitent par ignorance.

S'agissant de la mission régulatrice de l'Académie française, c'est une joyeuse plaisanterie depuis la création de cette institution. Son dictionnaire a toujours entre deux et trois générations de retard si bien qu'un mot entre dans le dictionnaire quand il est déjà mort. Fort heureusement, nos écrivains, y compris les grands classiques, n'ont jamais usé du dictionnaire de l'Académie, incomplet et anachronique depuis son laborieux lancement.
Le Littré, dictionnaire gauchiste bien connu, propose deux définitions à "Présidente", subst. Fém.
1. Celle qui préside. La présidente d'une association de charité.
2. Femme d'un président. Madame la présidente. Madame la première présidente.

Anatole France (Orme, 1897) :
"La générale annonça qu'elle verrait l'archevêque à l'inauguration du Pain de saint-Antoine, dont elle était présidente"
Ici la "générale" est l'épouse du général mais elle est bien la "présidente" effective du Pain de Saint-Antoine.

Bref la cause de Philippe est indéfendable, je le laisse à la mansuétude du jury !

breizmabro

@ Jean-Dominique Reffait | 13 octobre 2014 à 02:20

Cher Jean-Dominique (si Dominique est bisex dans le style ;) Jean est bien masculin, du moins en français…)

Je suis convoquée pour « une affaire me concernant » au commissariat, demain, par Isabelle Conachini, lieutenant de police, et une angoisse me prend soudain.

Pour ne pas être en garde à vue pour insulte à officier de police dans l’exercice de sa fonction, dois-je lui dire Bonjour : Mon Lieutenant, Madame le Lieutenant, Lieutenant, Lieutenante ? Je pourrais tenter Isabelle mais j’ai des doutes :-( 

Lorsque j’étais à Brest les hommes d’équipage disaient « Oui mon Capitaine ! » (il aurait fait bon dire non…) en saluant Valérie Fourrier, Capitaine Instructeur à bord de la Jeanne. Je vois mal en effet un matelot (là pas de féminin, même sur un bateau de pêche ;-)) saluer Valérie Fourrier en disant « Oui (toujours) ma Capitaine ! » Je crois même que personne n’y a vraiment songé.

A l’Etat-major pas de faute linguistique elle était présentée ainsi : Je vous présente Valérie Fourrier, Capitaine de Corvette. Fermez le ban.

Ô rage, ô désespoir, ô français ennemi...!

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Selon la journaliste Anne Chemin (Le Monde-Mediapart), Jean-Christophe Cambadélis, le député Guillaume Bachelay, le secrétaire d'État aux relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen étaient présents au côté de DSK pour célébrer les 47 ans d’Anne Hommel celle qui a également été la conseillère de Jérôme Cahuzac.

Selon ses informations Manuel Valls a fait une entrée remarquée, en véritable vedette de la soirée.

Mis en examen dans l'affaire du Carlton de Lille, Dominique Strauss-Kahn comparaît, avec douze autres personnes, du 2 au 20 février 2015 à Lille pour «proxénétisme aggravé en réunion». :-D

La journaliste du Monde décrit le savant mélange des genres de cette soirée d'anniversaire qui s'est déroulée samedi près de Bastille.

Etaient présents des journalistes (plein MAIS pas de noms de confrères ;-)) des communicants mais aussi des avocats. Anne Sinclair était également de la partie (fine ?).

François Rebsamen avait regretté, un jour, publiquement, que DSK ne puisse pas revenir en politique mais, visiblement, il n’a pas été payé de retour… Madame Chemin ne l'a pas vu.

Chienlit, c'est du genre masculin, féminin ou socialiste ?

Achille

@ moncreiffe
"Et une femme qui nettoie les cabinets d’un ministre, vous l’appelez comment ? Une technicienne de surface, une experte en dépollution, une spécialiste de l’aide à la personne ? Quoi d’autre? "

Généralement ces femmes-là on ne les appelle pas par leur fonction, mais par leur prénom : Conchita, Dolorès, Nafissatou... Eh oui, c'est ça aussi le langage courant.

Archibald

Par homme j’entends « être humain » (…) puisque le mélange de compréhension et d’autorité, d’amitié et de sévérité (…) se rencontre, bien entendu, autant chez les hommes que chez les femmes. Il serait superflu de le préciser, n’était le bilboquet de la féminisation des noms due à un esprit « politiquement correct » borgne, sinon borné. (…) Les coupables de ces sornettes oublient-ils ou ignorent-ils que, selon les bonnes grammaires, « homme », comme maints autres substantifs, est tantôt « marqué », tantôt, et le plus fréquemment, « non marqué », c’est-à-dire désignant les deux sexes de l’espèce humaine, y compris les enfants ? A l’entrée « homme », c’est seulement au onzième paragraphe, après cinq hautes pages serrées, bourrées de très fins caractères, que Littré donne la définition « marquée » à savoir : « L’être qui, dans l’espèce humaine, appartient au sexe mâle. » Quand Cioran, dans une culbute de son réjouissant pessimisme, se proclame excédé par l’homme au point d’exiger « qu’il déguerpisse au plus vite », il n’adresse, de toute évidence, pas cette injonction aux seuls garçons. Que le féminisme de secte nous accule à devoir fournir d’aussi imbéciles précisions est humiliant.
(JF Revel, Mémoires)

moncreiffe

@ Achille
De même une femme qui dirige le cabinet d'un ministre tient généralement à ce qu'on l'appelle madame le directeur de cabinet ne serait-ce que pour bien distinguer ses responsabilités de celle d'une directrice d'école maternelle d'un petit village de province.

Et une femme qui nettoie les cabinets d’un ministre, vous l’appelez comment ? Une technicienne de surface, une experte en dépollution, une spécialiste de l’aide à la personne ? Quoi d’autre ?

Parigoth

L'Assemblée nationale se montre assez souvent sous un jour déplorable tant pour ce qui concerne ses aptitudes à l'écoute et au respect que pour la mesure et la dignité de ses joutes, constitue une véritable provocation qui va aggraver l'antiparlementarisme démagogique de beaucoup.

Non, il ne s'agit pas d'un antiparlementarisme « démagogique », ce qui supposerait qu'il soit instrumentalisé à des fins politiques, mais de la montée d'une colère sourde à l'encontre de personnages qui non contents de s'enfermer dans leur autisme méprisant envers le peuple se croient autorisés en plus à se moquer du monde, c'est-à-dire en fait de leur employeur.
Le fossé se creuse de plus en plus entre des « représentants » enfermés dans leur tour d'ivoire et leurs mandants qui crient dans le désert.

A l'heure où la plupart des lois échappent au contrôle direct du peuple français pour avoir été transférées à des institutions étrangères, le surdimensionnement de l'institution qu'est « l'Assemblée nationale » qui en est réduite à discuter dans un décorum digne d'un péplum non pas du sexe des anges mais de l'interdiction des sacs en plastique a quelque chose de pathétique et de ridicule.

Mais à quoi ce « machin », comme aurait pu dire quelqu'un, peut-il encore servir ?

Le système actuel est idiot : les députés (et le gouvernement) en sont réduits à se gratter le crâne pour occuper le temps dévolu aux sessions parlementaires afin de faire semblant de s'occuper, d'où une foison de projets de lois inutiles, idiots ou même scandaleux quand ils ne sont pas dangereux.

Ne pourrait-on pas imaginer plutôt un système de députation inspiré en quelque sorte du système de la réserve militaire, les députés - qui ne seraient pas uniquement des fonctionnaires ou des avocats - pourraient vaquer à leurs obligations professionnelles habituelles sauf les fois où ils devraient être présents physiquement du fait de l'importance des sujets traités ?

Un tel système - qui pourrait être basé sur le bénévolat - aurait aussi l'avantage de ne pas écarter d'innombrables citoyens représentant la France réelle et ses forces vives (artisans, commerçants, agriculteurs, ingénieurs, etc.), ayant généralement plus les pieds sur terre que des gens dont l'absence de responsabilité personnelle les rend plus susceptibles d'être sujets à l'irréalisme idéologique.

Enfin, à l'heure où les télécommunications changent nos habitudes de vie, ne pourrait-on pas imaginer que des questions d'ordre mineur - comme les sacs en plastique - puissent être débattues en téléconférence et faire l'objet d'un télévote ?

Et surtout, pourquoi ne pas généraliser les référendums d'initiative populaire ?
C'est aussi cela, la démocratie.

sbriglia

Dans le salon de madame Verdurin on discute de barbarisme au hors-d'œuvre et de barbarie au dessert...

Vaugelas en entrée, coutelas au café…

Douce France, le pays de mon enfance…

breizmabro

@ Robert Marchenoir | 13 octobre 2014 à 01:
(...)"faisant de l'homme un citoyen de deuxième classe"

J'adhère globalement à tout votre commentaire sauf le "faisant de l'homme un citoyen de deuxième classe" :-(

Qu'est-ce qui vous arrive ? C'est l'heure tardive de l'écriture de votre intervention qui vous rend si déprimé ? Vous n'allez pas nous faire le coup de "l'homme ce chef-d'œuvre en péril" façon Zemmour ?

Allez hop, un p’tit coup d’Aymeric Caron chez Ruquier nous parlant du végétarisme et ça va repartir… ;-))

En effet il m'avait semblé, mais reprenez-moi si je me trompe, que le fondement de la biologie a consisté à classer les êtres vivants en deux catégories : les plantes d’un côté, les animaux de l’autre puisque les compositions chimiques des plantes et des animaux sont voisines, les unes et les autres ayant la propriété de se nourrir, de se développer puis de mourir, mais aussi de se reproduire transmettant ainsi de génération en génération la vie.
Ainsi arracher un poireau à sa terre nourricière pour le manger en tourte serait moins grave parce qu’il ne crie pas !? Je n'ose le croire...

Vous voyez cher Robert qu’il y a plein de raisons de rire… ;-))

eileen

Le seul mot (je crois) connu à ce jour qui conjugue bien le féminin mais en dénaturant tout à fait le sens est
"entremetteur" qui donne "entremetteuse" MDR... et d'ailleurs entremetteur n'est pas utilisé on dit "un intermédiaire", ainsi le problème est réglé, bien que ! la conjugaison bénéficiera au masculin !

Quant à "docteur", dans le langage courant on dit - au mieux - "aller chez le docteur", alors que "chez le médecin" serait correct. Chacun sait que le docteur est celui qui a obtenu le titre universitaire de doctorat. Une femme qui a obtenu un doctorat en sciences éco ne dira jamais qu'elle est doctoresse en économie.
Le jour du coiffeur/coiffeuse MDR on ne dit pas que l'on va chez le CAP, je me demande ce que certains auraient pu inventer comme barbarisme.

On dit aussi demandeur et demanderesse, ainsi que l'indiquent mes anciens manuels de droit

Certes le français est une langue vivante qui évolue, mais pourquoi faut-il qu'elle évolue toujours vers le moins-disant ? pour satisfaire - sans doute - les partisans du moindre effort !

Un non sujet, un non événement qui a soulevé de nombreux commentaires que pour ma part je trouve justifiés ; s'attaquer aussi bêtement à ce patrimoine - si souvent maltraité par ceux-là même qui ont provoqué l'incident - c'est un peu à chacun de nous séparément que l'on s'adresse en chatouillant un tout petit peu son "ego identitaire" MDR !

En fait cet incident au sein même de l'Assemblée nationale était inapproprié, trop souvent ceux/celles qui sont la représentation nationale ne représentent plus qu'eux-mêmes/qu'elles-mêmes, tentant d'imposer leur point de vue sur tout au reste des Français, ce n'est pas leur mission, ce n'est pas pour recevoir leurs lamentables leçons en tout qu'ils/qu'elles ont été élus (es) !

Catherine JACOB@Jean-Dominique Reffait

@Jean-Dominique Reffait | 13 octobre 2014 à 02:20
«Ce n'est pas un délitement de la langue, c'est son évolution naturelle quant à ses usages nouveaux dans le respect des règles morphologiques et étymologiques. La tradition n'est pas l'immobilisme et vous n'écrivez pas, Philippe, la même langue que Montaigne.
Mais querelle ridicule aussi de l'autre côté : quelle bêtise de sanctionner aussi durement la sottise linguistique d'un député ! On ne sanctionne pas un imbécile par une imbécillité !
»

Non seulement vous évoquez un temps où l'orthographe n'était pas fixée mais suivait la musicalité de la langue, régionale souvent, telle que parlée par le locuteur et susceptible d'être comprise au mieux par un interlocuteur. La langue est faite d'abord pour communiquer et non pour soliloquer.

Il semblerait que la fixation de l'orthographe de notre langue ait été la conséquence de la promotion de la «langue d'oïl» dans ses variantes mutuellement intelligibles, au statut de langue commune du royaume de France sur la fin du XVIe siècle, statut dans lequel elle a succédé au latin mais avec une beaucoup plus large audience, ainsi qu'au détriment de l'occitan en particulier auquel elle s'est imposée tout comme elle s'imposera dans les siècles suivants à toute langue régionale au point d'en interdire sous de lourdes peines d'en parler certaines, ce pour répondre à une nécessité de communicabilité entre les différentes régions en tant que parler interdialectal favorisant les échanges littéraires et juridiques entre elles ainsi que la consolidation d'une identité culturelle commune.

Lorsque cette consolidation a pris des allures de destruction de l'autre (identité régionale), on a assisté à une saine résurgence. Pourquoi saine, parce que favorisant les échanges transfrontaliers dans un espace élargi, l'espace européen dans lequel, par ex., notre lune et notre soleil se voient affectés des genres différents selon les parlers. Ainsi masculine en allemand où le pouvoir au féminin a conservé des traces d'un ancien matriarcat, la lune s'entend en français où le patriarcat l'a tôt emporté, au féminin. Et inversement pour le soleil, sachant que l'usage allemand est de loin le plus ancien.

Le parler interdialectal contemporain reste défini par cette institution créée au XVIIe qu'est l'Académie française, chargée de rédiger le dictionnaire de référence et en somme de fixer et/ou entériner la norme. Elle ne procède pas par diktats, mais enregistre en effet après discussion, ce que vous appelez «l'évolution naturelle de la langue», autrement dit son usage et ou sa création spontanée et non pas résultant du diktat d'un parti ou d'un autre ou encore d'un autocrate ou d'une autre.

La féminisation de certains vocables (auteur/ auteure; professeur/professeure etc.) résulte en fait de l'importation de l'usage canadien érigé en drapeau féministe et, il faut admettre qu'une partie de notre population féminine francophone de France, souhaite élever en face une sorte de «♯in my name» que me paraît défendre à juste titre le député Aubert ainsi excessivement et injustement sanctionné du fait d'une absence de conscience de ce qu'est réellement l’exercice de l'autorité.

Personnellement, je pense que dire «Madame le président» dans un contexte culturel où la lune se dit au féminin et le soleil au masculin, donne beaucoup plus d'autorité et de prestige, de YANG comme diraient les Asiatiques, au personnage qui exerce ladite présidence, que de condescendre à dire «Madame la présidente», de même que comme chez certains oiseaux c'est la femelle plus grosse que le mâle qui chasse et est donc dotée de plus de YANG.

Autrement et clairement dit, à une perruche au perchoir on dira avec condescendance Mme la présidente, tandis qu'à une aigle au perchoir, on dira avec respect Mme le président.

Achille

Attention à ne pas trop féminiser quand même les fonctions, sinon on risque de confondre une femme qui entraîne un club sportif et que tout le monde s'accorde à appeler "entraîneur" avec une entraîneuse de boîte de nuit.

De même une femme qui dirige le cabinet d'un ministre tient généralement à ce qu'on l'appelle madame le directeur de cabinet ne serait-ce que pour bien distinguer ses responsabilités de celle d'une directrice d'école maternelle d'un petit village de province.

On pourrait citer ainsi de nombreux cas de ce genre où la féminisation n'est pas vraiment valorisante pour la femme qui occupe la fonction. D'où l'intérêt d'introduire un article neutre comme dans certaines langues qui ont eu le mérite d'anticiper ces problèmes de genre.

Parigoth

La question est que Sandrine Mazetier, comme toutes les féministes, revendique le droit, et apparemment l'obtient, de punir les hommes lorsque ceux-ci ne se soumettent pas à ses caprices. Droit unilatéral, qui est dénié aux hommes. (Robert Marchenoir)

Ce type de comportement se rapproche de ces populations qui ne pensent qu'à punir les blancs jusqu'à la fin des temps pour tous les malheurs de la terre réels ou supposés, génération après génération ces derniers sont considérés comme coupables.
Coupables de quoi précisément, personne ne le sait, mais ils sont coupables.
Se poser en victime permanente est une attitude très confortable.

Tipaza

« Pour les mots en "-eur", l'usage courant est de féminiser en "-euse" (latin -osa) : vendeuse, menteuse, chercheuse, donc, en français correct : professeuse, auteuse... Docteur devrait admettre docteuse ou doctrice, jamais le barbarisme de doctoresse qu'on a rencontré parfois. »
Rédigé par : Jean-Dominique Reffait | 13 octobre 2014 à 02:20

Excellent !
C’est fou ce que j’ai appris sur la langue française en si peu de lignes !!

C’est aux querelles byzantines sur la forme, oublieuses du fond, que l’on voit et que l’on comprend les vieilles civilisations.
Celles qui meurent dans de beaux draps, au propre et au figuré.
Il faut sauver la Planète, les ours blancs de la banquise qui fond, les scarabées sacrés, et qu’importe si nous disparaissons pourvu que la « pureté » de la langue dissimulant une perversion idéologique soit maintenue.

Ne vous demandez pas quelle idéologie.
Jacques Attali vous expliquera que bientôt un gouvernement mondial résoudra tous les problèmes. Plus de problèmes de quelque nature que ce soit.
Une solution globale à une infinité de problèmes locaux, c’est à cela que l’on devine les grands esprits.
Et J. Attali vous expliquera doctement que puisque « tout est dans tout et réciproquement », il conviendra de s’en remettre au Grand Gouvernement Général.

Pendant ce temps-là, dans les déserts de Syrie et d’Irak, des individus en noir arborant des drapeaux noirs, la couleur de l’espoir, se font une joie de démolir la nouvelle Tour de Babel que bâtissent des intellos qui ont mal digéré leurs lectures philosophiques.

catherine A.  mauvais genre

Ce qui a été sanctionné dans cette affaire c'est la provoc stupide de cet homme. Car pour l'usage du masculin, l'exemple vient d'en haut, Carrère d'Encausse tient à être le secrétaire perpétuel de l'Academie de peur sans doute que devenue la secrétaire, ses petits camarades lui demandent de faire et servir le café. Que la langue française ne suive pas l'évolution d'une société est la marque, hélas, de sa mauvaise santé. Les Espagnols, depuis des lustres, disent "la ministra" sans que cela trouble le moins du monde. Serions-nous plus rétrogrades ? Cela dit, curieusement, lorsque des hommes exercent des professions jusque-là quasi exclusivement féminines la même Académie trouve une solution. Les hommes sages-femmes deviennent des maïeuticiens, le sage-femme faisant sans doute très mauvais genre.

duvent

Voilà une question dont je me disais qu'il était urgent de débattre !!
Et me voici rassuré car toutes les Grandes Questions doivent être discutées...
Il faut absolument que quelques-uns s'occupent de ce qui est crucial pour la France ! Nous aborderons ce qui l'est moins plus tard ou même jamais de façon à ne pas nuire à ces brillants bretteurs (l'épée devant être très mouchetée car le courage manque...).
Que de grandeur, que de noblesse, que de courage, que d'innovation, que d'esprit !! Faisons sortir cette troupe de médiocres comédiens, d'autres se bousculent au portillon !!

Garry Gaspary

@ Jean-Dominique Reffait
On ne sanctionne pas un imbécile par une imbécillité !

Pour démontrer le bien-fondé de cette affirmation, il faudrait au moins connaître la décision de C. Bartolone concernant une députée qui s'évertue à l'appeler "Monsieur la présidente".

Il me semble que, dans ce cas, on parlerait plus d'infamie que d'imbécillité.

Macadam de Stalle

Faut-il préférer professeure à professeuse ? Le débat n'est pas clos. Le Canada francophone a adopté la féminisation en "-eure", voici un exemple parmi d'autres page 11 de ce rapport http://www.ccwestt.org/Portals/0/winsett/Rapport%20final%20Femmes%20en%20SGMT%20Phase%20I.pdf
Je préfère professeuse qui est historiquement plus juste mais le néologisme professeure est préféré semble-t-il par nombre d'auteur.e.s. La messe n'est pas dite, et les résistances vivaces animées par ce jeune député le montrent bien, le consensus dans ce domaine est/sera difficile à trouver...

Franck Boizard

Ceux qui minimisent cette querelle sont les mêmes qui, depuis quarante ans, jouent cyniquement le fait accompli, d'"avancées" en "progrès" face à une droite molle qui n'ose pas "revenir en arrière" (je mets des guillemets pour illustrer le vocabulaire piégé qu'on nous inflige).

Eh bien non. A un moment, il est temps de dire stop à cette politique des petits pas sournois qui s'achève dans un grand naufrage, le grand naufrage de la déshumanisation totalitaire (voir les thèses sur le transhumanisme). Et ce moment, c'est maintenant.

Stop à l'"avancée" de la dénaturation du mariage, stop au "progrès" de la féminisation des noms de fonction, stop au "grand bond en avant" de la destruction de la famille, etc.

Jean-Dominique Reffait

Querelle ridicule de part et d'autre.
Les tenants d'une pseudo-orthodoxie de la langue française sont, pardonnez-moi Philippe, ignorants de son histoire philologique et prétendent figer une langue dans ses usages du 19ème siècle en oubliant que Rabelais ou Montaigne féminisaient les mots en fonction des situations.
Il est, par exemple, faux d'affirmer que ""le président", comme le "procureur" ou "le professeur", ne représente pas un hommage abusif à la masculinité mais "la neutralité par rapport au genre", contresens Philippe. La "neutralité par rapport au genre" est une règle précise qu'on ne saurait détourner : elle s'applique lorsque des éléments masculins et féminins se juxtaposent dans une même expression, le masculin l'emportant alors dans ce cas et uniquement dans ce cas. S'il y avait eu deux personnes à présider, il eut été correct de dire "les présidents". Dans le cas présent, il n'y avait pas de doute : une seule personne exerçait la présidence et cette personne était une femme. L'argument tombe grammaticalement parlant.
Le masculin est ici l'héritage d'un temps où ces fonctions étaient exclusivement réservées aux hommes. Au 18ème et 19ème siècle, l'usage s'est établi de désigner la femme par le féminin de la fonction de son mari : la "présidente de Tourvel" est bien l'épouse d'un président de cour. La "générale", la "colonelle" firent les beaux jours des bals de sous-préfecture. Aucune confusion n'était permise puisqu'il n'y avait alors aucune femme à ces postes. Cet usage a disparu, hors de tout contexte idéologique d'ailleurs, même s'il s'est maintenu encore tardivement dans l'armée avant de disparaître. Qui parle aujourd'hui de "la" ministre pour désigner la femme d'un ministre ou d'"une" présidente pour la femme d'un président de tribunal ? Personne, l'usage est perdu donc pas de confusion.
Il y a cependant une règle qui fut employée dans les temps anciens, avant le 19ème siècle, et qui perdure : lorsque le féminin existe, il doit être employé. Député est un adjectif qui s'accorde : députée est donc la forme correcte pour une femme. Président provient du participe adjectivé latin "praesidens", qui s'accorde : présidente est dont la forme correcte pour une femme. Pour "ministre", c'est plus douteux puisque le mot provient de "minister" qui est un nom masculin désignant un serviteur, opposé à "magister", le maître. Ici nous sommes en présence d'un substantif masculin qui n'a pas d'équivalent féminin. Madame la ministre semble incorrect.
Autres cas sont les noms de type "professeur", "procureur" : ils proviennent de désinences latines "or" ou "tor", formes masculines qui acceptent une forme féminine différente en "-osa" ou "-trix". "La" procureur est incorrect, "procureure" est un barbarisme et l'on devrait dire la "procuratrice" de la même façon que l'on dit institutrice, lectrice, conductrice, directrice. Pour les mots en "-eur", l'usage courant est de féminiser en "-euse" (latin -osa) : vendeuse, menteuse, chercheuse, donc, en français correct : professeuse, auteuse... Docteur devrait admettre docteuse ou doctrice, jamais le barbarisme de doctoresse qu'on a rencontré parfois.

Nous remarquerons cependant que les formes féminines sont plus usitées pour des fonctions mineures non prestigieuses, exercées depuis longtemps par les femmes : c'est donc bien la preuve, Philippe, qu'il n'y a aucune neutralité de genre mais bien le constat que certaines fonctions ont été l'apanage exclusif des hommes au point d'en exclure l'usage du féminin.

Les temps changent, les femmes accèdent à ces fonctions et la langue française dispose de règles anciennes, fort correctes et, surtout, impératives pour féminiser ces noms. Qu'on le sache bien : ce n'est pas parler un français correct que de refuser la forme féminine quand celle-ci existe soit dans les usages, soit dans la morphologie. Ce n'est pas un délitement de la langue, c'est son évolution naturelle quant à ses usages nouveaux dans le respect des règles morphologiques et étymologiques. La tradition n'est pas l'immobilisme et vous n'écrivez pas, Philippe, la même langue que Montaigne.

Mais querelle ridicule aussi de l'autre côté : quelle bêtise de sanctionner aussi durement la sottise linguistique d'un député ! On ne sanctionne pas un imbécile par une imbécillité !

Robert Marchenoir

Je pense que tout le monde est passé à côté de l'essentiel.

Bien entendu, je défends le député Julien Aubert qui a fait prévaloir l'usage correct, mais la question n'est pas là.

La question est que Sandrine Mazetier, comme toutes les féministes, revendique le droit, et apparemment l'obtient, de punir les hommes lorsque ceux-ci ne se soumettent pas à ses caprices. Droit unilatéral, qui est dénié aux hommes.

En effet, non seulement toutes les femmes ne sont pas partisanes de la féminisation du titre de président (ou d'autres), mais certaines y sont vigoureusement opposées, y compris lorsqu'elles sont directement concernées.

J'en veux pour preuve éclatante et définitive que Madame Hélène Carrère d'Encausse est, selon l'Académie française elle-même, non seulement historien -- et non historienne --, non seulement commandeur des Arts et des Lettres -- et non commandeuse --, mais secrétaire perpétuel de l'Académie française, et non secrétaire perpétuelle.

http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/helene-carrere-dencausse?fauteuil=14&election=13-12-1990

Il est difficile de prétendre que cet usage lui aurait été imposé, et qu'elle ne le revendique pas pleinement.

Puisque nous sommes sur un blog tenu par un magistrat, j'ajoute que j'ai personnellement assisté à une audience de tribunal où le juge de sexe féminin qui présidait les débats a sèchement corrigé un justiciable, insistant pour être appelée Madame le président, et non Madame la présidente.

Certains prétendent ici que le député Aubert aurait manqué de respect à Sandrine Mazetier en l'appelant Madame le président. Mais d'autres femmes, au moins aussi éminentes qu'elles, se sentent au contraire insultées lorsqu'on les appelle Madame la présidente.

On voit donc bien la nécessité d'une norme qui s'impose à tous. Il se trouve que l'Etat a lui-même créé une institution à cet effet : l'Académie française. Son verdict est indiscutable ; je viens de le présenter. Il ferait beau voir qu'un président de séance de l'Assemblée nationale dans l'exercice de ses fonctions récuse cette autorité !...

On en déduit que la posture de Sandrine Mazetier équivaut à accorder aux femmes -- à toutes les femmes -- un privilège exorbitant, consistant à pouvoir définir elles-mêmes la façon dont on doit s'adresser à elles (chacune ayant un avis différent sur la question) et à imposer de leur propre chef, dans la foulée, un châtiment légal aux contrevenants lorsqu'elles occupent certaines fonctions.

Privilège dont les hommes sont évidemment dépourvus, car un avocat ne peut exiger d'un juge qu'il l'appelle Monseigneur au lieu de Maître, de même qu'un Premier ministre ne peut infliger d'amende à un député qui ne l'appellerait pas Chef Bien-Aimé -- ou toute autre appellation grotesque que son caprice lui inspirerait sur l'instant.

Une fois de plus, on voit ici à l'oeuvre le totalitarisme féministe sournois qui a désormais pris pied dans notre société, faisant de l'homme un citoyen de deuxième classe.

Le fait que ce coup de force se produise au sein même de l'Assemblée nationale, et pas seulement au sein d'une obscure association, montre que l'Etat de droit n'existe plus.

(Note : Etat de droit ne signifie pas, comme beaucoup le croient, Etat gentil, humaniste, tolérant ou de gauche, mais Etat libéral, c'est-à-dire s'obligeant à respecter les lois qu'il a lui-même promulguées -- et à ne pas en changer tous les quatre matins comme ça l'arrange)

Stéphane

Je relis le post de Philippe BIlger et soit il n'a pas vu l'échange à l'Assemblée, soit il pousse à l'excès pour nous inciter à réagir.
S'il a effectivement vu la scène dans sa totalité, alors je me réjouis qu'il ne soit plus avocat général.
Ou alors il se place pour une prochaine alternance et c'est le début de sa des-hollandisation.
À son crédit, je le félicite pour la liberté de ton qu'il laisse et sa publication des commentaires.
Ça ira pour cette fois-ci M'sieur l'vocat.

moncreiffe

@ stéphane

J’apprécie vos deux commentaires pour leur pertinence. Le premier signalait l’insolence déplacée d’un obscur député qui voulait faire le malin. Le second met l’accent sur l’érosion continue du prestige de l’Assemblée nationale. Sans être de droite, j’aimais bien la façon dont Jean-Louis Debré s’y prenait pour rappeler à l’ordre les députés turbulents, y compris ceux de son propre camp. Apparemment certains députés néandertaliens ont aujourd’hui encore du mal à supporter la moindre autorité, surtout quand elle est légitimement exercée par une femme.

Je persiste et je signe. Il n’est ici question ni de considérations oiseuses sur le bon usage du français ni de présupposés idéologiques féministes, mais de respect envers l’autorité légitime d’une femme qui exerce aujourd’hui une fonction naguère réservée aux hommes.

En tant qu’homme, je trouve navrant que des femmes prennent fait et cause (ou du moins trouvent des excuses) à un sale type qui les insulte gratuitement. Car manquer de respect à la vice-présidente de l’Assemblée nationale, c’est manquer de respect non seulement à toutes les femmes, mais aussi aux institutions politiques et aux électeurs qu’on prétend faussement servir.

Jacques V.

À l'époque ou la féminisation des mots est apparue, un (ou une) humoriste (il en existait encore) avait appliqué systématiquement cette règle à l'ensemble du vocabulaire ; il en résultait de jolies trouvailles : je me souviens en particulier du verbe converger qui, lorsque son sujet était féminin, devenait vergeconner. Pour ma part, l'emploi du féminin soit m'est indifférent (la ministre), soit me fait mal aux yeux (auteure, professeure : quelle horreure !), soit me fait rire (une chancelière, c'est un sac fourré pour tenir les pieds au chaud...).

Parigoth

Ce qui m'intrigue est que lorsque l'on parle d'un malfrat au CV étoffé digne de Cayenne à l'époque où madame Taubira n'avait pas encore interdit le tourisme pénal, on dise de lui que c'est une crapule, une brute ou une ordure...

A quoi cet emploi systématique du féminin est-il dû ?

Marc GHINSBERG

Définition du Petit Robert
président, ente [pʀezidɑ̃, ɑ̃t] nom
(du latin → présider)
1. Personne qui préside (une assemblée, une réunion, un groupement organisé) pour diriger les travaux. La présidente de l'association. Président-directeur général d'une société. ➙ P.-D. G. La présidente-directrice générale. Le président, la présidente X. Mme Legrand, présidente (ou président) de la société X.

stéphane

Esthètes du français, j'ai plusieurs questions :
La femme du Président, c'est Madame la Présidente, c'est bien cela ?
Si Marine Le Pen est présidente, son mari sera Monsieur le Président, donc c'est qui le président ?
Si un homosexuel est président et est marié, son mari à Monsieur le Président, ce sera Monsieur le Président ?
Exécutif à deux têtes, comme des siamois ?
Et si une lesbienne mariée est présidente, sa femme sera Madame la Présidente ?
C'est qui la présidente ?
Et si c'est madame le Président qui est présidente et que la femme du Président des Etats-Unis appelle à l'Elysée et veut parler à la Présidente, il fait quoi le standardiste ?
Et si c'est madame Clinton élue Présidente dont le mari appelle alors qu'il est ancien président, il dit quoi le standardiste à Madame le ou la ou sa femme/mari, Présidente française ?

Catherine JACOB@Marc Gilliet

@Marc Gilliet | 12 octobre 2014 à 19:52la

"la coiffeuse, la vendeuse..."

En revanche on ne dit pas la barbière mais seulement la barbe !
Ce sont les exceptions qui confirment la règle.
Sinon dans le monde de l'uniformité socialiste il faudrait prendre exemple sur "le coiffeur, la coiffeuse" pour dire "le professeur, la professeuse", ou encore corriger "le coiffeur, la coiffeuse" sur le modèle de "le professeur, la professeure" en "le coiffeur, la coiffeure".
A quand donc, "le bourreau, la bourrée" sur le modèle de "la beauté, le botox" ?

Franck Boizard

Le plus marrant, c'est l'ironie de cette querelle : dans la logique de la langue française, les partisans de la féminisation sont les sexistes, les obsédés sexuels.

Pour ma part, je me fiche bien de savoir si le président est un homme ou une femme.

Je pense que, comme toujours, le moteur des gauchistes est la joie adolescente de détruire.

C'est vrai que la logique de la langue française passe à plusieurs kilomètres au-dessus de Mme Mazetier et de ses partisans.

Mais les demi-intellectuels abrutis font les meilleurs bourreaux.

calamity jane

Vanitas, vanitatum et omnia vanitas !

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