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27 décembre 2014

Commentaires

breizmabro

@ Daniel CICCIA | 27 décembre 2014 à 10:32
"Mais pour en revenir aux bancs, je peux vous dire que j'ai cette expérience désagréable d'avoir marché parfois jusqu'à ce que mes pieds ne me soutiennent plus pour en chercher un de libre pour m'y reposer"

Vous, pour vous reposer, mais pour passer la journée à picoler ou à vendre du shit en toute impunité ?

Rousselot Jean-Paul

Bonjour,

"Une caste politique à la godille"
L'erreur du maire d'Angoulême est d'avoir agi comme le font les maires de l'ED-FN.
Au lieu de dépenser une importante somme d'argent à construire des cages en inox pour ensuite les remplir de pierres, il fallait retirer les bancs... et plus de polémiques.

Vous n'auriez pas écrit de billet. Et je n'aurais pas répondu.

breizmabro

@ Marc Bontoux | 27 décembre 2014 à 15:44
"En fait, le maire d'Angoulême n'a fait que répondre aux demandes de ces bons bourgeois qui voyaient d'un très mauvais œil ces clochards qui envahissaient le domaine public"

Je ne sais où vous habitez mais si vous pouviez recueillir dans les parties communes chauffées de VOTRE immeuble, voire CHEZ VOUS, ces clochards et leurs chiens, contactez la mairie d'Angoulême. Merci.

@ zefir | 27 décembre 2014 à 09:08
"Il paraît qu'au Canada (...)"

Il paraît que...
au Canada il y a de la neige dès novembre :-D

Marc Bontoux

Les Tartuffe sont légion.

En fait, le maire d'Angoulême n'a fait que répondre aux demandes de ces bons bourgeois qui voyaient d'un très mauvais œil ces clochards qui envahissaient le domaine public au bas de leurs immeubles ou de leurs magasins et qui leur donnaient, peut-être, mauvaise conscience.

Rejeter les pauvres au loin pour ceux qui sont relativement nantis n'est ni de droite ni de gauche (il y a heureusement des gens bien partout).

C'est vrai que passer près d'un homme ou d'une femme qui éructe, qui sent l'urine ou d'autre odeur nauséabonde a le don de faire fuir les honnêtes gens mais comment faire avec ces individus qui ont chacun leur drame.

Les rejeter ? ils ont aussi le droit de vivre il me semble.

Je n'ai pas de solution, et c'est la raison pour laquelle je ne jetterai pas la pierre au maire d'Angoulême, mais je lui donnerais seulement ce petit conseil que l'on donne aux enfants : "Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse".

moncreiffe

L’hypocrisie est du côté de ceux qui approuvent sans réfléchir les mesures destinées à éloigner les marginaux et les sans-abri des centres-villes et des commerces. Ça ne fait que déplacer le problème sans y apporter aucune réponse. C’est toujours plus confortable de chasser de sa vue et de ses pensées ceux qui souffrent, ou de croire que la marginalité et la pauvreté relèveraient d’un choix personnel. C’est vrai que le spectacle de la misère est dérangeant.

Au lieu de détourner les yeux, j’ai préféré devenir bénévole dans une association locale (une épicerie solidaire) qui vient en aide aux pauvres de mon quartier. Je récupère des produits d’alimentation et d’hygiène (ainsi que des jouets et des vêtements neufs) auprès de directeurs de supermarché compréhensifs. Ils ne sont pas distribués gratuitement mais revendus à un prix modique afin que les bénéficiaires se sentent traités comme des gens normaux, pas comme des assistés ou des mendiants.

C’est une question de "common decency", comme on dit chez moi.

@ zefir

Il ne s’agit pas vraiment de bancs confortables, mais de seulement cinq bancs publics qu’on peut aisément transformer en abris provisoires, pour se protéger de la pluie, fréquente à Vancouver, BC. C’est une initiative locale destinée à attirer l’attention sur le sort des homeless. L'entreprise Spring Advertising a en effet transformé cinq bancs publics dans le cadre d'une campagne choc pour RainCity Housing, qui fournit hébergement et soutien aux itinérants de la ville. Voici quelques photos.

http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/06/30/banc-public-sans-abri_n_5544698.html

Ailleurs, on retrouve les mêmes réactions stupides et les mêmes moyens honteux visant à dissuader les pauvres et les marginaux d’importuner, par leur seule présence, même paisible, les braves commerçants et leurs chers clients. Heureusement, Denis Coderre (maire de Montréal) et Boris Johnson (maire de Londres) ont réagi vivement contre ces pratiques détestables et fort peu charitables.

Je souhaite malgré tout de bonnes fêtes de fin d'année aux faux-culs qui se prétendent "chrétiens" et se gavent de foie gras à Noël, mais qui méprisent (ou détestent) les pauvres, les malades, les handicapés, les vieux, les athées, les immigrés, les musulmans, et autres "marginaux", sans jamais se remettre en question.

Tipaza

On ne dira jamais assez l’utilité des bancs publics.
Le buzz en parle comme s’ils n’étaient réservés qu’aux SFD, aux dealers, ou à l’extrême rigueur à ceux qui benoîtement attendent l’autobus.

Mais ces bancs publics ont aussi une fonction bien plus noble.
Curieux que personne n’en parle, la jeunesse est donc si loin ?
On a toujours vingt ans quelque part dans son cœur…

https://www.youtube.com/watch?v=RiZaJRiOMMU

poil à gratter

Comme notre Hermine, à l'annonce de cette terrible nouvelle oyée, oyée avec des trémolos et des bouffées délirantes d'indignation par les oligarques de la nomenklatura médiato-politique, mon sang n'a fait qu'un demi-tour et j'ai sauté sur mon clavier pour parler et écrire sur la chose aux stations médiatiques.

"Vous êtes des grands et beaux humanistes bisounours dégoulinants de bons sentiments gratuits et démagos tels des justiciers à la Zorro qui assènent leurs oukases à la schlague ou au fouet.
Je vous propose une chose simple que vous pourrez aboyer sur votre antenne pour votre autopub... gratos.

Hébergez quelques "malheureux SDF", éternelles victimes comme chacun sait, des sales Français, mais surtout invitez tous vos frères oligarques journaleux bobo comme vous, à faire de même.

Vu vos beaux et grands logements le problème sera résolu et vous serez des héros et vous vous grandirez utilement pour une fois.
Montrer l'exemple vaut mieux qu'une longue et tordue culpabilisation que vous nous imposez sans risque de contradiction avec des clichés braillés à la volée.

Vos agissements et vos gémissements sont de la pure dictature médiatique... tranquille pour culpabiliser les gogos dans un espace dont vous êtes les seuls et uniques propriétaires sans vrais contradicteurs.
Dans quel but ?

Un jour vous devrez rendre des comptes. 26 12 14"

Voilà la réponse qu'il faut proposer aux journaleux typés barbe de trois jours et aux journaleuses barbiesées.

sylvain

Les moralisateurs intellos bobos de gauche ont aussi leurs icônes faux-culs de très haut niveau concernant tous ceux qui seraient rejetables et infréquentables à leurs yeux :
souvenons-nous d'Olivier Py, maître chanteur du festival d.Avignon, qui exerça des pressions odieuses envers ceux qui oseraient voter FN, menaçant d'annuler le festival.
O. Py est raciste !
Bruel refusa d'aller chanter dans des municipalités FN
Bruel est raciste.
Boudjellal du RCToulon annula son déplacement à Béziers pour cause de victoire du FN.
Boudjellal est raciste.
C'est toujours le même refrain avec cette gauche faux-cul : ils sont "honnêtes, irréprochables, déontologiques" ;
les salauds c'est seulement à droite.
Tous ces c... ont besoin de boucs émissaires à leurs frustrations.

giuseppe

En fait nous sommes redevenus un pays émergent, avec son cortège de pauvres, de sans-abri, désormais visibles.
Quand j'allais à Paris depuis ma province, un clochard c'était un peu le folklore local.
Maintenant nous sommes tous touchés, petites et grandes villes, phénomène de notre époque.

Le maire a posé ses bornes, elles sont ce qu'elles sont. Discutables toujours par les bien-pensants à l'abri de leur propre territoire.
Mais pour la suite, que faire, les services sociaux débordés, ceux qui mettent la main dans le cambouis épuisés. Alors, que les empathiques de circonstance endossent le maillot de bénévole ! Et là peut-être que leur jugement changerait à l'encontre du maire et de sa décision : le vrai problème est ailleurs, 5,2 millions de chômeurs, impossible de tous les cacher !

herman

Non non Philippe n'a pas changé sa façon d'écrire et surtout de titrer. Je pense que le terme "faux-culs" n'est là que pour désigner ceux qui ne s'asseoient pas sur ces bancs... Dommage ?

Patrice

J'ai bien peur Monsieur Bilger, que le jour où plus personne - "privilégié de la vie" ou non - ne s'insurgera à l'encontre de ceux qui "agissent" en posant murs ou grillages pour se prémunir de la gênante présence d'autrui, alors ce jour-là il sera bien tard...
Et sans doute n'aurez-vous plus vous-même le loisir de nous en faire part.

Patrick EMIN

Monsieur Bilger, vous êtes un dangereux extrémiste ! Vous rendez-vous compte qu'en vous en prenant aux donneurs de leçons de morale engoncés dans leur sofa vous allez nous paralyser la moitié de la société française ? Toutes ces belles avancées comme le mariage pour tous, la procréation assistée, la légalisation prochaine du cannabis ne seraient que le rêve de bobos attardés bien au chaud chez eux et n'ayant aucune connaissance de la réalité ? Vous me faites peur.

Lucile

On ne trouve plus guère de bancs dans les gares (c'est la même chose à Londres). L'espace public urbain est fait pour circuler, c'est une question de salubrité publique.

Dans une association locale, nous avons réclamé des bancs à mi-côte, pour les personnes âgées qui faisaient leur promenade. Impossible de les obtenir. Plus bas, il y en a, mais ils servent au racolage nocturne et à la drogue. La municipalité nous a expliqué que faute de pouvoir faire respecter la loi, et compte tenu des réglementations complexes auxquelles elles sont soumises, les mairies ont recours à des obstacles techniques, par exemple des chicanes étroites pour que les deux-roues et leurs auteurs n'aient pas accès aux squares la nuit pour le trafic de drogue. Du coup ça pose un problème aux mères de famille et à leurs poussettes le jour. On abat les haies le long des jardins publics pour que les trafiquants ne s'y sentent pas à l'abri des regards la nuit. On éloigne, et on repousse le problème, parce qu'on ne peut plus faire autrement. Les grillages autour des installations sportives en plein air sont régulièrement détériorés, le matin le sol est jonché de toutes sortes de choses (tessons de bouteille, déjections, seringues, et jen passe), le personnel de la mairie ne veut plus nettoyer parce que c'est dangereux, et les écoles ne peuvent plus y emmener les enfants pour les mêmes raisons. Les associations de parents d'élèves font des pétitions pour qu'on emmène leurs enfants faire du sport, les habitants des quartiers font des pétitions parce que des poivrots investissent les bancs publics et s'en servent pour leur hygiène personnelle, bref, voilà à quoi les mairies passent leur temps.

J'en profite pour dire qu'elles dépensent des fortunes aussi pour nettoyer les chewing-gums que les citoyens ordinaires crachent sur les chaussées et parfois sur les sièges publics. C'est pratiquement impossible à enlever. Il n'y a pas que les clochards qui souillent l'espace public.

RORO

Je n'ai pas la hauteur d'esprit des autres intervenants de ce blog et ne veux donc pas entrer dans la discussion. Mais depuis le temps que je lis les excellents billets de monsieur Bilger, je sens ces derniers temps une petite évolution. Il devient enfin un peu réaliste. Merci Monsieur Bilger, persévérez... Bonnes fêtes de fin d'année.

jack

C’est probablement la vue du grillage qui a surpris. Peut-être que le maire pourrait envisager un système de bancs démontables, amovibles.
Je pense que ce maire a raison d’agir. Il est des lieux publics qui sont devenus des endroits de rassemblement d’ivrognes bruyants qui insultent les passants. La mendicité n’est pas destinée à s’alimenter mais à acheter de l’alcool. Les chiens divaguent et sont parfois agressifs.
Quelle serait la réaction des donneurs de leçons si ce type de clochards séjournaient devant leur domicile bourgeois ou leurs commerces de ‘bobos’ ?

daniel ciccia

@calamity jane

Je suis heureux que vous vous souveniez d'un Jean Guitton...

Josiane Lacombe Minguell

Les donneurs de leçon sont imbuvables et on voudrait qu'ils se taisent, c'est vrai. Mais structurer les villes pour les réserver exclusivement aux seuls usagers qui auraient des moyens (commerçants-clients) est un changement de conception qui a été subrepticement introduit en même temps que ces grilles et qu'il fallait contrer avant que cette discrimination établie de fait ne devienne une norme, déshumanisant notre société encore plus qu'elle ne l'est déjà. C'est pourquoi cette construction a été dénoncée avec autant de force et d'unanimité.
En visite à Madrid il y a quelques années, j'avais eu la surprise de voir que la nuit venue, la place Mayor où les restaurants offrent des terrasses confortables à leurs clients, du petit déjeuner au dîner, cette place où les touristes, étrangers et espagnols, se photographient à longueur de temps, d'où les rues irradient, fréquentées elles aussi car commerçantes, créant un mouvement de vie incessant tout au long du jour, de voir que la nuit venue donc, des SDF s'installaient sous ses arcades pour dormir sans que personne ne leur dise quoi que ce soit (couverture, bougie, et même un livre). Étonnée de voir qu'un lieu si prestigieux et si bien entretenu de la capitale devienne un dortoir pour quelques-uns, sans que l'on ne s'en émeuve. Il est vrai que ces occupants étaient discrets. Ainsi une sorte de pacte s'était établi entre les occupants divers du lieu : pas de bruit, pas de désordre et, en contrepartie, pas d'expulsion (aujourd'hui j'ignore ce qu'il en est).
Ce qui est incompréhensible à Angoulême (comme ailleurs) c'est pourquoi les dealers officiaient au vu et au su de tout un chacun sans que la police n'intervienne.

sylvain

Ce titre m'honore, voilà que M. Bilger nous fait du "sylvain" ; l'aurais-je contaminé ? avant j'hésitais à écrire cette expression par crainte d'être "modéré", maintenant je ne vais plus m'en priver ; merci cher Philippe !

Ce maire d'Angoulême mérite à son tour d'être honoré pour sa franchise, il ne fait qu'appliquer ce que désirent les citoyens normalement constitués : pas de Roms, de SDF, de GDV, d'"étrangers de là-bas dis", pas de deuxièmes chances hyper-récidivistes, pas de logements "sociaux", etc. dans leurs alentours immédiats, dans leur voisinage, dans une zone sanitaire salubre correcte loin de leurs nuisances hygiéniques et sonores ; pas d'çà chez nous !!
En fait je me rends compte que la droite est plus honnête que cette gauche FAUX-CUL qui se la joue humaniste solidaire sociale !

Bien vu M. Bilger ! j'aurais pu écrire votre article que je déguste comme un bon foie gras, avec moins de talent bien entendu et ce n'est pas faux-cul ce que je dis.

Le monde du showbiz détient toujours la palme des faux-culs de gauche : arrogance, cynisme, de parfaits comédiens menteurs hypocrites qui ne se priveraient pas d'appeler en loucedé la police si par malheur des SDF ou autres s'aventuraient devant le hall de leurs immeubles.

Clafoutis

"...ce maire qui tire les conclusions pratiques, opératoires..." PB

Pratiques, opératoires, vraiment ?
Pendant combien de temps voulait-il laisser ces grillages :
Durant les fêtes seulement (sympa...) ?
Jusqu'à Pâques, ou jusqu'à la Trinité (quand va-t-il à confesse ?) ?
Ou jusqu'à ce qu'il gèle en enfer ?

Mais pourquoi, Bon Dieu, ne les a-t-il pas fait supprimer, tout simplement ?

Envie de faire parler de lui ? bravo !

Acte fort d'un créatif méconnu aspirant à la notoriété ? re-bravo : ça vaut largement le sapin cochon de la place Vendôme.

On ne sait qu'admirer d'abord, la bêtise ou le cynisme.

Tous mes vœux, monsieur le maire.

PITE

J'apprécie ce billet et respect à tous ces anonymes qui aident et consacrent du temps à tenter de soulager la misère à nos portes.
Tous ces artistes en mal de célébrité ou pour un instant à la mode, dégoulinant de bien-pensance, n'ont que leurs anathèmes comme unique viatique. Affichons-nous de gauche, nous éviterons les procès d'intention de la presse et continuons à vivre entre nous, île Saint-Louis. Du philosophe à la chemise blanche au tennisman chanteur en passant par toutes les bonnes âmes politiques dont le seul but est de noircir les autres, ils se gardent bien de mettre les doigts dans le cambouis, on a l'honneur sélectif.

Daniel CICCIA

Cher Monsieur Bilger,

Je ne puis que livrer ma propre expérience.
J'ai connu moi-même cela en 2001, me semble-t-il, à la faveur d'une expérience épique que ma mémoire a tout fait pour oublier.

Cette année-là, pour la deuxième fois, je me suis lancé, armé de toute ma naïveté et de mon idéalisme, à la conquête de Paris, non pour m'y faire un nom à la façon d'un artiste à la recherche de son public et de la reconnaissance, mais pour répondre à un appel, au même appel en quelque sorte que celui qui m'avait fait renoncer à une carrière de journaliste localier, bien entamée. En 1996, lorsque le gouvernement de M. Juppé a dû faire face à la contestation généralisée alors qu'il défendait le premier pas de réformes dont on sait aujourd'hui qu'elles auraient été indispensables, j'ai divergé de mon groupe, ne me reconnaissant plus dans mes confrères, dans mes voisins, dans mon peuple.
J'en ai tiré pour conclusion qu'il fallait démissionner, quitter mon confort et "créer ma propre entreprise", c'est ainsi que je me la suis assignée.
J'étais fier de mon propre courage, de mon propre "exploit", qui me semblait inattendu tout en étant, j'en suis conscient, d'une nature absolument improbable. Après avoir usé mon énergie, je me suis mis comme en attente jusqu'en 2001, où les attentats du 11 septembre m'ont tiré à nouveau de l'état où je me trouvais.

Je me suis retrouvé en plein hiver à Paris dans ces conditions difficiles, fort d'une conviction troublante et si ancienne que je la crois remonter à mon enfance, que ma parole pouvait être attendue, que j'avais par moi-même quelque chose à dire.

Je me souviens avoir bataillé nuit après nuit car le système de tarification était inversement proportionnel à la fréquentation du lieu, dans un immense cybercafé d'easy... J'ai dépensé tout mon argent la nuit, le jour, à lutter sur les forums contre les haines digitales, anonymes, avatarisées, qui s'y déversaient.

Cette introduction pour situer mon contexte. Mais pour en revenir aux bancs, je peux vous dire que j'ai cette expérience désagréable d'avoir marché parfois jusqu'à ce que mes pieds ne me soutiennent plus pour en chercher un de libre pour m'y reposer et j'ai constaté alors qu'étant assis quelque part, pour gagner une part de répit, un vigile venait me réveiller.
Je ne me suis jamais révolté contre lui.

Pourquoi ? Parce que, lors de ma déchéance sociale et de ce qu'elle a entraîné comme inconfort et désagréments, l'envie de révolte me submergeait, je me suis dit la chose suivante : "Tu as le droit de me combattre, mais tu ne peux survivre que si tu m'améliores."

En mon for intérieur, j'ai compris, si j'ose dire, qu'on ne peut pas dégrader les choses, le symbole qu'elles représentent, et les liens que ces choses ou symboles ont par ailleurs entre eux et au-delà, sans se dégrader soi-même et que le chemin, le seul qui puisse être de dignité, passe par ce fil.
il est possible que le vigile, à son insu et avec sa fermeté et sa compassion, participe à cette loi invisible et que, m'invitant à me déplacer, il m'encourage à retrouver ce fil ou à continuer à le suivre.

Cela suppose, il est vrai, une métaphysique. Mais si le banc n'est peut-être rien davantage qu'un banc, ce qui est fort possible, le SDF est peut-être, sans doute, autre chose qu'un SDF à ramener et à fixer à ce banc, en lui accordant de fait un passe-droit, sa présence s'accompagnant peut-être d'incivilités et de petits désordres auxquels il est légitime que l'environnement soit sensible, tragiquement et faussement compassionnel.

Au fond, il est possible qu'une partie de ces êtres en décrochage puissent être les victimes d'une culture qui, justement, est celle qui se dispute autour de ces bancs, les invite à s'y installer et amène deux adolescents écervelés à s'enfermer dans les grilles censées en interdire l'usage.

On voit là toute la bêtise de notre époque. Non, soyons modestes pour elle, pas toute...

Bien à vous.

Parigoth

Je ne supporte plus les dénonciations des privilégiés de la vie, les indignations commodes et les leçons de morale de ceux qui se contentent, au nom de leur inaction, de vitupérer l'action de quelques autres, les délicatesses outrées de toutes ces Antigone de pacotille contre des Créon qui font ce qu'ils peuvent.

Parmi ces SDF, certains le sont par choix de mode de vie, d'autres suite aux aléas de l'existence.
Mais ces aléas, dont le chômage entraîné par une politique idéologique destructrice de l'entreprise et de l'esprit d'entreprendre et dont la préférence étrangère excluant des Français de la société de leur propre pays, ne sont-ils pas souvent imputables à ces faux gentils de la vraie gauche ou de la fausse droite qui directement ou non ont contribué à les créer ?

Ces gens-là maudissent des conséquences dont ils chérissent les causes.

Tipaza

"Le PK, c'est savoir, mais aussi savoir que l'autre sait et qu'il sait que je sais et ainsi de suite jusqu'à l'infini."
Rédigé par : Alex paulista | 27 décembre 2014 à 05:37

Ainsi donc puisque nous savons qu’ils savent que nous savons qu’ils savent que nous savons, nous pourrions…
ouvrir une savonnerie !

Ça ne vous amuse pas ?
Vous avez tort, c’est du même niveau que ce que vous écrivez, et puis c’est la trêve des confiseurs !

Pour le reste je partage tout à fait le point de vue de notre hôte.
J’ai d'ailleurs de plus en plus de mal à le contredire, et ce sur beaucoup de sujets.
Quoique, en cherchant bien… mais c’est la trêve.

zefir

C'est bien connu, les trafiquants de drogue ont besoin de bancs publics pour réaliser leur business. S'il y a un hypocrite dans l'histoire, c'est bien le maire d'Angoulême.

Il paraît qu'au Canada, ils créent des bancs confortables pour que les SDF puissent se reposer et dormir.

Achille

Bonjour Philippe Bilger,

"C'est grotesque, honteux, de faire croire à une solidarité quand d'un côté il y a misère, dénuement, violence, alcool et drogue et que de l'autre il y a simplement le confort d'une empathie abstraite, verbalement généreuse et radicalement stérile."

Difficile de faire la part des choses dans cette affaire. Certes les marginaux qui s'installent dans les lieux publics très fréquentés et demandent aux passants une petite pièce "pour manger" sont le spectacle gênant d'une société qui n'a pas pu se débarrasser de la misère. Elle est là, devant nous qui s'étale sans vergogne et nous donne mauvaise conscience.

Alors que faire?
La fonction de maire n'est pas facile. Il est en permanence confronté à des situations inextricables où pour satisfaire les uns il s'attire les foudres des autres.

La pose de ces grillages était une solution maladroite car, ainsi que vous le soulignez Philippe Bilger, vous trouverez toujours des bobos prêts à utiliser leur notoriété d'artiste, de journaliste ou de politique pour faire de la morale compassionnelle. C'est leur façon à eux d'aider les pauvres. Mais le soir, après leur bonne action médiatique, ils retrouveront le confort douillet de leur foyer, attendant avec impatience l'impact de leur "indignation" auprès du public.

Le plus attristant se retrouve, bien sûr, sur les réseaux sociaux, et notamment Twitter où s'entremêlent désinformation, amalgames, le tout agrémenté de vociférations et d'insultes.

L'information objective, reposant sur des éléments factuels, dûment vérifiés et dépourvue de toute interprétation personnelle n'existe pratiquement plus. Même les éditorialistes et chroniqueurs des grands quotidiens et hebdomadaires y vont de leurs titres provocateurs. L'important n'est plus d'informer, mais de vendre. Question de survie dans un monde de concurrence impitoyable.

calamity jane

Oulàlà ! Maire UMP ! Quelle importance qu'il soit UMP ou PMU ?

Jean Guiton (avec un seul t) "assume parfaitement". "Evidemment il est très facile et tout à fait regrettable de faire l'amalgame entre une période de Noël et la mise en place (d'une crèche ! oups) de ce dispositif, mais je
rappelle que l'accueil, c'est aussi l'accueil des passants".
"Accueil des passants" ? Liberté d'expression ? Liberté d'exclusion ?
Je m'en vas poser la question au pape François.

mariane

Tout à fait d'accord avec vous, et pour ce cas particulier de la ville d'Angoulême, et pour votre tableau de la tartuferie relayée par tous ces petits dévots des médias qui manipulent l'opinion sans jamais sortir de leur ghetto doré.

Alex paulista

Non, non et non. Je ne suis pas du tout d'accord avec ce billet.
Il se base sur une imposture logique : Philippe Bilger nous explique que c'est de l'hypocrisie que de ne pas accepter de placarder une loi disant ce qu'un peu tout le monde ressent à titre individuel.
Pourtant c'est toute la différence entre le Savoir Public (Public Knowledge comme le disent les Américains qui étudient la philosophie sociale) et la connaissance individuelle.
Le PK, c'est savoir, mais aussi savoir que l'autre sait et qu'il sait que je sais et ainsi de suite jusqu'à l'infini. L'illustration de cette différence est la fameuse histoire des 40 cocus de Bagdad qui se massacrent tous après qu'un étranger a publié ce que tout le monde savait depuis toujours (qu'il y avait des cocus à Bagdad).

Je ne peux pas croire que notre hôte puisse ignorer ce genre de notion, lui qui est un homme de Loi. C'est, j'imagine, ce qu'on enseigne en première année de droit, non ?
C'est en tout cas ce qu'on enseigne aux ingénieurs qui ne se satisfont pas des seuls cours de Finkie.

Marc Ghinsberg

Beau coup de gueule contre l'hypocrisie de ceux qui sont prêts à s'indigner sans agir. En dénonçant les faux-culs on fait sans doute oeuvre utile, mais améliore-t-on le sort des SDF ? Et si l'on se bougeait un peu le cul ? Si chacun donnait 1% de son revenu disponible pour lutter contre la pauvreté cela ferait environ 15 Mds €, chiche ? Et si le maire d'Angoulême créait dans sa ville un SAMU social, quitte à augmenter un peu les impôts locaux, à l'image de ce qui existe à Paris et dans d'autres villes de France qui font un travail difficile et remarquable ?
Encore des idées de bobo-socialo-bien-pensant. J'oubliais que l'assistanat est le cancer de la société, comme dit l'autre. Où avais-je la tête ? C'est tout de même plus efficace de grillager des bancs publics !

Robert Marchenoir

Je constate avec plaisir que votre souci de modération vous abandonne. Lorsque l'oppression devient extrême, l'extrémisme devient une vertu.

Si Philippe Bilger commence à parler de faux-culs, les faux-culs feraient bien de numéroter leurs abattis.

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