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22 mars 2015

Commentaires

zenblabla

@Alex paulista et Tipaza

Alex, j'entends l'accent, alors je resterais plutôt devant la mer !
Tipaza, vous fîtes fort, et pour un peu nous fîmes formes !

Pour revenir à nos moutons bien d'en France,
s'ils se gorgent en vérités,
ils frôlent aussi quelques limites en réalités,
ainsi jamais ne peuvent décliner...

Merci à tout deux, et bêle quand même !

@Oups Achille !
Merci Achille, je relisais... Tout en sympathie alors, tant pis pour l'empathie qui envahit... Bonne soirée !
(...car merci aux femmes !)

duvent

@ Ellen et J. Marques

Je regrette de vous avoir contrariés, je donnais simplement mon sentiment qui n'est pas un jugement universel et qui ne vise à détruire ni l'art ni l'artiste, bien au contraire...
Je me permettais de souligner qu'en ce domaine la valeur de l'art et de l'artiste est soumise, aujourd'hui plus que jamais, à une cotation, cette cotation rendant l'oeuvre ou l'ouvrage plus ou moins significatif.
Il est vrai que si l'on ne se fiait qu'à ses propres sensations on pourrait alors rejoindre la théorie qui dit que la beauté est objective, qu'elle répond à des règles, que ses règles étant imposées il en ressort une oppression de l'artiste et de son art, et par les temps qui courent il n'est pas bon de parler de règles... Il est beaucoup mieux d'apprécier n'importe quelle expression, car étant expression d'artiste moderne en vue et coté, c'est excellent et parfaitement creux ! La vacuité n'est pas un défaut d'artiste... La mollesse, la paresse intellectuelle, la velléité, et pourquoi ne pas l'écrire la veulerie finiront par nous priver de ce qui rendait le quotidien lumineux et supportable.

Tipaza

@zenblabla | 23 mars 2015 à 21:30
"La vérité m'ennuie vite, la réalité ne me paraît pas du tout dictatoriale"

Vous préparez un remake de l’Ecclésiaste ??

Sinon comme incipit d’un roman, vous allez faire un malheur !

calamity jane

@Savonarole
"C'est curieux, dès qu'il s'agit d'art, ce blog est déserté"...

Normal, on laisse la place à des personnes qui comme vous s'y connaissent dans la négation de la sensibilité des tripes.
Et qui citent "la fifille à son papa" comme artiste en devenir !

J. Marques

@duvent

Autant je ne peux pas accepter ce que vous dites des artistes en les traitant de crétins autant je souscris à votre saillie sur ceux qui décident de ce qui doit être admiré.

Mais qu'est-ce que nous trouvons artistique, génial sans galvauder le terme ?
Est-ce la vision du créateur ou l'effet que nous ressentons de sa création ?

On peut gloser éternellement sur qui est un artiste ou non, sur qui est un génie ou ne l'est pas.
Proust un génie ? moi il m'ennuie et je ne lui en trouve pas. A contrario, des écrivains peu connus m'ont ému et je leur trouve alors, si ce n'est du génie, une vision pertinente, émotionnelle.

Mais qui suis-je pour vouloir affirmer le non-génie de Proust ?
N'étant que moi je donne seulement mon opinion et non un jugement.
Le jugement c'est d'ailleurs tout ce que j’exècre chez les commentateurs ou pire les critiques artistiques.

Le génie c'est une sensation éprouvée par celui qui lit, écoute, regarde, touche ou goûte l’œuvre d'un créateur.
Nous avons cinq sens qui participent tous à nos émotions.

Auguste Escoffier était-il un génie tout comme Dumas, Proust, Botero, Mozart ?...
Je le pense sincèrement car vouloir donner du bonheur aux gens a un côté artistique que je trouve intense.

Achille


Les commentaires de zenblabla sont un peu comme des œuvres d'art. Pas besoin de comprendre la pensée de l'auteur pour les lire. C'est juste pour le plaisir des yeux.

Catherine JACOB@sbriglia

@sbriglia | 23 mars 2015 à 11:52
"Full aux as pour Wildenstein..."

Passionnante histoire. Le faux n'est pas un faux et l'article 1927 du code civil : Le dépositaire doit apporter, dans la garde de la chose déposée, les mêmes soins qu'il apporte dans la garde des choses qui lui appartiennent manifestement parfaitement respecté...

Quinte flush royale pour Bonnard, j'imagine.

Alex paulista

@ zenblabla | 23 mars 2015 à 21:30

Si votre histoire se terminait en tableau, il ressemblerait aux photos de Collioure classées dans mon répertoire "21 avril".
Là où le ciel se fond avec la mer.

zenblabla

@Notre Hôte

J'aurais bien une réserve avec les mots.
Déjà merci pour vos propos pour démontrer l'artiste par le bien qu'il peut entraîner, et aussi pour le choix de Bonnard et de Simenon en particulier.
Toutefois je ne pense pas, du côté du spectateur il faille craindre "le réel qui n'a pas à être un dictateur qui enjoint et dont on écoute mécaniquement les injonctions", pas plus que du côté de l'artiste il s'agirait de lutter contre la "réalité".

L'artiste ne me paraît pas s'attaquer au caractère "dictatorial de la réalité", mais me paraît contrer ou ignorer avec sa science neuve la "vérité" en recherchant du côté du spectateur - parfois sans même rechercher ce côté - et augmenter ainsi la perception jusqu'à l'intellection périlleuse ou fulgurante de quelques "vérités".
Ainsi l'artiste, comme le chercheur, s'attaque-t-il au caractère dictatorial de la "vérité", et pas à celui "dictatorial de la réalité".
L'artiste sonde la réalité en dépit des vérités qui lui en raconteraient par leurs établissements toujours en question et c'est un bonheur par les artistes... eux qui rarement prétendent comme on perd son temps en religion, en politique et même jusqu'en Justice (mais là c'est bien mieux passionnant puisque c'est en sortes de frontières autant précises qu'elles projetteraient sur la face sud ou la face nord des grandes Jorasses...!) des interprétations qui seraient tellement englobantes que pourraient se "confondre vérité et réalité".

Les artistes font de petits choix sans injonctions provoquant en spectacle du côté de la fulgurance - et cela ne marche pas à tous les coups ! -, le plus souvent investissant la "réalité" en mettant en cause la "vérité"... mais pas toujours... ni Bonnard ni Simenon...?

La vérité m'ennuie vite, la réalité ne me paraît pas du tout dictatoriale, je ne peux pas dire que je sois une victime de la réalité mais que je suis plongé dedans, et le fait de ne pas y savoir ni pouvoir grand-chose ne m'autorise pas à rendre mon ignorance une aptitude à qualifier la réalité comme dictatrice.

Bon...!
En fait humainement je pense souvent que la "réalité dictatoriale" met la paille au c.., comme on peut dire autant que je n'ai pas demandé à vivre... et comme si cela pouvait valoir, tandis que de mon vivant cela ne vaut pas...

Merci aux chercheurs, à ceux d'eux parmi tous que vous convoquez avec bonheur !
J'ajoute hors propos que les vérités exposées aux derniers soubresauts électoraux, ce furent des exemples de réalités amplement remis en vérité par les discours avant et après le scrutin... le genre d'ennui qui ne détourne pas de l'appréhension face aux réalités en fausses recherches autant que remise dans un futur pas encore composé, en tout cas par aucun artiste que je sache.

Mon "art" de vivre fut, plutôt que de voter en premier tour puisque comptera en "vérité" mais "réalités" improbables le second, de m'abstenir par la force des réalités qui attirent.
Donc partant trop tôt pour voter et rentré trop tard pour suivre les résultats, je fis le choix de la promenade en fulgurante compagnie, regarder encore une fois la nature du printemps, en bien réelle compagnie...
Cela fut le genre même de choses qui détournent de la réalité même si les artistes proposent d'y retourner pour y voir dedans, et tout cela comme indépendamment de soi.

Florence Lanaud

@ Savonarole

Si certains peintres s'inspirent et témoignent de leur époque, je pense que la majorité d'entre eux n'en ont cure, ils sont dans leur propre espace-temps, un espace délimité par la toile, leurs brosses, leurs tubes et cet insatiable besoin de peindre.
Quant à Soulages je ne suis pas particulièrement attirée par sa peinture, en matière d’art abstrait, je lui préfère Hans Hartung.

Savonarole

@Florence Lanaud

Vous avez raison, j'ai été excessif, j'apprécie Bonnard, mais on ne peut dissocier l'art de l'époque, Picasso qui me saoule a eu le courage de peindre Guernica. Il a témoigné, ça parle. On lui pardonne tout le reste.

Par ailleurs, si pour vous la lumière est essentielle dans une peinture, vous devez être comblée avec Soulages...
Dans son genre lui aussi il témoigne de notre époque : ennuyeuse comme la pluie ; et sa peinture le reflète bien.

MS

Marc GHINSBERG | 22 mars 2015 à 14:11
"De même Marcel Duchamp en 1917 en accrochant de façon provocante une pissotière dans un musée signifie que c’est le regardeur qui fait, aussi, le tableau."

Bien sûr, et le suppositoire qui fait le gogo.

Sur la définition de l'artiste, on ne trouvera guère mieux que Henri Bergson :
"Qu’est-ce que l’artiste ? C’est un homme qui voit mieux que les autres, car il regarde la réalité nue et sans voiles. Voir avec des yeux de peintre, c’est voir mieux que le commun des mortels. Lorsque nous regardons un objet, d’habitude, nous ne le voyons pas ; parce que ce que nous voyons, ce sont des conventions interposées entre l’objet et nous ; ce que nous voyons, ce sont des signes conventionnels qui nous permettent de reconnaître l’objet et de le distinguer pratiquement d’un autre, pour la commodité de la vie. Mais celui qui mettra le feu à toutes ces conventions, celui qui méprisera l’usage pratique et les commodités de la vie et s’efforcera de voir directement la réalité même, sans rien interposer entre elle et lui, celui-là sera un artiste."

Ce que l'on nomme oeuvre d'art réside dans cet infime entre-deux où un peu d'indicible - c'est-à-dire le surnaturel de la réalité - parvient à s'exprimer. Il a forcément à voir avec sens et beauté ; pour la laideur jusqu'à l'absurde, des journaux suffisent.

breizmabro

Dans un autre genre d'artiste : Jamel Debbouze, acteur et producteur franco-marocain, millionnaire en euros (pas en dirhams marocains) vient dire à la télé ce midi : "n'ayez pas peur, faut pas avoir peur".

Ce petit Français devenu un millionnaire français, payant ses impôts en France (?) est l'exemple même que la majorité des Français n'est pas raciste.

Alors il a raison Jamel : "il ne faut pas avoir peur Monsieur Valls ;-))

@ versus | 23 mars 2015 à 14:45
"J'en suis sorti pour ma part très ébranlé"

Moi-même, en vous lisant...

finch

Les génies ont ceci de bon que d'abord ils sont rares et qu'ensuite, tellement exceptionnels, au-dessus du lot humain, ils ne peuvent pas susciter la jalousie mais seulement une admiration inconditionnelle.
Au fond, ils nous rendent service en nous permettant de jeter sur nous un regard auréolé, par une splendide contagion, de leur incomparable lumière.

P.B. a sans doute raison. En voici l'illustration :

…Un jour une dame, en présence de Picasso, jetant un regard à l'un de ses tableaux, lui dit : "Ma fille voudrait peindre comme cela !""Félicitations, Madame, votre fille est un génie." entendit-elle comme réponse.

versus

L'art est-il accessible à du génie sans bouillir ?

Excusez cette petite phrase un peu provocatrice, Philippe Bilger, mais avant de nous poser la question du génie, il me semble que la réflexion esthétique nous décrit bien le phénomène de "l'artialisation" de la nature. Comprendre que la nature, nos champs cultivés ou non, la disposition de nos villages et de nos cités sont une fabrication humaine opérée avec art.
Il en va de même avec le travail d'un peintre ou d'un écrivain. Ils fabriquent bien la pluie à l'aune de leur art respectif.
Ainsi je me permets de vous citer encore le texte du philosophe et esthéticien italien Luigi Pareyson qui va dans le sens de votre pensée :

"L'artiste étudie amoureusement sa matière, il la scrute de fond en comble, il en épie le comportement et les réactions ; il l'interroge pour pouvoir la commander, il l'interprète pour pouvoir la dompter, il lui obéit pour pouvoir la plier ; il l'approfondit pour qu'elle révèle des possibilités latentes et adaptées à ses intentions ; il la creuse pour qu'elle-même suggère de nouvelles et inédites possibilités à tenter ; il la suit pour que ses développements naturels puissent coïncider avec les exigences de l'œuvre à faire ; il enquête sur les façons dont une longue tradition a enseigné à la manipuler pour en faire germer des inédites et des originales, ou pour les prolonger dans de nouveaux développements ; et si la tradition dont la matière est chargée semble en compromettre la souplesse et la rendre lourde et lente et opaque, il cherche à en récupérer une vierge fraîcheur qui soit d'autant plus féconde que plus inexplorée ; et si la matière est nouvelle, il ne craindra pas l'audace de certaines suggestions qui semblent en jaillir spontanément et il ne se refusera pas au courage de certaines tentatives, mais il ne se soustraira pas non plus au dur devoir de la pénétrer pour en mieux discerner les possibilités. [...] Il ne s'agit pas de dire que l'humanité et la spiritualité de l'artiste se représentent dans une matière, en devenant ensemble, format, de sons, de couleurs, de mots, parce que l'art n'est pas figuration et formation de la vie des personnes. L'art n'est que figuration et formation d'une matière, mais la matière est formée selon une manière unique de former qui est la spiritualité même de l'artiste faite toute entière style."

Luigi Pareyson Esthétique, 1954

N.B. Ayant assisté au procès du fratricide aux assises du tribunal de Cahors dans presque toute son intégralité, j'ai pensé à vous et à vos éventuels sentiments sur l'affaire. J'en suis sorti pour ma part très ébranlé, ayant connu la victimes et les parents.

Florence Lanaud

@ Savonarole
"Toutefois, franchement, ce Proust du pinceau, ses sujets niais baignés de soleil ne nous apprennent rien, coincé qu'il fut entre deux guerres mondiales, il ne semble rien avoir vu, rien ressenti, que du soleil, des pastèques sur nappes Vichy et la Baie des Anges du Cannet Plage... Que de talent pour tant de mièvreries."

"Ce Proust du pinceau" comme vous dites si bien est un MAITRE de la peinture, et il n'a pas son égal concernant le génie de la COULEUR.
La couleur qui fait vibrer ses toiles et qui nous fait toucher le plus sensible de l'être humain.
La couleur sans laquelle la peinture n'est plus la peinture.
La couleur dont la combinaison des nuances est une note de musique, un poème, une émotion qui transcende la lumière.

Ce peintre, Pierre Bonnard, est comme vous l'aurez compris mon peintre préféré avec William Turner.

Ces deux hommes nous donnent ce qu'il y a de plus précieux dans la vie : l'émerveillement !

breizmabro

"C'est Bonnard !"

Ouf ! Heureusement que vous avez mis un "d" à l'artiste parce que Stephan Bonnar (ceinture noire de taekwondo) vous aurait fait une prise tellement artistique que vous en auriez vu trente-six couleurs ! ;-))

Avec notre Belge préféré Jean-Claude Van Damme, notre champion de l'ellipse :-( ce sont, dans leur genre, des génies, que Frédéric Dard n'aurait certainement pas reniés.

Comme quoi, à une lettre près... ;-))

Giuseppe

Pour ceux que cela intéresse, dimanche à 17h35 il y a eu sur ARTE un documentaire sur Pierre Bonnard, peut-être visible à nouveau en streaming... euh pardon, en continu sur la chaîne en ligne.
Malgré les explications éclairantes, j'ai toujours du mal à considérer que l'on se trouve en présence de créations exceptionnelles, que l'on pourrait rapprocher de l'écriture intimiste et du petit périmètre de Patrick Modiano.
Force est de constater qu'ils ont l'un et l'autre l'admiration et la reconnaissance des plus nombreux ; il est vrai qu'ils empruntent des chemins nouveaux, à contretemps parfois de ce qui se diffuse, toujours avec lumière pour les couleurs de l'un, et douceur intimiste pour l'autre. Il ne me reste plus qu'à persévérer, je pourrais changer.

Ellen

@duvent 23 mars 2015 à 11:31

Pas d'accord avec vous lorsque vous dites: "l'art c'est une erreur de jugement qui conduit à la cotation en bourse" - "L'Artiste est un sombre crétin qui cherche celui qui saura le conduire là où la monnaie règlera son problème de loyer".

Pas du tout d'accord avec vous, mais alors pas du tout. Demandez-vous pourquoi aujourd'hui, la France est l'un des pays au monde les plus admirés. Je ne vous donne pas la réponse. Visitez les musées de tout Paris et les terres de la France profonde. Vous découvrirez des trésors insoupçonnables de toute une histoire qui nous concerne et que la France nous a laissée en héritage. A l'époque, la bourse n'existait pas, mais les grands artistes, oui. De grâce, cessez de dénigrer nos grands artistes, ils ne vous méritent pas.

sbriglia


Full aux as pour Wildenstein...

http://www.lexpress.fr/informations/daniel-wildenstein-raconte-5-le-testament-bonnard_634497.html

...

Savonarole

C'est curieux, dès qu'il s'agit d'art, ce blog est déserté...
Mais dès que Marine Le Pen se mettra à l'aquarelle il y aura foule.

duvent

L'art c'est une erreur de jugement qui conduit à la cotation en bourse !
L'artiste est un sombre crétin qui cherche celui qui saura le conduire là où la monnaie règlera son problème de loyer.
Celui qui est habité par sa création n'est plus de ce monde, l'artisan (qu'on ne respecte plus) seul peut l'aider. Quant aux expressions artistiques d'aujourd'hui il s'y trouve si peu d'âme que l'on se sent vide.
Où sont les yeux qui voyaient et les mains qui donnaient ?
J'entends déjà le rire très intelligent de ceux qui décident de ce qui doit être admiré, de ce qui doit être vu, de ce qui doit être bu, de tout ce qui m'ennuie profondément !
Je voulais sentir le velours de Bronzino, soulever le voile de la Victoire qui semble si léger, et comme lorsque je lis dans Zarathoustra "mais il advint que son coeur changea" poser ma main sur le mien...
Bonnard c'est bonnard c'est tout mais c'est déjà pas mal !

M. de Surany

Bonjour Philippe,

Bonnard me rapproche de mon enfance… J'étais le voisin des soeurs Bowers, les héritières du peintre... Une histoire de roman…
Bonnard était marié sans enfant à une femme qui lui avait menti sur ses origines et son nom, elle se faisait appeler Marthe de Méligny mais se nommait Maria Boursin et se disait sans famille.
Elle meurt avant lui et il fait un faux testament au nom de sa femme, le faisant hériter. Comme elle n'avait pas de bien, c'était une pure formalité.
Bonnard meurt cinq ans après elle, en 1947, et ses héritiers sont ses neveux et nièces.
Le notaire fait appel à un généalogiste et il découvre que la femme de Bonnard avait une soeur, mariée à un monsieur Bowers et elle avait des filles, les soeurs Bowers, qui attaquent pour le faux testament et gagnent la totalité des oeuvres de Bonnard (environ 700 tableaux).
Puis intervient Daniel Wildenstein qui relance la procédure en rachetant le droit moral d'un héritier neveu de Bonnard et après une bataille de 15 ans, un accord est trouvé avec les soeurs qui conservent le quart des oeuvres ! J'ai vécu au milieu de ce combat, avec les deux soeurs milliardaires qui roulait dans une superbe Plymouth qui me faisait rêver à l'époque autant que les toiles de Bonnard aujourd'hui...

Ellen

Bonjour,

Grâce à vous M. Bilger, et au documentaire diffusé sur Arte hier, j'ai pu mieux connaître les œuvres de Pierre Bonnard.

J'ai connu J.Clerc sur scène, mais pas en privé.
L'interview que vous avez faite avec Julien Clerc sur YouTube était parfaite. Simplicité et le naturel, c'est ce que j'aime.

Bien à vous

Catherine JACOB@Marc GHINSBERG

@Marc GHINSBERG | 22 mars 2015 à 14:11
"Intéressant billet qui nous éloigne heureusement des trop fréquentes polémiques que nous impose l’actualité."

Retour au réel : le PS a bien travaillé en Moselle, le seul canton susceptible de rester rose est Metz1, canton où le maire de Metz a obtenu 35,38 %. Ce toutefois à condition que les voix de la droite ne se reportent pas sur le FN. Mais si c'est le cas, vu que leur cumul représente 56,67%, il n'y aura plus un seul socialiste en Moselle après le second tour. Le redécoupage cantonal a donc majoritairement profité au FN au détriment de l'UMP-UDI. Bon.

pibeste

L'art rend malheureux, il ne sublime ni ne transcende. Il asservit à ses valeurs et ses diktats. C'est une utopie vaniteuse qui consiste à prendre une partie pour le Tout.
Il n'y a d'art qui vaille que celui qui magnifie le moindre et valorise l'infime. À l'anachorète qui cherche la délivrance le bouddhisme enseigne ceci : "Si dans ta quête tu rencontres le Bouddha, tue-le !
L'artiste est un bâton pour remuer la m...
L'art le récipient qui la contient et tout ce qui lui est extérieur est la véritable substance du réel intangible et salvatrice !

Xavier NEBOUT

Oui, mais les muses habitaient sur les pentes de mon hélicon, pas dans les gogues du camping.

Alors Hubert Robert, Vernet, etc. etc., Caillebotte, Sisley, ils élèvent, et on peut rester assis devant eux une journée sans se lasser.

Pour les croûtes géniales, souvent peintes de l'absinthe au Ricard, il faut se shooter à la colle pour apprécier - ou être né dedans.

anne-marie marson

Impression soleil levant (hommage à Florence Arthaud). Quand avec des amis nous sommes arrivés à l'aube, à bord d'un voilier, en vue de la ville ocre de Carthagène, illuminée par les premières lueurs du soleil, quel éblouissement. Nous avions navigué toute la nuit, évité un cargo en catastrophe, et nous arrivions dans cette lumière et cette beauté. Est-ce qu'un tableau peut vraiment rendre cette émotion, la sublimer ?

Savonarole

"La lumière c'est Bonnard", jolie formule également du critique d'art de Libération il y a quelques années.
Toutefois, franchement, ce Proust du pinceau, ses sujets niais baignés de soleil ne nous apprennent rien, coincé qu'il fut entre deux guerres mondiales, il ne semble rien avoir vu, rien ressenti, que du soleil, des pastèques sur nappes Vichy et la Baie des Anges du Cannet Plage...
Que de talent pour tant de mièvreries.
Pourtant il est né à Fontenay-aux-Roses, comme le héros Des Esseintes du magnifique A Rebours de Joris Karl Huysmans, à la même époque.
Non vraiment, rien ne vaut une bonne flagellation du Christ du Caravage.
Voyez le peintre Delphin Enjolras, des bourgeoises pamées, des intérieurs tamisés, du 1900 triomphant, Bonnard c'est le bonheur ensoleillé entre deux boucheries internationales, un peintre pour bourgeois heureux d'y avoir échappé.

Achille

Bonjour Philippe Bilger,

« Je songe notamment à Marcel Proust, à Vincent Van Gogh, à Nicolas de Staël, à Pierre Bonnard ou à Georges Simenon. »

Pour ne rien vous cacher, j’ai vraiment du mal à considérer Georges Simenon faisant partie des génies. Je lui reconnais volontiers un réel talent et une imagination débordante, vu le nombre de romans qu’il a écrits mais pas plus.

Le génie n’est pas une question de quantité, pas même de qualité, cette dernière se limitant au seul talent.

Le génie consiste à apporter une dimension personnelle à un art. Les créateurs de courants artistiques tels que le romantisme, l’impressionnisme, le cubisme, le surréalisme, l’existentialisme sont véritablement des génies. Par contre ceux qui se sont ralliés à eux, malgré leur talent ne sont que des suiveurs.

Frédéric Dard dans la littérature populaire et notamment le polar est un génie car il a apporté un flot de néologismes, un argot inédit qui a eu la même influence qu’un courant de pensée dans la littérature.

Ceci étant je reconnais volontiers que la notion de génie est très personnelle, vos génies ne sont sans doute pas les miens. Et cette diversité de goûts nous empêche de se laisser enfermer dans une pensée unique.

genau

La perception d'un infini, par secteur d'expression, est souvent la clé de l'interrogation fructueuse. Sans doute la peinture et la littérature offrent-elles des sujets d'émerveillement, au sens littéral du terme. Ceci n'est pas à confondre avec l'émotion, le choc artistique. C'est une conscience de la nouvelle limite de notre découverte. Ainsi, je ne confondrais pas, à mon seul égard, l'émotion devant "la pie", qui m'y retint plusieurs heures et la rentrée progressive dans la pensée de Simone Weil, jusqu'à sa naïveté enchanteresse. Aussi, la pratique de George Steiner dont on a l'impression qu'il parle toutes les langues à la fois et pose ainsi à l'entendement la question de l'universalité.

On peut imaginer que la charge émotive tient alors de la simple réflexion, de l'étude, qu'elle est enfant de la culture qui défriche autour des sens nouveaux. Il faut, pour aller plus loin, sentir de quoi est faite cette culture. La mémoire perdant la plus grosse partie de ce que nous engrangeons, ce sont les relais incisifs qui construisent le sentiment d'inachevé permanent, aiguillon stimulant, comme l'immensité soudain ouverte par la compréhension d'un phénomène scientifique, la connaissance à l'état pur, l'étincelle qui illumine. La pluie rendue par Hokusai n'est qu'une figuration grossière, géométrique mais à nulle autre pareille dans ses effets.

Cette connaissance est le lieu de tous les péchés, de toutes les attaques, c'est elle que réfutent les abscons, les mutileurs de l'esprit : très souvent les religieux au cours des siècles, réducteurs, et sous des formes diverses. Mais en tous temps, c'est bien la médiocrité des enjeux qui a perverti la pensée. La littérature libertine, intéressante sur le plan historique est bien souvent attristante, nous n'en retenons que le côté provocateur. De nos jours, c'est la perte de la passion qui préoccupe ceux qui n'ont rien à dire parce que l'amour a perdu sa dimension infinie pour se réfugier dans les allées des supermarchés et les réceptions à la mode, là où tout le monde peut aller pour prétendre à la thèse.
Il suffirait de se replier sur ce que veulent dire les choses lorsqu'elles animent les gens.

marie dumont

Tout ça, c'est bonnard !

Tipaza

Un dimanche d’élections, on ne parle pas politique, on médite sur un sujet neutre qui n’entraînera aucune polémique.
Quoi de mieux que de méditer sur l’Art ?

Et pourtant, je ne peux m’empêcher de faire le lien avec le billet du 19 mars qui se termine ainsi :
« Quand le pouvoir voudra, il pourra. »

On voit par là toute la distance qui sépare l’Art de la politique, et l’artiste du politicien.
En un mot l’action de la création.

Nous savons tous que la seule volonté suffit pour agir, mais non pour créer.
La création relève de quelque chose de plus grand que la volonté humaine. Elle est un mystère.
Peut-on dire qu’elle relève d’une étincelle divine tombée sur terre ??

Bon, je crois que s’il y a des athées sur le blog, je viens d’ouvrir une polémique, ce qui n’était absolument pas ma volonté.
C’était juste un sujet dominical comme il y en a tant dans les repas de famille !! ;-))

Parigoth

Le réel n'a pas à être un dictateur qui enjoint et dont on écoute mécaniquement les injonctions.

On peut toujours le penser ou l'écrire, ne fût-ce que par goût du paradoxe.
Mais hélas, dans la vie pratique c'est bel et bien le réel qui commande, et ce depuis toujours.

Les hommes et les régimes politiques qui ont prétendu s'affranchir du réel ont toujours conduit à des catastrophes épouvantables : c'est ce que font actuellement les apprentis-sorciers irresponsables qui croient gouverner quelque chose.

Marc GHINSBERG

Intéressant billet qui nous éloigne heureusement des trop fréquentes polémiques que nous impose l’actualité.
Il y aurait beaucoup à dire sur la vision, je n’emploie pas ce terme au hasard, de l’art que vous développez et sur les exemples que vous avez choisis. Notamment Simenon dont Serge July dans l’article qu’il lui consacre dans son « Dictionnaire amoureux du Journalisme » démonte la fabrication du style du père de Maigret : la chasse systématique aux adverbes et aux adjectifs, notamment. Simenon n’utilise que 800 mots.
Votre conception de l’art est, me semble-il, d’inspiration platonicienne. L’art est premier par rapport au réel. L’art doit s’inspirer du beau qui se confond avec le bon.
Mais à ce compte que dire du Guernica de Picasso considéré comme un des plus grands chefs-d’oeuvre de la peinture et qui décrit une réalité horrible.
Pourquoi l’art aurait-il comme mission de nous rassurer : « Les génies ont un pouvoir qui nous rassure au lieu de nous inquiéter », dites-vous. Trouvez-vous rassurant Velázquez, Goya, Courbet, Magritte entre autres ?
Non, je ne pense pas que l’art soit premier. Il est une vision de la réalité par l’artiste et une vision de l’oeuvre par celui qui regarde un tableau ou lit un livre. C’est ce qu’exprime merveilleusement Patrick Modiano dans son discours à l’occasion de la remise du prix Nobel, parlant du livre qu’il achève : « Et il vous quitte à peine avez-vous tracé le dernier mot. C’est fini, il n’a plus besoin de vous, il vous a déjà oublié. Ce sont les lecteurs désormais qui le révéleront à lui-même. »
De même Marcel Duchamp en 1917 en accrochant de façon provocante une pissotière dans un musée signifie que c’est le regardeur qui fait, aussi, le tableau.
L’oeuvre d’art donc comme une coproduction tirée du réel.

Catherine JACOB

Très intéressant traitement du Kakémono japonais en effet que cette deuxième version de l'«Ensemble de quatre panneaux décoratifs» qui rapprochés et articulés l'un à l'autre formeraient un paravent, oeuvre du Bonnard de l'époque du japonisme des Nabis :
Pierre Bonnard, 160 x 48 cm chacun, détrempe à la colle sur papier monté sur toile, 1891, Musée d’Orsay, Paris, et qui sans doute : ne dépareraient pas ici.

Définition :
Kakémono (掛物) : cette forme de montage d'objet (Mono 物) conservé en rouleau (Maki 巻) puis déroulé et accroché (Kaké 掛), ici au fond de l'alcôve de présentation (tokonoma (床の間)), remonterait à la dynastie chinoise des Tang.
Elle serait initialement en rapport avec la copie et la conservation des textes bouddhistes (sutras) sous la forme de makimono (« chose qu'on enroule »).

A toutes fins de comparaison utile, ci-après KAKEMONO authentique :
.
Il représente en célébration du Nouvel an, un très beau couple de grues qui voisine avec un vase à oreilles renvoyant aux poissons de l'astrologie (fin de l'hiver, 19 février - 20 mars) donc encore pas tout à fait hors sujet, aujourd'hui dimanche 22 mars.
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