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21 mars 2015

Commentaires

fugace

Bonjour,

"...loin de vivre la parole comme une chance, ils la subissent comme une corvée dont il convient vite de se défaire. Et je suis persuadé que la majorité, étant contente d'elle, se déclarerait offusquée par un tel procès !"

Ce qui a le dont de m'énerver ce sont les phrases mal engagées qui, au milieu des idées vraisemblablement mal pensées, s'interrompent à tout bout de champ par le "voilà", répété jusqu'à l'indigestion. Calvi, Salamé faisant partie de tant d'autres à la TV. La radio, à ce jour, nous épargnant encore cela fort heureusement.

genau

@Laurent Dingli

Cher collègue, ne voyez dans ce billet qu’une participation. Je ne peux vous donner raison sur l’attraction modale d’après que.
Dès le XVIIIe, des auteurs signalaient l‘ambiguïté de l’emploi modal. Subjonctif ? rare. Indicatif ? plus courant et surtout plus correct.
Si la logique veut qu’on emploie l’indicatif, l’usage, par confusion avec « avant que » a peu à peu, sinon, imposé, du moins, avalisé le subjonctif et cela jusque dans la Constitution de 1946, titre VI, art.45. Cet usage s’est appuyé sur maintes curiosités de la langue, notamment la ressemblance morphologique entre le passé antérieur et le plus-que-parfait du subjonctif, qui constitue une homophonie. Camus n’a pas hésité à employer le subjonctif, dans la Peste, par exemple. En outre, lorsque les propositions indiquent un fait futur par rapport au verbe principal, il est normal de mettre le verbe au subjonctif.
Je tire ce commentaire en partie de la consultation de l’inusable et incontournable Grevisse.
Bonne fin de semaine.

Frank THOMAS

Il est tout à fait vrai que le problème n'est pas et n'a jamais été l'emprunt de mots anglais, ou espagnols, ou arabes, ou latins. Aussi bien nos voisins britanniques et allemands pourraient se plaindre des gallicismes qui émaillent leurs vocabulaires respectifs.
La vraie question est bel et bien en effet l'inquiétant appauvrissement non seulement du vocabulaire, mais encore et peut-être surtout de la syntaxe.
La liste serait trop longue des formes verbales passées aux oubliettes, qu'il s'agisse des modes ou des temps : non pas seulement le subjonctif imparfait, mais de plus en plus le conditionnel, le subjonctif présent, le passé simple, le futur antérieur, le passé antérieur et jusqu'à la première personne du pluriel de l'indicatif (qui, à par les Antillais français et les africains) dit encore "nous sommes" au lieu "on est" ?
Et combien de présentatrices n'osent-elles pas un "je me suis permise de " ?
Et le président de la République reprenant systématiquement par un pronom le nom qui commence sa phrase : "la France, elle est ..." !
D'accord pour Moati, Field, Taddeï ou Poivre d'Arvor.
Sans oublier Mélenchon, Le Pen, Giscard, etc. et, heureusement, un assez grand nombre de chroniqueurs de la presse écrite ou audiovisuelle ainsi que toute une foule d'enseignants et de citoyens passionnés par notre langue, qui la respectent et la font vivre.

Philip_Marlowe

Vous édulcorez l'implacable vérité... La pratique fine de la langue française nécessite, certes, la connaissance du latin et du grec, mais vous cachez à vos lecteurs que celle-ci reste vaine si elle ne va pas de concert avec celle de l'araméen.

À ce que je peux lire, ces temps-ci, il semblerait que ce soit la quinzaine commerciale du latin et du grec... Il serait stupide d'affirmer que leur connaissance puisse nuire... De là à prétendre qu'elle est indispensable à la maîtrise de la langue française, il y a une marge. Je soupçonne fort le regretté Cavanna de n'avoir pratiqué aucune de ces deux langues sans que cela l'ait empêché de fort bien écrire le français et de le parler d'excellence. De nombreux documents d'archives sont là pour en attester, entre autres sur les sites de Radio France.

J'ai moi-même la prétention de manier honnêtement notre langue sans ce supposé prérequis. Mes oreilles saignent quand, par exemple écoutant "L'esprit public", émission de Philippe Meyer sur France Culture, j'entends de doctes intervenants comme, entre autres, Jean-Louis Bourlanges, ignorer totalement les règles d'accord en genre et en nombre des pronoms relatifs lequel, laquelle, lesquels, lesquelles, duquel, desquels, desquelles.

Dans un autre domaine, la perte de la curiosité scientifique authentique par la jeunesse me semble autrement plus grave.

Lucile

L'Oxford English Dictionary compte environ 500 000 entrées. Le Petit Robert inclut 60 000 mots, le Webster en compte 286 000. Idem pour l'italien et l'espagnol qui ont un vocabulaire beaucoup plus étendu que nous (je viens de vérifier sur Wikipédia. Je croyais que la proportion du français à l'anglais était de 40 000 à 400 000 mots. Si le chiffrage est malaisé, la tendance ne fait aucun doute). On se console en se disant que notre vocabulaire est restreint mais la syntaxe magnifique. On applaudit la performance de Jean Racine qui a réussi à écrire ses pièces avec quelques mots, toujours les mêmes.

Toute cette réduction grâce à qui ? Malherbe a commencé. Il a "épuré" la langue, l'a normalisée, rigidifiée et a dressé la liste des mots et expressions licites, en proscrivant tout ce qui était provincial et patoisant. Il est vrai que l'on ne se comprenait guère en France jusqu'à la Révolution d'une province à l'autre. Et pour se comprendre, la solution a été non pas d'intégrer en laissant les choses se faire naturellement, mais de réduire au plus petit commun dénominateur, sous forme de diktat. On trouve encore quelques Normands qui emploient par exemple "mucher" ("cacher"), des Provençales "bénèzes", qui se "décarcaillent" au moindre rayon de soleil, etc. Pour se faire une idée de la richesse (posthume) de la langue française, nous avons Rabelais, Montaigne, Ronsard. Je recommande aussi "El Pinderleots de l'Castafiore", traduction très appréciée par les Chtimis des "Bijoux de la Castafiore". Je me trompe peut-être dans l'orthographe, qui reste souple de toutes façons.

Quelle désolation de penser que des mots comme "flaveur", "flirter", ont été sauvés par les Anglais contre nos censeurs, comme ont été récupérés par eux des meubles de Versailles quand les révolutionnaires en faisaient des feux de joie devant le château.

Ras le bol des politiques qui s'occupent de grammaire. Plus on laisse de jeu à la langue, mieux elle sert la pensée, et plus nous l'aimons. Et plus nous l'aimons, mieux nous la manions. Quand on entend s'exprimer certains très hauts personnages de l'Etat, Cazeneuve non compris, on se dit qu'ils peuvent se garder leurs leçons. C'est en faisant aimer la lecture aux enfants qu'on leur donne le goût de la langue. Mais pour cela, encore faudrait-il que ce ne soit pas trop laborieux pour eux ; et qu'ils ne se sentent pas constamment en faute quand ils parlent, comme si leur langue appartenait à l'État avant d'être la leur.

On s'intéresse aux autres cultures et on ne mélange pas tout quand on est suffisamment imprégné de sa propre culture. La première chose me semble-t-il, c'est de donner aux gens cette possibilité, sans coercition. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures. Il faut que nous ayons un fonds commun, et que nous ayons recours aux classiques qui ont fait leurs preuves, pour que nous ayons tous fait nos gammes sur les mêmes partitions. La langue est un outil de communication et de partage, elle doit avoir des références connues par tous si elle veut jouer son rôle. On peut faire monter des pièces de théâtre par les écoliers, leur faire connaître Nemo, le Malade Imaginaire, le capitaine Haddock, Cosette, le Petit Poucet, et les intéresser à la manière dont tous ces personnages s'expriment. Les enfants, tout petits, réclament déjà qu'on leur lise des histoires.

finch

Le général de Gaulle apprenait par coeur les allocutions qu'il devait prononcer à la télévision. Cela n'amoindrissait pas pour autant son talent. Laisser place à l'improvisation quand le temps vous est compté ou qu'il y a un enjeu du fait de la qualité ou du nombre massif de vos auditeurs ou téléspectateurs peut être nuisible si l'on cherche efficacité et concision. Aller - sous contrôle total - à l'essentiel avec le choix des mots nécessite le passage préalable par l'écrit. C'est comme lorsqu'on rédige un livre et que l'on rassemble la documentation pour en faire une synthèse efficace, dynamique et pétillante en termes de style : il faut alors de la rigueur et tendre vers la perfection quant au résultat du texte édité. Les prompteurs ne servent pas qu'au suivi d'un style et au respect rigoureux d'un contenu mais aussi aux éventuelles défaillances de mémoire. Enfin tout dépend de la personnalité de chacun : il y a les adeptes de l'expression improvisée qui se délectent de cet exercice, et les plus anxieux qui ont besoin d'un support logistique à leur prestation. Comme pour les musiciens, il ressort deux pôles d'excellence entre ce qui est improvisé (par exemple dans le jazz) et ce qui s'exprime à travers la rigueur des partitions. À chaque artiste et à chaque situation rencontrée correspond son mode d'expression privilégié.

Quant à la question de la perte de parts de marché de la langue française sur la planète, chacun sait qu'elle est inexorable. Mais le français est un langage d'une extrême subtilité, richesse et préciosité. Sur ce terrain, il ne sera jamais concurrencé par l'anglais. Le français est comme l'œuvre aboutie d'un peintre flamand face à une croûte anonyme qu'est l'anglais. C'est pour cette raison que les Anglo-Saxons nous pillent une partie de notre vocabulaire lorsqu'il désirent exprimer une part de raffinement. Car le français est un langage inégalable très fortement empreint de poésie et de beauté. C'est ce qui rend la France aussi fascinante et attirante à l'étranger (hors le french bashing dû à la médiocrité de nos politiciens actuels et passés). Dans l'inconscient des peuples qui adulent notre pays, il existe indubitablement le mythe de la merveilleuse langue française et de ses utilisateurs talentueux et prestigieux qui jalonnent l'histoire de la littérature. Ces caractéristiques confèrent à la langue francaise son immortalité et le fait qu'elle ne deviendra jamais une langue morte comme le grec et le latin.

L'anglais présente aussi, quant à lui, des avantages. Plus simple, plus accessible au tout-venant, il est le langage irremplaçable de la diffusion des connaissances scientifiques où son apprentissage peut aller très vite pour le néophyte. C'est le gage d'une efficacité sans égale, redoutable.

Catherine JACOB@sylvain

@sylvain | 21 mars 2015 à 08:27
"Formatrice de crétins d'analphabètes, de futurs zombis suivistes décervelés, de parasites assistés gauchistes ?
NON MERCI !!
"

N'insultez pas l'employeur de mon fils, professeur agrégé titulaire d'une prépa d'entrée à Ulm et en règle générale, respecté de ses collègues et de ses élèves ! Il n'y a pas que des gauchistes et des nuls parmi les fonctionnaires de l’Éducation nationale.
De même, il n'y a pas que Dupont et Dupond dans la police ou encore il n'y a pas que cinquante Nuances de Grey dans la justice, il y en a au moins soixante-dix. Non, je plaisante. Dans toutes ces administrations comme partout, il y a les uns et il y a les autres, il suffit de ne pas avoir affaire aux... autres, on va dire.

Parigoth

Les subtilités de notre langue sont de plus en méconnues parce que le grec et le latin sont tristement décédés

Effectivement, la disparition (voulue par des gens gens qui savaient ce qu'ils faisaient) du latin et du grec, bases de ce que l'on appelait à une époque les humanités, explique que la langue française réputée dans le monde pour sa clarté et sa précision - à telle enseigne qu'elle a été longtemps employée comme langue diplomatique - révèle de nos jours dans sa pratique chez trop de locuteurs dont hélas des diplômés ou de prétendues élites l'état de confusion mentale qui les habite.

Dans bien des cas, cette ignorance de la signification des mots, de leurs nuances, de leur poids, de leur place dans une phrase, est malheureusement source de quiproquos entre un homme cultivé et ceux qui le comprennent de travers (ou le font exprès) : un certain homme politique que François Mitterrand à cité comme le dernier homme politique cultivé - avec lui - a souvent été victime de ce genre de situation.

Mais puisque Philippe Bilger a suivi une carrière de magistrat, que pense-t-il du fait qu'il ne soit pas exigé des gens qui suivent ce cursus qu'il aient une solide connaissance du latin - non pas pour des raisons d'ordre utilitariste liées au seul vocabulaire d'origine latine traditionnellement encore en usage - mais aussi et surtout en raison du développement de la rigueur que cette langue impose à l'intelligence, de même que le grec développe le sens logique ?

Le n'importe quoi résultant de trop de décisions de justice ne dérive-t-il pas en partie - outre l'aspect idéologique parfois présent - de ces carences intellectuelles chez des magistrats que l'on nous impose sans nous demander notre avis ?

simido

Il est assez croustillant de constater que notre ministre de l’Education n'avait pas la moindre idée de ce qu'était une hypoténuse, "C'est de la géométrie ça non?", Pythagore a dû faire plusieurs tours sur lui-même...

Il est aussi courant d'entendre qu'une victime a été abattue par une balle de 38mm ou 45mm... Je vous laisse imaginer la taille de l'arme de "poing" !

Hier soir encore sur la chaîne "Découverte" on a appris que le magnétron était un radar.

Ça manque un peu de sérieux...

scoubab00

Ah, chez les journalistes sportifs plutôt sinistrés à ce sujet il est vrai - chez eux censés dispenser joie et optimisme, amusez-vous à compter le nombre de fois qu'ils utilisent l'adjectif "compliqué" - il y a le ligérien Pascal Praud qui est soucieux de sa langue parlée, même si d'aucuns n'aiment guère sa personnalité, sa façon d'être. Ppfffff le matou n'est donc pas seul sur son territoire.

Laurent Dingli

Vous avez raison : l'une des fautes les plus répandues (mis à part le redoublement du sujet) consiste à faire suivre "après que" du subjonctif... Une hérésie grammaticale.
En ce qui concerne l'anglais, nous sommes connus, à juste titre, pour être nuls dans cette langue (il suffit d'ailleurs d'écouter notre président). Une des solutions serait de rediffuser des programmes en version originale sous-titrée comme cela se pratique dans les pays du nord de l'Europe. Je remarque enfin que l'utilisation du clavier et d'Internet favorise les fautes. Nous n'avons pas la même concentration avec ce moyen de communication rapide qu'avec une bonne vieille feuille de papier et un stylo.

scoubab00

En ce qui concerne la qualité de notre langue à la TV, on est passé du pontifiant à l'utilitaire. La lucarne fut d'abord considérée comme un média d'artisans, d'originaux étroitement surveillés par leur financier : l'Etat. Quelques dizaines d'années plus tard, nous sommes en présence d'un outil commercial souvent privé qui utilise donc un français utilitaire. Pourquoi s'encombrer de mots, accords "compliqués" lorsqu'on s'adresse à la multitude avachie sur son sofa ?

Notre colonisateur économique et culturel anglo-saxon n'y est pour rien si notre langue est mal enseignée. La méthode d'apprentissage semi-globale a fait bien des dégâts au sein d'une Education nationale inréformable et hypercentralisée. Il n'y a qu'à aller voir des blogs de vingtenaires et trentenaires instruits sinon diplômés pour avoir une idée de l'étendue des dégâts en ce qui concerne le français écrit.

Tant mieux pour celles et ceux qui font attention, aiment et bichonnent leur langue. Ce qui est rare est cher. Dorénavant les originaux, eh, c'est nous :))

sylvain

"Si j'osais, je les inviterais à retourner tous à l'école"

Laquelle ?? L'EN ? L'Education nationale socialiste d'essence marxiste ?? Formatrice de crétins d'analphabètes, de futurs zombis suivistes décervelés, de parasites assistés gauchistes ?

NON MERCI !!

Gérard B.

Pas très wesh-wesh cte chronic !

Achille

Bonjour Philippe Bilger,

"On fera alors le procès des anglicismes plus tard, quand l'essentiel sera acquis, appris, réappris, restauré.
Le français à la télé, aujourd'hui, c'est pas assez. Si j'osais, je les inviterais à retourner tous à l'école !
Ils y gagneraient. Avec notre estime en plus."

La langue française est rigoureuse, peut-être même un peu trop, y compris pour ceux dont c'est la langue maternelle.

Ainsi cette histoire du participe passé qui s'accorde avec le C.O.D. quand celui-ci est placé avant le verbe avoir ne présente aucun intérêt sur le plan sémantique. De même les exceptions comme le mot amour qui est masculin au singulier et devient féminin au pluriel. Pourquoi ? on ne le saura jamais. Que dire aussi des noms en "ou" qui prennent un x au pluriel alors que les autres prennent un s. J'en passe et des meilleures.
Sans oublier, bien sûr, la dualité entre les articles masculins et féminins qui est la cause de nombreuses polémiques, la dernière en date ayant valu une sanction à un député qui s'évertuait à appeler la vice-présidente de l'Assemblée nationale madame le président au lieu de madame la présidente, se référant pour cela au règles de l'Académie française qui, paraît-il, ne s'appliquent pas dans l'hémicycle.
Les Britanniques se sont affranchis de ce problème en attribuant l'article neutre "the" pour tout ce qui a trait aux choses et aux fonctions, ce qui n'affecte en rien la compréhension des textes.

Et puis les langues vivantes évoluent naturellement au cours des âges, en fonction des événements géopolitiques. La science et la technologie créent en permanence des mots nouveaux. Il est vrai que ceux-ci sont principalement tirés de l'anglais vu que ce dernier est devenu la langue utilisée systématiquement par les conférenciers dans tous les congrès, symposiums et colloques scientifiques, mais aussi dans les réunions internationales du type G7, G20, etc.

Faut-il s'en émouvoir ? Je ne le pense pas. A l'époque de la mondialisation et des brassages de population du monde entier, l'idéal serait de pouvoir trouver une langue simple, compréhensible pas tous, partout dans le monde. On a cru que cela arriverait avec l'espéranto, langue créée par Ludwik Lejzer Zamenhof à la fin du XIXe siècle, mais celle-ci n'a jamais réussi à se généraliser et c'est bien dommage.

Certes la langue française est riche, harmonieuse, en particulier celle qui était parlée au XVIIIe siècle. On peut encore apprécier sa subtilité et son élégance dans certains films nous faisant revivre des événements historiques, réels ou romancés, de ce siècle. Je pense notamment à la série française "Nicolas Le Floch" dans laquelle les dialogues respectent parfaitement le parler de cette époque.

Mais une langue vivante évolue en permanence. Elle est emportée dans le tourbillon de la vie d'un monde qui va de plus en plus vite.
Les anglicismes sont à la mode, c'est vrai. Est-ce la faute à Internet, aux journalistes et même aux politiques qui ont un peu trop tendance à les utiliser pour montrer qu'ils sont "chébrans" ?

L'expression orale, mais aussi écrite, est une affaire de sensibilité personnelle. Nous choisissons nos mots, nos formules qui nous permettent d'imprimer notre marque dans nos discours et nos écrits. Rien ne serait pire qu'une langue trop corsetée par des règles strictes.

Toujours cette polémique des anciens et des modernes qui existait déjà au siècle des Lumières et continue encore aujourd'hui.

Savonarole

Que voici un billet apaisant après toutes ces querelles !
Ce "machin" de la Francophonie est certainement un organisme très vertueux mais qui, encore une fois, n'a aucun équivalent ailleurs et entretient une armée mexicaine de prosateurs et de conférenciers. Poussière d'empire.
On peut regretter comme Marc Fumaroli "quand l'Europe parlait français" (titre de son livre), toutefois les Anglais ne rechignent pas à utiliser des expressions françaises :
"Let's have a little tête à tête"
"She is a lovely brunette"
"Touché !", pour marquer la pertinence d'un argument, et qui pour nos oreilles nous renvoie à d'Artagnan...
Le plus cocasse nous vient de George W. Bush : "the problem with the french is that they don't have a word for entrepreneur"...
Patrick Rambaud dans son livre "Le journalisme sans peine" avait évoqué les truismes et métaphores bancales de ses confrères dans les années 90 où faisait fureur le terme de "revisité".
"Pablo Picasso revisité, la crise de foie revisitée"...

Mais pour ce qui est de l'espéranto télévisuel qu'on nous sert à jet continu vous avez bien raison. La dictature du Stabilo Boss et du formatage chronométré fait beaucoup de dégâts.
Toutefois, le ton, la gestuelle, la mobilité du visage peuvent gommer le charabia et faire pardonner cette élocution de lobotomisé, dans d'autres cas en politique c'est consternant, qui peut résister à trois minutes de Pierre Laurent du PCF sans tomber de son Louis XV ? Jacques Attali annonçant la fin du monde ? Luc Chatel qui semble parler une langue inconnue ? Manuel Valls qui ne connaît que le présent de l'indicatif comme dans les faubourgs d'Abidjan ?

Alex paulista: le medley

Vous pouvez tenter d'appeler les rédactions, mais il est probable qu'ils vous transfèrent ou qu'ils ne retournent jamais votre appel.
Jamais ils n'adresseront ces points... Ils se prétendent journalistes, ne brillent ni à l'écrit ni à l'oral, ni sur le fond. Ils ne sont même pas versatiles. Ils veulent présenter mais sans improviser. Tout cela n'est pas consistant.
Et même s'ils prenaient un cours chez vous, jamais ils ne prendraient action ensuite.
On ne peut que leur affecter des tâches basiques, et encore.
Ça fait au moins une décade que c'est comme ça.
Ils sont là pour faire joli, pour combler les postes et leurs seniors - les exécutifs - les assignent à ce travail de potiche.

Catherine JACOB

Osez !

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