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10 février 2016

Commentaires

Savonarole

Ce doit être bien cruel pour certains sur ce blog de constater que le juppéisme a fait 8 % en France cette semaine.
Cette élection a sonné la déroute du juppéisme, une droite molle, ni lard ni cochon, peau de lapin, hermaphrodite, un coup à gauche, un coup à droite. À voile et à vapeur.

À force de reculer quand on avance on risque les derniers outrages. C'est fait.

Franck Boizard

@ sbriglia | 16 février 2016 à 09:16
"Les hommes disent toujours que ce qu’ils préfèrent chez une femme c’est qu’elle ait un bon sens de l’humour. En fait, ça veut simplement dire qu’ils cherchent quelqu’un qui soit capable de rire de leurs blagues…"

Non.

sylvain

Rédigé par : [email protected] Boizard et Mary P. et tutti quanti | 16 février 2016 à 09:16

C'était bien le temps où on pouvait dire aux meufs "sois belle et tais-toi" ; personne n'y trouvait à redire, tout le monde des deux côtés s'en accommodait.
Les hommes étaient majoritaires dans toutes les institutions : police, justice, EN, il régnait un climat autoritaire de crainte, de respect ; depuis que l'espèce féminine a envahi les commissariats, les cours de justice, les salles de classes, c'est le b... ! ; ce n'est pas moi qui le dis mais la réalité et les chiffres ; incivilité, laxisme, irrespect, se sont répandus dans la société ; ces pôv' femmes en uniformes ressemblent plus à des figurantes de carnaval que leurs collègues masculins ; idem dans les lycées quand une voix fluette veut faire taire une classe dissipée, les élèves "tremblent" de rire et ça les incite plutôt à continuer.
Chacun son rôle : les hommes à l'autorité et les femmes à l'accueil. Quand les femmes singent les hommes, elles se ridiculisent ; voir la caricaturale équipe féminine de rugby, c'est pitoyable, humiliant et grotesque.

sbriglia@Franck Boizard et Mary P.

« Je suis très attaché aux femmes avec de l'humour parce qu'elles sont rarissimes. »

Les hommes disent toujours que ce qu’ils préfèrent chez une femme c’est qu’elle ait un bon sens de l’humour. En fait, ça veut simplement dire qu’ils cherchent quelqu’un qui soit capable de rire de leurs blagues…
Moi j’en ai connu une qui riait toute seule, toutes les deux lignes en moyenne, ah ah ah !

Merci quand même, cher Franck, d’avoir évoqué celui qui fut, comme l’a appelé Jean-Denis Bredin dans un bel hommage, « cet enfant prodige, cet enfant terrible qui renversait les statues et qui a incarné une haute idée de l’avocat, solitaire, dépouillé, dévoué aux vaincus, aux humiliés de la vie, toujours indigné et dont la vie si courte fut une pure révolte… »

Mais qui connaît aujourd’hui Stephen Hecquet ou Vialatte, à part quelques « happy few » ?...

Franck Boizard

@Mary Preud'homme | 15 février 2016 à 20:51

Je ne voudrais pas vous peiner, mais je crois que le problème du manque d'humour des femmes (c'est un constat que je fais tous les jours) est bien plus profond qu'une question d'éducation.

Chesterton : “Seules les femmes sont réalistes ; elle n’ont qu’un but dans la vie : opposer leur réalisme à l’idéalisme extravagant, excessif, parfois éthylique des hommes.”

Mary Preud'homme

@Franck Boizard | 15 février 2016 à 08:20

Il fut un temps où les femmes étaient censées être dénuées d'humour comme d'intelligence du moins comparable à celle d'un homme. Et si par malheur (comme disait ma grand-mère, mais aussi un peu ma mère) ce n'était pas le cas, elles étaient priées de dissimuler ces tares abominables que constituaient l'humour, la dérision et l'intelligence supérieure. "Sois belle, soumise et tais-toi si tu veux trouver un mari convenable", revenant comme un leitmotiv dans les recommandations paternelles et maternelles que l'on vous rabâchait à longueur de temps.
Ce qui a pu laisser aujourd'hui encore quelques séquelles chez les damoiselles biberonnées au couvent des oiseaux ou assimilées petites bourges coincées à perpétuité.
Mais ce qui me réjouit le plus, aujourd'hui comme hier, est de constater que les hommes dotés d'un authentique humour (y compris sur ce blog) ne prennent nullement ombrage qu'une femme puisse être dotée de qualités particulières qui ne sont nullement l'apanage de la gent masculine, contrairement à une légende longtemps répandue. Qualités ou spécificités qui ne nuisent en rien à sa féminité, à condition que l'élégance du propos ne soit jamais sacrifiée !

Franck Boizard

@scoubab00 | 11 février 2016 à 15:29
"Pas son trip, la dérision. Sérieuse. Natacha Polony est une femme sérieuse. Trop ?"

Je suis très attaché aux femmes avec de l'humour parce qu'elles sont rarissimes.

J'ai une collègue sans humour qui a une théorie pour expliquer pourquoi les femmes n'ont pas d'humour (c'est une preuve de décadence que beaucoup d'"humoristes" officiels soient des femmes). Mais j'ai oublié.

Le mieux sur cette question est de lire "Faut-il réduire les femmes en esclavage ?" de Stephen Hecquet. Sous ses allures provocantes, ce livre est profond.

André Zawadzki

@Monsieur Xavier Nebout

Je vous imagine jeune et impétueux, on lit un truc en vitesse et on en fait sa vérité !! Et on se croit épatant. Mais l'histoire cela n'est pas si simple. Cela suppose du temps, de l'objectivité, des méthodes. Tenez, sur M. Henri Amouroux. Son histoire de la France sous l'occupation n'est qu'une étape dans l'évolution de sa pensée. Référez-vous à ses interventions ultérieures devant l'Académie des Sciences Morales et Politiques, qu'il présidait. Son jugement a fortement évolué sur la politique de Vichy. Une des conséquences indirectes du procès de M.Papon à Bordeaux. Son intervention ayant provoqué de nombreuses réactions de la part d'historiens spécialistes de la période, M. Amouroux a eu la grande intégrité de réviser ses jugements antérieurs. C'est rare et d'ailleurs M. Serge Klarsfeld (certes un de ses grands amis mais quand même) devait souligner lors de son discours d'hommage à son enterrement : "sensible aux travaux d'autres historiens, Amouroux avait rectifié certains de ses jugements et souligné plus nettement la noirceur de Vichy".
De même pour M. de Gaulle. Certes, en 1933, il a pu émettre un jugement flatteur sur M. Pétain. Enfin, c'est un propos rapporté par Jean-Raymond Tournoux, mais jamais vraiment sourcé. Par contre, comme l'ont attesté plusieurs témoins, M. de Gaulle a effectivement dit en 1940 : "Pétain est mort en 1925 mais il ne le savait pas".

Mary Preud'homme

@Frank THOMAS | 11 février 2016 à 10:19

Etre vilipendé par un Nebout est un honneur, voire un plaisir de fin gourmet (comme l'aurait écrit en son temps un certain Courteline).

hameau dans les nuages

Je me permets d'emprunter au "Blog a lupus" cette tirade sur les énarques en général et sur Juppé en particulier qualifié de clown triste. On en revient au même constat.

"Je vous invite à réfléchir sur la justesse de mon dérivé d’ENA, l’ENANISTE, que je reprends en hommage à mon ami défunt Georges Elgozy. Georges était ravi de l’association avec onaniste, elle lui semblait très profonde dans la mesure où celui qui vit dans le péché d’Onan perd le contact avec la réalité, vit dans un monde de fantasmes et de manipulation (!) de signes qui assurent sa triste jouissance stérile.
Le financier, l’ENANISTE, vivent dans les mondes qui sont des reflets, des modèles, des formes, des patterns, des gestalt. Ils ont en possession de sacs vides, qu’ils remplissent de contenus réels qui leur échappent, et cela, c’est radical. C’est une critique radicale, irrémédiable. Ils réussissent, non parce qu’ils y ont « droit », mais parce qu’ils y ont « titres ». Le titre, le parchemin, font fonction magiques. Ce sont les nouveaux nobles, touchés par la grâce d’on ne sait pas trop quoi, ils savent tout sur tout puisqu’ils jonglent avec les formes, les structures du savoir, du langage, de la belle parole, de la rhétorique, de la Com. En fait, ils forment une classe. De ceci témoigne leur conscience de classe, d’une part, et leur solidarité (de copinage, de caste), d’autre part. J’aurais tendance, au vu des derniers développements, à faire glisser le vocabulaire et à appeler tout cela de son vrai nom : une clique.
Bien entendu, ce que je dis n’est pas un plaidoyer pour l’obscurantisme, c’est un plaidoyer contre le nouvel obscurantisme, celui qui est réel, celui qui sévit, celui qui nous conduit à l’abaissement, mais qui se pare des formes et de la musique du savoir sans en connaître les paroles."
("Pour une France de production", par Bruno Bertez)

sbriglia

"Alain Juppé affirme avoir manifesté dans les rues de Paris en mai 68."

"Il déclare également avoir voté pour Alain Krivine, candidat de la Ligue communiste, au premier tour de l'élection présidentielle de 1969, trouvant que Georges Pompidou manquait de « punch ».

(sa fiche Wikipédia)

Pauvre sagesse qui se pare du masque de la folie qui lui va si mal !

Comme disait l'autre : "Il me fait penser à ces pièces d'Ibsen où un étranger entre dans la pièce, ouvre la fenêtre pour laisser entrer un peu d'air frais et tout le monde meurt d'une pneumonie..."

Jabiru

@Achille

Je partage votre avis en tous points. Le problème c'est qu'à chaque fois qu'un postulant émanant de la société civile a été nommé ministre la greffe n'a pas pris. Phénomène de rejet dans une chasse bien gardée.
J'avais espéré à une époque que Louis Gallois qui avait fait ses preuves dans le privé et dans le public soit nommé à un poste prestigieux mais malheureusement ça ne s'est pas fait. La fonction gouvernementale requiert des spécialistes de brassage d'air qui peuvent déclarer le lendemain des propos contraires à ceux qu'ils ont déclarés la veille, ce qui n'est pas la tasse de thé de ceux qui sont en charge d'une entreprise et qui bien souvent peuvent être appelés en garantie sur leurs biens propres. Je viens de lire qu'un certain Placé vient de se placer, il n'y aura pas de rejet en interne car il fait partie de la grande famille qui sait s'adapter aux circonstances et il n'est pas le seul dans ce cas. Je me pose une autre question, M. Ayrault futur patron du Quai et des diplomates parle-t-il couramment anglais ?

Exilé

Mais la cause fondamentale du malentendu sur les idées d'Alain Juppé, avec ce grief absurde qu'il serait mou ou ambigu, se rapporte à une conception de la vie publique qui nous sortirait des dogmes, des catéchismes et des visions confortablement antagonistes, pour faire advenir le triomphe de l'intelligence.

Il faudrait quand même éviter de nous rebattre les oreilles avec la prétendue intelligence d'Alain Juppé, du moins en ce qui concerne tout ce qui est hors du champ de la technocratie de bas étage.

Encore une fois, l'intelligence n'est qu'un moyen parmi d'autres et ce qui compte est ce que nous en faisons.
Philippe Bilger a croisé dans sa carrière des criminels dont certains étaient probablement réputés intelligents. Leur aurait-il confié pour autant un mandat électif ? Non.

Autre exemple : le général Gamelin était un homme remarquablement intelligent. Le seul hic était qu'il était enfermé mordicus dans un système stratégique périmé, ce que son intelligence brillante ne lui a même pas permis de comprendre, alors qu'en face ses homologues avaient développé une stratégie de rupture inédite.

Eh bien, tout porte à croire que Juppé - qui n'est que l'archétype des membres de la classe politique actuelle, prisonnière d'habitudes et de formatages remontant aux années soixante sans avoir compris que le monde avait changé depuis - serait notre nouveau Gamelin, hélas.

scoubab00

A propos de l'interview de Natacha Polony

Pas son trip, la dérision. Sérieuse. Natacha Polony est une femme sérieuse. Trop ? Grouillotte reconvertie, elle a été alors saisie par toute cette pensée unique, cet entre-soi, des grands de ce petit monde de la presse d'opinion. Qui pourrait s'en émouvoir pourtant ? Comme une majorité de lecteurs, il me semble, la politique n'est pour moi qu'une thématique parmi d'autres. Je feuillette et picore : telle société que je ne connaissais pas déménage à trois kilomètres, on n'a toujours pas trouvé celui qui s'ingénie à voler des pots de fleurs dans telle paisible localité du Morbihan, le compte rendu de tel match de DSR, les primaires américaines, la recette du poulet aux olives vertes, tiens, ça c'est une idée, j'pourrais essayer, etc.

Si la littérature et son apprentissage actuel ne laisse pas d'inquiéter l'invitée experte, la billettiste d'Europe 1, plus "girondine" désormais que jacobine, me paraît persuadée que la politique fournit la matière noble de son métier, à l'instar de ses patrons actuels ou passés, nombrilistes autant que corporatistes. Ajoutons une louche écolo bien de sa génération. J'ignore si c'est le cas pour Natacha, j'ai souvent noté chez des semblables anciens profs eux aussi une difficulté, une impossibilité à avouer que l'enseignement, c'était pas leur truc. Comme s'il y avait quelque honte à le confesser... ne pas froisser quelques très proches, peut-être ?

Emouvant car familial : cette notion sous-jacente de "service rendu". Des parents médecins "de base" sidérés que leur fille agrégée de lettres jette l'éponge, démissionne au bout d'une seule année d'enseignement de banlieue à quelques kilomètres. Ts ts ts, Ruquier, de Caunes, pas très sérieux tout ça.

Robert Marchenoir

Marc Ghinsberg | 10 février 2016 à 10:05
"Alain Juppé connaît aussi l’économie : diplômé de Sciences Po, ancien élève de l’ENA, inspecteur des finances."

C'est une plaisanterie, je suppose ?

Un tel CV garantit à peu près, au contraire, qu'on ne connaît rien à l'économie. Le fait même qu'on puisse assurer, en France, qu'un chef politique "connaît l'économie parce qu'il est inspecteur des finances", sans aussitôt susciter un immense éclat de rire, montre à quel point nous sommes mal partis.

protagoras

M. Bilger

Comme vous le constatez, M. Juppé n'enthousiasme guère.
Se pourrait-il que "l'élite" qui hante ce blog (le meilleur des péchés après la luxure et la gourmandise n'est-il pas la vanité ?...) ne s'accorde pas à des sondages qui le désignent comme "candidat aussi désirable qu'une Hildegarde en place de Cologne" ?

Que penseriez-vous plutôt d'un billet sur notre "Bernie Sanders" national, j'ai nommé Jean-Luc Mélenchon, qui vient d'annoncer se porter candidat pour 2017 ?

@Franck Boizard | 10 février 2016 à 17:47

Vous l'avez aussi constaté?
Mais tant de "technos" se comportent comme des Bichelonne que ça fait littéralement peur ; les plus ardents sont représentés, en France, par le corps des mines : le directoire de la secte principale en quelque sorte.

C'est précisément sur ce genre de "profils" (même si je préfère le terme classique de "complexion") que s'appuient les gouvernements, et encore plus si le gouvernant est issu de "sectes" ou "meutes" connexes ou spéculaires (type ENA).

A la limite, certains pourraient ne rien y trouver à redire ; après tout, l'économie raisonnablement planifiée avec banques nationalisées et dose raisonnable de capitalisme de copinage ne "fonctionnait" pas si mal.

Mais le danger actuel est précisément que ces "serviteurs de l'Etat" sont devenus ses Maîtres.

M. Juppé trouvera donc pleine utilisation de ce "vivier" (qui utilisera qui ?), tout en jouant les "Papy Trudeau" à la française.

Frank THOMAS

"Des enseignants de votre acabit devraient être éloignés des enfants", m'écrit aimablement le pétainiste X.N.
Qu'il se rassure : après quarante années de ravages sur les jeunesses successives, l'âge s'en est chargé.
Pour vous être agréable, je porterai au revers de mon veston mes palmes académiques en étoile, si cela vous agrée ? A moins que vous ne préfériez en triangle ?
A quel four crématoire dois-je apporter mes livres (dont bien sûr celui d'Amouroux où, curieusement, je ne trouve pas les mêmes données que vous). Ou ma modeste personne ?
Tranchez : ich bin zum befehl !

breizmabro

@ Giuseppe | 10 février 2016 à 14:14

Je suis entièrement d'accord avec votre commentaire, surtout le dernier paragraphe (paragrafe ?) "Triste constat, triste avenir, sans perspectives, un quinquennat comme un (dernier) tour de manège et puis s'en va."

L'ego de Juppé sera satisfait puisqu'il entrera dans les livres d'histoire, non plus comme le délinquant arrogant qu'il a été mais comme président de la République (par défaut).

Il est tout de même curieux que "tout le monde" trouve normal que Fabius ait l'âge d'une mise à la retraite (dorée certes mais tout de même) mais que Juppé, qui a un an de plus, puisse accéder au poste suprême français... Pourtant ces deux hommes à la tête bien pleine sont aussi semblables dans l'arrogance et la condescendance, les deux ayant eu par ailleurs quelques déboires judiciaires, l'un ayant été relaxé l'autre pas. L'un a échoué, sévèrement, à des primaires électorales, l'autre n'y a pas encore été confronté, c'est tout...

A quand l'élection d'un Bouteflika français ? ;-)

Franck Boizard

@ vamonos | 10 février 2016 à 22:34

Je vous conseille, si vous ne l'avez déjà fait, de lire le témoignage de Philippe de Villiers sur les sondages et les sondeurs.

Quant à la réélection de François Hollande, j'y crois de plus en plus : l'enjeu pour lui est de brouiller le débat, de le dériver vers des questions annexes (genre déchéance de nationalité), d'empêcher un bilan posé et intelligent.

Or, c'est justement son unique domaine de compétence. Il faut dire qu'il y est bien aidé par les journalistes et par une "opposition" pas très opposée.

Tipaza

Après l'élévation de Juppé (sur un pavois ?) voici venu le temps de l’ascension de Jean-Luc Mélenchon.
Superbe manœuvre tactique du nouveau Cyrano de la politique, qui montre un panache que l’on croyait disparu du bien terne paysage hollandais.

Mélenchon l’oxymore de la Cinquième par sa mise en application parfaite de l’esprit de la Cinquième : un homme seul qui va vers le peuple, tout en mettant en cause les institutions de la Cinquième.

Le rêve un peu désespéré d’un Cyrano rêvant d’être aimé par la Roxane du tableau de Delacroix.

J’attends qu’il déclame la célèbre tirade qui se finit par :

«Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !»

Achille

En ce qui me concerne j’aimerais bien qu’un candidat sans étiquette appartenant à la société civile se présente. Un candidat sans forcément de diplômes mirobolants comme Alain Juppé, mais un responsable d’entreprise (grande ou petite) qui a appris à gérer un budget, soucieux de ne pas dilapider l’argent public comme s’il jouait au Monopoly. Quelqu’un capable de valoriser son entreprise en France et à l’étranger, de manager une équipe composée non pas de copains de son club de golf, mais de gens compétents et efficaces. Quelqu’un conscient de ses responsabilités car soucieux de l’avenir de son entreprise (la France) et de l’emploi des salariés (les citoyens) qui en dépendent.

Ras le bol de ces crânes d’œuf qui ont fait Normale Sup, HEC et l’ENA, voire les trois en même temps et qui sortant tout frais émoulus de ces « boîtes à élites » vont grenouiller pendant quelques années au Conseil d’Etat, à l’Inspection des Finances ou à la Cour des comptes, avant de se voir offrir une place de ministre.

Cela fait quarante ans qu’on les voit ces « omniscients » passer d'un ministère à l’autre, comme ils passeraient du salon à la salle à manger.
Ce genre de « tournantes » ministérielles est incompréhensible. Certains ministères changent de locataire plusieurs fois au cours d’un mandat présidentiel.
On se souvient du cas MAM qui a changé quatre fois de ministère au cours du mandat de Nicolas Sarkozy (Défense, Intérieur, Justice, Affaires étrangères). Surréaliste !

Clemenceau avait dit un jour que la guerre était une chose trop sérieuse pour la confier aux militaires. Aujourd’hui il dirait sans aucun doute que la gouvernance de la France est bien trop sérieuse pour la confier aux politiques.

fugace

Elévation ou lévitation ?

Il est fort probable qu'Alain Juppé soit passé à côté de son destin présidentiel, justement (tel un ange) en ne trahissant pas son Maître.
Dommage, car ce magicien aurait pu sans aucun doute faire flotter tant de choses dans les airs.

Alors donc,

- D'un côté et dans le désordre :
Hollande, Jupé, Sarkozy, Fillon, MLP, et les autres dont l'immensité est noyée dans les cercles concentriques tels ceux produits par le caillou jeté à l'eau.

- Au milieu, encore dans le désordre :
. La dette (voir le compteur sur « dettepublique.fr », dont le chiffre vertigineux est de l'ordre de 2102849334500€ au moment ou j'écris ici)
. La dérégulation de la finance internationale
. Le chômage insoutenable
. La guerre qu'on ne voit que par flash
. L'économie en déroute dans nombre de secteurs traditionnellement porteurs
. L'Europe protectrice et enchanteresse
...La la la...

- En face et sur le dessus du panier,
Un peuple déboussolé, martyrisé, oublié. Une partie de la jeunesse oisive, perdue, égarée, sans perspectives claires, craignant la déchéance d'abord sociale.
Ailleurs on ne sait où, peut-être au fond du panier, le grain de sable, ou plutôt le gros caillou voire le rocher poussé par des acteurs concoctant on ne sait quel attentat spectaculaire et programmé au meilleur moment du calendrier préélectoral présidentiel de 2017, afin de provoquer l'élection de MLP et dans la foulée, la guerre civile annoncée et qui ne manquerait pas de se produire dans un tel schéma des faits.

Quoi qu'il en soit, d'ici à 2017, de l'eau va encore couler sous les ponts, le nombreux débats qui n'en seront pas, feront il faut l'espérer, réagir toute une jeunesse en colère, afin que ce soit elle avec l'appui de ses aînés qui donne le la.

P.S. : Aux primaires de 2011, j'ai voté pour Hollande convaincu qu'il serait battu par Sarkozy. Avec cette porte de sortie qu'en cas inverse, la fausse gauche (s')éclaterait. Il semblerait qu'on y aille à grand pas.
Fin 2016, aux primaires de la droite, j'ai prévu de voter pour Fillon, mais je peux encore changer d'avis. En attendant, il faut que je réfléchisse aux nouvelles portes de sortie, s'il s'avérait être, non pas le mauvais cheval, mais le cheval battu.

semtob

Cher Philippe,

Bof, voter pour Alain Juppé ou Eddy Mitchell, y aurait-il une différence ?
Eddy Mitchell serait un peu plus dynamique, un peu plus séducteur et charmeur que ne peut l'être Alain Juppé qui n'a pas été capable de faire basculer sa région à droite. Un maire populaire, rien de plus. Et il ne semble pas qu'il puisse réagir avec efficacité pour traverser une crise mondiale.

Après avoir cherché des positions claires sur la politique européenne d'Alain Juppé, nous sommes réellement déçues sur son enthousiasme à dynamiser le moteur européen.
En politique internationale et en diplomatie, Alain Juppé ressemble à un amateur novice.
Donc pas plus de raison de se déplacer pour soutenir la candidature toute faite de com d'Alain Juppé au point de se demander parfois s'il ne sort pas d'une BD pour adolescents ou pour puceaux boutonneux.
Notre époque demande plus de précision, de clarté, de projet, d'énergie qu'un clown qui fait semblant. Sa stratégie est médiocre et ne répond absolument pas à l'attente des Français.
Nous avons déjà supporté un mandat miteux ou calamiteux d'Hollande et Gertrude.
De grâce laissez-nous avancer sans chemise, sans pantalon et qu'Alain comprenne qu'il n'est pas le candidat attendu par la droite mais la mayonnaise montée par les médias de gauche. Et si la France ne comprend pas son intérêt vital et qu'elle souhaite dévisser du prestige qui lui est dû, qu'elle continue ses parcours par essai et erreur et alors ce sera tout simplement terminé des espoirs attendus et le souvenir d'un pays magnifique au passé.
françoise et karell Semtob

hameau dans les nuages

@Savonarole | 10 février 2016 à 18:04

Pas du tout ! Beaucoup de Bordelais l'évitent. Mais il a quand même fait une piste d'entraînement place de la Bourse pour les militants et les supporters.

http://p0.storage.canalblog.com/02/75/621454/79843430_o.jpg

T'énerve pas Alain ! On te taquine !...

Sinon ayant un ami commun avec Alain (eh oui !) je rejoins le commentaire de Franck Boizard du 10 février 2016 à 10:12 sur sa description du personnage complétement coupé des réalités de terrain. Son blog est à son image. 0 commentaire. Mais il vous remercie d'avoir posté. Ce que l'on peut traduire en restant correct par : "Va te faire voir chez les Grecs". C'est peut-être ce que Marc Ghinsberg appelle faire ses humanités.

Deviro

@Savonarole | 10 février 2016 à 18:04
"Élévation d'Alain Juppé ?
Alexandra David-Néel et John A. Keel entre autres écrivains ont affirmé avoir été les témoins de scènes de lévitation, au Tibet et en Inde.
À ce jour aucun témoignage ne nous est parvenu de Bordeaux."

Bon, si en 2017 on a une scène de l'évitation de Hollande et de Sarkozy, ça ira.

Giuseppe

@ PhD | 10 février 2016 à 14:08

Avec le mien, un sabre de plus qui reste dans son fourreau.

stephane

Juppé sera le candidat des socialistes comme Hollande a été le candidat des chiraquiens.
Chirac a fait perdre Chaban, Giscard, Sarkozy, Juppé sera-t-il le prochain qui va parfaire le destin de Chirac, celui de faire perdre son camp ?

Mary Preud'homme

C'est cool pour Hollande, il en est à quatre ans d'une présidence désastreuse à tous égards et d'aucuns s'obstinant néanmoins à s'occuper de ce qui se passait avant, de ce que pourrait être demain (avec des si, des faut qu'on et des yaqua). Des utopistes, sinon de doux rêveurs qui continuent à occulter l'essentiel, uniquement pour justifier leurs préférences, leurs erreurs et leurs aveuglements.

Par ailleurs, excellentissime commentaire de Savonarole sur l'élévation (sinon la lévitation de Juppé, on atteint le mysticisme pur !). Et mentions spéciales à Frank Thomas et PhD pour le réalisme de leurs commentaires. Respect à Bernard Latreille qui remet avec raison les pendules à l'heure au sujet de Fillon qui n'a jamais démérité (quoi qu'en disent les mauvaises langues).

A primaires, primaires et demi, personnellement je suis contre. On l'a vu avec les socialos, c'est la voie ouverte à toutes les magouilles politicardes, la meilleure façon de décapiter une élection qui se voulait par essence (dans l'esprit du général) ouverte à tous et pour tous.

vamonos

La campagne électorale pour les élections présidentielles de 2017 est lancée de très loin. Les résultats de sondages dont la fiabilité déplorable n'est plus à démontrer sont repris en boucle. Ils sont commandités par on ne sait pas qui, au bénéfice du doute qui profite à celui qui tire les ficelles dans l'ombre. Ainsi M. Juppé serait le préféré des Français, le meilleur d'entre nous, le favori des sondages. Je doute quand je constate le modèle et les moyens mis en œuvre pour arriver à ce résultat. Avec quelques questions tendancieuses dont les réponses sont proposées dans un ordre prédéfini à un éventail d'électeurs potentiels soi-disant judicieusement choisi, l'institut de sondage fait un raisonnement par extrapolations pour convaincre que la majorité de tous les électeurs français élira M. Juppé en avril 2017. Je doute.

M. Hollande n'a pas fini de nous étonner. Il me fait penser de plus en plus à Koba, plus connu sous le nom de Staline. En 1920, personne ne le voyait venir, il était là, construisait patiemment son édifice, tissait patiemment une toile semblable à celle d'une araignée qui capture ses proies. Quand les purges ont commencé dans les années 1930, il était déjà trop tard. Le despote garda le pouvoir jusqu'à la fin de sa vie. Toutes proportions gardées, M. Hollande semble dépassé par les événements, ses surnoms sont peu flatteurs ; mais il est en train de manœuvrer pour se présenter une deuxième fois. La primaire de gauche n'est pas un problème insoluble pour lui. Et si M. Juppé parvenait à passer le cap de la primaire de droite, les journalistes changeraient de tactique, les résultats des sondages seraient différents et M. Hollande serait élu une deuxième fois.

Xavier NEBOUT

@Frank Thomas

Vous demanderez à Franck Boizard de vous prêter les ouvrages d'Henri Amouroux qu'il doit être en train de lire.

Des enseignants de votre acabit devraient être éloignés des enfants.

Trekker

Billet fort pertinent et objectif de notre hôte, pour me limiter au seul Alain Juppé je dois dire que je partage l’opinion de M. Bilger à son sujet.

Bien que ne partageant pas toutes ses idées, entre autres sur l’euro et l'Europe dans sa forme actuelle, il est le seul candidat valable pouvant être élu face à François Hollande et Marine Le Pen. Si par malheur Sarkozy réussissait à être le candidat de la droite au deuxième tour, ce serait la voie royale pour François Hollande ou Marine Le Pen : elle a démontré lors du dernier bureau politique du FN son incapacité ou impossibilité de son parti à choisir une voie cohérente et surtout en finance-économie.

En politique et notamment au deuxième tour (présidentielles, législatives, etc.), on vote non pour le candidat de son coeur mais pour celui semblant le moins mauvais... voire étant le meilleur mais cela est rare.

Frank THOMAS

"Nous aurions aujourd’hui bien besoin de nous repencher vers la révolution nationale" écrit Xavier Nebout.

Vivent les lois antijuives ! Vive l'étoile jaune ! Vivent la fermeture des loges et la persécution des Francs-Maçons ! Vivent les vrais Français : Xavier Vallat, Darquier de Pellepoix, Fernand de Brinon, Laval, Darnand, la rue Lauriston ! Vivent Gringoire et Je Suis Partout ! Vivent les rafles et les lettres anonymes ! Vive la France qu'on aime !

Mitsahne

Admirable billet. Intelligence et concision lapidaire que je résume en vous citant :
Fillon : maladresse politicienne
Juppé : guère exaltant. Un Chirac un peu plus actif.
Sarkozy : on aimerait qu’il se congédiât lui-même.

Cette dernière appréciation est la plus féroce mais aussi la plus méritée.
Tout cela n’apporte pas beaucoup d’aide à l’homme de droite qui va devoir voter en mai 2017, non pas pour le « meilleur » mais pour le moins pire. Où sont passés les « grands hommes » ?

Savonarole

Élévation d'Alain Juppé ?

Alexandra David-Néel et John A. Keel entre autres écrivains ont affirmé avoir été les témoins de scènes de lévitation, au Tibet et en Inde.
À ce jour aucun témoignage ne nous est parvenu de Bordeaux.
Certains psychologues évoquent chez certains témoins un phénomène d'hallucination quinquennal qui tous les cinq ans voit un président s'élever dans le ciel.

sylvain

@PhD | 10 février 2016 à 14:08

Cher PhD, je vous plains : avoir Juppé comme maire et tout à côté Noël Mamère, quel désastre, je compatis ; ça va chers Girondins ? vous le fumez votre raisin ?

Franck Boizard

@ protagoras | 10 février 2016 à 12:39

Marrant que vous parliez de Bichelonne : dès qu'un Polytechnicien m'emmerde je lui conte la carrière de Bichelonne. En général, il ne comprend pas, ou fait mine de ne pas comprendre. En revanche, les autres, les non-Polytechniciens, les inférieurs, comprennent fort bien et se marrent.

yoananda

Juppé est en effet sous la coupe de Tareq Oubrou... Il ne faudrait pas sous-estimer le pouvoir individuel qu'un tel homme pourrait avoir sur un futur président qui, n'en doutons pas puisque l'autre Tariq (Ramadan) réclame la nationalité française, ouvrirait la porte à un Islam "des Lumières", fantasme maçonnique, qui serait vite balayé par la réalité de l'Islam mais qui aurait permis d'avancer pas mal de pions entre-temps...
Juppé serait le meilleur candidat pour une France houellebecquisée après lui.

La France entre sidération et syndrome de la femme battue vis-à-vis de l'Islam... il serait temps qu'elle se reprenne en main plutôt que de chercher à être "rassurée".
Parfois il faut prendre son courage à deux mains.

Même chose vis-à-vis de l'UE, TAFTA, et toute l'idéologie néo-coloniale du mondialisme.

Michelle D-LEROY

"Nicolas Sarkozy me paraît décroché, usé par rapport aux attentes du pays".
Oui, les Français sont lassés par les paroles et le manque d'actes qui s'ensuivent.

Comment ne pas être fatigué ? Lorsqu'on voit depuis 1981 les mêmes politiciens qui ne pensent qu'à leur carrière et à leurs avantages.
Ils tournent en boucle, aujourd'hui même, Laurent Fabius est nommé à la tête du Conseil constitutionnel... Peut-être qu'un sage se doit d'avoir un certain âge et une grande expérience sinon de la politique du moins du droit constitutionnel, admettons.
Mais parallèlement le remaniement ministériel pourrait remettre en selle les vieux ministres mitterrandiens tels Martine Aubry ou Elisabeth Guigou en compagnie de Ségolène Royal.
Sans oublier les nominations tous azimuts, de Jack Lang à l'I.M.A. ou Jean-Louis Bianco à l'observatoire de la laïcité, sans parler des copains du Président dans le mercato culturel.
Un François Hollande qui parlait République exemplaire, c'est désormais la République du favoritisme.

Enfin, depuis son arrivée au pouvoir François Hollande a usé de moult commissions dont les rapports ont été classés illico sans suite. Dernièrement, Robert Badinter, 88 ans, grand avocat pénaliste, se voit confier la mission d'étudier la possibilité de réduire le code du travail. Le droit social méconnu de lui qui n'a jamais travaillé dans une entreprise : cet exemple prouve encore une fois qu'il faut faire plaisir aux amis. Comment peut-il en sortir quelque chose de valable ?

Alors, oui, nous aurions besoin d'un grand renouvellement car les Français sont fatigués du jeu des chaises musicales mais je crois qu' " Alain Juppé n'est guère exaltant". Une continuité, une alternance qui nous épuiserait.

Nos politiques actuels semblent mener leurs petits jeux politiques, leurs stratagèmes non seulement usés jusqu'à la corde, n'intéressant plus une majorité de Français qui, avec leur bons sens, avant toute admiration ou sympathie, avant tout militantisme, ne comprennent pas que la France et le monde ont changé depuis trente ans. La France s'appauvrit financièrement et intellectuellement, son aura et son prestige diminuent. Bref nos politiques ne font plus illusion, et les Français voudraient du renouveau et de nouvelles têtes. Des politiques qui ne fassent pas semblant d'ignorer les maux qui bouleversent la donne et divisent la société.

Garry Gaspary

@ Franck Boizard

Vous confondez le prolétaire et le beauf.

Le prolétaire exerce sa propre violence contre un Etat qui défend des intérêts bourgeois historiquement dépassés.

Le beauf veut un Etat violent qui ferait perdurer par la force d'intérêts bourgeois pourtant historiquement dépassés.

C'est pour cela que le prolétaire est de gauche, alors que le beauf est d'extrême droite.

Et c'est pour cela que le bourgeois n'aime pas le prolétaire alors qu'il passe son temps à bien caresser le beauf dans le sens du poil.

Le beauf est un abruti qui ne comprend pas que la violence qu'il souhaite se retournera inévitablement contre lui. Alors que le bourgeois, un tantinet plus intelligent, sait qu'il n'aura jamais rien à craindre d'un Etat qui restera embourgeoisé.

Le beauf ne veut plus voir d'Arabes ni de Noirs dans son pays. Mais lorsque l'Etat l'obligera par la force à prendre les boulots des Arabes et des Noirs, il pleurera des larmes de sang.

caroff

@PhD
"Donc, un type qui retourne sa veste et baisse son pantalon en restant droit dans ses bottes : non merci".

Comme Bordelais d'adoption, je ne saurais mieux dire !
Juppé est une créature du système en place depuis des décennies qui nous conduit doucement mais sûrement dans le mur !

Vous avez aimé Chirac et Hollande, vous allez adorer Juppé, son conformisme, ses compromis avec l'islam envahissant la sphère publique, ses complaisances avec les dépenses publiques, ses propositions peu allantes sur l'éducation, son appartenance au cercle Bilderberg, sa détestation des Français accusés de racisme et d'islamophobie, son souhait de gouverner avec les camarades de gauche qui ont plombé notre beau pays... etc.

Vous êtes prévenus !!

Michelle D-LEROY

@ Marc Ghinsberg
"A.Juppé aura 72 ans en 2017, 77 à la fin de son éventuel mandat. L’âge ne fait rien à l’affaire nous dit-on, mais enfin personne hélas n’échappe avec le temps à une dégradation de ses facultés physiques et intellectuelles..."

Vous avez parfaitement raison, qui peut aujourd'hui dire qu'on fait autant de choses à 70 ans qu'à 50, au moins physiquement ? Les politiques ne sont pas des surhommes. Et si on nous rappelle l'âge du Général de Gaulle ou autre politicien du passé, on voit bien que notre monde d'aujourd'hui, bousculé dans absolument tous les domaines, demande une présence et une réactivité qui ne serait pas adaptée avec un Président trop âgé.

Quant à la bataille pour la succession, avec un seul mandat, encore plus exacerbée qu'avec deux mandats, je crois aussi que cela amplifierait l'agitation politique rapidement. Une agitation déjà beaucoup plus précoce avec un mandat de cinq ans seulement, qui laisse peu de temps à l'élu pour travailler sérieusement. Le quinquennat voulu par Jacques Chirac est de ce fait une grosse erreur.

@ Bernard LATREILLE

Le grand défaut de François Fillon est son manque d'audace. Car je viens de terminer son livre "Faire", fort et audacieux. Il propose un véritable programme. Et si certains sur ce blog vantent les qualités de loyauté d'Alain Juppé, je pense que c'est aussi le cas de François Fillon, qui a toujours été un Premier ministre réservé, trop sans doute, honnête aussi. Ce qui ne l'empêchait pas d'être lucide, lorsque par exemple il avait lancé que la France était en état de faillite.

Et je confirme qu'il est entouré de gens de valeur. Des gens comme lui, sérieux et capables, et là je pense à Serge Grouard, ancien maire d'Orléans. Des gens hélas trop peu médiatiques dans le monde actuel.
Mais il pourrait faire un retour inespéré car les Français en ont marre de la com et les Sarkozy, Hollande et consorts, ils n'en veulent plus.

La primaire LR va être difficile et pleine d'embûches et la bataille rude si j'en juge par ma famille, partagée entre A. Juppé et F.Fillon et les repas de famille sont déjà animés.

Personnellement Alain Juppé, même plus jeune ne correspondrait pas à mes attentes d'aujourd'hui... Pourtant quelques années auparavant je l'ai défendu bec et ongles lors de ses déboires. Aujourd'hui, il n'arrive pas à me persuader par ses convictions, convictions qu'ils semble adapter au jour le jour, selon le sens du vent... pour ratisser large de droite à gauche en passant par la diversité. Ces politiques qui disent vouloir rassembler ne font en réalité que de diviser parce qu'ils n'arrivent pas à donner une vision claire de leur programme.

Savonarole

@PhD | 10 février 2016 à 14:08

Merci ! Votre commentaire m'évite de sortir mon sabre.

calamity jane

@Bernard LATREILLE (quel joli patronyme pour ceux qui connaissent la viticulture)

Alain Juppé est dans son ancien fief dans le dix-huitième arrondissement de Paris et il y a de nombreux amis et connaissances. Bon, des amis triés sur le volet et des connaissances de par ses anciennes responsabilités
dans ce quartier parisien. Aussi, je comprends qu'il puisse aller s'encanailler là-bas !
Cependant les avis restent partagés à son sujet. Mais si vous proposez l'amélioration qui va avec le jus de la treille... on peut lui faire amende honorable cad l'écouter à condition que des journalistes dignes de ce nom puissent le pousser dans ses retranchements.

Tipaza

Au sujet de la déchéance nationale, Juppé a pu dire, sans rire, dans la même interview au JDD, début janvier, que cette mesure était inutile mais qu’il la voterait quand même s’il était parlementaire.

Voilà c’est ça le nouveau Juppé.

Mais alors que Hollande a commencé son jeu au centre gauche pour le finir au centre droit, Juppé le commencera au centre droit, pour le finir on ne sait où.
En attendant il a inauguré sa candidature en se rendant en Algérie.
Au fond une visite semblable à la visite qu’effectue le futur académicien sollicitant l’approbation de ses futurs pairs.

Voilà c’est ça le nouveau Juppé.

Tout est à craindre si on examine soigneusement l’hypocrite et très habile façon avec laquelle il esquive certaines réalités pour se laisser porter par la plus grande pente de soumission pour d’autres réalités.

Denis Monod-Broca

Juppé ou pas Juppé, quelle importance ?...
Au diable ces querelles de personnes et autres querelles de clochers ! elles ne mènent à rien.
Comme le disent d'autres commentateurs, tout cela n'est pas à la mesure des enjeux.
Montagnes de dettes, déficits sans fin, désindustrialisation, maintenant désagriculturation, opérations guerrières insensées, soumission à Francfort, Berlin, Bruxelles ou Washington... ça va mal finir. Et le monde ne va pas mieux, sous l'hégémonie de plus en plus contestée et de moins en moins assurée des USA...
Que voulons-nous, pour nous et pour le monde ? La France n'aurait-elle donc plus rien à dire ?
La mondialisation fait des ravages mais pas question de la mettre en cause...
L'euro est un désastre mais pas question d'y toucher...
L'Europe affiche son impuissance mais c'est si commode, dès que ça va pas on lui fait porter le chapeau...
l'Otan, bras armé des USA, fait de nous ses honteux complices mais pas question d'en sortir...
Sans parler de la finance, devenue folle, mais qu'y pouvons-nous ?...
Et ainsi de suite.
Alors Juppé et son caractère, Juppé et son âge, Juppé et ses chances... ce ne sont là que discussions byzantines.

Giuseppe

On tourne en rond comme un manège, la démocratie des partis est l'autocratie des personnes, toujours les mêmes, jamais du neuf, Juppé que l'on connaît depuis... Que des ancêtres de la politique, lui, le dernier des mohicans de la bande à Chirac.

On est dans la cooptation permanente, le copinage à grande échelle, tout sauf la démocratie qui respire à grande goulée d'air frais.
On l'a vu avec FH, et ce n'est pas terminé, en espérant qu'il ne va pas nommer son ex à la place de Fabius... La fin des haricots ! Les autres pays de se moquer de nous, ce n'est plus du paternalisme c'est de la "cousinade". J'espère qu'il ne va pas oser.

Juppé n'est plus fait pour cela, c'est voter la peur du lendemain, la misérable sécurité d'un pays qui a besoin de l'audace et du combat, générer la notion de mouvement chère au général Motor.

Ne rêvez pas, Bordeaux coûte les deux bras en impôts et taxes. Comme tous il sait faire avec l'argent des autres. Je reconnais une aisance glaciale mais pas un guerrier pour entreprendre, pour dépenser oui, et là c'est à la portée de tous. Il ne diffère en rien de tous les autres.

Un dernier tour de manège pour lui qui ne nous apportera rien, alors que l'on attend tout, trop ; désespérant de vide et d'horizon à venir, "Le désert des Tartares" pour nous, pauvres citoyens, pauvres électeurs.

Pourquoi Juppé ? Triste constat, triste avenir, sans perspectives, un quinquennat comme un tour de manège et puis s'en va.

PhD

Bonjour

Juppé, qui est mon maire, est une calamité ambulante.

Si son bilan à la mairie de Bordeaux est excellent jusqu'en 2010, cela se gâte ensuite, avec des projet pharaoniques, à la hauteur de son ego démesuré.

Il se couche devant les exigences les plus farfelues des écolos et se met à plat ventre devant le politiquement correct le plus dégoulinant, en changeant d'avis selon le sens du vent et les criements des différents lobbies grassement subventionnés, dont les LGBT ; Juppé a d'ailleurs créé l'observatoire bordelais de l'égalité, dirigé par son adjoint fondateur du collectif LGBT bordelais pour traquer les dérapages (et couper les vivres aux associations suspectes) et faire de l'information dans les écoles.

Son islamophilie maladive lui fait fréquenter assidûment l'imam Tareq Oubrou, proche des Frères musulmans et personnage extrêmement ambigu et lui a fait envisager un projet de centre islamique, mis sous le boisseau uniquement parce que cela commençait à faire baisser les sondages.

Et puis, porter à la tête de l'Etat un repris de justice, même s'il fut le seul à porter le chapeau...

Donc, un type qui retourne sa veste et baisse son pantalon en restant droit dans ses bottes : non merci.

sylvain

Un vent munichois souffle sur les futures urnes 2017. Par bêtise les citoyens veaux éliront Juppé ; ce dernier, saluant sa victoire avec ce sourire insupportable de morgue et de mépris, nous remerciera avec cette formule déjà utilisée à l'époque : "les cons, s'ils savaient !"
Mais ce n'est que de la fiction, n'est-ce pas ?

Franck Boizard

Je m'amuse (on s'amuse comme on peut) avec des citations :

************
Cyril Bennasar : « En politique, j’ai pris l’habitude de me méfier de ceux qui rassurent l’opinion pour m’intéresser à ceux qui l’inquiètent. Souvent dans l’histoire de France, les visionnaires excentriques ont concentré les méfiances et les moqueries pendant que les gestionnaires à courte vue ramassaient les suffrages. On se souvient qu’en juin 1940, Pétain était plus acclamé que de Gaulle, qu’en 2002, Jacques Chirac mit le pays dans sa poche face à Jean-Marie Le Pen et, comme on n’apprend jamais rien, il se pourrait qu’en 2017, les mêmes trouilles et les mêmes paresses nous condamnent à perdre cinq longues années avec Alain Juppé. La tentation du centre est le recours des Français qui ne comprennent rien et qui ont peur de tout, de ceux qui préfèrent s’endormir avec Alain Duhamel plutôt que réfléchir avec Alain Finkielkraut. »
************

Ali Juppé a, trois fois hélas, sa chance. Je peux donc citer Chantal Delsol :

************
"L’incapacité d’agir, l’attitude qu’on dit velléitaire ou attentiste, aura les mêmes conséquences pour un peuple que pour un individu, pour un gouvernant que pour un particulier. Si votre enfant ne fait rien à l’école et que par pusillanimité ou par paresse ou par indifférence, vous ne tentez pas de réagir, ce sont les événements qui décideront à votre place : l’enfant sera finalement renvoyé, par exemple. Autrement dit, si vous ne menez pas votre destin, c’est votre destin qui vous mènera par le nez. Il en va de même pour un pays. A force de mettre au pouvoir des gouvernements attentistes et pusillanimes, il se produira je ne sais quelle catastrophe qui viendra pour ainsi dire tout résoudre."

Lucile

@Franck Boizard

J'ai beaucoup apprécié votre billet. Il met parfaitement en perspective le futur choix électoral auquel nous aurons à faire face.

Pour Orwell, voici deux articles.

L'un s'interroge sur une citation qui lui a été attribuée, semble-t-il à tort : "Si les gens peuvent dormir tranquillement la nuit dans leur lit, c'est parce que des hommes brutaux (rough) se tiennent prêts à exercer la violence à leur profit".
http://quoteinvestigator.com/2011/11/07/rough-men/

Cet article explique qu'Orwell a, en fait, écrit à propos de Kipling qu'il "voit que les hommes ne peuvent se montrer hautement civilisés que si d'autres hommes nécessairement moins civilisés sont là pour les garder et les nourrir".

Par ailleurs on retrouve un peu la même idée développée par Orwell sous un autre angle à propos du pacifisme dans un essai intitulé "Notes on Nationalism", publié en 1945. Il y oppose le nationalisme au patriotisme. Orwell montre le côté équivoque du pacifisme, au point, dit-il ironiquement qu'à lire certains pacifistes au début de la guerre, des hommes d'Etat tels qu'Hitler étaient préférables à des gens comme Churchill et que "la violence est parfois digne d'excuse pourvu qu'elle soit suffisamment violente". Il fait remarquer que les pacifistes français après la défaite s'étant trouvés devant un choix que les Anglais n'ont pas eu à faire, la plupart ont opté pour les Nazis. En Angleterre, certains pacifistes de la Peace Pledge Union étaient également affiliés au mouvement des Chemises noires (il explique dans le même essai comment on réécrit et falsifie l'histoire a posteriori). Finalement, il est difficile selon lui de ne pas penser que le pacifisme, tel qu'il apparaît chez des membres de l'intelligentsia, s'inspire d'une admiration secrète pour le pouvoir et pour la cruauté victorieuse ("All in all it is difficult not to feel that pacifism, as it appears among a section of the intelligentsia, is secretly inspired by an admiration for power and successful cruelty").

Il évoque la nécessité de regarder la réalité en face.

La conclusion vaut le coup d'être résumée. Oui, dit-il, toute croyance et toute cause quelles qu'elles soient ne peuvent faire l'économie du mensonge, de la folie et de la barbarie. Ce n'est pas un argument pour se tenir à l'écart. On doit s'engager politiquement, et avoir des préférences, reconnaître que certaines causes valent mieux que d'autres, objectivement, même défendues de mauvaise manière. Nos émotions et notre affectivité sont subjectives, mais nous pouvons lutter contre, au prix d'un effort moral. Les émotions sont nécessaires à l'action politique, il s'agit de ne pas se laisser contaminer par elles, mais de s'en servir à égalité avec une acceptation de la réalité. Mais, et c'est la dernière phrase de l'essai, "cela demande un effort, et la littérature anglaise contemporaine, dans la mesure où elle s'intéresse aux problèmes de notre temps, montre à quel point peu d'entre nous sont préparés à faire cet effort". Ma traduction demanderait des améliorations, mais le texte complet se trouve sur le Net :

https://www.mtholyoke.edu/acad/intrel/orwelnat.htm

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