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26 mars 2016

Commentaires

vamonos

Le mandataire de justice avait détourné 140 000 euros à des personnes faibles (une dame de 90 ans, un aveugle etc.).

Délégué à la protection judiciaire des majeurs protégés, l’homme a été condamné à deux mois de prison ferme, jeudi, par le tribunal de Saint-Etienne.

La peine est de seulement deux mois (sera-t-elle effectuée, rien n'est moins sûr), pour ces faits honteux, la décision des juges m'est incompréhensible. Si la plaidoirie de l'avocat de la défense est la cause d'une telle mansuétude, alors je suis dégoûté car j'ai une autre opinion de l'état de droit.

jlm

@Achille
"La faute à un clientélisme des politiques de tout bord qui pensaient qu’en donnant satisfaction à tout le monde on obtenait la paix sociale et une réélection tranquille. Manifestement c’est raté."

Oui, raté, mais pas pour eux qui ont eu largement le temps de se constituer une fortune personnelle (lorsqu'ils n'en ont pas hérité) qui leur permet de ne pas avoir à vivre dans les quartiers abandonnés aux mains des différentes mafias ni à les traverser.

Trekker

@ Mary Preud'homme | 27 mars 2016 à 17:39
"Parmi les avocats les plus virulents et les plus friands de reconnaissance médiatique, notamment chez les pénalistes qui recherchent la médiatisation à outrance, il serait très instructif de connaître, pour comprendre leurs motivations réelles, le nombre de ceux qui sont en fait des recalés des concours." 

Comme disait feu ma grand-mère, n’allez pas chercher midi à quatorze heures !…

La motivation principale pour pas dire unique de ces chers (et surtout très CHERS) maîtres fort médiatiques c’est leur compte en banque. Les magistrats, même présidents des cours d’appel et cassation, ne sont que des besogneux question rémunération comparés à toutes ces stars à la dévotion des politiques... mais chut... il est fort inconvenant d’évoquer ce sujet dans ce cénacle, qui voue sa vie à la défense de la veuve et de l’orphelin, ainsi que de tous les miséreux…

tuilini

Avocats, juges pour enfants, certains devraient avoir honte car ils sont capables du pire. Leur priorité est de sauvegarder leurs intérêts sans relâche. Ils sont qualifiés pour faire respecter le droit et le respect de la personne mais ils sont surtout doués pour le pouvoir sale.

Achille

@ Mary Preud'homme | 27 mars 2016 à 14:21
« A voir comment vous vous défoulez sur ma personne, et caricaturez ou décapitez systématiquement mes propos pour les interpréter de travers et toujours en mauvaise part, vous devez m'assimiler à quelqu'un parmi vos proches que vous ne supportez pas ou plus, votre belle-mère ou votre ex par exemple. »

Si cela peut vous rassurer je ne fais aucunement une fixette sur votre personne.
Simplement, votre plume toujours très directe et offensive voire quelque peu excessive m’incite à vous répondre de temps en temps en faisant un peu de provocation. Rien de bien méchant à cela.
Le fait que vous aimiez la musique et la poésie montre qu’il y a quand même un petit cœur qui bat derrière vos invectives enflammées. On ne peut que s'en réjouir.

@sylvain | 27 mars 2016 à 10:29
« Tout ça grâce à l'approbation et aux encouragements de nos intellos bobos gauchos, nos prêtres gauchistes du PAF, nos merdias de gauche anti-France antipolice antirépublicains et beaucoup d'élus qui se gavent sur le dos des contribuables pour mordre la main de cette République qui les nourrit grassement : les Besancenot, les Mélenchon et toute cette smala gauchiasse haineuse fasciste de la pensée marxiste.
Faut changer votre logiciel cher Achille ! »

Je vous ferai juste remarquer qu’au cours de ces trente dernières années, droite et gauche ont été au pouvoir pendant une durée équivalente, cohabitation comprise.
Donc s’il y a eu une relâchement dans le respect des traditions françaises, cela ne saurait aucunement être le fait des seuls gauchos, la droite y a également sa part.
A noter également que les conflits communautaires que l’on observe en ce moment ne sont pas franco-français, mais qu’ils touchent toute l’Europe occidentale qui vit dans une grande opulence au regard de la misère des peuples opprimés chassés de leur terres par des dirigeants corrompus.
Tout ceci a produit une sorte de mélasse nauséabonde faite de grand banditisme et de fanatisme religieux.
Le phénomène s’est amorcé il y a une bonne trentaine d’années (peut-être plus) sans qu’aucun dirigeant européen ne s’en inquiète. Aujourd’hui la situation est devenue incontrôlable. La faute à un clientélisme des politiques de tout bord qui pensaient qu’en donnant satisfaction à tout le monde on obtenait la paix sociale et une réélection tranquille. Manifestement c’est raté.

vamonos

Ainsi, il devient tout à fait envisageable de déclarer légales les écoutes téléphoniques entre un client et son avocat alors que le législateur a prévu la protection du secret professionnel attaché aux correspondances échangées entre un avocat et son client.

Si j'étais à la place de M. Sarkozy et heureusement je ne le suis pas, j'aurais peut-être l'impression de vivre éveillé un cauchemar semblable à celui de Joseph K dans le roman de Franz Kafka intitulé "Le Procès". Dans un monde où nul n'est censé ignorer la loi alors que plus personne ne peut comprendre la loi dans son infinie complexité, la vie devient un cauchemar. On se pince, mais on ne se réveille pas parce qu'on ne rêve pas.

Dans ces conditions, puisque les interceptions téléphoniques constituent une ingérence nécessaire pour lutter contre la délinquance, les réticences à l'égard du système Echelon utilisé par les Américains de la NSA n'ont plus lieu d'être.

Jabiru

Le but de l'avocat c'est de faire pencher la balance de la justice en faveur de son client. Ce qui signifie que l'articulation de sa plaidoirie est un habillage arrangé permettant de contrer celle de son adversaire. S'il s'en tenait aux faits et aux moyens, ce serait trop simple et trop rapide pour notamment justifier ses honoraires. Ce qui est extraordinaire, c'est qu'après avoir écouté les plaidoiries des parties on a bien souvent la sensation qu'il ne s'agissait pas du même film. Reste au juge d'apprécier au vu des faits et des pièces pour essayer de rendre un verdict équitable.

Mary Preud'homme

Parmi les avocats les plus virulents et les plus friands de reconnaissance médiatique, notamment chez les pénalistes qui recherchent la médiatisation à outrance, il serait très instructif de connaître, pour comprendre leurs motivations réelles, le nombre de ceux qui sont en fait des recalés des concours de l'ENM, de l'ENSP, voire de l'ENA ou de l'IEP Paris et qui compensent ou se vengent comme ils peuvent en se mettant en scène de façon outrancière et sans pudeur pour masquer leurs frustrations, ce qui est le propre des refoulés.

genau

Nul doute que la CEDH flinguera la France pour cet arrêt. Est-ce une consolation ou une humiliation ? Je n'en sais rien.

Quoi qu'il en soit, je me souviens de ce que m'a raconté une magistrate qui s'agaçait de voir ses desiderata de stage annuel n'être jamais satisfaits, au profit de formations qu'elle n'entendait pas suivre.
Elle avait demandé un stage à l'Opéra de Paris. Finalement, excédée, elle téléphone à l'ENM et demande avec qui elle devait coucher pour avoir une réponse positive à sa demande. Elle a eu une réponse positive, sans coucher.
Ceci n'a rien de désobligeant pour quiconque mais démontre que le droit pur, idéal, n'existe pas. Les rédacteurs du Code Civil l'avaient bien compris qui avaient laissé au juge une grande liberté d'appréciation, à partir de principes peu nombreux, mais gravés dans le bronze.
Nous n'en sommes plus là : droit vagabond, forte influence politique, carriérisme outrancier etc. tout ceci est un phénomène social. Moyennant quoi, la fermeté de la règle s'efface devant la multiplicité des contrôles, le caractère sinueux des décisions, notamment en matière européenne et la libre critique de la décision au sein même de celle-ci par le rapport des opinions minoritaires.
Dans le cas Sarkozy, il est vrai que l'acharnement du sujet à naviguer en eau trouble, à se tromper dans ses choix personnels et à mélanger ses convictions avec ses désirs, comme à manier le langage des crocheteuses du Port au foin a facilité la tâche de la Cour de cass par une forme de retour d'argument aussi méchant qu'efficace. C'est de bonne guerre.
Il faut choisir : ou nous admettons cette justice un peu baroque ou nous plaidons pour un autoritarisme romantique. La Cour de cass a déjà détruit des règles pourtant jugées essentielles par des attitudes apparemment incompréhensibles.
Quant au gauchisme de certains magistrats que voulez-vous ? Il y a la peste bubonique et la peste marxiste qui sévit en France, de Juppé à Mélenchon. Hollande en est exempt ; il a un autre Ciel et il est bien trop malin.
Mais reprocher aux juges de chercher une voie c'est refuser notre monde tel que nous le bâtissons et surtout tel que nous le rêvons.
Quant aux avocats, je relis les propos du Président Giresse, dur parmi les durs qui a des mots terribles contre les avocats. Ce n'est pourtant pas sur ces prises de position quasi politiques qu'il faudrait les critiquer mais bien sur le traitement au quotidien des "petites affaires", celles qui mettent le petit peuple dans la solitude et dans la soumission. Mais de ces gens-là, qui se soucie ?

Michel Deluré

S'ils sont scandalisés par un arrêt de la Cour de cassation, les avocats doivent alors comprendre que l'opinion puisse aussi être parfois scandalisée par leur attitude lorsque, se trouvant dans la situation que vous décrivez où le fond est difficilement plaidable, ces mêmes avocats usent et abusent des ouvertures offertes par la procédure pour entraver délibérément le déroulement d'un procès.
Autant les menaces adressées à Me Mary sont inacceptables et condamnables, autant ses propos laissant entendre qu'il n'hésitera pas à user de toutes les procédures à sa disposition, même si elles sont effectivement légales, pour entraver l'action judiciaire sont choquants et insultants pour la mémoire des victimes innocentes des actes lâches, abjects de son client. Bien sûr qu'il y a la forme et qui doit être respectée, mais il y a aussi et surtout le fond qui doit primer et qui, en certaines circonstances, doit imposer à l'avocat le respect d'une certaine éthique.
Comme vous l'écrivez dans un de vos ouvrages PB ("Le bal des complaisants"), je crois effectivement que "les avocats se sentent certainement trop souvent situés du bon côté de la barrière et ont un talent indéniable pour vendre leur travail..." Ce statut ne doit pas pour autant justifier de leur part une certaine suffisance et certaines outrances.

Mary Preud'homme (Alleluia !)

@ Achille

A voir comment vous vous défoulez sur ma personne, et caricaturez ou décapitez systématiquement mes propos pour les interpréter de travers et toujours en mauvaise part, vous devez m'assimiler à quelqu'un parmi vos proches que vous ne supportez pas ou plus, votre belle-mère ou votre ex par exemple.

Relisez plutôt posément et dans l'ordre ce que j'ai écrit (cf 26 mars 13:42), en commençant par le premier paragraphe, et surtout le second, au lieu de vous focaliser sur la seule conclusion. Et si vous voyez toujours dans cette analyse d'une pratique désormais rituelle une quelconque allusion aux "seules personnes" de Sarkozy ou Hollande, je ne peux vraiment rien pour vous, sinon prier pour que la Lumière inonde votre esprit obscurci par des préjugés et des a priori soufflés par quelque mauvais génie de ce blog qui voit le mal partout, là où est au contraire la lucidité et la volonté d'élever le débat et de circonscrire la haine façon ML King.

Par ailleurs, question idéologie et pour n'en rester qu'aux proches de Sarkozy, je me sens davantage d'affinités avec Maxime Tandonnet qu'avec Hortefeux, qui a cependant le mérite de la fidélité en amitié, une "énaurme" qualité à mes yeux. Sans parler de mon maître à penser qui est et restera toujours sans conteste Jacques Ellul, dont je vous recommande la lecture assidue pour sortir (définitivement) de vos clichés "prêts à consommer". Au demeurant, un véritable visionnaire concernant l'islam conquérant auquel nous sommes hélas confrontés et dont il avait hélas prévu le projet de reconquête de l'intérieur. Mais nul n'est prophète en son pays, n'est-ce pas et nombreux sont ceux qui (après l'avoir combattu ou ignoré) mais au vu du péril désormais en nos murs reprennent opportunément et sans vergogne ses antiennes et avertissements en se les appropriant, et sonnent le tocsin avec la zèle des nouveaux convertis dont on connaît en réalité le seul instinct qui les anime.

Concernant enfin mes aptitudes particulières qui semblent vous obséder, voire vous faire fantasmer "grave" (moi qui ne dissimule rien - ou presque - notamment mon patronyme), sachez que bien qu'étant restée très sportive, ultra rapide, dégainant au quart de tour sur le plan des idées et assez douée pour le tir au pistolet et à la carabine, mes instruments de prédilection pour taper, gratter ou faire un carton en société appartiennent en réalité et de longue date au domaine de la musique ou de la poésie. Etonnant non !

JP

Extérieur aux professions de magistrats et d'avocats, mais observateur continu de leurs activités et de longue date, je suis frappé par la capacité d'une majorité des membres de ces professions à développer l'absence de bonne foi pour faire prévaloir leur thèse, pour créer une vérité judiciaire "hors sol". Cette évolution ne peut être ressentie au service du droit et encore moins de la Justice ; elle conduit à des décisions de plus en plus incomprises. J'ai bien conscience de l'importance des procédures, gardiennes des libertés, comme de la nécessité de défendre le pire criminel, mais je ne comprends pas l'obstruction procédurale surtout pratiquée par des avocats, auxiliaires de justice qui se proclament au service du Droit. Dans les "affaires" Sarkozy, il me semble que des juges ont agi avec des a priori insupportables (le présumant délinquant) et que la décision de la Cour de cassation a pour effet de valider une chasse à l'homme (filets dérivants), relativisant l'ETAT de DROIT que beaucoup invoquent trop souvent.

Exilé

D'un côté, Maître Truque et Maître Machain-Lambert, vedettes médiatiques du Barreau prêts à tout pour se faire de la réclame, de l'autre le juge SM Duchemolle, le champion du deux poids deux mesures, entre les deux une justice malmenée qui part en lambeaux...

Ne serait-il pas temps de jeter tout cela aux orties ?
Ne pourrait-on pas imaginer un système expert qui permette de prononcer un jugement impartial à partir d'un questionnaire standardisé, le jugement étant prononcé en fonction de la grille de lecture ainsi établie ?
Tel délit, telle peine. Cas suivant.

Quelle économies nous pourrions faire, avec en plus une justice de meilleure qualité, plus crédible, plus rapide, plus efficace et plus respectée !
Cela permettrait aussi de ne plus avoir à verser des pensions de retraites faramineuses aux anciens magistrats.
Je sens que Philippe Bilger va tiquer et qu'il va m'envoyer un message personnel si je persiste dans cette mauvaise direction...

Xavier NEBOUT

@Tipaza

Si encore ils le respectaient, le droit. Or, les magistrats le bafouent sans aucune gêne, comme bon leur semble.

Par contre, on est à la veille de voir les avocats s'en indigner, car comme je le répète encore (pas assez souvent), ces faux culs professionnels sont les premiers bénéficiaires de l'instabilité du droit et des magouilles idéologiques des magistrats.
Ainsi, on peut plaider n'importe quoi et faire appel de n'importe quoi avec une chance de succès pour peu notamment qu'on cale une rose ou trois points dans ses conclusions ou plaidoiries.
A-t-on vu un jour les avocats faire grève suite à un "revirement de jurisprudence" - le comble de la négation du droit et de la démocratie - ou demander la démission de son auteur ?
PS : Que dis-je, sa démission. Sa condamnation à 5 ans de tôle, oui !

Province

Tant que le syndicat du Mur des Cons ne sera pas dissous, je ne ferai jamais confiance à la justice.

Toutes les explications vaseuses pour me démontrer le contraire n'y changeront rien.

sylvain

@Achille | 26 mars 2016 à 10:53
"Concernant l’agression de maître Mary qui assiste Salah Abdeslam, il est évident que cet acte est stupide."

Qui est stupide ?
C'est fini ce temps-là cher Achille, définitivement et irréversiblement révolu, aujourd'hui on peut agresser des policiers qui ne font que leur boulot, des pompiers pour les empêcher d'éteindre un feu, des médecins qui veulent soigner des patients en urgence dans les zones de djeuns à risque, des profs non gauchistes je précise (il y en a, si si !) qui veulent de la discipline dans la classe, des arbitres de foot qui sortent un carton jaune, etc. etc. ; alors vous savez, que pèse un avocat qui veut défendre ce brave petit Salah Abdeslam déjà victime de notre société fasciste réac xénophobe christianisée, traumatisé par son arrestation ?
Tout ça grâce à l'approbation et aux encouragements de nos intellos bobos gauchos, nos prêtres gauchistes du PAF, nos merdias de gauche anti-France antipolice antirépublicains et beaucoup d'élus qui se gavent sur le dos des contribuables pour mordre la main de cette République qui les nourrit grassement : les Besancenot, les Mélenchon et toute cette smala gauchiasse haineuse fasciste de la pensée marxiste.
Faut changer votre logiciel cher Achille !

Achille

Joyeuses Pâques à tous !

Achille

@Mary Preud'homme
« Comme quoi lorsque l'on est très capable, dynamique, loyal et ouvert d'esprit, il ne fait pas bon se retrouver sous la coupe d'un médiocre infatué de sa personne doublé d'un amorphe sectaire qui se venge comme il peut et bien sûr de façon lâche et mesquine de sa nullité, de sa mollesse et de son manque de charisme. »

Bonjour « Ma »

Ben dites donc, vous avez troqué votre colt pour une Kalachnikov. Vous avez raison, c’est moins précis mais ça défouraille mieux.

Je suppose que le « très capable, dynamique, loyal et ouvert d'esprit » c’est Nicolas Sarkozy et que le « médiocre infatué de sa personne doublé d'un amorphe sectaire » c’est François Hollande, c’est ça ?

Brice Hortefeux disait dernièrement "Parfois, j'ai l'impression d'être le seul à défendre Nicolas".
Qu’il se rassure ! Si jamais il vient sur ce blog, il sait qu’il n’est plus seul !

Bon je me sauve avant de me prendre une rafale ! :-)

mariane

Houla ! Vous savez frapper là où ça fait mal. Vous relancez la guerre entre avocats et magistrats. Vous allez être mis au pilori mais ça ne devrait pas vous déplaire : vous savez, courageusement, focaliser l'intérêt des lecteurs sur un sujet brûlant... On apprécie vos coups de griffe qui ne sont jamais gratuits.

Dans les médias, les avocats sont trop souvent présentés comme des vedettes, dotés d'une intelligence supérieure. Leurs portraits sont excessivement valorisés parce que le public a besoin d'images fortes, on les adule, on les flatte, on les ménage : ils sont devenus les nouvelles stars du moment. Mais au fond, ils surjouent, en font trop, et ne méritent certainement pas la drague hystérique des journalistes à leur égard. Trop d'avocats jouent les divas sur les divans et même s'ils sont dotés d'une certaine intelligence ou de talent oratoire, ils ne méritent pas cette admiration béate des médias. Ils sont trop malins et moins convaincus pour imaginer un mur des cons. Mais en cherchant bien, on devrait bien en repérer quelques-uns parmi eux.

Véronique Raffeneau

"La Cour de cassation a rappelé cette évidence, qui confirmait une jurisprudence antérieure, que "les interceptions de communication téléphoniques constituent une ingérence nécessaire, dans une société démocratique, pour lutter contre la délinquance"."

Oui, une évidence.

Cependant, dans une société démocratique, les droits de la défense sont tout autant une évidence.

S'il est établi qu'un avocat est préalablement suspecté d'avoir commis une infraction, il n'y a évidemment rien à redire des écoutes mises en place à son encontre.

Est-on dans ce cas de figure dans l'épisode Herzog-Sarkozy ?

Une défense est-elle seulement imaginable si celle-ci n'est pas préalablement protégée par le secret des échanges entre l'avocat et son client ? Si celle-ci n'est pas protégée des dérives et des délires.

Le danger pour l'Etat de droit, comme toujours, ce sont les dérives et les abus.

Il y a quelques mois, dans le billet "Un délire à deux faces" (3 novembre 2015), vous parliez d'acharnement en ce qui concerne les écoutes téléphoniques dont l'ancien président Sarkozy avait fait l'objet dans le dossier Air cocaïne.

Reste également, dans l'esprit public, une incompréhension liée aux moyens démentiels déployés et mis en place pour écouter un ancien président alors que ces moyens sans le moindre doute, auraient été tellement nécessaires ailleurs si nous considérons les tragédies récentes liées au terrorisme.

Frank THOMAS

Par bonheur je n'ai jamais eu affaire à la justice !
Quand je lis ce billet, énième récrimination d'un haut magistrat contre les avocats, je m'en réjouis encore plus.
Cette guéguerre n'a rien qui puisse rassurer les justiciables potentiels que nous sommes tous.
Elle fait un peu penser, mutatis mutandis, à la "guerre des polices".

eileen

- Que vous soyez puissant ou misérable le jugement de cour vous rendra blanc ou noir... fable bien connue

- Bien connue aussi d'un ancien président de la République qui ne faisait pas confiance à la justice de son pays, rengaine elle aussi bien connue, puisqu'il s'était affublé d'un pseudo Paul Bismuth

semtob

Cher Philippe,

Chacun a droit à un procès équitable. Sur ce point nous pouvons vous suivre.

Quant au second point qui prétendrait que certaines personnes qui représentent des millions de voix n'auraient pas le droit de se défendre et pourraient être l'objet d'un acharnement totalement fou, nous ne pouvons pas accepter ni comprendre.

Le jour où la Cour de cassation a baissé sa robe pour se soumettre au jeu antidémocratique et pervers des socialistes, cette institution est devenue une termitière en poussière et a démontré l'absurdité de ses décisions et de ses caprices.

Que les avocats protègent le principe même de la défense à savoir de pouvoir préparer un procès ou une convocation dans des conditions de confiance, faute de quoi ils auraient perdu la raison même de leur exercice.

Ce jeu à la noix qui est fait d'user et de salir ceux qui peuvent prendre le pouvoir n'a que trop duré !
Et tout de même user des moyens en homme, en temps, en matériel de la justice pour écouter un Président, il n'y a pas de quoi être fier ! C'est minable, il n'existe pas d'autres mots.
Cette centaine de policiers qui ont mené ces écoutes pour contenter Dame Taubira avaient bien mieux à faire que cet abus de pouvoir ou d'idiotie.
Ces mosquées salafistes que nous devons fermer, c'est là qu'est l'une des priorités.
Ces disparus que l'on compte par milliers, c'est là qu'est l'une des priorités. Ces terroristes qui circulent en toute impunité, c'est la principale priorité.

Tout ceci montre que la justice a totalement perdu son indépendance puisque quelques individus prétendent influencer le droit de vote légitime de millions d'électeurs. C'est un drôle de message de démocratie et c'est encore plus laid venant d'un gouvernement de gauche. Le pouvoir judiciaire doit rester un rêve au quotidien et ceux qui s'en réclament ne représentent qu'une inflation de leur prétention et sont en fait minuscules.

En musique, comme le disait Nougaro, il faut deux noires pour faire une blanche et nous ne pouvons soutenir que quelques protégés de régimes successifs décident de l'avenir d'un pays et effacent le choix et le droit de vote par des manipulations politiques et juridiques.
Non, vraiment la justice mérite une autre image et notre pays aussi.
françoise et karell Semtob

Trekker

@ Sylvain |e 26 mars 2016 à 11:46
"De quel avocats parle-t-on ? Lesquels d'après vous aiment l'état de droit, le vrai ? Beaucoup parmi eux profitent de leur fonction pour faire du prosélytisme gauchiste voire islamiste, ils aiment bien se répandre sur les médias en invoquant toujours la liberté d'expression, les droits de l'homme, etc."

Totalement d’accord avec vous, au risque de m’attirer l’ire de nombreux commentateurs, il me semble que nombre de ténors du barreau de Paris et en premier leur bâtonnier, n’acceptent les décisions de justice que lorsqu’elles valident leurs thèses ou les dénégations de leurs clients.

On est en train de passer d’un gouvernement des juges à celui des avocats ayant l’oreille des médias qui comptent. Désolé mais je suis pas que réservé sur un certain nombre de membres de cette profession, chez qui l’éthique n’est qu’un lointain souvenir d’étudiants. Plus précisément sur ceux fort prolixes dans les médias, qui font le procès des magistrats n’entérinant pas leurs plaidoiries et qui nous abreuvent, derrière leur jargon juridique, de leçons de morale… et ce pour ne pas dire de leur partisan politicien, tant de gauche que de droite.

Exilé

@breizmabro
M.Sarkozy avait demandé la récusation de Claire Thépaut juge SM qui l'avait cloué au mur des cons, pour sa partialité affichée en sa qualité de coconstructrice dudit mur.
Il a été débouté de sa demande.

Je n'éprouve aucune sympathie particulière envers M.Sarkozy - euphémisme - mais si c'est vrai, je trouve cela scandaleux.
Il y a quelque chose de pourri dans ce qui fut jadis le beau royaume de France...

Choubidou

Avocats parisiens à deux vitesses.

J'aurais bien aimé que les avocats parisiens eussent été "scandalisés" et qu'ils se mobilisassent pour moi comme pour eux, qui m'ont laissé me faire défoncer par trois appels et trois cassations inutiles dans ce naufrage judiciaire politique et humain (eux compris), qui garantit l'impunité à certains, et que je ne rappellerai pas encore.

Anniversaire P... 22 ans maintenant !

Mitsahne

Le béotien que je suis s'étonne de deux choses :

- M. Sarkozy, ancien président de la République, ancien ministre de l'Intérieur, ancien ministre des Finances, n'est pas sans connaître les "ficelles" du métier. Au plus haut niveau, on ne me fera pas croire que l'on ignore les pratiques dites de basse police, les coups tordus, les entourloupes, les habitudes du "fermer les yeux" sur bon nombre d'irrégularités, les secrets des services secrets en France et à l'étranger, les moyens des services "Action" et les fonds discrets des sources incertaines. M. Sarkozy aurait donc été piégé comme un vulgaire pékin de café du commerce par des écoutes téléphoniques malveillantes ? Il n'aurait pas les moyens de se protéger ?

- Du corporatisme, il en existe dans toutes les professions, ce qui est bien normal, et notamment dans celles qui ont nécessité de longues études dans des grandes écoles. Ce ne sont pas les polytechniciens qui me démentiront ! Mais il me semble que les plus intouchables des intouchables sont tout de même les magistrats puisqu'ils détiennent l'arme suprême, le pouvoir de trancher définitivement, en dernier recours, y compris contre ceux qui les ont nommés. Autrefois, on disait d'un capitaine de bateau "seul maître après Dieu".
Ce n'est pas rien, un tel pouvoir et la tentation bien humaine de s'en servir si peu que ce soit est naturelle.
Un magistrat, si haut placé soit-il, reste malgré tout un homme et ne peut prétendre à la défaillance zéro. L'histoire du "mur des cons" est édifiante et montre au peuple des béotiens le niveau de probité et de conscience professionnelle de certains magistrats syndiqués tout-puissants. Le corporatisme, à ce degré de développement, est une super-protection de la protection. Un char d'assaut qui aurait trois blindages.

Robert Marchenoir

Il est en effet inquiétant de voir de nombreux membres du réactionnariat s'indigner, à travers Internet, qu'Abdeslam soit simplement défendu.

A force de dénigrer la "République", les "Lumières" et le "libéralisme", on en finit par oublier les fondements de l'Etat de droit, de la démocratie et de la liberté. L'un d'eux étant que les pires criminels ont droit à un avocat.

Et que si ce droit était rogné, alors c'est l'ensemble des honnêtes gens qui seraient en danger de subir l'arbitraire de l'Etat. Ca a l'air évident, mais apparemment cela doit être rappelé.

eileen

Pourquoi peint-on toujours la justice avec une épée et même une balance ? Je voudrais quelquefois lui mettre un voile. Il est souvent de la justice de ne pas faire justice (Prince de Ligne)

Une seule voie, se tenir dans les clous pour ne jamais avoir affaire à la justice !

Si d'aventure on le doit, espérons que certains commentateurs ne figurent pas parmi les jurés, la haine qui suinte de certains commentaires est effrayante.

Plaeg

@Mary Preud'homme

C'est déjà le cas : le projet pédagogique individuel, six mois pendant lesquels on peut aller en entreprise, association, juridiction, service public, etc., où on veut sauf en cabinet (à quelques exceptions).

L'élève-avocat choisit où il veut aller, sachant que comme les juridictions de l'ordre judiciaire et les associations ne rémunèrent pas, c'est très peu choisi car "faut bien qu'on bouffe un peu", et qu'on se loge. Pour ceux n'ayant pas ce genre de préoccupation, le stage non rémunéré ou la préparation d'un diplôme est possible (certains élèves-avocats n'ont qu'un master 1 et ont besoin de passer un master 2 pour être plus "embauchables" par la suite).

Petit bémol : vous avez l'air de dire que ce devrait être une obligation d'aller au côté de travailleurs sociaux ou dans l'armée. Nous nous préparons à entrer dans une profession "libérale" (oui, entre guillemets car au final nous serons astreints à bien plus d'obligations que le tenancier du café du coin), je détesterais l'idée d'être obligé de faire quelque chose que je n'aurais pas envie de faire au prétexte que ça m'apprendrait la vie.

C'est le rôle de l'avocat d'agir dans l'intérêt de son client, et donc d'être procédurier. Ce mot, en apparence négatif, est en fait plus que normal dans une société démocratique. Nous suivons une procédure et si des responsabilités doivent être engagées, on les engage, je ne vois pas en quoi ça nous rend inhumains. Ne déplaçons pas le problème. Quand quelqu'un se fait condamner pour avoir "merdé", c'est cette personne qui est fautive, pas l'avocat qui a fait la procédure.

Concernant les écoutes l'arrêt me déçoit en un point. Je n'ai pas pris le temps de connaître les tenants et aboutissants des écoutes Sarkozy/Bismuth, je ne critiquerai donc pas la validation des écoutes sur un plan procédural. En revanche, je trouve fort de café que les écoutes avocat/client soient validées mais que la saisie de documents à la Cour de cassation soit annulée.

Autrement dit, on taxe les avocats de corporatisme, mais d'un autre côté, les magistrats souhaitent protéger leurs arrières quand l'un des leurs est suspecté de quelque chose de douteux.

Bref, l'analyse est plus fine concernant le secret du délibéré que pour le respect des échanges entre avocat et client.

La seule conséquence de cet arrêt : les avocats ne sont plus libres de parler à leurs clients. Toute conversation est susceptible d'écoutes et qui dit écoutes, dit possibilité d'utilisation détournée si inexploitables procéduralement.

breizmabro

@ J-P Versini-Campinchi | 26 mars 2016 à 13:06

Bien évidemment !

Qui peut encore soutenir que le filet dérivant mis en place de septembre 2014 à mars 2015 avait pour but de stopper "la préparation" d'une infraction, à part Ph. Bilger ?

M.Sarkozy avait demandé la récusation de Claire Thépaut juge SM qui l'avait cloué au mur des cons, pour sa partialité affichée en sa qualité de coconstructrice dudit mur.

Il a été débouté de sa demande.

Le corporatisme de la magistrature a fait ce qu'il fallait faire. Point.

Après, monter sur ses ergots pour clamer que les avocats sont corporatistes, c'est tout de même un peu fort de café...

Mary Preud'homme

@ Solon | 26 mars 2016 à 13:42

Pas de pitié pour ceux qui peu ou prou ont été proches ou sont censés avoir apporté leur soutien à Sarkozy, ne serait-ce que par leur vote.
Tous placardisés, limogés, rétrogradés, inquiétés, à commencer par ceux qui figuraient dans les hautes sphères et aujourd'hui assimilés à de vulgaires voyous de la "ripoublique socialiste".
Comme quoi lorsque l'on est très capable, dynamique, loyal et ouvert d'esprit, il ne fait pas bon se retrouver sous la coupe d'un médiocre infatué de sa personne doublé d'un amorphe sectaire qui se venge comme il peut et bien sûr de façon lâche et mesquine de sa nullité, de sa mollesse et de son manque de charisme.

Paul Duret

@Mary Preud'homme
"Il fut un temps où les ingénieurs des mines devaient obligatoirement faire six mois de fond"

Vous me rappelez de bons souvenirs : un mois de stage ouvrier au fond d'une mine de charbon à La Houve en Lorraine, dans une galerie de moins d'un mètre de hauteur. Certains mineurs picolaient plus que de mesure.

Michelle D-LEROY

Tout individu a le droit d'être défendu, certes, mais défendre l'indéfendable questionne légitimement sur la personnalité de l'avocat, courageux pour les uns ou qui cherche une bonne pub pour les autres. De là à l'agresser, il y a une grande marge.
Et je me réjouis que beaucoup d'autres islamistes n'aient pas été capturés vivants, cela évite procès coûteux, montée de la haine et pour finir par (peut-être) une condamnation trop indulgente.

Quant à Nicolas Sarkozy qu'on peut haïr d'une autre façon et pour d'autres raisons, bien qu'on ne puisse comparer ces deux affaires sinon pour parler des avocats, il faut tout de même avouer qu'on l'a légalement (?) mis, lui et son avocat, sur écoutes pendant des mois, comme dans une République bananière. Alors que certains beaux esprits s'élèvent contre l'état d'urgence et ses conséquences intrusives dans la vie privée d'islamistes potentiels, tout serait normal vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. De quoi s'interroger quand même.

Pendant son mandat, Nicolas Sarkozy a bousculé les corps intermédiaires et la magistrature, il en paie le prix fort aujourd'hui. Les juges ne sont pas toujours aussi impartiaux qu'on voudrait le laisser croire, surtout en matière de politique, et, dans le cas présent, le sacro-saint état de Droit en prend un sérieux coup.

La justice comme le traitement de l'information ou la liberté d'expression sont réputés équitables et égalitaires pour tous les citoyens de notre démocratie. En principe, mais en tenant compte de la pensée conforme à celle définie par le camp du bien. Il n'y a pas un jour où cela ne se vérifie et cela devient inquiétant.

Mary Preud'homme

Il fut un temps où les ingénieurs des mines devaient obligatoirement faire six mois de fond (comme apprenti porion, s'agissant des mines de charbon) en souterrain, ou à flanc de coteau comme contremaître assistant (pour les mines de fer), avant d'être diplômés.

On devrait avoir la même exigence pour certains praticiens du droit, notamment les magistrats et les avocats. Qu'ils soient tenus en cours d'études ou à l'issue de celles-ci - afin de ne pas être totalement déconnectés de la réalité - de faire plusieurs mois de terrain, par exemple dans les cités à problèmes, aux côtés des policiers ou des travailleurs sociaux, voire être incorporés à des stages commandos dans l'armée afin qu'ils prennent conscience de leurs propres limites. Ce qui les rendrait à la fois plus humbles, moins rigides et procéduriers, et donc plus humains.

Concernant les écoutes de l'ancien président sur une durée de six mois (tiens tiens !), il est évident qu'il y a eu volonté de nuisance et d'acharnement contre cet homme. Comme s'il n'y avait pas d'autres priorités pour cette justice soi-disant débordée et qui relâche des individus dangereux à la pelle, au grand dam des policiers... Tandis que le terrorisme étend partout ses tentacules mortifères et menace les plus sûrs fondements de notre démocratie, au point que la guerre civile est palpable dans certaines banlieues, quelle crédibilité accorder à cet acharnement procédurier indécent, eu égard à la situation tragique qui couve ? Un gaspillage d'énergie, de temps et d'argent proprement scandaleux pour un résultat qui sera probablement "Nul" comme le reste. Sarkozy au hit parade des têtes de turc mises à prix de ce pouvoir de pieds nickelés, alors que le diable est à nos portes, que les nids de terroristes en puissance prospèrent et que la France se délite de partout, sûr que toutes affaires cessantes, il convenait d'avoir la peau de l'ex-président pour sauver la France ! Comme disait Bilboquet I au tout début de son quinquennat catastrophique : "Sarkozy tu ne le verras plus". Et un larbin de surenchérir "tu ne le verras plus, on s'en occupe !"

"Occupés, débordés, tu ne le verras plus jamais" pour paraphraser une chanson que mes petites-filles adorent !

Elève avocate

Cet article est intéressant, peu importe que l'on partage vos propos ou non.

Je trouve en revanche dommage de prendre l'avis de Me Spinosi et d'en faire l'avis général et représentatif de la profession d'avocat.

A titre personnel, étant élève avocate à Paris je me tourne plutôt vers le Bâtonnier pour avoir un avis qui représente au mieux celui de la profession. Et en l'occurrence ce dernier a expliqué au journal "Le Monde" : (je cite)

La Cour de cassation écrit notamment : « aucune disposition légale ou conventionnelle ne fait obstacle à la captation, à l’enregistrement et la transcription des propos d’un avocat intervenant sur la ligne téléphonique d’un tiers régulièrement [ce qui veut dire légalement] placée sous écoute, dès lors que (…), en premier lieu, cet avocat n’assure pas la défense de la personne placée sous surveillance, qui n’est ni mise en examen ou témoin assisté ni même n’a été placée en garde à vue dans la procédure en cause. »

Pour le bâtonnier de Paris, cela revient à dire que « le seul avocat que l’on ne peut pas écouter est celui de quelqu’un qui fait l’objet d’une procédure pénale », ce qui n’était alors pas le cas de l’ancien président de la République. L’une des conséquences de cette analyse de la Cour de cassation est qu’« il n’y a plus de secret des affaires, ou de secret économique ».

[...]

Le bâtonnier, en revanche, ne remet pas en cause le second moyen que la Cour de cassation a utilisé pour valider les écoutes entre un avocat et son client. Les magistrats notent que le contenu des conversations est « étranger à tout exercice des droits de la défense » et surtout, que les propos « relèvent des indices de sa participation à des faits susceptibles de qualification pénale ». Dans ce cas, pour M. Sicard, « il ne s’agit plus d’un avocat, mais d’un délinquant ».

Voici le lien de l'article: http://abonnes.lemonde.fr/police-justice/article/2016/03/22/le-batonnier-de-paris-scandalise-par-l-arret-de-la-cour-de-cassation-sur-les-ecoutes-sarkozy_4888041_1653578.html

Ainsi, représenter la profession d'avocat comme corporatiste est mensonger puisque, comme le dit Me Sicard, un avocat peut être placé sous écoute téléphonique en cas d'enquête, comme n'importe quel citoyen.

Solon

Simple remarque : "les interceptions constituent une ingérence nécessaire, dans une société démocratique, pour lutter contre la délinquance..."
En avril 2014, Monsieur Squarcini a été condamné à 8000 € d'amende pour avoir "intercepté" les fadettes d'un journaliste, correspondant d'un magistrat (le hasard, sans doute...) soupçonné d'infraction. Ne s'agissait-il pas alors de lutter contre la délinquance, de la part d'un fonctionnaire agissant dans le cadre de ses fonctions ?

J-P Versini-Campinchi

Une certaine "détestation" de l'avocature vous gâcherait-elle la pertinence du propos ?

Trois observations sur les arrêts Sarkozy :

1- Le secret des conversations n'est pas celui des avocats (ainsi privilégiés) mais des justiciables, leurs clients.

2- Le scandale est que l'écoute indirecte soit exclue du régime légal protecteur des écoutes directes de l'avocat, alors qu'il suffirait d'interdire les transcriptions des écoutes indirectes, à partir du poste du client, dès lors qu'il s'entretient avec son avocat et bien entendu dès lors que les conditions autorisant une écoute directe ne sont pas remplies.

3- Persister à soutenir que les avocats ne le deviennent seulement que lorsque leur client a été mis en examen est proprement insensé et indécent.

Tout cela sera balayé par le CEDH et la Criminelle s'inclinera, vous le savez bien, comme d'habitude, mais quel temps perdu et combien d'injustices.

breizmabro

@ eileen | 26 mars 2016 à 11:14
"Cet arrêt de la Cour de cassation serait-il les prémices d'une même justice enfin devenue égale pour tous..."

J'ose croire que c'est de l'humour :-)

Jean-Marc

Il n'y a pas que les avocats qui soient scandalisés :

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/03/22/le-batonnier-de-paris-scandalise-par-l-arret-de-la-cour-de-cassation-sur-les-ecoutes-sarkozy_4888041_1653578.ht

Vous oubliez que la CEDH a déjà condamné plusieurs fois la partialité de la justice française.

Heller

@Marc CHEIFETZ
"...des juges en particulier qui ne rendent de comptes qu'au CSM, exclusivement composé de leurs pairs."

Euh, comment dire, ça signe la pertinence de l'ensemble de votre propos ;-)

Exilé

Chacun a le droit d'être défendu, même après être soupçonné d'avoir commis le pire et peut-être de le revendiquer. Surtout quand l'accusation est forte des crimes odieux perpétrés et d'un fond difficilement plaidable contraignant le conseil à n'user que de la procédure et de ses éventuels pièges.

Mais l'état de droit a-t-il encore un sens en temps de guerre (le recours à ce terme de guerre ne vient pas de moi mais des gens qui prétendent gouverner) ?

En temps de guerre, juge-t-on individuellement les prisonniers que l'on vient de faire, hormis dans les cas de crimes de guerre ?

Il faut comprendre que dans le cas des attentats islamistes la société n'est pas face à des individus isolés dont il conviendrait d'analyser la personnalité et les déviances éventuelles, comme nous aurions jugé Landru, mais face à un système.
Peut-on juger un système ? Oui, la seule fois que cela s'est fait remonte à Nuremberg, bien que d'autres systèmes épouvantables aient pu proliférer impunément depuis.

Pour prendre une comparaison à partir d'une situation qui présente plusieurs points communs avec les événements actuels, nous pouvons citer le traitement judiciaire des premiers actes de terrorisme - souvent ignobles - perpétrés par les membres du FLN en Algérie, selon la procédure classique (et à l'époque, les gouvernements y compris socialistes ne menaient pas la guerre à un terrorisme désincarné mais au FLN...).
Mais en quoi la personnalité des activistes avait-elle une quelconque importance dans ce qui relevait d'un mouvement plus vaste recouvert des oripeaux d'une guerre d'indépendance ?

Au passage, devant le nombre d'attentats commis ayant vite submergé les divers rouages de la police et de la justice, cette approche juridique classique a dû être vite abandonnée du fait de sa lourdeur.

Donc, avant de juger seulement les acteurs individuels, commençons par mettre en cause ce système lui-même (comme en Sicile la Mafia est mise en cause), cessons de favoriser son extension chez nous y compris dans les plus petites villes avant de charger uniquement des individus qui ne sont qu'une partie d'un tout et ne font que répondre à une logique de mort parfaitement identifiée que nos hommes politiques indignes se refusent pourtant à condamner, par clientélisme.

sylvain

De quel avocats parle-t-on ? Lesquels d'après vous aiment l'état de droit, le vrai ? Beaucoup parmi eux profitent de leur fonction pour faire du prosélytisme gauchiste voire islamiste, ils aiment bien se répandre sur les médias en invoquant toujours la liberté d'expression, les droits de l'homme, les padamalgame, le racisme, la xénophobie, pour justifier leurs méthodes orientées politiquement de gauche et d'extrême gauche. Ces avocats n'ont aucune déontologie, opportunistes arrivistes collabos du nouveau système idéologique qui se met en place lentement mais sûrement, les bombes des terroristes ne sont là que pour nous rappeler et nous aviser que nous devrons nous soumettre de gré ou de force à la dictature fasciste gauchislamiste du grand remplacement, les avocats consentants collabos ne sont là eux aussi que pour confirmer et approuver leurs démarches criminelles grâce à ce verbiage arrogant cynique et insoutenable pour des victimes qu'on leur apprend à l'Ecole du Barreau, nid gauchiste reconnu.
Ce genre d'avocats on les trouve à gauche, extrême gauche, fanatiques laïcards, islamistes, concept très mode à gauche, christianophobes, anti-France, soumis, collabos, atteints des mêmes pathologies paranoïaques que leurs collègues juges rouges du SM mur des cons.

Bon week-end à tous et arrêtez d'embêter notre cher Garry, j'y veillerai !

eileen

Excellentissime, ce billet est du "Grand Philippe Bilger" !

Cet arrêt de la Cour de cassation serait-il les prémices d'une même justice enfin devenue égale pour tous qui aurait "osé" braver les effets de manche et les pirouettes sémantiques des deux protagonistes qui pensaient l'affaire pliée... en leur faveur bien évidemment.

Etrange qu'en 2016, certains ignorent encore qu'en démocratie un individu quelle que soit l'horreur de la faute commise, a le droit d'être défendu et que l'avocat a le devoir de le défendre... et qu'il doit l'être gratuitement ahaha cette disposition c'était du temps où la justice était rendue sous un chêne !
L'erreur de ce genre d'individu est de faire un transfert, ie. attribuer à l'avocat la faute du justiciable, confondre justice et vengeance et pour certaines victimes être toujours insatisfaites à la lecture du verdict, le procès n'est ni un baume, ni un pansement posé sur une douleur que seul le temps atténuera.

Achille

Concernant l’agression de maître Mary qui assiste Salah Abdeslam, il est évident que cet acte est stupide. Tout criminel, même le plus odieux, a le droit d’être défendu. Généralement, politiques et crapules de tout poil (les premiers n’appartenant pas forcément au même clan que les autres) recherchent particulièrement les avocats les plus procéduriers, capable de faire capoter une instruction sur une simple tournure de phrase, une erreur de date ou encore de faire libérer un prisonnier dangereux à cause d’une panne de fax, appareil qui semble-t-il est encore utilisé dans les tribunaux alors que les entreprises ne l’utilisent plus depuis au moins dix ans.

Tout comme un médecin est tenu d’apporter des soins à un meurtrier, un avocat se doit d’assurer sa défense si celui-ci lui en fait la demande. L’un comme l’autre disposent d’un code de déontologie qui réglemente leur profession. Ceux qui se font radier de leur ordre sont généralement des praticiens qui ne l’ont pas respecté.

A noter tout de même que les individus qui envoient des menaces de mort à des avocats mettent rarement leurs menaces à exécution. Ce sont généralement des exaltés qui déversent leur trop-plein d’adrénaline dans des messages le plus souvent confus.
Maître Vergès, lui aussi un avocat qui aimait bien défendre les pires crapules de la planète est mort dans son lit à l’âge respectable de 88 ans. Je ne serais pas étonné que maître Mary finisse lui aussi par mourir de vieillesse.

Xavier NEBOUT

Votre démonstration est un peu courte, votre Honneur.

La CDEH :

"La Cour rappelle enfin que la protection du secret professionnel attaché aux correspondances échangées entre un avocat et son client est, notamment, le corollaire du droit qu’a ce dernier de ne pas contribuer à sa propre incrimination et que, dès lors, ces échanges bénéficient d’une protection renforcée...

72. Par ailleurs, l’ingérence dans le domicile et le secret des correspondances des requérantes tendait à la recherche d’indices et de preuves de l’existence d’ententes illicites. Elle poursuivait donc à la fois le « bien-être économique du pays » et « la prévention des infractions pénales » au sens de l’article 8 § 2 de la Convention.

73. Reste à examiner si l’ingérence apparaît proportionnée et peut être considérée comme nécessaire à la poursuite de ces objectifs.

79. À cet effet, la Cour estime qu’il appartient au juge, saisi d’allégations motivées selon lesquelles des documents précisément identifiés ont été appréhendés alors qu’ils étaient sans lien avec l’enquête ou qu’ils relevaient de la confidentialité qui s’attache aux relations entre un avocat et son client, de statuer sur leur sort au terme d’un contrôle concret de proportionnalité et d’ordonner, le cas échéant, leur restitution. Or, la Cour constate qu’en l’espèce, si les requérantes ont exercé le recours que la loi leur ménageait devant le JLD, ce dernier, tout en envisageant la présence d’une correspondance émanant d’un avocat parmi les documents retenus par les enquêteurs, s’est contenté d’apprécier la régularité du cadre formel des saisies litigieuses, sans procéder à l’examen concret qui s’imposait.

80. Compte tenu de ce qui précède, la Cour juge que les saisies effectuées aux domiciles des requérants étaient, dans les circonstances de l’espèce, disproportionnées par rapport au but visé.

81. Il s’ensuit qu’il y a eu violation de l’article 8 de la Convention..."

"...corollaire du droit du suspect de ne pas contribuer à sa propre incrimination " dit la CDEH, mais cela va plus loin si l'on considère que la conscience de l'avocat et de son client sont une.
Dès lors, si l'on admet pouvoir s'immiscer dans la relation entre l'avocat et son client, on doit pouvoir faire parler les suspects sous la contrainte, et notamment par la drogue. Ce que prône TRUMP à juste titre.
C'est ce qui permettrait notamment de mettre très rapidement Daech hors d'état de nuire en France avec un interrogatoire sous drogue des fichés S.
Il faut être cohérent dans son idéologie.

Achille

Bonjour,

« Les avocats n'aiment que leur état de droit. Celui qui, dans les affaires qui les touchent de près, s'adapte à leurs attentes et à leur désir. »

Les avocats aiment leur état de droit et les juges les pouvoirs qui leur sont conférés. Clemenceau lui-même ne disait-il pas que le juge est l’homme le plus puissant de France ? Personnellement j’ai tendance à le croire.

Chaque corporation défend ses prérogatives, rien de bien étonnant à cela.

Le problème aujourd’hui, avec les nouveaux outils de télécommunication, c’est qu’il est possible de récupérer tout ce qui a été dit ou écrit à partir de ces petites merveilles de la technologie bourrées d'applications vicieuses. Il y a bien le cryptage mais ce dernier ne résiste pas à des hackers particulièrement doués.

Finalement la meilleure façon d’échanger des infos confidentielles de nos jours c’est encore de se trouver dans un petit café dans un patelin perdu, demander une table bien isolée, ne surtout pas oublier de couper son smartphone car s’il est en veille votre conversation peut aussi être écoutée, eh oui ! On peut aussi mettre sa main devant la bouche comme le fait Nicolas Sarkozy afin que personne ne puisse lire sur vos lèvres, mais manifestement, en tout cas en ce qui le concerne, cela ne fonctionne pas vraiment.

breizmabro

"Il est acquis que les écoutes en question préparaient ou constituaient une infraction"

J'avais cru comprendre que Sarkozy avait été mis sur écoute concernant le supposé financement de sa campagne par Kadhafi, que voulant trouver à toutes forces des preuves dans cette affaire M. Sarkozy a fait l'objet d'écoutes sur une période de six mois (environ).

De deux choses l'une, soit M. Sarkozy était écouté pour que la lumière soit faite sur les présomptions décrites dans Mediapart, soit il était sur écoute car il était acquis que Messieurs Sarkozy et Herzog son avocat, "préparaient une infraction" depuis au moins six mois, ce qui a nécessité l'interception de leurs communications téléphoniques "afin de mieux lutter contre la délinquance".

La Cour de cassation a répondu.

Tipaza

Il y a le pouvoir de convaincre que peuvent avoir les avocats, éventuellement bêtes et corporatistes.

Il y a le pouvoir de décision et partant de nuisance de certains magistrats, intelligents (?) et non moins corporatistes, qui se considèrent comme intouchables. Et ils le sont comme on a pu le voir avec l’absence de sanctions suite au mur des cons.
Hélas, hélas, hélas.
Bêtise et corporatisme sont également répartis dans ces deux corporations, comme dans d’autres d’ailleurs.
La différence est que celles des avocats sont incitatives alors que celles des magistrats sont impératives.

Si le terrorisme implique un réarmement moral, il faudra commencer par apprendre à certains magistrats qu’au-delà du droit, il y a la droiture de comportement.

Marc CHEIFETZ

Cette diatribe contre les avocats met en lumière certaines vérités.
Mais lorsque vous dénoncez le corporatisme des avocats, on ne peut s'empêcher de penser à celui, plus insidieux, des magistrats en général et des juges en particulier qui ne rendent de comptes qu'au CSM, exclusivement composé de leurs pairs. Les donneurs de leçons se trouvent aussi dans leurs rangs, au sein du SM qui sort parfois des rails et méprise cette déontologie qu'ils portent souvent en bandoulière.

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