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13 juin 2016

Commentaires

sbriglia

"A supposer que Pascal Jardin doive "la vérité" à la mère de la victime, il faudrait craindre que la cour d'assises se déplace de l'essentiel vers une périphérie douloureuse mais impossible à satisfaire" écrit notre hôte...

Un(e) commentateur(trice) peut-il m'expliquer s'il comprend, ici, la pensée de PB ?

Est-ce à dire que dans la mesure où le présumé meurtrier décrirait avec force détails le scénario du meurtre, on passerait dès lors de l'essentiel à l'accessoire ?

Qu'est-ce que la "périphérie" de "l'essentiel" ? En quoi serait-elle à la fois "douloureuse" et "impossible à satisfaire ?

Et en quoi "l'exigence absolue de justice" implique-t-elle que les cours d'assises aient "besoin du peuple" ?

La justice civile et commerciale a tout autant besoin de justice et pourtant le peuple n'y siège pas...

Bref, ou je vieillis et mes neurones s'affadissent singulièrement, ou PB (me) devient par trop abscons...

Xavier NEBOUT

Le sérum de vérité, ce serait de la torture, mais l'internement administratif des suspects, ça c'est républicain !

Ils sont devenus fous s'ils ne l'étaient déjà, avant même de parler de rendement : maximum pour un prix minimum d'un côté, coût astronomique et renseignement zéro de l'autre.

PhD

Article 411-4 du code pénal

"Le fait d'entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d'agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d'amende.

Est puni des mêmes peines le fait de fournir à une puissance étrangère, à une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents les moyens d'entreprendre des hostilités ou d'accomplir des actes d'agression contre la France."

Qu'attend le gouvernement pour se servir de cet article ?

Parce que si Laroussi Abbala avait pris trente ans de taule pour son implication dans la filière djihadiste, les deux policiers seraient vivants et le gamin de trois ans aurait encore ses parents.

Mais, en référence au billet précédent, c'est peut-être une idée populiste.

Trekker

Un peu voire beaucoup hors sujet, mais les propos de l'ex-colonel Michel Goya sont fort pertinents et montrent bien les limites des rodomontades de nos politiciens !...

http://lavoiedelepee.blogspot.fr/2016/06/le-gout-du-fer.html

breizmabro

@Mary Preud'homme le 14 juin 2016 à 11:37
"On va encore m'accuser de me répandre et raconter ma vie !"

Ben oui... un peu quand même. Faire pleurer Margot n'a jamais empêché la misère ou la mort, et crier Vive le retour à la guillotine (ou autres) n'a jamais empêché un criminel de réaliser son crime, Badinter-Publicis ;-) ou pas.

sylvain

Il y a quelques semaines, une loi visant à élargir les conditions d'obtention de la nationalité française, par le droit du sol, allait être votée en catimini. Depuis peu, c'est officiel !
Dorénavant la loi n°2016-274, publiée le 8 mars 2016 au Journal officiel, entre en vigueur.
Quelques points essentiels à retenir sur cette trahison de l'État…
Cette loi crée une nouvelle forme d'acquisition de la nationalité française : un droit du sol dérivé, indirect, transmis par le lien de fratrie, qui ne nécessite pas d'être né sur le territoire français, mais d'avoir un frère devenu lui-même français par le droit du sol !...
Un étranger en situation irrégulière en France qui n'a pas les moyens personnels d'être soigné dans son pays d'origine, obtient également le droit à une régularisation et donc d'être soigné en France. C'est du grand art politique : on ne soigne plus les Français qui n'en ont pas les moyens (soins dentaires et oculaires trop onéreux, déremboursement de nombreux soins ou médicaments…) mais on laissera n'importe quel étranger devenir Français pour se faire soigner
De plus, en vertu de l'article 17 de cette loi, les étrangers devront attendre seulement un an, et non plus cinq ans, pour se voir délivrer un titre de séjour de quatre années, au lieu d'une seule précédemment.
L'article 33 chamboule le dispositif de lutte contre l'immigration irrégulière. Il supprime la rétention administrative de cinq jours pendant laquelle le préfet peut décider de garder un étranger en situation irrégulière en rétention, le temps d'organiser son départ.
Celle-ci passe à 48 heures, une durée bien entendu insuffisante pour organiser le retour d'une personne dans son pays.
Inutile de préciser combien cette loi va attirer de migrants économiques, alors que le vase est déjà plein et que la crise migratoire est au centre de toutes les préoccupations.
Pourquoi une telle loi ?
La course aux voies électorales ne semble même plus, à ce niveau-là, être une explication suffisante. Il est clair que le pouvoir en place a bel et bien dans l'optique de finir son quinquennat avec un superbe « bouquet final », venant résumer son parcours en assassinant la France !


Mais que faisait l'opposition au moment de ce vote de destruction ? Seul un Républicain était présent dans l'hémicycle : scandaleux cet absentéisme de nos élus !!...
Autres complices à dénoncer : les merdias !
A peine un ou deux quotidiens ont fait état de cette loi. Aucune chaîne de télé… Monsieur Pernaut - entre autres - nous fait volontiers faire le tour des marchés de France, mais pour ce qui est de l'essentiel, nada !
Rien non plus sur les ondes radio… On lamine le pays et personne ne réagit !
Pétain avait été jugé et condamné pour haute trahison… un tel verdict devrait s'appliquer également à Bouboule 1er et sa troupe de saltimbanques !
"J'ai mal à ma France !" (dixit Gilles Verdez)
La loi est bien passée... il ne nous reste plus qu'à pleurer, comme d'hab !
Il va y en avoir du monde à tondre à la Libération !

Seraye Yves

@ Denis Monod-Broca
"Mais il ne suffit pas de crier "guerre !" pour que loi, droit, justice, raison... perdent toute pertinence."

C'est ce que vous croyez !

Je crois que vous ne comprenez pas ce que veut crime, ce que veut dire torture, ce que veut dire séquestration, ce que veut dire viol d'enfants...

Et puis zut !!!

Allons enfants de la Patrie
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie
L'étendard sanglant est levé.
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras,
Egorger vos fils, vos compagnes !
Aux armes, citoyens ! Formez vos bataillons !
Marchons, marchons,
Qu'un sang impur abreuve nos sillons.

Exilé

Dans le drame qui vient de se produire sur le sol de ce qui est en principe notre pays, les victimes sont de deux ordres :
Le premier concernant bien évidemment le commandant de police et son épouse, assassinés selon une méthode qui nous plonge un millénaire en arrière et vers qui vont toutes nos pensées.
Le second nous concerne, peuple de France, qui depuis quelques années est de plus en plus menacé et attaqué directement pour ce qu'il est et pour ce qu'il représente symboliquement aux yeux de ceux qui le jalousent et le haïssent depuis toujours.

Maintenant, assez de discours, de petites bougies, de fleurs et de chansons débiles, de faux-fuyants, de tortillements gênés et de circonlocutions vides de sens pour ne pas appeler un chat un chat et de moraline à deux sous pour ne pas stigmatiser l'adversaire.

Il paraît que nous sommes en guerre.
Où sont les cours martiales et les pelotons ?

Xavier NEBOUT

@Jean-Dominique Reffait

En droit, la peine est demandée au nom de la société pour le maintien de sa cohésion avec les solennités ad hoc, et cela en fonction d'une vérité non pas selon des notions philosophiques ou métaphysiques aussi floues que variables selon les époques, mais au sens juridique, c'est-à-dire factuel, selon des faits prouvés.
D'autre part, la demande de la partie civile porte sur les dommages matériels et immatériels.

La confusion des genres tient à l'essence des solennités qui se voudraient au-dessus des religions tout en y faisant appel.

Ellen

Annoncé sur BFMTV : le passage des écoutes téléphoniques n'a pas permis d'appréhender l'islamiste extrémiste Larossi Abbala avant son passage à l'acte dans la tuerie du commandant de police et de son épouse.

Il faut aller encore plus loin et revoir en profondeur le suivi de tous ces islamistes potentiellement dangereux, ceux déjà connus des services judiciaires et condamnés puis relâchés avant l'heure, ceux fichés S et passés au travers des mailles du filet. Un bracelet électronique serré à la patte ou au poignet, bien visible, avec une puce ultra sensible, permettrait plus facilement de détecter chaque mouvement, décrypter la voix avec retransmission on live pour déclencher l'alerte dans l'instantané.

J'espère que le garçonnet de trois ans, pupille de la nation, sera pris en charge à 100% par l'Etat qui lui assurera protection, amour et subsistance financière durant toute sa vie.

Je suis plus que triste. Il nous faut réagir plus énergiquement !!

Savonarole

L'enfant de trois ans qui a survécu suffira-t-il à sauver Bernard Cazeneuve ? Il ne cesse d'en parler.
Depuis Charlie Hebdo, il vient pérorer, avec sa voix feutrée, fringué comme à Savile Row pour masquer un corps disgracieux. Cet homme est une absurdité. À 2500 morts, il nous bavera le même discours.
Quand il s'agit de flinguer Baroin ou Guaino, pour sauver l'inepte Juppé, certains ici s'astiquent le jonc.


sylvain

L'horreur du terrorisme se banalise. Daech, paraît-il, serait en train de perdre sur le terrain, mais il gagne la guerre des esprits, la plus importante stratégiquement, prolifère partout dans le monde, se ramifie dans l'apathie générale des peuple - veaux que nous sommes -, l'aveuglement, l'angélisme gauchiste complice et le refus de voir la réalité telle qu'elle est. L'histoire se répète et le monde occidental se couche.

calamity jane

Oui, au premier chef les enfants ! pour certains cas. Egalement les frères, soeurs, cousins, cousines ainsi qu'oncles et tantes ! sans parler des grands-parents et surtout les mères... qu'est-ce qu'elles endurent les mères
de policiers, gendarmes et autres corps constitués de lutte antiterroriste pour ne citer que celle-ci.

Pour en revenir au récent massacre d'Orlando (Floride - Etat des Etats-Unis du continent des Amériques) le supposé coupable présenté comme "sujet troublé
mentalement", je souhaiterais savoir comment une personne peut commettre un tel massacre sans être troublée mentalement pendant les faits ?
Assassiner cinquante personnes, en blesser autant, se rendre dans les toilettes pour continuer, sans être troublée mentalement ? et ce dans un endroit fermé, de nuit,
et téléphoner au 911 pour revendiquer ?!
Je m'autorise quelques questions... et supporte quelques doutes.

Denis Monod-Broca

@ Seraye Yves

Vous confondez tout !

Quand des enfants jouent, il suffit que l'un d'eux crie "pouce !" pour que le jeu s'arrête. Mais il ne suffit pas de crier "guerre !" pour que loi, droit, justice, raison... perdent toute pertinence.

Seraye Yves

@ Achille

Eh bien oui, les coupables doivent rendre des comptes aux victimes !

Si en 1789, en 14-18 et en 39-45 il n'y avait eu que des Français d'aujourd'hui nous ne serions plus là !

D'ailleurs nous sommes pris en otages du fait de notre faiblesse actuelle injustifiable !

Mary Preud'homme

Je pense à l'effroi de ce petit garçon de trois ans réveillé brutalement dans son premier sommeil par des détonations et qu'un homme en noir du RAID cagoulé et casqué a dû emporter précipitamment tandis qu'il hurlait de peur et réclamait sa mère...
Un petit garçon qui a appris ce matin qu'il ne verrait plus jamais son papa et sa maman.
On ne lui doit peut-être rien à lui ?
Impossible de ne pas penser aussi à toutes ces menaces et représailles dont sont de plus en plus victimes les proches des policiers, ce qui les oblige bien souvent à déménager pour avoir la paix, voire à dissimuler leur identité...
A ne pas penser à cette petite fille de sept ans qui me disait pleurer tous les soirs sous la douche pour qu'on ne la voie pas, par crainte pour son papa CRS parti en opération.
A ne pas penser à Alicia, Audrey et tant d'autres sauvagement assassinées... A toutes ces victimes collatérales parmi leurs proches dont la douleur est incommensurable...
Seuls peuvent comprendre ceux qui sont passés par là ainsi que l'écrivait Margot au tout début des commentaires de ce billet.
Mais à quoi bon témoigner. On va encore m'accuser de me répandre et raconter ma vie !

Exilé

@vamonos
Vu de ma fenêtre, un des rôles et non le moindre de la Justice est de faire en sorte que les citoyens dangereux ne puissent pas nuire et attenter à la vie des honnêtes gens.

Il me semble, à l'éclairage du bon sens, qu'il aurait plutôt fallu éviter que ce citoyen-là ne le soit pas devenu de façon automatique et sans le vouloir.
Combien existe-t-il dans la nature de ces drôles de paroissiens qui sont supposés être, d'après les kilos de papiers dont ils sont revêtus, nos compatriotes alors qu'ils nous haïssent même sans passer tous à l'acte ?

Quand mettrons-nous fin à ces naturalisations en chaîne délétères, mises en place par des politiciens indignes sans avoir jamais demandé l'avis du peuple français alors que la question menace tout simplement sa survie ?

vamonos

@Denis Monod-Broca
"La justice n'est ni vengeance ni sacrifice. Elle s'efforce de dire la vérité sur les actes de celui qu'elle a à juger. Tâche considérable. Ne lui demandons pas autre chose."

Et une fois que le gros effort a été accompli tout le monde doit pouvoir dormir tranquille !

Vu de ma fenêtre, un des rôles et non le moindre de la Justice est de faire en sorte que les citoyens dangereux ne puissent pas nuire et attenter à la vie des honnêtes gens.
Une fois de plus, ce matin, je regarde les informations et je constate que la Justice a failli. En 2013, Larossi Abballa a été condamné à trois ans de prison pour des faits de terrorisme, en 2016 il tue un policier et sa compagne. Le RAID l'abat dans un appartement de banlieue où les forces de l'ordre libèrent l'enfant détenu en otage... un orphelin de plus.

Garry Gaspary

@ Jean-Dominique Reffait

La société n'est jamais représentée dans un procès. Seul l'Etat l'est. Et l'Etat, c'est la sainteté de la société, c'est son idéalisation, c'est l'idée de sa sacralité, de son intouchabilité, mais ce n'est en rien la société.

Hors de l'Etat, point de salut, dès lors, tout procès n'est qu'inquisition, recherche de l'aveu par la question, aveu qui n'est que la vérité que l'Etat seul élabore et qu'il impose au présumé coupable ou à la présumée victime. Aveu que l'on présente comme confession salutaire pour celui qui l'exprime et pour ceux qui l'entendent mais dont le seul et unique but est de révéler à nouveau la sainteté de l'Etat par sa perpétuelle innocence.

Le jour où la société sera également présente dans un tribunal, le jour où ses responsabilités seront également jugées, le jour où elles seront également condamnées, nous pourrons parler de justice. Mais, en attendant ce jour, il faut continuer de parler de christianisation.

Achille

Bonjour,

« Les coupables ne doivent rien aux victimes... »

Il est clair que les coupables n’ont pas de comptes à rendre aux victimes. C’est à la société de prendre les dispositions qui s’imposent face aux crimes et délits, et heureusement.

Ensuite, que les victimes se retournent contre l’Etat cela peut se comprendre, mais on ne peut concevoir un lien direct entre coupables et victimes sinon ce qui est une société de droits deviendrait vite une communauté dans laquelle règlements de compte et vengeance par des justiciers autoproclamés conduiraient aux pires exactions.

On a pu le voir au lendemain de la guerre où des résistants de la dernière heure se sont mis à lyncher des présumés collabos et tondre des femmes soupçonnées d’avoir eu des relations avec des soldats allemands.

Laissons les magistrats et les avocats de la défense ou des parties civiles faire le travail. Notre Justice est certainement une des meilleures du monde. Pour une fois que quelque chose marche dans notre pays, surtout n’y touchons pas !

Seraye Yves

@ Denis Monod-Broca

Piètre argument.

Vous demandez probablement aussi que nos soldats ne tirent plus sur l'ennemi et que le GIGN n'intervienne plus !

Je l'ai écrit, je ne suis plus Français sur ce chapitre !

Ellen

Le deuil d'un enfant ne se fait jamais et encore moins lorsqu'enlevé à la vie dans les cas les plus monstrueux. Les douleurs des familles sont trop fortes et trop lourdes à porter. Ces crapules d'assassins devraient purger une peine de prison à vie et hors de question d'une liberté conditionnelle pour bonne conduite ou autre. Plus la justice sera clémente et compassionnelle envers ces criminels et plus une partie de ces assassins est prête à récidiver à la moindre occasion dès la sortie de prison. J'en veux aussi à certains psychiatres se disant experts de n'avoir pas fait consciencieusement leur boulot dans leurs analyses qui souvent se sont révélées contraires au vu de la vraie dangerosité que représentait le criminel. Erreurs ou fautes professionnelles ? Etre victime d'un criminel et re-victimisé par la justice est insupportable.

semtob

Cher Philippe,

Il n'est possible de dire et d'écrire que ce que les personnes sont prêtes à entendre.
Vos dires semblent provocation mais comportent une grande part de vérité.
Faire croire que les victimes trouveront des explications, des vérités, matière à élaborer un deuil, c'est un roman qu'il conviendrait de faire cesser.
Non, les victimes ne trouvent qu'une réactivation de leur douleur, un déchirement intérieur et restent dans une incompréhension totale.

Faire attendre ce qui ne peut exister que très rarement est presque de l'ordre du sadisme.
Combien de vrais pardons avez-vous entendus dans votre carrière de magistrat ?
Combien de prises de conscience ?
C'est écœurant de dire que votre observation est juste et encore plus triste de constater que nos sociétés n'ont pas su mettre en oeuvre des réponses adaptées.
françoise et karell Semtob

Jean-Dominique Reffait

Billet fort juste et qui renvoie au questionnement insoluble du trio société-criminel-victime. Le procès d'assises fait cohabiter des antagonismes irréconciliables, l'enjeu final faussant les points de vue. La présence de la partie civile à un procès engagé par la puissance publique conduit l'accusé à devoir répondre de ses actes devant deux adversaires dont les objectifs ne sont pas identiques. Vous avez connu cette situation, notamment lors du procès du gang des barbares où l'on pouvait se demander qui, de la défense ou de la partie civile, était votre plus farouche adversaire. Au final, au cours du procès, c'est la société qui poursuit le criminel et celui-ci ne doit rien qu'à la société. La partie civile doit se contenter d'un rôle formellement subalterne consacré par l'ordre de prise de parole dans les plaidoiries et réquisitoires finaux.

Sans doute entretient-on trop l'idéal d'un procès cathartique qui verrait criminel et victime se rejoindre sur une Vérité absolue et commune. Cette possibilité est en partie induite par la solennité de la cour d'assises et son rituel lourd qui laisse imaginer qu'il ne peut pas en sortir autre chose que la vérité pure. Mais quand bien même celle-ci émergerait, elle ne serait perceptible ni pour l'accusé ni pour la victime, chacun étant écrasé par ses propres représentations de l'acte et de celui d'en face.

Après une condamnation, lorsque le criminel purge sa peine, on a pu en voir certains renouer avec leur victime pour dire une vérité et un repentir. Processus rare (Jean-Paul II allant visiter son agresseur, le baron Empain rencontrant son ravisseur) mais qui ne peut avoir lieu qu'en dehors de la mécanique du tribunal.

Savonarole

@Mitsahne | 13 juin 2016 à 18:20

La peine de mort a été abolie en 1969 au Royaume-Uni, et en 1973 en Irlande.
Voyez les archives européennes sur ce sujet, Badinter avait dix ou quinze ans de retard.
Je ne discute pas de cette décision, je souligne tout simplement que la France socialiste de l'époque nous a fait passer cette loi comme étant une avancée incommensurable, une idée géniale "que le monde entier nous envie".
C'est le drame de la France : faire croire qu'elle a inventé le fil à couper le beurre..

Denis Monod-Broca

@SERAYE Yves
@Mitsahne

Mais non ! éliminer autrui, aussi coupable soit-il, n'est pas une solution. C'est commettre et donc justifier, froidement, le même acte injustifiable que celui qu'il a, lui, commis...

SERAYE Yves

@ Mitsahne

Cher commentateur, nous sommes frères de pensées et de convictions !
Nous sommes peut-être enfermés dans un asile psychiatrique, qu'est devenue la France, et qui déteste les gens NORMAUX !
Nous vivons des lois faites par des dingos et nous subissons ceux qui les font !
La volonté dans tout cela ?
Notre destruction !

Mitsahne

Escroquerie ! Escroquerie ! Une grosse part des malheurs de notre justice actuelle vient de la suppression de la peine de mort, exigée par Badinter (je n’écris son nom qu’avec répulsion) et non remplacée, comme promis, par la perpétuité, la vraie.

Il faut être un misérable crétin pour nier que cette mesure a produit des récidivistes et de nouvelles victimes. L’un des devoirs sacrés de la Justice est, non pas la vengeance, même pas la punition, mais la protection de la société. En remettant en liberté, même vingt-cinq ans plus tard, un multirécidiviste du crime, la justice à la Badinter génère de nouveaux crimes, désastres et peines indicibles.

Je déteste la formule « faire son deuil » d’un journalisme voyeur et vulgaire. Toute personne qui a perdu un être cher (maladie, accident, vieillesse) sait ce que cela veut dire et gère plus ou moins bien sa peine, mais quand il y a eu agression, viol, torture, acharnement, salissure et volonté de détruire, on n’est plus dans le deuil ordinaire, la Justice doit rendre des comptes, ce qu’elle ne fait pratiquement jamais, sauf pour s’autosatisfaire de ses décisions. Et quand ses fautes (pardon, ses dysfonctionnements) sont trop voyantes les sanctions ridiculement dérisoires tombent comme des promotions. Outreau, où es-tu ?

La magistrature est la seule profession où la faute lourde, très lourde (puisqu’elle peut déboucher sur un autre crime) n’est jamais sanctionnée ou si peu. Le phénomène du Syndicat de la Magistrature, de sinistre réputation, accentue encore la dépréciation (je suis gentil) que le menu peuple attribue à la Justice, dont il peut juger les effets dévastateurs. Et quand on ajoute à tout cela les attitudes de certains avocats et les agissements incohérents de la précédente garde des Sceaux, on peut comprendre la rage du citoyen lambda – dont je fais partie – chaque fois qu’un ratage s’étale dans la presse, parce que la Justice a mal fait son boulot.

Incompétence ? Politisation ? Corporatisme ? Corruption ? Bêtise ? (il n’y a pas de mentions inutiles). Ah, j’oubliais : pauvreté des budgets de fonctionnement, la vie de plusieurs personnes peut dépendre d’une panne de photocopieuse.
Qui osera écrire le vrai livre noir de la Justice française depuis trente-cinq ans ?

breizmabro

Lorsque l'on condamne un individu à vingt ans de réclusion criminelle pour un crime sans corps, sans preuve, sans l'endroit exact où aurait pu avoir lieu ce crime, et sans aveux, mais uniquement sur des "preuves concordantes" et des témoignages à charge, sans même que soit appliqué le doute qui doit bénéficier à l'accusé, je dis que la justice ne devient que ce que clament les juges, code en main : l'ESPRIT de la loi.

Un concept en somme.

Maintenant si Monsieur Bilger peut soutenir qu'il n'y a eu que deux erreurs judiciaires, celle de Dils et celle de Marc Machin, je reviendrai sur mes propos.

Seraye Yves

J'aime la Chine nouvelle !

Et lorsque je lis les pensées sur notre justice, qui ne semble plus savoir juger, je suis effaré !

Apparemment nous aimons les escrocs puisque nous les remplaçons périodiquement et nous devons aimer les criminels puisque nous ne savons plus punir !

Je suis pour la peine de mort !

Je suis pour l'aveu extirpé !

Je suis pour que les peines soient faites sans conditions !

Je suis pour que les criminels d'enfants soient livrés aux pères de ces enfants !

En cela je ne suis plus Français mais probablement Américain de certains Etats des USA et Chinois par conviction !

Nos 60 millions de petits Français dont la moitié l'est de fraîche date marchent complètement dans la déraison !

genau

On est encore dans l'insondable. Ou dans la culotte de zouave.
Le processus de justice se réfère à cette notion, source de tous les abus sociaux et fiscaux dont nos Etats, voyous par nature, se servent pour assouvir la soif de puissance des dirigeants personnes physiques.
Ce désir absolu de justice use d'un poncif délavé auquel plus personne ne croit.
En outre, tous les criminels n'ont pas le choix : ils doivent absolument, je pèse le terme, se présenter sous l'éclairage qui rend leur acte explicable.
Tous les larmoiements sur le deuil et la vérité ne sont que des signes de gens désemparés devant une logique qui les dépasse. Il est bon qu'ils exhibent leur douleur, qu'ils la clament, mais, pour cela, ils ne doivent rien attendre de la justice, organe administratif et désespérant par sa froideur, pourtant indispensable. Un juge n'est pas un voyageur de commerce et dans les palais de justice, on ne rigole pas, selon un mot célèbre.
Et pourtant, paradoxe peu accessible aux particuliers, les criminels qui soulèvent le plus le dégoût, les délinquants, devrais-je dire, ce sont les escrocs. Plaie d'argent etc........ mais il faut savoir ce que peut être le désarroi des gens trompés, ruinés, réduits à rien par des manoeuvres de séduction follement cyniques. Le viol de personnalité que représente la soustraction frauduleuse et la froideur ignoble des prédateurs m'ont toujours paru des atteintes dépourvues de tout sentiment humain, hors de la cupidité et la négation de la sensibilité des victimes.
On a vu des criminels réalisant tout d'un coup l'horreur qu'ils ont engendrée, jamais un escroc. Il en est presque de même de certains voleurs, des pilleurs des restaurants du coeur, c'est une forme d'atteinte à ce que l'humanité révèle de beau, c'est un acte qui provoque le désespoir. C'est le cas dans une grande ville du Sud où le transport de matériel hospitalier est laissé à une communauté, par vision électorale, et où on admet une freinte de 10 à 20 %, jusqu'à retrouver le matériel détourné sur les marchés des quartiers Nord. Bien entendu, cette communauté n'existe pas ou est au-dessus de tout soupçon.
Il s'agit là d'une complicité de l'appareil local, pour mépriser ce qu'on doit aux plus faibles : le vol de sa panoplie de survie, mais ça fait rire, et les édiles n'écoutent même pas. L'ignominie c'est marrant.
Bien sûr, la bêtise et la cupidité facilitent l'escroquerie ; espérer des rendements fabuleux est un acte crétin, placer son argent à l'abri du fisc est incivique, mais l'Etat, surtout en France, y participe en gavant ses séides de fric, en décourageant les braves gens.
Où situiez-vous l'exigence de justice ? Elle ne peut être que répressive et, autant que possible, incompréhensible, ce qui évite de trop se poser de questions.
Nous vivons sous un régime de pensée léniniste. Pour Lénine, le nombre de morts ne pouvait que faire obéir les survivants à adhérer aux thèses bolcheviques, le génocide ukrainien n'est pourtant qu'un incident de parcours.
Chez nous, la méthode est moins cruelle mais elle y ressemble : peu importe le nombre de victimes, la ruine d'un pan de la société, le délire législatif, le mépris de la population originelle pourvu que la vision européenne de mixité triomphe, que disparaisse toute pensée autre que celle qui résulte de cette volonté. Ce n'est pas un jugement sur la valeur de l'hypothèse mais une mise en lumière de la dictature de la pensée.
Quelle justice alors ?
Aristote a définitivement tranché en plaçant l'équité au-dessus de toute autre valeur. L'exigence en est supérieure, mais aussi une extrême simplicité des lois, où le juge peut expliquer sa décision. Le pointillisme administratif évince toute vision humaniste. Dire qu'on abaisse la pression fiscale alors qu'on l'augmente est de la nature de l'escroquerie en faisant espérer un bénéfice alors qu'on crée les conditions d'une aggravation des charges. L'argument adverse est que la répartition est de l'équité, mais cela ne vaudrait que si les hommes de l'Etat la pratiquaient. Ne disons rien des 5000 personnes censées gouverner la France, cela ressemble trop aux deux cents familles.
Non, parler de justice et d'Etat a toujours été un débat sans issue mais que rien ne peut ouvrir sur une réalité.
On s'accommode, c'est tout.

Denis Monod-Broca

La justice n'est ni vengeance ni sacrifice
Elle s'efforce de dire la vérité sur les actes de celui qu'elle a à juger.
Tâche considérable.
Ne lui demandons pas autre chose.

La justice est une institution. En cela elle est au-dessus des individus. A condition qu'elle soit considérée et respectée en tant que telle. C'est de plus en plus difficile à notre époque qui ne jure par l'individu et ses droits mais c'est essentiel. Cela dépend de nous. En l'absence d'institutions reconnues, qui garantirait les droits des individus ?

Savonarole

Encore une agonie des avocats de votre part...
Curieuse habitude d'inviter des stars du barreau, sur votre vidéo, à qui on cire les pompes, pour ensuite pourfendre les avocats de l'horreur, "qui ne font que leur métier", comme disent les journalistes...
Vous nous faites suer, Monsieur Bilger, à considérer que l'avocat général devrait être le seul à statuer..
Supportez donc les avocats, Monsieur Bilger, même si Sarkozy vole de non lieu en non lieu.
Les "Sections Spéciales" c'est du passé.

Giuseppe

"Il y a des poncifs qui sont imprégnés de compassion et d'une psychologie à la mode mais dont la banalisation est dangereuse et les effets dévastateurs. Parce qu'ils suscitent des fantasmes de consolation qui ne surgiront jamais du côté des criminels." (PB).

On est au cœur, le fameux "faire son deuil", c'est illusoire, des phrases toutes faites de journalistes, tout cela est bien dérisoire j'imagine pour ceux qui ont subi.

calamity jane

"Les coupables ne doivent rien aux victimes" !!
Un titre de billet brutal et violent.
Les victimes qui sont mortes... celles qui restent des victimes vivantes ?
La, les familles de celles qui ne sont plus là !
La société ne doit rien aux criminels.

vamonos

Le premier jour du procès, la cour et les jurés s'intéressent systématiquement à l'affaire selon le point de vue de la défense. L'accusé est présenté sous son meilleur aspect. Il a du travail, un foyer dans lequel il est heureux, ses amis le décrivent de la plus charmante des manières. Sachant que dans un procès, le doute doit toujours profiter à l'accusé, son avocat va entraîner les jurés à considérer que la victime était là au mauvais moment et que les aveux de l'accusé ont été arrachés sous la menace.

Le jeu de l'avocat de la défense ressemble fortement à de la manipulation. Heureusement, les jurés et le représentant du ministère public disposent de nombreux moyens pour déjouer les pièges de la manipulation. Tout cela prend du temps, coûte cher à la collectivité. Nous n'en serions pas là si M. Pascal Jardin avait intégré dans sa personnalité le sixième commandement du Décalogue (le cinquième pour les catholiques), "Tu ne tueras point."

Je me rappelle très bien du discours de M. Badinter quand les députés ont aboli la peine de mort en France. Quand la culpabilité de l'assassin ne faisait aucun doute, le législateur s'était engagé à une peine de prison à perpétuité. Le temps a fait son oeuvre, des amendements ont été adoptés et des criminels sont en liberté, certains sont des récidivistes. Les parents et amis des victimes sont désemparés.

Exilé

Au fond, il devrait y avoir un point commun entre le coupable et sa victime, entre les accusés et les familles effondrées des victimes : l'exigence absolue de justice.

En fait, il faut comprendre que nous sommes face à deux notions distinctes :

D'une part la justice représentée par la recherche de la vérité, conduisant à la condamnation éventuelle d'un ou plusieurs coupables d'un crime.
D'autre part, la justice attendue des victimes ou de leurs familles souhaitant obtenir réparation du préjudice qu'elles ont subi.

Or, d'après ce que je crois savoir, si le droit des coupables est abondamment codifié et reconnu, il n'en va pas de même pour les victimes qui n'ont que leurs yeux pour pleurer.

Faudrait-il prévoir, suite au procès d'assises, un autre procès en évaluation et en réparation ?

Xavier NEBOUT

Deux questions se posent à nouveau et auxquelles il n'est jamais répondu : le rôle de la justice pénale est-il de punir, ou de consoler les victimes ? Pourquoi s'interdit-on de faire parler un individu contre son gré ?

Ne pas savoir comment son enfant a vécu ses derniers instants aura été le sort des millions de parents de morts à la guerre, et le pire est assurément de ne pas connaître la fin d'une enfant violée, mais jusqu'où devrait aller cette connaissance ?
En fait cette angoisse de l'ignorance devrait faire place à la recherche religieuse du rapport avec le défunt, prière pour les morts, recueillement devant la forme pour une réalité spirituelle, ou encore rencontre astrale selon le vocabulaire propre aux religions.
En somme, la justice devrait être mystique, alors que la robe de deuil du Christ de l'ancienne justice ecclésiastique relève de la mystification.

Jusqu'à quand durera cette comédie du renoncement à faire parler contre son gré ?
On trouve légitime d'user de toutes les combines psychologiques pour obtenir des aveux souvent plus escroqués que recueillis, mais user d'une machine à détecter le mensonge relèverait de l'atteinte aux droits de l'homme.
Plutôt risquer de mettre un innocent en prison que lui faire une piqûre de Pentothal ou autre avec toutes garanties médicales le serait-ce à sa demande.
Que d'hypocrisie pour ne pas entrer dans le royaume de la vérité que s'interdit la voyoucratie.

Seraye Yves

Monsieur Philippe Bilger,

Vous écrivez "Je ne peux m'empêcher cependant d'éprouver une pitié anticipée quand je lis cette phrase de Marie-Rose Biétry, la mère de Christelle tuée en 1996 : "Il me doit la vérité sur la mort de ma fille". Elle fait allusion à Pascal Jardin accusé de meurtre et de viol et qui comparaîtra bientôt aux assises. Après avoir avoué, il semble s'être rétracté, malgré des analyses ADN, mais là n'est pas l'essentiel".
Fin de citation.

Question :

Pourquoi n'utilise-t-on pas la Scopolamine dans de pareils cas ?
Certains Français dont je suis, ne comprennent plus très bien notre justice, ses lois, ses applications des peines et l'invraisemblance qui embrume les procès.

Margot

Je crois au plus profond de moi pour l'avoir ressenti, que tant qu'un tel malheur ne nous a pas frappé, on ne peut pas comprendre l'infinie douleur de la famille des victimes.
Tout le reste est compassion et littérature.

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