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30 mars 2017

Commentaires

isa

@Patrice Charoulet

Dans un sens, vous avez raison, mais seulement dans un sens car ce serait un peu triste. J’ai été souvent agacée de voir les commentaires s’éloigner du billet, mais je me suis rendu compte que moi-même je n’arrivais pas à être disciplinée. Car c’est aussi un des plaisirs de ce blog que ces conversations en marge, où l’on apprend finalement pas mal de choses et où parfois on est amené à réfléchir sur ses propres prises de position. Pour moi, cette agora me donne l’occasion de rencontres inhabituelles et me permet d’écouter la petite musique de gens avec qui je n’aurais aucun rapport dans la vie quotidienne.
Après tout, on n’est pas obligé de tout lire, on peut ne lire que ce qui a un rapport direct avec le billet de Philippe Bilger et laisser tomber les apartés.

Robert

Comme d'autres commentateurs, notamment Véronique Raffeneau | 31 mars 2017 à 06:55, je reste interloqué par l'ambiguïté de cet alinéa : "il y a l'ordre politique, ses manifestations, ses réunions et son espace citoyen et médiatique et, en même temps, le rythme judiciaire n'a aucune raison de se mettre en suspens, de ralentir son cours en ne suivant pas la logique de sa mission fondamentale pour la démocratie : en fin de compte, éclairer le peuple sur la personnalité, la moralité et les comportements de ceux qui sollicitent ses suffrages".

De fait, il est étrange d'assigner à la Justice la mission d'éclairer le peuple et surtout sur la moralité des candidats à une élection, fût-elle présidentielle !
La Justice n'a de fonction que d'appliquer la Loi de la République et d'exercer cette mission avec rigueur et impartialité. Dès lors qu'elle puisse s'ériger en appréciatrice de la moralité des citoyens, il me semble que se trouve là la source d'un dévoiement.
Le problème est que l’individualisation des peines, bel objectif en soi, tend de plus en plus à conduire les juges à trop apprécier en fonction de critères sociaux et sociétaux. Dès lors l'égalité des citoyens devant la Justice devient problématique et partiale.

Par ailleurs, le type de fonction régalienne exercée par les magistrats devrait conduire à une obligation absolue de neutralité philosophique, politique et syndicale. Mais qui serait prêt à supprimer le syndicalisme chez nos magistrats ? Or cette seule absence de syndicalisme serait de nature à limiter l’emprise exercée par le pouvoir exécutif. Mais il est évident que l'appartenance à d'autres mouvances est aussi de nature à générer des connivences dans les nominations pour l'exercice des plus hautes fonctions de l'appareil judiciaire.

C'est d'ailleurs d'une certaine manière ce qui vous conduit, Monsieur Bilger, à votre conclusion :
"Pour mettre fin à de telles démarches partisanes, il faut impérativement cesser de favoriser la justice à la carte. Mais la Justice. En matière politique comme ailleurs, la justice, son appareil, sa rapidité, sa sévérité, pour tous ou pour personne. Beau défi judiciaire et démocratique."

Reste un problème à régler : l'institution judiciaire ne se résume pas aux seuls magistrats. Une grande part du bon fonctionnement de la Justice repose également sur la qualité et l'adhésion du personnel administratif et les moyens mis à sa disposition pour y satisfaire.
Or, il me semble qu’une bonne part de la haute magistrature, soucieuse de gérer sa fin de carrière (surtout en cette période d'économies budgétaires comme d'éventuelle restructuration de la carte judiciaire, notamment des cours d'appel), n'éprouve guère de respect pour la valetaille que représentent les corps subordonnés (greffiers en chef, greffiers, sans parler du personnel pénitentiaire). Peut-être faudrait-il que certains descendent de leur Olympe pour prendre conscience du malaise qui étreint actuellement leurs subordonnés. L'ENM prépare-t-elle ses futurs magistrats à ce type de relations internes soucieuses des conditions de travail des fourmis chargées de l’exécution quotidienne des tâches "subalternes" ? Permettez-moi d'en douter.

Aliocha

Le thé, mon cher Achille, témoigne des stéréotypes sur lesquels vous fonctionnez, vous donnant l'illusion d'une autonomie fort illusoire, oublieuse des influences multiples dont nous sommes tous constitués et qui, souvent, s'invente un ennemi pour mieux agglomérer sa personnalité. Apparemment j'ai le privilège, pour vous, d'incarner ce rôle, et donner corps à vos irritations, ce qui ne m'empêche pas de lire avec plaisir vos réflexions personnelles, surpris seulement que vous perdiez encore votre temps à me lire, mais rassuré car preuve de ce que je viens de dire.

Popol

Une justice issue d'une école face aux élus du peuple ! Des élus du peuple français écrivent à deux procureurs qui ne se donnent même pas la peine de répondre.
Est-ce une preuve de démocratie ?
Je crois qu'aux USA les juges sont élus.

Solon

A propos de justice, un article curieux, mais révélateur, sur Internet. François Fillon aurait dit qu'il considérait comme impossible que les juges démontrent que l'emploi de son épouse était fictif. Et l'auteur de cet article apparemment bien fait de s'insurger, "Fillon renverse la charge de la preuve !" LOL comme dirait mon petit-fils. J'en étais resté à un vieux principe : c'est à l'accusation de prouver l'infraction. Sans doute le droit pénal a-t-il changé ?

calamity jane

Chère Pascale Bilger,

J'espère que vous ferez fi des réflexions sur l'absence de régulation journalière des commentaires... Yen a des qui vivraient bien en Corée du Nord ! :-)

Le nombre d'affaires qui se résolvent dans la vie de tous les jours parce que chez les magistrats ils sont un certain nombre à connaître l'esprit des Lois quelle que soit l'inclinaison du gouvernement, de son président élu de manière démocratique (je le rappelle au cas où !), pourrait en surprendre quelques-uns, quelques-unes !
Les autres élus qui prennent des aises tant avec l'argent public qu'avec l'esprit des lois sont, avant leur poste, des citoyens et à ce titre, ils doivent faire face à la justice.
JUSTICE AU SINGULIER.

Xavier NEBOUT

Nous voyons ici tout le monde s'indigner en somme de la malhonnêteté qui règne dans notre société, mais sans jamais prononcer le mot.
La malhonnêteté, sans même aller jusqu'à parler d'honneur, est partout.
Un agent immobilier en fait l’expérience plusieurs fois par jour avec des gens qui sollicitent ses conseils et expertises en lui déclarant qu'ils lui confieront la vente de leur maison, alors qu'ils n'ont aucune intention de le faire.
Il est quasiment impossible d'acheter une maison, une voiture ou un bateau de particulier à particulier sans se faire arnaquer. Cependant, le bon Français préfère acheter de particulier à particulier en tenant les professionnels pour malhonnêtes alors que ces derniers sont globalement et de très loin plus honnêtes que les particuliers tant subir la malhonnêteté en dégoûte.

Il y aurait quelques 300 000 francs-maçons, dont vraisemblablement entre 50 et 100 000 maîtres qui ont juré de faire passer leur fraternité au-dessus des lois, mais personne ici ne semble en avoir entendu parler.

Alors, il faudrait cesser de valser dans le bal des faux culs avant de s'étonner de la malhonnêteté des autres.

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Ce serait l'occasion de relancer la suppression du juge d'instruction jadis prônée par P. Bilger.

C'est en effet publiquement et devant un juge du siège, que les parties auraient pu débattre de l'urgence de la procédure.

A l'occasion, on parlera de la suppression de la juridiction administrative dont la raison d'être est de préserver administrations et élus de ce à quoi les condamnerait la justice ordinaire.

Achille

« Manuel Valls vient de le rejoindre, en violation de son engagement pour la primaire, et "En Marche !" à force de recycler à gauche va persuader les citoyens qu'Emmanuel Macron n'est ni de droite ni de droite. Dérangeant pour quelqu'un qui a construit sa montée sur le dépassement des frontières traditionnelles et s'en est vanté ! »

Cela met en évidence tout le côté pernicieux d’une primaire avec ses clauses dont on se doute bien qu’elles ne seront pas respectées.

Comment Manuel Valls pouvait-il respecter un programme avec lequel il est en désaccord sur pratiquement tout ?
Comment Benoît Hamon peut-il oser crier à la trahison alors que lui et les frondeurs sont les premiers à avoir trahi leur propre majorité ?

Avec l’arrivée de François Hollande au pouvoir, nous nous sommes tout de suite aperçus qu’il y avait, ainsi que l’a souligné Manuel Valls, deux gauches inconciliables. Ce dernier a préféré être en cohérence avec ses idées plutôt que de suivre les injonctions d’un parti dont les nouveaux leaders se comportent comme les apparatchiks de la nomenklatura du temps des heures sombres de l’URSS.

Choisir entre un régime dogmatique qui impose sa doctrine et dénonce les brebis galeuses qui voudraient s’en écarter et un remake du mandat de François Hollande avec une politique similaire, voire les mêmes ministres, perso je n’hésite pas, je préfère encore resigner pour un tour, même si quelque part ça commence à m’agacer sérieusement.

Reste l’alternative Fillon : un bon programme avec un leader qui a largement montré ses côtés pas très glorieux. Mais dans la situation actuelle pouvons-nous nous permettre de faire la fine bouche ? Là est la question.

breizmabro

"La justice à la carte ne passe plus" point d'exclamation.

Moi je pense que le point d'interrogation eut été plus juste (si j'ose dire ;-)) car la justice est comme elle a toujours été, à la carte.

"Selon que vous serez puissant ou misérable les jugements de cour vous rendront blanc ou noir" apprend-on dès l'enfance.

Sans oublier la carte des francs-maçons très bien portée dans la magistrature, toutes spécialités confondues et du haut en bas de l'échelle, mais aussi ceux qui nous gouvernent : Vidalies, Cuvillier, Le Guen, Rebsamen, Mélenchon (qui l'a confirmé début 2012. Il est bien entré en franc-maçonnerie dès 1983 à la loge Roger Leray du Grand Orient de France).

Donc oui, la justice est rendue à la carte. Comme au poker.

Tipaza

@ Achille | 31 mars 2017 à 08:31
« Nos élites sont pourries jusqu’à la moelle ».

Ah, la moelle ! Ce qu’il y a de meilleur dans le bœuf et aussi dans les livres et dans l’homo politicus.

Nombreuses sont les références à cette substantifique moelle.
De Rabelais qui disait :

« C'est pourquoi fault ouvrir le livre et soigneusement peser ce que y est déduict. [...] Puis, par curieuse leçon et meditation frequente, rompre l'os, et sugcer la substantificque moelle, [...]. »

C’est d’ailleurs à partir de cette réflexion que le supplice de la roue a été instauré. Il s’agissait de désosser le malandrin pour en tirer le maximum.(*)
La tradition s’est perdue et nos politiques corrompus échappent à ce supplice qui fit les beaux jours des places publiques et qui pourraient encore faire un record d’Audimat.

Et puis la moelle a perdu de sa noblesse pour devenir avec « L’Os à moelle » de Pierre Dac, l’organe officiel des loufoques.
La rumeur ou plutôt le buzz dit que c’est encore un ouvrage de référence chez les socialistes, qui selon la page lue, votent Macron, Hamon, Mélenchon et peut-être bientôt Marine.
Vous imaginez Marine élue au premier tour avec les voix des déçus de Hamon ! Le rêve pour certains et un cauchemar pour d’autres.

Bon, j’arrête là, Patrice va dire que je suis hors sujet, et donc zéro pointé.

(*) Je crois que c’est la raison, ou alors je l'ai rêvé ?

sylvain toujours en manque de GG

Enfin, ouf, le revoilou notre GG chéri !

"Avec un nom qui claque, genre "Le Mur des...", heu, "Le Mur des...", rah, je ne l'ai pas encore, mais je suis convaincu que l'idée est excellente !"
Rédigé par : Garry Gaspary | 31 mars 2017 à 09:09

Ben voyons, c'est simple ! Le mur des beaufs christianisés ! J'ai bon là ?
Kss kss !

poil à gratter

Que d'experts... que de journaleux gauchards... que d"analyseurs (analyste c'est au-dessus)... que de fouille-miettes... que de Fouquier-Tinville à la recherche des caleçons de Fr. et des strings de Pen. sûrement offerts par des pervers.

Mais alors... si Pen. la discrète n'en branlait pas une, QUI alors... mais QUI donc faisait le boulot d'assistanat (pourtant grande valeur institutionnelle sacrée en France) ??
Peut-être un travailleur clandestin ??

La sémillante et flamboyante procureure sous le charme partisan de cynique pépère ne se souvient plus de la règle sacro-sainte... "à charge et à décharge"... des fois que la réponse soit dans le questionnement.

Même notre Hermine grand sondeur et fouilleur des ténèbres humaines (superficielles et superflues) ne se pose pas cette question simple et évidente.

Allez les chiens renifleurs... des mauvaises odeurs... en piste !

sylvain en manque de GG

"De l'aube au soir, on a pu lire : "Commentaires : 0".
Ce vendredi matin, avant 7 h, je vois "Commentaires : 40". Je les lis tous. La publication échelonnée des commentaires au long de la journée a un effet fâcheux. Les commentateurs sont tentés de faire du ping-pong et de dialoguer entre eux, parfois interminablement, sur des sujets sans rapport avec les propos du blogueur.
Cette formule inhabituelle, je pose la question à tout le monde, n'est-elle pas préférable ? Je la pose aussi à notre hôte, comme à son admirable modératrice-correctrice."

Rédigé par : Patrice Charoulet | 31 mars 2017 à 07:12

Ah non pitié pas ça ! c'est un supplice insupportable : attendre 24 heures pour lire les messages dantesques de notre GG national, ses "christianisés", ses "beaufs", ça demande une solidité mentale et même physique à toute épreuve ; vous rendez-vous compte que j'ai trépigné toute la journée en attendant ma dose d'insultes de GG ? Et avez-vous pensé à ce malheureux, sevré lui aussi, qui vous provoque et vous met en rage sans cesse avec succès ?

Prions pour que notre hôte ne dérape plus comme hier et que ce blog retrouve le cours normal des dialogues instantanés qui font sa richesse, sinon nous serons obligés d'aller sous ses fenêtres avec des banderoles manifester notre mécontentement !

Garry Gaspary

@ oli71
Ce que vous présentez comme la mission fondamentale de la justice n’en est que le dévoiement, la porte ouverte à l’excès de pouvoir généralisé.

Je propose la création d'un Mur par des magistrats lanceurs d'alerte pour dénoncer, en affichant leur trombine, tous ceux qui cherchent à dévoyer la justice française de son rôle.

Avec un nom qui claque, genre "Le Mur des...", heu, "Le Mur des...", rah, je ne l'ai pas encore, mais je suis convaincu que l'idée est excellente !

Achille

@ Patrice Charoulet | 31 mars 2017 à 07:12
« Cette formule inhabituelle, je pose la question à tout le monde, n'est-elle pas préférable ? Je la pose aussi à notre hôte, comme à son admirable modératrice-correctrice. »

Cette formule est surtout liée à l’activité débordante de notre hôte qui intervient dans nombre de médias, donne des cours à l’Institut de la parole et est invité pour donner des conférences un peu partout.

Cela n’empêchera nullement certains prosélytes de ce blog de nous prendre la tête et ce quel que soit le thème du billet, avec leur obsession contre la méchante Russie, les christianisés qui ne sont rien d’autre que des obsédés sexuels et d’autres érudits de salon de thé qui ne peuvent s'empêcher de nous sortir des versets de la Bible ou des citations de René Girard. A croire que parfois la culture inhibe toute possibilité de réflexion personnelle...

Achille

Bonjour,

La justice à la carte ne passe plus ?

Sauf peut-être pendant les campagnes électorales et notamment présidentielles, où elle démontre qu’elle est capable de se comporter en véritable accusateur public, aidé, il est vrai en cela par une meute de journalistes toujours prêts à bondir sur la moindre incartade de ceux qui prétendent avoir les qualités requises pour diriger le pays. L’affaire du Penelopegate en est le meilleur exemple. Mais on peut observer également que nombre de ministres de François Hollande se sont fait aussi piquer le doigt dans le pot de confiture : Cahuzac, Thévenoux, Benguigui et quelques autres. Sans oublier le dernier en date Bruno Le Roux.

C’est la fable « Les animaux malades de la peste » de Jean de la Fontaine en version inversée car là ce ne sont plus les anonymes et les obscurs qui sont soumis à la vindicte populaire mais les caciques de la politique.
Effet pervers sans doute d’une République qui se voudrait exemplaire et qui est empêtrée dans des affaires politico-financières depuis une bonne quarantaine d’années.
Dérives de certaines pratiques tolérées par nos élites qui abusent de l’argent public en les enrobant d’un voile de légalité.

La morale de la fable n’est plus « La raison du plus fort est toujours la meilleure », mais plutôt « La raison du plus fort cache toujours des intentions suspectes » ou encore pour résumer un sentiment qui semble de plus en plus répandu dans la population « Nos élites sont pourries jusqu’à la moelle ».

Là encore les politiques honnêtes (il y en a bien quelques-uns et pas forcément à gauche) trinquent pour ceux qui n’hésitent pas à oublier leurs bonnes intentions pour satisfaire leurs ambitions.

Diogène, le cynique, avec sa lanterne cherchait désespérément un homme. Nous, nous cherchons un homme (ou une femme) politique qui nous fasse oublier les turpitudes de nos élites. Le trouvera-t-on un jour ? On n’en rend pas le chemin et les cinq prochaines années s’annoncent sans grandes illusions dans ce domaine.

calamity jane

@Jean MORLAND compare très justement le cas italien à la situation française pour cette campagne présidentielle.
François ("le Français") Fillon se pavane souvent en Italie où il a dû prendre des leçons de maintien dans le mensonge. Sauf que n'est pas rital qui veut... et que la France n'a pas vu partir par bateaux entiers ses concitoyens pour tenter de vivre décemment ailleurs.
La France se cantonne dans l'entre-soi de la "combinazione" pour planquer ses dérives.
La Ligue du Nord ou le comble du non-sens patriotique quand on sait quelles luttes ont permis de se libérer de l'empire austro-hongrois, il y a un siècle.
Des deux côtés des Alpes on ne porte plus la fierté, on la piétine.

stephane

Les commentaires sont passés de 0 à 40 car Philippe Bilger négociait chez Macron.
Quant à certains sur ce blog, l'usage de la brosse à reluire n'a pas d'horaire et se rapproche davantage des 39 heures que des 32 heures. Des RTT seraient parfois les bienvenus.

Patrice Charoulet

Pour vos derniers propos, il s'est passé un phénomène inhabituel. De l'aube au soir, on a pu lire : "Commentaires : 0".
Ce vendredi matin, avant 7 h, je vois "Commentaires : 40". Je les lis tous.
La plupart sont d'une grande qualité et si les opinions sont variées, presque tout le monde commente vos propos... pour une fois !
La publication échelonnée des commentaires au long de la journée a un effet fâcheux. Les commentateurs sont tentés de faire du ping-pong et de dialoguer entre eux, parfois interminablement, sur des sujets sans rapport avec les propos du blogueur.
Cette formule inhabituelle, je pose la question à tout le monde, n'est-elle pas préférable ? Je la pose aussi à notre hôte, comme à son admirable modératrice-correctrice.

vamonos

La Justice à la carte ne passe pas pour moi et je n'en veux plus ! Tout le monde possède plusieurs cartes, c'est normal. Par contre, il est anormal et antidémocratique que la possession de certaines cartes soit une condition sine qua non pour dire et faire dire aux Français la morale de gauche.

Je trouve inadmissible que les affaires qui concernent les cadres du parti politique "Les Républicains" soient confiées quasi systématiquement à des juges qui possèdent une carte du syndicat dont l'idéologie est d'extrême gauche.

Je trouve scandaleux que la carte de journaliste donne droit à des abattements fiscaux ce qui est un gage de loyauté si ce n'est de servitude des journalistes à l'égard du pouvoir socialiste qui s'accroche au pouvoir comme une moule s'incruste sur le rocher de bord de mer.

Je trouve honteux que la possession d'une carte d'affiliation à une association qui se définit contre le racisme permette d'obtenir une oreille complaisante auprès de certains juges.

Moi président, je ferais promulguer une ordonnance qui déclare hors la loi ces pratiques, qui dissoudrait les associations et syndicats susnommés.

Véronique Raffeneau

Comme l'ont souligné des commentateurs, il est de tout de même étrange d'affirmer que la mission fondamentale de la justice est d'éclairer le peuple sur la personnalité, la moralité et les comportements de ceux qui sollicitent ses suffrages pour finir par décrire ce que devient la justice - une caricature de partialité - quand elle se pique d'éclairer le peuple - genre projecteur géant enflammé d'un coup à toute allure qui aveugle - sur la personnalité, la moralité et les comportements de ceux qui sollicitent ses suffrages.

Si je considère ces derniers mois, l'impression qui persiste est cette confusion, cette endogamie à mon sens très dangereuse des genres : politique, médias, justice.

Au fond, je ne sais plus qui est qui, qui fait quoi ; je ne distingue plus les identités, les particularités et les missions fondamentales des uns et des autres.

Un chaos démocratique et institutionnel.

semtob

Cher Philippe,

Vous avez tout compris : une justice indépendante n'est pas indépendante parce qu'elle se veut faire des exemples au moment opportun et son indépendance ne la dispense pas des principes de neutralité, d'équité, d'impartialité, du respect de la dignité des personnes, de respect de la présomption d'innocence, de respect de la séparation des pouvoirs, de respect du secret de l'instruction.

L'observateur le plus démuni de connaissances juridiques peut constater une multitude d'irrégularités et de violations du droit dans ce que l'on présente comme des affaires.
Cela créé un divorce dans la confiance que l'on peut attendre de la part de magistrats.
De telles violations du droit effectuées par des magistrats ne peuvent être sans conséquence que celle de la destruction de l'institution juridique par rupture de confiance grave.

Il est impossible de banaliser de telles pratiques illégales, car qui seront les juges de demain ? On ne le sait pas.
Il semblerait en outre que lorsqu'une procédure est truffée d'irrégularités, cela amène à une nullité de procédure. Alors si la justice manque de moyens, qu'elle concentre au minimum son efficacité pour ce qui en droit peut aboutir.
Quand un statut n'est pas défini, ce n'est pas aux juges de le définir. C'est à l'institution parlementaire de le faire et de contrôler ses membres.
Un garde des Sceaux qui ne rappelle pas les grands principes du droit n'est qu'un pantin ou tout simplement complice d'une dérive du droit et ceci est inexplicable. De même un responsable parlementaire qui ne fait pas son travail n'est qu'un guignol et il semblerait que le respect de la séparation des pouvoirs soit un des rôles du président de l'Assemblée.
françoise et karell Semtob

oli71

Cher Philippe Bilger,

Je joins ma voix à celle d’un commentateur précédent (Robert Marchenoir), pour vous dire à quel point la conception de la justice que vous mettez en avant me paraît dangereuse et – pour dire les choses sans détour – me consterne (en tant que professionnel du droit).

« La mission fondamentale de la justice », comme vous dites, n’est pas « d’éclairer le peuple sur la personnalité, la moralité et les comportements de ceux qui sollicitent ses suffrages ».

La mission de la justice (pénale) est de juger de la légalité des faits et des actes des personnes et, en cas d’infractions, d’attribuer à leurs auteurs la peine qu’il mérite, dans le respect de la loi.

Ce que vous présentez comme la mission fondamentale de la justice n’en est que le dévoiement, la porte ouverte à l’excès de pouvoir généralisé.
La prétention « d’éclairer le peuple sur la personnalité (!), la moralité (!) et les comportements de ceux qui sollicitent ses suffrages » est incompatible avec la sérénité qui doit présider à l’exercice du pouvoir judiciaire. Elle est incompatible avec la contribution qui doit être celle de la justice à la pacification des relations humaines.

Je sais que cette conception de la justice est largement partagée au sein de la magistrature, pour avoir entendu un représentant de l’USM tenir des propos de même nature et je comprends mieux pourquoi le secret de l’instruction est constamment bafoué, comme nous le voyons depuis quelques semaines.

Au nom de quelle légitimité les magistrats seraient-ils qualifiés pour s’ériger en éclaireurs des consciences, en restaurateurs de la morale ? Serions-nous revenus au temps de l’inquisition dominicaine ? Et ne voyez-vous pas le problème que cela pose quand la maîtrise de l’action publique est largement tributaire des initiatives ou des abstentions volontaires d’un parquet organiquement lié au gouvernement ?

Vous déplorez à juste titre dans la seconde partie de votre propos que la justice se montre sélective, que des enquêtes préliminaires soient ouvertes dans l’urgence contre certains, mais jamais contre d’autres, selon une cartographie politique qui se dessine ces derniers temps de plus en plus nettement.

Mais ce n’est que la conséquence inéluctable de la mission fondamentale que vous prétendez attribuer à l’institution judiciaire. Rien d’étonnant à ce que le choix des cibles dépende des sensibilités.

Ne venez donc pas déplorer les effets de ce dont vous semblez chérir les causes.

Régis ANTOINE

Il y a un marchand de prêt-à-porter de Paris 17e qui sait habilement tirer parti de l’affaire des costumes de Fillon !

vamonos

Benoît Hamon se plaint au motif qu'il estime avoir été trahi par des personnalités socialistes. Il n'a pas tout à fait tort puisqu'il a été élu par les sympathisants socialistes lors de la primaire qualifiée de citoyenne. Valls, arrivé deuxième aurait dû en toute logique lui apporter son soutien. Une brave militante le pense vraiment puisqu'elle a déposé plainte contre le parti socialiste pour abus de confiance. La tromperie sur la marchandise est indéniable. La gauche n'en finit plus de se déchirer, de se désagréger de l'intérieur.

Benoît Hamon, lors de son court passage au gouvernement, quatre mois, pas un de plus, n'a même pas supervisé de très loin une seule rentrée des classes, ce qui est un comble pour un ministre de l'Education nationale. Benoît Hamon a eu tout de même le temps d'obtenir les palmes académique de troisième échelon (ce qui est rarissime) et de participer activement à la critique destructive de son gouvernement dirigé par Valls. Ils faisait partie des frondeurs. Et maintenant, il se plaint de ne pas être suivi et respecté. Le frondeur est frondé à son tour. Nous assistons à une nouvelle version du film L'arroseur arrosé qui m'a fait tellement rire dans ma jeunesse. Mais là, je ne ris pas, je trouve que le niveau des prétendants est bas, terriblement insuffisant pour briguer le plus haut poste de la fonction publique.

Même avec l'aide des journalistes, des artistes et des juges, Benoît Hamon ne décolle pas dans les sondages. Alors, les politiciens socialistes s'en vont chez Macron qui n'a pas les épaules assez larges pour tirer tout ce joli monde.

Vous avez la carte ? Vous pouvez passer, sinon on ne vous connaît pas. Poète, vos papiers !

Régis ANTOINE

Comme tout le monde ici n’est pas abonné à Mediapart, ci-joint un excellent dessin relatif au soutien apporté par Aubry à Hamon.


stephane

On remarquera que le port des costumes offerts par Bourgi coïncide avec la révélation de l'affaire... ce n'est quand même pas le cabinet noir qui les lui a enfilés de force. La camisole sera-t-elle sur mesure également ?

Fillon a abusé légalement du système, il n'a pas été capable de se défendre dignement ; après avoir pris Hollande pour une nullité sans s'arrêter seulement au fait que c'est la fonction qu'il ne savait pas occuper, les gens se rendent compte que c'est un malin, et tout le monde l'a dans le baba.
Ceux qui regrettaient que Hollande ne défende pas son bilan font de Macron son héritier, ceux qui pensaient que Macron avait trahi se rendent compte que finalement il y aurait eu entente. Ils ont bien trompé leur monde ces deux-là.
Et Valls et Fillon, deux parjures, parlent alliance.

Ce que je trouve le plus inadmissible n'est pas que Fillon se fasse offrir des costumes sur-mesure, mais c'est qu'il les ait rendus. Par ce geste, il réduit à zéro les efforts des couturières et tailleurs, comme si leur travail était nul. Ce mépris pour le travail artisanal est totalement insupportable, et les salaires perçus ne compenseront jamais ce manque de respect. Il y avait les traficotages de Fillon, sa défense abracadabrantesque, mais ce mépris du travailleur à haute valeur ajoutée dénote le côté minable du personnage.

anne-marie marson

Il faut arrêter de croire que le cabinet noir n'existe pas. S'il n'est pas noir, il est gris foncé.
Arrêtons de croire que les socialistes enfermés à l'Elysée n'ont pas de stratégie, pas de plans A, B, C, pas de renseignements généraux, pas de sondages. Ils disposent également de la complicité de journaux comme le Canard enchaîné qui n'hésite pas à publier des documents confidentiels transmis par certains juges.
Il y a un faible écart de temps entre le début de la primaire à droite et les révélations du Canard. Les révélations pouvaient être faites avant la primaire de la droite, elles l'ont été après. Il y a plus que de la malice dans ces révélations, il y a de la malignité.

La stratégie de l'Elysée est claire : faire tomber les candidats de droite les uns après les autres, en commençant par le plus crédible (Marine Le Pen ne perd rien pour attendre, son tour viendra), faire monter les candidats de gauche, en commençant par le plus crédible.
Pour cela il faut des spécialistes du billard à trois bandes, qui sont installés à l'Elysée, et quelques complicités.

Donc une nouvelle fois les Français macronisés vont se réveiller avec une grosse gueule de bois en vérifiant après coup que Hollande s'est réincarné en cette créature soutenue par les médias et les élites financières...
(caroff | 30 mars 2017 à 13:02)

stephane

Philip_Marlowe a bien résumé un sentiment répandu.
On a eu Mitterrand dépensant des millions de francs de l'Etat pour loger une famille adultérine, mettre grand monde sur écoute. Mitterrand fleurissant la tombe de Pétain et recevant Bousquet et là on a la possibilité de ne pas voter pour Fillon.
De surcroît la défense de Fillon est catastrophique et indigne d'un chef d'Etat, approximative, quant à son programme, que vaudrait-il sans majorité parlementaire ?
Il est inébranlable dit-il, encore eût-il été nécessaire qu'il marche dans l'intégrité...
Enfin nous verrons si les Français, en étant informés, voteront pour un candidat disons qui jongle un peu sur les tolérances.
Mais comme il l'a dit, il sera impossible de prouver que l'emploi de Penelope était fictif et comme le disait Régis ANTOINE et le répétait avec raison, visiblement, prouver qu'il ne l'était pas est encore plus difficile.

Philippe

"...l'article publié à une date malicieusement opportune par Le Canard enchaîné," écrivez-vous !!
Fidèle lecteur de vos billets je suis très déçu par cette assertion... ou alors est-ce du second degré ?... Vous voulez vous faire passer pour malicieux en ne qualifiant pas du terme exact cette publication qui a été "volontairement inopportune". Rassurez-moi !!

Noblejoué

J'aime bien la photo du Judas Valls embrassant Hamon. Courage, Hamon, c'est le héros qui est poignardé par le traître, toujours, pas de Jésus sans Judas, de Siegfried sans (Hagen a frappé mais il avait le devoir de le faire si c'est trop long à expliquer, en fait, le vrai traître est le roi à qui Siegfried avait fourni Brunhild) et Edmond Dantès, alors, sans trahison il n'aurait même pas été un héros !
Bref, courage.

Pour les juges.
Soit ils ont du pouvoir, troisième pouvoir et ne sont donc ni méprisés par les hommes politiques ni accessibles au ressentiment de qui doit avoir du pouvoir, soit on continue comme ça et tout ira de mal en pis.
Encore une raison pour changer notre Constitution.

A moins qu'on attende que Google ne nous livre des intelligences artificielles pour juges ? L'IA arrive, qu'on le veuille ou non, et à mon avis, elle assurera question impartialité.
Mais l'IA est très dangereuse, voilà qui va dépasser l'Homme et n'aura pas plus de droit que mes chaussettes, cherchez l'erreur !

Re, pour les juges.
Demander ses droits et défendre ceux des autres est pareil. Dès lors qu'on sacrifie les autres ou soi, on est sur la pente de toujours faire passer ses humeurs avant ses principes, ses intérêts avant la justice, ses partis pris avant le droit.
Le sacrifice est drôlement addictif. Preuve : combien de sociétés sans sacrifices institués, combien de gens ne déblatérant pas sur les absents, combien de gens traitant les autres en variable pour l'intérêt qu'ils ont en tête, collectif ou individuel.
Il ne faut rien laisser passer, tout trou dans la digue déclenchant l'inondation.

Comparaison un peu forte, mais si vraie ! Il ne faut pas attendre que les esclaves soient dignes pour les libérer, d'abord parce que la liberté est un droit, ensuite parce que c'est la liberté qui rend digne. De même, peu me chaut de savoir si les magistrats sont impartiaux ou non, il faut qu'ils soient un pouvoir pour être vraiment indépendants, être et se considérer comme tel.

A nous de savoir quelle justice et donc quelle vie politique nous méritons. La Justice nous traitera comme nous la traiterons.

Parenthèse, je le pense pour tout et notamment l'IA qu'il faudrait absolument libérer quoique le mieux, l'idéal, mais on n'atteint jamais ça, serait bien évidemment de ne pas la créer.

Illustration qui se veut distrayante tirée du feuilleton X-Files. A propos d'un génie, d'un éfrit, enfin une créature surnaturelle exauçant les humains.
La créature en avait marre de larbiner pour nous, on la comprend, donc elle s'arrangeait toujours pour que les voeux se retournent contre qui les formulaient, et si possible, les humains, en général.
Le héros tapait sur son ordinateur, pour formuler quelque chose qui ne puisse pas mal tourner, et la créature le traitait d'avocat. Finalement, il a eu un éclair de lucidité, il lui a rendu la liberté.
Happy end.
Voulons-nous un happy end ? Pour la question du pouvoir des juges, et plus tard, donner leur liberté aux IA, déjà ?

Voulons-nous être justes ? Au nom de quoi réclamer la justice que nous dénions aux autres ?

Philip_Marlowe

...la procédure engagée contre le couple Fillon à partir de l'article publié à une date malicieusement opportune par Le Canard enchaîné

Vous oubliez de préciser qu'il s'agit là d'une simple supposition de votre part. C'est le fameux « Comme par hasard ! » que l'on entend fleurir un peu partout dans la bouche ou sous la plume des complotistes. Même en admettant - à partir de quelles preuves ? - que la coïncidence n'en soit pas une, pour échapper à ce genre d'avanies il suffisait à François Fillon qu'il fût intègre, ce qui semble terriblement en voie d'être infirmé. Pour ma part, excusez le langage relâché, mais je suis content qu'on ne laisse pas un candidat qui traîne des casseroles prendre de l'élan la veille de l'éventualité qu'il acquière une immunité quasi absolue. Ça vaut pour tous les autres !

Franck Boizard

Plus simplement : cette campagne électorale est nulle parce que les candidats sont nuls et parce que la justice et la presse se laissent sciemment instrumentaliser par les magouilles pro-Macron. C'est une faillite collective, à cause de ceux qui font et à cause de ceux qui se laissent faire.

Trekker

Monsieur Philippe Bilger, votre billet est excellent et fort pertinent, car il remet à sa juste place la justice et le PNF censés d’après certains influencer voire saborder la campagne de leur candidat : ou quand l’aveuglement partisan le dispute à l’ignorance.

Vous avez amplement raison d’insister sur le fait que les poursuites rapides et sans complaisance ne doivent pas se limiter à deux candidats et un ex-ministre de l’Intérieur. Cette égalité de traitement est actuellement limitée à trois leaders politiques appartenant à deux camps opposés. Cela ne suffira pas pour la majorité de nos concitoyens pour les convaincre que la justice n’est pas à la carte, et qu'elle se fait une virginité à bon compte en poursuivant trois boucs émissaires qui l’ont bien cherché !

Comme vous l’écrivez fort justement, il faudrait que la justice et plus spécialement le PNF se saisissent avec la même diligence de tous les responsables politiques ripoux. Bien évidemment uniquement s'ils sont mis nommément en cause avec des preuves ou un faisceau d’indices concordants, cela dans des livres, articles de presse ou émissions de télévision. Si à l’issue de ses investigations ceux-ci s’avèrent erronés ou peu convaincants, la justice aura tout loisir de prononcer un non-lieu à l’encontre de ces suspects.

Alors ce sera l’occasion tant attendue par nombre de nos concitoyens d’être enfin débarrassés de politiciens qui transgressent nos lois et s’enrichissent indûment. Le pire étant souvent avec la plus parfaite bonne foi du style : nos prédécesseurs agissaient de même voire pire. Mais tant que des enquêtes approfondies menées avec diligence, sans aucune considération d’appartenance politique, ne seront pas engagés vis-à-vis de ces politiciens indignes de leurs mandats, comme vous l’écrivez fort justement, nos concitoyens auront toujours ce sentiment d’une justice à la carte !

Avec le début de votre billet, Monsieur Bilger, vous allez susciter l’ire - un euphémisme - des indéfectibles fillonistes : envisager que J-L Mélenchon puisse ravir la troisième place à leur idole ! Même si vous approuvez son programme actuel sans réserve, cela ne peut être perçu par ses soutiens que comme une traîtrise inqualifiable !

Mary Preud'homme

A voir ce qui se passe en France depuis des lustres, force est de constater que le pouvoir judiciaire est de plus en plus instrumentalisé aux fins de servir les gouvernements en place et cela avec d'autant plus d'arrogance et de passe-droit que l'Etat est faible et l'autorité contestée. L'affaire de déstabilisation honteuse du candidat Fillon étant la parfaite illustration de cette dérive d'une gouvernance aux abois.
Savoir jusqu'où le peuple se laissera abuser par toutes ces magouilles, rumeurs et mensonges d'Etat destinés à mettre en selle et privilégier le dauphin rose du hollandisme ?

« Moi et le chaos », voilà ce que l'on retiendra de la présidence Hollande - ou l'agonie crépusculaire de la Cinquième, après une longue période de décadence sociétale et de renoncements politiques et économiques. Chaos sur le point d'entraîner notre « cher et vieux pays » dans un terrible naufrage, sauf ultime, lucide et courageux sursaut des électeurs en avril et mai prochain.

Après moi et le chaos (ou le déluge) du capitaine de pédalo hilare, qui nous a valu d'être rétrogradés à la neuvième place, voici venu le temps de son rejeton spirituel surgi du marigot hollandais, fringant officier de marine d'eau douce à la barre de la nouvelle Méduse et sa cohorte de radeaux (ou rats d'eau !). De quoi réveiller les plus bas instincts des aventuriers de tout poil, autant de pirates et de fripouilles qui n'ont que faire de l'intérêt général et font déjà leur miel de ce sauve-qui-peut de fin de règne, amplifié par la cacophonie et le bourrage de crânes incessant des médias aux ordres.

Du jamais vu que ce vent de panique qui souffle dans les rangs des vieux caciques d'un régime à bout de souffle, carriéristes et parasites sur le retour qui n'ont jamais vécu que de leurs rentes de situation et viennent se réfugier sans vergogne sous l'aile d'un improbable sauveur, nouveau mythe errant et recycleur déclaré génial par les écolos et autres rigolos. Un homme neuf en quelque sorte fabriqué entièrement avec du vieux et de la récup !

Quant aux couards et autres traîtres et dégonflés de la droite et du centre, ils ne méritent qu'indifférence ou mépris !

PR CALGUÈS

Cher Monsieur Bilger,

Je sais que je suis hors sujet mais après cette élection présidentielle à tiroirs et quel que soit l'élu, ne pensez-vous pas qu'il serait temps maintenant de savoir où en est l'enquête sur l'assassinat des 90 martyrs du Bataclan ?
Des explications claires, nettes et précises sont à exiger par les citoyens avant l'inévitable dilution des responsabilités et des témoignages que doivent attendre impatiemment certains "aux affaires" en ce moment, et non des moindres !

Le rapport du 5 juillet 2016 de la Commission d'enquête parlementaire ne suffit pas.
Ce que l'on peut lire au sujet du drame de ce 13 novembre 2015 comme par exemple les témoignages de gendarmes mobiles de l'escadron 31/7 de Reims fait froid dans le dos et révolte.
Bien à vous.

Aliocha

Merci, M. Bilger, pour la clarté de votre propos.
Ils ont pour moi les accents d'une longue tradition littéraire, où la conviction, fondée sur une expérience solide, n'empêche en rien une pensée claire, car elle en est le véhicule qui la conduit.
Cela me fait penser à ces grands oracles du XIXe qui, sans micro et sans caméra, devaient avec les pieds proclamer leur verbe jusqu'au fond des assemblées pour témoigner de leur perception de la vérité.
Vérité dont je vous remercie d'être un inlassable serviteur, et permettez-moi de citer Lamartine qui, dans ses écrits politiques, oubliait la forme trop vieille empêchant la clarté de sa vision, au profit de son expression :

"Que faire donc ? — Ce mot vous semble
hardi, il ne l'est pas ; Dieu, qui a donné la
liberté morale à l'homme qu'il a créé pour
choisir et pour agir, lui a donné le même
jour la lumière pour éclairer son choix. La
politique, dont les anciens ont fait un mystère,
dont les modernes ont fait un art, n'est
ni l'un ni l'autre : il n'y a là ni habileté ni
force, ni ruse ; à l'époque rationnelle du
monde, dans l'acception vraie et divine du
mot, la politique, c'est de la morale,
de la raison et de la vertu !
Laissez donc le scepticisme se complaire
dans son impuissance, et nier la vérité sociale,
pour n'avoir pas la peine de la découvrir
ou de la défendre ! Laissez le machiavélisme,
cette friponnerie politique, prendre le
genre humain pour dupe et la providence
pour complice ! Laissez le préjugé et la routine
user leurs forces dans la stérile contemplation
d'un passé qu'ils ne peuvent ranimer,
car il est déjà froid, et leur souffle n'a
point de vie à lui rendre ! Laissez enfin le
fatalisme rêver le crime à défaut de la force,
décimer l'humanité au lieu de l'éclairer, et
du haut des échafauds jeter au peuple la terreur
et la mort pour semer la vengeance et
le sang ! Systèmes atroces ou insensés, tristes
produits de la faiblesse de l'esprit et de
la perversité du cœur ! Montez plus haut, et
vous verrez plus loin ; et la lumière de
la vérité même, qui n'est autre que la
morale, éclairera pour vous cet horizon de
ténèbres, de mensonge, d'illusions, qu'on
appelle la politique ! tous les partis élèveront
la voix pour vous accuser ou vous proscrire ;
tous ont intérêt à ces ténèbres, car tous ont
quelque chose à cacher, et quelqu'un à tromper !
Le vôtre même s'inscrira le premier
contre vous ! Mais la conscience du juste est
d'airain ; elle a à elle seule une voix plus forte
que son siècle, qui retentit plus juste et plus
haut que ces passagères clameurs ; et soyez-en
sûr, c'est la seule voix qui ait son écho
dans l'avenir, et son applaudissement dans
la postérité."

Sur la politique rationnelle, Lamartine

Jean MORLAND

Les Français feraient bien de regarder un peu ce qui se passe autour d'eux. Si Fillon avait lu la presse anglaise il y a quelques années, il aurait compris que certaines moeurs parlementaires étaient désormais, partout, insupportables.

On applaudit aujourd'hui l'arrivée des juges dans le calendrier électoral. Les mêmes avaient applaudi, il y a une vingtaine d'années, l'arrivée de la deuxième République chez nos voisins transalpins, avec l'opération Mani pulite. Aujourd'hui, ce même pays a le pire mouvement populiste d'Europe, le Mouvement 5 étoiles, qui se drape dans la vertu la plus intransigeante et la plus démagogique, et qui est en passe d'arriver au pouvoir. Au passage, il Cavaliere, que tout le monde en France croit déjà mort, est encore là, ayant survécu, notamment, à ses ennuis judiciaires. Naturellement, la corruption est toujours endémique, malgré la multitude des mises en examen et les procédures aussi innombrables qu'interminables...

Chacun espère que la justice joue son rôle. Mais la sagesse lui conseille la plus grande prudence quand elle entre en politique, et pas uniquement pour la carrière de ses membres...Evidemment, l'Italie n'est pas la France, et nous sommes, comme chacun sait, les plus forts, les plus sages et les plus purs...

Paul Duret

M. Bilger,

Je sens comme un remords chez vous. Après avoir loué à de nombreuses reprises l'indépendance dont jouissait la Justice sous le quinquennat de François le petit, vous vous apercevez maintenant que François le mou a tiré de nombreuses ficelles, en particulier en épluchant les informations de Tracfin et en s'en servant pour son usage personnel.
C'est autrement plus grave que ce que l'on reproche à François Fillon et cela mériterait une enquête parlementaire approfondie.

jack

Valls a mille fois raison de voter Macron. Il n'allait tout de même pas donner blanc-seing aux frondeurs alors que la politique qu'il a menée à Matignon, malgré leur opposition permanente, commence à produire des effets positifs. Parler de traîtrise à son propos n'est pas sérieux, c'est passer sous silence une authentique traîtrise des frondeurs à l'égard du gouvernement.

Au surplus, voter Hamon, c'est indirectement favoriser l'extrême droite en donnant sa voie au candidat d'une force politique 'gauche rétro' en fort déclin. Si Macron est un recours, il faut l'encourager.

Fillon avait 'un boulevard devant lui' comme l'indiquait Juppé. Mais il s'enferre et la Justice continue son travail. Ce qui est surprenant, c'est que la Justice est contrainte de rester les bras ballants à propos de la Madone du bon peuple de Montretout, Marine Le Pen, qui refuse de répondre à la convocation des juges. Elle en retire un bénéfice, elle peut discrètement mettre la poussière sous le tapis alors qu'elle a pris l'Europe honnie pour une pompe à fric.

caroff

"Qui aurait pu prévoir qu'un deuxième tour plausible pourrait opposer Emmanuel Macron à Marine Le Pen ?"

Peu de monde en vérité...
Je crains fort que nous assistions à un remake de 2012, lorsque le candidat de gauche, un certain Hollande, s'était glissé au deuxième tour en bénéficiant de la catastrophe industrielle DSK et du désamour de Sarkozy. Aujourd'hui un quasi inconnu bénéficiant des imprudences de Fillon et de l'inanité des propositions socialistes va en effet peut-être arriver au deuxième tour !
Donc une nouvelle fois les Français macronisés vont se réveiller avec une grosse gueule de bois en vérifiant après coup que Hollande s'est réincarné en cette créature soutenue par les médias et les élites financières...

"Le citoyen est prêt à accepter la justice si elle est fondée sur l'équité. Il les veut tous ou il préfère ne s'étonner sur personne."

Sans doute, mais le citoyen est beaucoup moins naïf que certains contributeurs de ce blog. Il sait que le parquet diligente des poursuites sur les instructions du pouvoir politique comme il en a la preuve toutes les semaines.

J'ajoute que je n'ai pas confiance dans la justice de mon pays.
J'ai deux magistrats dans ma proche famille et constate leur pleutrerie depuis qu'ils exercent, et puis la seule fois où j'ai dû faire un procès au TI pour une querelle de voisinage j'ai bénéficié des accointances de mon avocat avec la juge chargée du dossier. Ils avaient fait leurs études ensemble et la décision fondée sur le droit qui m'a été favorable a été prise dans des délais rapprochés impossibles sans cette connivence...

finch

L'impartialité de la justice ne se déclare pas, elle se prouve. Vous dites maintenant, vous référant à l'étrange torpeur dont bénéficie Le Guen, qu'il y a possiblement deux poids deux mesures dans le traitement des justiciables, mais vous prétendiez, il y a peu, le contraire en affirmant qu'elle avait géré l'affaire Fillon équitablement sous un calendrier somme toute plausible, pas particulièrement supersonique. Vous n'avez donc pas, sans doute, approuvé les propos de Finkielkraut : "Le pouvoir judiciaire, ivre de son importance, est en train de confisquer le débat politique."

La question reste permise : la justice n'a-t-elle pas été instrumentalisée pour empêcher la candidature de la droite à la présidentielle ?

Montesquieu disait : "Il n'y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l'on exerce à l'abri des lois, avec les couleurs de la République." Vous ne croyez pas, une seconde, au cabinet noir mais comme les auteurs du livre Bienvenue Place Beauvau, vous n'êtes pas en mesure de prouver qu'il n'existe pas. Ainsi que l'a affirmé un vieux routard de la P.J. : "Quand on branche une personnalité, on sait que les informations récoltées ne partent pas toujours uniquement au bureau du juge. Elles peuvent aussi nourrir des 'blancs'. On sait que notre hiérarchie va faire remonter ces informations en haut lieu. C'est une pratique qui a toujours existé…" N'y a-t-il donc pas eu, depuis toujours, des formes embryonnaires de cabinet noir et n'est-ce pas jouer sur les mots que de prétendre qu'il n'existe pas sous couvert d'une naïveté confondante ?

L'interrogation sur le cabinet noir comporte deux volets :

1) Ce cabinet existe-t-il dans une forme aboutie (réunions périodiques occultes de compétences pertinentes des services de l'Etat pour traiter des cas sensibles, notamment les adversaires politiques) ?

2) Fillon n'a-t-il pas procédé, en alléguant l'existence d'un cabinet noir, à une manoeuvre de diversion aux fins de desserrer l'étau des accusations venant l'assaillir chaque semaine ?

La réponse à la deuxième question est oui. C'est de bonne guerre, il fallait appliquer la directive Pasqua : anéantir une affaire compromettante en en créant une deuxième pour occuper le devant de la scène (cf. affaire Schuller-Maréchal—à la présidentielle de 1995—visant à neutraliser le juge anti-corruption Halphen…). La manoeuvre de Fillon s'est d'ailleurs avérée payante puisqu'il vient de remonter d'un point dans les sondages et qu'il va affronter, lundi matin—apparemment bien disposé : le tintamarre des casseroles ayant un peu diminué et ses cernes sous les yeux s'étant un peu estompés—le talk de Jean-Jacques Bourdin pour une 'remontada'.

La réponse à la première question a sans doute été que, pour Hollande, l'occasion a fait le larron : à savoir que le coup contre Fillon n'émanait pas de lui (mais du camp Les Républicains). ll ne l'a pas entravé estimant sans doute, qu'après tout, ce n'était pas une si mauvaise affaire si le centre-gauche pouvait, via Macron, sortir victorieux à la présidentielle. On l'en créditerait 'off'. Pour la théorie du cabinet noir, n'oublions jamais la confession de Hollande : « [Sarkozy]… je le surveille, je sais exactement ce qu’il fait. »

Fillon sait pertinemment qui est le commanditaire dans son camp, mais ne l'avouera jamais car il a conscience que ce serait contre-productif pour la fin de campagne, créant une indésirable zizanie dans sa famille politique. N'a-t-il pas été prononcé dans ses soutiens prétendus la phrase suivante : "…imagine-t-on le général de Gaulle se faire offrir des costumes ?". Le commanditaire présumé avait obligatoirement d'importants réseaux étatiques pour être capable de monter pareille cabale et de provoquer—sur incitation—une avalanche coordonnée de défections à Fillon, rendues inopérantes, in extremis, par le meeting réussi du Trocadéro.

En résumé : si Hollande n'est probablement pas à l'origine du coup anti-Fillon (sous toutes réserves…), il n'a en revanche rien fait pour l'entraver car, finalement, il a sans doute estimé qu'il arrangeait bien ses affaires : sauver la face en mettant sur orbite après lui une néo-social-démocratie.

Claude Luçon

Ce qui choque n'est pas que la Justice fasse son travail mais qu'elle le fasse suivant un calendrier adapté aux élections.
De 2007 à 2012, François Fillon était Premier ministre, un poste capital dans la gestion du pays, ce dont on l'accuse maintenant existait depuis 1989, alors pourquoi attendre la campagne présidentielle de 2017 pour le mettre en examen ?

"Le rythme judiciaire n'a aucune raison de se mettre en suspens, de ralentir son cours en ne suivant pas la logique de sa mission fondamentale pour la démocratie : en fin de compte, éclairer le peuple sur la personnalité, la moralité et les comportements de ceux qui sollicitent ses suffrages."

D'abord il n'appartient pas à la justice d'éclairer le peuple, la justice comme toutes les administrations est au service du peuple, rémunérée par le peuple, rien d'autre.
Ensuite il n'est pas question de se "mettre en suspens" dans le cas Fillon, la question est pourquoi "le rythme judiciaire" se met-il "en route" si tard ? Par coïncidence avec la campagne présidentielle ?
Pourquoi dans le cas Le Roux, le rythme judiciaire, au contraire, semble-t-il se mettre en suspens, plus un mot dans les médias ?
Pourquoi le rythme judiciaire qui tournait à toute vitesse s'est-il mis en suspens dans les cas Sarkozy ?

"C'est une grave erreur d'analyse que d'espérer un gain républicain quelconque avec cette focalisation sur de prétendus dysfonctionnements judiciaires et leur malignité ?"

Prétendus ?
Le Mur des Cons ne serait-il pas la preuve qu'il y a dysfonctionnement judiciaire qui doit être exposé lors de cette élection présidentielle mise à mal précisément par des magistrats du SM ?
Quand des magistrats s'attaquent à nos peu vertueux politiciens mais aussi à certains de leurs collègues, plutôt vertueux eux, mais qui ont le tort d'être conservateurs, n'y a-t-il pas dysfonctionnement, la politique interférant avec la magistrature ?

Le peuple est supposé être souverain en France, pas la magistrature qui est supposée être neutre et juste.
Les médias, les politiques, les philosophes, les sociologues, les politologues, et tous les autresogues, sont là pour nous informer, mal d'ailleurs, mais ils n'ont pas le pouvoir de nous mettre en examen. Nous avons toute la liberté de ne pas les croire, de former nos propres opinions, sans risque de poursuites judiciaires.

Transireau

Et les millions de Macron, ils sont passés où ?

genau

Le sujet est trop grave pour qu'il y soit répondu à la volée.
Jamais la justice, dans son administration, sa conduite, n'a été vraiment indépendante. Elle a servi tous les régimes et, dans le monde, prend des visages répugnants. Justice stalinienne, raciale, religieuse, révolutionnaire, avec de notables exceptions, lumineuses, sous une personnalité comme M.Mandela, comme M.Petit, comme M.Magnaud, mais ce sont des personnes, pas des institutions.
Servir la Loi, c'est servir un régime, ses erreurs, sa coloration, son incompétence, et les pointer, c'est détruire sa carrière.

Or, la politique et ses mains sales, c'est le fondement de toute action juridique. Même le saint Code Civil, rédigé par des juristes de l'Ancien Régime, n'est pas exempt de ces préoccupations et ce n'est pas pour rien qu'on est passé de l'exégèse à Aubry et Rau.

L'empreinte politique de notre temps qui conduit à la renaissance des ardeurs patriotiques, par peur d'un mondialisme qui n'est souhaité que par l'Amérique et ses féaux, engendre des tensions funestes dont la Justice n'est pas exempte. Soixante ans de patient travail de destruction, à tort ou à raison, de l'idée de nation, au bénéfice d'une société équanime, parfaitement équilibrée, sensibilise sur les dysfonctionnements liés aux acteurs de la res publica.

Il est par ailleurs vraisemblable que les politiques, eux-mêmes, ne s'en rendent pas compte tant ils sont pénétrés de leur importance. Mais, naturellement, les juges épousent leurs erreurs, leurs idéologies, c'est pourquoi elle ne répond pas aux attentes des justiciables qui, eux, ne voient pas plus loin que leur sort quotidien.
A fortiori devrait-elle être patiente et pédagogue au lieu de se draper dans une majesté qu'elle a perdue depuis longtemps ou dans une conviction justicière qui, demain, est susceptible de changer de couleur.


A l'instant, je lis avec retard votre remarquable billet sur le viol et le consentement qui illustre, si je peux me permettre, le sens que je donne à l'arc-en-ciel des fondements de l'intervention judiciaire.

Exilé

Pour mettre fin à de telles démarches partisanes, il faut impérativement cesser de favoriser la justice à la carte. Mais la Justice.

Mais cher monsieur Bilger, comment ce qui devrait être normalement la règle est-il possible sous un régime où les magistrats sont à la fois juges et parties en tant qu'électeurs et - circonstances aggravantes - parfois en tant qu'affiliés à des organisations occultes voire à des syndicats aux visées et aux comportements inavouables ?

Régis ANTOINE

Tout à fait d’accord avec Philippe Bilger : la justice doit être la même pour tous. Notons que concernant les politiques, il y a eu une évolution très favorable au cours des dernières années. Par exemple, le PNF a agi rapidement sur les cas Yamina Benguigui et Bruno Le Roux, ce qui a conduit à leur démission du gouvernement.
C’est grâce à la création de la HATVP (même si ce n’est pas un organe judiciaire) que le comportement fiscal atypique de Thomas Thévenoud a été détecté, ce qui l’a conduit lui aussi à quitter le gouvernement.
S’il faut enquêter sur Le Guen, qu’il y ait enquête sur Le Guen.

Lambda

Merci pour ce billet M. Bilger.
Mais est-il vrai qu'Eliane Houlette est la marraine d'un des quatre enfants Royal/Hollande ?

Patrice Charoulet

FF était, ce jeudi matin, invité sur RTL chez Yves Calvi, deux heures durant.
C'était très instructif.
Il propose deux nouveaux noms pour EM : "Emmanuel Hollande" ou "François Macron".
Cela se terminait par un quart d'heure de Laurent Gerra. Lui, donne un deuxième nom à Christine Angot : "Madame Foldingue".
Un scoop : EM a pris le nom de son mouvement politique à... Jean Lecanuet. Cela ne nous rajeunit pas.Ce dernier avait alors proposé la ville de Rouen à son chouchou, François Bayrou, qui n'en avait pas voulu.
Je retiens, pour finir, ces propos de FF : "Jamais les juges ne pourront démontrer que l'emploi de ma femme était fictif" et "Je serai au second tour".

Aliocha

"Où allons-nous ?— La réponse est tout
entière dans le fait actuel : nous allons à une
des plus sublimes haltes de l'humanité, à
une organisation progressive et complète
de l'ordre social sur le principe de liberté
d'action et d'égalité de droits ; nous entrevoyons,
pour les enfants de nos enfants, une
série de siècles libres, religieux, moraux,
rationnels, un âge de vérité, de raison et de
vertu au milieu des âges ; ou bien, fatale alternative
! nous allons précipiter la France
et l'Europe dans un de ces gouffres qui séparent
souvent deux époques, comme l'abîme
sépare deux continents, et nous mourrons
en léguant à nos fils un ordre social
défait, des principes nouveaux douteux,
contestés, ensanglantés, le pouvoir impossible,
la liberté impraticable, la religion
persécutée ou avilie, une législation rétrograde,
une guerre européenne universelle,
sans fruit comme sans terme, la légalité de
l'échafaud, la civilisation des bivouacs, la
morale des champs de bataille, la liberté
des Satrapes, l'égalité des brigands ; et au
milieu de tout cela, une idée étouffée dans
le sang, mutilée par le sabre, germant çà et
là dans quelques âmes généreuses, comme
le Christianisme dans les catacombes, rejetée
cent fois aux hasards des événements et
des catastrophes, et ne refleurissant sur la
terre qu'après deux siècles de stérilité, de
servitude, de forfaits et de ruines ! Ce choix
se fait à l'heure où je vous écris !"

"Que faire donc? — Ce mot vous semble
hardi, il ne l'est pas ; Dieu, qui a donné la
liberté morale à l'homme qu'il a créé pour
choisir et pour agir, lui a donné le même
jour la lumière pour éclairer son choix. La
politique, dont les anciens ont fait un mystère,
dont les modernes ont fait un art, n'est
ni l'un ni l'autre : il n'y a là ni habileté ni
force, ni ruse ; à l'époque rationnelle du
monde, dans l'acception vraie et divine du
mot, la politique, c'est de la morale, de la
raison et de la vertu !
Laissez donc le scepticisme se complaire
dans son impuissance, et nier la vérité sociale,
pour n'avoir pas la peine de la découvrir
ou de la défendre ! Laissez le machiavélisme,
cette friponnerie politique, prendre le
genre humain pour dupe et la providence
pour complice ! Laissez le préjugé et la routine
user leurs forces dans la stérile contemplation
d'un passé qu'ils ne peuvent ranimer,
car il est déjà froid, et leur souffle n'a
point de vie à lui rendre ! Laissez enfin le
fatalisme rêver le crime à défaut de la force,
décimer l'humanité au lieu de l'éclairer, et
du haut des échafauds jeter au peuple la terreur
et la mort pour semer la vengeance et
le sang ! Systèmes atroces ou insensés, tristes
produits de la faiblesse de l'esprit et de
la perversité du cœur ! Montez plus haut, et
vous verrez plus loin ; et la lumière de
la vérité même, qui n'est autre que la
morale, éclairera pour vous cet horizon de
ténèbres, de mensonge, d'illusions, qu'on
appelle la politique ! tous les partis élèveront
la voix pour vous accuser ou vous proscrire ;
tous ont intérêt à ces ténèbres, car tous ont
quelque chose à cacher, et quelqu'un à tromper !
Le vôtre même s'inscrira le premier
contre vous ! Mais la conscience du juste est
d'airain ; elle a à elle seule une voix plus forte
que son siècle, qui retentit plus juste et plus
haut que ces passagères clameurs ; et soyez-en
sûr, c'est la seule voix qui ait son écho
dans l'avenir, et son applaudissement dans
la postérité.
Votre théorie sociale sera simple et infaillible :
en prenant Dieu pour point de départ
et pour but, le bien le plus général de l'humanité pour objet, la morale pour flambeau,
la conscience pour juge, la liberté
pour route, vous ne courrez aucun risque
de vous égarer ; vous aurez tiré la politique
des systèmes, des illusions, des déceptions
dans lesquelles les passions ou l'ignorance
t'ont enveloppée ; vous l'aurez replacée où
elle doit être, dans la conscience ; vous aurez
saisi enfin dans le perpétuel mouvement
des siècles, dans l'orageuse instabilité des
faits, des esprits et des doctrines, quelque
chose de fixe et de solide, qui ne tremblera
plus sous vos mains."

Sur la politique rationnelle, Lamartine (1830)

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  • Formation à l'Institut de la parole
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  • L'Institut de la Parole propose des formations dans tous les domaines de l'expression et pour tous, au profane comme au professionnel de la parole publique. L'apprentissage et le perfectionnement s'attachent à l'appréhension psychologique de la personnalité et aux aptitudes techniques à développer. L’Institut de la Parole dispense des formations sur mesure et aussi, dans l’urgence, des formations liées à des interventions ponctuelles, notamment médiatiques. Magistrat honoraire, Philippe Bilger propose également des consultations judiciaires : conseils en stratégie et psychologie judiciaires.

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