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01 octobre 2017

Commentaires

Savonarole

Quand on regarde sous les décombres ce qu'ils nous ont laissé, Marx et Engels doivent se retourner dans leur tombe, Mélenchon, le zinzin Kim et Maduro. C'est mince.

Une querelle peu connue les a opposés à Jean-Baptiste Godin .

Godin était un industriel français, inspiré par le socialisme utopique et créateur de la société des poêles en fonte Godin et du familistère de Guise, aujourd'hui classé monument historique.
Sensible à l'idée de la redistribution des richesses industrielles aux ouvriers, il souhaite créer une alternative à la société industrielle en plein développement à son époque, et offrir aux ouvriers le confort dont seuls les bourgeois pouvaient alors bénéficier.
- Il entreprend de créer un univers autour de son usine de Guise, le familistère, dont le mode de fonctionnement peut être considéré comme précurseur des coopératives de production d'aujourd'hui.
- Il favorise le logement en construisant le Palais social (logements modernes pour l'époque), au sein duquel sont mis en place ce que Godin appelle les "équivalents de richesse" et qui vise à réduire l'écart entre classes sociales.

Ainsi, avantages sociaux (assurance maladie, retraite, etc.), confort inédit (chauffage central, distribution de l'eau, douches et toilettes, éclairage au gaz...), services partagés (économat, crèche, lavoir, piscine...) et dispositifs visant à l'éducation des habitants (écoles, cours du soir pour les adultes, théâtre...) sont mis en place.
Tous les acteurs de l'entreprise avaient accès aux mêmes avantages quelle que soit leur situation dans l'entreprise.

Dans le Manifeste du parti communiste (1848), Karl Marx et Friedrich Engels critiquent le projet d'amélioration de la condition ouvrière .

Engels et Marx qualifient le Familistère de Guise "d'expérience socialiste… devenue finalement, elle aussi, un simple foyer de l'exploitation ouvrière".

Bref, il n'y a que ces deux druides qui savaient tout, qui connaissaient tout et qu'aucune autre voie n'était possible.

Aujourd'hui dans Paris on trouve des boutiques Godin qui vendent des cuisinières au premier prix de 8000 euros, l'entreprise emploie 300 salariés.

Essayez de vous faire cuire un œuf en brûlant un tome du Capital, vous n'y arriverez pas.

PS : pour faire simple j'ai repris quelques textes biographiques de Godin

Noblejoué

"On peut, après ce film, se retrouver à l'air libre, regretter - mais ce n'était pas son but - qu'à aucun moment il ne fasse apparaître la matrice qu'a été le marxisme, peut-être mal compris ou dévoyé, pour l'effroyable catastrophe historique qu'a été le communisme totalitaire et meurtrier."

Ce n'était pas le sujet du film : le jeune Marx. Pourquoi enfoncer les portes ouvertes ? Tout le monde a pu voir que le communisme est pire que le capitalisme.

A une époque, trop de gens croyaient au communisme. C'était une erreur. Aujourd'hui, trop de gens croient tout changement impossible. C'est une démission.
Je voue égale reconnaissance aux gens, créateurs entre autres, qui combattent ces excès - ou de semblables.

Exilé

On peut, après ce film, se retrouver à l'air libre, regretter - mais ce n'était pas son but - qu'à aucun moment il ne fasse apparaître la matrice qu'a été le marxisme, peut-être mal compris ou dévoyé, pour l'effroyable catastrophe historique qu'a été le communisme totalitaire et meurtrier.

Philippe Bilger nous habitue à se montrer bienveillant au nom de la modération et du juste milieu envers tous les auteurs des idéologies les plus perverses et les plus meurtrières de l'histoire, en mettant sur le dos d'un dévoiement regrettable des principes fondateurs les pires débordements, alors que ces derniers ne sont en fait que la résultante des germes malfaisants intrinsèques auxdites idéologies (ou systèmes politico-religieux)...

Robert Marchenoir

Idée reçue (à gauche) : Marx n'était pas marxiste, l'Union soviétique a dévoyé le communisme ; bref, "çépaça le communisme", ce qui nous rappelle furieusement le cauteleux -- et tout aussi erroné "çépaça l'islam".

Petit calcul. Karl Marx est né en 1818 et mort en 1883. Le Manifeste du Parti communiste date de 1848, Le Capital date de 1867.

Comment appelez-vous une théorie célèbre dans le monde entier, étudiée et enseignée par des dizaines de millions de personnes, qui, soit n'a jamais été appliquée correctement depuis un siècle et demi qu'on essaye (thèse de ceux qui prétendent que l'URSS n'était pas communiste), soit a été appliquée, et a conduit aux malheurs que l'on sait ?

Réponses possibles : une guignolade, une enfumade, des histoires à dormir debout, une théorie criminelle, une idéologie monstrueuse, un bavassage sans queue ni tête produit par un pervers -- choisissez.

La grosse blague : depuis un siècle et demi, des chefs politiques de toutes couleurs de peau, de toutes cultures et de toutes religions ont essayé, à travers le monde entier, à d'innombrables reprises, dans des circonstances historiques diverses et variées, d'appliquer le marxisme ou le communisme ; à chaque fois, ils se sont lamentablement vautrés, et en fait, ils ont appliqué quelque chose d'autre qui n'a rien à voir ; et il existerait, pourtant, quelque chose de bon et de vrai et de bénéfique qui s'appellerait le marxisme, ou le communisme, et un jour, enfin, mon prince viendra, quelqu'un arrivera à trouver la fichue formule secrète qui fait fonctionner ce bon sang de bonsoir de machin, et l'humanité coulera enfin des jours heureux ?

Non mais de qui se moque-t-on ?

Michelle D-LEROY

"On voudrait donner mais après tout ce n'est pas à nous tout le temps de pallier et de réparer ! Alors je passe, en même temps gêné et assuré."

Voilà un sentiment de culpabilité, une sensation désagréable qui arrive à beaucoup d'entre nous, vu la misère qui grandit dans la rue à Paris mais aussi dans les villes de Région. Toutefois, ce n'est plus la même misère. Sans vouloir minimiser celle grandissante du XXIe siècle, celle des années 1900 était la misère usante de gens qui travaillaient trop sans qu'ils puissent vivre de leur travail. Aujourd'hui, en France, elle est le résultat de gens qui n'ont pas de travail. Le résultat est peut-être le même, mais avec la fatigue physique en moins ajoutée au sentiment d'inutilité car l'oisiveté forcée donne le temps de réfléchir.

En Inde, par exemple, lorsqu'on donne quelques roupies à un petit groupe d'enfants, dans la minute qui suit, ce sont des dizaines qui se regroupent pour vous demander la charité et là encore on ne peut donner à tous.
Et c'est tout de même dans ces pays du tiers monde que la vraie misère vous assaille.

La part sombre de la misère ouvrière et particulièrement celle des enfants, a été si bien décrite par les Dickens, Hugo, Zola, que nous pouvons comprendre la pensée de Marx témoin de misère humaine. Sauf que cette pensée philosophique a été interprétée et adaptée à la réalité de la façon la plus doctrinaire et on connaît la suite.

On sait aussi que sa grande activité en Europe pour répandre cette pensée a eu rapidement une grande influence sur son époque, puis avec son ami Engels il a élaboré à partir de ses écrits une conception plus pratique que philosophique du marxisme, une idéologie de base pour une application concrète, même s'il n'avait sans doute pas une idée précise des changements enclenchés.

Cette pensée n'est malheureusement pas morte. Il m'a suffi d'écouter une émission politique ce matin et d'entendre des remugles marxistes dans la bouche d'une militante, pour craindre le retour d'un nouvel ordre communiste, et c'est tout de même un peu flippant.

Après, je n'ai pas lu Marx mais je me méfie des livres ou films qui peuvent être à charge ou à décharge de quelqu'un sur lequel on aurait tout faux depuis des années alors que l'auteur ou le scénariste, aurait, lui, tout compris de cet être complexe dont il décortique la vie et l'œuvre selon son ressenti personnel.

Michel Deluré

L'erreur du marxisme ne fut-elle pas de vouloir introduire de la morale là où elle ne pouvait que difficilement trouver sa place, à savoir en économie ?

Pour faire court, Marx voulait en fait inventer un système tendant vers l'égalité économique des hommes, objectif sans doute parfaitement louable du point de vue de la morale.
Un tel objectif ne pouvait se concevoir que pour autant que l'intérêt particulier s'efface devant l'intérêt général.
Mais pourquoi les individus se soumettraient-ils à cette ordre alors qu'ils poursuivent en fait uniquement leur intérêt particulier dont Marx reconnaît lui-même qu'il ne coïncide pas avec leur intérêt commun ?

Le marxisme est resté une utopie car morale et économie ne peuvent finalement faire bon ménage.

Robert Marchenoir

C'est très à la mode, le marxisme, en ce moment. Les librairies débordent de rééditions du Capital, les rayons économie annoncent la mort du capitalisme pour demain matin, l'extrême droite récite le catéchisme du Parti communiste "français". Alors, pourquoi pas un film à la gloire de Marx, en effet -- un film où l'on ne dira pas un mot des cent millions de morts consécutifs à la pensée de ce brave garçon ?

La plupart des "intellectuels" reviennent, comme tirés par un élastique, à leur position de repos qui est tout simplement l'idéologie communiste. Si vous êtes communiste, en France, vous ne pouvez pas vous rater. Personne ne peut vous en vouloir. Vous sortez le sauf-conduit définitif, la preuve que vous faites partie du camp du Bien.

Bien entendu, pour profiter de ce joker, il ne faut pas être naïf. Ne dites pas : "Je suis communiste". Dites, comme Natacha Polony :

"Je dénie à certains le droit de juger qui est de gauche et qui est de droite, car c’est pour eux une façon de dire 'dans le camp du bien' ou 'dans le camp du mal'. Ils qualifient, contre leur gré, des gens comme n’étant pas de gauche, donc comme étant de droite, donc comme étant 'méchants'."

"Ces gens ont réduit la gauche à sa définition la plus infime : un progressisme qui défend l’extension indéfinie des droits individuels. Ils ont oublié tout ce que la gauche incarne de luttes sociales, de méfiance vis-à-vis de l’accumulation de capital. Ils font des questions sociétales le seul critère, pour faire oublier qu’ils ont définitivement abandonné la problématique économique. Ils se sont ralliés au capitalisme et pas à n’importe lequel : au capitalisme financier tel qu’il existe aujourd’hui."

https://fr.wikipedia.org/wiki/Natacha_Polony

Commençons tout de suite par la fin : le capitalisme, c'est mal, l'accumulation de capital, c'est mal (alors que le manque de capital est justement l'un des maux chroniques de la France) ; les "luttes sociales", c'est bien.

Autrement, dit, Natacha Polony, qui fait figure d'égérie de la droite, qui est l'une des "intellectuelles" proéminentes du Figaro, se revendique de la gauche. Son ancrage, c'est l'anti-capitalisme, les "luttes sociales", c'est-à-dire le communisme.

Remarquez l'infinie perversité de la "pensée" poloniste, et la répugnante confusion intellectuelle dont elle témoigne (on devrait plutôt parler de mauvaise foi). Polony commence par dire que la gauche et la droite n'existent plus, que ce sont des concepts dépassés -- et c'est pour finir par se revendiquer du moelleux cocon intellectuel et moral de la gauche.

Polony commence par dénoncer le "camp du Bien", elle commence par faire mine de se plaindre du manichéisme qui relègue les gens de droite au rang de "méchants" -- et elle en conclut que elle, et ses amis, font véritablement partie du camp du Bien, puisqu'elle est, elle, réellement, authentiquement de gauche.

Contrairement à tous ces gauchistes frelatés, "qui ont réduit la gauche à sa définition la plus infime : un progressisme qui défend l’extension indéfinie des droits individuels".

Effectivement, Dieu nous préserve de la dictature des "droits individuels". Il ne manquerait plus que ça, que les gens estiment avoir des droits, qu'ils s'imaginent être libres. C'est Polony qui va vous dire ce qu'il convient de faire, bande d'esclaves : arrêtez de faire vos courses chez Carrefour, payez votre nourriture deux fois plus cher et mangez chez Pierre Gagnaire au moins une fois par mois.

Si Natacha Polony était sincère dans sa critique du "camp du Bien", elle dirait : oui, je suis de droite, et alors ? C'est bien, être de droite. C'est être droit, c'est mieux qu'être de gauche.

Ou alors, elle dirait que les notions de droite et de gauche sont dépassées, et elle expliquerait pourquoi. Mais ce n'est pas ce qu'elle fait : elle explique que les frontières du camp du Bien ont été subrepticement déplacées par ses gardiens ; que la gauche n'est plus de gauche ; et que ce sont ses positions à elle qui représentent un morceau de la Vraie Croix, pardon : de la Vraie Gauche, la gauche maintenue, dans toute son authenticité anticapitaliste, dans son retour à la bonne vieille lutte des classes.

Wikipédia : "Se reconnaissant dans la mouvance du gaullisme et dans des idées souverainistes, elle se déclare plutôt antilibérale et favorable à la décroissance et dit se situer entre Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan."

On ne peut évidemment pas (sauf à être une sotte, comme je le disais l'autre jour, sauf à être profondément ignorante de l'histoire de son pays et incapable du raisonnement le plus élémentaire) se déclarer "plutôt antilibérale", "favorable à la décroissance", et gaulliste à la fois. De Gaulle était "ultra-libéral" à notre aune d'aujourd'hui, et il était certainement pour la croissance à fond les ballons.

Quant à se situer "entre Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan"... ben, moi je me situe entre Adolf Hitler et Frédéric Bastiat, mais je n'ai pas encore bien décidé où j'allais poser mes fesses. Mélenchon fait partie de l'extrême gauche, et Dupont-Aignan fait partie de l'extrême droite. Se "situer entre les deux", c'est vraiment se moquer du monde.

On peut évidemment soutenir que Dupont-Aignan n'est pas d'extrême droite, qu'il n'est même pas à droite, que la droite et la gauche c'est un enfumage obsolète, que Dupont-Aignan est souverainiste : mais il faudrait alors aussi soutenir que Mélenchon n'est pas de gauche, qu'il n'est pas communiste, que le communisme n'existe pas ou qu'il n'existe plus (un peu comme la "Guerre froide", hein les poutinous ?), mais là, il y aurait vraiment moquage de figure dans les grandes largeurs.

Je rappelle à tout hasard que Mélenchon était, jusqu'à il y a peu, un soutien vociférant et fanatique du régime communiste vénézuélien ; je rappelle que le Venezuela est un paysles gens meurent littéralement de faim en ce moment, et pour les mêmes raisons que dans la Russie soviétique et l'Ukraine de l'Holodomor : parce qu'il est dirigé par un gouvernement communiste, qui applique les recettes communistes. (Maintenant que personne ne peut plus nier les ravages du communisme au Venezuela, il se peut que Mélenchon l'ait un peu mise en sourdine... mais ça ne change rien à ses déclarations passées.)

Ce genre de posture malhonnête serait adoptée par une authentique "prolétaire" victime du chômage, des délocalisations, de "la finance mondialiste et apatride", encore, ce serait écoutable.

Mais nous avons affaire, ici, à un discours doloriste et victimaire propulsé par une bobote parisienne, qui a micro ouvert dans "lémédias", qui prodigue sa sagesse aux masses opprimées parisiennes du haut d'une tribune à la salle Gaveau (Paris 8ème, entrée payante, qu'est-ce que vous croyez ?), qui est mariée à un critique gastronomique ayant table ouverte dans les meilleurs établissements de France, et qui, lorsqu'elle ne regrette pas le recul des "luttes sociales", reproche littéralement aux gens de ne pas payer leur foie gras assez cher, alors que elle, pas plus tard que la semaine dernière, a dégusté un formidable foie gras artisanal à la table de Monsieur Machin, deux étoiles au guide Michelin...

Franchement, on est au-delà de la caricature. Un romancier aurait inventé une figure pareille, du temps de Mongénéral, on l'aurait renvoyé à sa table de travail en le priant d'imaginer des personnages vraisemblables.

Dans la France de 2017, un tel bas-bleu peut passer pour un lideur des élégances intellectuelles anti-système, et c'est bien là le plus inquiétant.

Achille

Bonjour,
« Je suis un jeune marxiste... »

J’ai longtemps été marxiste quand j’étais jeune et je pense que je le suis toujours un peu, enfin marxien plus précisément.

J’ai lu le manifeste du parti communiste et le Capital. Si le premier ouvrage est plutôt fastidieux mais heureusement il ne contient que 150 pages, le second par contre même s’il dépasse les 2000 pages se lit plutôt bien, surtout le livre I qui nous parle de la révolution industrielle au XIXe siècle et de conditions de travail des ouvriers en Angleterre, particulièrement les enfants.

A noter que si l’on parle de Marx aujourd’hui c’est quand même grâce à son ami Engels, issu d’une famille d’industriels et qui l’a aidé financièrement tout au long de sa vie. Marx était peut-être un grand philosophe mais n’a jamais su gérer son budget. Comme quoi il doit sa notoriété en grande partie à un ami capitaliste généreux.

Ceci étant Karl Marx est certainement un des philosophes qui a été le plus galvaudé. Ses idées ont été détournées par des politiciens qui ont vu dans ses écrits le moyen de manipuler leur peuple pour s’emparer du pouvoir. Ces tyrans ont appelé cette doctrine le communisme avec ses petites variantes du genre léninisme, trotskisme, maoïsme pour ne citer que les principales.

Mai 68 a été la dernière grande fête du marxisme sous toutes ses formes. Avec des grands philosophes de l’époque dont J-P Sartre était le meneur.
J’ai entendu des conférences sur Karl Marx de grands intellectuels qui se prétendaient des spécialistes de la pensée marxiste à l’époque. Au bout d’une demi-heure d’échanges, on était en droit de se demander s’ils avaient lu le même auteur tant leurs divergences étaient grandes.

De son vivant déjà nombres d’universitaires, philosophes, politiciens, bref des intellectuels de haut vol développaient des exégèses sur le pensée marxiste, au point d'ailleurs que Karl Marx lui-même sur la fin de sa vie a dit qu’il n’était pas marxiste.

Ceci étant le film de Raoul Peck sur "Le jeune Karl Marx" me paraît très intéressant et je ne manquerai pas d’aller le voir à sa sortie. Cela me fera une bonne piqûre de rappel et me rappellera mes jeunes années.

Lucile

Nous avons été formatés en France à penser que la richesse est responsable de la pauvreté, et que pour combattre cette dernière, le moyen le plus simple était de prendre aux riches leurs biens, ou même de les punir, en tout cas de les empêcher de sévir en stigmatisant tout enrichissement personnel. Nous avons maintenant la preuve par l'expérience que le marxisme n'a jamais tiré le monde de sa pauvreté, et que l'appropriation par l'État des moyens de production freine le développement d'un pays.

Certes on peut alléguer que Marx voyait juste, mais que sa pensée a été dévoyée par ceux qui ont expérimenté ses théories. Pourtant force est de constater que leur application ne peut se faire que brutalement, et que la lutte des classes se transforme dans de tels régimes en une lutte féroce de la nomenklatura contre les masses. Là où le peuple est rééduqué, mis sous surveillance et contrôlé - pour son bien et pour le bonheur de l'humanité - par l'État, ou plutôt par une classe dirigeante, se pose la question de Malraux, à savoir : qui surveille et qui est surveillé, qui impose et qui obéit, qui sait et qui ne sait pas, et au nom de quelle idéologie? (Je ne me rappelle plus les termes exacts, mais c'est ce dont je me souviens.)

L'amélioration de l'état de l'humanité, la fin des disettes et de la pénurie n'est pas due à la lutte des classes. Elle est due aux progrès technologiques, aux progrès de la médecine, et à la volonté qu'ont eue de vraies démocraties d'élever le niveau de vie général, même en tant que colonisatrices, mêlant l'égoïsme, et la préservation de leurs intérêts, à un idéal humaniste. L'ivraie et le bon grain ont malgré tout apporté ensemble peu à peu des progrès. Si l'on extirpe l'ivraie, on extirpe aussi le bon grain, c'est pourtant facile à comprendre. Ce que récuse l'absolutisme de Marx et de ses émules, enfermés dans cette équation inexorable de la lutte des classes. L'Angleterre n'a jamais été marxiste, et les enfants d'aujourd'hui savent lire et écrire, sont soignés quand ils sont malades, et ne travaillent plus à l'usine. Les marxistes n'ont pas de réponse au fléau de la pauvreté, mais en France on est encore à leur demander la solution.

On accepte cette théorie de la lutte des classes comme vraie : les riches sont responsables de la pauvreté. Si l'on se pose des questions, on est de droite, si l'on est de droite on est d'extrême droite, et si l'on est d'extrême droite, on est pour Pétain. C'est comme la lutte des classes, une fois qu'on est enfermé dans une pensée binaire, on n'en sort plus.

Bien sûr que l'étalage de la richesse a quelque chose d'obscène, moralement, mais on confisquerait aux riches tous leurs biens que les pauvres ne seraient pas plus avancés. La lutte contre les mafias et les monopoles alliée au développement scientifique me paraît plus sûre.

Marc GHINSBERG

Permettez-moi cher Philippe de vous féliciter pour ce cri du cœur et de la raison.
Permettez-moi également de rectifier votre propos, vous n’êtes pas, selon moi, marxiste, vous êtes marxien. Cette distinction sémantique ne résulte pas d’élucubrations d’universitaires détachés du monde réel, mais de la mise en évidence concrète d’une tragique confusion entre la pensée de Marx et sa désastreuse mise en doctrine par ceux qui se sont abusivement réclamés de lui, et notamment par le Parti communiste de l’URSS qui a imposé son interprétation du "marxisme".
Déjà en 1882 Marx déclarait : « Ce qu’il y a de certain, c’est que moi je ne suis pas marxiste ».

P.S. : Sur ce sujet, se rapporter en particulier aux travaux de Lucien Sève : « Penser avec Marx aujourd’hui » Éditions La Dispute.

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