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22 novembre 2017

Commentaires

jack

Renaud Camus est peu audible pour certains. Il est catalogué au point que d'aucuns se contentent de rejeter le personnage, sans être attentifs aux arguments.
Que représente-t-il face à la Grosse Bertha de Mediapart qui se répand en fatwas ?
Je ne pense pas que le peuple français ait envie d'une guerre de civilisation. Il demande simplement le respect de ses valeurs.
Jean-Paul II avait été insistant sur les racines chrétiennes de l'Europe. Il n'a pas été entendu, or il était visionnaire ; probablement qu'il pressentait le danger.
L'Europe n'a pas été vigilante et la France encore moins. Avoir des racines chrétiennes n'est pas une tare mais une donnée historique, même dans un espace où prévaut la laïcité. Nous allons bientôt nous mordre les doigts d'avoir été aussi naïfs et inertes.

Tomas

Hélas, hélas, ni vous ni moi ni personne n'y pouvons rien. Les défaites collectives sont l'agglomération de centaines, de milliers, de millions de comportements individuels qui ne se laissent pas aisément résumer dans les quelques symptômes qui permettraient de traiter le mal. Mai 68 dont certains font la cause première de notre "déclin" est l'aboutissement de la métamorphose connue par la société française durant les deux générations précédentes, qui vit notre pays rural devenir urbain et passer d'une économie de subsistance à une économie de consommation, y perdant au passage tous les repères religieux, moraux et politiques qui avaient si longtemps structuré notre société.

La fin de la "France chrétienne" que déplore Renaud Camus n'est que le résultat des changements de rapports de force démographique entre une Europe vieillissante et une Afrique qui n'a pas encore entamé la sortie de sa transition démographique. Et l'on pourrait multiplier encore les exemples.

Rien n'est définitif dans l'histoire, tout est provisoire. La France ne fait pas exception. Viendra un jour lointain, car ce n'est pas demain la veille, où elle disparaîtra.
Le pire n'étant jamais sûr, on peut en dire de même des victoires invisibles. J'ignore d'ailleurs si la période d'incertitudes que nous vivons actuellement accouchera d'une "victoire" ou d'une "défaite".

Quant à Renaud Camus, il est fort mal placé pour accuser l'Europe de se suicider. Eût-il renouvelé sa génération passe encore, mais que je sache il n'en a rien fait !

Ellen

En bande organisée, les mêmes de Clichy promettent le même cirque à ciel ouvert ce vendredi.
Voici une femme très courageuse et sans langue de bois qui tire à boulets rouges sur les siens, qui font honte à la France. Sa voix porte plus haut que celle de tous nos endormis dépités de la République. Vite, trouvons-lui un siège à l'Assemblée pour secouer nos élus, notre ministre de l'Intérieur et notre Justice.

https://www.youtube.com/watch?v=_Ff9k8ahsQw

Franck Boizard

Après le résistantialisme, on est tombé dans l’excès inverse, le masochisme.

Quand on dit que les Résistants furent rares, je réponds : quand ? A l’été 44, il y a eu une levée en masse spontanée. On se moque des Résistants de septembre, mais les morts n’ont pas manqué en juin, juillet, août. Et encore faut-il s’entendre sur ce qu’on appelle « Résistant ». L’hôte d’un soir qui héberge un courrier risquait aussi la déportation.

Quant à l’efficacité militaire de la Résistance, elle est certaine dans le sud de la France. Dans le nord, il s’agit plus de renseignements, moins spectaculaires mais ils ont une efficacité peut-être supérieure à la guérilla. Dois-je vous rappeler qu’un Résistant fin 1943 avait une espérance de vie de six mois ?

Malraux (lui-même Résistant tardif mais héroïque en Alsace) : « Nous [les Résistants] avons vécu dans la complicité de la France. De toute la France ? Non, de celle qui a suffi ».

Et puis, vous semblez oublier que les Français représentaient un quart des effectifs sur le front ouest dans les derniers mois de la guerre.

Comme disait de Gaulle en 1940, la France a subi une grande défaite. Mais de là à en faire la fin de l'histoire de France...

Robert

Excellent billet, Monsieur Bilger, mais entaché de quelques erreurs historiques.
Si 1940 a été une épouvantable défaite, malgré le sacrifice de plusieurs dizaines de milliers de soldats qui se sont battus souvent héroïquement et ont infligé d'énormes pertes à l'ennemi allemand, en revanche je vois mal quand la France aurait perdu celle de 1914-18 ! En revanche, elle a bien perdu celle de 1870 qui a entraîné la chute du Second Empire et poussé à la revanche en 1914-18. Dans ces deux défaites, nos institutions ont été balayées et le pays soumis à une occupation insupportable.

De ce billet je retiendrai principalement de paragraphe : "Parce que ne plus se sentir chez soi, dans une France qu'on ne reconnaît plus, - une autre France selon la belle expression de Georges Bensoussan - trop composite, multiculturelle au goût de Mediapart, se percevoir comme dépossédé, sur le bord de la route, abandonné, contraint de renier sa propre Histoire, ses racines chrétiennes, constitue d'invisibles délitements et des reculs si diffus, si intimes pour chacun qu'il serait vain de se croire assez audacieux pour leur résister, pour les réduire."
Vous touchez ici le fond du problème et sur ce point, je ne suis pas certain que votre analyse rejoigne celle d'Emmanuel Macron !
Les Français sont de plus en plus dépossédés de ce qui fonde leur identité (le gros mot que voilà ! Comme si l'on devait renoncer à son identité de peur de blesser les nouveaux arrivants !). Où nos énarques de pacotille, qui opèrent notamment au Conseil d’État, sapent les bases de la République française sur le fondement d'une idéologie souvent peu avouée et surtout par des actions de destruction de notre droit administratif. Il suffit de se rappeler le rapport Tuot.

Mais le problème vient de l'incapacité de nos dirigeants à imposer notre vision de l'Histoire de France et à toujours devoir nous justifier et à battre notre coulpe sur ce que la France a fait. Quand en plus on ne vient pas nous reprocher l'esclavage, venant de personnes souvent d'origine sub-saharienne qui n'ont jamais été soumises à l'esclavage par la France ! Esclavage aboli il y a cent soixante-dix ans. Que ne reprochent-ils à la Grande Bretagne ou à l'Allemagne ou à la Belgique leurs colonisations qui ont été cent ou mille fois plus féroces que la nôtre... Mais dans ces pays, personne ne bat sa coulpe. Cherchez l'erreur.

Robert Marchenoir

C'est un phénomène de décadence. La décadence est lente, c'est pourquoi on ne s'en aperçoit pas. Elle favorise aussi la lâcheté : après moi, le déluge. Chacun peut espérer que lui s'en tirera, pourvu que l'on ne secoue pas la barque.

Remarquez, la décadence peut s'accélérer, si l'on adopte les solutions des gauchistes et de leurs amis : voir le Zimbabwe, ou le Venezuela.

Gb

Ces défaites invisibles sont les victoires éclatantes du pessimisme chronique chez ceux qui sont incapables d’appréhender les aspects positifs des évolutions du monde et n’en retiennent que le passif en s’apitoyant constamment sur leur sort.

Michelle D-LEROY

Merci pour ce beau texte.

Et, pour une fois, je dois rendre à Macron ce qui appartient à Emmanuel, ce matin il a remis à sa place très poliment et élégamment une jeune femme marocaine aux Restos du Coeur.

Patrice Charoulet

Je lis un livre de Roger-Pol Droit, La Compagnie des contemporains, Odile Jacob, 2002, 354 p.
Il contient 40 dialogues de l'auteur avec Bourdieu, Ricoeur, Castoriadis, Habermas, Poliakov, Vernant, Loraux, Eco, Atlan, Edelman, Lecourt, Granger, Thom, Rachline, Levinas, Dummett, Desanti, Canto-Sperber, Mayor, Yovel, Lévi-Strauss, Foucault, Girard, Balandier, Duvignaud,
Touraine, Irigaray, Fukuyama, Attali, Dumézil, Jakobson, Steiner, Judith Schlanger, Jacques Schlanger, Châtelet, Beaufret, Faye, Henry, Dagognet, Badiou.

A quand un livre de vous, contenant vos quarante-huit dialogues avec Finkielkraut, Temime, Ménard, Zemmour, Plenel, Erman, E. Lévy, Besancenot, Guaino, Naulleau, Coupet, Field, Bertrand, Onfray, Dupont-Aignan, Moati, Luchini, Th. Lévy, Taddéï, Clerc, Dumas, Dupond-Moretti, PPDA, Philippot, Polony, Goldnadel, Altrad, Tillinac, Mandon, Bayrou, Finkielkraut (Saison 2), Bouquet, Burgalat, Collard, Carrère, Vitoux, NKM, Copé, Labbey, Morano, Vogel, Reza, Alagna, Regouby, Mailly, Le Borgne, Camus, Brugère ?

Patrice Charoulet

Dans votre émission "La voix de Bilger", à Sud Radio, vendredi dernier, vous aviez eu la bonne idée d'inviter Michèle Tribalat.

J'invite chacun à consulter le site officiel de cette démographe. On y trouve, notamment, ce qu'elle nomme sa "bio professionnelle".
Incroyable document ! Quelle franchise, quels "petits" débuts, quelles difficultés !
Ce ne fut pas Neuilly-khâgne à Louis-le-Grand, Normale Sup, ENA...
A lire absolument !

Xavier NEBOUT

Alors, il faut commencer par la vérité sur la Seconde Guerre mondiale car le politiquement correct qui infeste tout, en découle.

En quoi la collaboration a-t-elle été une défaite ?
Qu'y avait-il de mieux à faire ?
Qui peut croire que c'est de gaieté de cœur que le Maréchal a serré la main d'Hitler ?
Il a fait ce qu'il a pu, et a finalement évité le pire à bien des égards, y compris et notamment concernant la communauté juive.

Je rappelle qu'il vivait dans une chambre d’hôtel à quatre sous, et avait déclaré dès 1940 à l’ambassadeur d'Espagne s'attendre à être condamné comme un traître lorsque les Allemands perdraient la guerre.
Cet homme "trop grand" pour les Français selon de Gaulle lui-même, avait effectivement fait don de sa personne, et je vous croyais être de ceux qui le diraient un jour.
Je vous avais largement surestimé, M. Bilger.

genau

Tout est dit : les amertumes, les regrets des causes silencieuses, le désespoir des prophètes inécoutés, tout ce que la raison modeste faisait valoir a été emporté par le torrent de l'évolution. Beaucoup font remarquer que le monde va néanmoins bien mieux "qu'avant" et citent, chiffres et pourcentages mélangés un progrès global qui démontre l'amélioration de notre milieu de vie.
Dormir dans les voitures ? certes, mais pas dans une cabane humide. Etre frappé par l'obsolescence du savoir, oui, avec un reste, tout de même. Pauvre, je le crois, mais avec un Etat qui panse les plus grosses blessures, et fait marauder des samu.
Chichement vivre ? Sans doute, mais avec des restos du coeur.
Se faire attaquer par les musulmans ? D'accord, mais, à condition de subir le catapultage intellectuel des antiquités coraniques, il y a la mosquée et les frères. Puis les femmes seront bien couvertes.
Donc, silence dans les rangs, tout cela est globalement positif.
Sauf que trop de gens bénéficient de cet éden et que la matière commence à manquer. On pêche mais tellement, comme les Hollandais, à l'électricité, que le poisson se fait de plus en plus rare, sous la houlette souriante de l'Europe écolo-capitaliste.
Glyphosate par ci glyphosate par là, on ne sait plus : c'est bon ou non ? En attendant, nucléarisons, il en faut de la quantité.

Et les Allemands qui préfèrent le merdier de la coalition plutôt que la voix populaire. Ca ne vous rappelle rien ?
Et tout cela finira-t-il ? Voulons-nous faire partie d'une pléthore sardinesque ou mourir lucides dans une révolte à la Léon Bloy ?

Tous les reproches que nous entendons, que vous énoncez avec lissage de la parole ont été proférés au cours des siècles, sauf le nombre de sujets qui les accompagne et sur lequel la parole commence à peine à s'ouvrir alors qu'en 1959, déjà, l'UNESCO avertissait du danger à court terme. Le péril jaune, en a-t-on assez ri, coucou, le voilà, sous papier cadeau et l'inutile qui financent le périlleux.
Malthus avant l'aurore sanglante ?
Notre défaite, c'est la malédiction divine "Vous couvrirez la surface de la Terre" ; Jésus était un bon prédicteur, un excellent démographe mais un piètre économiste.

duvent

Intelligitur quod non dicitur...

Baudouin

Votre texte me fait penser à cet autre.
Cordialement

« Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique.
Et lorsqu’ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester. »
(Pasteur Niemöller, arrêté en 1937 et envoyé au camp de Sachsenhausen)

caroff

"...ne plus se sentir chez soi, dans une France qu'on ne reconnaît plus..."

"...la liberté d'expression, dans l'indifférence générale, prend l'eau mais on se convainc que des polémiques absurdes et des indignations ridicules peuvent en tenir lieu."

En vous lisant, Philippe Bilger, je me remémorais les atouts dont nous bénéficions dans les années 1950 à 1970.

Un population homogène et socialement diversifiée à Paris avec, par exemple en classes primaires ou au lycée des fils de concierge, d'artisans, de commerçants, de professeurs, de médecins, d'ingénieurs... mais quasiment pas de "diversité". Il y avait de mauvais élèves qui empruntaient d'autres voies que celles de ceux qui réussissaient sans que la terre s'arrêtât de tourner. On savait néanmoins tous lire, écrire et compter parfaitement à l'entrée en sixième !!

Certains de nos enseignants étaient chahutés mais dans une atmosphère plutôt bon enfant. Mon prof d'histoire qui n'arrivait pas à faire cours au-delà des deux premiers rangs découvrit lors de son anniversaire que nous l'aimions bien puisque nous lui offrîmes en nous cotisant une jolie écharpe, lui qui toussait beaucoup (c'était la craie !!) et qui pleura en recevant ce cadeau.

Il n'y avait pas beaucoup de liberté d'expression, de Gaulle était au pouvoir et les chaînes de télévision se gardaient bien de toute entorse aux règles de bienséance. Puis après 1968, l'explosion... et tout ce qui avait été enfoui apparut avec fracas : remise en question de l'autorité des adultes, laxisme progressif dans les universités, sexualité débridée (encore que ?) et l'émergence de débats sur les ondes ou à la télévision (Michel Polac, Bernard Pivot) qui respectaient assez bien les différentes sensibilités. Des comiques (Coluche, Les Inconnus) par leur ironie cinglante et leur esprit critique mordant nous enchantaient tout en s'appuyant sur l'actualité. A l'époque on ne disait pas "mal-voyant" mais aveugle, on ne disait pas "personne de petite taille" mais nain et on n'hésitait pas à ridiculiser les particularismes des "franchouillards", des Arabes, des Juifs ou des Antillais et ce dans la joie et la bonne humeur.
Il n'y avait pas SOS Racisme, la LDH, le CRAN, le CCIF, la LICRA pour porter plainte dès qu'un "dérapage" survenait. Chacun acceptait que l'Autre fût moqué...

Cette époque avait ses tares, d'autres tares que celles d'aujourd'hui, des tares finalement plus supportables car nous "faisions société"...

Florence

Excellent billet.

Nous avons pris collectivement l'habitude de nous voiler la face et de conspuer ceux qui disent simplement la vérité. J'en ai fait l'expérience sur le billet précédent alors qu'il s'agissait d'un sujet accessoire.

Tant que nous n'aurons pas le courage d'affronter la vérité, nous continuerons de dériver vers le chaos.

Cela ne tient qu'à nous, collectivement, de continuer à supporter le mensonge ou de relever la tête.

Merci pour ce billet.

hameau dans les nuages

Le "vol à la chinoise" appliqué à un peuple. Le pire est que le peuple le voit mais est pieds et poings liés par les autorités politiques et judiciaires.
On ne peut pas se faire justice soi-même face à leurs carences et le vote abscons face à cette situation est de plus en plus déserté.

https://www.youtube.com/watch?v=LewgtTJAb-M

Aliocha

Ils voulaient refaire l'unité morale du droit, mais tenaient à leur place au soleil, prêts à la compromission.
Le masque de la défaite, victoire en creux, moule de la racine chrétienne encore incomprise, la dissolution des institutions qu'elle entraîne emportant au ruisseau ses dignes représentants qui la contredisent car, voyez-vous, on ne peut quand même pas reconnaître que l'on exerce un pouvoir qui n'a d'autre légitimité que le mensonge sur lequel il se fonde, et qui perpétue le déguisement mercantile des valeurs de systèmes de sélection cooptés.
Qui renoncera donc à son propre pouvoir et à sa position mondaine pour révéler le saint, s'occuper des enfants et faire régner le droit, puisque le désir de pouvoir est ce qui permet l'accession aux responsabilités, démontrant par l'exemple que l'on confond ce moyen avec son but, le désir et le droit, l'homme et la machine, l'ami et l'ennemi, le commerce et la politique, le juste et le faux, le juste et l'injuste, complice de notre grand remplacement par cet autre nous-même, le vaincu par le victorieux ?

Qui acceptera donc de ne pas déserter le désert de la vérité et d'affronter à parole nue l'abandon de la colonne obscure et le drame de la rédemption, l'exhortation à la pénitence préalable aux temps nouveaux, triple intelligence de l'écriture, historique, allégorique et morale, affirmant que le joug léger est la charité, supérieure à tous les préceptes de la loi, et elle-même loi suprême ?
Qui saura oser le silence assourdissant de la signifiance face au mugissement brutal, avouant l'incapacité de la renaissance de l'Antique à effacer les simples symboles du Moyen Age, et revivifiant la foi, celle-là qui a déserté la cathédrale, transformée alors en coquillage vidé de sa chair et de son sang, musée de la mort de l'Occident ?

Qui saura incarner la force de la communauté, qui se mesure au bien-être des faibles, saura signifier la toute-puissance de la nouvelle loi et indiquer le chemin de la vérité, à défaut de quoi, et ce n'est que justice, il sera remplacé, ouvrant la voie au retour éternel des éternels recommencements du désastre, dont nous pouvons observer avec exactitude qu'il en sera le dernier soubresaut.

"Wir schaffen das !"
Il suffirait d'y croire.

sbriglia

On dirait Zweig, quelques heures avant le véronal...

Pour lui c'étaient les bruits de bottes, pour vous le crissement soyeux des pantoufles...

Dans les deux cas l'effondrement d'un monde ancien.


Achille

Bonjour,

Les défaites invisibles sont les conséquences d’une certaine irresponsabilité de la part d’élus qui pour acheter la paix sociale, mais aussi par clientélisme, n’ont cessé ces dernières années de tolérer des comportements en marge des règles de notre République.
Les prières illégales dans les rues ou encore dernièrement ce stage interdit aux blancs organisé par le syndicat d'enseignants Sud-Education 93 en étant les exemples les plus significatifs. On n’ose imaginer le tollé qu’aurait provoqué un stage réservé aux blancs.
Heureusement le gouvernement actuel a décidé la fin de la récréation. Plus de prières illégales dans les rues et le ministre de l’Education a décidé de porter plainte contre ce syndicat qui a accusé le gouvernement de « racisme d’Etat » suite au refus de son organisation.
Pour en savoir plus sur cette affaire totalement surréaliste voir l’article ci-joint :

https://www.marianne.net/societe/les-participants-au-stage-non-mixte-de-sud-education-93-seront-payes-par-l-education

Tipaza

Les défaites visibles étaient le résultat de la supériorité de l’ennemi, les défaites invisibles sont le résultat de notre renoncement au combat, de notre lâcheté.

La supériorité de l’ennemi pouvait être vaincue avec le temps et la volonté de revanche, le renoncement et la lâcheté sont plus difficiles à vaincre, ils supposent un travail sur soi, et un renoncement au renoncement, c’est cette phase qui est la plus difficile et qui semble impossible.

Le lâche soulagement du renoncement est dissimulé et justifié par les deux nouvelles religions qui sont la marque occidentale du XXIe siècle, le paganisme déguisé sous la forme de l’écologie, la planète est l’objet de tous les soins et de toutes les adorations, avec pour corollaire à cette religion du concret, la religion des droits de l’homme.

Le matérialisme de la terre et la primauté terrestre de l’individu comme horizon facile à atteindre sans efforts et surtout sans transcendance à qui on pourrait rendre des comptes. La liberté de la feuille morte qui s’envole au vent mauvais qui la pousse.

En face une religion, l’islam, qui fait descendre la transcendance sur terre et pour laquelle tout est spirituel et le moindre acte de la vie quotidienne est religieux.
La partie est perdue d’avance, sauf si le travail sur soi de renaissance au spirituel se fait rapidement.

Exilé

...ou qui nous crèvent les yeux mais, ne nous faisant pas de mal immédiatement, douloureusement, nous permettent de faire comme si elles n'existaient pas.

Que Philippe Bilger me permette de résumer son excellent billet par une comparaison triviale : ce qu'il a décrit s'appelle en fait le syndrome de la grenouille ébouillantée.

Plongez une grenouille vivante - pauvre bête - dans de l'eau bouillante : elle trouvera assez d'énergie pour s'en échapper immédiatement.
En revanche, si vous aviez placé la même grenouille dans une eau délicieusement tiède dont vous auriez fait lentement monter la température pendant de longues minutes, elle aurait fini par s'habituer, mais elle n'aurait plus eu la force de réagir une fois la température critique atteinte...

Philippe Dubois

Bonjour Monsieur Bilger

Ce ne sont pas d'invisibles défaites, du moins pour ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, ce qui est votre cas, puisque vous les énumérez fort bien.

Ce sont des défaites programmées, évidentes, inéluctables, car écrites dans les projets de ceux qui se sont présentés à nos suffrages et qui ont exercé le pouvoir depuis plus de 43 ans.

Seules, quelques Cassandre se sont égosillées dans le désert pour avertir les gens, en vain.

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.

Marc GHINSBERG

Le nostalgique a toujours un chagrin sous la main.
Raphaël Enthoven.

Ça y est. Aujourd’hui Philippe Bilger nous met en parallèle la guerre de 14, l’Occupation, avec la situation d’aujourd’hui. C’était mieux avant parce qu’alors les défaites étaient visibles tandis qu’aujourd’hui elles seraient invisibles, bien que dénoncées à longueur de colonnes par Le Figaro, Valeurs actuelles, Causeur, Boulevard Voltaire etc. Que serait-ce si de surcroît la liberté d’expression n’était pas entravée. Quelle indécence !

Bien sûr que tout n’est pas parfait dans notre société, bien sûr que nous vivons de grandes mutations, bien sûr qu’il y a des zones d’ombres. Mais il y a aussi des raisons d’espérer, il n’y a pas que des dealers dans le 9.3 il y a aussi de multiples initiatives de créations d’entreprises. Les déclinistes devraient visiter une pépinière de start-up, ils y rencontreraient des jeunes, et de moins jeunes, enthousiastes, créatifs, entreprenants, des acteurs de leur temps.

Si au moins les nostalgiques agissaient conformément à leurs convictions. Que ceux qui redoutent un déclin démographique de l’Europe fassent des enfants, que ceux qui craignent pour leurs racines chrétiennes ne se contentent pas de fréquenter l’église une fois par an, le 24 décembre pour la messe de minuit. A quoi servent les racines si on laisse pourrir les fruits.
Non ils se délectent de leur spleen, traitant avec condescendance ceux qui s’agitent, pour se précipiter en aveugle vers l’apocalypse.

Noblejoué

"Nous n'avons connu que trop de visibles défaites qui ne nous permettaient pas de nous leurrer, les désastres étant apparents, monstrueux, terrifiants, douloureux, tragiques. La Première et la Seconde Guerre mondiale, la collaboration, Vichy, les guerres coloniales, Diên Biên Phu, l'Algérie, les massacres terroristes, autant de combats perdus, autant de millions de morts ou de victimes de proximité, autant d'ostensibles déroutes auxquelles même les indifférents par vocation ou par confort ne pouvaient échapper tant elles bouchaient l'horizon, l'avenir.
Comme ces défaites étaient visibles, l'alternative était simple en pleine conscience : on se relevait pour un autre futur ou on les pressentait comme la manifestation d'un déclin fatal."

Franchement... Il était visible que l'Occupation soit une défaite : et alors ? Ce n'est pas une levée en masse des Français qui a libéré notre pays mais les Alliés.
Qu'on pinaille avec quelques Résistants, d'autant plus méritants que rares... Voir n'est pas vouloir et faire, savoir n'est pas agir, cela en est une preuve terrible, à l'échelle d'un peuple.

Visible ou invisible, toute défaite peut être irréversible... Les Romains avaient la déesse de la victoire, nous nous avons les fausses victoires quand nous perdons ou la culpabilisation, enfin, tout sauf la volonté inébranlable de ceux qui passés sous les fourches caudines se sont relevés.

semtob

Cher Philippe,

Dures, dures vos questions !
Le mal, le bien posés sur la balance ? Rien que ça !
Sans le mal, nous ne pourrions avoir conscience du bien.
Mais encore faudrait-il réagir avant que la nuit ne tombe sur notre planète...
Et les politiques ne se posent même pas ces questions.
Nous vivrions un choc civilisationnel invisible.
Certains expliquent timidement une perte de sens de notre vie.
D'autres accusent frénétiquement les travailleurs détachés.
D'autres soupçonnent la révolution industrielle en cours qui serait source de tous maux.
D'autres enfin cherchent à politiser les pensées religieuses pour resplendir.
D'autres encore élèvent une guerre masculin/féminin.
Nous pourrions poursuivre l'énumération, sans apporter d'arguments à la question posée.

Si l'on abordait la question sur un autre angle, à savoir affronter le réel tel qu'il est vécu, nous ne serions pas aussi déstabilisés.
Des centaines de milliers de femmes travaillent pour ne pas gagner le salaire correspondant à la garde de leurs enfants. Cela aurait un sens ?
Des femmes donnent la vie pour ne revoir leurs enfants que lors de gardes alternées. Une victoire du féminisme !
Des familles dorment dans des voitures pour avoir cru à une construction familiale, qui ne dure que l'espace d'un moment, celles des roses ou des couches. Toutes mères porteuses pour d'autres couples ! Le triomphe du féminisme !

Des professionnels s'investissent dans des entreprises, adoptent la culture de l'entreprise qui disparaît un jour ou l'autre. Le non sens professionnel !
Des apprentissages apportent des solutions qui sont dépassées en quelques mois ou quelques années !

Nous assistons à une violente déconstruction collective qui bétonne le labour, qui cache le paysage apprécié, qui interdit les sapins, les crèches, les grandes roues, l'enseignement de l'histoire, le respect, la hiérarchie.
Mais, imaginons que nous fassions ensemble des coquillettes au beurre et que chacun n'en fasse qu'à sa tête, il est probable que l'eau déborde, que les acteurs salent plusieurs fois, que le petit fasse tomber le plat ou la casserole (regarder le nombre d'accidents domestiques !).
Il peut exister des pensées égalitaires, mais toute construction nécessite une intelligence collective. Chaud devant !

Lorsque quelques adolescents commencent à pourrir la vie d'un quartier, la sécurité, la santé des personnes, il est difficile de croire que la situation est sans solution possible.
Si la démission des gouvernements, des institutions, des professionnels, des parents est l'objectif choisi, alors et pour répondre à votre question, nous pouvons célébrer la plus grande des victoires.
Imaginons encore que l'on change les règles du jeu du foot en réunissant les joueurs, ce que cela pourrait donner.
C'est ce que proposent les pédagogues aux élèves pour le sport, pour la grammaire. C'est la dictée négociée...

C'est ce que les entreprises actuelles mettent en place, le contrat invisible, la négociation invisible.
C'est ce que ce gouvernement amène avec le débat parlementaire invisible, le Premier ministre invisible, le cabinet invisible.
Et si la France devenait invisible, ce serait une victoire invisible ?
françoise et karell Semtob

Claude Luçon


"...les désastres étant apparents, monstrueux, terrifiants, douloureux, tragiques. La Première et la Seconde Guerre mondiale, la collaboration, Vichy, les guerres coloniales, Diên Biên Phu, l'Algérie,1968, les massacres terroristes, autant de combats perdus..."

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