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27 janvier 2018

Commentaires

sylvain

Comme dit Guzet, il est interdit d'interdire est toujours le slogan gauchiste à la mode, on se rend compte qu'il est de plus en plus appliqué par nos gauchistes actuels qui ont le droit de nous interdire de leur interdire d'insulter les gens de droite, le FN, catalogués homophobes racistes fascistes islamophobes, etc.

Les déluges de caricatures calomnies insultes injures et reductio ad Hitlerum sur les médias et les émissions du service public de Ruquier et autres prêtres gauchistes ne se comptent plus, pas un jour sans ces mises à l'index nauséabondes en toute impunité des citoyens qui adhérent à ces partis de droite.

Les gauchistes, ignominie suprême, se permettent même de jouer les maîtres chanteurs : O. Py à Avignon qui menaçait d'annuler le festival si les citoyens de cette ville votaient pour le FN. Boudjellal du RCT qui annula le match contre Béziers ville FN, Bruel qui refusait de chanter dans des villes FN.

Une insulte de gauche même la pire est inscrite dans le marbre rose comme étant un acte légitime de résistance, de lutte sociale contre la bête immonde de droite.

La même insulte de droite contre la gauche c'est du fascisme, du racisme, de la discrimination, de l'incitation à la haine... ad nauseam.

L'humoriste belge emprunte les mêmes chemins que tous nos humoristes de fosses septiques haineux violents à l'instar de Guy Bedos et sa haine immense envers la droite, ses insultes à répétition en public sous les applaudissements d'un public trié sur le volet de gauche.

En résumé, il est interdit d'interdire à la gauche d'être abjecte odieuse ignoble, c'est sa génétique, sa biologie, son art de vivre.

Exilé

@ semtob
"Quand la télé promeut les mêmes mécanismes que ce qui a fait prospérer le nazisme, cela ne s'appelle plus de la liberté d'expression mais de l'appel à la haine."

Où commence précisément l'appel à la haine ?
Comment se fait-il qu'une seule plaisanterie vaseuse de fin de banquet puisse être interprétée comme étant un appel à la haine et susciter l'indignation des bien-pensants autoproclamés de service alors que de véritables appels explicites au meurtre figurent dans un certain ouvrage à prétention religieuse non interdit en France, et qui sont impunément récités chaque jour dans des milliers de lieux de culte (?) implantés sur notre sol avec la complicité d'hommes politiques clientélistes, y compris chez les ministres ?

Ellen

Tout le monde en prend pour son grade.

https://www.youtube.com/watch?v=TmFGVutt5mc

Sauf que cette histoire de pointure de chaussures n'était pas de bon goût au vu de l'histoire horrible contre les juifs. Bien, on lui pardonne, elle est jeune et ne sait pas tout.

Xavier NEBOUT

@ Trekker
« Quand on utilise voire impose un vocable religieux pour désigner un fait historique, on tend immanquablement vers la vérité révélée ! »

Je vous suis totalement. Plus encore que la vérité révélée, la "Shoah" est devenue la religion d'Etat du siècle, et dès lors, tout ce qui lui porte atteinte relève du blasphème. La "Shoah" et les gardiens du politiquement correct, son Eglise, ont formé une religion d'Etat comme fut créé le judaïsme avec un dieu de raison d'Etat et ses pharisiens. L'imposture religieuse s'était imposée au peuple incapable de comprendre le Dieu le père des Indo-Européens, et s'impose aujourd'hui pour la même raison.

Et pour les mêmes raisons aussi, Mahomet nous rappelle que nous ne valons rien faute de ne pas avoir su suivre Jésus, et que c'est pour cela qu'il nous amène l'Islam.

Lucile

@ Noblejoué
"...on en a marre d'être responsable dans un monde qui fait semblant de l'être"

Si on a des réticences vis-à-vis de ce genre de plaisanterie ce n'est pas tant par esprit de responsabilité que par souci de décence. S'endurcir contre la dureté de la vie en riant de nos malheurs, rien à dire, c'est souvent drôle et ça fait du bien. Mais quand on rigole pour se blinder contre le malheur des autres, ce n'est plus tout à fait la même chose. Là c'était brutal, et carrément idiot, ça fait beaucoup. À tel point que c'en est insignifiant, et ça vient se noyer dans le flot d'inepties que nous déverse la télé.
On nous demanderait presque par ailleurs de chercher des excuses à des criminels, nous sommes rodés à l'exercice, nous avons pris l'habitude de jongler devant le petit écran, tous ensemble en même temps, avec nos émotions.

Cela dit, pour moi c'est un "non" catégorique à la censure. La criminalisation de simples paroles me paraît une atteinte à mes libertés fondamentales. Ça fait tribunal révolutionnaire. Et puis comme je l'ai dit, l'avantage, dans le cas qui nous occupe, est que ce spectacle dévoile sans fard les tendances racoleuses et politiquement orientées des amuseurs que les media publics sélectionnent pour nous. Il met l'inconscient collectif à nu. À ce titre, c'est une mine d'informations.

Giuseppe

Euh... peut-on rire de cela, on va finir dans le noir au rythme des censures.

Par contre j'ai fait l'inventaire en argent - pas en pourcentage, l'argent est plus représentatif pour l'assise des assiettes - des taxes et prélèvements, la liste est longue, longue, longue... La taxe d'habitation n'est que le papier du bonbon que le Roi Soleil nous fait sucer, bientôt on aura droit juste au bâton de la sucette, chapeau l'artisse comme dirait, je crois, Coluche.
Le "Président des riches" auquel il manque la particule "très".
Si cela continue nous allons nous entendre dire que si nous ne sommes pas contents il nous suffira de manger des brioches.
Et dire que le millefeuille français voudrait rajouter une "taxe de proximité", alors que les dépenses des territoires et communes n'ont jamais autant augmenté malgré les économies d'échelle supposées. Economies victimes d'un gaspillage et faste ambiant dont personne dans les élites ne veut se passer. Pauvres de nous.
A pleurer !

jack

Peu importe l'humoriste, un ancien ou une nouvelle, je reprouve le pseudo-humour à propos de la Shoah. C'est une absence de compassion, un coup de poignard supplémentaire pour les victimes et leurs familles. C'est se préparer à l'oubli, à la banalisation. C'est involontairement encourager l'antisémitisme renaissant dans certains territoires français. Pour questionner véritablement cet humour, on peut conseiller à leurs auteurs la visite guidée du camp d’Auschwitz. Il s'agirait d'un exercice pratique expliquant clairement pourquoi la quantité de juifs a diminué de 39 à 45.

Les victimes ont droit au minimum au respect si faire preuve de compassion s'avère trop difficile. Il ne s'agit pas de bannir tout humour concernant les juifs qui rient eux-mêmes à leur propos au moyen de blagues. Mais quid du rire qui aurait pour objet le mépris, le rejet, la souffrance, la déportation, les tortures, la faim, l'extermination. Pas de quoi se marrer. Je suis écœuré.

zen aztec

"Laura Laune obligée de se justifier même si personne, jusqu'à maintenant, n'a eu le ridicule de la faire poursuivre"

Cherchez pas, elle est vraisemblablement de gauche.

genau

@ Wil

Très sincèrement, il me semble que vous vous trompez : sur la construction de la "blague" où le rapport à la vérité est erratique ; sur l'aujourd'hui et l'hier : qui a connu Jean Rigaux pourrait en témoigner.
L'humour, très difficile à définir, c'est autre chose que la blague, la vacherie, d'ailleurs, ce n'est pas un mot français.
Quant aux Belges, allez plutôt en Belgique, ils ont les mêmes vacheries à notre égard que vous au leur.
Allons, tout ça est bien vain. M.Bilger nous a livré un pet de lapin, nous en avons fait un son de trompe.

Achille

Certes on peut rire de beaucoup de choses, les sujets d’hilarité ne manquent pas, à commencer par le comportement de nos politiques (hommes et femmes, ces dernières ne voulant pas être en reste). Mais autant que faire se peut, autant éviter de sortir une grosse vanne sur les massacres qui ne font pas honneur à l’humanité.

La Shoah n’est pas un cas isolé. Des Shoah il y en a eu beaucoup depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et je dirais même qu’il y en a eu un peu partout dans le monde, en Afrique notamment.
Ajoutons à cela que les nazis ne se sont pas limités à tenter d’anéantir le peuple juif dans les années 39-45. Ils s’en sont pris également aux bohémiens, homosexuels, bref tous ceux qu’ils considéraient de « race inférieure », sans oublier, bien sûr les communistes et les attardés mentaux (ces derniers ne faisant pas forcément partis de la même catégorie).

Cette jeune humoriste belge dont j’ai déjà oublié le nom, n’a manifestement pas été soumise aux nombreux documentaires qui ont été largement diffusés sur toutes les chaînes du monde depuis cinquante ans à commencer bien sûr par les films de Claude Lanzmann.
Le pire c’est que je suis sûr qu’elle ne pensait pas un instant que ses propos pouvaient choquer. Ce n’était même pas du racisme, tout simplement de la bêtise.

hameau dans les nuages

La blague de ce dimanche matin :

En regardant BFM tout en prenant notre café noir, un journaliste-cuisinier nous annonça que l'on pouvait parrainer une ruche des toits de Paris moyennant la somme de 900 euros.

C'est la somme que nous allions devoir reverser dorénavant chaque année au titre de la CSG malgré la faiblesse de nos retraites. Plus que l'argent que nous dépensons pour nous chauffer.

On a bien ri (jaune comme le miel).

Véronique Raffeneau

@ Trekker
"Claude Lanzmann est incontestablement un cinéaste talentueux, mais nullement un historien. "

Je suis d'accord.

Ce qui structure Shoah, c'est cela :

"C'est la réalité, la radicalité de la mort et de l'inéluctable que je voulais transmettre" (Claude Lanzmann).

Mon propos était de dire que le film de C. Lanzmann et la somme de R. Hilberg marquent une rupture dans la perception de l’entreprise nazie d'extermination des Juifs d'Europe.
En très rapide, c'est à partir de Shoah et des travaux de R. Hilberg qu'on a parlé non plus seulement de la déportation mais également de l'extermination. Par exemple, à partir du milieu des années 80, on parle de camps de déportation ET d'extermination.
A mon sens, le billet de Philippe sous-estime cette rupture qui à mes yeux a modifié notre perception de la déportation à partir de la seconde moitié des années 80.

Je pense seulement que j'ai encore la liberté de ne pas défendre les ricanements omniprésents, mécaniques et obligatoires, le dérisoire et l'insignifiance de notre époque.

Guzet

Le changement de paradigme médiatique est spectaculaire. Hier il était interdit d'interdire. Aujourd'hui les demandes d'interdiction, appareil "répressif" à l'appui (police, justice, école...) jaillissent de partout. Etonnant retournement dans l'histoire de ce temps...!

Noblejoué

@ Lucile | 27 janvier 2018 à 22:03

Eh oui, il y a bien des gens à connaître mais pas à fréquenter !

Mais il y a du comique partout... Hum, il ne me vient que deux exemples qui ne vous plairaient sans doute pas, pardon, mais pas "putassiers", enfin, ça montre le spectre.
Je l'ai revendu, mais à un moment, j'ai beaucoup aimé "le Guide du voyageur galactique" en science-fiction. En littérature générale, plus récemment, j'ai bien apprécié "L'Homme-dé", sur un type qui joue toute sa vie au dé, l'irresponsabilité absolue... Alors, c'est selon l'humeur, soit on en a marre des irresponsables, et on ne supporte pas le type, soit on en a marre d'être responsable dans un monde qui fait semblant de l'être, et c'est jouissif.

Wil

"Quel est le point commun entre les Juifs et les baskets ? Il y en a plus en 39 qu'en 45".
D'abord, ce n'est pas drôle.
En elle-même la blague ne veut rien dire.
L'humour, absurde ou non, repose toujours sur un fond de vérité.
Mais l'humour est toujours subjectif et ce n'est pas ça que je lui reproche. Il y en a apparemment qui trouvent ça drôle.
Il y en a qui trouvent Hanouna drôle aussi.
Au passage, qu'est-ce que c'est que cette mode des humoristes belges dans la médiacratie française ?! D'abord leur soi-disant pays est assez dans la m*rde pour qu'ils fassent assez de blagues chez eux, Brel en a fait des bonnes dans ses chansons mais lui était un génie, et ensuite n'y a-t-il plus d'humoristes français pour se moquer de leur propre pays qu'il faille demander à ces nazes de Belges mêmes pas capables de vivre ensemble entre Wallons et Flamands de se moquer des Français ? Ils n'ont aucune leçon à donner. Toujours cette mentalité pourrie de cette médiacratie française qui pense que la France c'est de la m... et que tout est mieux ailleurs. Bref !.

La soi-disant humoriste belge du jour n'aurait pas osé faire une blague sur les migrants qui crèvent en Méditerranée sous peine d'être directement tricarde à vie dans cette même médiacratie.
C'est ça le problème.
C'est pas de l'humour ça. C'est de l'arrivisme médiatique.
En ce moment et depuis un certain temps, il est de meilleur ton dans la médiacratie de se moquer des juifs que des arabes ou des musulmans.
Une héroïne de plus du féminisme j'imagine cette starlette belge.
Autant d'"héroïnes" ça fait beaucoup de mous du bulbe à la fin.
Mais c'est le but, non ? Il faut bien du temps de cerveau disponible.

Trekker

@ Philippe Dubois | 27 janvier 2018 à 16:25
"…l'antisémitisme de ce que vous appelez l'extrême droite est devenu totalement marginal. L'antisémitisme actuel, beaucoup plus répandu, est plutôt le fait d'un islamisme radicalisé bien enraciné dans nos banlieues et autres quartiers dits sensibles…"

Totalement d’accord avec vous, et je me permets de rajouter que ce nouvel antisémitisme ne repose pas sur les préjugés qui nourrissaient celui de l’extrême droite.

…d'un islamo-gauchisme qui passe à la télé et qui tente de camoufler cet antisémitisme en antisionisme.

Là vous mélangez deux notions qui n’ont guère de rapport.
L’islamo-gauchisme est avant tout une justification de l’islam le plus rigoriste, archaïque, et son corollaire le repli communautaire. Ce n’est qu’une version athée et soft de l’islamisme violent, celle-ci tend avant tout à le justifier.

Certes certains antisionismes sont avant tout mus par l’antisémitisme. Mais ne pas dissocier les deux c’est reprendre le discours du gouvernement israélien, de ses relais zélés tels le CRIF en France et l’AIPAC aux USA. Cette affirmation ne sert qu’à interdire de fait toute critique à l’égard de l’Etat d’Israël.

Vous semblez oublier que le sionisme est une invention politique de la fin du XIXe siècle, promue alors par une infime minorité de juifs, et qui s’inscrivait dans le mouvement européen de colonisation. Jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le sionisme ne fit pas recette dans l’ensemble de la diaspora juive, et ne se soucia guère du sort des juifs persécutés par les nazis.

Lucile

Désolée mais je trouve qu'il y a un côté putassier à faire rire les gens du martyre juif, tout ça pour faire carrière à la télé. Surtout à une époque où l'antisémisitsme est toujours d'actualité. On s'interroge sur qui peut sourire de telles plaisanteries, sûrement pas la crème de la crème. La facilité avec laquelle on accepte la banalisation de ce genre d'humour, débité presque mécaniquement, surprend. Quand le cynisme est rare, il peut faire réfléchir, quand il est généralisé, il acquiert une normalité dérangeante. Ces artistes nous renvoient une image de nos goûts, de nos divertissements et de nous-mêmes qui a de quoi faire réfléchir. En cela ils ont leur utilité.

Mary Preud'homme

Humoriste et homme d'esprit avec des trouvailles de langage extravagantes (cf la gallinacée hippophile évoquant Pierrette Bres) et un vocabulaire désopilant, le tout débité d'une voix monocorde et l'air faussement déconfit, confus ou jubilateur. Avec son physique de garçon coiffeur et les initiales PD qui allaient avec (aurait-il dit en pouffant !), Pierre Desproges, quel artiste !
Comme nous manquent ses réquisitoires du Tribunal des flagrants délires où chacun en prenait pour son grade...
Tout le contraire d'un raciste pour ceux qui savaient goûter ses saillies au trente-sixième degré et s'en délecter en fins gourmets.

Avec quelques années de moins j'étais de sa génération et comme lui je ne comprenais absolument pas ce qui avait pu conduire la France à la collaboration, à la soumission jusqu'à pactiser avec les nazis et prendre part à cette chasse immonde...

Oui il faut parler de tout, et parfois en rire pour ne pas en pleurer, néanmoins pas avec n'importe qui. Nous avons posé des questions à nos parents sur les guerres qu'ils ont vécues et qui les ont durement marqués. Ceux de mon âge ont aussi eu leur part, directement ou indirectement : Indochine, Algérie, plus Vietnam (en ce qui me concerne)... Et nos enfants et petits-enfants à leur tour interrogent et veulent comprendre, les guerres, les déportations et même l'esclavage.

Dans nos familles et mon entourage on rit beaucoup et l'on se repaît aussi bien de l'humour français que du belge, du québécois, de l'antillais, etc. Le rire partagé est un sacré lien et une excellente façon de lutter contre les morosités et les communautarismes de tout poil ! Savoir être politiquement incorrect pour la bonne cause, quel pied ! Et tant pis pour les fâcheux, les refoulés et autres grincheux conformistes jusqu'au slip.

J'ajoute qu'à mes yeux l'authentique humour est un peu comme la musique de qualité : il n'a pas de frontière et demeure intemporel.

Moralité : "Faut rigoler pour empêcher le ciel de tomber !" (HS)

SR

L'indignation à géométrie variable. On se souvient de l'indignation générale contre la Une gentille de Charlie du couple Macron "Puisqu'on qu'on vous dit qu'il fait des miracles" avec Brigitte Macron enceinte.

Si la comique avait été noire ou d'origine maghrébine elle aurait été déprogrammée de tous les festivals, interdite de télé et aucune commune n'aurait autorisé son spectacle au nom de l'ordre public.

hameau dans les nuages

@ Noblejoué
"Il leur fallait survivre, on n'a pas, que je sache, donné de rentes aux rescapés. Les rescapés avaient vécu le pire, devaient se battre pour vivre... Ils auraient en plus dû se battre pour la vérité ?"

Hélas les victimes ont bien été victimes mais leur sacrifice à permis à certains de se nourrir sur les cadavres. L'ignominie à l'état pur.

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Industrie_de_l%27Holocauste

semtob

Cher Philippe,

Sur "La voix de Bilger", Philippe souhaite modérer ou conseiller le Pape François dans son approche de la pédophilie.
Sur ce billet, Philippe interroge le droit de rire de la Shoah.
Qui se trouve derrière cette comique qui aimerait "sucer Michel Drucker", Jérémy Ferrari, Matthieu Clée et Laurent Ruquier et un choix éditorial d'une chaîne qui sélectionne un extrait ? N'est-ce pas du même genre qu'un comique qui souhaite enfoncer une quenelle dans la fesse de Manuel Valls ?

Quand la télé promeut les mêmes mécanismes que ce qui a fait prospérer le nazisme, cela ne s'appelle plus de la liberté d'expression mais de l'appel à la haine.
Si rire d'un génocide est une finesse de l'esprit, c'est que la bêtise humaine a encore de beaux jours devant elle.
françoise et karell Semtob

Exilé

@ Trekker
« Quand on utilise voire impose un vocable religieux pour désigner un fait historique, on tend immanquablement vers la vérité révélée ! »

Ou bien en d'autres termes vers un dogme...

Savonarole

Ce n'est pas dans Le Figaro qu'on aurait lu cet article.
Ça vaut le détour, un peu longuet mais pertinent.
Desproges était très apprécié de la bonne vieille droite, un chouïa antisémite, un chouïa raciste...

http://www.liberation.fr/debats/2016/02/24/on-peut-rire-de-tout-mais-on-peut-aussi-arreter-de-citer-desproges-n-importe-comment_1435056

Trekker

@ Exilé | 27 janvier 2018 à 09:07
"…Alors qu'est-ce qui a bien pu changer ? Tout simplement l'instrumentalisation de ces événements par des gens pas toujours très bien intentionnés, à des fins de basse politique et exploitant des faits qu'eux-mêmes n'ont pas connus, en réécrivant l'histoire à leur manière"

A mon sens cela a profondément changé dans les années 80, les gens que vous citez nous ont inculqué cela au travers d’un changement sémantique que beaucoup n’ont pas remarqué. On est passé d’un terme précis historique, génocide, à celui plus ambigu d'Holocauste, pour au final aboutir à un biblique, et donc religieux, Shoah.
Quand on utilise voire impose un vocable religieux pour désigner un fait historique, on tend immanquablement vers la vérité révélée !

@ Véronique Raffeneau | 27 janvier 2018 à 07:11
"Shoah de Claude Lanzmann n'est sorti qu'en 1985..."

Claude Lanzmann est incontestablement un cinéaste talentueux, mais nullement un historien. D’ailleurs les thèses qu’il a développées au travers de ses films au fil du temps ont fortement varié et sont souvent empreintes d’un dogmatisme qui n’a rien d’historique. Elles ne reflètent que les opinions de Claude Lanzmann sur ce sujet !…

Autrement plus précis, documenté et tendant à l’objectivité est l’ouvrage « Terres de sang » de l’historien américain Timothy Snyder.

Noblejoué

"En toute logique, l'éloignement du temps aurait dû non pas intensifier mais amoindrir les réactions."

Non. Comment le dire ? Trois fois non.

Les rescapés des camps, il y a une part de chance mais pas que, étaient les plus endurcis, pas les plus portés à se plaindre.

Il leur fallait survivre, on n'a pas, que je sache, donné de rentes aux rescapés. Les rescapés avaient vécu le pire, devaient se battre pour vivre... Ils auraient en plus dû se battre pour la vérité ?

Ce qui s'est passé, c'est que ceux qui ont parlé n'ont pas été crus, on leur a demandé de se taire.
Ce qu'ils ont largement fait.

Mais les enfants des gens qui ont dû se taire ont tendance à parler... Et plutôt deux fois qu'une.
S'y ajoute, mais s'y ajoute, cela n'a pas créé le mouvement, de la récupération.

Et voilà, encore une injustice, ne pas avoir écouté les gens, non point compensée mais aggravée par une autre, empêcher d'autres gens de s'exprimer, aujourd'hui, par l'humour ou...
Par l'Histoire, voir les problèmes de Grenouilleau !

Pour faire image, parfois on a si froid, ou on est si vide que c'est au moment où on se réchauffe ou on a une idée ou un vague sentiment qu'on sent combien on est vide.
Tout ne se voit que par contraste... Toute action amène des réactions et il y a des eaux souterraines qui ressortent bien loin.

Il faut craindre la vieillesse, les descendants ou les imitateurs des gens à qui on a fait des injustices.
Les injustes, les descendants des injustes voire les quidams.
A bas le quidam, d'ailleurs ! Je ne sais plus quel philosophe disait qu'on est plus coupable de laisser faire le mal que de l'accomplir.
Alors, tous les non héros sont coupables ? N'importe quoi, on ne saurait être coupable de ne pas être mieux que la moyenne, la vie n'est pas un concours pour justification.

Si ce n'est pas ceux qui ont inventé les préjugés ou décidé d'une politique criminelle, les coupables, mais le quidam, pourquoi pas les successeurs des victimes, des bourreaux et des quidams plus coupables que les contemporains ? On ne le dit pas encore, mais on agit comme ça.
Tiens, Sarkozy, je crois, voulait accabler chaque enfant du fantôme d'une victime. On n'est pas allé jusque-là, heureusement, mais il semble que certains voudraient imposer un deuil éternel pour toutes les fautes du passé.

Un paravent !

Parce que pendant ce temps, on laisse faire les bourreaux du présent, comme on l'a bien vu au Rwanda.

Ce n'est pas "Tout le monde il y est beau, tout le monde il est gentil", c'est "tout le monde il dénonce une blague sur un peuple, tout le monde il en laisse détruire à la douzaine" qu'il faudrait chanter.

bruno

Et pourquoi, sur votre blog, ai-je été censuré pour une plaisanterie sur Madame Macron ?

Patrice Charoulet

@ Marc GHINSBERG

Merci de nous avoir permis de relire un morceau comique de Desproges. C'est très supérieur à la blague nulle et sans esprit d'une débutante sans avenir.
Moi, ce qui me fait sourire ou rire, ce sont les dialogues des films de Bertrand Blier. Je ne m'en lasse pas. Quel talent ! Quel esprit ! Quelle inventivité !
Un ami d'ici ne me démentira pas.

Robert Marchenoir

Sur cette histoire, je rejoins Goldnadel : le scandale n'est pas la blague sur les baskets ; c'est que certaines blagues sont tolérées, tandis que d'autres suscitent l'indignation des tenants du politiquement correct.

Je rejoins aussi Savonarole : la blagueuse du jour n'est pas drôle. Personnellement, elle ne m'arrache pas un sourire. Peut-être parce que je n'achète pas de baskets ? Desproges et Coluche étaient plus fins et plus profonds, bien sûr. On sent la dame qui rame, et qui se dit : tiens, je vais en faire une sur les Juifs, histoire de créer le buzz.

Vous remarquerez que la blague est politiquement correcte côté Juifs (elle n'est pas négationniste, il y en avait effectivement moins en 45 qu'en 39), mais qu'elle est factuellement fausse côté baskets : pendant les soldes, il y en a beaucoup plus en 45 qu'en 39 ! Or, une blague faite par une femme sur les fringues doit nécessairement porter sur les soldes, sinon à quoi bon ? Donc, zéro pointé sur toute la ligne...

Naturellement, je défends la liberté de faire toutes les blagues possibles et imaginables, y compris pour les humoristes pas drôles. Et je réclame l'abolition de toutes les lois interdisant de critiquer telle ou telle partie de la population.

@ Tipaza | 27 janvier 2018 à 12:38

Cher ami, je vous reconnais tous les droits du monde, dont la liberté d'expression, et même la rhétorique un peu poussée dans les buissons pour l'amour de l'art. Mais pas la fausse équivalence. Vous dites : "Le rapprochement me paraît plus pertinent que celui que vous aviez fait de Poutine avec Brigitte Bardot, pauvre femme qui n’en méritait pas tant."

Je vous ferai remarquer que me concernant, et malgré les assertions pseudo-homériques de certains esprits forts, il ne s'agissait pas de rhétorique, mais simplement de répondre à une provocation stupide (une de plus) ; et que j'ai expliqué la raison de ce rapprochement, alors que vous omettez soigneusement de motiver votre assertion péremptoire selon laquelle ma comparaison ne serait pas pertinente.

C'est la différence entre la rhétorique, qui est de votre côté, et le raisonnement argumenté, base de notre civilisation -- qui est du mien.

De plus, l'unique argument que vous donnez pour défendre votre comparaison est mauvais : premièrement, on ne peut pas dire que "Macron se comporte comme un Poutine au petit pied sans en avoir l’aura virile, l’énergie et la puissance hypnotique". A moins que vous considériez qu'un pédophile possède une aura virile -- mais alors nous n'avons pas la même conception de la virilité.

Deuxièmement, parce que même en admettant que Poutine ait "une aura virile, de l'énergie et une puissance hypnotique", c'est bien le problème. Le problème, ce sont les dirigeants dotés "d'une aura virile et d'une puissance hypnotique" ; et le problème, ce sont les peuples à la mentalité d'esclaves qui réclament des dirigeants à "l'aura virile" et à la "puissance hypnotique". L'une des dernières fois où le monde a touché un dirigeant de ce type, ça a donné le national-socialisme. Vous, je ne sais pas, mais pour ma part, je trouve qu'on en a soupé, merci bien.

J'ajoute que ma comparaison ne portait ni sur Brigitte Bardot ni sur Vladimir Poutine, comme un examen superficiel pourrait le faire croire ; elle visait à dénoncer la pensée fallacieuse d'une certaine droite française, qui commet la même erreur dans un cas comme dans l'autre. Regardez donc la lune plutôt que le doigt.

Je précise que la photo de Vladimir Poutine, soulevant la chemise d'un petit garçon inconnu et l'embrassant sur le ventre, à l'occasion d'une sortie publique, est parfaitement authentique et a soulevé à l'époque la stupéfaction des Russes, comme on peut l'imaginer. Interrogé sur la raison de son geste par les journalistes russes (il n'y a pas que les médias "occidentaux" qui posent des questions gênantes, certains ici prennent visiblement les Russes pour des abrutis), il n'a pu donner aucune explication, sinon : "Ce petit garçon m'a paru très indépendant, sûr de lui et en même temps sans défense, pour ainsi dire : un petit garçon innocent et très gentil. Je vais vous parler franchement : j'ai juste eu envie de le caresser comme un petit chat, et cela s'est manifesté dans ce geste. Rien de plus."

Quant à l'ancien officier du FSB Alexandre Litvinenko, il est mort dans des souffrances atroces, empoisonné à Londres par des espions russes, pour avoir accusé Poutine d'avoir fait disparaître une vidéo du FSB le représentant au cours d'une orgie pédophile, et pour l'avoir accusé d'avoir organisé les attentats de 1999 officiellement attribués aux Tchétchènes (300 morts).

dring

Bonjour sylvain, ne cherchez plus, le ciel leur est tombé sur la tête.

saint juste

"L'enfer c'est les autres" disait-il ! Il en découle que les c... et les salauds ce sont les autres et particulièrement certains ! Ce billet sent la gadoue ! Merci au nom de tous ceux que vous méprisez et que vous devez lire puisque vous en parlez !

vamonos

Entre le début et la fin de la Seconde Guerre mondiale, 6 000 000 de juifs ont été exterminés. Avec un fait aussi monstrueux, je ne me permettrais pas une méchanceté, une approximation ou un mensonge pour faire rire un public et gagner de la notoriété et de l'argent.

Tiens, voilà du boudin, pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains,
Pour les Belges y'en a plus.

Noblejoué

@ HT | 27 janvier 2018 à 08:06

Ah, ah ! Ce serait tous les pseudos qui seraient détruits, le vôtre, le mien... Merci de ne pas scier la branche sur laquelle nous sommes assis.

hameau dans les nuages

Les juifs et les musulmans ont dû pouffer de rire :

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/dessin-du-jour/article/inondations-200955

Oursivi

N'ai plus en tête toutes les plaisanteries de Desproges mais il me revient juste celle où il notait que l'on ne pourrait l'empêcher de penser que la communauté juive avait fait preuve d'une certaine antipathie à l'égard du régime nazi.
Pas de référence directe à des suppliciés...
Mais sur le fond, on doit pouvoir rire de tout, même des sympathies de Savo pour Cabu et consorts, c'est dire, même s'il n'a pas compris que l'on ricanait sur Canal, pas chez Charlie.
D'ailleurs tous ces Catalans écrasés parce que tenaient un Charlie à la main sur la Rambla l'ont peut-être bien cherché, non ?
AO

PS : Robert, parano

Michel Deluré

Il y en a assez de ces accusateurs qui, au nom d'une certaine idée de la bien-pensance, prétendent censurer tout propos contrevenant à la conception qu'ils s'en font.

Certes, il faut bien reconnaître que certains de ces propos peuvent être parfois d'un goût douteux, qu'ils peuvent offusquer, voire blesser, ceux qui en sont la cible mais il convient aussi de prendre du recul par rapport à eux, ne pas systématiquement les prendre au premier degré, surtout lorsqu'ils sont proférés par des humoristes dans le cadre spécifique d'un spectacle.
La fonction des humoristes est de peindre les hommes pires qu'ils ne sont, en stigmatisant leurs vices, leurs côtés ridicules. Mais tous les humoristes n'excellent malheureusement pas dans cet art. Est-ce là une raison suffisante pour justifier de les censurer ?

Mais ce phénomène de censure n'est pas nouveau et n'oublions pas que Molière et Beaumarchais, pour ne prendre que ces exemples, qui ne manquaient pas de fustiger les moeurs sociales, politiques et littéraires de leur époque, furent eux aussi attaqués par la censure.

Florence

Ainsi donc l'histoire des baskets et des Juifs serait de l'humour. C'est une histoire belge !
A vrai dire, cette mode des "humoristes" sur tous les médias commence sérieusement à me lasser. N'importe qui se croit drôle et pense pouvoir en faire son métier. Il y a inflation. Inflation galopante qui, comme toutes les inflations, vous laisse avec une monnaie de singe dans les mains.

Philippe Dubois

@ BL | 27 janvier 2018 à 15:35
"À l'heure où on voit l'extrême droite reprendre du poil de la bête en Europe, je peux comprendre que cela inquiète certains."

Si vous aviez l'occasion d'ouvrir vos yeux et vos oreilles, vous vous apercevriez que l'antisémitisme de ce que vous appelez l'extrême droite est devenu totalement marginal.
L'antisémitisme actuel, beaucoup plus répandu, est plutôt le fait d'un islamisme radicalisé bien enraciné dans nos banlieues et autres quartiers dits sensibles et d'un islamo-gauchisme qui passe à la télé et qui tente de camoufler cet antisémitisme en antisionisme.

BL

Monsieur Bilger, je comprends votre argument mais je ne suis pas convaincu que cette analogie soit entièrement pertinente.

D'une part, on peut noter des différences manifestes entre le sketch sur les juifs de Desproges et celui de Laura Laune. Le premier a pour but de mettre le spectateur mal à l'aise : l'antisémite - ceux dont se moque le sketch - et le reste du public qui se demande s'il est acceptable de rire à l'évocation de la Shoah*. Le second utilise la Shoah comme ressort pour faire une blague facile sur des pointures de chaussures. Le premier rit des Nazis, le second rit de la Shoah. Le premier met les antisémites mal à l'aise, le second a le potentiel de les faire rire à gorge déployée. "On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde" disait l'autre. Dans un cercle restreint, où il n'y a aucune ambiguïté sur les positions du narrateur et de l'auditoire, cette blague passe parce qu'on ne risque pas de rire *avec* un antisémite. À la télévision, il est impossible de lever ce genre d'ambiguïté. On a le droit de penser que la société française a suffisamment évolué pour rejeter en bloc l'antisémitisme et que l'on peut blaguer sur un génocide sans que cela ne nous fasse complices des génocidaires, mais certaines personnes ne sont pas de cet avis, et sont entièrement dans leur droit de s'indigner.

D'autre part, comme vous le soulignez, ces deux sketchs sont des produits d'époques différentes. Les temps changent, les blagues aussi. Desproges qui ose faire de l'humour avec un génocide il y a trente ans, c'est risqué et audacieux. Aujourd'hui, les blagues sur la Shoah se sont banalisées, c'est devenu un ressort comique qui ne s'accompagne plus d'une critique plus ou moins voilée de ceux qui l'ont perpétrée. À l'heure où on voit l'extrême droite reprendre du poil de la bête en Europe, je peux comprendre que cela inquiète certains.

*Comme Desproges le raconte lui-même dans cette interview : https://www.lesinrocks.com/1995/11/29/musique/concerts/pierre-desproges-je-vais-etre-sincere-11236607/

Philippe Dubois

Bonjour Monsieur Bilger

La liberté de parole se réduit comme peau de chagrin effectivement.
Cela est dû à la pénalisation de prétendues phobies diverses et variées avec la possibilité offerte à des assoces de porter plainte dès qu'un de leur membres s'estime offensé ou dès qu'elles pensent pouvoir se faire un peu de fric sur le dos d'un présumé machinphobe.

Aujourd'hui, Desproges, les Inconnus, Coluche, etc. se retrouveraient devant la XVIIe chambre du tribunal correctionnel et surtout risqueraient d'être lourdement condamnés par des juges %#£§ (les mots que j'emploierais pour les qualifier étant susceptibles de heurter la sensibilité des jeunes téléspectateurs).

Je vous trouve sévère avec les réseaux sociaux : ils ne sont que les vecteurs des qualités et défauts de leurs utilisateurs ; c'est comme si vous accusiez les voitures d'être responsables des accidents de la route et non les conducteurs desdites voitures.

Patrick EMIN

Eh oui, une bien curieuse époque où l'on est accusé d'antisémitisme si l'on fait une blague sur les juifs, autrefois, c'était le contraire, il y avait ce qu'on appelait le second degré. Aujourd’hui nous sommes bien souvent au degré zéro.

http://blog.patrickemin.com/intelligence-degres-charlie-hebdo-aylan/

Noblejoué

"Tous ces petits maîtres, tous ces procureurs, eux, sans morale ni intelligence, tous ces justiciers médiocres qui condamnent, tous ces inquisiteurs expéditifs, toute cette cohorte qui furète, débusque, renifle et dénonce ce qu'elle estime innommable pour se repaître de l'exploitation d'un rien hypertrophié par bêtise ou malfaisance, sont la rançon abjecte de la communication sophistiquée d'aujourd'hui."

Les procureurs sans morale ni intelligence, ça doit faire du mal à notre hôte... D'une part, en homme de l'art, il doit considérer que même si on n'est pas magistrat, qui accuse doit le faire bien. Pas comme un lyncheur... C'est donc pour la liberté d'expression et pour l'accusation en tant qu'art qu'il s'exprime.
D'autre part, en tant que magistrat de la magistrature debout, il bouscule aussi la magistrature assise quand elle lui semble se dévoyer.

Outre que ça peut faire mal à nôtre hôte, les procureurs ne sont pas spécialement populaires. Eh oui ! On leur fait payer toutes les accusations injustes, des accusateurs publics et des autres.
Par un effet retour, toutes les accusations publiques idiotes retombent sur les magistrats, les procureurs qu'on voit comme des accusateurs bêtes et méchants, et les magistrats du siège chargés de jouer les censeurs des médias. J'adorerais ! Si on est magistrat, on croit assez à la loi pour la faire appliquer, au juste et à l'injuste pour se prononcer d'une façon décisive là-dedans... Et à quoi se trouve-on réduit ? Jouer les censeurs. Mais, sauf pour protéger les enfants, là, c'est normal, j'aurais mille fois plus honte d'être censeur que voleur ! Car le censeur vole la liberté de penser. Et donc, on veut être là pour le juste et l'injuste, et on se retrouve pire que voleur. Si on en connaît, offrir sa compassion, ses encouragements, son écoute au magistrat tombé là-dedans, s'il vous en parle, car je vois mal comment savoir quel magistrat crapahute dans quoi... Car on le force à se dévoyer. Dans les pires cas, c'est la liberté d'expression mais je passe pour laisser passer un tas de préjugés voire passe pour les partager, ou je montre que non en réprimant, mais je diminue la liberté d'expression toujours dévoyée, déjà, du fait de la loi, qui réprime déjà certaines opinions.

Le zèle du non à préjugé, ou l'incorruptibilité du pour la liberté d'expression qui passe pour les partager donc les y encourage auprès des gens atteints de ce problème de jugement ? Terrible. Et d'ailleurs, un magistrat devrait-il appliquer la loi pour des lois qui vont contre les principes de liberté d’expression, par exemple sur la loi Gayssot ? Loi qui n'aurait jamais dû être votée, magistrats coincés qui ne pourront chercher que la moins mauvaise solution selon leur conscience.

L'injustice a des effets incalculables, je dirais peut-être infinis.

Je pourrais défendre cette position, mais j'attends, enfin, façon de parler, qu'on me le demande, vu que certains m'accusent d'écrire si ce n'est des romans-fleuves, des commentaires-fleuves.

Tipaza

« Il est sûr en revanche que la liberté d'expression et le droit de rire de tout ont décliné… » (PB)

Il s’agit là du dernier avatar, le plus mesquin, le plus stupide et le plus minable de la loi Gayssot et des lois mémorielles qui sont des lois liberticides.
Après ces lois la liberté d’expression n’a plus été la même.

Que les réseaux sociaux, qui n’existaient pas à l’époque où ces lois ont été proclamées, aient amplifié la réaction des nouveaux inquisiteurs de la pensée ne change rien au fond du problème, une nouvelle police de la pensée est en marche et il sera de plus en plus difficile de la combattre, puisqu’elle aura comme arguments, le droit de la loi, et ce qui est pire que le droit, la morale vue par les nouveaux censeurs.

Lorsque ces lois furent votées, un grand nombre d’intellectuels et pas seulement des historiens se sont élevés avec force contre ce déni de la liberté de penser, de travailler sur des sujets historiques avec l’objectivité du chercheur, et le déni de la liberté d’expression.

Je ne ferai pas le rappel des oppositions, ce serait trop long, mais je citerai l’article de Wikipédia, remarquablement bien fait, pour ceux qui ont oublié cet épisode lamentable des lois mémorielles.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Gayssot

Je rappelle tout de même avec un malin plaisir que Paul Ricoeur, le philosophe devenu à la mode et le mentor de Macron, était farouchement opposé à ces lois mémorielles.

Si je fais ce rappel, c’est que l’épisode du contrôle de la pensée par les bien-pensants qui veulent empêcher les autres de penser en rond ou en carré, n’est pas hélas terminé.

Il est question d’une loi anti-« fake news », mais qui va décider et distinguer le vrai du faux, ce n’est ni le rôle ni de la compétence du législateur de séparer le vrai du faux, ou alors nous revenons plusieurs siècles en arrière avec une nouvelle Inquisition, qui ne s’appuie plus sur une transcendance divine, mais un principe d’égalité et de droits de l’homme, principe et droits à géométrie variable en fonction de l’intérêt des puissants au pouvoir.

Si l’on me dit que ces fake news ne concernent que la politique, je répondrai que du point de vue marxiste, tout est politique. Nous sommes dans une situation paradoxale, où les ultra-libéraux qui nous gouvernent via la mondialisation, appliquent les règles marxistes de contrôle de la pensée. C’est la pire des situations que l’on pouvait avoir, l’espérance d’échapper à cette pression est faible pour le moment mais rien n’est définitif en ce monde.

Imaginez une loi anti-fake news, en 1904, l’année où Einstein sort benoîtement sa théorie de la relativité du temps dans un monde encore régi par les lois de Newton et un temps absolu, aurait-il été condamné pour fake news, comme Bruno Giordano et Galilée l’ont été pour avoir une position sur la nature de l’univers différente de celle de la doxa de l’Eglise catholique ?
Ne rigolez pas, on sait où commence le contrôle de la pensée, on ne sait pas où il s’arrête, il peut très bien en venir à contrôler les scientifiques, après avoir contrôlé les humoristes.

Je rappelle l’affaire Lyssenko, ce biologiste généticien russe qui par servilité à l’égard de Staline, par intérêt et peut-être par idéologie, avait élaboré une théorie de la génétique conforme au marxisme, à partir de résultats truqués, pour plaire au pouvoir en place.
À l’époque en URSS étaient considérés comme fake news tous les travaux qui se référaient aux théories occidentales, et les quelques scientifiques russes lucides et compétents n’osaient pas relever la supercherie du maître à penser en place sous peine de Goulag.

En la matière, concernant la loi anti-fake news, Macron se comporte comme un Poutine au petit pied sans en avoir l’aura virile, l’énergie et la puissance hypnotique, nous glissons sans en prendre garde vers une démocrature.

@ Robert Marchenoir

Cher ami, je ne partage pas avec moi-même à cent pour cent les éloges que je tresse à Poutine, c’est juste pour la rhétorique anti-Macron.
Mais quand même, le rapprochement me paraît plus pertinent que celui que vous aviez fait de Poutine avec Brigitte Bardot, pauvre femme qui n’en méritait pas tant.

Ceci dit, comme je suis pour la liberté d’expression totale, je nous reconnais à vous et à moi, le droit de nous exprimer comme nous l’entendons et de critiquer l’autre, dans les limites de la charte du blog évidemment ;-)

Achille

Bonjour,

Même si je n’ai jamais vraiment apprécié les blagounettes à deux balles du genre de celle des baskets 39-45, je ne suis pas partisan de les dénoncer, ainsi que le font certains beaux esprits, les mêmes d’ailleurs qui défilaient pour la liberté d’expression avec des T-shirts et des banderoles « Je suis Charlie », après les dramatiques attentats de janvier 2015 de sinistre mémoire.

Il y en a marre de ces Torquemada de salon de thé, de ces Don Quichotte de la morale, de ces Savonarole de la vertu (pas celui du blog, bien sûr !), prêts à s’indigner dès qu’une plaisanterie s’écarte un peu des chemins de la bien-pensance.
L’humour comporte une large palette de variantes, depuis l’humour gras jusqu’au trait d’esprit raffiné. Certes, il peut parfois comporter une pointe de racisme malsain ou de sexisme macho. La belle affaire ! Il y en a pour tous les goûts et c’est très bien comme ça.
Laissons le gros beauf partir d’un grand éclat de rire sur une blague sexiste et l’intello s’extasier de la finesse d’une belle répartie.
Rire est encore le meilleur remède contre un petit coup de blues. Alors que ce soit à gorge déployée ou par un petit pouffe discret, rions, rions, c’est bon pour le moral. Et tant pis si ça fait hurler les pisse-vinaigre !

caroff

"Tous ces petits maîtres, tous ces procureurs, eux, sans morale ni intelligence, tous ces justiciers médiocres qui condamnent, tous ces inquisiteurs expéditifs, toute cette cohorte qui furète, débusque, renifle et dénonce ce qu'elle estime innommable pour se repaître de l'exploitation d'un rien hypertrophié par bêtise ou malfaisance, sont la rançon abjecte de la communication sophistiquée d'aujourd'hui."

Je dirais plutôt "des cohortes", chacune d'entre elles représentant des communautés "racisées" ou des associations d'handicapés ou des victimes d'accidents, ou des victimes d'attentats, des laids, des grosses, des maigres... que sais-je encore.
En cela notre pays ressemble de plus en plus aux Etats-Unis où chacun a sa chapelle et... ses avocats !
Au lieu de calmer le jeu et de tenter de prendre de la hauteur, voilà que la classe politique emboîte le pas à ce déchaînement dénonciatoire !

Il ne nous reste plus que les blagues et bons mots échangés entre amis, souterrainement, à l'abri des regards et des oreilles des professionnels de l'indignation.

Exilé

En toute logique, l'éloignement du temps aurait dû non pas intensifier mais amoindrir les réactions.

Exactement.
Nous sommes plusieurs ici étant d'une génération née au début des années cinquante et ayant pu croiser ou connaître des témoins militaires ou civils ayant pu nous transmettre directement la réalité de ce qui s'est passé entre 1939 et 1945 autrement qu'à travers une filmographie de fiction ou bien des montages d'images d'archives.

Existait-il dans les années soixante une véritable paranoïa accusatoire cherchant à dénoncer un antisémitisme souvent fantasmé à tout propos ? Non.
Entendions-nous s'élever des cris d'orfraie quand quelqu'un sortait une histoire juive ? Non.
Alors qu'est-ce qui a bien pu changer ?
Tout simplement l'instrumentalisation de ces événements par des gens pas toujours très bien intentionnés, à des fins de basse politique et exploitant des faits qu'eux-mêmes n'ont pas connus, en réécrivant l'histoire à leur manière surtout en ce qui concerne le contexte historique de cette période, présenté par eux sous un angle exclusivement manichéen.

sylvain

Messieurs les humoristes,

Si vous voulez grimper très vite en popularité et connaître le succès, il ne vous reste plus qu'à proposer à vos publics, aux spectateurs et téléspectateurs, des textes haineux sous couvert de second degré, formule magique prouvant que ce n'était qu'un dérapage sorti de son contexte, qu'il fallait lire le texte dans son ensemble, que le mauvais passage était extrait maladroitement de l'ensemble du spectacle etc. etc. ; ça fait le buzz, la provoc, les médias en sont friands, les lecteurs s'arrachent ces feuilles de chou, jouent le rôle de vierges effarouchées pour sauver leur conscience et voilà comment un humoriste raté gagne en notoriété et devient une icône culturelle.

Ensuite il ne reste plus qu'à se faire inviter chez Ruquier, Ardisson et autres professeurs gauchistes de la bonne parole pour se faire redorer le blason et passer pour une victime incomprise et malheureuse.

Surtout n'oubliez pas cette formule choc imparable : "sorti de son contexte" ; les politiques aussi l'emploient souvent pour se justifier d'un dérapage.

Quand on disait à une époque qu'un oiseau qui passait sur Auschwitz faisait "cui cui" (mauvaise blague périmée depuis) il est évident que c'était affreux mais en rusant on peut dire que ce morceau de phrase était sorti de son contexte et que ce n'était qu'un vers d'une poésie locale très bucolique.

On voit le mal partout !

HT

Un remède tout simple existe : obliger ces partisans du lynchage à dévoiler leurs noms.
Plus de pseudonymes : patronymes réels, téléphones et adresses mail. On en verrait moins, des justiciers masqués.

Patrice Charoulet

Vos propos de ce jour sont très justes et j'y souscris.
Desproges était, parfois, amusant.
Le point de départ de votre texte est une "blague" d'une jeune humoriste belge.
Elle a fait couler beaucoup de salive. Assez vainement.
Il se trouve, je l'ai dit et redit, que je suis non pas antisémite, mais philosémite. Nobody's perfect.
L'essentiel pour une blague, c'est de faire sourire ou de faire rire. Cette blague-là ne m'indigne pas. Elle est nullissime. Ce n'est pas une blague. Qui a souri en entendant ça ? Des noms !
C'est un non-sujet, une non-valeur, un néant.

Véronique Raffeneau

"Un tel écart contraint à questionner ce qui chez ces humoristes et dans leurs blagues a engendré une différence aussi radicale entre la perception des uns et des autres (...) En toute logique, l'éloignement du temps aurait dû non pas intensifier mais amoindrir les réactions."

Votre questionnement, Philippe, est amputé d'une donnée à mes yeux fondamentale.

1988, Desproges, 2018, Laura Laune.

En très rapide.

Oui, il y a une différence radicale entre 1988 et 2018.

"Shoah" de Claude Lanzmann n'est sorti qu'en 1985, "La Destruction des Juifs d'Europe" de Raul Hilberg n'est publié en France qu'en 1988.

Ces deux moments constituent des dates de premier plan - un avant et un après - quant à la connaissance précise et la prise de conscience progressive dans le débat public de ce que fut la mise en oeuvre à l'échelle d'un continent du projet nazi de la mise à mort, de l'extermination des Juifs d'Europe.

"Notre société serait-elle devenue authentiquement plus morale, soucieuse d'autrui, plus respectueuse des morts ? Je ne le crois pas une seconde."

Moi non plus.

Mais je pense qu'on a le droit, la liberté d'être mal à l'aise, blessé, heurté par l'insignifiance des plaisanteries dans le style de la jeune humoriste belge.

"Il est sûr en revanche que la liberté d'expression et le droit de rire de tout ont décliné et que la présomption dominante n'est plus de laisser écrire ou parler mais de blâmer, de pourfendre et éventuellement de poursuivre."

Blâmer, pourfendre, poursuivre l'insignifiance ?

Mais non, même pas envie.

Cependant, entre soi et soi, rien, ni personne ne peut empêcher ce qui serre, oppresse spontanément le cœur, l'âme et l'esprit à l'idée de vouloir faire rire aux dépens du souvenir de l'extermination de nos frères.

Ce quelque chose qui oppresse le coeur fait-il de nous un inquisiteur, un justicier, un procureur mode médiocre des réseaux médiatiques et sociaux ?

sbriglia

Quel souffle !
Les deux derniers paragraphes sont à afficher dans toutes les rédactions, à lire dans toutes les écoles.
Un peu de soleil dans cette grisaille de la pensée où de médiocres Elusen veulent nous cloîtrer.

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