« Abou Dabi inspire Nicolas Sarkozy... | Accueil | Christiane Taubira revient : le cauchemar ! »

12 mars 2018

Commentaires

Patrice Charoulet

Votre longue expérience de magistrat vous qualifie mille fois plus que moi pour intervenir sur le sujet que vous avez choisi. Je vois mal comment je pourrais m'appuyer sur mon ignorance quasi complète pour arriver aux conclusions
inverses des vôtres. Malgré tout, je vais avoir la candeur, avec ma tête chenue, de dire des choses, de pauvres choses.

Par quel miracle, un charcutier, un employé de commerce, un marin pêcheur, un éboueur, un adjudant de carrière, un plombier... seraient-ils plus à même de juger un criminel que trois magistrats professionnels connaissant à fond le dossier, connaissant la législation et ayant des points de comparaison nombreux pour juger équitablement ? Pour ma part, je trouve que ce gouvernement ne va pas assez loin. Tous les jurys populaires doivent passer à la trappe.
Parenthèse, qui n'en est pas tout à fait une, on sait ce que je pense des foules, des supporters, des lynchages...

Enfin, j'ai eu le plaisir d'entendre un avis très favorable de la présidente de l'USM. Est-elle vraiment peu qualifiée, contrairement à moi, pour émettre un avis ?

Achille

Bonjour,

Le sort n’a pas voulu que je devienne juré d’assises. Par contre j’ai connu un collègue qui l’a été. Il n’a pas voulu me dire dans quel procès il avait été amené à participer aux délibérations car tout juré est tenu à un devoir de réserve. Il m’a simplement dit qu’il s’agissait du viol et du meurtre d’un enfant.
En tant que juré il avait accès aux photos de la scène de crime et même, insoutenables, celles du corps de l’enfant martyrisé. Il m’a confié qu’il en avait été profondément marqué. Pour quelqu’un qui n’est pas un professionnel amené à intervenir régulièrement dans ce genre d’affaires sordides (policier, gendarme, juge, avocat, experts auprès des tribunaux), c’est une expérience particulièrement éprouvante. Ne connaissant absolument rien des procédures en la matière, les jurés n’ont d’autres solutions que celles de se fier aux instructions des magistrats qui sont là pour les aider à prononcer leur verdict.
Ils décident en fonction de leur sensibilité de citoyen et non avec le raisonnement froid d’un juriste habitué à traiter les affaires criminelles qui s’appuie sur le code de procédure pénale. Est-ce que cela constitue vraiment un plus sur la manière de rendre la justice ? Je n’en suis pas certain, dans la mesure où les jurés sont guidés en permanence par des professionnels qui leur préparent l’essentiel du travail et ont une forte incidence sur leur décision finale.

Aussi pour les viols non suivis de mort, crimes sans doute les plus nombreux, qui ne sont donc pas des crimes de sang, je pense que le fait de les confier à des juges professionnels est plutôt une solution acceptable dans la mesure où elle permet de désengorger les tribunaux et d’accélérer le traitement des dossiers.

Marie D

En pleine vague populiste, cette méthode macroniste prive le peuple de son "droit au chapitre".

Dans la suite, on nous imposera la suppression des élections qui coûtent trop cher, pour les remplacer par des nominations dont les contestations seraient tranchées par un vote ?

C'est "En marche sur la tête" !

Mary Preud'homme

Il me semble que Nicolas Sarkozy voulait faire l'inverse, en augmentant le nombre des jurés des cours d'assises et en instaurant même un jury populaire au sein des tribunaux correctionnels pour les affaires les plus graves.

semtob

Cher Philippe,

Voilà un texte remarquable tel que nous les aimons!
Que viendrait donc faire le peuple dans la galère de la justice ?
Nous assistons à une destruction de l'institution judiciaire, une mise à l'écart des jurés des décisions de justice.
En principe, les décisions de justice sont rendues au nom du peuple et l'encadrement des peines se fait en la présence du peuple.
Cela créera un fossé entre le peuple et la justice et cela tue l'institution judiciaire qui est déjà fragilisée.
En s'attaquant au peuple et à ses institutions, Macron s'attaque à la République.
C'est un pas de plus vers le royalisme, le pouvoir temporel et spirituel.
A se demander s'il ne faut pas préparer un autel pour les sacrements et l'huile sacrée pour oindre le nouveau roi.
C'est un exemple d'anti-républicanisme flagrant qui doit être dénoncé avec fermeté. Le ver est dans le fruit.
françoise et karell Semtob

Catherine JACOB

Vous commencez à ouvrir les yeux.

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Les commentaires sont modérés et ils n'apparaîtront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.

Vos informations

(Le nom et l'adresse email sont obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.)

Ma Photo

MA CHAINE YOUTUBE

PRESSE, RADIO, TELEVISION & INTERNET

INSTITUT DE LA PAROLE

  • Formation à l'Institut de la parole
    Renseignements et inscriptions : [email protected]
  • L'Institut de la Parole propose des formations dans tous les domaines de l'expression et pour tous, au profane comme au professionnel de la parole publique. L'apprentissage et le perfectionnement s'attachent à l'appréhension psychologique de la personnalité et aux aptitudes techniques à développer. L’Institut de la Parole dispense des formations sur mesure et aussi, dans l’urgence, des formations liées à des interventions ponctuelles, notamment médiatiques. Magistrat honoraire, Philippe Bilger propose également des consultations judiciaires : conseils en stratégie et psychologie judiciaires.

MENTIONS LEGALES

  • Directeur de la publication : Philippe Bilger
    SixApart SA 104, avenue du Président Kennedy 75116 PARIS