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11 mai 2018

Commentaires

Xavier NEBOUT

Tarif d'un médecin, 23 €. Le plus souvent pour 20 mn, c'est-à-dire 69 € de l'heure.
Taux horaire moyen d'un carrossier, 80€ !

Jadis, le médecin était un notable riche et respecté pour ses connaissances.
Il habitait une belle maison, gagnait bien sa vie en bâclant les bricoles en dix minutes, mais venait à domicile à trois heures du matin si besoin était.
Maintenant, un médecin a peur de faire riche, et passé les heures d'ouverture du centre médical, voyez les pompiers ou le Samu...

C'est la grandeur socialiste.

caroff

@ Robert Marchenoir | 12 mai 2018 à 00:14
"C'est une question individuelle, spirituelle et morale. Pour changer cela, il n'y a pas de recette magique. Cette décision-là, elle dépend de chacun."

On peut s'estimer heureux de trouver de bon(ne)s samaritain(e)s dans les établissements de soins.
Voilà où nous en sommes arrivés...
Comme vous le suggérez ou que je le suggère, il faut aussi pouvoir se regarder dans un miroir après avoir parlé comme à un chien à un être humain en détresse...

Noblejoué

Une vieille personne est allée à l'hôpital, on l'a soignée quand cela ne servait à rien. Par contre, sans l'intervention énergique d'un de ses enfants, on ne lui aurait pas donné de traitement contre la douleur.
Une fin qui aurait été très désagréable mais pas médiatique, et sans que ce soit considéré comme une faute, en France, on prend encore insuffisamment la douleur en cause.
Mais elle est vite morte à l'hôpital : comme il n'était pas prévu qu'elle rentre chez elle, je considère cette fin comme un moindre mal, presque un happy end si, quitte à mourir, le mieux serait de s'éteindre chez soi dans un dernier sommeil, mais elle a évité, point capital, la maison de retraite.

D'autre part, je connais une vieille personne, autrement sympathique, est-ce lié ? qui a été orientée vers un hôpital, le même ou non, est-ce parce qu'elle pouvait être soignée ? Connaître qui connaît les soignants peut, je suppose, aider, mais la personne qui connaissait n'a eu à voir, aucun abus, ni n'en a repéré ailleurs, disons que cette personne remarquable a visité la vieille dame et, de mon point de vue de pessimiste, été un recours au cas où, en cas d'abus.
Bref, on l'a beaucoup mieux traitée, sans compter qu'elle a bénéficié d'une maison de convalescence.
Son environnement amical et médical a été bien plus humain voire dévoué que ses enfants.

Etre dépendant, c'est jouer à la roulette, on peut bien ou mal tomber... Cependant, je crois le personnel médical, en général, désireux de très bien faire, coucou, mon généraliste ! En fait, il ne risque pas de venir ici, je crois... Mais bref, le problème est que toute situation de dépendance peut entraîner un réflexe de domination, sans parler de maltraitance, parfois, qui peut vite devenir systématique. Souvent sur les vieux en maison de retraite.

Car le vieux ne va pas être guéri, et comme on ne prend pas le soin de non guérison au sérieux, il est un échec, qui contrairement à celui d'un traitement de maladie, n'est rédimable ni par l'espoir d'un traitement nouveau, ni par celui qu'il va bientôt mourir, ou du moins, que le débat entre soins palliatifs et euthanasie, qui devraient être complémentaire, n'existe pas en maison de retraite pour donner à leurs pensionnaires une importance d'objet philosophique, de débat et d'actualité.

Aussi les petits vieux n'ont qu'à mourir, négligés et souvent maltraités, à petit feu, à savoir mourant doucement et doucement mortifiés. Moquons-nous de ceux qui veulent trouver comment prolonger et rendre plus accomplie la vie, et en même temps, comme dirait l'autre, reléguons ceux qui vivent ce que nous disons accepter voire tendre à pérenniser.

Renards les raisins trop mûrs et autres animaux malades de la peste, les humains sont souvent quelque peu attristants, mais j'ai envie, d'un coup, de dire bonne fête des mères et bonne fête des pères à toutes les personnes concernées, entre autre parce que souvent, il y a un amour partagé entre parents et enfants et qu'il est bien réconfortant de finir sur cette coda.

Xavier NEBOUT

Et si on s'indignait du taux d'absentéisme dans les hôpitaux ?
4 jours à Colmar, 26 en moyenne dans le pays.
Trois fois plus chez le personnel non médical que chez le médical !
Et évidemment moins dans le privé que dans le public.

Et si on s'indignait de ce que les médecins libéraux limitent leur nombre d'heure de travail parce qu'ils ne veulent pas travailler pour tout donner en impôts ?

patriote

@ Mitsahne | 11 mai 2018 à 19:32

Votre commentaire et celui de Claude Luçon sont à lire et à méditer.
Au fait la dame que l'on accuse ne veut plus faire ce métier et je la comprends.

Aliocha

Le vieil homme, épuisé par des mois de soins donnés à sa femme frappée de démence sénile, n'a pas compris la signalisation des changements de voie dus aux travaux sur l'autoroute, et s'est mis du mauvais côté aux alentours de minuit, provoquant le choc frontal inévitable de son contre-sens, ne blessant miraculeusement qu'à peine la personne d'en face, mais souffrant d'une fracture ouverte du coude.

Transporté à l’hôpital cantonal du lieu de l'accident, nous sommes en Suisse, son état lui permet d'exiger l'hélicoptère que le prix exorbitant des assurances privées de première classe qu'il a pu se payer toute sa vie lui autorise, menace de procès si on ne l'envoie pas chez le chirurgien star d'une des meilleures cliniques privées de Zürich. Son état n'étant pas prioritaire, il attendra 17h pour son transfert, sa fracture ouverte s'infectant et l'entraînant alors dans une aventure qui dure maintenant depuis cinq ans et l'ont amené en maison de repos dont il ne sortira plus, les poignets définitivement pliés, car l'institution privée des bords du lac zurichois, sol en marbre et room service de qualité, pensant qu'il y passerait, n'a pas effectué le travail de physiothérapie nécessaire au recouvrement de sa mobilité.

Ceci pour dire qu'en termes de soins, le débat n'est pas entre privé-public ou chiennerie française mais capacité individuelle, et je rejoins ici RM en sa conclusion, à la responsabilité d'attention au plus faible.

Exilé

Si vous avez le malheur d'être un vieux Français, voilà ce qui pourrait aussi vous arriver :

https://www.ouest-france.fr/bretagne/vannes-56000/vannes-80-ans-yvonne-est-forcee-de-quitter-l-hopital-en-pleine-nuit-5367232

boureau

@ Robert Marchenoir 12Z mai 2018 00:14

Je souscris entièrement à l'idée majeure de votre billet : l'irresponsabilité socialiste qui imprègne totalement la vie des Français.

La notion de travail est devenue subversive : une des dernières études parues montre que le nombre de jours passés en classe par un élève français est de 162 contre 185 pour la moyenne européenne (je dis bien la moyenne).

Et les stupides médias veulent à tout prix nous faire croire que ce sont les deux lobbys du tourisme et des parents d'élèves à l'origine de cette haine du travail alors qu'il s'agit bien sûr du corps enseignant et de ses un million et demi de fonctionnaires.

Nous sommes totalement englués dans le système socialiste où personne n'est responsable de rien et compte sur les autres pour le faire vivre.

Cordialement.

hameau dans les nuages

Pendant ce temps madame Diallo teinte en blonde se plaint de la blancheur des compresses :

https://1.bp.blogspot.com/-wBb4WJLm8KQ/Wux8eJ0POvI/AAAAAAAAKkk/wI4uwKoUxWQoUoB6Fgc3z2YaLZzHKaZHwCLcBGAs/s1600/Capture.PNG

Non mais allo !

@ WiI

Séresta et Témesta sont des cavaliers de l'apocalypse : on ne les quitte pas comme ça. Il faut un sevrage extrêmement lent sauf à vivre l'enfer et réclamer la mort. J'ai eu le cas dans la famille. Vu son âge avancé, on l'a reshooté jusqu'à la fin de sa vie.

http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2003/mag1121/ps_7222_psychotropes_consommation_francais.htm

duvent

@ Robert Marchenoir | 12 mai 2018 à 00:14
"C'est une question individuelle, spirituelle et morale. Pour changer cela, il n'y a pas de recette magique. Cette décision-là, elle dépend de chacun."

C'est exactement de cela qu'il s'agit !

Achille

« Il ne faudrait pas que mourir à Strasbourg et s'indigner en France nous arrête à notre seule émotion vindicative. »

Il fallait s’y attendre. Depuis que l’enregistrement entre Naomi Musenga et la régulatrice du Samu a été diffusé sur les ondes, les services d’urgence sont submergés d’appels menaçants et ceci non seulement au standard du Samu de Strasbourg mais aux services d’urgences un peu partout en France.
Ceci malgré l’appel au calme des parents de la jeune femme qui ont porté plainte et ne demande que justice pour la mort par négligence de leur fille.

Il semblerait que certains individus ne se complaisent que dans la haine et que tout est bon pour eux pour la manifester. Ils traînent une vie de frustrés, incapables de faire la différence entre une faute humaine individuelle et un service qui sauve tous les jours des milliers de vie dans des conditions souvent difficiles.

Ces gens qui ne savent pas faire la part des choses et qui mélangent tout sont véritablement une plaie pour la société.
Le plus décourageant c'est que l'on sent bien que chez eux il n'y a rien à en tirer.

Exilé

@ Robert Marchenoir
« C'est une question individuelle, spirituelle et morale. Pour changer cela, il n'y a pas de recette magique. Cette décision-là, elle dépend de chacun. »

Exactement.
Et c'est ce que l'on appelait à une époque où la France était encore un pays civilisé la charité.

vamonos

Je me demande pourquoi une jeune femme peut développer une défaillance multiviscérale sur choc hémorragique pendant la trêve des confiseurs. L'alimentation est une piste. Papa veut des épices pour continuer à satisfaire maman.

Véronique Raffeneau

"On n'est jamais coupable totalement toute seule."

"Mais je n'apprécie pas quand la légitime mise en cause individuelle tourne trop aisément en un lynchage qui ne vise qu'à faire croire à l'existence, ailleurs, de comportements professionnels irréprochables"

Oui.

Il suffit d'écouter l'échange rendu public entre la jeune femme décédée et l'opératrice du Samu pour comprendre que la façon dont a répondu l'opératrice était probablement somme toute intégrée et admise comme telle.

Au-delà de toutes les interrogations liées aux dysfonctionnements opérationnels, se pose la question des a priori, cette sorte de socle de vérité, dont le doute est totalement absent, qui conduit à prendre pour acquis définitif - vérité - le préjugé selon lequel la jeune femme appelait le Samu pour rien.

Bien sûr les encadrants (je reprends un terme en "ant" si choyé dans le médico-social, parce que des termes comme cadre, responsable, hiérarchie que sais-je encore, aujourd'hui sont sans doute trop évidents et trop précis) auront beau jeu de se défausser sur la ou les fautes professionnelles imputables à l'opératrice.

Cependant ils n’imagineront pas une seconde qu'une réponse aussi brutale, viciée, primaire, moqueuse, ricanante, tout sauf professionnelle, révèle en arrière-plan, du moins nous pouvons le pressentir, une ambiance professionnelle particulièrement délétère, brutale, viciée, primaire, moqueuse, ricanante, saturée d'a priori et de mépris, qui selon moi devait être quasiment la norme dans ce service. Nous verrons ce que dira l’enquête.

L'autre question qui se pose est la défaillance, la faillite de l'ensemble des garde-fous susceptibles d'enrayer une telle incurie. La faillite des garde-fous est le propre des fonctionnements non évalués, non contrôlés par des instances extérieures : les a priori deviennent au fil du temps des vérités indiscutables, comme allant de soi ; ils se dupliquent entre eux. C'est le cas ici dans les échanges entre collègues, entre l'opératrice et les pompiers.

Zonzon

« On a tous une histoire à raconter ». Ainsi cette voisine, médecin timide et réservée, qui s’en est allée mourir silencieusement d’une pneumonie sur un brancard dans les couloirs d’un grand hôpital de province célébrissime.

D’un côté on abrège les souffrances des fins de vie du citoyen lambda qui n’a plus de dents. De l’autre, par des procédés divers et variés on s’arrange pour que nos bébés
« n’arrivent pas à maturité ».

Heureusement que nos remplaçants arrivent en masse de tous les recoins de la terre.

Wil

@ Marie C | 11 mai 2018 à 16:05
"Pour avoir dirigé et enseigné les soins infirmiers et formé des cadres de santé dans un grand CHRU, je m'insurge contre cette manie de répéter que les personnels soignants sont 'débordés', sans voir qu'il s'agit d'une excuse facile à de nombreuses défaillances dudit personnel qui n'aime rien tant que les 'pauses' dans les salles de pause où boire le café, ou dans les lieux où l'on cause en fumant une cigarette jusqu'au dernier brin de tabac. Trouvez donc un soignant fumeur qui vous dise qu'il a été tellement débordé qu'il n'a pas fumé une cigarette de la journée..."

Ca je le sais parce que comme je suis un fou furieux (nooon, sans blague) malade des nerfs, donc totalement impatient, il m'est arrivé une fois à Saint-Louis après avoir attendu deux heures sans avoir eu mon traitement et même été perfusé de dire aux infirmières que je me tirai et d'avoir le traitement dix minutes plus tard.
Donc c'était faisable de le faire rapidement dans l'absolu.

Une autre fois, j'ai attendu une heure et je suis parti sans rien dire, ce qui a coûté à la France le traitement qui vaut 800 euros (désolé la France). On m'a redonné un rendez-vous une semaine plus tard et pour que je ne parte pas sans rien dire on m'a perfusé et laissé comme ça pendant une demi-heure.
Mais "ils connaissent pas Raoul" ;-)
Je suis sorti de la chambre en interpellant la pauvre petite interne qui passait en lui disant que s'ils croyaient que de me perfuser ça allait me faire rester à attendre comme un c.., ils n'avaient pas compris, j'arrache tout et je me tire.
Cinq minutes plus tard j'avais une infirmière qui arrivait dans la chambre en me disant paniquée "J'arrive monsieur !"
C'est comme ça que j'ai compris qu'en fait tant que personne ne dit rien c'est qu'il n'y a aucun problème et donc que tout va bien. Donc si tous les patients râlaient, le système changerait et s'améliorerait.
Mais les gens ne disent rien et on vous dit pour vous culpabiliser "Vous savez, vous n'êtes pas le seul".
Ce à quoi j'ai répondu : "Je m'en moque, si ça plaît aux autres d'attendre des heures pour rien, c'est leur problème".
Donc la dernière fois je suis parti sans mon traitement et je n'y suis plus retourné.
Tant mieux pour eux et tant pis pour moi. Il est vrai que je ne suis pas un "client" facile, n'est-ce pas Mme Bilger ? Hahaha !

Robert Marchenoir

Il y a deux décisions qui seraient nécessaires pour éviter la répétition de ce genre de drame. Malheureusement, il n'y a aucun signe que les Français veuillent prendre ni l'une ni l'autre, en sorte que de tels incidents se multiplieront.

La première est connue. Ses résultats sont mécaniques et certains. Elle se situe dans le domaine juridique, politique et économique. Il s'agit d'abandonner la barbarie du socialisme pour rejoindre le camp des nations civilisées, les nations libérales.

Concrètement, cela veut dire une diminution radicale de la dépense publique, une suppression massive des prétendus "services publics" et une privatisation massive des autres, à l'exception des services non pas "régaliens", comme disent les imbéciles qui croient que nous sommes encore sous Louis XIV, mais des services d'autorité (et d'une administration strictement nécessaire, c'est-à-dire minuscule par rapport à celle dont nous "bénéficions").

Pour donner une idée, cela implique la mise en concurrence de la Sécurité sociale avec les assureurs privés à partir du premier euro de remboursement (ce qui voudra dire, à terme, la mort de la Sécurité sociale, car personne ne choisira d'y rester), et la suppression du statut de la fonction publique (sauf, peut-être, pour certains postes d'autorité, et encore).

Je vous en fournis la preuve, à l'aide de deux témoignages qui datent de quelques heures à peine :

Lucile | 11 mai 2018 à 13:49
"Il existe aussi dans le coin un établissement privé très performant, équipé et fiable... Les infirmières sont polies, naturelles, et même souriantes et de bonne humeur, les médecins attentifs et soucieux de la santé des malades."

Marie C | 11 mai 2018 à 16:05
"Pour avoir dirigé et enseigné les soins infirmiers et formé des cadres de santé dans un grand CHRU, je m'insurge contre cette manie de répéter que les personnels soignants sont 'débordés', sans voir qu'il s'agit d'une excuse facile à de nombreuses défaillances dudit personnel qui n'aime rien tant que les 'pauses' dans les salles de pause où boire le café, ou dans les lieux où l'on cause en fumant une cigarette jusqu'au dernier brin de tabac. Trouvez donc un soignant fumeur qui vous dise qu'il a été tellement débordé qu'il n'a pas fumé une cigarette de la journée..."

Eh oui... Le genre de chose que vous ne lisez jamais dans "les médias du système", pourtant censés être "ultra-libéraux" -- et encore moins dans la plupart des "médias de réinformation", qui sont encore plus socialistes que les premiers, si c'était possible.

Pour les gros malins habituels qui estimeraient qu'un témoignage n'est pas représentatif gna-gna-gna, je les renvoie aux tonnes de rapports, livres, travaux scientifiques publiés depuis des décennies à travers le monde entier. Qui, tous, arrivent aux mêmes conclusions. Une fois qu'on a éliminé les guignols communistes genre Thomas Piketty, bien entendu.

Voilà qui vous donne déjà une idée de la route prodigieuse qui reste à parcourir. Mais ce n'est pas tout.

Contrairement au chant bien connu que nous a entonné le choeur des pleureuses dès l'annonce de ce décès, le fait divers qui nous occupe n'est nullement dû à une insuffisance de moyens (bien sûr), mais pas davantage à un problème d'efficacité, d'organisation, de formation, de surmenage ou que sais-je encore.

Il s'avère que la téléphoniste responsable était fraîche et dispose comme une rose, qu'elle travaillait depuis trois ou quatre heures seulement, et qu'elle rentrait de vacances. Il s'avère aussi qu'elle était parfaitement expérimentée. Et pourtant, elle a dit : "Oui, vous allez mourir un jour comme tout le monde, OK ? Vous appelez SOS Médecins, je ne peux pas le faire à votre place."

Aurait-elle travaillé depuis douze heures d'affilée, aurait-elle eu sur le dos un garde-chiourme avec une casquette au chiffre de la Banque Rothschild, le fouet à la main, qu'il aurait été impossible qu'elle dise cela.

De même qu'il aurait été impossible qu'une victime d'un accident de sport, consultant dans un hôpital parisien, se voie traiter de la sorte :

Alex paulista | 11 mai 2018 à 05:43
"Le médecin m'a forcé à me tenir debout malgré la douleur intense, en faisant la bonne blague d'imiter Jésus ('Lève-toi et marche') dans l'hilarité générale de sa basse-cour d'infirmières, puis m'a dit que je n'avais rien [...]. Le lendemain j'ai consulté un médecin compétent, et juste en lui racontant l'incident il m'a confirmé que j'avais bien les croisés pétés [...]. L'IRM a montré en plus le ligament interne déchiré à moitié et le ménisque esquinté."

De même qu'il aurait été impossible qu'une victime d'AVC se voie malmener ainsi par une téléphoniste du SAMU : "Je tentais d’expliquer à l’opératrice ce que j’avais, mais ma bouche se paralysait ; j’avais du mal à articuler, alors elle me répétait, moi qui ne consomme pas d’alcool, que j’avais bu, que c’était sûr. J’ai dit : 'Madame, je pense que j’ai un début d’AVC'. Elle m’a répondu que si j’étais médecin je n’avais pas besoin d’elle et qu’on n’envoyait pas le Samu comme ça."

Même si vous êtes épuisé, stressé, agacé par les appels fantaisistes et torturé du matin au soir par les nervis ultra-libéraux d'Emmanuel Macron, vous ne traînez pas dans la boue de cette façon les gens dont vous êtes payé pour sauver la vie.

Votre concentration peut faiblir. Vous pouvez perdre de précieuses secondes pour prendre une décision. Vous pouvez oublier de poser les bonnes questions. Vous pouvez faire des erreurs.

Mais vous ne dites pas : "Oui, vous allez mourir un jour comme tout le monde, OK ? Vous appelez SOS Médecins, je ne peux pas le faire à votre place." Vous ne dites pas : "Lève-toi et marche". Vous ne dites pas : "Si vous êtes médecin, vous n'avez pas besoin de moi, on n'envoie pas le Samu comme ça".

Vous ne profitez pas de votre position d'autorité et de la détresse de vos patients pour non seulement faire des erreurs médicales lourdes, mais en plus vous moquer d'eux, les humilier juste au moment où ils ont besoin d'être le plus réconfortés, faire de l'humour pas drôle à leurs dépens et vous comporter comme un animateur de télévision dégénéré, payé pour réduire ses invités en larmes afin de faire rire l'assistance.

Sauf, bien sûr, si vous êtes profondément dépravé, si vous manquez complètement de sens moral, si vous faites preuve de cette chiennerie française si particulière et si commune, dont les manifestations ci-dessus, tout à fait typiques, ne sont qu'un minuscule échantillon : chacun peut citer mille autres exemples semblables, tirés de la vie quotidienne.

Pas seulement dans les hôpitaux, pas seulement dans la fonction publique, pas seulement dans le secteur privé, mais partout, sans cesse.

Et cela, ni Emmanuel Macron, ni Karl Marx, ni Donald Trump, ni Frédéric Bastiat, ni Marion Maréchal Le Pen, ni Alain de Benoist, ni Vladimir Poutine n'y peuvent rien. Ni les politiciens qui dirigeront la France demain et qui ne sont pas encore nés.

C'est une question individuelle, spirituelle et morale. Pour changer cela, il n'y a pas de recette magique. Cette décision-là, elle dépend de chacun.

Wil

@ la mandragore
"J’aime mon généraliste qui a l’honnêteté de dire que sa profession n’est pas la plus à plaindre."

D'autant plus que ce sont pour beaucoup des incompétents qui n'ont plus le temps et souvent le désir de se mettre au parfum des évolutions de la médecine de façon sérieuse et sont (dés-)informés sur les évolutions de celle-ci par les journaux spécialisés sponsorisés par les labos pharmaceutiques qui les poussent à faire aux patients des ordonnances longues comme le bras pour avoir des "récompenses".
Les généralistes sont souvent des dealers officiels et rien de plus.

Mon père a été camé aux anxiolytiques par son dealer/généraliste au point d'avoir deux échéanciers par semaine bourrés à craquer de Témesta et le jour ou je lui ai suggéré de diminuer d'un demi par jour, il m'a dit une semaine plus tard qu'il n'avait pas tenu.
Il est mort à 53 ans d'épuisement nerveux donc du stress, après trente ans de Témesta et autres, comme quoi le traitement était efficace. Evidemment ce n'est pas une cause de décès je sais mais c'est de ça dont il est mort selon moi.

Si j'avais écouté un de mes anciens généralistes, je serais mort il y a dix ans.
J'ai fini par deux semaines d'hospitalisation, diagnostiqué d'une RCH (vous chercherez) après avoir perdu 15 kilos en un mois en me vidant de mon sang par le c*l alors qu'il me disait que j'avais des hémorroïdes et l'escroc ne s'est jamais excusé et n'a jamais montré le moindre sentiment de culpabilité pour avoir fait une erreur de diagnostic qui aurait pu me coûter la vie et il a même eu le culot de rejeter la faute sur moi et mon stress.

Cette affaire de Strasbourg dans son ensemble ne m'étonne pas du tout.
J'ai eu une amie infirmière psychiatrique pendant quinze ans qui me parlait de son métier puisque c'est dans ce cadre que je l'ai connue et depuis l'anecdote que je viens de mentionner avec mon généraliste, je connais assez le système médical hospitalier et psychiatrique pour avoir dû le fréquenter tous les deux mois depuis des années pour savoir que quand il y a une bêtise de faite, personne n'est jamais responsable.

Ah ça, vous les verrez les grands médecins qu'ils soient généralistes ou spécialistes vous faire pérorer ici ou ailleurs et vous faire l'honneur de leur présence pour vous dire ceci ou cela d'un ton paternaliste et assuré ou vous faire signer des papiers en quelques minutes sans que vous ne compreniez rien sauf que c'est pour qu'ils touchent une prime à la fin de l'année, jusqu'au jour où "OUPS ! j'ai "merdu".
Là, plus personne. Vous êtes seul.

Mon amie infirmière psy me disait que quand il y avait eu une erreur faite par les "grands psychiatres", ça retombait toujours en fin de compte sur les infirmières qui n'avaient rien compris à ce qu'il fallait faire bien sûr.
Je suis tellement dégoûté du bor... de l'organisation du service de l'hôpital Saint-Louis de Paris où je devrais me rendre tous les deux mois pour être soigné que j'ai décidé de ne plus y aller et de ne plus me soigner. Tant pis.
La dernière fois que j'y suis allé à la fin de l'année dernière, j'étais tellement énervé par l'organisation lamentable que j'avais 16 de tension alors que je n'ai jamais fait de tension.

Les infirmières et les aides-soignantes font un boulot extraordinaire mais c'est organisé par des technocrates de la santé qui ne connaissent rien à la pratique réelle et ses contraintes et c'est en fin de compte le bor... total.

Et pour conclure et juste pour l'anecdote, quand j'ai fait ma deuxième crise de RCH aiguë en 2012, je suis arrivé aux urgences à 8 heures le matin, j'ai vu un interne assez rapidement et je suis resté à dormir sur un brancard dans le couloir des urgences jusqu'à 15 heures sans que personne ne se préoccupe de savoir si le type là sur le brancard était encore vivant ou pas pour avoir une chambre à 16 heures.

Claude Luçon

Loin de vouloir minimiser le drame de cette jeune femme, ou excuser l'insolence de cette opératrice du SAMU, une question se pose : cette jeune femme avait des parents qui savent trouver les canaux de télévision.
Mais que faisaient-ils le soir du drame ?
On ne meurt pas brutalement de maladie à 22 ans, cette jeune femme avait des problèmes de santé.
Elle était majeure certes, mais clairement elle avait un père qui sait s'exprimer, pourquoi n'a-t-elle pas appelé aussi, ou d'abord, ses parents ?
Un père qui sait protester et s'indigner à la télévision devrait savoir qu'il est de son devoir de père de se tenir informé au moins de la santé de ses enfants. Cette jeune femme était mère sans compagnon !

Quant au SAMU et aux Pompiers je n'ai eu qu'une occasion, tragique, de les appeler dans ma vie, en 2013, en appelant uniquement le 15, bien que vivant alors à la campagne à 10 km d'une ville de taille moyenne, les deux sont arrivés pratiquement dans les minutes qui ont suivi mon appel !
Leur professionnalisme était impressionnant !

Encore une fois, sur un seul incident on généralise, on passe un assez peu discret message subliminal, toujours le même, et on critique des services dont nous ferions mieux d'être fiers.
Il va falloir expliquer aux journalistes que leur métier ne consiste pas uniquement à culpabiliser tout et tout le monde sur tout et n'importe quoi !
Qu'ils comprennent risque toutefois d'être un problème !

Emmanuel Macron aurait sans doute mieux fait de comparer le Colonel Beltrame à un journaliste du nom de Dominique Rizet au lieu de l'APL.
Dans les cas Beltrame et Rizet, la situation était la même.
Il s'agissait d'otages !
Le premier meurt en les sauvant, le second, pour un scoop, risque la vie des otages !
Le Colonel Beltrame gît sous terre avec les honneurs de la République, le journaliste Rizet pavane en expert sur BFM pour le déshonneur des médias !

Giuseppe

Par qui vous faire recoudre de quelques points de suture à partir du vendredi soir ?

Sergio Carioca

@ genau
"Mon épouse s'est vu humiliée, moquée, en raison de son accent méridional, dans un bureau du Trésor, et à Paris"

L'accent ne fait rien à l'affaire, quand on est c.. on est c.., aurait pu chanter Brassens qui en avait un aussi, d'accent d'un des Suds.

Je suggère de s'inspirer de ce que j'ai lu au Québec, où ce que l'on aime bien chez les Français c'est qu'ils parlent français mais ce que l'on n'aime pas chez eux c'est qu'ils ne se rendent pas compte que ce sont eux qui ont un accent.

semtob

Cher Philippe,

Il ne faut pas être malade à l'approche de fêtes et pendant les jours fériés et cette situation ne tend pas vers l'amélioration.
Les généralistes se font de plus en plus rares et les spécialistes vont prendre leur retraite en grand nombre dans la décennie qui vient.
Ce désert factuel dont la responsabilité est liée au manque d'anticipation des responsables politiques explique que les urgences ne peuvent plus fonctionner correctement.

Ce n'est pas la médecine ambulatoire qui va améliorer le problème.
C'est une solution pour les personnes qui sont entourées de leur famille, mais c'est un grand désastre pour les personnes âgées et les personnes seules.
Une femme qui sort précocement de la maternité et qui n'est pas aidée a de plus grandes chances de développer une mauvaise relation avec son enfant et cela n'est absolument pas une économie pour la société.

Pour les sorties d'opération, sans entourage c'est un risque de rechute assurée.
Certes cela libère des lits mais cela suppose une prise de risque non mesurée.
En Turquie, les femmes sortent le jour même de leur accouchement mais il faut voir le nombre d'hémorragies, d'infections et de complications que cela implique.

Les administratifs décident en termes d'économie mais ils sont loin de savoir mesurer les conséquences pour le corps médical et pour les patients et leur famille.

Le corps soignant est fumeur à 70% et c'est un métier hyper stressant. Côtoyer la mort d'enfants, de patients jeunes ou non est loin d'être une expérience qui peut se préparer facilement. Il en faut du courage pour entendre des délires à longueur de journée, des écholalies, des angoisses et rester plein d'énergie.
Peut-être jusqu'à se demander si l'on est pas devenu la poubelle des âmes et s'il ne faut pas se diriger un peu parfois vers la lumière pour pouvoir apporter le meilleur de soi-même.

Ce qui s'est passé pour cette jeune femme est terriblement malheureux et il faut savoir ce qui aurait pu éviter une fin aussi douloureuse.
La ministre de la Santé propose un regroupement des appels concernant le SAMU, les pompiers et SOS Médecins et cela n'arrangera rien.

En effet, de façon intuitive la population ne fait pas appel à ces trois services pour les mêmes raisons.
La grande majorité des appels pour SOS Médecins pallie l'absence du médecin traitant ou du médecin remplaçant pour des consultations qui a priori ne supposent pas sans l'exclure une hospitalisation.
Le SAMU suppose une forte probabilité d'hospitalisation et l'urgence.
Quant aux pompiers, le problème n'est pas forcément lié à la santé, faut-il rappeler cette évidence.

Il semble qu'un renforcement de formation des opérateurs téléphoniques soit nécessaire et qu'un contrôle par un médecin devienne une obligation.
Il existe de plus en plus de personnes qui ne disposent pas du vocabulaire suffisant pour expliquer leur situation et des situations d'angoisse qui rendent difficiles la compréhension de l'appel.
Le déplacement des pompiers s'accompagne des policiers dans certains quartiers et cela rallonge le délai d'intervention.

Pour conclure, il faut redonner la parole au corps médical et sortir toute l'accumulation d'administratifs qui pèse sur le bon fonctionnement de la santé.
françoise et karell Semtob

Exilé

@ Achille
« S’il est un domaine dans lequel il est urgent de faire quelque chose, c’est bien le domaine hospitalier. »

Ce n'est pas à nous qu'il faut le dire mais à quelqu'un qui est connu pour son intelligence brillante, du moins ici.
Enfin, vous pouvez toujours essayer, mais je crains que ce genre de problème franco-français terre à terre touchant des gens de rien (des cousins des sans-dents) ne l'intéresse pas beaucoup, comme tout ce qui sort de ses schémas mentaux préfabriqués ou formatés.

Mitsahne

Loin de moi l’idée de vouloir enfoncer l’opératrice du SAMU qui a si mal répondu à la malheureuse jeune femme décédée. L’enregistrement de la communication est sans failles : l’opératrice a commis ce qu’on appelle en droit du travail un faute lourde qui autorise son licenciement sans préavis ni indemnités. C’est brutal, cela génère de graves difficultés pour elle, mais c’est la loi. Elle doit être appliquée.

Déjà, on sent une vague de circonstances atténuantes, des voix qui susurrent qu’elle n’est pas forcément la seule responsable… Le bon docteur Patrick Pelloux, très populaire, dit que l’on est passé de 3 millions d’appels à 30 millions par an…Tiens, tiens, y aurait-il une immigration débordante à ce point ? Et la loi des 35 heures, tout le monde certifie qu’elle était inapplicable au milieu hospitalier, pourquoi l’a-t-on gardée ? On la doit au couple Jospin-Aubry qui régna cinq ans grâce à l’énormité de Chirac qui crut bon de dissoudre l’A.N. en 1997… Et on paye toujours cette erreur grossière !

On s’extasie sur le système des soins français prétendument le meilleur du monde sur le papier, mais quand des millions d’immigrés affluent massivement en quelques années avec droit aux soins gratuits pour eux et leur famille, il faudrait peut-être s’interroger sur la réalité des efforts que cela représente et ce qu’ils ont été effectivement.

Quant à la formation professionnelle – qui coûterait 35 milliards par an – il semblerait qu’elle ait été plus que défaillante dans le cas de l’opératrice fautive citée dans ce drame. Vouloir rejeter la responsabilité sur la franc-maçonnerie (que je déteste) me semble un peu léger.

On est de moins en moins exigeants sur la qualité, sur la compétence, sur les résultats, on laisse passer des fautes sans réagir, on accepte que des casseurs agissent devant une police immobile, on tolère que des ‘’étudiants’’ en grève empêchent d’autres étudiants de passer leurs examens, que les cheminots paralysent l’activité des contribuables qui les payent, qu’Air France soit condamnée à disparaître à cause de l’avidité de certains cadres pourtant très bien rémunérés, que pompiers, médecins et policiers soient caillassés tous les jours dans des zones de non-droit.

On persécute une poignée d’identitaires (traités de fascistes !) qui ont empêché quelques dizaines de clandestins de traverser la frontière, mais on accepte que Mélenchon invente un mort lors d’une intervention policière et diffuse de fausses nouvelles tout en soutenant les casseurs gauchistes en disant qu’ils sont d’extrême droite ! On est en plein délire !

Le gouvernement, le Président travaillent, dit-on, d’arrache-pied jusqu’à épuisement de leurs collaborateurs. Je veux bien le croire. Il semblerait toutefois qu’il y ait erreur sur le choix des priorités. Certes, tout est urgent, tout est prioritaire et les caisses sont vides. Je ne suis pas sûr que la politique d’immigration à outrance et sans contrôle suivie depuis plus de trente ans et continuée intégralement par E. Macron soit la bonne solution à tous nos maux.

la mandragore

J’aime mon généraliste qui a l’honnêteté de dire que sa profession n’est pas la plus à plaindre.
Oui il faut distinguer recettes et revenu, mais les médecins font partie des catégories sociales aisées, ne vous en déplaise.
Personne ne leur reproche de vouloir une certaine qualité de vie, mais il est un fait c’est que les nouveaux médecins depuis vingt ans n’envisagent absolument pas d’avoir la même implication que leurs aînés.
Combien de généralistes acceptent de se déplacer à domicile ?
Combien osent plâtrer un patient ?

Les généralistes font partie d’un dispositif de santé et s’ils sont une des solutions pour réduire la saturation des urgences, ils ne doivent pas être considérés comme la seule variable d’ajustement.

Malheureusement beaucoup de patients manquent de civisme et vont aux urgences pour des bobos non urgents, et ils n’hésitent pas à être odieux avec le personnel soignant et les autres patients. Exemple :

Hôpital de Perpignan, permanence jusqu’à 22 ou 23 heures... J’arrive accompagné d’une personne ayant un problème d'arythmie. En salle d’attente, trois personnes accompagnées de tout jeunes enfants de moins d'un an.
Je pose la question au médecin sur la raison de leur présence tardive. Réponse : "c’est très simple, ici on ne paie pas".
Idem à l’hôpital Foch de Suresnes.

Combien d’infirmières sont détachées dans les services administratifs mais figurent toujours comme personnel soignant !!

Les économies d’échelle mises en œuvre par les pouvoirs publics par des regroupements d’un côté et des fermetures de services de l’autre ont également des conséquences sur le fonctionnement de ces services d’urgence.

Je ne suis pas expert mais j’ai le sentiment que les causes sont multiples et qu’il est indispensable d’être dans la compréhension des problèmes de tous pour apporter des solutions, plutôt que dans les oppositions radicales qui ne font qu’exacerber les tensions.

breizmabro

@ fugace 11 mai 2018 à 14:29
"La hauteur c'est pour les voleurs ?"

Pour les monte-en-l'air vous voulez dire ? :D

Malheureusement je crains qu'il n'y ait pas que des voleurs dans les "souricières" (dépôts) mais comme les badges des avocats ne badgent plus ça va devenir "liberté, égalité, fraternité" à tous les étages, y compris pour les violeurs ;)

Le bagne pour enfants de Belle-Île-en-Mer a été fermé. Bon. Mais pourquoi ne pas le rouvrir en envoyant notre nouvelle génération de délinquants au bagne du Castel Clara, de la Désirade ou au Grand Large ?

Peut-être que nos nouveaux magistrats frais émoulus de l'ENM seront sensibles à ma sollicitation..

Adéo fugace ;)

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@ Marc GHINSBERG
"Rapidement il faudra passer à autre chose car le cirque médiatique doit se renouveler. Pas le temps d’attendre le résultat des enquêtes, pas le temps de prendre du recul, pas de temps pour la réflexion, pas le temps d’analyser les causes, de distinguer ce qui relève du contingent de ce qui appartient au structurel, de prendre les mesures correctrices, d’en suivre la mise en œuvre.
Non, l’indignation est impatiente, elle a ses exigences, ses contraintes.
Au suivant !"

UN paragraphe et tout est dit. Merci.

A une époque on disait "roulez, roulez rotatives" maintenant on dit "chaînes d'infos en boucle", une info chassant l'autre.

Du reste on ne parle plus de ce qui a fait vibrer les chaînes d'infos, des avocats et des experts en tous genres, pendant quelques mois : Nordahl Lelandais et/ou Jonathann Daval.

Dans deux mois personne ne saura plus qui était Naomi Musenga, déjà réduite à ses initiales "NM" sur ce blog.

Adéo M.G ;)

Zonzon

Mourir à Strasbourg, s’indigner en France ! Le colonel Beltrame ne s’est pas sacrifié pour l’APL ! Deux belles formules bien balancées, bipolaires. A la suite !
D’où vient cette impression bizarre. Nous restons sec, inerte, troublé. Bah ! demain sera un autre jour !

PS : « Défaillance multiviscérale sur choc hémorragique… » ??
Découvert sans doute seulement à l’autopsie (@fugace)

Achille

@ fugace | 11 mai 2018 à 13:35
"Pour le cas de votre belle-mère, je m'interroge.
Le médecin traitant ayant posé le bon diagnostic, ne pouvait-il pas produire les premiers soins d'urgence lui-même ? Puis, sans donc passer par les urgences, diriger alors sa patiente vers l'hôpital ?"

Aujourd’hui, les médecins traitants ne disposent pas des appareils destinés à faire les examens un peu sophistiqués (doppler, radio des poumons et tout le tintouin).
Leur stéthoscope et leur tensiomètre, c’est tout ce dont ils disposent, ce qui leur permet de satisfaire la grande majorité de leurs prestations. Pour les maux trop compliqués c’est l'hôpital systématiquement.
Vu que ma belle-mère ne pouvait plus marcher, le médecin a décidé de l’envoyer aux urgences de l’hôpital de Bel-Air Thionville, craignant une phlébite.
Il m’a précisé que si je voulais les services d’urgence d’un autre hôpital, je devais remplir un formulaire.

Vu les circonstances je n’avais pas le cœur à remplir de la paperasse, mais si j’avais su que j’allais attendre plus de dix heures en salle d’attente, je crois que j’aurais pris le temps de le remplir…

hameau dans les nuages

@ August | 11 mai 2018 à 10:45
"Alors je me demande, mais c'est une simple interrogation, si Naomi aurait été traitée avec la même désinvolture si elle avait eu un accent bien de chez nous."

Vous voulez dire comme Antoinette ma belle-mère de 89 ans amenée aux urgences par les pompiers en pleine nuit, le visage tuméfié par sa chute et un traitement anticoagulant suite à une opération et que l'interne voulait renvoyer chez elle sans même une nuit d'observation ?

Antoinette cela vous convient comme prénom bien de chez nous ? Elle est décédée un mois après avoir séjourné dans ce même hôpital.

Vous voyez, mais j'ai l'esprit mal placé sans doute, j'ai l'impression que l'on a fait grand cas dans les médias de Naomi parce que justement son nom sentait bon le vivre ensemble. Le Zambèze est plus exotique que la Corrèze.

Ce qui n’empêche pas qu'il y ait eu pour le moins un gros problème de prise en charge pour Naomi ou Antoinette...

Xavier NEBOUT

Pas assez de personnel, pas assez de moyens, pas assez bien payés, etc. etc.

Nous entendons en ce moment Jean Daniel crier aux sourds que super marchand de vent ne baissait pas les dépenses publiques ni les déficits comme il clame lui-même devoir le faire.

Notre pays est le champion du monde du prélèvement obligatoire, à la traîne de l'Europe pour la croissance, dans le fond pour la balance commerciale. A cause de lui, l'euro se déprécie face au dollar, le pétrole augmente et nous rend mal placés pour que l'euro remplace le dollar face au problème iranien.

Nous allons avoir les cheminots et les pilotes de lignes les plus chers du monde, etc.

Rien ne bouge, et nous nous enfonçons toujours alors que d'autres se redressent.
On demande aux Allemands de payer pour nous, et ils nous envoient comme toujours balader poliment.

C'est le moment ou jamais de dépenser plus dans les hôpitaux et ailleurs...

patriote

On pourrait dire vous vouliez l'Europe et vous désirez tout, alors subissez les conséquences.
Vous aviez une médecine supérieurement capable, vous l'avez découragée, négligée, bafouée.
Les 35 heures pour les paresseux, le burn-out pour d'autres, mais le bagne pour certains.
Soyez heureux les équivalences de diplômes pleuvent, vous serez de plus en plus mal soignés (sauf les très riches).
Derrière chaque malade du tiers monde se cache un journaliste et un avocat pour espionner le soignant afin de vérifier s'il n'est pas raciste... pays devenu complétement crétin... les commentaires de ce jour le prouvent.

Marc GHINSBERG

« Il y a des héroïsmes qui interdisent par décence qu'on les mêle à une quotidienneté trop réaliste.
Mais il y a aussi des tragédies qui permettent à chacun de se défouler, contre une grave faute individuelle, dans une indignation générale. »

Vous ouvrez, cher Philippe, votre billet sur deux phrases fortes. La première revient sur le billet précédent, le désavouant laconiquement, mais clairement.

La deuxième dénonce l’instrumentalisation d’un fait divers tragique.

L’appel au secours d’une jeune femme se disant en train de mourir a été traité de façon scandaleusement désinvolte par une employée du SAMU. La jeune femme est morte.
Et chacun de se défouler avant de disposer des circonstances précises du drame.

Ainsi certains accablent l’opératrice du SAMU, participant à une sorte de lynchage, d’autres atténuent sa responsabilité en mettant en cause par réflexe, l’insuffisance de moyens, la mauvaise qualité, voire l’absence de formation, l’incompétence de la hiérarchie, d’autres encore font état de leurs obsessions : c’est la faute aux francs-maçons, car c’est bien connu tous les médecins sont des « frères », d’autres enfin pointent du doigt les socialistes car l'hôpital étant public, il est donc socialiste, par conséquent synonyme de gabegie et d’inefficacité. Bien entendu, tout ce beau monde ira engorger les services d’urgence au moindre bobo.

Pendant ce temps les chaînes d’information en continu organisent débats et tables rondes pour disserter sur le sujet. Elles y convoquent la cohorte habituelle des intellectuels médiatiques qui spécialistes de rien donnent leur avis sur tout. Ils courent les plateaux pour cultiver leur visibilité. Car la visibilité médiatique n’est pas donnée, elle se construit, elle s’entretient. Ils écriront des articles, des chroniques, des billets, qu’à leur tour de pseudo-intellectuels au petit pied commenteront (on m’aura reconnu), les commentaires donneront lieu à discussion.

Rapidement il faudra passer à autre chose car le cirque médiatique doit se renouveler. Pas le temps d’attendre le résultat des enquêtes, pas le temps de prendre du recul, pas de temps pour la réflexion, pas le temps d’analyser les causes, de distinguer ce qui relève du contingent de ce qui appartient au structurel, de prendre les mesures correctrices, d’en suivre la mise en œuvre.
Non, l’indignation est impatiente, elle a ses exigences, ses contraintes.
Au suivant !

Marie C

Pour avoir dirigé et enseigné les soins infirmiers et formé des cadres de santé dans un grand CHRU, je m'insurge contre cette manie de répéter que les personnels soignants sont "débordés", sans voir qu'il s'agit d'une excuse facile à de nombreuses défaillances dudit personnel qui n'aime rien tant que les "pauses" dans les salles de pause où boire le café, ou dans les lieux où l'on cause en fumant une cigarette jusqu'au dernier brin de tabac.

Trouvez donc un soignant fumeur qui vous dise qu'il a été tellement débordé qu'il n'a pas fumé une cigarette de la journée...

patriote

En réponse à certaines "accusations", je pense que pour faire plaisir à tout le monde :
- nous n'avons pas assez de personnels hospitaliers (il faudrait les doubler voire les tripler),
- nous n'avons pas assez de locaux et de matériels (à doubler ou tripler),
- les conditions de travail dans les hôpitaux sont inhumaines, le rythme devrait être celui des pilotes chez Air France,
- l'accès à la retraite du personnel médical devrait être comme celui des cheminots,
- la rémunération du personnel et des médecins devrait être comme celle des coiffeurs de nos présidents,

et qu'en conséquence :

- il faudrait augmenter la CSG et l'IR pour que cela soit possible,
- il faudrait former tous les habitants de notre pays à porter assistance aux voisins qui ne savent pas ou ne peuvent pas s'exprimer,
- il faudrait mettre en place des services d'accompagnement des ambulances et des pompiers pour qu'ils ne soient pas agressés dans les 800 zones de non-droit de France,
- donner un ordre de priorité à tous ceux qui ont un accent ou qui n'ont pas la couleur blanche, grâce à un code secret afin d'éviter les bavures involontaires qui font croire au racisme du monde médical, afin de procurer du travail aux avocats.

fugace

@ Xavier NEBOUT | 11 mai 2018 à 12:17
"...mais comme cela implique les frères..."

Vous pouvez préciser SVP ?
Car s'agissant de 3 ou 4000 morts résiduels sur nos routes, je m'interroge.
Ne sommes-nous pas tous frères en J.C. ou non ?

@ breizmabro | 11 mai 2018 à 12:55
"Soit, mais en même temps il aurait pu penser qu'il y avait des gens (nombreux) qui allaient circuler dans ce bâtiment plein de lumière et de hauteur"

La hauteur c'est pour les voleurs ?

@ Lucile | 11 mai 2018 à 13:49
"J'ai déjà expliqué comment quand nous avons amené mon père en plein AVC"

Un de mes amis victime d'un AVC diagnostiqué par le médecin traitant est emmené d'urgence aux urgences par son épouse....
Première erreur : l'épouse a dû repartir s'occuper de ses jeunes enfants et a laissé son mari (perdu) parmi d'autres patients, persuadée que son mari arrivé aux urgences, l'essentiel était réalisé.

Deuxième erreur : si le mari avait été emmené aux urgences par le SAMU, il n'est pas impossible que sa prise en charge ait été plus rapide.

L'attente a duré trois heures (la zone à risque pour un AVC) avant qu'un médecin se rende compte de cette urgence parmi les autres.
L'histoire s'est bien terminée, mais à quel prix.

Noblejoué

@ vamonos | 11 mai 2018 à 10:51

Merci pour votre témoignage !

fugace

@ Philippe Daumier | 11 mai 2018 à 10:09
"...Une faute professionnelle tragique d’une opératrice qui va porter cette mort sur sa conscience jusqu’à la fin de ses jours."

Oui il est probable que l'opératrice s'en veuille. Néanmoins, je considère que la prise en charge a été rendue difficile, d'abord par les circonstances particulières que l'on sait.

"...A l'autre bout du fil l'opératrice du centre de traitement des appels qui appartient aux pompiers et la régulatrice du SAMU se moquent d'elle. "La dame que j'ai au bout du fil, elle a appelé la police...C'est parce qu'elle a la grippe, c'est ça...Elle m'a dit qu'elle va mourir ; et ça s'entend qu'elle va mourir". Dialogue indécent et moqueur ponctué de gros rires....."

Ce genre de conversation n'est-il pas légion dans les services médicaux et ou hospitaliers ? On ne les entend pas fort heureusement.

On ne saura jamais ce qui se serait passé pour Naomi Musenga si elle avait été prise en charge plus rapidement. Car le diagnostic rapporté dans le billet : "défaillance multiviscérale sur choc hémorragique", découvert sans doute seulement à l'autopsie, semble indiquer que le pronostic vital était malheureusement très engagé lors du premier appel. Nous en saurons plus dans les prochains jours, car les avis vont abonder sur les ondes.

Lucile

Pour être admis dans notre hôpital local, un premier tri est fait au téléphone par des personnes du SAMU bien endurcies ou très optimistes, ou les deux, puis ensuite aux urgences elles-mêmes où les vieux passent après, il faut le savoir, quelle que soit la gravité de leur état.

J'ai déjà expliqué comment quand nous avons amené mon père en plein AVC, vers 20 heures, on nous l'a rendu vers 3 heures du matin, complètement paralysé, alors qu'il était parfaitement valide quelques heures plus tôt. Plusieurs infirmiers ont essayé de le mettre debout et de le faire marcher. Impossible. Conclusion : "phobie de la marche", ça arrive chez les vieux, paraît-il, diagnostic et commentaire de l'urgentiste qui avait fait ses études en Afrique, par ailleurs très aimable et qui a félicité chaleureusement le malade d'avoir encore à son âge toutes ses facultés "cognitives". Trois jours après, il a fini par être réadmis, en très mauvais état et souffrant le martyre, puis gardé quelques jours le temps d'enrayer un peu les dégâts, puis on nous a dit qu'il était "partant" et qu'il fallait vite trouver autre chose, l'hôpital avait fait ce qu'il pouvait, il occupait un lit, on ne pouvait rien faire de plus pour lui. Donc on l'a transporté dans un établissement privé.

Il est mort le lendemain.

De sorte que ça a fait un décès de moins pour les statistiques de l'hôpital.

Or il existe aussi dans le coin un établissement privé très performant, équipé et fiable, mais il n'a pas le droit de faire concurrence à l'hôpital public à qui le service d'urgences est réservé. L'hôpital public n'y arrive pas, mais il a le monopole, incompréhensible. Cet établissement offre un service, je ne sais pas comment il s'appelle, qui fonctionne tous les jours de 8 heures du matin à 10 heures du soir, y compris le dimanche. On y est bien accueilli, bien dirigé, bien soigné. Une infirmière moqueuse et fatiguée munie de papiers à remplir ne vous demande pas en soupirant si le vieux que vous tentez de faire soigner chez eux et qui a laissé une partie de son salaire à la sécurité sociale toute sa vie durant, a un dentier. Les infirmières sont polies, naturelles, et même souriantes et de bonne humeur, les médecins attentifs et soucieux de la santé des malades.

À noter en passant que les établissements privés trop bien gérés n'ont pas droit à l'argent public, ils ont intérêt à être déficitaires pour en toucher.

Giuseppe

"Ce terrible enchaînement de circonstances, d'abstentions, de dérision, de mépris et d'actions tardives a abouti à une catastrophe..." (PB).

Pas besoin de longs discours, tout est dit.
Maintenant il s' agit de savoir quels verrous ont sauté.

Jabiru

Ce qui s'est passé à Strasbourg est tragique et atterrant !
Chaque année il y a en France environ 30 millions d'appels traités par une grosse moitié de médecins libéraux qui statistiquement ne font pas l'objet de critiques au sein d'un système qui fonctionne même s'il n'est pas aussi parfait parce que perfectible.
Le drame qui s'est déroulé, si j'ai bien compris, est la conséquence d'une erreur individuelle d'une salariée qui n'aurait pas respecté les consignes et traité l'appel avec une certaine désinvolture. Ce qui ne saurait remettre en cause le bon fonctionnement global du service.

Cette personne serait aujourd'hui relevée de son poste, reste à son employeur à mettre en oeuvre la procédure disciplinaire dont les effets conditionneront la poursuite ou non de son contrat de travail et à rendre compte aux autorités judiciaires des conséquences du dommage subi par la famille de cette pauvre jeune femme en détresse qui a succombé.

fugace

@ Achille | 11 mai 2018 à 09:49

Bonjour Achille,

Les cas d'école sont vraisemblablement nombreux.

Pour le cas de votre belle-mère, je m'interroge.
Le médecin traitant ayant posé le bon diagnostic, ne pouvait-il pas produire les premiers soins d'urgence lui-même ? Puis, sans donc passer par les urgences, diriger alors sa patiente vers l'hôpital ?

Il y a quelques mois, la tension de mon épouse s'est affolée dans la nuit (20 c'est haut !).
SOS Médecins appelé vers 23h s'est présenté au matin vers 6h. Et pour cause, sur sa fiche il y avait sans doute eu confusion avec un autre patient et le médecin venait pour traiter... un panari !!
Tout s'est bien terminé, fort heureusement. L'erreur première fut peut-être produite par moi lors de l'appel à SOS Médecins, en ne soulignant pas clairement que la hausse anormale de tension avait été précédée d'un malaise.

fugace

Les urgences ne sont plus les urgences, depuis longtemps.

Et les alternatives mises en œuvre depuis plusieurs années ne sont certainement pas à la hauteur de la situation, et ce d'autant plus depuis que les généralistes ont décidé de ne plus assurer les gardes des fins de semaine et des jours fériés.

Où est la véritable défaillance ? N'est-elle pas politique en priorité ?

Condoléances aux parents de Naomi. Et pour avoir connu le même genre de situation vécue par mes parents (c'est loin 1966, et pourtant c'était hier dans mon cœur), je l'ai raconté ici il y a quelques années, il est fort probable que nombreux sont les cas plus ou moins similaires, dont l'addition des circonstances aggravantes a abouti pour bon nombre de personnes à un décès qui aurait pu être évité. Cas dont on ne parle pas évidemment, puisque pour la chaîne de décision et ou de responsabilité, c'est la faute à pas de chance.

Je comprends néanmoins la hantise des médecins urgentistes de craindre de passer au travers du bon diagnostic. C'est ainsi la situation pour nombre de cas de méningite entre autres.
Il n'empêche qu'avec le mélange de la vitesse et de la précipitation que l'on sait, de très nombreux cas de dysfonctionnements subsistent, aussi bien du côté des urgences que de SOS Médecins, lesquels pourraient être facilement rapportés et prouvés.

Fort heureusement, combien de vies sauvées en face des ratés.

breizmabro

Comme il n'y a pas assez de médecins de ville, numerus clausus oblige, il a été inventée la Régulation Médicale des Urgences (réponse aux appels et transfert à un médecin régulateur).

Aujourd'hui nous avons ce triste cas diffusé par tous les médias. Mais en 2008 ou 2009, je ne sais plus, voilà ce qui s'est passé :

"En pleine nuit, un homme est victime d’un malaise à son domicile alors qu’il se trouvait seul avec son fils de dix ans. Ce dernier appelle le 15 et met son père en relation avec le médecin régulateur.
Après avoir écouté les explications du père, le médecin régulateur tente de joindre le médecin libéral de garde sans succès. Il demande donc au fils de dix ans de le contacter lui-même au plus vite, puis met fin à la conversation.

Le fils ne parviendra pas davantage à joindre le médecin de garde. Devant l’aggravation de l’état de son père, il rappelle le SAMU. Le médecin régulateur envoie les pompiers sur place, puis au vu du bilan de santé communiqué par ces derniers, déclenche l’intervention d’une équipe SMUR qui ne pourra que constater le décès du père.

Le médecin régulateur du SAMU et le médecin libéral de garde ont tous deux été condamnés pénalement pour homicide involontaire par violation manifeste d’une obligation de sécurité ou de prudence (3 mois de prison avec sursis).

La décision de la cour d'appel de Nantes est justifiée ainsi : "Le médecin régulateur doit veiller personnellement à ce que les moyens appropriés à l’état de la personne en détresse soient déclenchés dans les meilleurs délais. Cour Administrative d’Appel de Nantes N°10NT00310 12 avril 2012"

Rien de nouveau sous le soleil cinq ans plus tard...

Mais bientôt nous aurons à connaître d'autres spécialités du même ordre dans le domaine de la justice depuis l'ouverture du nouveau Palais de Justice de Paris déjà surnommé le Palais des Branquignoles (il est situé près des Batignolles) puisque presque tout l'informatique bugue, notamment les badges d'accès aux "souricières" qui sont devenues des gruyères :D

Le bâtiment a été conçu par la star italienne Renzo Piano qui a privilégié la lumière et la hauteur.
Soit, mais en même temps il aurait pu penser qu'il y avait des gens (nombreux) qui allaient circuler dans ce bâtiment plein de lumière et de hauteur :D

Xavier NEBOUT

Les infections nosocomiales dans les hôpitaux font quelque 5 000 morts par an du fait de négligence, mais comme cela implique les frères, on n'en parle pas.
On a fait des progrès, il y a peu, c'était 40 000, sans qu'on en parle beaucoup plus.


Michel Deluré

@ Achille 11/05 09:49

Ce sont bien les Urgences dans leur ensemble qui effectivement posent problème, problème qu'il serait urgent, c'est bien le cas de le dire en la circonstance, de traiter.

J'ai vécu il y a peu une expérience similaire à la vôtre, ayant même été autorisé à accompagner ma mère dans la salle des Urgences pour la tranquilliser, vu son très grand âge. Et je me suis retrouvé au milieu d'une nuée d'autres brancards parmi lesquels il était compliqué de se frayer un chemin.
Mon étonnement passé, je me suis alors demandé comment les personnels présents pouvaient travailler efficacement et sereinement dans de telles conditions et je n'en ai que plus admiré l'attention et le dévouement dont chacun de ces personnels faisait preuve à l'égard des patients alors admis dans ce service.

Cela ne justifie évidemment pas le comportement de la personne incriminée dans le douloureux événement de Strasbourg et les manquements impardonnables dont elle s'est rendue coupable.
Mais cela peut aider à porter un regard autre sur ce service des Urgences, à comprendre la réalité à laquelle il est souvent confronté et à saisir la priorité qu'il y a à mettre en oeuvre des mesures pour qu'il puisse correctement remplir sa mission.

Pierre-Antoine

Cher Monsieur Bilger,

Vous écrivez "...contre une grave faute individuelle, dans une indignation générale..."
N'allez-vous pas un peu vite ? Il y a des chaînes structurelles mal organisées ou surchargées ou mal gérées, parfois les trois, qui génèrent des "fautes individuelles", on les appelle aussi des "fusibles" !

Exilé

Il ne faudrait pas que mourir à Strasbourg et s'indigner en France nous arrête à notre seule émotion vindicative.

Hum...
Puis-je rappeler à Philippe Bilger que, si ma mémoire est bonne, Strasbourg est en France depuis 1648 - ce qui ne nous rajeunit pas - en dépit des aléas causés par quelques rencontres sportives pas très amicales avec certains clubs d'outre-Rhin ?

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J'ai évoqué ici il y a peu la question grave des « urgences » hospitalières en France, ignorée par un monde politique enfermé dans l’entre-soi et ne se focalisant que sur des considérations secondaires voire futiles.
Je pensais alors à cet exemple :
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/03/08/01016-20180308ARTFIG00267-reims-une-femme-decede-aux-urgences-apres-plus-de-deux-heures-d-attente.php

Les journalistes de ce quotidien ont interrogé un responsable syndical - encore une manie franco-française - comme s'il n'existait pas d'autres personnes compétentes, qui bien entendu n'a pu que répondre que cela était dû à un manque de personnel, ce qui est peut-être partiellement possible mais qui occulte le fond du problème.

Le problème est que les « urgences », qui ne devraient en toute rigueur que s'occuper des cas d'importance vitale, sont saturées par une multitude de consultations qui relèvent surtout de la médecine de ville voire de dispensaires.
Mais dans la France actuelle, la médecine de ville n'assure plus le rôle qui était encore le sien il y a seulement cinquante ans, avec des médecins de famille qui se rendaient chez les gens, parfois même la nuit.

Mais aussi et surtout, depuis que la France accueille « toute la misère du monde », les hôpitaux payés et entretenus avec leurs équipements coûteux et leur personnel qualifié par le contribuable français sont souvent saturés par des gens qui viennent d'ailleurs et parfois de l'autre bout de la terre pour s'y faire soigner gratis, au double détriment de ce contribuable qui ne peut plus avoir accès à des soins souvent coûteux qu'il doit cependant offrir aux autres, en y laissant parfois sa vie.

Pour la petite histoire, illustrant la désertification médicale en matière de praticiens indépendants, alors que j'ai quitté Paris depuis un peu plus de deux ans je n'ai pas encore trouvé là où je suis de « médecin traitant » selon la terminologie de la sécurité sociale (?) qui m'envoie des courriers ubuesques mentionnant parfois ce personnage mystérieux qui n'est actuellement pour moi qu'un fantôme...
Alors, je me soigne comme je peux et à mes frais, en n'ayant rien à attendre d'une prétendue solidarité à sens unique.

xc

Apparemment, l'opératrice du SAMU n'était pas débutante, était en début de vacation, et rentrait de congé.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2018/05/10/affaire-naomi-musenga-les-zones-d-ombre-de-l-hopital-de-strasbourg_5297221_3224.html

Qu'une personne ait "disjoncté", passe encore, si j'ose dire. Mais sa collègue s'est comportée de la même façon.

duvent

@ genau | 11 mai 2018 à 09:24
"C'est un drame, mais c'est aussi un fait divers."

Vous voulez sans doute dire que c'est banal ? Je dirais que sans faire de cette interlocutrice du SAMU un bouc émissaire, il n'est pas convenable de la ranger dans un tas informe de dysfonctionnements qui allègeraient sa faute.
Parce que faute il y a, et elle est si vraie qu'elle fait frémir...

Bien évidemment toutes sortes d'excuses peuvent être utilisées, bien sûr toutes sortes de circonstances peuvent être évoquées, il n'en demeure pas moins que l'incompétence, liée à l'indifférence, ne peuvent conduire qu'à des situations dramatiques.

Faut-il aussi que le manque d'écoute et d'empathie fasse l'objet d'une explication parfaite pour effacer la faute ?

Il n'est pas recommandé de systématiquement, au prétexte des ne pas hurler avec les loups, épargner les incapables, car les conséquences sont exponentielles, et partout nous voyons l'impéritie, la médiocrité, l'impunité, la connivence, permettre le chaos !

Et je veux quant à moi hurler avec les loups, puisque je trouve indigne que l'appel au secours d'une jeune femme n'ait recueilli qu'une ignominieuse et répugnante réponse. Oui, je veux encore hurler avec les loups et soutenir qu'il n'est à ce poste du SAMU d'excuses recevables dans ces circonstances, que ni la date, ni l'heure, ni le risque d'une blague ne saurait justifier une mort, et pas davantage le fait qu'elle pouvait possiblement être inévitable !

L'honneur et la charge n'existent plus et au plus haut l'exemple vulgaire s'affiche comme une possibilité acceptable, or ce n'est pas acceptable !

jack

D'après ses responsables, l'opératrice n'était pas surchargée de travail à ce moment-là. En tout cas, pas de quoi perdre le sens de son action ni une once d'écoute et de compassion.
Cela étant, on observera que la formation des opératrices paraît bien légère au regard des responsabilités exercées.
Mourir à Strasbourg en raison d'un enchaînement causal banal ? J'espère que les différentes enquêtes pointeront les dysfonctionnements, les responsabilités et qu'on pourra trouver des améliorations.
Naomi et sa famille en ont payé le prix fort.

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