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16 mai 2019

Commentaires

Jean le Cauchois

@ breizmabro à 07:06
"Pour qu'une entreprise se porte bien, il faut qu'elle soit bien gérée"

Ma cher breiz, comme tout contrôleur de gestion, vous confondez gérer et diriger. Un contrôleur de gestion restera un contemplateur des travaux finis, et ne sera jamais un améliorateur du procédé de fabrication, ou un découvreur de nouveaux marchés. En clair, un paparazzi du prix de revient, ou du bilan. C'est certes utile, mais parfaitement interchangeable pour une entreprise ; d'ailleurs, ça peut se louer... car ça sait se louer tout seul : vous en êtes l'adorable preuve.

breizmabro

@ Jean le Cauchois 20 mai 2019 à 23:07
"...une corporation que j'ai toujours admirée pour son ignorance crasse des réalités de l'entreprise industrielle"

Pour qu'une entreprise se porte bien il faut qu'elle soit bien gérée, il ne suffit pas de mettre les bons chiffres dans les bonnes colonnes chaque fin de mois.

Mais ça évidemment...

Jean le Cauchois

@ breizmabro à 14:42

Mes félicitations pour votre diplôme de contrôleur de gestion, une corporation que j'ai toujours admirée pour son ignorance crasse des réalités de l'entreprise industrielle.

Mais nous nous sommes trompés. L'ardoise laissée, ce n'est pas le stade, le tramway. Non : Mediapart et le Canard enchaîné avaient trouvé autre chose, relayé par Boulevard Voltaire. Mais c'est trop pitoyable pour que nous nous y intéressions. Nous avons mieux à faire, l'un et l'autre. A une autre occasion, à un autre échange.

Adeo breizmabro (tiens, ça sonne bien !)

breizmabro

@ anne-marie marson 19 mai 2019 à 20:53
"Personne par exemple ne demande l'arrêt des soins pour Michael Schumacher"

Il y a une différence entre un tétraplégique pensant, s'exprimant par quelque moyen que ce soit et un homme n'ayant plus aucune conscience et qui est dans l'incapacité de communiquer avec son entourage et dont des experts, professionnels en la matière, assurent que cet état est définitif.

"...peut-être que Vincent Lambert est trop pauvre et trop catho et que les médecins qui s'acharnent sur lui décident de le faire mourir"

Vous convenez donc que des médecins se sont acharnés pour le maintenir en vie toutes ces années.

C'est un peu la définition de l'acharnement thérapeutique, non ?

Personnellement je pense que lorsque l'on aime vraiment quelqu'un on doit d'abord penser à lui et je ne crois pas que les parents Lambert pensent plus à leur enfant qu'à leur cause, celle qu'ils diffusent à profusion dans la presse.

"...peut-être que Vincent Lambert est trop pauvre"

Mais alors QUI paye les avocats des parents Lambert qui multiplient les recours (payants) ?

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@ Jean le Cauchois 19 mai 2019 à 19:42
"Il y a différentes façons d'exploiter cette information: grosse ardoise ou bonne gestion"

Comme je n'ai pas toujours été paparazette j'ai un jour obtenu un 'dit plôme' de contrôleur de gestion.

J'ai exercé cette activité sous le contrôle d'une grande société d'audit et j'ai ainsi eu l'occasion de constater, chiffres à l'appui sur ordinateur, toutes les dérives de gestion de beaucoup d'entreprises.

Il serait inhumain de vous lister toutes ces dérives qui n'existe pas QUE dans les municipalités ou autres conseils régionaux, mais également dans beaucoup d'entreprises privées.

La différence est que dans les entreprises privées ce sont les consommateurs qui en subissent le coût et que dans les entreprises publiques ce sont les concitoyens qui subissent le coût des dérives.

Me vient une idée : un consommateur du privé et un concitoyen du public n'est-il pas souvent la même personne ?

Comme je suis sport je ne vous ferai pas l'affront de vous demander comment le financement d'un tramway peut être réalisé dans un maximum de douze ans dans une localité de 180 000 habitants.

Mais comme vous connaissez bien monsieur E. Philippe il vous l'expliquera peut-être si vous lui posez la question ;)

Jean le Cauchois

Edouard Philippe (suite et fin)

Cher PB,

Vous avez certainement compris que j'ai encore des raisons pour défendre la personnalité terne et effacée, selon beaucoup, de l'actuel Premier ministre. Mais j'ai une suggestion à vous faire : inviter sa Pénélope à vos entretiens. Madame Edith Chabre, son épouse depuis 2001 et la mère de ses trois enfants, est (ou a été) directrice exécutive de Sciences Po. Elle pourrait évoquer des moments de sa collaboration avec Richie, ou donner des indications sur l'avenir programmé de Sciences Po. A défaut, une confrontation avec madame Lévy, ou monsieur Nicolle, ne manquerait pas d'attraits... à moins qu'elle ne soit aussi terne et effacée que son Edouard.

Jean le Cauchois

@ caroff 19 mai à 22:38

A propos du Havre (suite et fin)

Cher caroff,

Merci pour l'intérêt que vous avez porté à mon information financière, en apportant des comparaisons avec d'autres réalisations. Il faut donc comprendre qu'une ville qui veut se payer un très gros investissement rare, comme une ligne de tramway, doit fixer son budget de réalisation à un maximum de douze années de sa capacité annuelle de remboursement. Tout écologiste devrait savoir ça !

Par ailleurs, pour tous ceux qui s'intéressent à l'activité portuaire moderne, aux dockers (corporation très décriée de toutes époques) et qui veulent actualiser leur information (et il y a besoin), je recommande le documentaire France 3 de 2014 "Le port du Havre : un monde de démesure" accessible sur YouTube. Le commerce maritime, depuis l'avènement des containers, est totalement différent des schémas conservés du XXe siècle, pour le bien-vivre des générations futures.

caroff

@ Jean le Cauchois 19h42

A propos du Havre:
"En octobre 2018, la chambre des comptes de la Région Normandie a publié son rapport: le nombre d'années qu'il faudrait pour rembourser la dette passe de cinq ans en 2011, ce qui est optimal, à plus de onze ans en 2017, ce qui approche la ville du seuil d'alerte qui se situe au-delà de douze ans."

Pour information, Fort-de-France aura besoin de 45 ans, Saint-Maur-des-Fossés 31 ans, Nice, Saint-Etienne et Clermont 14 ans, Paris et Levallois (tiens donc !) 13 ans... et je ne parle pas de Mamoudzou (Mayotte) : 65 ans !

boureau

@ Jean le Cauchois 19 mars 2019 19:42
"Chacun ses lectures des situations"

Bien sûr Jean, je n'en disconviens pas.

Je reste, et je ne m'en excuse pas, sur la "passion" qu'a mise E. Philippe pour clore le dossier de Notre-Dame-des-Landes. Dossier que je connais assez bien.

Cette décision d'E. Macron, que le Premier ministre a mise en oeuvre, est un déni de démocratie comme je l'ai déjà expliqué sous d'autres billets. Et il en est le complice. Fonction de Premier ministre oblige.

Pour l'instant, je le trouve "terne" comme vous dites. Rien dans son parcours de Premier ministre ne m'a fait changé d'opinion. Il est vrai que l'étoile macronienne ne supporte aucune autre proximité lumineuse !

Mais qui sait, en d'autres lieux et d'autres moments se révélera-t-il ?

Cordialement.

anne-marie marson

@ semtob | 16 mai 2019 à 17:54

Je suis d'accord avec ce commentaire.
Certains parlent d'euthanasie passive, mais en réalité il s'agit d'euthanasie active, puisque Vincent Lambert va être sédaté jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Il existe de nombreux cas comme Vincent Lambert.

Personne par exemple ne demande l'arrêt des soins pour Michael Schumacher.

Mais peut-être que Vincent Lambert est trop pauvre et trop catho et que les médecins qui s'acharnent sur lui décident de le faire mourir.

Jean le Cauchois

@ boureau 18 mai à 13:35
"Exactement le type de phrase et d'analyse qui n'a aucune signification"

Cher boureau,

Je me suis contenté de citer une phrase de deux lignes publiée le jour même sur le net par un journaliste (de BFM TV / Politique, je crois me souvenir). Je comprends votre réaction, tout en notant qu'Exilé, puis Achille, ont commenté cette phrase.

Je comprends aussi le phénomène de rejet qui s'applique à Edouard Philippe, falot se traduisant par terne, effacé. Il s'efface effectivement, ès fonctions, devant Emmanuel Macron. Et il est terne devant les médias, donc devant les Français, qui n'ont pas d'autre moyen de le juger. De ce point de vue, je dois être un Français pas comme les autres, comme Claude Luçon (relire son commentaire du 16 mai , à 14:18). Chacun ses lectures des situations.

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@ breizmabro

Ma chère breiz,

Je fais amende honorable : Edouard Philippe est falot, et peut-être même fayot. Je viens de m'en expliquer avec boureau. Vous avez eu raison la première (grâce à votre Minitel ?). Aussi ai-je le droit de vous demander de réviser votre information "Edouard Philippe a laissé une sacrée ardoise en quittant Le Havre".

Edouard Philippe a été recruté dès 2001 par Antoine Ruffenacht, maire RPR du Havre et directeur de la campagne présidentielle Chirac 2002, pour devenir son collaborateur principal dans l'équipe municipale, et son dauphin désigné. Ils ont élaboré des projets ambitieux pour le développement de la ville, entre 2005 et 2008. En octobre 2010, Edouard Philippe est devenu maire du Havre et a inauguré en juillet 2012 le nouveau stade municipal (25 000 places ; coût 80 millions d'euros) puis en décembre de la même année, le tramway (12 km de lignes, 24 stations, un tunnel de 1 km pour connecter la ville basse et la ville haute ; coût 400 millions). Le budget annuel 2018 de la ville est de 320 millions d'euros (200 frais de personnel + 80 frais de matériel + 40 frais financiers) à taxe d'habitation pratiquement constante.

En octobre 2018, la chambre des comptes de la Région Normandie a publié son rapport: le nombre d'années qu'il faudrait pour rembourser la dette passe de cinq ans en 2011, ce qui est optimal, à plus de onze ans en 2017, ce qui approche la ville du seuil d'alerte qui se situe au-delà de douze ans. Il y a différentes façons d'exploiter cette information: grosse ardoise ou bonne gestion, car se payer un tramway en moins de douze ans, pour une ville pauvre de 200 000 habitants, c'est plutôt bien vu. Mais les chiffres, c'est pénible, c'est bon pour les élites : l'Antoine et l'Edouard sortent tous les deux de l'ENA !

Achille

"Ses caractéristiques politiques ont été résumées hier par un journaliste sur le net: "Proche des idées de Michel Rocard dans sa jeunesse, puis fidèle lieutenant d'Alain Juppé, l'ex-élu n'a jamais envisagé la droite autrement que flanquée d'un fort courant modéré". (Jean le Cauchois)

Sincèrement j’ai du mal à voir le cheminement intellectuel qui permet de passer du rocardisme au juppéisme (en supposant que le juppéisme ait existé un jour).
Ceci étant les idées évolues lors d’un parcours politique. Souvenons-nous de Maurice Leroy qui est passé sans vergogne du PCF au centre droit et a même fini ministre de Sarkozy.
Il n’y a pas de traîtrise en politique, il n’y a que des opportunités. Edouard Philippe n'a rien à se reprocher, il fait comme les autres politiciens, de gauche comme de droite.

Dernièrement il y a même un lieutenant de Mélenchon qui a appelé à voter pour la liste RN partant du principe que celle de LFI allait se prendre un râteau. La politique c’est aussi ça. Eliminer l’adversaire qui gêne (Tout sauf Macron !), après il sera toujours temps de s’occuper de ses "amis" de circonstance.

Robert Marchenoir

@ Mitsahne | 16 mai 2019 à 17:12

Édifiant témoignage. Rien qu'on ne sache déjà, mais c'est toujours bon de le voir rappeler par quelqu'un qui l'a vécu, histoire de tenir à distance les gros malins qui prétendent toujours, un siècle plus tard, que leurs adversaires "voient des communistes jusque sous leur lit". S'ils étaient seulement sous les lits, ça irait encore... mais ils tiennent le pays, c'est un peu plus ennuyeux.

On ne saurait mieux dire que le communisme est un banditisme. Le banditisme, c'est ce qui reste quand l'idéologie a été abandonnée -- et, en réalité, c'est l'essence même du communisme.

Le pouvoir des syndicats français montre que nous vivons dans un État mafieux, de même que le régime russe a réalisé la fusion entre la mafia, la classe dirigeante et les communistes du KGB.

Raison pour laquelle vous avez toujours un kaguébiste bénévole pour se manifester quand on dit du mal de la Russie -- dire du mal du régime russe, c'est dire du mal du système français. Le vrai, pas celui de Macron. Bon, sur ce blog, ils se sont un peu calmés. Dans le monde réel, la menace physique est bien présente, mais sur Internet, ce ne sont que des tigres de papier.

L'État profond est bien celui-là, même si cette expression est réservée (par les communistes, comme c'est curieux !) aux institutions américaines qui s'opposent à Trump. Alors que "l'État profond" américain, ce n'est jamais que l'État visible, manifeste, transparent, les institutions démocratiques qui défendent la souveraineté du pays contre l'arbitraire dictatorial du président, comme le Congrès ou la CIA.

Tandis que l'État profond français, comme le russe, c'est le contraire. C'est justement celui qui s'assure que la démocratie n'ait jamais gain de cause, et que la mafia reste au pouvoir.

J'en veux pour preuve le fait que les plaisanteries des dockers du Havre sont reproduites à travers toute la France. Il y a quelques années, il a fallu un "conflit social" particulièrement gratiné pour qu'on apprenne qu'une ville côtière de la Manche était entièrement aux mains des, euh... syndicalistes.

Ces derniers pillaient la caisse du bar des navires qui faisaient la liaison avec l'Angleterre, en toute impunité. Forcément, toute la ville en croquait. Par conséquent, il n'y avait pas grand'monde pour s'indigner du système.

D'ailleurs, tout le monde s'en moque, visiblement, puisque tout le monde a oublié. Rappelez-moi combien de politiciens, de l'extrême gauche à l'extrême droite, en passant par le centre profond, ont fait de la lutte contre les syndicats et la mafia communiste leur axe de bataille ?

Zéro, voilà la réponse. Pas plus "Marion" que les autres, et "Marion" encore moins que les autres, puisqu'elle est vendue aux Russes.

Ce mélange de communisme et de banditisme, c'est justement ce qui s'est manifesté dès le début du mouvement des Gilets jaunes. L'homo franchouillardus est toujours au cœur de l'âme française, comme l'homo sovieticus est au cœur de l'âme russe.

70 % des Russes approuvent le rôle historique de Staline, 51 % expriment pour lui du respect, de l'admiration ou de la sympathie. Ceux qui sont au courant de l'invasion de la Tchécoslovaquie par l'URSS, en 1968, sont presque deux fois plus nombreux à l'approuver qu'à la désapprouver...

50 % des Gilets jaunes sont antisémites -- passion séculaire des Russes, comme chacun sait, forme délirante et complotiste du socialisme et de l'anti-libéralisme.

Au moins, en Russie, quelques voix s'élèvent pour s'inquiéter de cet état de fait. Valery Zorkin, président de la Cour constitutionnelle, vient de déclarer benoîtement qu'il était grand temps, pour la Russie, d'entrer dans l'ère de l'État de droit.

"La Russie a encore beaucoup à faire pour assurer un fondement légal et démocratique à l'État et à la vie publique", a-t-il expliqué lors d'un séminaire juridique international à Saint-Pétersbourg. "Cela passe par l'égalité de chacun devant la loi et les tribunaux, l'égalité des droits, la libre concurrence politique et la possibilité pour tous les partis de concourir pour le suffrage populaire."

Élégante façon de dire qu'aucune de ces choses n'existe actuellement en Russie. Je rappelle qu'il ne s'agit pas là du chef de poste de la CIA à Moscou, mais d'un des plus éminents magistrats du pays.

Valery Zorkin vient de dire, à ses homologues étrangers : je suis un clown, une marionnette, je fais semblant de présider le tribunal suprême qui juge de la conformité des lois à la constitution de la Russie, mais en réalité nous n'avons ni lois, ni tribunaux, ni État de droit. Je suis là pour faire joli.

Imaginez Laurent Fabius, Alain Juppé ou Valéry Giscard d'Estaing disant la même chose au titre du Conseil constitutionnel.

Après la chute de l'URSS, dit Valery Zorkin, "Nous n'avons jamais réussi à bâtir une société moderne, c'est-à-dire rationnelle, basée sur les principes de l'égalité et de la justice. Nous devons maintenant nous y atteler de toute urgence, sur les ruines du socialisme. L'histoire ne nous laissera que très peu de temps pour le faire."

Qui, en France, a le courage aujourd'hui de dire que nous devons sortir des ruines du socialisme ? Que nous devons dé-communiser le pays ? Réaliser la lustration, c'est-à-dire interdire, par la loi, les postes de responsabilité politique à ceux qui se sont compromis avec le communisme ? Faire repentance pour les crimes du communisme commis en France, comme les Allemands ont fait repentance pour les crimes du nazisme ? Et que l'État de droit est à bâtir ? Personne, et les Gilets jaunes moins que les autres.

A ce sujet, il est instructif de constater que les Gilets jaunes les plus "abrutis, fumeurs de clopes et conducteurs de diesel" sont à l'unisson des intellectuels de gauche les plus éminents et les plus éthérés.

Francis Lalanne, chef de file d'une liste Gilets jaunes aux Européennes, répondait aux question d'un journaliste sur France TV Info. Avec sa tronche de vieux clochard et ses hardes assorties, il faisait valoir qu'il n'en voulait pas tant à Macron qu'au "système". Sur quoi, le journaliste lui demande : alors vous, ce serait quoi, votre système ?

Question dont la légitimité politique n'échappera à personne.

Et Lalanne répond : j'en sais rien, c'est au peuple de se déterminer par référendum.

On admirera la malhonnêteté de cette pirouette. Le type est chef de formation politique, il sollicite les suffrages des Français, il vient de dire que c'était inadmissible, ce qui se passait en France, parce que dans les années 90 on vivait bien, alors qu'aujourd'hui le PIB a doublé (?) et pourtant on vit beaucoup moins bien ; ça fait six mois que lui et ses potes mettent la France à feu et à sang au motif de leurs prétendues revendications, et au moment de prendre ses responsabilités et de dire ce qu'il préconise, pouf ! il n'y a plus personne : moi je suis un nul, ne faites pas attention à moi, je ne connais rien à rien, c'est aux autres de décider.

Eh bien c'est exactement la même pirouette qui structure les œuvres de Cornelius Castoriadis, philosophe adoré de la gauche intellectuelle, "Titan de l'esprit" et "Aristote en chaleur", selon la formule douteuse d'Edgar Morin.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il a démissionné d'un groupuscule marxiste qui était à la gauche du PCF, parce qu'il était... trop à droite. Il a fondé la revue Socialisme ou Barbarie, dont le titre est sans ambiguïté. Ses écrits fourmillent de vitupérations contre "le système", comme on ne disait pas encore à son époque.

Et lorsqu'il en vient à dire par quoi il faudrait remplacer le fameux "système ultra-libéral", il fait... du Francis Lalanne : moi je n'en sais rien, ce n'est pas à moi de décider, je ne suis qu'un vermisseau intellectuel. Le Peuple doit prendre ses responsabilités dans le cadre de l'auto-gestion et de la vraie démocratie, c'est à lui de se décider, et pour tout vous dire, si on est dans la mouise, c'est un peu parce que c'est une bande de branquignols infoutus de faire la Révolution.

On voit bien le mécanisme : je déifie le peuple, j'en fais une tribu de prêtres qui ne peuvent pas se tromper (Etienne Chouard ne dit pas autre chose) ; pendant ce temps, je mets le bololo en sabotant consciencieusement la société existante, je fais révolutionnaire professionnel, je bâtis une carrière entière là-dessus (éditoriale, universitaire, politique, syndicale...), j'en tire tous les avantages possibles et imaginables en termes de prestige, de pouvoir et d'argent ; et lorsqu'on me dit : bon, alors ? qu'est-ce qu'on fait ? qu'est-ce que tu veux ?, je réponds : ah non non non, moi je suis pas un facho comme vous autres, moi je laisse la décision au Peuple.

Les Gilets jaunes imitent cette singerie, sauf qu'eux se font avoir, parce qu'en dehors de piller quelques T-shirts de marque sur les Champs-Élysées (et hors les 17 milliards lâchés par Macron au titre des petits cadeaux habituels), on ne peut pas dire qu'ils en aient beaucoup profité.

boureau

@ Jean le Cauchois 17 mai 2019 20:29
@ breizmabro 17 mars 2019 09:24

"Ses caractéristiques politiques ont été résumées hier par un journaliste sur le net: "Proche des idées de Michel Rocard dans sa jeunesse, puis fidèle lieutenant d'Alain Juppé, l'ex-élu n'a jamais envisagé la droite autrement que flanquée d'un fort courant modéré". (Jean le Cauchois)

Exactement le type de phrase et d'analyse qui n'a aucune signification !

Le fait d'être "proche des idées" de qui que ce soit n'est pas un brevet de compétence ou d'esprit de grande valeur.

"...la droite autrement que flanquée d'un fort courant modéré".

Voilà un concept politique qui ne veut absolument rien dire : "un fort courant modéré" !

Personne d'intellectuellement raisonnable ne peut définir ce qu'est un fort courant modéré. En fait le refuge des esprits faibles qui croient s'attribuer un brevet de bien-pensance et de respectabilité en parlant ainsi. Ce sont les "sans conviction" qui peuplent les assemblées politiques et nécrosent la démocratie.

Cette tendance ridicule française de se déclarer "proche" d'une figure à qui on attribue des qualités ! Tout cela pour récupérer un peu de lumière !

Vous citez Rocard, c'était la même chose pour Mendès France dont combien de "ventres creux" se sont cru autorisés d'être "proches" de lui. Il faut quand même rappeler que le grand titre de gloire de Rocard c'est d'avoir créé un impôt nouveau : la CSG ! Et de finir ambassadeur des pôles Arctique et Antarctique pendant sept ans ! Une consécration pour un esprit si subtil !

Fayot je ne sais pas pour Edouard Philippe mais falot certainement. Jusqu'à ce jour !

Cordialement.

Jean le Cauchois

@ Exilé à 08:39

Je suis tout à fait lucide sur les caractéristiques politiques d'Edouard Philippe. Il n'en reste pas moins qu'au conseil municipal, les opposants à l'ensemble de l'équipe élue sur son nom, au-delà de son propre parti, le RPR, se disaient de gauche ou du Front national. Peut-être que les "vraies valeurs de la droite" n'étaient pas dominantes mais l'essentiel des valeurs de droite étaient, pour moi, représentées et appliquées. Ces valeurs peuvent être théorisées par un petit nombre, ou des petits nombres qui se différencient entre eux mais leur acceptation, leur appropriation, leur mise en application par le plus grand nombre n'est possible que par le truchement de personnalités particulières. Il est clair que ni Marine Le Pen ni Jean-Luc Mélenchon ne sauraient jouer ce rôle.

Exilé

@ Jean le Cauchois
« Ses caractéristiques politiques ont été résumées hier par un journaliste sur le net: "Proche des idées de Michel Rocard dans sa jeunesse, puis fidèle lieutenant d'Alain Juppé, l'ex-élu n'a jamais envisagé la droite autrement que flanquée d'un fort courant modéré". »

C'est donc la preuve que cette famille politique n'est pas du tout de droite, pour être hostile de fait aux vraies vertus propres à cette sensibilité...

Alpi

@ finch
"...brave et malheureux Fillon qui a réussi le tour de force de faire un peu plus de 20 % au premier tour de la présidentielle malgré toutes les casseroles qu'on avait attachées à ses basques".

C'est lui qui les a fabriquées ses casseroles ! C'est quand même étonnant de rejeter la faute sur ceux qui ont dévoilé le pot aux roses !
Quand on brigue la Présidence, il vaut mieux avoir un passé propre car on sait bien que cela sortira. J'ai soutenu Fillon car son programme était le plus cohérent, même après le Trocadéro lorsqu'il s'est parjuré ("Si je suis mis en examen, je me retirerai..." tu parles !). Mais j'en veux aux LR de ne pas avoir pu ou voulu le débrancher. Il a plombé tout le parti... et ce n'est pas Wauquiez qui semble être en capacité de le redresser.

Ce qui fait bisquer la droite Trocadéro, c'est que la droite Solférino met en œuvre les réformes que Sarkozy n'a jamais réussi à faire !

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@ Narcisses
"La critique souvent systématique est la seule compétence de la ribambelle."

Ouais ! D'autant qu'on l'a vue à l’œuvre la ribambelle ! Rien ne m'amuse plus (ou m'irrite, c'est selon) que voir les Ciotti, les Woerth expliquer sans vergogne ce qu'il faut faire !
Sans parler de Hollande qui vient donner des leçons en toute indécence.

Jean le Cauchois

@ breizmabro à 09:24

Merci, ma chère breiz, de m'avoir poussé à réagir pour avoir écrit qu'Edouard Philippe était un personnage falot, et même fayot, ce que je considère comme une stupidité gratuite parce que ce n'est pas mon avis, parce que je connais la personne.

Je suis de droite et je souhaite que la droite gouverne mon pays, comme ma ville. Pour ma ville, ça marche, parce que les électeurs, aux dernières municipales, ont voté à plus de 50% pour élire Edouard Philippe, qui a su RASSEMBLER sur son nom ET sur son parti, qui est aussi le mien. Ses caractéristiques politiques ont été résumées hier par un journaliste sur le net: "Proche des idées de Michel Rocard dans sa jeunesse, puis fidèle lieutenant d'Alain Juppé, l'ex-élu n'a jamais envisagé la droite autrement que flanquée d'un fort courant modéré".

Voilà, il est comme ça et nous faisons avec, tous gens de droite avec des sensibilités différentes mais convergentes sur l'essentiel. Si vous lisez le commentaire de Julien WEINZAEPFLEN voisin du vôtre, vous verrez que je ne suis pas le seul dans mon acceptation toute pragmatique. Le plus gros défaut que nous lui trouvons, nous Havrais, c'est d'être né à Rouen... comme François Hollande. Mais nous avons l'esprit large.

breizmabro

@ Julien WEINZAEPFLEN 17 mai 2019 à 10:56
"Édouard Philippe n'a jamais fait partie de la "droite du Trocadéro""

C'est de l'ironie ou une boutade ?

Bien sûr que si E. Philippe a fait partie de la "droite du Trocadéro", et en première ligne encore car à l'époque c'était Fillon le filon.

'Fillon et Philippe sont dans le même bateau Fillon tombe à l'eau. Qui reste-t-il dans la galère ?' E. Philippe.

Manu qui n'a personne autour de lui capable d'être Premier ministre se souvient d'un maire du Havre avec qui il avait sympathisé et qui a été largué du bateau de Fillon.

Recruté par Manu en urgence pour former le gouvernement, E. Philippe deviendra tel Fillon pour Sarkozy, le collaborateur de Manu.

La preuve ? Manu lui a dit "arrête avec ton truc des 80 km/h qui fait ch... tout le monde", Edouard a donc fait son Fillon et a dit "c'est le chef qu'a raison" et il a dit aux conseillers régionaux "maintenant c'est vous qui voyez".

Wouaaah quel tempérament, quelle trempe, quel courage !

En même temps avec un 'chef' comme Manu ce ne doit pas être simple tous les jours.

Exilé

@ Robert Marchenoir
« Faire barrage au Front national ? ça va être difficile. »

Belle page d'humour.
Mais n'est-il pas curieux que tous ceux qui ne rêvent que d'abattre les murs et ouvrir les frontières afin que n'importe qui puisse entrer n'importe où (sauf dans leur domicile) sans même s'essuyer les pieds soient souvent les mêmes qui ne cherchent qu'à ériger des barrages - ou tendre des fils rouges ou bien des cordons sanitaires - contre un parti politique et un seul, sans que personne ne puisse dire au nom de quoi au juste ?

Julien WEINZAEPFLEN

Le flou du roi est moins flou que son fou de roi. Macron fait planer l'ombre de Juppé depuis qu'il est président. Mais comme celui qui a raté le concours de la rue d'Ulm aime davantage parler que l'ombrageux normalien retiré dans le "juridico-somptuaire", il paraît moins cassant. Illusion ou réalité ? Jupin-Juppéto a choisi Édouard Philippe pour être son Premier ministre. C'est le seul vrai choix tactique que je porte au crédit présidentiel de ce monologueur impénitent, qui se prend pour un acteur à qui personne ne peut donner la réplique. L'onomastique a une grande part dans ce choix. Jupin-Juppéto a choisi l'homonyme du premier auteur dont il avait adapté une comédie pour la faire jouer sous la direction de Brizitte à la Providence d'Amiens, Eduardo De Filippo.

Édouard Philippe n'a jamais fait partie de la "droite du Trocadéro". Pour avoir connu des jeunes loups qui promettaient d'avoir son profil, il m'a toujours fait l'effet d'appartenir à la "droite Lion's ou Leo club", c'est-à-dire au recrutement diplômé mais classique de la droite de gouvernement, moins brutale que, tout ensemble, la jeune garde de LREM et que la "droite de conviction" et moins madrée que Bayrou, qui signifie "l'âne rouge" en béarnais.

Ce qu'Édouard Philippe reproche à "la droite du Trocadéro" est loin d'être sans fondement. Prenez Gérard Larcher qui n'en est pas une caricature. Il est l'ami des syndicats et était celui de Jean-Luc de Carbuccia ou de feu le commandant Guillaume, les archives de Radio Courtoisie s'en souviennent. Laurent Wauquiez nous distille des "bullshit médiatiques" depuis quelques années. Édouard Philippe reproche à ce camp d'avoir voulu réduire les fonctionnaires de 600 000 d'après le projet Fillon et de se récrier parce que le gouvernement propose de créer moins de contrats aidés. J'écoutais Laurent Wauquiez ce matin sur France Info. Il ne proposait de réduire la dépense publique que de 20 milliards. Le compte originel de "la droite du Trocadéro" n'y est pas. Cette droite conservatrice serre la ceinture quand ça l'arrange et ballonnée se déboutonne quand elle est au pouvoir. Édouard Philippe a raison de lui régler son compte tout en prenant la précaution oratoire d'assurer qu'elle est respectable.

Aliocha

A lire nos anciens, de la sombre clarté de genau à l’expérience de Claude Luçon, Jean le Cauchois, Mitsahne, il apparaît ce que notre actualité électorale met en lumière, au-delà de la petite phrase du Premier ministre qui à l'habitude concentre les débats sur l'accessoire pour mieux ne pas envisager l'essentiel, les démocraties se gouvernent au centre, la nouveauté de la tentative macronienne étant de l'avoir annoncé, empêtré néanmoins dans l’imprécision d'un "en même temps" qui ne peut s'envisager que successivement, la godille centriste mécontentant tour à tour qui l'un qui l'autre selon l'orientation des stations du présent, et dessinant la trace d'une action de la réconciliation du libéral et du social qui est le fondement du projet européen, rappelant Mme de Staël et Benjamin Constant.

Quel que soit le résultat du scrutin, l'aventure française actuelle sélectionne ceux qui ont compris cela, sont déterminés à le défendre non les uns contre les autres, et en ce sens Bellamy comme Loiseau sont évidemment alliés contre les Steve Bannon de tous bords, mais pour ce qui serait la définition nouvelle d'un bien commun à l'humanité que seule l'Europe est à même de formuler.

Fasse Macron de continuer à savoir nommer cette parole, il est en France des populations assez éduquées pour ne pas céder aux éternels mouvements courtisans qui ne sauraient que l'amener à la tentation impériale, des populations assez conscientes du trésor qu'elles portent et qu'elles transmettent à leur descendants pour savoir supporter l'épuisement des guêpes et des scorpions, qu'il n'est alors même plus besoin d'éliminer car ils sont déjà morts.
Le vrai courage est là, se débarrasser des gravats du sophisme de cour et des romantismes révolutionnaires qui n'ont jamais su qu'accoucher d'un tyran.

Si le roi est flou, lourde est la foi, notre Premier ministre ne sait pas si mal en être le fou pour lui rappeler que la seule arme efficiente est l'expression équilibrée de la réalité, et qu'il est des moments de grand péril où les vaillants de tous bords ont le devoir de servir cette vérité.
Ce devoir s'appelle l'Europe.

breizmabro

@ Jean le Cauchois
"...c'est la stupidité gratuite de ma paparazzette bretonne"

Ben mon colon... :D

Vous avez peut-être coulé des jours heureux en compagnie d'E. Philippe et des "cadres" de la CGT du Havre, mais j'ai assisté comme pigiste-photographe au Télégramme de Brest, à la paralysie, durant des mois, du port de réparation navale par les dockers CGT qui séquestraient les tankers venus panser leurs plaies dans les formes de radoub les plus modernes, chaque jour de séquestrage d'un tanker coûtant une petite fortune à l'armateur.

Les armateurs feront passer le message et les navires iront se faire caréner ailleurs, dans d'autres ports moins bien équipés certes, mais qui tout compte fait leur faisaient perdre moins d'argent.

Ces grèves ont mis à genou les finances de la ville pour de longues années mais heureusement, et sans l'aide d'E. Philippe (qui a laissé une belle ardoise de dettes au Havre) le port a, si mes informations sont à jour, pu reprendre son activité portuaire avec des infrastructures performantes reconnues par les armateurs du monde entier.

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@ Robert M. 16 mai 2019 à 23:14

Drôôôle. Si Savonarole n'avait pas jeté ma boîte de Traou Mad je vous aurais mis plein de bons points dedans ;)

En même temps il est vrai que j'ai lu et compris (?) l'entièreté de votre commentaire.

Adéo Robert M.

Exilé

On a le droit de changer mais qu'on ne fasse pas passer ce changement pour une admirable constance.

Il a changé de monture, mais le cavalier est le même, à savoir un faux homme de droite ayant choisi par pur opportunisme cette famille politique estampillée à « droite » mais infestée de gens comme lui qui ne le sont pas et qui pratiquent une véritable tromperie sur la marchandise pour abuser un électorat souvent trop naïf.

Robert Marchenoir

Faire barrage au Front national ? ça va être difficile.

Mary Preud'homme

Sûr qu'entre un duplex avec terrasse avenue Georges Mandel et une chambre de bonne au 7ème (sans ascenseur) du boulevard Rochechouart, sans parler d'un taudis insalubre rue de la Goutte d'Or, il n'y a pas photo !

jack

Quel portrait au vitriol. Franchement, Edouard Philippe ne méritait pas cela. Il effectue un travail difficile avec un certain succès. Passer derrière Hollande n'est pas une mince affaire et faire avec l'impopularité de Macron n'est pas une sinécure.

La droite Trocadéro est un terme bien senti et mérité. L'entêtement de Fillon a ridiculisé cette droite. Un garçon droit dans ses bottes alors qu'il traînait des casseroles dont une est déjà actée puisque l'employeur éditeur de Penelope a admis qu'il la payait grassement en contrepartie de rien. Elle ne travaillait pas. Ne nous attardons pas sur les costumes.
Au surplus, il a barré la route à Juppé qui aurait fait un bon candidat.

La droite façon Trocadéro c'est aussi Wauquiez qui fait le beau dans une salle de classe de la Business School de Lyon. Le tonton flingueur qui se permet toutes les audaces en déblatérant tous azimuts.

En fait, dans la droite Trocadéro, il n'y a un individu qui sorte du lot: Bellamy.

boureau

@ Claude Luçon 16 mai 2019 14:18
"On ne négocie pas avec le syndicat des dockers, on se bat contre les dockers"

Dans une entreprise peut-être !

Pour les politiques - y compris E. Philippe - c'est plus un jeu de rôles qu'une bataille à coups-de-poing. Dans la plupart des cas, les maires quel que soit leur parti, s'entendent comme larrons en foire avec les représentants CGT locaux.

Car dans le monde réel, tout s'achète, y compris la CGT et les dockers. Rien de bien compliqué. Les couloirs de la préfecture ou de la mairie servent à ça ! Vous n'avez jamais entendu parlé des z'avantages z'acquis ?

J'en sais quelque chose, à un moment de ma carrière, j'avais à gérer dans une filiale, le délégué national CGT et le délégué régional CFDT : la totale !

Je suis comme le canard de Robert Lamoureux : quarante ans après toujours vivant !

Cordialement.

genau

Peste ! Ça n'y va pas avec le dos de la pelle à tarte.
Il faut dire que, dès qu'on parle de ces deux ions: droite et gauche, sans compter les bâtards, les consanguins, les dégénérés et les transfuges, le vocabulaire a de quoi frétiller.

J'ai adoré "droite collabo", oui, mais de qui ? Compte tenu de l'invective, il doit falloir remonter à la Seconde Guerre mondiale. Quoique... la droite française a collaboré avec la gauche pour bâtir le monstre administratif complexe dans lequel nous nous prélassons. Elle a eu l'heur de dire du bien des communistes "globalement positifs" qui, avec délectation ont "en même temps" signé des conventions collectives tout en détruisant leurs cosignataires.

Jamais cependant le droite post-belliqueuse n'a attaqué de front le communisme: on a toujours fait un bout de chemin ensemble, on l'a célébré, avantagé, stipendié, et distribué les indulgences au nom de l'attitude pendant la guerre, sauf que cela avait débuté par une belle collaboration jusqu'à l'entrée en scène de l'URSS.

D'ailleurs, s'horrifier des attitudes de M. Poutine après avoir négligé de s'intéresser aux dizaines de millions de pauvres moujiks assassinés par un régime qui prêchait ouvertement le massacre de tout ce qui n'était pas révolutionnaire (Nekrich, Heller, Wolton...) relève de la magie. Avoir accepté de ne pas fusiller Thorez, conforte l'idée d'une droite collabo avec le communisme.

Celle qui a collaboré avec Hitler n'était pas moins condamnable mais elle est la seule qu'on a retenue ; le reste: effacé. Seuls les gens qui lisent ou qui ont lu Prokofiev et les écrits de Lénine peuvent élever la voix. Puis, il y a ceux qui ont connu le régime soviétique de l'intérieur. Tous ceux-là savent le lien profond et terrible qui relie le communisme et le nazisme, avec son pseudopode temporaire, l'Islam, un temps militant.
Trop ancien ? Passéiste ? Six ans de l'histoire ont été choisis pour définir le mal. 70 ans de torture d'un peuple ont été gommés, relégués au rang d'anecdotes pour intellectuels vieillissants.

Cinquante morts par un suprémaciste émeuvent, à juste titre, le monde. Le quasi-génocide des chrétiens n'engendre qu'une moue sceptique sur les lèvres des français qui préfèrent pleurnicher sur Notre-Dame de Paris en oubliant les dix autres cathédrales qui ont brûlé depuis dix ans. Un cimetière chrétien vandalisé: détail, ne choquons pas les musulmans. Une tête de porc à la porte d'une mosquée: émotion nationale. Je relis un livre d'histoire de mon adolescence où il est écrit que les tchékas ont été remplacées en raison de leurs brutalités: dix millions de morts, de fait, c'est brutal.

Nous avons perdu deux militaires de haut niveau. Enorme retentissement, exaltation de la nation curieusement invoquée quand elle résonne en période préélectorale alors que la belle gauche socialo-communiste accompagnée de la droite prostituée en fait la cravate funèbre du drapeau européen.
Alors, qu'importe la nature de M. Philippe ou le ridicule de M.Mélenchon.

Quant à l'émotion enthousiaste pour le Général de Gaulle, en 1945, elle paraphait la trahison de la gauche qui avait déclaré la guerre après l'avoir rendue possible, la volonté d'un homme à l'orgueil démesuré qui allait 13 ans plus tard, envoyer à la mort des centaines de milliers de pauvres bougres ayant eu le tort de croire à la France, comme d'autres croient à la vie éternelle.

Illusion, cécité, mais tout de même progrès: hormis l'Islam, on tue moins, un peu moins, mais on forge un futur aux yeux bridés, par avidité qui reste dominé par la figure sinistre de Mao, le pire homme de droite que la gauche a engendré.

Jamais, jamais, le libéralisme social, européen ou national ne verra le jour et ceux qui s'en sont approchés sont si épuisés par leur fuite dans l'ouate des assistants sociaux qu'ils en oublient le fusil qui dort au grenier car pour être libéral et social il faut aussi être un guerrier. Heureusement, les prévisions rigolotes de M.Jouzel nous prédisent le grand drame qui ne consistera que dans la disparition d'une espèce de plus.
Les guêpes et les scorpions seront toujours là.

semtob

Cher Philippe,

Si Edouard Philippe s'était exprimé sur la monstruosité de l'euthanasie passive, il aurait sans doute attiré notre attention.
Ce qu'il faut entendre par euthanasie passive, c'est une euthanasie d'Etat qui contraint des parents à voir un jeune adulte handicapé qui n'est pas en fin de vie à ne pas être hydraté et alimenté.
C'est condamner à mort dans de terribles souffrances un individu à se dessécher vivant, à vivre une dégradation des reins volontairement infligée par la médecine, ce qui est révulsant au plus haut point.
Ce traitement de mise à mort que l'on n'accepterait pas pour un animal, ni pour une plante, ni pour un détenu n'est pas un flou mais une démonstration d'inhumanité.

Aussi nous demandons à Edouard Philippe qui semble sensibilisé aux problèmes d'accidents routiers d'intervenir pour faire acheminer le jeune Vincent Lambert, handicapé dans un pays où il aura le droit de vivre.
Ses parents ne peuvent pas demander pour lui une grâce présidentielle puisqu'il n'a pas commis de crime.

Nous rappelons aux décideurs que contrairement à ce que les médecins ont enseigné pendant des décennies, les neurones peuvent se régénérer, que des progrès scientifiques pourront envisager prochainement des greffes de neurones pour les handicapés moteurs, que des exosquelettes existent déjà.
L'Etat se doit de protéger les handicapés et leurs parents et s'il ne le fait pas, c'est qu'il a mis un pas sur le chemin de la barbarie.

Marche ou crève serait devenu le nouveau slogan d'En Marche puisque si nous ne nous mobilisons pas, cette pratique barbare sera banalisée.
Il n'y a pas de flou, il n'y a qu'une demande de grâce, de grâce...
françoise et karell Semtob

Michelle D-LEROY

Sans vouloir défendre Edouard Philippe, il faut tout de même remarquer que le rôle du Premier ministre tel que défini par la Constitution de 1958 est un rôle difficile à tenir avec un Président qui concentre le pouvoir. Soit le Premier ministre porte ombrage au Président, soit c'est un collaborateur discret et quasi inutile. Dès qu'il prend une décision qui gêne le Président, celui-ci le désavoue pour se couvrir. Il n'a même pas un vrai rôle de coordination par rapport aux ministres.

Ce n'est pas un rôle facile. Georges Pompidou s'était démarqué du Général à la fin, Jacques Chirac (finalement le seul qui ait eu du courage) a claqué la porte au nez de VGE, François Fillon, un "collaborateur" loyal, s'est fait discret, etc. Un poste qui sert de bouclier.

Une fois cela constaté, "Il a été un bon maire du Havre". Cela pourrait être quand même un bon point dans la situation innovante de la macronie dont la plupart des membres n'ont aucune expérience de la politique.

Ce billet fait ressortir toute l'ambiguïté de la politique actuelle dont le parti LREM est construit de bric et de broc avec des socialistes et des LR Macron-compatibles. Un équipage à hue et à dia. En 2017, certains ont voulu y voir un équilibre moderne et un changement avantageux pour un futur radieux. La vérité c'était que les dégagés et déçus du camp Fillon ou du camp Hollande voulaient des postes. Et Edouard Philippe était de ceux-là.

Et comme le rappelle ironiquement Breizmabro, E. Philippe a fait campagne pour LR et vient critiquer aujourd'hui cette droite-là. Les Français ne sont pas amnésiques non plus.

En pleine campagne électorale des européennes, la macronie est en difficulté, et donc tous les greffons essaient comme ils peuvent de nous démontrer l'inverse de ce que nous constatons. Edouard Philippe rétropédale sur le 80 km/h impopulaires, Messieurs Le Maire et Darmanin (dans le même cas que Philippe) nous promettent monts et merveilles fiscaux et tous sont prêts à taper sur leur ancien parti parce que l'arrivée du jeune et intelligent Bellamy les inquiète. Idem d'ailleurs pour certains anciens ministres de François Hollande.
Nous assistons en live à tout ce que la politique peut avoir de dégradant.

Après le 26 mai, que LREM arrive en deuxième position ou en tête, je pense qu'il y aura du changement au gouvernement et peut-être un changement de Premier ministre. Emmanuel Macron aura besoin de conforter son rôle de Président.

Jean le Cauchois

Cher PB,

Vous rédigez très bien, l'un d'entre nous vient même de dire que vous n'êtes jamais si bon que pour tailler un costard... mais là, vous avez mal pris les mesures ou vous avez sous-traité à la petite vendeuse débutante. Je vous recommande de lire le commentaire de Claude Luçon concernant Edouard Philippe. Et c'est la stupidité gratuite de ma paparazzette bretonne qui me pousse encore à réagir. Et je suis obligé de faire un nouveau coming out pour valider la suite. Tant pis, j'assume.

Je suis arrivé au Havre en 1968, quittant le poste de chef du bureau d'études d'un moyen chantier de constructions navales normand, spécialisé dans les bateaux compliqués fortement automatisés, pour rejoindre Pierre Lambert (les ciments et plâtres Lambert), un chef d'industrie génial qui avait conçu le projet de construire la plus grande ligne de production de ciment de l'époque, fortement automatisée.

Le centralien expérimenté avait fait tous les bons choix mécaniques et confiait au jeune Supélec la concrétisation de ses options d'automatisation = le premier gros ordinateur industriel installé par General Electric en Europe. Trois ans après, le Groupe Lafarge prenait le contrôle et contestait les choix. Je demande à devenir ingénieur de production, car le vrai problème c'est le syndicat CGT local et national. Trois ans après, le Groupe Lafarge me nomme directeur, sur place, du jamais fait, du jamais vu = que des ennemis internes. Le marché c'est la Floride, les Antilles = un minéralier de 30 000 tonnes de clinker par semaine, et la Bretagne, un petit caboteur de 5 000 tonnes de ciment par semaine, pour Brest.

Et comment tout ça a été possible dans une zone industrielle contrôlée par la CGT, dans une ville à municipalité communiste, avec son architecture Perret dite Stalingrad-sur-Mer ? la réponse est : parce que les Havrais ne sont pas des Parisiens, écoutez Claude Luçon. Je suis venu à nouveau résider au Havre en 1994. Antoine Ruffenacht, Havrais depuis deux générations, a été élu maire RPR en 1995, après trois échecs, puis réélu trois fois avant de passer le flambeau à Edouard Philippe, petit-fils de docker et fils d'enseignants, réélu sur son nom propre aux dernières municipales.

Aussi je me permets, pour avoir un peu approché notre ancien maire éphémère, de dire qu'il est des nôtres, un battant discret et pas un très grand parlant, pas un Raffarin. Edouard Philippe est un battant de la droite utile, de la droite intelligente, qui sait composer avec la gauche sectaire, la gauche neutralisante et qui sait rester indifférent aux critiques de la droite plaintive, de la droite pleurante. Je le reprendrais avec moi pour manoeuvrer la CGT car lui, avec "l'Antoine", il a vite appris et croyez-moi, il y a pris goût.

Réfléchissez, écrivains parisiens à la plume trop fréquente, et vous aussi, cher PB : vous n'êtes pas au bout de vos surprises et ne comptez pas sur lui pour remplacer Anne Hidalgo : ça m'étonnerait beaucoup qu'il veuille de vous.

Patrice Charoulet

ENCORE LES AFFICHES

J'avais écrit récemment après « Affiches »: (suite et fin). Je me connais mal. Je reviens sur les sujets.
Repassant devant les affiches qui sont à côté de chez moi, je me livre à quelques observations. Sur la liste animaliste, on argumente ainsi : « Les animaux comptent ». Sur l'affiche EELV, on a écrit : « Ensemble nous pouvons tout ». Pas très précis. Sur l'affiche LR, je lis : « Refonder l'Europe, rétablir la France ». Pas mal. Sur l'affiche Le Pen, il y a : « Donnons le pouvoir au peuple ». Très vague, et hors sujet. La liste de Hamon : « Vive l'Europe libre ». No entiendo. Le PCF s'est foulé : «Pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent ». Cela sonne bien, mais on connaît ces gens.
Des cousins aux précédents : LO. Même chanson : « Contre le grand capital, le camp des travailleurs ». Arlette Laguiller, sors de ce corps ! Ils sont immuables. Sur la liste PS, victime d'une OPA du compagnon de Mme Salamé, rien, simplement le nom de la liste « Envie d'Europe ». La liste UDI nous dit « L'alternative pour relancer l'Europe ». Faute de français. « Alternative » n'a qu'un seul sens (voir les bons dictionnaires), pas celui que l'UDI croit. La liste mélenchoniste, dont j'ai déjà parlé, liste à deux têtes (voir supra), pas de slogan. En haut, on peut lire : «La voie de l'insoumission ». Ah bon ? La liste de Mme Loiseau ayant été arrachée (pas par moi), et comme je n'en vois qu'un petit bout inférieur, je ne peux renvoyer qu'à ce que j'en ai déjà dit. Sans oublier l'autre affiche où l'on avait vu Mme Veil, le 9 avril, et sans compter encore la troisième affiche macroniste où l'on pourra voir... la tête de M. Macron.

PS . Pendant que je dormais, un membre de ma famille a pu entendre le représentant d'une liste sans argent, sans affiche, déclarer qu'elle sera également sans bulletins et a indiqué comment télécharger le bulletin de vote. On aura tout vu et tout entendu.

Mitsahne

@ Claude Luçon 16/05 à 14h18

J’ai beaucoup apprécié, cher Claude Luçon, vos propos concernant les syndicats de dockers auxquels j’ai eu affaire dans les années 80, en pleine mitterrandie dégoulinante de bontés coûteuses.
J’étais à l’époque responsable de la paie de 400 personnes dans une DRH qui avait des agences dans les ports de Marseille, Port-Saint-Louis, Sète, Bordeaux, Rouen, Le Havre et Dunkerque.

Le grand public ne connaît à peu près rien du statut des dockers français aux droits exorbitants, héritage direct de la capitulation de De Gaulle face à Staline quand, en 1944, le général alla discuter à Moscou la ‘’réinsertion’’ du camarade Maurice Thorez (déserteur depuis 1939) dans le gouvernement français. Contre une vague promesse de modération des grèves, De Gaulle fut obligé de nommer aux postes principaux des ministres communistes, erreur fatale que nous payons encore aujourd’hui.

Vous dites « on ne négocie pas avec les syndicats de dockers, on se bat contre les dockers…»
Vous avez cent fois raison, mais ils disposent de l’arme suprême qui est celle de la grève qui paralyse le déchargement d’un bateau pour commencer, puis le port, puis, par solidarité, les ports voisins et tous les ports de France si nécessaire. Tout cela parce qu’un DRH refuse de fournir une fausse attestation pour qu’un docker ait son compte de trimestres validés avant sa retraite. Sans oublier la pression des armateurs pour qui le blocage d’un bateau pendant plus de 48 heures peut coûter une fortune.

Ce qu’on ne sait pas non plus, c’est le vol organisé, le pillage des conteneurs entreposés la plupart du temps à l’air libre : le syndicat connaît, par des complicités qui l’informent du détail du ‘’manifeste’’, le contenu de chaque conteneur. Il n’y a plus qu’à se servir, de nuit de préférence. Les compagnies d’assurances payent sans discuter et sans demander d’enquêtes, qui n’aboutissent jamais, comme par hasard.

Dans le document confidentiel des dix personnes les mieux payées d’une entreprise, il y avait toujours deux à trois dockers qui pouvaient gagner plus que le secrétaire général (numéro trois ou quatre) avec un record de 15 heures de travail hebdomadaire ! Il fut un temps où, à Port-Saint-Louis, tous les hôtels étaient tenus par des dockers (en activité, mais avec prête-noms). Pour déplacer un wagon vide de quelques mètres, deux hommes en dix minutes suffisent ; les statuts obligent d’embaucher une équipe de six hommes pendant cinq heures ! Si on passe outre, c’est la grève. Et les gros bras de la CGT n’hésitent pas à vous balancer à la flotte si on se risque à protester.

Avoir été maire du Havre est certes un gage de savoir-faire dans le courage et la négociation, mais cela n’a qu’un lointain rapport avec la fonction de Premier ministre qui n’est qu’un majordome de l’Elysée ou le ‘’chef’’ qui ajoute LE brin de ciboulette sur la grande assiette qui quitte la cuisine pour la table du client.
Accepter le poste de Premier ministre c’est faire vœu d’humilité et l’acceptation inconditionnelle de l’ingurgitation de beaucoup de déchets, à l’instar du fameux évêque bourré de Prévert qui vomit dans le caniveau et qui, voyant passer ordures, tickets de métro et préservatifs se dit ‘’c’est pas possible que j’aie avalé tout ça’’ !

finch

@ sbriglia

Paris est jalonnée de références aux victoires épiques de la magnifique armée française qui s'est encore illustrée, il y a peu, à travers le sacrifice consenti de deux immenses héros.
Humblement, je pense que la raillerie d'Édouard Philippe sur la droite Trocadéro pourrait être pour Macron ce qu'a été pour Jospin la moquerie du Chirac "vieux, usé, fatigué". Mais je me trompe peut-être.
Merci pour le très beau rappel historique.

Claude Luçon

"...à chaque fois qu'on désirait vanter Edouard Philippe, on ne trouvait rien de mieux à dire : "Il a été un bon maire du Havre".
Au fond c'était peu mais il fallait s'en contenter."

Cher Philippe,

Gérer Le Havre, notre plus grand port Atlantique, où sévit le syndicat CGT des dockers, est loin d'être une mince affaire. Il faut des nerfs solides, un certain culot, une patience d'ange, une volonté d'acier, une tête solidement plantée sur les épaules et même savoir utiliser ses poings.
Surtout lorsque derrière, vous avez aussi une industrie pétrochimique couvrant 80 % de nos besoins plastiques et une usine Renault, avec les sections de la CGT qui vont avec, CGT qui n'hésite pas à séquestrer des dirigeants et brûler des palettes de bois et des pneus pour assiéger des usines.

J'ai appris cela plutôt brutalement pendant seulement trois ans avec les syndicats des dockers britanniques à Great Yarmouth et Sunderland, petits ports, sans être maire de leur ville, seulement dirigeant d'une société parapétrolière.
Comme dirait Macron, cette expérience m'a changé.
On ne négocie pas avec les syndicats de dockers, on se bat contre les dockers, lesquels n'hésitent pas à vous traiter de tous les noms, et parfois plus ; ils se veulent et sont maîtres des ports, rien à voir avec nos fonctionnaires .
Eux, et les mineurs, ont finalement amené Margaret Thatcher au pouvoir, qui s'est révélée, elle l'a déclaré, être le seul homme du parti conservateur, une boxeuse de talent qui les a mis définitivement KO.

Petite ville peut-être mais comparée aux bureaux, nids de pigeons et trottinettes de Paris je suis prêt à parier qu'il est bien plus facile de gérer Paris que Le Havre.
Je crains que vous ne sous-estimiez Edouard Philippe.
Paris est une ville de fonctionnaires, certes casse-pieds mais seulement fonctionnaires. Ce ne sont que des bisounours comparés aux gros bras de la CGT.

Par ailleurs, nous avons une ambiance politique nationale digne d'un cirque, sans droite ni gauche toutes deux disparues. Cirque qui nous offre 34 listes de candidats à l'UE comme spectacle. Un spectacle composé de plus d'oies, d'ânes et zèbres insoumis et où les LR, ayant retrouvé le chemin de l'église, nous présente un enfant de chœur très soumis lui, le tout faute de tourterelles, poneys et chevaux bien dressés il est difficile de trouver le Monsieur Loyal de la situation surtout quand une MLP et un JLM veulent s'approprier le rôle.

Qu'Edouard Philippe louvoie dans cette tempête politique de tragi-comédie, rien d'anormal.

Plus finement Retailleau joue le même jeu, mais il lui manque l'expérience du pugilat avec la CGT.
Dans le chaos comme celui où nous vivons, il faut savoir jouer le benêt, surtout avec la bande d'égocentriques que sont le reste des acteurs, et préparer son rôle futur discrètement. C'est aussi le cas dans l'entreprise et je parierais que c'est aussi le cas dans la magistrature.
Il faut savoir se faire sous-estimer, apprendre à recevoir des coups bas tout en préparant les siens. La méthode François Hollande utilisée par Emmanuel Macron !

Cordialement ?

breizmabro

@ boureau 16 mai 2019 à 10:10

Bravo !

E. Philippe est non seulement un personnage falot il est AUSSI fayot. Le genre de mec qui était présent au Trocadéro et qui, maintenant, pour faire plaisir à Manu, se moque de "ceux qui y étaient", dont lui.

Pitoyable.

En même temps, comme dit l'autre, que pouvions-nous attendre d'un adoubé par Manu à part un serviteur...

Adéo boureau

caroff

Je me souviens qu'en 2016, soit un an avant l'élection, certains de mes collègues "degoche" constatant la déliquescence de leur poulain Hollande, s'interrogeaient sur le candidat qui pourrait réunir leurs suffrages.

A l'époque certains journalistes ciraient les pompes de Juppé en le créditant d'une réelle capacité à "rassembler" les forces républicaines attachées à des valeurs compatibles avec celles du PS. Ces mêmes collègues me confièrent qu'à tout prendre ils préféraient se rallier à lui plutôt que de voter pour des Hamon ou des Mélenchon...

Et puis on a vu le résultat avec la claque adressée en pleine figure du maire de Bordeaux par les électeurs de droite.
Derrière Juppé il y avait Boyer, Philippe et autres Darmanin qui avaient compris que le remplissage de gamelle passerait par des compromissions avec la Macronie !

Le Maire et Raffarin complètent la liste de ceux qui adhèrent au centrisme mou promu par Bayrou, lui-même devenu proche conseiller de Macron avec le succès que l'on sait...

Comme d'autres contributeurs ici je méprise ces traîtres !

Achille

Ah la famille ! Quand on regarde bien ce qui s’est passé à l’époque de la conquête de la présidence de l’UMP suite à la défaite de Nicolas Sarkozy, avec la guéguerre Fillon – Copé, mais aussi au cours de la campagne électorale de 2017 avec François Fillon et Alain Juppé qui étaient bien décidés tous les deux à être intronisés candidat de leur parti, on peut se dire que cette famille ressemble plus à celle des Ewing, de la série Dallas, qu'à celle de la sympathique mais un peu mièvre « La petite maison dans la prairie ».

Aujourd’hui rien n’a changé. Certains caciques de LR sont bien décidés à tenter leur chance en 2022: Valérie Pécresse, Xavier Bertrand sont déjà en train de fourbir leurs armes tandis que Laurent Wauquiez qui est aussi franc qu’un âne qui recule, voit ses alliés le lâcher les uns après les autres.

Alors certes le Premier ministre a plutôt été malhabile en rappelant les déconvenues de la droite Trocadéro, mais sur le fond, il n’a pas tout à fait tort.

Jabiru

"Il a été un bon maire du Havre"

Un bon maire quand même épinglé pour sa gestion des finances du Havre.
Les finances de la ville étant proches du seuil d'alerte d'après un rapport de la chambre régionale des comptes entre 2012 et 2017.
Il aurait laissé une dette de plus d'un million d'euros au Havre après son départ.
Pas le genre à économiser les deniers du contribuable et notamment une facture de 350 000 euros qui ne passe pas s'agissant du vol privé qui l'a ramené de Nouvelle-Calédonie.

Tipaza

Le regard franc, l'air épanoui, la main tendue vers l'autre, voilà une photo parfaitement représentative du personnage.

Pour le reste je rappelle la vieille formule de tous les pouvoirs, roi ou République, on aime la traîtrise pour ce qu'elle rapporte à celui qui en profite, mais on n'aime pas les traîtres.

Patrice Charoulet

Cher Philippe,

"Le flou du roi" ! Grand merci de ce bonheur d'expression. Dans tous les débats, je savoure les idées, mais aussi les trouvailles verbales.
L'extrême gauche, la gauche, et tous les ennemis de la droite, sont heureux de décrier les gens qui se trouvèrent un certain jour au Trocadéro. Casanier, je n'ai pas eu envie de prendre alors le train pour Paris. Moi qui déteste les foules, j'aurais sans doute, dérogeant à mes habitudes, si j'avais habité là, été écouter les discours de la droite, qui aurait très probablement été aux manettes sans les petits aléas que l'on sait.

Je reproche à Edouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin... parlons brutalement, d'être allé à la soupe. Il y a eu des précédents dans l'histoire de France. A commencer par Talleyrand. C'est l'engeance des girouettes. Je n'en raffole pas.

sbriglia

Oui, finch, et s'ils savaient que la prise du fort du Trocadéro en 1823 a été faite par de valeureux soldats profitant de la marée basse, baïonnette au canon !

« Enjamber d'un pas les Espagnes, réussir là où Bonaparte avait échoué, triompher sur ce même sol où les armes de l'homme fantastique avaient eu des revers, faire en six mois ce qu'il n'avait pu faire en sept ans, c'était un véritable prodige ! » (Chateaubriand).

J'aime cette droite, comme j'aime la gauche de Valmy... comprenne qui pourra.

boureau

"Edouard Philippe : le flou du roi"

Billet d'à-propos qui cerne bien ce personnage falot cher P. Bilger.

Apparatchik creux, terne et ennuyeux, ce Premier ministre sorti de l'anonymat par E. Macron, m’apparaîtra toujours - comme à bien des Français de l'Ouest - celui qui a foulé au pied la démocratie et les décisions de justice dans le cadre de Notre-Dame-des-Landes.

L'Histoire s'est vengée en transférant la violence des Black Blocs à Paris avec les conséquences que l'on connaît. Au passage, les Parisiens ont pu apprécier je l'espère, ce que les Nantais et les Rennais ont connu pendant des années dans la plus parfaite indifférence des médias et des politiques. Une leçon salutaire !

Quant à l'analyse politique de L. Wauquiez - Edouard Philippe représente la "gauche Solférino" -, contrairement à ce que vous en dites cher P. Bilger, elle est tout à fait exacte historiquement. Et bien représentée par Juppé, Raffarin et quelques autres. Cette fausse droite centriste qui avance masquée et qu'une seule chose intéresse, le pouvoir.

Comme le dit Patrick Buisson dans une interview récente du Figaro Magazine - à propos d'E. Macron - : "Pour Macron comme pour Sarkozy, gouverner ce n'est pas choisir, gouverner c'est jouir". Compte tenu des terribles faiblesses de leurs actions pour la France quand ils étaient au pouvoir, ces Juppé et ces Raffarin d'opérette sont du même acabit.

"Juppé (...) une sorte de sage qu'on invoque à tout bout de champ" : franchement P. Bilger, qui avez-vous entendu débiter une telle ânerie ?

Cordialement

Xavier NEBOUT

Encore une fois et de toute évidence, c'est quand il se lâche dans son grand talent de tailleur de costard que Philippe Bilger est de loin le meilleur.

S'il se concentrait dans cet exercice au lieu de s’éparpiller dans de la présence populaire et inévitablement souvent médiocre sur Sud Radio et autres, il gagnerait en considération dans les médias, et par là même en poids politique.

Ne gaspillez pas votre talent, M. Bilger.

Marc GHINSBERG

Aujourd’hui, Philippe revêt l’habit du grand méchant flou. La victime du jour : le Premier ministre dont il ne fait qu’une bouchée. Ce faisant il apporte la démonstration que la droite Trocadéro existe bien. La preuve, elle se défend !

Michel Deluré

Indépendamment de tout jugement sur l'action politique d'Edouard Philippe, j'avoue avoir du mal à éprouver de la sympathie pour une personne qui, pour des motifs circonstanciels, prétend abhorrer aujourd'hui ce qu'elle a hier adoré.

Je veux bien admettre que l'on évolue avec le temps, que l'on puisse changer d'avis, que l'on puisse reconnaître s'être parfois trompé de chemin par le passé, un passé en l'occurrence pas si lointain s'agissant du Premier ministre actuel, mais j'accepte difficilement que l'on puisse alors hypocritement ironiser sur une famille à laquelle on a longtemps appartenu et dont on partageait les valeurs, les convictions.

Même si l'on essaye de démontrer que ces valeurs, ces convictions, c'est la famille à laquelle on appartenait qui ne les véhicule plus, la morale commanderait au moins que l'on ne décoche pas ses flèches sur cette famille que l'on a volontairement quittée pour satisfaire ses propres ambitions.

Mais j'oubliais, la morale n'a rien à voir avec la politique !

Narcisses

La droite Trocadéro conviendrait mieux me semble-t-il, cette droite qui avec le PS et ses soutiens, a amené le pays dans la situation où il se trouve. On fait toujours mieux lorsqu’on se trouve dans l'opposition ! Certes nous n'avons à notre disposition si l'on peut dire, qu’une ribambelle de prétendants plus ou moins incapables les que les autres, c’est vrai le président a beaucoup de défauts, une politique improbable... il a nommé un Premier ministre certainement imparfait.
La critique souvent systématique est la seule compétence de la ribambelle. Sérieusement qui à ce jour est susceptible de présenter une politique pour la France, politique pour le pays dans toutes ses particularités, et de l’appliquer.

finch

J'adore le ton feutré de Philippe Bilger dont on sent l'indignation à travers les lignes de son billet. S'il est prudent envers Emmanuel Macron, il prend moins de gants avec Édouard Philippe qui n'est effectivement qu'un pion entre les mains et au bon vouloir de son chef.

On a déjà employé pour faire le pendant de la droite Trocadéro : les termes de droite Solférino (Laurent Wauquiez) et droite Mercato (Julien Aubert).
On pourrait y ajouter la droite Collabo.

Au Trocadéro, en ce 5 mars 2017 (j'y étais…) il y avait plus qu'un meeting de parti et une agitation frénétique de drapeaux français. Il y émergeait une émotion incroyable parce qu'on avait démoli, sur ordonnance, la candidature à la présidentielle de la droite gouvernementale, de la droite légitime, de celle dont on est si fier et à qui on est si fidèle.

Philippe Bilger ne s'est pas rendu à ce meeting (il l'a annoncé sur son blog…) car il n'a pas apprécié les charges contre François Fillon et sa défense maladroite. Mais Fillon comment pouvait-il faire autrement que de rester digne et persévérant face aux boules puantes qui l'avaient agressé ?

Je ne crains pas de dire que l'émotion perçue ce jour-là a presque été aussi forte que celle qui a, sans doute, été ressentie en 1945 à la Libération, sur les Champs-Elysées, avec le Général de Gaulle. On sortait en 2017 d'une situation incomparablement moins grave, mais ce jour-là, au Trocadéro, la droite fidèle a redressé la tête, a refusé le joug du coup monté, a ressoudé ses rangs et renouvelé sa confiance au candidat Fillon qu'elle avait plébiscité lors de la primaire. Exit les espoirs d'Alain Juppé baigné dans une amère déception.

Beaucoup de gens de la droite Trocadéro ont conservé leur fidélité au brave et malheureux Fillon qui a réussi le tour de force de faire un peu plus de 20 % au premier tour de la présidentielle malgré toutes les casseroles qu'on avait attachées à ses basques.

Édouard Philippe n'est qu'un charognard envoyé en mission par Macron pour dépouiller les restes de la droite Trocadéro en y débauchant des électeurs. C'est parce qu'il était de la droite juppéiste qu'il a été nommé Premier ministre par Macron. C'est pour cette raison qu'il a affirmé être un homme de droite juste après sa nomination. C'est pour cette raison qu'à quelques jours du scrutin européen, il vient chasser sur les terres de la droite Trocadéro.

Édouard Philippe se moque de la droite Trocadéro alors qu'il n'est un collabo (bien sûr pas au sens nazi du terme…) et aussi un horrible félon à son camp, ce que Philippe Bilger ne pouvait dire aussi violemment mais qu'il pense certainement.

Édouard Philippe a tort, car en agissant ainsi, il ressoude cette belle droite, qu'avec son patron, il tente de réduire à peau de chagrin.

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