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06 juillet 2019

Commentaires

Mary Preud'homme

Parmi les professions jadis respectées, voire sacralisées et aujourd'hui montrées du doigt et attaquées de toutes parts, je citerai celles d'enseignants dont le métier dans certains quartiers est devenu un sacerdoce, sinon un véritable enfer !

Noblejoué

Et les métiers honnis de longue date ?

https://www.contrepoints.org/2013/11/04/145039-prostitution-en-defense-des-proxenetes

https://www.20minutes.fr/france/313205-20090320-prostituees-maintenant-syndicat

Comme par hasard, les politiques, la police, les magistrats et les médias n'ont pas été des plus protecteurs pour les catégories de gens que je citais plus haut... On déconsidère les uns et les autres, on interdit, on agit arbitrairement, on fait dans le sensationnel...

...et on s'étonne d'être mangé à la sauce dont on assaisonne les autres. Mais enfin, on a donné de si bons exemples !
A la moindre défaillance, on est diabolisé comme on diabolise les autres, est-ce vraiment étonnant ?

Il faut essayer que les gens ne soient pas obligés d'exercer des professions qui leur déplaisent pour survivre.
Mais on n'a pas à préjuger de ces métiers. En somme, il s'agit d'élargir la gamme, et non réduire les possibles selon ses goûts ou ceux prêtés au public.

boureau

@ Robert Marchenoir 06 juillet 2019

"Le monde est plein de racistes".

Cela va sans dire !

Mais cela va encore mieux en le disant ou... en l'écrivant comme vous le faites.

Cordialement.

Savonarole

@ Giraudet | 06 juillet 2019 à 15:39

J’avais 10 ans quand mon grand-père me faisait pleurer avec la mort du loup.
Depuis j’ai grandi, pas vous ?

Savonarole

Puisque vous partez tous en vacances et que les sujets de Philippe deviennent de plus en plus raplapla je vous conseille d’emporter dans vos cantines quelques livres.

Un livre superbe de Serafín Fanjul. « Al-Andalus, l'invention d'un mythe » - La réalité historique de l'Espagne des trois cultures, L'Artilleur, 2017.
Orientaliste espagnol, directeur du centre culturel espagnol du Caire, il a traduit nombre de poèmes arabes du 15e siècle. Couvert de gloire et décorations, il démonte à un âge avancé l’entourloupe de nombre de couillons, dont beaucoup d’écrivains français, qui ont contribué à nous vanter l’extase de l’apport musulman en Espagne. Tout y passe, un massacre.

Puisque vous n’êtes plus de gauche ici, mis à part Tomas, on peut lire Thierry Wolton « le Négationnisme de gauche ».

Et puis comme toujours, « La Ligne d’ombre » de Joseph Conrad, un Voyage juste avant le fameux Voyage de Céline dont il s’est beaucoup inspiré.
« Voyager » c’est resté dans la langue anglaise et avec Joseph Conrad on n’est jamais déçu.

genau

Jamais, aucun régime n'a emporté autre chose que la constitution en trois étapes de l'état du pays:
- enthousiasme de type révolutionnaire
- acceptation des nécessités de gouvernement
- épuisement politique et réaction

Tout au long de la vie du régime, des durillons se forment. L'Antiquité en est le modèle, augmenté du faible nombre de citoyens cristallisant mieux les tendances:
- Cicéron écrivant que deux augures ne peuvent se croiser sans sourire.
- le chemin du vote dans la Rome primordiale passant par un pont (vecteur) où les candidats étaient interpellés par la plèbe, d'où les invectives.
- la leçon de Lucius Quintus à son frère, dosant soigneusement la part de sincérité dans la campagne électorale.
- les lettres de Pline, désabusées mais mesurées.
- les critiques acerbes et intéressées de Juvénal.
- l'algarade entre Alcibiade et Nicias sur le prix de la vérité.
- le pirate désinvolte devant Alexandre, lui assénant qu'il n'est qu'un brigand doté du pouvoir de justice.

Ceci posé, la démocratie moderne s'est enfoncée dans une nécessité de bien-être où il vaut mieux être un forban bienfaisant qu'un administrateur rigoureux.

C'est ainsi que les taxes dédiées ne sont pas employées selon leur destination légale, que les gouvernants s'encanaillent publiquement, tout en canonnant le public de valeurs républicaines qui, précisément, n'ont rien à voir avec la vie privée, ce que l'opinion publique a tendance à négliger. C'est ainsi que Jacques Coeur, Fouquet, dans des proportions infiniment plus importantes que Cahuzac ou Barre, ont scellé leur destin.

Reste l'exercice de la justice: elle n'a jamais été à l'abri de la critique et même de la vomissure. Celle de Saint Louis ne vaut que par le chêne qui la couronne et celle de Pierre de Lancre sent furieusement la chair de sa maîtresse-enfant, cruelle et perverse. Le supplice de Vanini résonne encore à Toulouse, et Saint-Evremond nargue encore Louis XIV depuis son tombeau de Westminster.

En revanche, les époques révèlent des beautés humaines, artistiques ou marchandes qui laissent pantois. Le faible nombre d'ouvriers égyptiens pour la construction de Kheops, le génie de certains officiers publics, en opposition avec les ignominies communistes où l'homme est privé de réflexion.

Il faut se réjouir de la médiocrité des journalistes et plus encore de celle des agitateurs sociaux, tristes baladins obligés de prostituer ce qui leur reste d'âme pour accéder au vedettariat. Mais heureusement qu'ils existent, pour nous faire apprécier l'extinction des écrans ravageurs.

J'ai lu en une petite heure le dernier opus de Jean d'Ormesson: il n'y a rien de bien nouveau, on sait tout du personnage, mais la montée progressive de sa relation au monde vers un personnage est saisissante. Celui-là a eu toutes les grâces, les faveurs, la fortune et l'esprit et il ne les a pas gâchés.

Robert Marchenoir

Parlons des juges. S'ils veulent être respectés, il faut qu'ils renoncent à sortir de leur rôle en exerçant une tutelle sur les orientations politiques du gouvernement. Comme c'est le cas à travers tout l'Occident actuellement. Dans le but d'imposer les diktats du politiquement correct à la population qui n'en veut pas, sabotant ainsi la démocratie. Et en particulier, dans le but de contraindre leurs concitoyens à accepter l'immigration de masse.

A cet égard, il est fort instructif de constater qu'en Israël, les choses se passent exactement de la même façon que chez nous : les juges sont, avec les journalistes, au premier rang des militants pro-immigration.

Heureusement, Israël est un peu en retard sur nous (ou en avance, selon le point de vue que l'on adopte) : par exemple, l'ancien premier ministre Ehud Olmert avait signé, avec l'Égypte, un accord de renvoi automatique des immigrés illégaux.

Le gouvernement a mis en œuvre, avec l'Ouganda et le Rwanda, un plan de "déportation des immigrés illégaux dans des pays tiers sûrs". Oui, oui : déportation. C'est comme ça qu'on dit. Déportation avec 3 500 dollars de prime à la clé (soit 5 ans de revenu annuel dans ces pays).

Une ONG (en franchouille dans le texte : une "assoce"), baptisée Centre israélien pour la politique d'immigration, défend l'idée d'une retenue à la source sur les salaires des immigrés, qui ne leur serait rendue qu'à leur départ du pays (le très "raciste" Front national n'a jamais pensé à un truc pareil...).

Bon, je vous rassure, c'est la seule. Toutes les autres "assoces" sont vigoureusement pro-immigration, et sont encore plus puissantes qu'en France, si c'est possible.

Ah ! j'oubliais. Dès 2013, Israël a construit un "mur" -- un beau, un grand mur, un mur "raciste" à la Trump, tout le long des 241 kilomètres de sa frontière avec l'Égypte, et depuis, l'afflux des immigrés illégaux a chuté de façon spectaculaire.

Très instructif également : ce sondage mondial, montrant que les citoyens des pays "racisé-e-s" sont largement plus "racistes" que les blanchouilles européens : 65 % des Sud-Africains réclament une diminution ou un plafonnement de l'immigration dans leur pays, 60 % des Kényans, 50 % des Nigérians, 45 % des Indiens et 44 % des Mexicains.

En revanche, seuls 38 % des Australiens en disent autant, 37 % des Britanniques et 29 % des Américains (Pew Research, 2018).

Un autre sondage montre que 61 % des Turcs et 45 % des Indiens pensent que leur pays serait plus fort s'il arrêtait complètement l'immigration, contre 37 % seulement des Allemands, 31 % des Britanniques et 30 % des Australiens.

57 % des Turcs, 54 % des Sud-Africains et 46 % des Brésiliens se sentent comme des étrangers dans leur propre pays en raison de l'invasion migratoire, contre 38 % seulement des Allemands, 36 % des Britanniques et 36 % des Australiens.

74 % des Turcs, 64 % des Péruviens, 62 % des Indiens et 60 % des Sud-Africains réclament la préférence nationale à l'embauche, contre seulement 58 % des Américains, 48 % des Britanniques et... 17 % des Suédois (Ipsos MORI, 2017).

Le monde est plein de "racistes", et ils sont, de façon tout à fait disproportionnée, noirs ou bronzés.

Le plus rigolo étant que l'auteur de l'article d'où sont tirés ces chiffres s'appelle Remi Adekoya. Comme son nom l'indique, il est... comment dire, sans offenser de délicates sensibilités... enfin, noir, voilà. En fait, pour connaître la vérité sur le "racisme", il faut aller chercher un Noir lucide, un qui soit moitié nigérian, moitié... polonais.

Ouaip. Le monde commence à devenir sacrément compliqué.
______

@ breizmabro | 06 juillet 2019 à 12:55

A votre service.

caffer

Il me semble que le nœud de la question c’est le délitement d’un Etat qui était encore, à la sortie du second conflit mondial jusqu’à l’orée des années soixante-dix, fort et irrigué par une pratique démocratique plutôt évoluée.

Ce que ressentent confusément les Français, c’est que cet Etat est devenu ultra-dominant, sur tous les secteurs de la société, sans pour autant leur assurer la sécurité et la justice sociale.

La presse audiovisuelle relaie globalement le discours du gouvernement.
La Justice est à deux vitesses ; les puissants lui échappent.
Les forces de l’ordre sont soumises à un centralisme extrême qui dévalue les chaînes de commandement.
La haute administration, qui avait su assurer le service de l’Etat même lorsque les gouvernements sautaient régulièrement sous la IVe République, est aujourd’hui envahie par des hommes et des femmes qui cherchent la carrière, couchant littéralement avec le secteur privé.

Il y a plusieurs raisons à cela :
Une Constitution et un système électoral qui ne permettent plus l’équilibre des pouvoirs et l’expression intelligente du débat démocratique.
Une Justice devenue Autorité judiciaire au lieu de Pouvoir judiciaire, aux moyens scandaleusement faibles.
Un Etat qui externalise une partie substantielle de ses services, et ne remplit qu’à peine ses fonctions régaliennes.
Moyennant quoi l’opinion publique désorientée et méfiante à l’égard du système se goberge des mouvements d’opinion les plus simplistes et sensationnels.
En attendant le sursaut de ceux qui ont le sens de l’Etat et du bien commun…

caroff

Toute généralisation semble abusive.

Il y a de mauvais magistrats, ça existe j'en connais, il y a sans doute des policiers et des gendarmes peu fiables, comme il y a des plombiers-zingueurs ou des maçons qui ne font pas honneur à leur métier... Et alors ?

Alors, lorsqu'il s'agit de professionnels du régalien, le citoyen estime anormal que ces gens payés avec ses sous prennent à la légère leur travail. Mais qui dirige les fonctionnaires d'autorité ?
Les politiques, tout ministre par exemple est le chef de son administration. Il est donc comptable de conduites peu dignes ou d'incompétents manifestes ; mais il dispose d'un arsenal de sanctions lui permettant de sévir lorsqu'il y a manquement. S'il ne le fait pas il s'en rend complice.

L'actualité met sous une lumière crue des élus corrompus ou malveillants: Balkany, Guérini, Cahuzac, mais font-ils oublier la myriade d'élus locaux parfaitement dévoués ?
Ce serait une grave erreur de déduire du comportement pénalement répréhensible de certains, que l'ensemble de la classe politique engagée au service de la collectivité soit affectée des mêmes maux !

Quant aux journalistes, ils tendent chaque jour les verges pour se faire battre. Inculture crasse, mensonges, fautes de français et commentaires allant continuellement dans le sens du vent de l'idiotie contemporaine: pas un pour sauver l'autre !

Patrice Charoulet

Cher Philippe,

J'ai lu vos réflexions de ce jour.
J'estime les politiques, les magistrats, les policiers et les journalistes. Et si l'opinion publique a du mépris pour ces quatre groupes, l'opinion publique a tort.
Petit rappel : les gens en jaune qui ont empoisonné notre pays pendant six mois ne partageaient pas mon jugement sur les politiques, les magistrats, les policiers et les journalistes. D'où leurs mauvais comportements.

Gavroche

Monsieur Bilger,

Je peux vous prêter mon mouchoir.
La tête étant pourrie il est normal que le corps veuille s'en détacher.

P.-S.: il me semble que vous n'avez toujours pas compris ce qui se passe en France depuis cinquante ans ou vous le faites exprès.

Exilé

@ Solon
"...les politiques sont méprisés, par qui ? Par des gens qui n'ont aucune idée du travail qu'ils font, souvent harassant et ingrat"

Travail « harassant et ingrat » comme par exemple celui qui a conduit à la législation sur la fessée, ou bien comme la parité homme-femme, ou bien comme les prétendues « fausses nouvelles » ou bien comme la signature du Pacte de l'ONU sur les migrations que personne n'avait demandée...

En fait, ce qui est reproché au monde politique est de remuer beaucoup de vent autour de questions futiles et accessoires quand elles ne sont pas dangereuses au lieu de traiter les vrais problèmes que tout le monde connaît mais que le monde politique recouvre d'une chape de plomb.

Aliocha

Entraînant le commun à son atavisme égaré, la faute est aux juifs, aux francs-macs, aux musulmans, aux chrétiens, aux homos, à la crémière ou à mon chien, disais-je en commentaire du billet précédent, j'oubliais les médias, où donc avais-je la tête, et les banquiers aussi, la finance qui sait maintenir l'illusion à coup de taux négatifs, et son profit sur du rien.
Je cèderais bien à la tentation, duvent, d'être avec vous pour ne plus avoir peur, mais vous allez me jeter, je retourne faire le mâle sur mon rocher :

https://www.youtube.com/watch?v=N9T98bE6BoY

Le Pâtre de montagne

Juché sur le plus haut rocher,
Les yeux plongés dans la vallée,
Je chante,

Et l'écho monte
Des profondeurs,
S'élève des sombres ravines.

Plus ma voix porte
Plus elle me revient, claire,
D'en-bas.

Ma bien-aimée demeure si loin !
Avec toute mon ardeur
Je l'appelle d'ici.

[Son nocturne]
Mais un noir chagrin me consume,
Ma joie s'en est allée,
Tout espoir m'a quitté en ce monde
À tel point je suis seul.

Ce chant résonnait avec tant de nostalgie
Dans la forêt nocturne,
Qu'il élevait les cœurs vers le ciel,
D'un pouvoir merveilleux.

[Idées d'espoir]
Bientôt ce sera le printemps.
Le printemps, mon espoir.
Il me faut maintenant
M'apprêter à partir.

Solon

Et si, au lieu de s'interroger sur les policiers, les magistrats, les journalistes, on s'interrogeait sur ceux qui s'arrogent le droit de les juger, c'est-à-dire l'opinion publique ? Exemples:

- les politiques sont méprisés, par qui ? Par des gens qui n'ont aucune idée du travail qu'ils font, souvent harassant et ingrat, et qui généralisent le comportement méprisable de quelques-uns ;

- la police est présumée coupable. Par qui ? Les gauchistes dont le but est de déconstruire la société actuelle. Mais toutes les enquêtes d'opinion disent que majoritairement les Français ont une bonne opinion des policiers et gendarmes. Taper sur le gendarme n'est pas d'aujourd'hui, Guignol en témoigne ;

- les journalistes sont au plus bas ? Quand on est assez c*n pour faire confiance aux réseaux sociaux plutôt qu'à des titres éprouvés, on devrait se taire !

- reste les magistrats. On peut être partagé sur leur cas, après le mur tristement célèbre et certains comportements et intrusions dans le domaine politique. Faut-il pour autant oublier l'énorme dévouement de la très grande majorité et les conditions plus que difficiles et le manque de moyens de leur exercice professionnel ?

Il y a deux mille six cents ans Solon interpellait déjà les citoyens d'Athènes pour leur conseiller de s’interroger d'abord sur leur propre comportement. Rien n'a changé...

Giraudet

Bonjour et merci M. Bilger pour votre billet. Je trouve votre analyse juste.

De fait je viens de recevoir cette information:

Meurthe-et-Moselle : la préfecture va autoriser l'abattage du seul loup du département .

Motif du préfet : c'est un animal qui a un comportement erratique et anormal, donc nous sommes contraints de le tuer.
Éric Freysselinard
préfet
à France Bleu Sud Lorraine

Lien : https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/meurthe-et-moselle-la-prefecture-va-autoriser-l-abattage-du-seul-loup-du-departement_3521449.html?fbclid=IwAR0BvcHh5FFtHGAC43eNDKGWFdL-vXtsdqr4g9VOV1h1x8CKDWahtzfuHgc

Pardonnez-moi mais c'est un peu court comme motif ! Avec l'accord du président de la République, bientôt tout le monde ou presque pourra tuer des loups en France.

C'est vrai, à un moment on finit pas être excédé par toutes ces mesures arbitraires, injustes et disons-le franchement : stupides.

Et j'ai envie de leur crier à tous ces gens le fameux mot de Cambronne à Waterloo : "MERDE" !

Et je terminerai par cet émouvant hommage au loup :

LA MORT DU LOUP - Alfred de Vigny

Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l’incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l’horizon.
Nous marchions, sans parler, dans l’humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des landes,
Nous avons aperçu les grands ongles marqués

Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. — Ni le bois ni la plaine
Ne poussaient un soupir dans les airs ; seulement
La girouette en deuil criait au firmament ;
Car le vent, élevé bien au-dessus des terres,
N’effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d’en bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque, baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s’étaient mis en quête
A regardé le sable en s’y couchant ; bientôt,
Lui que jamais ici l’on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçaient la démarche et les griffes puissantes

De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions pas à pas en écartant les branches.
Trois s’arrêtent, et moi, cherchant ce qu’ils voyaient,
J’aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au-delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse ;
Mais les enfants du Loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu’à deux pas, ne dormant qu’à demi,
Se couche dans ses murs l’homme leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,

Sa Louve reposait comme celle de marbre
Qu’adoraient les Romains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s’assied, les deux jambes dressées,
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s’est jugé perdu, puisqu’il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante,
Et n’a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair,
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu’au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.

Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu’à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang,
Nos fusils l’entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

J’ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n’ai pu me résoudre
À poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
Avaient voulu l’attendre, et, comme je le crois,

Sans ses deux louveteaux, la belle et sombre veuve
Ne l’eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
À ne jamais entrer dans le pacte des villes
Que l’homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes,
Que j’ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C’est vous qui le savez, sublimes animaux !

À voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse,
Seul, le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
— Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m’est allé jusqu’au cœur !
Il disait : « Si tu peux, fais que ton âme arrive,
À force de rester studieuse et pensive,
Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté.
Gémir, pleurer, prier, est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le sort a voulu t’appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »

Écrit au Château du M***

S Carioca

Certains font des efforts pour ne pas être respectés. Prenez les journalistes:

- interviews agressives sans connaître les dossiers.

- cherchant le battage (le battage c'est ce que les snobs et ignares appellent "beuze" de l'anglais "buzz" qui signifie... bruit, battage médiatique) plus que le fait (un fait c'est quelque chose que l'on peut vérifier en faisant des "vérifications", vieux mot français pouvant désigner le "fakteu-tchékïngue").

- et par conséquent: pas d'insistance à obtenir une réponse décente ou non mensongère lorsque l'interrogé répond à côté. Il faut connaître les dossiers et avoir du tonus cérébral.

- maniement lamentable de la langue française notamment à l'oral.

- lisez un article même de fond sur un sujet que vous maîtrisez et bien souvent on voit que le journaliste se trompe ou trompe. On peut penser qu'il en est de même dans les domaines que l'on ne maîtrise pas soi-même (la majorité donc).

Savonarole

La terre entière a rigolé en apprenant les mésaventures du commissariat de Pézenas en 2002.
Une bande de jeunes cagoulés assiège le commissariat, aucune réponse, silence de mort, aucune réaction, en fait nos fonctionnaires se trouvaient dans le jardin du commissariat et se faisaient des crêpes Suzette avec un petit rosé glacé. Ils n’ont rien entendu.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/polemique-au-commissariat-11-02-2002-2002809867.php

boureau

"Peut-on encore sauver certains métiers du naufrage ?"

Sans doute non, cher P. Bilger, sans doute non !

Voilà le petit bout de phrase, à mon avis et dans l'analyse, le plus important de votre billet ; et ce pour toutes catégories que vous citez :

"ce dont il fallait se protéger"

Ce ne sont pas les personnes, ni les métiers qui sont en cause, mais les "systèmes" cher P. Bilger : ils sont devenus fous. Des canards sans tête !

Relisons Huxley ou Orwell, toujours d'actualité, en plus soft nous y sommes.

Pour ce qui concerne le système judiciaire, l'analyse n'est pas difficile :

En cause d'abord, la féminisation excessive de la profession. Nous savons que les valeurs féminines, quand elles sont dominantes, affaiblissent considérablement en efficacité, les professions exercées.

Historiquement le premier exemple vient de loin : la féminisation des professions médicales dans l'URSS communiste à partir des années cinquante entraînant une baisse massive de la qualité des soins à la population. Baisse des soins qui n'a pu être cachée.

Ensuite l'asservissement à des juridictions supérieures : la Cour européenne des Droits de l'homme. Et bientôt certains services juridiques onusiens (mondialisation oblige).

Et la longueur décisionnelle inadmissible qui obère l'efficacité et la crédibilité.

Et la syndicalisation de cette profession, la consanguinité des acteurs, le carriérisme, l’entre-soi...

Le manque de sélection à la sortie de l'école, ensuite le manque de mise à niveau, le manque de contrôle dans la qualité du travail effectué...

Bref une profession et des métiers qui ne sont jamais ni jugés, ni sanctionnés, ni mis à niveau et qui ne rendent compte de rien ! Comme dans la fonction publique. Résultat une médiocrité d'ensemble comme celle actuelle de nos services publics.

La même analyse pourrait être faite pour l'Education nationale et sa féminisation.

Un sursaut commun ?
N'y comptez pas cher P. Bilger !

Pour ces gens-là - comme dirait Brel - tout ronronne dans leurs destinées tranquilles. Et pourtant la marmite populaire bout.

Cordialement.

breizmabro

@ Robert M. 06 juillet 2019 à 11:27

Je me suis bien amusée en vous lisant - entièrement.

Merci pour ce moment ! ;)

guzet

Depuis des années les médias ont systématiquement sapé l'autorité de toutes les institutions, en oubliant qu'ils étaient eux-mêmes des institutions exposées à subir le même traitement...

Robert Marchenoir

Prenons la police. On nous a beaucoup cassé les arpions avec les suicides de policiers, parce que seuls les suicides de fonctionnaires sont scandaleux, dans s'pays -- et bien sûr, lorsqu'un fonctionnaire se suicide, c'est forcément la faute du gouvernement. Même quand c'est un crypto-fonctionnaire, comme les agriculteurs.

J'ai déjà montré, ici, par le biais d'une étude tout ce qu'il y a de plus scientifique, que les policiers français ne se suicidaient pas davantage que la population dans son ensemble, une fois qu'on avait tenu compte du fait que cette dernière n'est pas dotée d'une arme de poing par l'État (il faut, bien sûr, lire l'article in extenso, et ne pas se contenter du résumé).

La conclusion qui ne figure pas dans cette étude, mais qui doit être énoncée, est évidemment la suivante : on recrute absolument n'importe qui dans la police. Dans un pays normal, les autorités sont censées rejeter la candidature de quiconque est suffisamment déséquilibré pour se flinguer à la moindre contrariété conjugale (par exemple), sous prétexte qu'il a sur lui le moyen d'en finir.

Dans un pays normal, les suicides de policiers devraient être, non pas similaires à ceux du reste de la population, mais absolument exceptionnels.

Je précise que tel devrait être le cas, même si les suicides en question étaient le fait des "conditions de travail", comme on dit en France. Il faut être complètement à la masse pour se suicider parce que votre supérieur hiérarchique est déplaisant avec vous. Ou parce qu'il y a des rats dans les toilettes. Ou pour toute autre raison de ce style.

Les gens normaux, c'est-à-dire non fonctionnaires, ont une solution à portée de la main dans ce genre de cas : démissionner. C'est curieux que les fonctionnaires soi-disant "harcelés par leur hiérarchie", et ayant suffisamment bobo à leurs conditions de travail pour songer à mettre fin à leurs jours, ne commencent pas par claquer la porte.

Il faut croire qu'ils n'ont pas le droit. Il doit y avoir une clause d'esclavage secrète, à l'embauche, dont le grand public n'a pas connaissance.

Les soupçons sur l'incurie des recruteurs se confirment, lorsqu'on consulte la rubrique des faits divers. Exemple : Un policier écroué pour le meurtre de son ex-compagnon.

Hein ? quoi ?... Je veux bien qu'on soit tolérant et moderne, mais il y a des limites : "Blessée d'une trentaine de coups de couteau, la victime a succombé à ses blessures peu après sa prise en charge par les pompiers et le Samu." Ah oui, tout de même...

"Les deux hommes, qui se connaissaient depuis l'adolescence, ont été en couple et le passage à l'acte s'est déroulé dans le 'contexte d'une rupture', mais les circonstances restaient floues dimanche, a souligné le parquet. Le fonctionnaire de police âgé de 24 ans, qui travaillait en Seine-Saint-Denis, a été mis en examen pour homicide volontaire sur conjoint ou ex-conjoint et placé en détention."

En voilà un qui n'a pas été poussé à bout par la mondialisation et la casse du service public. A 24 ans, il pouvait trouver un autre job, non ? Et s'il était possible de ne pas admettre dans la police des gens aux pulsions meurtrières et au psychisme perturbé, ce serait aussi bien, non ?

Autre fait divers : Un policier tire sur des ambulanciers et se fait interpeller par le GIGN. Un policier suicidaire, je précise. Donc, il va se retrouver dans les statistiques syndicales, et les pleureuses gauchistes (et souverainistes) vont encore nous en faire une pendule sur les "conditions de travail" et le "manque de moyens". Sans parler du "mépris" de l'État pour les fonctionnaires.

"Tout commence dans la soirée de mercredi lorsqu'une habitante de Saint-Christophe-du-Jambet appelle le Samu, inquiète de constater que son mari, un policier du Mans, vient d'ingurgiter une grande quantité de médicaments."

"Dans un premier temps, les ambulanciers lui prodiguent les premiers soins. Mais lorsque vient le moment de les suivre pour se faire hospitaliser, le quadragénaire refuse catégoriquement. Intimé de se laisser prendre en charge, l'homme aurait alors saisi une arme dans un meuble, éteint la lumière puis enjoint aux secouristes de ne plus bouger."

"Les deux professionnels ont tout de même réussi à s'extirper de la maison. Le policier aurait alors tiré par la fenêtre avec un fusil."

La gendarmerie a été forcée de faire appel au GIGN pour maîtriser un policier. Dites-moi que je rêve...

On continue, avec un autre drame de l'ultra-libéralisme qui détruit nos beaux services publics régaliens (avec la complicité de la macronie triomphante et des bourgeois catholiques de Versailles) : Le policier jette de l'acide au visage de sa compagne et se suicide.

"Il semblerait que l’origine du drame soit liée à la jalousie. Le policier était affecté à la direction départementale de la Sécurité publique de Seine-Maritime ; il menait des missions de police-secours à Rouen."

Tout à fait. Moi, quand je suis jaloux, je me rue chez Brico Dépôt, et j'hésite longuement entre l'acide sulfurique et la soude caustique.

"Il s’est suicidé d’une balle dans la tête selon les premières constatations."

A moins qu'il n'ait été victime d'empoisonnement de la part de l'oligarchie financière cosmopolite, bien entendu. On ne peut pas se fier aux médias du système.

"Sa compagne, dont l’état de santé est préoccupant, a été prise en charge par les sapeurs-pompiers et une équipe du Smur (Service mobile d’urgence et de réanimation) de Rouen. Un hélicoptère a été engagé."

Il y a une certaine "population" qui a plus tendance que d'autres à régler ses peines de coeur avec des jets d'acide dans la figure, mais bien sûr, le professionnalisme des recruteurs de la police ne saurait être mis en doute.

Gageons que les syndicats de policiers, quel que soit leur bord politique, ne rappelleront pas ces étranges "suicides" la prochaine fois qu'ils nous en feront une tartine sur le sujet. Pas plus que les ministres concernés, d'ailleurs.

Curmudgeon

S’agissant des journalistes, Philippe Bilger est très gentil.

Il ne manque pas de bons journalistes, bien sûr, mais dans l’ensemble, ne nous voilons pas la face, c’est une profession sinistrée, dans laquelle on pratique en continu les fautes professionnelles les plus graves.

En effet, la grande majorité des journalistes sont persuadés que leur fonction est le *militantisme*. Et cela depuis leur entrée dans une école de journalisme.

Or, si on met à part les éditorialistes et les rares vedettes payées pour écrire des billets d’humeur, le métier de journaliste ne consiste pas à pilonner en continu l’auditoire, et presque toujours dans le même sens.

J’écoute France Info depuis de nombreuses années : c’est un bureau de propagande éhonté. J’ai eu droit à huit ans de cirage de pompes d’Obama (ces gens-là étaient des groupies du niveau des fillettes qui suivaient naguère les boys bands), et maintenant j’ai droit pratiquement chaque jour aux anti-Trumperies de rigueur. Ceci est caractéristique, puisqu’il ne s’agit même pas de la France.

Je lis le site de la BBC tous les jours : c’est également un bureau de propagande éhonté.

Le conformisme du milieu est peut-être pire que celui d’autres milieux pourtant assez sujets à l’embrigadement volontaire (universitaire, etc.).

Ajoutons que, trop souvent, la prétendue plus-value des décryptages est illusoire. On a énormément de bâtonnage sur des dépêches d’agence.

Enfin, les journalistes sont nuls en histoire et en géographie, en économie, en langues étrangères. Ils viennent d’inventer l’expression « street pooling », apparemment inconnue en anglais, puisqu’ils inventent un anglais imaginaire.

Pour couronner le tout, ils nous imposent leurs goûts musicaux vulgaires. Les pires groupes de rock bas de gamme sont qualifiés de mythiques et de légendaires.

Michel Deluré

L'information peut-elle être fiable, sincère, conforme à la vérité, lorsque ceux qui ont fait le choix de la véhiculer exercent cette mission dans un contexte concurrentiel, qu'il ne faut pas confondre avec pluralisme, où priment la rapidité, l'immédiateté, l'exclusivité, la seule recherche du scoop, où règne la dictature du taux d'audience ?

Le temps de la révélation factuelle, à l'état brut, d'une information et celui de son interprétation, du jugement que l'on porte sur elle, ne sont pas les mêmes.
Le premier se satisfait de l'immédiateté, le second exige du recul, de la réflexion, la maîtrise du sujet que l'on traite, une distance permettant de ne pas céder à l'émotionnel.

Il ne peut y avoir d'information digne de ce nom, respectueuse du public auquel elle s'adresse, sans journalistes animés par une passion permanente, par une rigueur constante, qui atteignent la notoriété grâce à leurs seuls mérites, leurs seules qualités et non par un quelconque exhibitionnisme qui leur conférerait un statut de star alors qu'ils fouleraient allègrement aux pieds les règles déontologiques les plus élémentaires de leur métier.

Exilé

Les journalistes sont au plus bas puisque près d'un Français sur deux pense que la télévision, la radio, les journaux et les magazines véhiculent fréquemment de fausses informations.

En fait, c'est plus subtil que cela, car si les fausses informations à caractère mensonger ne sont heureusement pas monnaie courante, il n'en demeure pas moins que l'information (?) imposée aux Français l'est de façon souvent orientée et tendancieuse.

Depuis plusieurs dizaines d'années la presse a hélas trop tendance à nous désinformer par diverses méthodes :

- En ayant jeté l'objectivité aux orties.
- En reprenant comme étant acquis des faits historiques dont le déroulement exact pose parfois encore question.
- En agissant de même avec certains phénomènes à la mode (cf. le « réchauffement climatique »), sans exposer les arguments contraires.
- En reprenant les éléments de langage parfois contestables du monde politique en banalisant et en légitimant ses ostracismes (cf. « l'extrême droite », les diverses « phobies » etc.).
- En montant en épingle certains événements anodins et en en occultant d'autres, parfois graves.
- En ne séparant pas les faits des jugements qu'il est possible de porter sur eux.
- Enfin, en amont, par un système de formation - ou plutôt de déformation - des futurs journalistes, en tendant à en faire trop souvent plus des commissaires politiques que des informateurs objectifs.

Marcel Patoulatchi

Il est cocasse d'apprendre, au détour d'une polémique, que les rubriques de la presse écrite dédiées à la chasse aux fausses nouvelles (Décodeurs du Monde, CheckNews de Libé, etc.) sont rémunérées par Facebook.

Catherine JACOB

« Ce qui dirigeait, jugeait, défendait et informait est devenu, par un effet pervers, ce dont il fallait se protéger. »

Exception faite pour le cas de l’information qui si elle ne fait plus autorité n’a jamais eu à exercer de l’autorité, cette doléance me paraît s’inscrire dans le cas des failles de l’autorité en général. Autorité du père ou des parents, autorité du maître ou de l’enseignant, autorité hiérarchique, autorité des autorités, autorité de l’Etat, autorité de la décision de Justice et tutti quanti !

Par ex. Je sais au moins un lycée dans lequel le proviseur se moque comme d’une guigne de l’interdiction de l’écriture inclusive par le ministre Blanquer. Si le proviseur se moque du ministre, comment les enseignants ne suivraient-ils pas un tel exemple et a fortiori les élèves ? Comment a-t-on pu avoir l’idée de prendre en otage les notes d’un examen national ? Mais aussi comment a-t-on pu envisager de passer par-dessus la tête de la souveraineté du Jury ? Ou encore comment a-t-on pu envisager de « récompenser l’effort » par, au final, l’aléa d’un tirage au sort ? Ce qui se donne à entendre comme un « la Fortune reconnaîtra les siens » a rendu la situation inextricable. Tout le monde en devient fou !

D’un autre côté, il a été démontré par le passé que les voies légales de revendication se heurtaient à la surdité du mammouth. Et j'en suis notamment pour ma part, un parfait exemple même s'il vous faudra vous contenter de cette énonciation sans plus amples détails.

Que faire alors ? Le chef ne doit pas s’imposer par le diktat mais par le dialogue et le respect. Or, pour être respectée, l’autorité doit se montrer respectable. Il ne saurait donc lui suffire pour s’imposer de déclarer : « C’est moi le chef ! » parce qu’une telle attitude ne peut que s’avérer désastreuse à un moment donné ou à un autre. C’est la conscience d’un tel risque qui, du moins il me semble, incite à commencer par, avant tout autre chose, envisager de s’en protéger.

« Par exemple l'ignorance ou l'approximation des médias sur le rôle de la Justice ou la lâcheté politique face à une police peu soutenue dans sa quotidienneté dangereuse. »

Là encore, les affirmations péremptoires des médias sur certains sujets du domaine du judiciaire ou d’autres domaines incitent le citoyen un peu éclairé à se demander : « Nom d’une pipe ! Ils font de la propagande ou ils sont simplement c..s ! »

Cela étant, l’enchaînement des recours et des procédures qui font de la part des autorités sollicitées l’économie de recommandations comme : puisqu’il s’agit simplement d’hydrater et nourrir par perfusion sans autrement de soins, Vincent Lambert, pourquoi ne pas le confier aux parents, ce qui permettrait de réduire les frais d’hospitalisation en établissement hospitalier à ceux d'une hospitalisation à domicile avec la venue d’une infirmière pour mettre en place la perfusion et le passage régulier d’un médecin.
Le fait de venir voir son conjoint chez les parents pourrait peut-être également permettre de rétablir des liens de communication entre l’épouse qui ne peut divorcer et n’avait pas envisagé un tel « pire » en se mariant, avec ses beaux-parents.
Cela aurait au moins pu faire l’objet d’une recommandation de la part d’une autorité tant médicale que judiciaire, dotée de simple jugeote et qui ne se positionnerait pas en décideur de ce qu'est une existence valant la peine de continuer à être maintenu en vie et ce qu'est une vie ne valant pas la peine d'être poursuivie.

« Pour remonter la pente, ce sera une œuvre de longue haleine qui exigera d'abord de ces métiers, pour les sauver du naufrage, un sursaut commun. »

« Commun » est le mot juste en effet et que je voyais venir au fil de votre diatribe.

duvent

« Il est angoissant, pour un républicain de bonne foi, adepte d'un ciblage honnête et équilibré, de constater cette chasse absurde aux politiques et cette propension un zeste sadique de rendre des métiers déjà difficiles, fondamentaux pour la démocratie, encore plus malaisés à exercer. D'ajouter à leur stress intrinsèque la charge d'une suspicion constante que rien, semble-t-il, ne viendra dissiper. Comme si le temps et la qualité ne pouvaient plus avoir la moindre influence » (PB)

Il est donc recommandé à ces métiers, vous précisez « déjà difficiles » on se demande bien en quoi cela est spécifique, de respecter leur public, client, ou patient, etc.

Par ailleurs, il est étrange de voir que toujours il est question de ne pas accepter d'être mis en difficulté, et que donc encore et de nouveau, les uns sont les victimes de autres.

Le jugement des actes est lui-même un acte de violence, il ne faut surtout pas être « jugeant », ceci est très grave et très injuste, car qui faut-il être pour juger ? Je me le demande ??

Pourtant, la réalité est que pour obtenir « l'estime », il convient d'être estimable, quand on ne l'est pas, il faut le devenir, et quand dans le troupeau la brebis galeuse menace, il vous faut quérir le vétérinaire, et dans cette attente isoler le cas.

Une brebis galeuse peut faire l'objet de cette préconisation, mais le troupeau entier se trouve bientôt dévoré par une fièvre mortelle... Souvent, cette fièvre a un rapport direct avec l'or, comme c'est étrange !

Voilà où nous en sommes.

Il est bon et même excellent de rappeler à ces professions dont vous nous parlez, que la méfiance, le doute et le soupçon sont leur œuvre et la médiocrité son attribut.

De même se mentir à soi-même n'est pas une maladie, non, c'est ce qui s'appelait lorsqu'il restait encore un peu d'honnêteté, « la lâcheté ».

Il se trouve que de nos jours, un lâche est une personne dont l'incapacité à reconnaître cette vérité est déclaré psychologiquement atteint, à cause d'une quantité d'expériences atroces qui ne sont pas le gaz moutarde, la peste noire, la famine ou la gangrène, non ! c'est l'existence d'un autre qui entrave de façon conséquente la sienne.

La logique me contraint à vous dire que je me sens férocement prise à partie lorsque je lis votre billet.

En effet, jusque-là, je trouvais légitime mon soupçon, et depuis cette lecture je crois bien être affectée, ou infectée, je ne sais pas, peut-être ai-je été dans ma vie malmenée, et cette trace profonde dans mon inconscient remonte à la surface violemment, parce que vous n'en avez pas tenu compte lors de votre publication...

Bref ! Il faut rechercher le remède, mais avant faire un diagnostic, et celui-ci doit se faire sans bandeau sur les yeux, sans laisse autour du cou, les mains libres et le glaive hors du fourreau.

Il ne s'agit pas de l'ère du soupçon, il s'agit de l'ère de la vérité, n'ayez pas peur ! Noli timere quoniam tecum ego sum.

Tipaza

"...pour un républicain de bonne foi" (PB)

La formule est amusante, pour les multiples lectures qu'elle offre.
On peut donc être républicain par indifférence, par intérêt, de mauvaise foi, et par ma foi il est vrai qu'il y en a tellement dans ces catégories.

Et où sont passées les vertus stoïciennes et républicaines de la Rome antique ?
J'ai été sidéré d'apprendre que Raymond Barre avait un magot de dix millions d'euros en Suisse !

J'ai été tenté de paraphraser Jules César, lui-même disant à Brutus lors de son assassinat "Tu quoque mi fili" et de reprendre cette formule par un "Tu quoque Pater" !

Quand on arrive à ce degré de trahison morale, pour la trahison financière j'ignore ce qui s'est passé, tout est perdu y compris l'honneur, comme ne disait pas l'autre.

Je peux assurer les lecteurs que jamais un professeur d'université, même au top niveau, n'aurait les moyens de mettre dix millions d'euros en Suisse. En tout cas, pas en sciences physiques, peut-être qu'en sciences économiques, allez savoir.
J'avais dit à mon entourage que dans une prochaine vie, je voulais être danseur de tango argentin, je change d'avis, je serai professeur d'université, mais de sciences économiques.

Ce ne sont pas les métiers qui sont en cause, mais les hommes qui les exercent et plus globalement la société, où le sens de la morale et celui de l'honneur ont disparu.

Je me demande si les seuls de bonne foi ne sont pas les royalistes qui dans les circonstances actuelles n'ont rien à attendre de la société.

Achille

« Les politiques, gauche et droite confondues, sont méprisés.
La Justice, dans les affaires pénales sensibles qui passionnent les médias et la société, n'a plus jamais droit à la présomption d'innocence.
La police, elle, est présumée coupable, quoi qu'elle fasse, sauf quand on a besoin d'elle et au lendemain de crimes islamistes.
Les journalistes sont au plus bas puisque près d'un Français sur deux pense que la télévision, la radio, les journaux et les magazines véhiculent fréquemment de fausses informations. »

La police et la Justice constituent, à mon sens, un cas à part dans la mesure où elles ont pour mission d’assurer la sécurité des citoyens et rappeler à ceux qui ont tendance à l’oublier que notre société est soumise à des lois républicaines, à commencer par celles du vivre-ensemble.

Leurs prérogatives peuvent parfois sembler excessives et il est vrai que certains policiers et juges ont eu parfois tendance à en abuser, mais ces errements sont très rares.
Alors, bien sûr ce sont eux qui sont mis en exergue par une presse partisane soucieuse de présenter les contrevenants en victimes d’un système dévoyé.

Je pense, pour ma part, que les Français n’ont pas à se plaindre de leur police et de leur Justice. Il suffit pour s’en convaincre de voir dans d’autres pays comment ça se passe.

Concernant les journalistes c’est une tout autre histoire. Certes, certains sont remarquables et même honnêtes, mais beaucoup, je dirai même beaucoup trop, font preuve d’un manque patent de professionnalisme. A commencer par ces journalistes autoproclamés qui interpellent dans la rue des personnalités avec une agressivité à la limite de l’insulte ou encore ces fouille-poubelles toujours à l’affût du moindre scandale pour faire vivre leur torchon.

Quant au monde de la politique, nous pouvons trouver le pire et le meilleur, mais c’est encore dans le pire que l’on trouve le meilleur.
Nous avons affaire à des gens à l’ego surdimensionné, qui nous jouent les grands humanistes apitoyés par le sort des classes défavorisées tout en profitant largement des largesses que leur offre leur mandat d’élus.
Défendre les pauvres d’accord mais vivre comme eux, faut pas exagérer quand même ! Mais ce comportement populiste un peu grossier marche de moins en moins. Il arrive un moment où la ficelle devient trop apparente.

Claude Luçon

"Les journalistes sont au plus bas"

C'est précisément là le problème, le seul problème !
Ils sont au plus bas effectivement, de leur fait, pas de la faute des Français !
Nos médias ne recrutent clairement que des masochistes au savoir limité, quand ils en ont !

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