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12 août 2019

Commentaires

semtob

Cher Philippe,

Comment illustrer ce billet ?
En déroulant un tapis rouge à ceux qui défendent le repos, la quiétude, la consolation, l'hésitation, celle qui cherche la vérité, le mot juste ou encore, le souvenir, le réconfort au destinataire, l'hypersensibilité, l'émotionnel.

Il y a ceux qui chiffonnent leur page comme John McCrae froissa son poème "In Flanders Fields" en regardant la tombe de son ami Helmer, ceux qui sont les gardiens de la mémoire et ceux qui souhaitent la détruire.

Grow ou blow, les coquelicots pousseront-ils encore, ou s'envoleront-ils, ou fleuriront-ils ?
Ce tapis serait un immense semi de pavots rouges au coeur noir pour cultiver l'amour, la transmission et le respect.
françoise et karell Semtob

genau

Ayant trouvé que M. Finkielkraut ne versait pas dans les militantismes crypto-soviétiques ou carrément islamistes, la chose fut entendue, le tocsin fascistogénétique sonnerait sur son passage.

Le personnage est sanguin, sans complexes, alimente une mouvance politique, volens nolens, n'a pas d'antécédent judiciaire, est tout de même académicien français, comme Andreï Makine ou Cheng. Il est pittoresque dans ses emportements, un peu à contretemps, car ses contradicteurs sont tellement sûrs de leur "aficion" politique et social qu'ils s'en donnent à coeur joie de l'exciter.

Cela dit, étant un téléspectateur rare et versatile, mon avis n'a aucun intérêt, sans vouloir être goguenard ou rageur envers tel ou tel. Pourtant, les commentaires sont révélateurs, la judéité fait partie des propos. Cela me surprend toujours: irait-on demander à Karl Popper ou à Spinoza ce qu'il fabrique dans cette religion, ou à mon maître vénéré George Steiner ? Et à moi ce que je fourgonne dans mon ancêtre le Duke.
La grande différence, souhaitée ou rêvée, c'est que le juif reste juif, par caractère dominant parce que c'est une entité historique très forte.
J'ai terminé voici quelques semaines l'ouvrage de Drumont, c'est d'un ennui mortel en même temps que d'une érudition sans faille mais purement anecdotique qui applique l'adage classique "plerumque fit" et en tire une théorie générale.

Malgré mon nom, je ne suis pas juif mais Britannique d'origine et Allemand par dilection, Italien par ascendance directe et Français par hasard et sans conviction. La belle affaire, me direz-vous, nommez-vous ! Capon, froussard, foie jaune, graisse de géranium. Ce n'est pas cela, mais seulement que j'ai toute ma vie qui s'achève (bien fait, dit untel) cultivé l'anonymat, sauf dans mes lettres, bien sûr et revendiqué le droit à l'insolence, ce qui m'a coûté cher. C'est un équilibre suffisant.

Mais, pour en revenir à nos personnages, quand unetelle parle de Maurice Barrès, je ne peux pas m'empêcher de penser à Paul Léautaud décrivant son entrée à l'Académie, hilarant, et de voir dans ce pantin articulé, tenant son discours comme un bâton de maréchal, le désarroi de l'homme sûr de sa valeur, mais effrayé par sa portée, ne reconnaissant du coup plus le chroniqueur le plus talentueux de Paris qui fut son ami intime au temps des vaches maigres, sans orgueil, mais dépassé par l'ambiance du moment. Peut-être en est-il ainsi de M. Finkielkraut, mais si souvent qu'il y peaufine son scénario. J'aurais aimé entendre des échanges académiques entre M. Finkielkraut, et le très feu Jean d'Ormesson à propos du mot "pignouf".

De toutes façons, ses idées, à la lecture de ses oeuvres, n'apportent pas grand-chose, ce n'est pas très nouveau, mais le personnage est intéressant... enfin, si on le confronte à la masse indifférenciée qui manie la morale intransigeante à la Thurnberg, la vertu acerbe et le mondialisme le plus haut, faute de savoir comment et pourquoi on meurt pour les autres.

Savonarole

Finkielkraut devient sérieusement gonflant, toute sa pensée tourne autour de sa pomme et de son nombril. Son numéro d’échappé du ghetto de Varsovie lasse. J’ai tout lu de lui, et quand on a passé son œuvre au tamis du chercheur d’or, on ne trouve rien.


boureau

"Alain Finkielkraut à prendre ou à laisser"

Eh bien moi, je prends tout cher P. Bilger !

Beaucoup de ses propos avec émerveillement pour l'ouverture qu'ils proposent.

Certains avec malice comme son adoration des vaches qui dansent et qui rient.

D'autres avec agacement "je suis viscéralement de gauche". Et alors AF, ceux qui sont viscéralement de droite sont bons à quoi ? à l'équarrissage ?

Quelques-uns avec irritation : notamment en politique.

Mais je pardonne tout à ce penseur exceptionnel et passionné. Nous en avons si peu de ce niveau ! De plus, il est dans l'adoration de la France : cela me rend si fier qu'il apprécie notre civilisation. Il y en a tant qui crachent dessus et notamment et surtout les "grrrrands penseurs".

Certes son entêtement dans certaines discussions, son manque absolu de patience, sa haute conscience de lui-même, l’obsession trop affichée de sa judaïté, ses provocations trop enfantines mériteraient bien quelques égratignures. Mais à quoi bon : les défauts de ses qualités.

Mais quelle voix ! Quel visage ! Quelle pédagogie !

Mediapart : Je ne comprends pas une seconde votre appréciation.

"Je continue à penser que ce procès est injuste...un remarquable travail d'investigation", dites-vous.

Je continue à penser que vous avez tort, que l'islamo-gauchisme qu'il soutient et développe est un cancer pour la démocratie et que les méthodes d'investigation de Mediapart sont pour la plupart des méthodes de voyou, d'anticivisme et de connivences suspectes avec certains juges.

Quant au pouvoir médiatique dont vous admettez qu'il existe, il est plus puissant que vous ne l'imaginez, bien plus dans le souterrain, dans le trompe-l'oeil, bien plus influent (notamment en matière politique). Toujours la puissance du marketing.

Mais vous êtes ainsi fait que vous préférez voir du positif (même aussi insignifiant soit-il) et minimiser le négatif.

Cordialement.

revnonausujai

@ Patrice Charoulet
"La vidéo où des Gilets jaunes insultent F. en lui disant « Sale merde sioniste, retourne à Tel-Aviv » est connue et mérite d'être inlassablement revue et réécoutée."

Soyez précis: un commerçant mulhousois, Benjamin Weiler, converti à l'islam et antisioniste revendiqué, a été jugé et condamné pour cette action.
Il est loisible de penser qu'entre le port d'une chasuble, fût-elle fluo, et ses convictions politiques et religieuses, l'explication de son comportement n'a pas grand-chose à voir avec le premier ni même avec les revendications des GJ.

Michelle D-LEROY

@ Tipaza
"C’est à ce combat exclusif, celui contre la fausse morale toxique, qu’il faut s’atteler."

Entièrement d'accord. On peut ne pas être toujours d'accord avec AF comme avec d'autres d'ailleurs, mais il faut remarquer que ces intellectuels qui défient la belle pensée ont quelque chose de rassurant.
Un simple parcours des actualités quotidiennes m'interpelle sur le devenir culturel de l'Europe et du monde en général tant les gendarmes de la pensée sont présents partout dans le monde pour faire taire ceux qui s'inquiètent de l'avenir.

Alors je suis toujours contente d'entendre Alain Finkielkraut ou Michel Onfray, pour ne citer qu'eux (car il y a en a de plus en plus) lorsqu'ils vont à l'encontre de cette dictature intellectuelle devenue internationale et tout à fait insupportable.

fugace

@ Michel Deluré | 12 août 2019 à 09:35

La tolérance ne devrait être qu'un état transitoire. Elle doit mener au respect. Tolérer c'est offenser, car ce n’est pas les respect. (Goethe)

AF intolérant ? très vraisemblablement. Mais comment le comprendre ?

Peut-être aussi (mais pas que) au travers de ce portrait :

Fink / Finkie / Finkiel / Finkielkraut

▬ En 1968, il avait 19 ans.

▬ Il est dangereux pour lui-même, rien ne peut l'arrêter, il sait donner les coups mais pas les recevoir.

▬ C'est une formidable intelligence, mais si inquiète, "d'une inquiétude désespérée", écrit Todd, que parfois elle s'enraye, et vire au manichéisme.

▬ Se sent-il vieux ? "Je sais que je le suis. Mais je crois toujours que c'est une erreur. Je suis juste passé du conformisme à l'effort de penser par moi-même."

2010 c’était hier :

https://toutsurlachine.blogspot.com/2010/06/portrait-alain-finkielkraut-itineraire.html

Metsys

Un esprit brillant sans doute, mais bien peu de substance. En somme, c'est encore la défaite de la pensée.
De toute façon, quel est le dernier intellectuel français à avoir laissé une oeuvre marquante ? Michel Foucault ? Jacques Derrida ?
Il est certain qu'Alain Finkielkraut leur est supérieur, car il jouit de l'immortalité. Toutefois, si vous me pardonnez cette interpolation :

L’Académie est là ? - Mais… j’en vois plus d’un membre ;
Voici Boudu, Boissat, et Cureau de la Chambre ;
Porchères, Colomby, Bourzeys et Finkielkraut…
Tous ces noms dont pas un ne mourra, que c’est beau !

sbriglia

« Les morts ne parlent pas et nous finissons par les oublier » (Elusen)

C’est bien le problème avec vous, sinistre personnage.
Le véritable tombeau des morts est la mémoire des vivants.
Ils me parlent, ne vous en déplaise.
À beaucoup aussi d’entre nous sur ce blog où vous déversez vos chiures de mouche.
Mais pourquoi reprocher au nain de ne jamais voir la ligne de crête ?

aristide

Voilà un sujet surprenant, sachant que nous (le bétail) avons été baignés dans les eaux de l'antisémitisme à notre naissance à tel point que prononcer le mot juif est devenu suspicieux.

Le peuple élu de Dieu ne supporte pas qu'on parle de lui, il n'est sur terre que pour nous diriger.

Je vois déjà Patrice Charoulet prêt à me dénoncer pour racisme, antisémitisme, xénophobie, incitation à la haine raciale.

Pour clore mon intervention sur ce sujet, j'ose dire que j'ai apprécié les réflexions d'Elusen et l'analyse de Marc GHINSBERG.

Robert

Tipaza | 12 août 2019 à 08:24 a fait un commentaire que je fais mien : Alain Finkielkraut est un intellectuel français animé d'une grande intelligence, qui exprime des analyses et observations qui vont contre la doxa actuelle, ce qui en fait un bouc émissaire facile. Il se défend souvent avec brio, mais présente le défaut de rester dans ses pensées, d'être sans doute plutôt fermé aux autres, ce qui vous conduit, Monsieur Bilger à écrire : "Ma déception vient du fait que dans le domaine de l'urbanité, on ne peut tolérer d'un être comme lui la théorie sans la pratique."

Ceci étant, j'apprécie tout particulièrement et rejoins le commentaire de Catherine JACOB | 12 août 2019 à 09:11. Merci Catherine JACOB pour cette mise en perspective qui s'imposait et votre conclusion sur le "commentaire" d'Elusen.

caroff

@ Elusen 3h35
"Parler tout le temps, sans arrêt, pour un oui ou pour un non, vous donne une vague impression de vous maintenir en vie, comme si la parole était une racine, un cordon ombilical qui maintient dans la vie."

Ecrire tout le temps, sans arrêt, sur le blog de Philippe Bilger, pour un oui ou pour un non, vous donne une vague impression de vous maintenir en vie (en fait d'attirer l'attention en trollant à tout-va), comme si les mots que vous y laissez étaient des radicelles composant un cordon qui vous permet d'assumer votre chétive existence.

Patrice Charoulet

Cher Philippe,

Vous consacrez vos réflexions de ce jour à Finkielkraut. Par le plus grand des hasards, il se trouve que j'avais consacré un scribouillage à ce même homme. Mais mon truc avait été mis, en digression, à la suite du texte où vous disiez rechercher des sujets.

L'entretien qui vous sert de base a été publié dans l'Union (de Reims). Moi, j'avais lu ça dans un journal du dimanche qui paraît en Normandie. Dans l'Union on titrait sur les abus de l'antiracisme, dans le mien on titrait en citant F. « Mediapart devient la boîte à lettres des corbeaux de France ».

Cette phrase mérite qu'on y réfléchisse et rejoint ma (modeste, obscure et infime) bataille contre les corbeaux, les meutes, les lâches, les lynchages d'ici et d'ailleurs. Nous venons d'en avoir ici de nouveaux échantillons.

La vidéo où des Gilets jaunes insultent F. en lui disant « Sale merde sioniste, retourne à Tel-Aviv » est connue et mérite d'être inlassablement revue et réécoutée.
J'apprécie que F. oppose aux prétendues « violences policières », les véritables « violences anti-policières », auxquelles j'ajoute les incendies criminels, le vandalisme, l'assaut de l'Arc de Triomphe, les pillages, les pluies de pavés et les milliers d'injures qu'ont dû subir nos admirables fonctionnaires de police.

Denis Monod-Broca

S'affrontent deux conceptions de la parole : l'une voit dans la parole un moyen d'exprimer (des parcelles de) la vérité, l'autre fait de la parole une arme.

Quand on fait de la parole une arme, et donc des mots autant de projectiles, ce qui compte est d'occuper le terrain et d'être aussi nombreux que possible afin de lancer sur la cible désignée autant de projectiles que possible.

En face, ce qui compte, même et surtout si on est seul, est de dire des choses justes, vraies, ou aussi justes et vraies que possible.

Personne n'est "pur", chacun est un peu dans les deux camps à la fois...

Finkelkraut fait plutôt partie de ceux qui cherchent la vérité. Mais il se bat comme un beau diable. Comme ses adversaires...

Et là est le tragique de la situation : en se battant pour défendre sa parcelle de vérité, il rejoint le camp d'en face, fait de ses mots des projectiles, trahissant ainsi son propre camp, trahissant la vérité.

Car la vérité est que la victime a raison, qu'elle ne mérite pas le sort qui lui est fait. Mais... si elle se bat, si elle combat elle aussi, est-elle encore victime ? A-t-elle encore raison ?

Friedrich Hölderlin avait choisi le silence.

La vraie victime est la vérité... Là est le drame postmoderne par excellence.

Elusen

@ Catherine JACOB
« Vous citez donc un débat entre un académicien de confession juive et... »

@ Vamonos
« Finkielkraut et Bilger pour dénoncer et combattre l'antisémitisme. »

Voilà deux personnes qui ont un authentique problème avec une religion qu’ils sont les seuls à avoir citée et les seuls à résumer des êtres humains à cela.

Michel Deluré

"Cette rançon (celle de la lumière sous laquelle s'exposent les esprits brillants) est à la fois nécessaire et inévitable". (PB)

C'est certes exact mais à la condition cependant que cette rançon n'outrepasse pas certaines limites.
De ces esprits brillants, souvent omniprésents, nous attendons certes qu'ils fassent preuve de tolérance mais être tolérant, est-ce tout tolérer ?
Il est bien évident que la réponse ne peut qu'être négative, sauf à tolérer le pire ou à considérer comme Claudel, mais il ne s'agissait dans sa bouche que d'une boutade, que « la tolérance ? Il y a des maisons pour ça ! ».

dd33120

Je prends aussi presque tout de A.F. et notamment au sujet du pouvoir médiatique qui est constant, récurrent, insidieux. Toujours dire "des jeunes" pour des malfrats, des "déséquilibrés" pour des barbares, etc. J'ai arrêté mon abonnement à S-O au lendemain des attentats du Bataclan quand Bruno Dive dans son édito du matin (le sang des victimes n’était pas encore sec) dégainait son "PASDAMALGAME". J'ai eu la nausée. Je lis souvent les billets de Benoît Rayski, je vous livre celui-là:

"Et maintenant, écoutez ça. « L'homme blanc ne peut pas, dans sa chair, dans son âme. incarner l'antiracisme. Non. Il ne peut pas être antiraciste. Jamais il n'aura raison contre une femme noire ou arabe. Il va bien falloir que la France le comprenne un jour. » C'était dans l'émission de Lauren Bastide sur France Inter, une radio qui vit de notre redevance audiovisuelle. Il est bien normal de payer pour être insulté, non ?
La personne qui a tenu, en toute liberté, ces propos abjects, s'appelle Maboula Soumaharo. Pour éviter tout jeu de mot facile sur « Maboula, le féminin de maboule ? », précisons qu'elle est parfaitement saine d'esprit. La haine, en effet, n'est pas considérée comme une pathologie psychiatrique.
France Inter la présente comme étant « angliciste » et « civilisationniste ». Et précise qu'elle est maître (la radio dit « maîtresse ») de conférence à l'université de Tours. Pas un mot, en revanche, sur le fait qu'elle est proche des Indigènes de la République, une association qui vomit les « souchiens ». Pas un mot non plus sur le fait que Maboula Soumaharo co-organise des camps « dé-coloniaux » interdits aux Blancs.
Normal que France Inter ne le dise pas : on ne va quand même pas expliquer aux auditeurs à qui ils ont affaire. N'en déduisons pas pour autant que Maboula Soumaharo déteste tous les Blancs : elle en aime certains. Par exemple, Lauren Bastide, qui l'a reçue. Sa sympathie pour elle est si grande qu'elle n'a pas exigé être interviewée par un journaliste noir.
Et si vous voulez savoir pourquoi la journaliste n'a pas réagi aux propos écœurants de Maboula Soumaharo, voici la réponse : c'est qu'un Blanc, ou une Blanche, ne peut pas avoir raison contre une femme noire..."
À quand un entretien avec Benoît Rayski ?

Marc GHINSBERG

J’ai à l’égard d’Alain Finkielkraut des sentiments mêlés.

J’admire l’intellectuel courtois, curieux, cultivé, à la fois ouvert et engagé, qui cherche à tirer le meilleur de ses invités dans son émission « Répliques » qui est l’honneur de France Culture depuis plus de trente ans.

Je suis agacé par le polémiste systématiquement pessimiste, dans la posture du prophète tourmenté, pour qui le passé était merveilleux alors que le présent est sombre et que l’avenir sera apocalyptique.
Je suis horripilé par le débatteur qui se laisse emporter par son émotivité jusqu’à devenir parfois quasiment hystérique.

Cette ambiguïté de sentiment provient peut-être de la personnalité elle-même ambiguë d’Alain Finkielkraut, remarquablement dépeinte par Pierre Nora dans sa réponse au discours de réception du nouvel académicien.

« On ne sait jamais trop, en définitive, si vous penchez du côté de Jean Daniel, dont vous vous réclamez, ou du côté de Renaud Camus, dont vous êtes l’ami. Il y a toujours en effet, chez vous, une frontière fragile et poreuse entre la dissidence héroïque et le dérapage plus ou moins contrôlé ; entre un solide bon sens et l’argument légèrement spécieux ; entre l’assurance de la raison et, devant l’objection de fond, l’art de botter en touche ; entre l’audace de l’indépendance, la liberté de l’esprit et le flirt avec la provocation ou avec la polémique, dont on se demande toujours si vous l’attirez comme la foudre ou la déclenchez comme l’éclair. Mais dont vous vous tirez avec une habilité de chat qui retombe sur ses pattes par la vivacité de l’intelligence et la maîtrise élégante de l’expression. Vous n’aimez rien tant qu’une salle hostile que vous retournez par votre éloquence et qui finit par vous applaudir. »

Catherine JACOB

@ Elusen
« Pour Alain Finkielkraut jouer les victimes, c’est toujours mieux que d’assumer son rôle de bourreau. »

Qu’est-ce que c’est que cette nouvelle fantaisie ?

J’ai cliqué sur votre lien et écouté la vidéo YouTube y compris, énoncée en dialecte souabe son annonce de présentation de Karlsruhe, la ville allemande qui fait face à Strasbourg de l’autre côté du pont du Rhin.

Ladite annonce dure quasiment quatre fois plus longtemps que la citation d’A. Finkielkraut qui dans un contexte de débat télévisé (Ce soir (ou jamais !) de F. Taddéï) dont n’est donc restitué ni la phrase qui précède, ni la phrase qui suit, dit : « Taisez-vous, taisez-vous » à l’adresse du scénariste d’origine algérienne Abdel Raouf Dafri dont ce sera demain le 55e anniversaire. Puis AF poursuit « Il y a un moment, il y a un tournant raciste. Dans mon livre c’est ce que je dis. Un tournant raciste du romantisme. Ce tournant raciste, il est incarné par Maurice Barrès. »

Vous citez donc un débat entre un académicien de confession juive et un scénariste d’origine algérienne qui a raté son certificat d’études et a été nommé au grade de chevalier des arts et lettres par Mitterrand, débat organisé par un animateur de télévision d’origine italienne, soit dit pour que les précisions soient complètes de tous côtés. Je dirai pour commencer qu’il n’y a pas beaucoup de télévisions publiques dans le monde pour, mutatis mutandis, organiser de tels débats, qui plus est, auxquels personne ne contraint les participants à participer.

Ces débats sont censés se limiter à être des débats d’idées quand bien même on sent bien que certains débatteurs s'écharperaient volontiers.

L’idée exprimée par A. Finkielkraut est que Maurice Barrès, Vosgien né à Charmes où s’était installé un arrière-grand-père auvergnat, dans la seconde partie du XIXe siècle et décédé à Neuilly-sur Seine en 1923. Cet écrivain aura donc connu la guerre de 1870 lorsqu’il était âgé de huit ans et la Première Guerre mondiale sur la fin de sa vie. L’écrivain a été scolarisé à Nancy où il fut également étudiant, une ville dont le sentiment national français fut exacerbé par l’immigration en provenance de la Lorraine annexée par l’empire allemand. Immigration qui fit cependant sa fortune industrielle soit dit au passage.

Si vous visitez par exemple le Musée de l’Ecole de Nancy, vous verrez dans son vestibule une table en marqueterie dont la légende dit que le Rhin sépare la France de la Germanie et qui représente des Germains sauvages échevelés d’un côté et des personnes policées de l’autre. C’est donc une œuvre historiquement connotée.
L’attachement aux racines et à la terre natale et le combat contre les « Barbares » s’expliquent aussi par ce contexte historique et dès lors qu’on critique les collabos de la Seconde Guerre mondiale, on devrait comprendre le nationalisme d’un écrivain né et élevé à la frontière de territoires annexés. Curieusement, les deux sont honnis, en particulier par des figures prestigieuses auxquelles cette France dont les populations ont versé leur sang pour y maintenir un régime démocratique, a donné une chance qu’ils n’eussent peut-être pas connue autrement.

Pour ma part, je n’ai rien d’autre à dire, si ce n’est A. Finkielkraut a parfaitement le droit et la liberté d’exprimer l’idée que le romantisme connaît avec M. Barrès un tournant. Il le qualifie de « raciste » plutôt que de « nationaliste », c’est son droit également et on est tout à fait en droit également de lui demander de bien vouloir resituer dans le contexte de l’annexion qui a suivi la défaite de Napoléon III, ses analyses du romantisme français qui n’est pas du tout le romantisme allemand.

Vous n’êtes en revanche aucunement admis à l’insulter comme vous le faites, en disant qu’il « joue les victimes » - ce qui replacé dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale fait de vous un assez sinistre individu, mais ce qui ne nous change guère de la tonalité de vos propos ordinaires.

Ayant réécouté la vidéo pour vérifier que je la citais sans erreur, j’ai constaté que l’annonce - aléatoire ??? - présentait alors la ville de Fréjus où j’imagine on chasse également les papillons.

Pour ma part, je terminerai en disant que je suis assez fatiguée de vos vomissures bêtes et méchantes qu’on se voit néanmoins dans l’obligation de contre-argumenter.

Tipaza

Alain Finkielkraut (AF) surjoue le personnage d’un misanthrope moderne et se complaît dans ce rôle avec une certaine délectation, parfois un peu morbide à mon goût.

Il faut lui donner quitus d’une grande qualité, rare chez les hommes exposés aux médias, il est sincère, totalement sincère. Je veux dire qu’il est sincère avec lui-même, la seule sincérité importante.
Et c’est cette sincérité que les serviteurs zélés de la doxa hypocrite qui nous gouvernent ne peuvent supporter.

Au fond la charge permanente dont il est victime est la démonstration du règne de l’insincérité qui étouffe toute vie politique et pas seulement, mais aussi toute vie artistique, en un mot toute vie sociale.
À vouloir à tout prix briser le plafond de verre du mensonge mondain et politique, AF finira par se briser lui-même.

Le seul reproche que je pourrais lui faire est de ne pas être capable, pour le moment, de se hisser au-dessus de ce plafond de verre.
Il manque à AF un zeste d’humour et de distanciation face à l’événement.
J’entends bien que nous vivons une période cruciale de l’histoire de notre civilisation, dont tout indique qu’elle est à l’agonie. Il veut mener un double combat, contre les moulins à vent de la doxa ambiante et contre le vent qui les fait tourner.

Peut-être devrait-il se contenter de se battre contre le vent mauvais et oublier les moulins à vent du quotidien. Il en a évidemment les capacités intellectuelles.

La gauche s’est transformée en bien-pensance.
Après son échec idéologique, elle a changé de posture et a fait rentrer le poison toxique de la morale, de la fausse morale, en politique.

Autrefois, il n’y a pas si longtemps, tout était politique, posture marxiste-léniniste, aujourd’hui tout est moral et la bien-pensance va même jusqu’à se servir des enfants et adolescents pour parvenir à ses fins, l’épisode Greta en est le grotesque exemple.

C’est à ce combat exclusif, celui contre la fausse morale toxique, qu’il faut s’atteler.
Mais peut-on le faire sans mettre les mains dans le cambouis du quotidien ?
Difficile question à laquelle AF semble incapable de répondre et moi encore plus évidemment.

Achille

Alain Finkielkraut est intéressant à écouter. Son principal défaut est qu’il a un peu trop tendance à s’énerver dès qu’il est contrarié. Ça finit par devenir pénible.

Quant à Michel Onfray, autre esprit brillant que l’on rencontre régulièrement dans les émissions qui passent après minuit, il fait le complexe du fils de femme de ménage qui a réussi à se faire un nom dans le cercle très fermé des intellectuels.
Lui aussi devient de plus en plus insupportable avec son ton péremptoire n’acceptant aucune réplique. J’ai longtemps apprécié ses livres et conférences, mais maintenant je ne supporte plus.
Il n’y a plus grand-chose à prendre chez ce dernier.

Vamonos

Le pseudo "Elusen" ne se rend pas compte qu'il a posté une fois de plus un commentaire immonde. Heureusement qu'il y a des écrivains comme Finkielkraut et Bilger pour dénoncer et combattre l'antisémitisme.

Elusen

Alain Finkielkraut est âgé, tout comme vous, ce qui vous unit c’est la peur de mourir.

Parler tout le temps, sans arrêt, pour un oui ou pour un non, vous donne une vague impression de vous maintenir en vie, comme si la parole était une racine, un cordon ombilical qui maintient dans la vie.

Alain Finkielkraut a poussé le vice et non la vertu à entrer à l’Académie française, le truc que l’on dénomme : immortel.

« Parlez en bien ou en mal de moi, mais parlez de moi, ne me laissez pas mourir ! »
Les morts ne parlent pas et nous finissons par les oublier.

Pour Alain Finkielkraut jouer les victimes, c’est toujours mieux que d’assumer son rôle de bourreau.

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