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13 septembre 2019

Commentaires

Lucile

@ Achille

J'ajouterais à votre liste de faits qui auraient dû faire baisser la popularité d'EM, les arrivées massives et illégales de migrants, les déséquilibrés en liberté, les égorgements de passants, le chômage, la dette, ND en feu parce que la conscience professionnelle diminue plus vite que l'aura présidentielle, le Brexit qui n'en finit pas, les jeunes générations ignares mais shootées à l'écologie pour débutants, etc. etc.

D'où il ressort que ce qui marche le moins mal à la tête de l'État est la communication. Dès qu'on allume la télé sur une chaîne d'info, on entend le vocable "Macron" environ une fois toutes les 3 secondes, il n'y a plus que la météo pour ne pas le citer. Oui, vous avez raison d'en parler comme d'un grand leader. À quoi j'ajouterais "d'opinion".

Laissez-moi risquer une explication : en ces temps qu'on s'emploie à nous décrire comme apocalyptiques, les gens lui sont reconnaissants d'avoir conservé la recette de la sauce hollandaise tout en lui donnant un look plus contemporain, et plus glamour. Nous avons eu notre buzz estival avec les remontrances du président à Bolsonaro, sur fond de bord de mer et de palace Second Empire, les goujateries de Bolsonaro, les malheurs de notre trésor national, i.e. Brigitte, la croisade courageuse de sa fille pour défendre la mère outragée, les excuses de Paolo Coelho. Nous sommes gâtés, et puis, la vie continue, l'Etat n'a pas encore fait faillite, les chômeurs sont indemnisés, les urgences fonctionnent, et la plupart des gens circulent normalement dans la rue sans se faire étriper. Et Ferrand, le quatrième personnage de l'État, n'est pas un vieux baron du socialisme un peu magouilleur sur les bords, qui a su faire fructifier ses accointances, mais l'honneur est sauf, il y a eu appel d'offres, et si c'est sa compagne qui l'a emporté sur les trois, c'est simplement parce que sa proposition était la meilleure.

Robert

Vous écrivez, Monsieur Bilger : "Après l'affaire Benalla, la longue fronde si éclairante des Gilets jaunes et tant d'autres péripéties qui ont montré d'abord un Emmanuel Macron autarcique, soucieux d'autorité mais parfois vulgaire, expéditif dans ses propos, est apparue, au fil des mois, trop lentement mais de manière authentique, une personnalité qui a eu l'intelligence non pas seulement de dire qu'elle changeait mais de changer véritablement."

Je pense que vous trompez sur le changement véritable affiché par monsieur Macron. De fait, il a changé d'attitude sous la pression des événements que ses choix et son comportement ont suscités, dont le mouvement des Gilets jaunes n'est pas le moindre.
Ce mouvement est une insurrection qui a fait trembler son pouvoir. Il a pris conscience que si ces manifestants avaient réussi à prendre d'assaut un des grands palais symboles du pouvoir (Elysée, Matignon, Assemblée nationale ou même le ministère du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, le 5 janvier dernier), l'insurrection aurait pu se transformer en révolution qu'il n'aurait pas pu ni su maîtriser.

Cette thèse a été défendue par Camille Pascal, historien et auteur de "L'été des quatre rois", reçu le 6 septembre dernier sur Radio Classique

https://www.radioclassique.fr/radio/emissions/matinale-de-radio-classique/linvite-de-guillaume-durand/#livePlayer à partir de 4 mn10 s

Monsieur Macron a réussi, selon l'expression sportive, son "rétablissement", notamment par le biais de son Grand débat. Mais il sait que son pouvoir est à présent fragilisé et qu'il suffirait, malgré une remontée de sa cote de popularité dans les sondages, d'une étincelle pour remettre le feu aux poudres. D'où son attitude de prudence et de retour à une forme constitutionnellement plus traditionnelle d'exercice du pouvoir présidentiel en mettant en première ligne (officiellement) son Premier ministre, singulièrement dans le traitement de la réforme des retraites. Ce changement de mode de fonctionnement ne me paraît nullement traduire un changement profond de sa personnalité. Il reste un homme de communication, mais il évolue aussi parce que les conditions extérieures à la France changent profondément, avec des risques graves d'atteinte à la sécurité internationale.

Quant à monsieur Montebourg, il est le ministre de l'économie qui a fait le choix de défendre l'industrie tricolore. Aussitôt désigné pour le remplacer dans ses fonctions, monsieur Macron a fait le choix inverse, notamment dans le traitement du dépeçage d'Alstom. Cette affaire ne manquera pas de lui revenir en boomerang dans la mesure où monsieur Hugh Bailey, son conseiller à l'époque, fait à présent l'objet de poursuites judiciaires (enquête préliminaire pour prise illégale d'intérêts) du fait qu'il soit devenu directeur général de General Electric France (ex-Alstom) après avoir été en charge du dossier de cession à GE :

http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-patron-de-general-electric-france-vise-par-une-enquete-pour-prise-illegale-d-interet-10-09-2019-8149176.php

https://www.marianne.net/economie/le-patron-de-ge-france-ex-conseiller-de-macron-vise-par-une-enquete-pour-prise-illegale-d

Si l'on ajoute à cela l'appui qu'il apporte publiquement à monsieur Ferrand aux prises à ses démêlés judiciaires, monsieur Macron montre qu'il n'a pas foncièrement changé depuis l'affaire Bennalla.

En résumé, je serais tenté de lui fredonner la chanson de Julio Iglesias : "Non je n'ai pas changé"

https://www.paroles.net/julio-iglesias/paroles-je-n-ai-pas-change

GERARD R.

@ Patrice Charoulet

Les défenseurs de l'ordre, de la police et de la France, LES VRAIS, ne devraient-ils pas prioritairement dénoncer les zones de non-droit, que même le pouvoir n'ose plus nier ? Un pouvoir qui cogne dur, préférentiellement sur une plèbe qui se révolte, à cause de la faim, quand il laisse ses pompiers, ses policiers, aller au casse-pipe, dans les zones précitées, et même se faire assassiner à leur propre domicile... Vous parlez de défendre l'ordre et le droit ? Ma parole ! Mieux vaut encore lire cela que de contracter une méchante... MST... (par exemple)

boureau

"La mondialisation, le nouveau monde et E. Macron"

"Impression soleil levant" de Monet.

L'examen de ce célébrissime tableau de Claude Monet cher P. Bilger, résume parfaitement l'impression que donnent et la mondialisation et le nouveau monde et E. Macron.

Aux premières secondes de vision, dans une atmosphère brouillardeuse, des pauvres hères dans des coquilles de noix semblent errer sur une mer incertaine. Mais, au dernier plan, rougeoyant, commence à apparaître un ciel prometteur de clarté, d'espoir et jour naissant.

Les médias nous ont vendu la mondialisation, le monde nouveau et Macron comme l'apparition de ce soleil, mythe de toutes les promesses de l'aube. Un beau spectacle auquel on ne peut manquer d'adhérer tant il suscite d'espoirs et de lendemains qui chantent...

Et puis, les secondes et les minutes passent dans l'adoration de notre tableau et on se rend compte finalement, dans l'examen de détails que l'effet donné, l'est par une succession de petites touches sans grand intérêt artistique. Le titre choisi à l'époque rend bien compte de l'oeuvre : "Impression soleil levant".

L'appréciation et le raisonnement sont les mêmes pour la mondialisation, le monde nouveau et E. Macron : l'admiration, les espoirs, les certitudes nés de l'émerveillement primitif se dissipent peu à peu dans l'irréel, le pointillisme et le détail. En un mot le flou !

Sauf que certains, et je vous rejoins là cher P. Bilger, s'accrochent désespérément à cette bouée de sauvetage : la remontée dans les sondages de notre "soleil levant".

D'autres, le nez sur le tableau, n'y voient que de la grisaille, de l'enfumage et une communication mieux maîtrisée.

"Et les réformes projetées et en cours de négociation seront substantielles" dites-vous.

Qu'en savez-vous ? Finalement vous êtes bien dans le charme assez béat de Macron : à partir du moment où, avec son sourire enjôleur, ils annoncent des réformes, pour vous elles sont faites. Vous n'allez jamais étudier les résultats définitifs des tractations et des décisions. C'est plus tranquille.

Ce qui fait dire à certains : "résultats minuscules". Je dirai plutôt : résultats insuffisants et qui ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Cordialement.

ALFRED LELEU

Je regrette que vous ayez abandonné les posts vidéos que nous retrouvions de temps à autre sur ce blog où vous nous faites l’amitié de nous accueillir. Certes, une utilisation disons «perfectible» de votre webcam les desservait parfois, mais je les regardais avec beaucoup d’intérêt. Il me semble que ce présent texte s’y serait parfaitement prêté (700 mots, ce qui, à raison de 125 mots/mn qui me paraît être, à l’oreille, la cadence approximative de votre débit de parole, nous aurait fait une petite vidéo d’environ 5 mn).


Mary Preud'homme

Arnaud Montebourg, dindon de la farce, nommé ministre du Redressement productif (et de la reconquête industrielle) en 2012.
Et qui jette l'éponge un an après alors que la France vient d'enregistrer un déficit commercial record de 71 milliards sur l'année calendaire.
Pas de quoi plastronner !

Achille

Je comprends le désappointement des détracteurs d’Emmanuel Macron. Il est arrivé à mi-mandat et sa cote de popularité est meilleure que celle qu’a connue ses deux prédécesseurs à ce stade.

Rien n’y fait. L’affaire Benalla, bientôt dix mois de manifs des Gilets jaunes, des ministres débarqués pour des affaires pas très propres, et maintenant l’affaire Ferrand qui suit de quelques mois l’affaire de Rugy qui, malgré les cris d’orfraie de l’opposition, a fait un gros « pschitt ».

Certes EM n’a pas apporté un nouveau monde. Seules les révolutions y parviennent et pas toujours dans le sens souhaité par ceux qui l’ont voulu.

Mais il modifie l’ancien monde en procédant par petites touches successives. Cela ne se remarque pas tout de suite, mais le changement s’opère, à commencer par celui des états d’esprit calamiteux qui règnent dans certaines corporations qui bénéficient de niches fiscales ou de travailleurs de la fonction publique qui disposent de régimes spéciaux de retraite qui ne se justifient absolument pas.

Un changement de mentalité commence à s'opérer doucement mais sûrement chez les citoyens. La preuve étant que malgré les reproches faits à EM, les leaders de l’opposition, de gauche comme de droite, ne profitent absolument pas de ce mécontentement qui se fait sentir dans la population. Sans doute parce qu'elle se dit qu’avec un autre leader au pouvoir, ce serait encore pire. Ce qui n’est pas faux.

Chemins de traverse

A. Montebourg fait souventes fois le bon diagnostic.

Patrice Charoulet

Cher Philippe,

L'intervention dans "Le Monde" de Montebourg, dont vous parlez, est à compléter par l'entretien récent qu'il a accordé à Thinkerview, qui contient des avis intéressants et inhabituels.

Dans vos réflexions, vous ne craignez pas d'écrire "la longue fronde éclairante des Gilets jaunes". A mon humble avis, ces manifs du samedi n'ont rien éclairé du tout, et surtout ont de quoi désoler non pas les macronistes, dont je ne suis pas, mais les défenseurs de l'ordre, de la police et de l'image de la France.

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