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12 novembre 2019

Commentaires

Noblejoué

Mais notre hôte ne me semble pas toujours avoir lui-même milité pour la présomption d'innocence.
Comme je ne fais pas de dossiers, je vais chercher avec des mots clés. Si je rapporte des choses, ce ne sera sans doute pas exhaustif et a fortiori parfaitement représentatif.
Il faudrait relire tous les textes de notre hôte, ceux sur le sujet, voir aussi les autres, car on peut trouver éventuellement des choses au détour d'une phrase d'un autre sujet que le principal, chez bien des gens. Enfin, bon, je n’épluche pas des sources, après tout, je sonde.

Et si même un magistrat comme notre hôte peut remettre en cause la présomption d'innocence, certes avec ses lumières, certes avec ses buts, on se demande comment ceux qui n'ont pas la charge de la justice entre leurs mains feraient mieux ?

https://www.philippebilger.com/blog/2011/05/marre-de-la-pr%C3%A9somption-dinnocence-.html

https://www.philippebilger.com/blog/2006/04/ple_monde_daujo.html

Mon avis, c'est que la contradiction entre la présomption d'innocence et la nécessité de mettre certaines personnes en prison est féconde.
Je crois que sinon, le juge sera encore plus enclin à emprisonner et à penser l'emprisonné coupable.
Nul n'est porté à se dédire. Car cela remet en cause. Par la présomption d'innocence, la loi rappelle qu'on ne doit être déclaré coupable qu'avec des preuves, déjà, on pourrait l'oublier, et aussi que le juge peut revenir dessus sans perdre la face. Le public comme lui-même sera moins tenté d'enfermer le juge dans une conviction de culpabilité seulement possible, et non prouvée, par exemple pour raison de sécurité.

Les humains sont ainsi fait que toute accusation a tendance à être rejetée comme soi-disant invraisemblable, ainsi que l'innocence.
Je pense que cela tient à notre passé de chasseur-cueilleur, dans le doute, il fallait jeter son arme sur la proie, la faim attendait les hésitants. Sur un mode moins vif, il a aussi fallu tester toutes sortes de plantes et de champignons, qui n'en est pas une, eh oui, sans savoir si ces choses offertes à sa dent étaient digestes voire vénéneuses.
Dans beaucoup d'autres domaines, la même attitude, inverse du principe de précaution, a payé, et doit être maintenu.

Mais pour la Justice, il ne faut rien présumer de l'accusateur ou de la victime, n'être ni du côté de l'avocat, ni de celui du procureur.
Je crois que quand on pense à la société,on est du côté de l'avocat de la société, de l'innocent éventuel, de l'avocat, et entre les deux, se plaisant à penser qu'on veut la justice pure, du magistrat, celui qui décide, certes, mais en retrait, immobile, presque mort d'aspect, ce en qui il rappelle Osiris, le dieu mort qui juge les morts.

Tiens, resurgissement de la présomption d'innocence, pour l'Etat. Je suis pour, mais pas pour son affaiblissement, ailleurs :

https://www.philippebilger.com/blog/2014/10/letat-aussi-a-droit-%C3%A0-la-pr%C3%A9somption-dinnocence.html

On ne doit pas rappeler à Polanski sa culpabilité en l'écartant des César alors qu'il n'a même pas purgé sa peine :

https://www.philippebilger.com/blog/2017/01/ne-privons-pas-les-c%C3%A9sars-de-roman-polanski-.html

J'aurais compris qu'on fasse prévaloir l'art sur la justice, mais enfin, dire que c'était ancien et que donc, tout va bien...
Et ce alors même qu'on remet en cause la présomption d'innocence pour la personne devant se débattre dans la justice ?

Les gens pris dans l'engrenage de la Justice ne doivent pas être présumés innocents, un coupable qui n'a pas purgé sa peine doit être traité comme un innocent.
Il semble que l'idée soit d’alourdir le fardeau des faibles et de privilégier encore les privilégiés.
Tu en en mon pouvoir, à moi, la Justice, tu dois avoir moins de protection pour te défendre, tu as échappé, et d'ailleurs, tu as un certain niveau artistique et de notoriété, donc tout va bien.

S'il en va ainsi même d'un magistrat, comment s'étonner que le peuple présume les uns innocents, les autres coupables, ou ne veuille même pas le savoir, car il a ses causes, ses humeurs, ses sympathies, en un mot, ses arbitraires ?
Enfin, le peuple... Souvent tels ou tels groupes dans le peuple, de même que toutes les hermines ne doivent pas être pareilles.
Le problème : si on a affaire à la Justice, comment deviner ses inclinations ?

D'autres magistrats, c'est moins cool, n'affichent pas les sympathies de notre hôte, mais leur antipathie, c'est le "mur des cons".
Mais en somme, je supposais que les magistrats devaient tendre certes, à comprendre, donc à une certaine empathie pour tous, mais aussi, de la distance, de l'impartialité.

Il me semble que les principes, comme la présomption d'innocence, le fait de l'étendre à l'Etat mais il serait bon de supprimer la justice administrative, et le droit de rappeler à un coupable, surtout qui n'a pas accompli sa peine, qu'il reste un coupable, sont des guides contre la sympathie ou l'antipathie qui me semble, in fine, faire de la masse des prévenus, des coupables d'avance, et d'un coupable, un homme qui serait assimilé à un innocent.

On parle toujours de crime parfait pour les meurtres. Mais un viol aussi est un crime.
Que votre victime se taise : crime parfait. Que vous échappiez à votre peine, et même, paradiez devant tous : crime parfait.

Et si quelque chose peut donner des vocations de criminel, c'est bien l'impunité.
Pas seulement pour ne pas souffrir. Pour se sentir supérieur au monde entier. Si on a en plus l'approbation d'une partie du monde, quel délice ! En fait, quelque esthète pourrait mixer le manifeste et le caché, pour varier les plaisirs. Je me demande si cela s'est fait ou se fera... Ce pourrait être un sujet de fiction.

Comme je l'ai déjà dit, tout le monde peut tuer impunément quelqu'un, par exemple, non, je ne vais pas en donner, dans une fiction, l'auteur le pourrait car prenant le public par la main, lui montrant que ce n'est pas bien, ici, non, impossible.
Et même pour le viol, en choisissant ses victimes, je ne vais pas dire comment non plus ! Bref.

Mais si on relativise l'innocence, dans le public ou chez les magistrats, il me semble que les deux vont de pair dans la société...
On enverra plus d'innocents en prison.

Cela dans le même temps où on libère des gens des gens qui devraient rester en prison à vie et où il est une faute de goût de rappeler qu'un abuseur parade devant les médias réunis.
Faute de savoir-vivre, peut-être ? Polanski, au motif que l'on a pu voir ses films, serait-il notre invité virtuel à tous, et en cette qualité, insucceptible de rappel à son passé ?

Cela me semble de cet ordre, il y a la masse de ceux qu'on ne connaît pas, à bien tenir, même si on ne sait pas encore, en somme, s'ils sont coupables, et ceux qui obtiennent, en quelque sorte, la grâce.
Je comprends l'amitié, qui fait qu'on est indulgent avec l'ami, presque quoi qu'il fasse, mais je m'étonne des réactions de notre hôte et des commentateurs, à croire que Polanski était l'ami de la moitié des commentateurs.

Bref, il me semble que la culpabilité et l'innocence intéresse de moins en moins, certains penchent vers la sécurité, d'autres le pardon, il y a de la sympathie, de l'antipathie, mais que tel soit coupable ou non, finalement, on ne veut pas les savoir.
Ou du moins, pour CERTAINES affaires.

Tout de même, la police scientifique, où la France était en avance, à une époque, n'est pas flamboyante.
Cela ne me paraît pas non plus de très bon augure.

En France, on n'aime pas la Justice, qui n'est qu'une autorité, et pas un pouvoir, je le rappelle, et on n'a pas pour la loi le respect des Anglo-Saxons. Pour les principes, aussi, on repassera.
Même chez les meilleurs. Et si par hasard, quelqu'un ne le fait pas, on le traite de psychorigide.

L'exemple vient de haut : notre Constitution n'organise pas un véritable équilibre des pouvoirs.

Il faut revenir aux principes et développer la police scientifique.

On va présumer les Français innocents et imaginer qu'ils le feront... En fait, désolé, j'ai beau être pour la présomption d'innocence et pouvoir imaginer des intelligences artificielles plus intelligentes que les humains, ma présomption d’innocence et mon imagination ne vont pas jusque-là.
Les Français ont trop de polémiques pour y tendre et a fortiori l'atteindre, et ce, dans un avenir prévisible.

Vamonos

L'innocence a disparu parce que les trotskistes ont gangrené idéologiquement la société. Pour eux, la révolution permanente est une nécessité, une obligation.

F68.10

"Parce que nous avons besoin de supputer le pire."

La même logique qui mène à la surmédicalisation.

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