« Il n'y a plus d'innocents en France ! | Accueil | Entretien vidéo avec Jean-Pierre Jackson »

14 novembre 2019

Commentaires

boureau

CNews : Débat Zemmour / Saint-Etienne ce soir.

Éblouissant ! Éblouissant !

Un échange exceptionnel sur l'euro et le devenir de l'Union européenne. Des mises en perspective tragiques et l'annonce d'une crise imminente !

Christian Saint-Etienne est un esprit lumineux.

A méditer.

Cordialement.

Robert Marchenoir

Un passage de l'article que vous citez, faisant la critique du documentaire de Robert Salis, éclaire les réflexions pathétiques du film, genre "Je ne vous garantis pas que je n'ai jamais broyé quelqu'un. Je vis avec ça." :

"La féminisation progressive de la magistrature depuis l’après-guerre pose un problème prononcé de mixité : alors que tout corps social se doit d’être équilibré, ce sont près de 64 % de femmes qui travaillent aujourd’hui dans les tribunaux et près de 85 % demain, les entrées d’étudiantes étant majoritaires au regard des garçons choisissant la carrière d’ingénieur."

Sauf ceux qui triplent leur deuxième année de licence en sciences politiques, avant de faire des expériences malavisées mettant en présence des hydrocarbures et des allumettes.

Mary Preud'homme

Sans une réelle vocation, une forte capacité à résister au stress, une grande puissance de travail, ainsi que des qualités authentiques d'écoute et de compréhension, mieux vaudrait s'abstenir de choisir ce métier noble et exigeant à tous égards...
S'interroger ensuite sur la défection exponentielle des hommes pour les métiers de la justice et du droit, où les femmes sont devenues ultra majoritaires (ce qui se traduit à l'ENM par trois fois plus de femmes auditeurs de justice que d'hommes) et au final par des juridictions (notamment aux affaires familiales) essentiellement constituées de femmes.

Isabelle

"Qu’il ferme sa gueule ! »
🤯 Voilà comment le représentant du Président de la République traite un spécialiste du patrimoine et par la même occasion tous les amoureux de Notre-Dame-de-Paris qui veulent une reconstruction à l’identique.
Comme celui qu’il représente, suffisance et insuffisance... !
– Marine Le Pen"

http://video.lefigaro.fr/figaro/video/notre-dame-qu-il-ferme-sa-gueule-lance-georgelin-a-l-architecte/6103692790001/

Certains, sur ce blog, regrettaient le manque de subtilité.

Les commentaires, sous l'ère Macron, sont rarement subtils. Les commentaires du même style leur reviennent donc en boomerang...

Metsys

Très beau billet, M. Bilger ! J'y ajouterai juste une courte citation d'Ulpien, tirée du Codex, pour vous réconforter en rappelant que la magistrature a aussi sa grandeur :
"À juste titre certains nous appellent « prêtres », car nous cultivons la justice et nous proclamons la connaissance du bon et du juste, séparant le juste de l'inique, distinguant le licite de l'illicite, souhaitant rendre bons les individus, non seulement par la crainte de peines mais aussi par l'encouragement de récompenses, aspirant — si je ne me trompe — à la vraie philosophie, non à la fausse".

jmarcio

Ça me fait penser à une loi qui a été approuvée récemment au Brésil, à l'initiative des députés et sénateurs, dont la plupart empêtrés dans des affaires de corruption.
Ça s'appelle "Loi de l'abus d’autorité".
Entre autres choses, elle prévoit qu'un juge qui émet une décision de condamnation qui est cassée par une instance supérieure, risque une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison...

Tu che la vanita conoscesti del mondo

« Il est intolérable… de constater avec quelle volupté aigre la magistrature se vautre dans le dénigrement d'elle-même. » (PB)

Comme c’est singulier !

Quelques propositions, en vrac:

- Passer de 66 % de femmes magistrates à 100 %: les femmes sont moins masochistes que les hommes et savent se repoudrer le nez avant l’entrée en audience.

- Un an de stage en entreprise avant de siéger: on y mesurera combien le port de l’hermine a parfois du bon…

- Six mois d’audience aux Prud’hommes : on y mesurera, toujours, combien le port de l’hermine est plus appréciable que la médaille du travail sur le chandail défraîchi, surtout vers 21h, en fin d’audience…

- Création par un magistrat honoraire d’un « Institut du silence », où l’on mesurera combien la parole n’est jamais que d’argent…

- Stage en cabinet d’avocat pendant six mois: où l’on mesurera combien le stress vécu sous l’autre robe noire peut faire apparaître comme éminemment préférable le statut de la Fonction publique…

- Huit jours en cellule: où l’on mesurera combien la magistrature est préférable à la pénitentiaire, celle-ci ayant d’autres chat à fouetter que de se dénigrer.

- Comparer, devant le monument aux morts de la salle des pas perdus du Palais de Justice de Paris, le nombre d’avocats et le nombre de magistrats morts pour la France: où l'on mesurera combien la magistrature en temps de guerre peut être d’un grand refuge…

Et, si tout cela ne suffit pas, par fournée de 500, dans le grand amphi d’Assas à écouter d’un sachant, singulier honoraire, le bonheur d’être et d’avoir été, l’ennui n’étant jamais né chez lui de l’hermine ôtée.

Aliocha

Très beau texte qui, il me semble, souligne que ce n'est pas la personne du criminel qui est jugée, mais son crime, ce qui est une réponse à Marc Ghinsberg.
Que tant de juges se complaisent dans le masochisme dénonce la confusion dans laquelle nos institutions se complaisent, et finalement le peu de crédit accordé au droit qui implique alors la grande et regrettable difficulté à faire respecter les lois.

L'origine de cette confusion ne se trouverait-elle pas dans cette tendance nietzschéenne qui essaie d'échapper à l'orbite judéo-chrétienne en radicalisant le souci des victimes dans un sens anti-chrétien, justifiant le crime du déviant par les oppressions qu'il aurait subies, et tentant de faire de toute loi morale un pur instrument de répression et de persécution, ouvrant la porte à l'habitude païenne, l'assouvissement illusoire et illimité des désirs, par conséquent la suppression de tous les interdits ?
L'institution judiciaire se retrouverait alors dans la même situation que les églises en leur manquement à la charité, due à leur même connivence avec l'ordre établi, se voyant obligée de remettre en question son essentiel pour justifier son éventuel égarement.

Tant que les hommes qui exercent tout pouvoir au nom de l’État n'ont pas conscience du fondement anthropologique de la légitimité de sa violence, ils ne pourront qu'être complices du retour aux anciens rituels, donc à l'ancienne culpabilité, celle qui imagine pouvoir juger les êtres alors qu'il ne lui est demandé que de juger le crime.

Merci notre hôte d'affirmer au plus haut que l'observance de la loi n'est pas une complicité avec les forces de persécution, mais l'unique rempart contre le retour du païen, et que ceux qui ont l'honneur de la proférer en cette pleine conscience ont un devoir de fierté à exercer cette responsabilité.

hameau dans les nuages

@ Robert Marchenoir | 14 novembre 2019 à 09:07

Ça se voit que vous ne savez pas ce qu'est la précarité étudiante !:

https://www.fdesouche.com/1295259-une-etudiante-dextreme-gauche-se-pretendant-precaire-se-voit-reproche-son-train-de-vie-luxueux

Et dire que mes enfants boursiers rejoignaient leur chambre d'étudiant avec force paquets de nouilles et boîtes de conserves ainsi qu'un mot d'ordre: bosser ! Avec interdiction de faire la tournée des bars. Ultimatum car faute de ce faire on ne pouvait pas pallier les bourses d'Etat.

Achille

@ Tipaza | 14 novembre 2019 à 10:42

C’est curieux cet arrivage de nouveaux pseudos tirés d'une imagination fertile, qui déboulent sur ce blog pour débiter un verbiage niveau première année de philo, laissant entendre qu’ils ont beaucoup lu dans leur jeunesse.
Je ne serais pas surpris que 37.2 C° le matin vienne rejoindre son petit camarade Fahrenheit 68.10.


Marcel

Ce qui est hilarant, dans le fond, c'est que tout le monde sait ce que les jeunes délinquants - ceux qui commettent des faits qui ne sont pas jugés par les assises, ceux qui réitèrent à ne plus s'en souvenir - en pensent, de la Justice. Ils savent quoi dire, comment s'habiller, comment se présenter à l'audience pour globalement inspirer la clémence, autant que possible en fonction des faits qui leurs sont reprochés.

Lorsqu'un magistrat croit voir une vie en dentelle et se sent conducteur d'un 35 tonnes dans un magasin de porcelaine, il est le dupe ; pas celui qui paye. Ceux qui payent, ce sont ceux qui se sont faits tabasser avant, ceux qui se feront tabasser après. Et bien sûr, à terme, le jeune délinquant qui aura pu poursuivre son cheminement criminel en esquivant sans trop d'efforts les étapes judiciaires, ce qui ne sera pas sans conséquences sur ce qu'il deviendra à terme.

Le dupe, celui qui n'assume pas son rôle répressif, persuadé que la rigueur broie sans même vouloir regarder en face les dégâts du laxisme - sur les victimes et le délinquant aussi -, il devrait effectivement, pour le bien public, dégager, faire autre chose. Allons bon, la violence légale le heurte ? Si la violence légale est nécessaire et consubstantielle à l'exercice de certaines professions, ce n'est pas gratuit - c'est parce que son absence engendre la violence illégale - donc injuste. Un magistrat qui préférerait l'injuste, voilà qui serait fâcheux. Les magistrats, pas plus que les policiers, ne sont entraîneurs de football, des grands frères ou des copains. Leur seul fonds de commerce légitime, c'est d'être juste, dur ou souple selon les mérites.

sylvain

J'aime bien les titres de M. Bilger, y a comme un petit parfum de provoc gentille.

Juger n'est pas un crime ? Ben si !
Pour la fange (j'ai bien dit : fange ! ne rectifiez pas cher greffier !) de la magistrature islamogauchiste du SM mur des cons, juger un délinquant, C'EST un crime ! Ils ne sont pas là pour incarcérer voyous, casseurs, tueurs, violeurs, voleurs mais pour profiter de leur connaissances des lois pour les travestir et les interpréter le plus gauchistement possible à leur guise pour ne pas nuire ni traumatiser leurs protégés et les relaxer afin qu'ils puissent en toute impunité rééditer leurs exploits ; s'ils sont accusés de laxisme, ils peuvent toujours très extrême gauchistement invoquer le sacro-saint slogan gauchiste : "le manque de moyens" !

Exception et de taille concernant les identitaires des Alpes, extrêmes drouâââtes en chemises brunes, fachos réacs xénos, où là subitement ils furent touchés par la grâce judiciaire islamogauchiste ; allah-luia !

boureau

Général Jean-Louis Georgelin

Déclaration de ce glorieux militaire à la tête d'une mission spéciale "afin de veiller à l'avancement des travaux qui seront engagés" pour Notre-Dame de Paris :

"Qu'il ferme sa gueule"

Admonestation destinée à l'architecte en chef des monuments historiques.

J'avoue en être resté coi à l'entendre. On se bat tous les jours pour essayer de restaurer les civilités entre citoyens et pour des rapports apaisés et, au plus haut niveau de l'Etat, un général se comporte dans une conférence comme le dernier des gougnafiers.

Sidérant !

Ce général qui n'a jamais mis les pieds sur un théâtre d'opérations - sauf en Bosnie mais c'était un poste de fonctionnaire administratif - a fait une carrière exemplaire d'apparatchik pour finir à la Légion d'honneur.

Mais il a dû rendre quand même beaucoup de services vu ses décorations:

Grand-croix de la Légion d'honneur
Grand-croix de l'ordre national du Mérite
Commandeur de l'ordre des Palmes académiques
Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres
Médaille commémorative française
Médaille de l'OTAN
Grand-croix de l'ordre de... (Chili)
Grand-croix de l'ordre de (Maroc)
Grand-croix de l'ordre de (Pakistan)
Grand-croix de l'ordre de (Singapour)
Grand-croix de l'ordre de (Vatican)
Grand-croix de l'ordre de (Italie)
Grand-croix de l'ordre de (Arabie Saoudite)
Grand-croix de l'ordre de (Monaco)
Grand-croix de l'ordre de (Portugal)
Commandeur de l'ordre de (Allemagne)
Commandeur de l'ordre (Belgique)
Commandeur de l'ordre (Bénin)
Commandeur de l'ordre de (Brésil)
Commandeur de l'ordre de (Centrafrique)
Commandeur de la (USA)
Commandeur de l'ordre de (Espagne)
Commandeur de l'ordre de (Hongrie)
Commandeur de l'ordre de (Mali)
Commandeur de l'ordre de (Mexique)
Commandeur de l'ordre de (Niger)
Commandeur de l'ordre de (Pologne)
Commandeur de l'ordre (Tchad)

Ouf !

Le maréchal Toukhatchevski - le militaire russe le plus décoré de la Seconde Guerre mondiale - ne pourra rien faire, il va bientôt être dépassé par ce général français qui n'a jamais vu le moindre front de guerre de sa vie et qui a fait une carrière fascinante dans les états-majors.

Ce goût, cette avidité de décorations, n'est-ce pas étrange ?

Cordialement.

Exilé

On nous aura tellement rebattu les oreilles avec cette pensée de Casamayor (*), au demeurant parfaitement banale, selon laquelle la Justice est à la fois une institution et une vertu. (PB)

Une vertu, certes, mais pour ceux qui se piquent d'exercer la possibilité de juger.
Le problème est que les magistrats sont uniquement recrutés selon des critères techniques d'après une formation (dont il faudrait au passage vérifier le contenu) dispensée par l'ENM.
Mais qui pourra nous garantir que le critère le plus important, à savoir la vertu des futurs magistrats, est bien en adéquation avec leur fonction ?
L'expérience montre que parfois la justice est rendue - et parfois vomie - par des gens sans foi ni loi.

(*)Tiens, un pseudo... Patrice Charoulet, au secours !

Xavier NEBOUT

@ Marc GHINSBERG

Vous confondez "juger les hommes" et "juger les faits".
Comme quoi, Sciences Po, c'est très limité...

F68.10

@ Tipaza
"Aie ! Nous avions déjà Aliocha, missionnaire de Dostoïevski, nous en avons un second !"

Compte tenu du pseudonyme de Aliocha, il est bien possible que nous n'ayons pas la même lecture de ce passage (dans lequel l'Aliocha du texte passe, à mes yeux, un peu pour une buse).

Mais je vous informe, au passage, que avez aussi le droit d'émettre votre avis sur le fond de mon propos. Ce n'est pas interdit. Voili voilou.

Robert

"Surtout on peut accepter que dans les fors intérieurs, des pensées mélancoliques, découragées parfois, surgissent mais qu'ont-elles donc à faire dans une appréhension globale du métier qu'on a choisi et qui appellerait enthousiasme, exaltation, fierté ? Grandeur et honneur, je le répète."

Merci, Monsieur Bilger, pour ce "coup de gueule" salutaire.

Je retiendrai ce passage : "Il est intolérable, même si on est tellement habitué à entendre le monde judiciaire protester, gémir ou se déprécier que plus personne n'y fait attention, de constater avec quelle volupté aigre la magistrature se vautre dans le dénigrement d'elle-même."

et la conclusion : "De peur d'être jugée coupable, elle anticipe et est impitoyable à son encontre.
Sans grandeur ni allure. Comme si elle était contingente et remplaçable alors qu'elle est nécessaire.
Quelle jeunesse peut, avec un tel lamento collectif, être tentée de choisir cette mission à la fois de sauvegarde et d'humanité qui appelle plus de fierté que de cendres sur sa tête ?"

Ce que vous évoquez ici est une analyse lucide de ce que sont devenues les institutions régaliennes d'un État qui, pour la France, a toujours été le représentant et le défenseur de l'intérêt général.
Les membres de la fonction publique ont, jusqu'à une période encore récente, été recrutés pour le servir avec honneur, fidélité et fierté, en appliquant ses règles destinées à assurer l'égalité de traitement de tous les citoyens. Les magistrats, du fait de leurs fonctions, étaient censés avoir en sus la charge de juger avec équité, mais sans faiblesse.

Le documentaire que vous évoquez montre que toutes les strates de la fonction publique, y compris la magistrature, sont atteintes du même syndrome : la perte du sens de l'exercice de leurs fonctions régaliennes, l'absence du sens de l'honneur de "SERVIR".

Ce que vous dénoncez me semble à relier à la perte du principe d'AUTORITE qui est la fonction même de l’État et la fonction même du service public "à la française". C'est ici que l'on retrouve la perversion interne du système tant au plan idéologique (où l'on retrouve la subversion par l'entrisme de certaines idéologies dans les hautes sphères de l’État) qu'au plan fonctionnel, puisque certains des hauts fonctionnaires les plus hauts placés (je pense notamment à Bercy) se considèrent comme ayant vocation à se constituer un carnet d'adresses, à pantoufler dans le monde privé et à "faire de la politique" au plus haut niveau. Ce que certains nomment "l’État profond"... Celui que même monsieur Macron a dénoncé en prétendant pratiquer le spoils system, alors qu'il en est la plus pure émanation !

Ce qui frappe, à juste titre, est la faiblesse de caractère de ceux qui sont censés en disposer pour le bien commun.
Il semble qu'en France, seule l'institution militaire continue à cultiver certaines vertus de courage, d'abnégation, de service de la France, de la symbolique du drapeau. Jusques à quand ?

Votre constat, Monsieur Bilger, est excellemment lucide et clairvoyant. Mais je ne perçois pas les sources du redressement, surtout quand on observe la déliquescence de l'enseignement public et la perte chez trop de nos jeunes des références civiques qui leur manqueront pour redresser le pays. Mais il est vrai que la citoyenneté doit céder le pas à la consommation...

Denis Monod-Broca

Juger n'est pas un crime, non ! mais n'est-ce pas la tâche la plus difficile au monde ?
Je vois pour ma part "grandeur et honneur" dans cette propension des juges à se juger eux-mêmes aussi sévèrement.
Quand on a pour métier de juger, on sait bien, forcément, que la parfaite innocence n'existe pas, et donc, légitimement, on prend sa part de culpabilité.

boureau

"Juger n'est pas un crime"

Je suis votre développement cher P. Bilger.

Mais je crois être comme beaucoup de Français qui ne sont pas du sérail : cette profession, à la fois m'agace et m’indiffère. Un comble !

D'une façon générale, trop d'immobilisme, trop de corporatisme, trop d'entre-soi, trop d'arrogance, trop de sûreté de soi, trop de nombrilisme professionnel...

Le peu de fois où j'ai été en rapport avec la justice dans mon parcours professionnel ou privé, j'ai été déçu par le comportement des juges.

Finalement je suis très mauvais juge. Et je l'assume.

Cordialement.

Michel Deluré

« ...la justice est à la fois une institution et une vertu. »

Il ne me paraît pas inutile de rappeler parfois, Philippe Bilger, quelques banalités. Car une pensée ne devient pas banalité par hasard mais bien parce qu'elle est porteuse d'un vérité que l'on n'a justement que trop tendance à oublier du seul fait de son évidence.

Mais avant que d'être institution, la justice est d'abord valeur, la première n'étant là que pour servir la seconde, la faire respecter selon des principes de conformité au droit et d'égalité des hommes entre eux.

Cela suffit à décrire à la fois toute la grandeur mais aussi la difficulté de la tâche dont les juges sont investis et par conséquent les qualités dont on attend qu'ils soient porteurs.

Juger est loin d'être un crime, c'est au contraire une nécessité mais à la condition de se montrer digne de le faire, dans le strict respect des principes de légalité et d'égalité, en mettant son moi hors jeu afin qu'il ne gouverne pas le jugement et en ne perdant jamais le contact avec cette vie que les juges prétendent justement juger.

Lucky look

"Paradoxalement, si cet orgueil collectif pour la bonne cause avait dominé, moins soucieux de pleurer sur ce qu'il n'avait pas que d'être formidablement efficace avec ce dont il disposait, nous n'aurions pas cet étrange égoïsme de la magistrature par rapport à la société. Elle ne cesse d'exiger de celle-ci des marques de respect, d'estime et de reconnaissance, comme si elles lui étaient dévolues par principe, avant l'action, mais elle ne se questionne jamais pour déterminer ce qu'elle doit à la société. Qui pourtant me paraît la dette capitale en République."

Merci monsieur Philippe Bilger.

Exilé

...ce que globalement le service public de la Justice aurait pu et dû apporter.

Non, non, non et non !
La justice n'a pas à être un prétendu « service public » à la sauce SNCF, qui en fait n'est qu'au service de ceux qui ne se considèrent que comme des rats dans un fromage !

La justice est une autorité.
Et être magistrat n'est pas un métier - ou du moins ne devrait pas l'être - mais une fonction.
Normalement, les magistrats ne devraient même pas non plus relever de la fonction publique.

Xavier NEBOUT

Si les juges n'abusaient jamais de leur pouvoir pour assouvir leurs idéologies, ils n'auraient pas lieu de culpabiliser.

Mais c'est au fond plus grave.

Je disais ici il y a peu, que le juge qui en ayant une marge d’appréciation, applique une loi qui ne correspond pas à son idéologie, soit se déshonore et le faisant, soit en ne démissionnant pas, soit est malhonnête en bafouant la loi, et notamment en s'octroyant une marge d’appréciation là où le texte ne la leur donne pas.

Le juge s'est par exemple octroyé le droit de limiter à sa guise la portée des clauses pénales en allant bien au-delà de la disproportion.
Le principe général est qu'on a le droit d'être malhonnête sans s'exposer à devoir aller au-delà du préjudice causé, c'est-à-dire que la clause pénale ne doit pas exister.

Il en est ainsi dans beaucoup de domaines, mais après, il ne faut pas pleurer parce qu'on n'est pas content des juges.

Qu'ils renoncent aux pouvoirs qu'ils ont usurpés, ou qu'ils assument leurs impostures.

Tipaza

@ F68.10 | 14 novembre 2019 à 03:03
« La lucidité est dans ces domaines un poison nécessaire. J'ai le sentiment que c'est une des morales du Grand Inquisiteur de Dostoïevski. »

Aie ! Nous avions déjà Aliocha, missionnaire de Dostoïevski, nous en avons un second !
Fahrenheit 68.10 c’est du 20 ° Celsius.
Bon ce n’est pas trop chaud, ça reste dans les nouvelles normes climatologiques, malgré la neige qui bloque une certaine France périphérique.

Marc GHINSBERG

« Et nous voilà plongés d'emblée dans ce que je dénonce aujourd'hui comme je l'ai récusé hier quand j'étais magistrat. Une vision de la Justice doloriste, sans éclat, sans élan, misérabiliste, pour se faire pardonner au fond d'être juge et au service d'une institution qui se doit d'incarner le moins mal possible la vertu de Justice.
Comme si on en avait honte. » (PB)

J’émets une hypothèse, cher Philippe. Une fois encore, nos racines chrétiennes ne nous joueraient-elles pas un tour ?

« Et ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés ; tenez quitte et on vous tiendra quitte. »
Luc VI, 37

Robert Marchenoir

"Les gens qui viennent devant la Justice apportent la dentelle de leur vie. Et la justice, elle, a la délicatesse d'un 35 tonnes qui se gare dans un magasin de porcelaine"

Eh ben mon cochon... voilà exactement ce qui est détestable dans les attendus des juges français : la sensiblerie, l'emphase, le ridicule, la mauvaise littérature qui remplace la parole claire et droite, et puis cette perversion nationale qui consiste à prétendre faire le boulot des autres, pour dissimuler qu'on est trop désinvolte pour faire le sien.

Les gens apportent la dentelle de leur vie devant la Justice ! Mais il n'a pas honte ? C'est du Paul Bourget, ou quoi ? La délicatesse d'un 35 tonnes qui se gare dans un magasin de porcelaine ? Ooooh... comme c'est fin, et comme c'est spirituel !

Et pendant ce temps-là, on oublie que le travail du juge consiste à rendre la justice, et non à remplacer les sociologues, les journalistes et les psychologues de comptoir dont nous ne manquons pas. Surtout à en juger par le nombre des étudiants "précaires" qui se répandent en ce moment dans les médias, en se plaignant de n'avoir qu'un euro par jour pour manger alors qu'ils font des études de sociologie.

Exactement comme la "femme seule avec enfants" (cinq) qui insulte le président de la République parce qu'elle est au Smic et qu'elle ignore l'usage de la contraception (alors qu'elle "descendrait dans la rue" si l'on s'avisait, par exemple, de dérembourser cette dernière).

Finalement, Sarkozy avait raison : il faudrait interdire La Princesse de Clèves en France. On nommerait le général de Villiers au poste de chef de bureau des coups d'État, il commencerait par faire donner la fessée cul nu à quelques chefs des Gilets jaunes sur la place de la mairie de chaque chef-lieu de canton, et puis la police à Benalla priverait d'abonnement Internet quiconque ferait des phrases au lieu de faire son boulot.

A commencer par les étudiants de cette photo à l'ironie certainement involontaire, qui se prélassent au soleil sous une banderole qui demande : "Et toi, tu (sur)vies avec 450 € par mois ?"

Avec 450 euros par mois, je ne sais pas, mais avec cette orthographe de cochon et la prétention de faire des études d'histoire de l'art, ça va être difficile.

Bien sûr, tous ces gens-là réclament plus de "solidarité", alors qu'ils devraient défiler dans la rue en exigeant plus de liberté. Réveillez-moi quand vous verrez le peuple "en colère" organiser des manifestations en brandissant les oeuvres choisies de Frédéric Bastiat.

Tipaza

Après un billet où il apparaît qu’ « il n’y a plus d’innocents en France », donc tous coupables, un billet dans lequel certains magistrats arrivent à la conclusion de « Tous victimes ».

C’est pire que l’histoire du chat de Schrödinger, dont on ne saura s’il est vivant ou mort qu’à la fin de l’histoire, en ouvrant la boîte dans laquelle il est enfermé.

Vous avouerez que le « en même temps », devise du nouveau monde, est poussé à ses extrêmes limites.

Il ne reste plus qu’à ouvrir la nouvelle boîte de Pandore, je veux dire un grand débat qui décidera… rien… parce qu’on ne peut rien décider à cent et un mille décisionnaires pliés en deux à s’auto-observer le nombril, tout en regardant le nombril du voisin, des fois qu’il serait un peu plus rond ou plus grand.

Trop d’introspection, et parce qu’ils sont incapables d’être admirés comme des héros qu’ils ne seront jamais, trop veulent se faire plaindre, être admirés comme victimes, une autre façon d’être au centre des regards.
Le syndrome de l’enfant unique qui s’étonne qu’on ne s’occupe pas exclusivement de lui.

Et on en arrive au point ultime où un étudiant en situation d‘échec scolaire évident s’immole parce que l’institution, la superstructure, l’impersonnelle administration, ne s’occupent pas de lui.
Où étaient sa famille, ses amis, son entourage, son premier cercle ?

Se poser en victime, une certaine façon d’esquiver ses responsabilités et d’ignorer ses limites, le drame de notre société, c’est que de plus en plus de personnes y compris celles qui ont des positions sociales confortables rentrent dans ce nouveau jeu.

On est passé du « c’est la faute à pas de chance », ce qui implique une certaine responsabilité implicite dans l’échec, la chance est personnelle, à « c’est la faute du système et au manque de moyens », ce qui exclut toute responsabilité individuelle pour la projeter sur l’impersonnel l’État.

La perversion ultime étant que l’oligarchie qui nous dirige accepte et joue le jeu de l’infantilisation pour mieux nous contrôler avec le risque évident que si on n’obtient rien ou peu de celui dont on attend tout, alors des mouvements sociaux éclatent. C’est le syndrome Gilets jaunes.

Achille

La Justice est à la fois une institution et une vertu dites-vous.

Il est vrai que les juges ont une position à part dans notre société, vu que ce sont eux qui appliquent les sanctions lorsqu'un justiciable commet un délit ou un crime.
En cas de crime il est fait appel à un jury populaire qui généralement suit les recommandations des magistrats chargés de les guider dans leurs réflexions afin de rendre leur verdict conforme à ce que prescrit la loi.

Ceci étant, la Justice est surtout une responsabilité.
Elle nécessite de faire abstraction de certaines réactions humaines pour ne se consacrer qu’aux faits établis et qui pourraient conduire à une sanction trop dure ou au contraire trop douce en regard de la faute commise.

Les magistrats doivent montrer qu'ils sont capables de résister aux multiples tentations auxquelles ils sont confrontés qui ont pour effet de ternir l’aura de cette auguste corporation.

Juger n’est pas un crime, mais encore faut-il ne pas abuser de ses prérogatives pour satisfaire ses convictions politiques, philosophique et même religieuses ainsi qu'on peut le constater trop souvent.

Noblejoué

"Il est intolérable, même si on est tellement habitué à entendre le monde judiciaire protester, gémir ou se déprécier que plus personne n'y fait attention, de constater avec quelle volupté aigre la magistrature se vautre dans le dénigrement d'elle-même."

Etre jugé par des gens qui mendient qu'on les aime, c'est un problème. Le juge n'est pas là pour être aimé.
Je t'interroge, aime-moi, je te condamne, aime-moi.

Par contre, les juges pourraient dire, c'est plus grave et impacte leurs conditions de travail et l'estime assez piètre des prévenus à leur encontre, que la Justice n'est pas estimée.
Une autorité et non un pouvoir dans la Constitution, un budget assez petit, et des cris perçants des politiciens et de leurs affidés chaque fois qu'un magistrat fait son travail en s'attaquant à ceux de leurs abus qui sont illégaux...

...Quel tableau !

C'est l'affaire Polanski tous les jours, avec les politiciens, ni eux, ce qui ce conçoit, ni leurs partisans, ne veulent qu'ils paient les conséquences de leurs actes.
La conclusion naturelle de chaque aspirant voyou est qu'il ne semble pas que la loi s'applique à tous, contrairement à ce qu'on raconte, qu'on peut glisser entre les mailles du filet, la discuter... Alors, pourquoi pas lui ? Si, dans le cas des politiciens, ceux qui dirigent ou aspirent à diriger l'Etat, vont contre les règles... Deux réactions : les rejeter en bloc, pour tous, ou dire qu'on pense, comme les politiques, qu'elles ne sont là que pour la masse, certes, on peut être pris, mais enfin, ce sont les risques du métier dans l'un et l'autre cas.

Est-il étonnant que des magistrats remettent en cause une Justice si attaquée en France ?
Jusque par ceux qui devraient la garantir.

J'en reviens au gentil petit cœur du magistrat. On peut, mais pas en France, nourrir son estime de soi par l'estime portée à la Justice.
Alors que faire ?

A une époque où la plupart des gens veulent être populaire ?

On peut intérioriser les critiques sur les défauts inévitables de tous les métiers, l'imperfection, et celle qui guette la Justice, l'erreur judiciaire. On peut prendre sur soi les tares humaines, savoir qu'un accusé est toujours jugé coupable par l'opinion.

Cela donne, la Justice, un mal nécessaire, et nécessaire, encore, mais enfin, je ou nous, selon son degré de solidarité...
...Nous faisons de notre mieux.

Et donc il faut nous aimer ! De nos jours, on s'invente de faux droits, comme celui d'être aimé, par le magistrat, ou pardonné quand on a abusé quelqu'un il y a longtemps.
On pourrait croire être à une époque où tous les véritables droits sont garantis pour tous.

Enfin, si "aimez-vous les uns les autres" est perçu non comme un idéal, mais un devoir absolu envers tous, tout le monde peut s'estimer créancier d'être aimé de tous.
Question de point de vue.

Avec tout ça, qui fera le travail, nécessaire, de César, qui n'est pas d'être aimé ? Au plus haut niveau, décider d'une politique, dont la défense des frontières fait partie, un pays n'est pas la salle de réception des autres, et sinon, le jugement, la police ?

Si personne, une anarchie qui n'aura rien de doux s'ensuivra, puis une dictature, un excès en amenant un autre.
Le différentiel de puissance entre gouvernants et citoyens ne cesse de s'accroître, et bombe aidant, personne ne nous aidera de l'extérieur. D'autre part, les Français sont des lâches.

Donc...

Cela fait longtemps que la France est libre, est-il fatal qu'elle connaisse encore un régime autoritaire ?
Entre ceux qui ont une autorité et l'exercent mal et ceux qui veulent un homme providentiel, les menaces islamistes et cela va venir je pense, mais quand, celles des écologistes, on peut se le demander.

D'autre part, les citoyens ont de moins en moins accès aux armes, pour résister, bonjour.
Pour se tuer, bonsoir.

F68.10

Billet de nature psychologique sur les représentations mentales collectives des professions à haute responsabilité sociale confrontées à l'incertitude morale.

Le seul texte pénétrant qu'il m'ait été donné l'occasion de lire à ce sujet est de Dostoïevski:

http://bibliotheque-russe-et-slave.com/Livres/Dostoievski%20-%20Le%20Grand%20Inquisiteur.htm

Support idéal pour un memento mori. Personnellement, cet exercice m'a convaincu qu'il était préférable de mourir lucide que de mourir sans remords ou regrets: c'est à vos derniers moments que votre lucidité vous permettra, monsieur Bilger, de nous faire part de vos meilleures réflexions sur la question de savoir si juger est un crime ou pas. Ou plutôt, de nous faire aussi part d'esquisses de meilleurs dispositifs prenant en compte les fragilités des magistrats et de la magistrature.

Juger n'est pas un crime en soi. Mais j'ai l'impression que la situation d'un magistrat est un peu analogue à celle d'un chirurgien: pour qu'un chirurgien ait les nerfs de mettre les mains dans les entrailles, il faut qu'il évacue le doute quant a la pertinence de son action au maximum. Comment opérer sereinement dans des contextes sérieux si on ne fait pas l'effort de s'auto-illusionner sur l'efficacité de l'acte qu'on pratique ? Comment juger autrui sans ne pas s'auto-illusionner sur sa propre capacité à discerner correctement le doute de la certitude ?

Les chirurgiens ont les études scientifiques pour les aider à discerner le vrai du faux et déterminer les actions à mener. Ils ne les aiment que moyennement...

Qu'avez-vous comme substitut à cela, en tant que magistrat ? Un législateur frivole, inconséquent et pusillanime ? Un peu de théorie légale ? D'imparfaites jurisprudences ? D'imprudentes études sociologiques ? Des idéologies de la morale ?

Cela doit être un peu frustrant.

J'imagine que vous compensez ce vide par votre humanité personnelle, que vous risquez un jour de juger plus sévèrement qu'elle ne le mériterait.

La lucidité est dans ces domaines un poison nécessaire. J'ai le sentiment que c'est une des morales du Grand Inquisiteur de Dostoïevski.

Anne Guedes

Je n'ai vu que la bande-annonce, mais "je ne vous garantis pas que je n'ai jamais broyé quelqu'un. Je vis avec ça" m'a sidérée et ôté toute envie de voir ce documentaire.
Quelle idée d'avoir honte de juger puisque c'est au nom du peuple souverain qu'aujourd'hui la justice est rendue !

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Les commentaires sont modérés et ils n'apparaîtront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.

Vos informations

(Le nom et l'adresse email sont obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.)

Ma Photo

MA CHAINE YOUTUBE

PRESSE, RADIO, TELEVISION & INTERNET

INSTITUT DE LA PAROLE

  • Formation à l'Institut de la parole
    Renseignements et inscriptions : [email protected]
  • L'Institut de la Parole propose des formations dans tous les domaines de l'expression et pour tous, au profane comme au professionnel de la parole publique. L'apprentissage et le perfectionnement s'attachent à l'appréhension psychologique de la personnalité et aux aptitudes techniques à développer. L’Institut de la Parole dispense des formations sur mesure et aussi, dans l’urgence, des formations liées à des interventions ponctuelles, notamment médiatiques. Magistrat honoraire, Philippe Bilger propose également des consultations judiciaires : conseils en stratégie et psychologie judiciaires.

MENTIONS LEGALES

  • Directeur de la publication : Philippe Bilger
    SixApart SA 104, avenue du Président Kennedy 75116 PARIS