« Le bel âge Pivot ! | Accueil | Victoire par KO ou défaite aux points ? »

10 décembre 2019

Commentaires

PR CALGUÈS

Ému, très ému à la lecture de la "déclaration d'amour" de Michèle Bernard-Requin.

Alpi

@ Pierre Blanchard
"Sophie de Menton (née Sophie, Marie, Clarisse, Anne, Bernadette Turpin, fille de Jean Turpin et de Maud Wirtz-Daviau)"

Oui, et alors ? En quoi cela disqualifie son anecdote ?
Les aristos à la lanterne, c'est ça ?
Est-ce qu'on vous demande votre pedigree avant de porter un avis sur vos commentaires ?

Exilé

- Docteur, comment faire pour digérer ce monde ?
- Vous n'êtes pas le premier à me poser la question. Éprouvez-vous des crampes à l'estomac, des nausées, des palpitations, des démangeaisons, des œdèmes, des difficultés à respirer, des crises d'angoisse sur fond de phobies ou des crises à caractère épileptique ?
- Oui Docteur, c'est cela et des éruptions aussi.
- Je vois. C'est une crise de macronite, une forme d'allergie, de plus en plus fréquente en ce moment. Vous arrive-t-il de regarder la télévision, de lire les journaux ?
- Oui. Et même quand je lis le blog de Philippe Bilger, qui n'est pourtant pas un méchant homme, il m'arrive parfois de tomber sur un billet tournant autour de ce personnage et là, crac, c'est la crise assurée.
- Je vois, je vois... Je vais vous prescrire un médicament qui vous désensibilisera, ce qui vous permettra peut-être d'éviter une crise aiguë et de durer jusqu'en 2022. En attendant, faites du sport, de la marche à pied par exemple, en évitant toutefois le secteur Bastille-Nation et la proximité de l’Élysée, plus de journaux, plus de télévision, voyagez loin de la France. Vous prendrez un comprimé de Macronase® 500mg à chaque repas.
- Et si les crises s'aggravent Docteur, que faire ?
- Essayez de demander l'asile politique à Monaco, mais il n'est pas sûr qu'ils puissent accepter tout le monde...

boureau

"Envie et justice" "Envie ou justice"

Complément à ma première intervention sur ce sujet cher P. Bilger.

Ce qui est interprété (à raison ou à tort ?) par nos sociologues patentés comme de la très vilaine envie, ne serait-ce pas, souvent, simplement un sentiment d'injustice sociale ?

Trois exemples parmi beaucoup d'autres :

Depuis la médiatisation intense sur la réforme (sic) des systèmes français de retraite, il n'est pratiquement question, et dans les médias, et dans les interventions des syndicats et dans celles de la majorité et du gouvernement, que des problèmes potentiels posés par les régimes spéciaux, (enseignants, SNCF, RATP, etc). Quasiment rien sur les problèmes posés pour les futurs retraités du privé. Ni de la part du gouvernement, ni des médias, ni surtout des syndicats. Envie ou justice d'en parler ?

Jean-Paul Delevoye - dont on nous souligne depuis des mois la rectitude, l’honnêteté, le sens de l'Etat - vient encore d'être pris la main dans le pot de confiture financier des "grands serviteurs" de la République. Après avoir omis de déclarer qu'il était administrateur principal de l'Institut de la formation de la profession de l'assurance, on apprend qu'il vient de démissionner du think tank Parallaxe qui lui versait 5 300 € de gratifications mensuelles. Il n'est pas inutile de rappeler qu'il a mangé à beaucoup de fromages de la République. Envie ou justice d'en parler ?

A France Inter (chaîne publique), on apprend que le journaliste Bernard Guetta (de gauche bien sûr et finalement député européen macronien, très sectaire dans ses commentaires d'ailleurs !) bénéficiait d'un salaire mensuel de 10 000 € pour quelques minutes de chronique par jour et cinq jours par semaine. Envie ou justice d'en parler ?

Rien n'est simple en ce bas monde. C'est pourquoi cette notion d'envie doit être manipulée avec un maximum de précautions.

Cordialement.

Isabelle

«L’impact positif de l’immigration sur le financement des retraites n’a jamais été démontré»

Il faut arrêter de se moquer de nous en permanence.

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Jean-Paul Delevoye a estimé vendredi 29 novembre à Créteil «qu’il faudra 50 millions» d’immigrés supplémentaires «pour équilibrer la population active en 2050, en Europe». Pour Yves Mamou, l’immigration a au contraire déstabilisé les systèmes sociaux de nombreux pays européens.

https://www.lefigaro.fr/vox/societe/l-impact-positif-de-l-immigration-sur-le-financement-des-retraites-n-a-jamais-ete-demontre-20191129

"Il faudrait faire lire à M. Delevoye les milliers de tweets et de SMS orduriers et haineux que reçoit quotidiennement Zineb El Rhazoui, survivante du massacre de Charlie Hebdo. Peut-être alors comprendrait-il où se situe la violence. Elle n’est pas chez les «islamophobes» qui à ma connaissance n’ont tué personne en Europe. En revanche, rien qu’en France, les islamistes ont tué plusieurs centaines de personnes." Paul SUGY

Sophie

Je ne sais pas s'il faut aimer ou ne pas aimer. « Il faut se prêter à autrui et ne se donner qu'à soi-même. » Montaigne

Pour le moment, les Françaises et les Français sont obligés d'aimer la marche à pied. Ils sont en train de se sculpter un corps de rêve vu que pratiquement tous les transports sont bloqués dans ce pays. Chacun défend son pré carré, CGT en tête bien entendu. Nous avons droit au duel Macron/Martinez, deux personnages qui n'inspirent pas la poésie et l'amour...

"L'homme est un loup pour l'homme". Le pays n'a jamais été aussi divisé et sinistre. Avec E. Macron, faute d'avoir des retraites assurées, nous avons la sinistrose assurée pour plusieurs années...

J-P Delevoye, lui, continue de s'engraisser (admirez son corps svelte). Il a prévu la baisse de toutes les retraites (tous pauvres sauf ceux qui détiennent le pouvoir et tous les pouvoirs) mais n'a pas pensé à montrer l'exemple en proposant la baisse drastique des retraites des anciens présidents de la République, des ministres, des hauts fonctionnaires. Charité bien ordonnée commence par soi-même, n'est-ce-pas ?

Noblejoué

La dame, donc :

"exhorte à sortir des fausses, vaines et déplorables controverses, enfin nous invite à l'amour" écrit notre hôte.

C'est bien bon de sa part, surtout si on pense que selon certaines croyances, des êtres spirituels immortels, passent, eux, leur temps à se disputer.
Et notamment à se jeter sur l'âme de l'agonisant comme des chiens sur un os.

Et surtout ne pas craindre de "dire aux gens qu'on les aime quand ils sont là bien vivants... Ce qui vaut mieux qu'un beau Requiem..." écrit Mary Prud'homme.

Oui, même si parfois, n'ayant pas été aimé enfants, c'est comme verser de l'eau sur du sable, il n'y en a jamais assez pour rassurer, et toujours trop pour ne pas lasser pour certaines personnes.
Aimer ne guérit pas, mais disons que cela peut permettre de vivre avec le mal de n'avoir pas été aimé, et partant, assoiffé et illégitime d'amour. Les gens qui n'aiment pas ne devraient pas avoir d'enfants. Sinon, faut-il aimer ? C'est une dépendance qui peut virer au supplice.
Alors...

Claude Luçon

@ Savonarole | 10 décembre 2019 à 22:30

Et à vous : bon sang, comment faites-vous pour rester aussi froidement insolent avec vos catalaniaiseries ?

Monstrosité et putréfaction était correct, Catherine Jacob aurait pu rajouter à sa liste :
* le "Vagin de la Reine" exposé à Versailles, qui n'était que la bouche d'entrée, rouillée, d'une canalisation d'eau installée sur les barrages hydroélectriques pour faire tourner les turbines, qu'Anish a Kapoor avait dû acheter pour quelques shillings à un ferrailleur,
* et le Anal Plug, pardon Xmas Tree, de Paul McCarthy, installé Place Vendôme qui n'était qu'un ballon gonflé, probablement une mongolfière ratée !

La vulgarité et l'insolence sont devenues des arts qu'on matérialise et expose aux yeux du public, cher Savonarole, ne vous y adonnez pas !
Deux arts nouveaux qui n'ont pas de place sur ce blog !

Mary Preud'homme

Une belle leçon de courage, d'humanité et de fraternité de la part d'une grande dame parvenue au seuil du seul voyage dont on ne revient pas.
Et plutôt que se plaindre de son sort, ne pensant qu'à remercier et louer les qualités et le dévouement de ceux et celles qui l'ont accompagnée durant sa longue maladie et vont lui permettre d'adoucir son douloureux passage.

Comme quoi "l'Amour ne se révèle qu'à l'Amour", avait écrit un jour Maurice Zundel à l'une de ses correspondantes gravement malade.

Et surtout ne pas craindre de "dire aux gens qu'on les aime quand ils sont là bien vivants... Ce qui vaut mieux qu'un beau Requiem..."

S Carioca

1- "une équipe de sécurité s’apprêtait à recouvrir le message d’un carton blanc de secours."

Mais voilà une véritable oeuvre d'art qui vaudra plus cher que la banane !
Comme le balai oublié dans le musée par l'équipe de nettoyage !
Et la trace sèche au sol de la goutte de salive de l'autre artiste qui dégusta la banane, quel prix ?

Comme vous dites, Monsieur Bilger, il y a putréfaction des valeurs.

2- "L'envie qui pour un grand sociologue allemand, cité par Eric Zemmour, est le moteur principal de la marche du monde et de l'Histoire."

Envie ? "Die Lust am schlechten Gewissen" est le titre du livre de l'auteur en question, Helmut Schoeck et Lust signifie désir ou envie.
Quel mot choisir? ENVIE ou DESIR ? René Girard http://renegirard.com.br/blog/?p=118 incrimine le "désir mimétique" et aboutit au bouc émissaire, une constante de la bêtise humaine, de l'Homme créé par Dieu à son image ?

3- @ Marchenoir
Non, pour les fréquenter et y avoir un temps travaillé, les hôpitaux publics ne se caractérisent pas par l'omniprésence des consultations privées ni des dessous de table.
Les hôpitaux publics sont la mère des (en règle générale excellents) hôpitaux privés où exercent médecins et infirmiers formés dans les hôpitaux publics.
Comme dans la fable des organes, tous sont indispensables.

Les services de soins palliatifs sont trop peu nombreux pour les besoins.

Noblejoué

@ anne-marie marson
"Moi je ne veux pas mourir."

Vous avez raison. Tant qu'on aime la vie, c'est comme quand on a de l'inspiration pour créer ou des sentiments pour quelqu'un, il faut le faire, rendre au monde le bien qu'il vous a donné.
Et même si on ne l'aime plus, mais qu'on la veut, qu'on la désire, ou tout autre affect.

http://francais.agonia.net/index.php/poetry/1793420/Pri%C3%A8re_%C3%A0_la_Vie

Vivre selon son cœur, par-delà les éventuels mauvais regards ou critiques des fâcheux.

Vous n'êtes pas la figurante des commentateurs, vous êtes le personnage principal de votre vie.
Que les autres ne vivent pas leur vie ou leur mort par procuration à votre détriment.

Le tu dois mourir... conformiste. En solo ou en chœur, à l'oral ou à l'écrit, instinctif ou système de pensée, ne vaudront jamais un seul...

..."Moi je ne veux pas mourir".

Tipaza

Que l'envie soit un moteur de l'existence, est une évidence, Zemmour a raison de le constater avec Helmut Schoeck.
C'est même devenu un principe constitutionnel figurant dans la devise de la République.
Le principe d'égalité tel qu'il est compris et appliqué est de plus en plus l'officialisation de la jalousie d'abord et de l'envie ensuite.
Dans les programmes politiques de tous les partis, la réduction des inégalités est devenu un objectif prioritaire.
Utopie consolatrice des déshérités qui peut les mener aux pires excès sans se douter que quel que soit le régime, ils resteront des déshérités, avec la satisfaction éphémère d'avoir changé de riches.

Que dire de la lettre de Michèle Bernard-Requin, sinon qu'elle m'a doublement surpris.
"Elle a, dans un mouvement inouï du coeur et de l'esprit, écrit un splendide adieu où elle célèbre l'hôpital et réclame qu'on lui donne des moyens" (PB)

C'est bien, c'est très bien, c'est un mouvement inouï du coeur effectivement, au moment du grand passage, elle pense aux conditions matérielles de l'hôpital dans lequel elle va mourir.

Est-ce un mouvement de l'esprit ?
Je ne sais que dire, je n'y vois pas de spiritualité.
Mais peut-être que je n'ai pas la même vision de l'esprit que cette dame, ou peut-être qu'elle a voulu garder dans l'intime son mouvement de l'esprit.
Il est des pensées qu'il faut se garder soigneusement d'exposer publiquement. La spiritualité relève de l'intime le plus profond.

Ou peut-être a-t-elle fait référence à l'esprit en parlant de Schubert, qui a composé un des plus beaux quatuors à cordes, des plus forts et des plus difficiles.
Il porte le nom de 'La jeune fille et la mort".
Le voici dans l'interprétation que je préfère:

https://www.youtube.com/watch?v=otdayisyIiM

Savonarole

@ Catherine JACOB | 10 décembre 2019 à 21:25

Bon sang, comment faites-vous pour rester aussi glaçante face à une mort prochaine avec vos japonaiseries à la c...

Catherine JACOB

"Qu'on puisse dépenser une telle somme pour un tel fruit, qualifié d'objet artistique, est une monstruosité qui n'équivaut pas aux sanguinaires mais va loin pour éclairer la putréfaction de notre début de siècle."

On peut peut-être déjà mettre en avant que la banane de l'Italien Maurizio n'est qu'un simple remake de la pomme de Yoko Ono dont une première rétrospective s'est tenue à Lyon en 2016 et qui était sans doute de l'art conceptuel, mais la copie de l'idée en aucun cas. Idem pour son WC en or massif qui a fini volé pour le simple matériau (l'or) mais n'était que la copie de l'idée, donc rien du tout et rien à voler, du ready-made de Marcel Duchamp qui, sous le titre de Fountain avait investi un urinoir de porcelaine présenté renversé et signé « R. Mutt 1917 » du statut d'oeuvre d'art.

Robert Marchenoir

L'envie est certes un moteur important de l'humanité, mais il est absurde de prétendre qu'elle serait le principal. Il n'y a pas de moteur principal de l'être humain, sinon l'instinct de survie et de reproduction. Toute doctrine qui prétend le contraire est une fabrication artificielle qui nie la complexité de l'homme.

Cela dit, je trouve un peu gonflé, de la part d'Éric Zemmour, de faire (à juste titre) le procès de l'envie et du ressentiment. Ce sont bien ces passions mauvaises qui sont à la racine de l'étatisme dont il se fait le champion. Quiconque mesure les ravages du ressentiment, sur l'âme humaine comme sur les sociétés, ne peut qu'être un libéral en matière politique, économique et juridique.

A la veille des élections britanniques, qui opposent un étatiste et un marxiste enragé à un libéral-conservateur modéré, on lira avantageusement cet article d'Alexander Boot, qui explique pourquoi la fameuse "égalité des chances" est une illusion criminelle (en anglais).

Quant au message d'adieu de Michèle Bernard-Requin, il est admirable sur le plan philosophique, mais nul sur le plan politique. Je commence à en avoir un peu assez de tous ces hauts fonctionnaires qui nous chantent les louanges du socialisme, sous prétexte qu'ils ont été bien traités dans un hôpital d'État.

Le précédent que j'ai à l'esprit est un journaliste-vedette de la télévision, qui lui aussi y est allé de sa petite larmichette à l'égard des "soignants" après une maladie grave. Son nom m'échappe, et j'ignore s'il travaillait pour le public ou le privé. Mais dans les deux cas, il était un haut fonctionnaire de fait.

Tous ces gens-là se comportent exactement comme pourraient le faire les dignitaires du régime de Fidel Castro, qui sont effectivement fort bien soignés dans les hôpitaux réservés aux représentants de l'État. C'est sûr que dans ces établissements, ceux que l'on montre aux étrangers naïfs ou complices, le mot d'ordre est "foin des économies".

Bien entendu, ils ne voient pas les autres, ceux dont doivent se contenter les Cubains ordinaires, et où règnent une pénurie et une saleté effroyables.

On ne me fera pas croire que le journaliste-vedette de télévision, ou le haut magistrat ayant eu une carrière admirée de ses pairs, ne sont pas, en moyenne, en général, mieux traités dans le gratin des hôpitaux d'État parisiens, que le Kévin Duchemolle de base qui se pointe dans le premier hôpital socialiste à sa portée. Ne serait-ce que pour accéder au bon établissement, au bon service, au professeur éminent.

L'omniprésence des "consultations privées" dans les hôpitaux dits publics, quand ce ne sont pas les dessous-de-table, disent assez ce qu'il faut penser de l'égalité de façade qui règne en cette matière, comme dans beaucoup d'autres en France.

Il est évidemment stupide d'écrire, comme le fait Michèle Bernard-Requin (et l'adjectif est assez indulgent), qu'il ne faut pas faire d'économies dans les hôpitaux publics. Qu'elle soit à la dernière extrémité peut excuser ses divagations, mais ce n'est pas une raison pour que nous prenions ses allégations comme parole d'Évangile.

Évidemment qu'il faut "faire des économies" partout. Dans le privé comme dans le public. Faire des économies, cela veut simplement dire ne pas jeter l'argent par les fenêtres. Cela veut dire avoir une gestion de bon père de famille. C'est ce que font tous les individus, pour leur propre compte (je doute que Michèle Bernard-Requin ait appliqué à son budget familial les conseils qu'elle adresse à l'hôpital qui la soigne). Et c'est ce que font toutes les entreprises privées.

C'est même pour cela qu'elles sont beaucoup plus efficaces que les entreprises publiques : parce qu'elles n'ont pas le choix. Elles sont en concurrence. Elles ne peuvent pas claquer des doigts pour se faire financer par le contribuable, lorsque leur gestion a été négligente.

C'est en particulier le cas des hôpitaux privés, dont toute philippique de ce type omet commodément l'existence -- et le texte publié par Le Point ne déroge pas à cette règle.

Il y a quelques jours seulement, je lisais un reportage larmoyant au sein des hôpitaux publics. Nos braves "personnels de santé" se tordaient les mains : les médecins du fameux système de santé que le monde nous envie désertent en masse les hôpitaux socialistes, pour travailler dans les hôpitaux libres. Et pourquoi donc ? Parce qu'ils y sont beaucoup mieux payés !

Bizarrement, lorsqu'on "fait des économies" (ce qui est le principe par défaut dans le secteur privé), on a beaucoup plus de "moyens" pour payer ces fameux "soignants" ! Comme c'est étonnant ! comme c'est étrange ! comme c'est inattendu !

Il est donc parfaitement fallacieux d'écrire, comme le fait Michèle Bernard-Requin, "qu'il faut impérativement maintenir ce qui reste de notre système de santé qui est exceptionnel et qui s'enlise dramatiquement".

Il est complètement absurde de prétendre "qu'il faut comprendre que le rapport à l'humain est tout ce qui nous reste, que notre pays, c'était sa richesse, hospitalière, c'était extraordinaire, un regard croisé, à l'heure où tout se déshumanise".

Dans un cas comme dans l'autre, on aura compris que l'auteur fait allusion à l'hôpital public exclusivement. Le seul qui existe, dans l'imaginaire public des Français.

Je ferai remarquer que c'est parfaitement insultant pour les médecins, les infirmières et les aides-soignantes des hôpitaux privés. En somme, il faudrait être fonctionnaire pour être humain. Les "soignants" du secteur privé seraient, par essence et par construction, des monstres sans cœur qui traiteraient leurs patients comme des cellules de tableaux Excel.

On se demande, dans ces conditions, pourquoi ces hauts fonctionnaires (mais aussi la plupart des Français) se rendent en priorité chez un médecin libéral lorsqu'il s'agit de soins de la vie courante. Je gage, d'ailleurs, que le médecin traitant de Michèle Bernard-Requin n'est pas un généraliste à 25 euros et un quart d'heure la consultation -- et j'en suis ravi pour elle.

Ces péans au socialisme (il faudrait être fonctionnaire pour être un bon médecin ! quelle absurdité !) sont d'autant plus grotesques que l'hôpital Sainte-Périne où le magistrat finit ses jours est un ancien couvent. A l'instar, d'ailleurs, d'un grand nombre des hôpitaux publics du pays. C'étaient des religieuses qui soignaient les Français, pendant des siècles. On ne fait pas plus "privé".

Mais avec la déchristianisation progressive de l'Occident, la "santé" est devenue une religion de remplacement. Ses temples sont les hôpitaux (publics, évidemment) et ses prêtres sont les fonctionnaires.

C'est complètement absurde, quand on y réfléchit. Pratiquement personne ne va à l'hôpital. La plupart des gens le fréquentent deux fois dans leur vie : pour y naître, et pour y mourir. Autrement dit, la place qu'ils tiennent dans le budget de l'État (et, plus encore, dans l'imaginaire des citoyens) est totalement irrationnelle.

Et bien entendu, il n'y a aucune raison pour que ces hôpitaux soient tenus par l'État. Partout où la puissance publique en a le monopole, ou dans les pays dépourvus d'un solide réseau d'hôpitaux privés pour leur faire concurrence, la qualité des soins s'effondre.

C'est le cas en Angleterre, par exemple, où la religion du système de santé socialiste est encore plus forte que chez nous, si c'était possible. Et où la médecine est étatisée presque à 100 %, contrairement à ce qui se passe chez nous (fort heureusement pour les Français).

Si les infirmières dont Michèle Bernard-Requin fait l'éloge sont si dévouées, c'est en dépit du fait qu'elles travaillent dans une structure fonctionnariale ; pas grâce à ce statut. Si elles travaillaient dans le privé, leurs qualités humaines seraient les mêmes -- et elles auraient davantage le loisir de les exercer. Parce qu'elles auraient plus de temps pour cela. Précisément parce que "faire des économies", dans le privé, n'est pas un scandale, mais une vertu. Banale et ordinaire.

Pierre Blanchard

@ Achille | 10 décembre 2019 à 20:00
"Ci-joint une petite anecdote croustillante rapportée par Sophie de Menton qui devrait vous intéresser."

Achille, si c’est pour ce type de référence, sortez-moi Sophie de Menton (née Sophie, Marie, Clarisse, Anne, Bernadette Turpin, fille de Jean Turpin et de Maud Wirtz-Daviau)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophie_de_Menthon
Grâce à Nicolas Sarkozy, elle est nommée en tant personnalité qualifiée, membre de la section « Finances » du Conseil économique et social en 1997

Car moi je vous sors une kalachnikov... celle dernière, qui court les plateaux TV, tout comme un Gl d’opérette https://www.lepoint.fr/societe/la-mauvaise-etoile-du-general-trinquand-05-09-2017-2154640_23.php

Vous pouvez la conserver sur vos « plateaux repas »… Elle ne me manquera pas !

anne-marie marson

Personnellement, bien que cela soit très beau, je n'accepte pas ce fatalisme.
Chaque minute de vie est précieuse.

Moi je ne veux pas mourir.

Noblejoué

Il existe des riches qui n'ont pas envie qu'on les accable de mépris ni de perdre leur temps pour des activités les intéressant peu et dont ils se sortiraient mal.
Ils paient des gens pour leur constituer une garde-robe, voire tout leur environnement.
- Vous êtes Sans Goût.
- Mais je me rachète.

boureau

Débats CNews

Hier Eric Zemmour / Denis Olivennes

Ce soir Eric Zemmour / Jean Lassalle

Deux mondes complètement opposés. Mais des débats passionnants.

La première partie de l'émission, toujours de haut niveau ; très au-dessus des chaînes d'informations similaires.

Notamment la première partie de ce soir présentant Léon Jouhaux.

Secrétaire général de la CGT puis président de FO lors de la scission de la CGT en 1947. Ce prix Nobel de la paix (1951), président du Bureau International du Travail et vice-président de la Confédération internationale des syndicats libres lança le "réformisme" syndical en France. E. Zemmour a rappelé avec humour que FO fut créée avec l'aide de la CIA et de ses dollars !

Christine Kelly toujours impeccable et dirigeant avec une douce mais ferme autorité cette émission bienvenue, qui permet à E. Zemmour - comme aux autres journalistes - de montrer de l'intelligence objective. Si rare.

Cordialement.

breizmabro

Perso j'ai bien aimé le débat Zemmour-Lassalle sur CNews.

Jean Lassale, franc lorsqu'il parlait, y compris en parlant de Bayrou, face à un Zemmour qui n'avait aucune envie de le contredire tant son adversaire lui plaisait.

La télé peut être parfois un temps d'échanges sans agressivité, et ça fait du bien.

Peut-être que certains sur ce blog pourraient en prendre de la graine ;)

boureau

"Comment faire pour digérer ce monde ?"

Je n'accorde pas grand crédit à la théorie d'Helmut Schoeck de son livre "L'envie : une histoire du mal". Il me semble très marqué par sa propre histoire nationale.

L'envie ne me semble pas le moteur des changements. Ils sont le fait de minorités ultra-actives.

L'envie est un de nos péchés capitaux sans plus.

Par contre, j'ai toujours apprécié la parfaite maîtrise, la courtoisie, la hauteur de vue de Madame Michèle Bernard-Requin. Une très grande dame.

J'admire ce courage d'écrire pour un monde meilleur dans la marche de ce grand mouvement des humains que l'on s'apprête à quitter. Une sorte de testament.

Cordialement.

Achille

@ Pierre Blanchard | 10 décembre 2019 à 16:30
« Mais n’avez-vous pas honte dans votre comparaison oiseuse. »

Pas la moindre honte de ma part.
Ras le bol des syndicats de cheminot (CGT et SUD Rail), ces damnés de la terre moustachus, ces forçats de la faim bedonnants à qui l’ont doit faire l’appoint de leur cotisation de retraite (3 milliards d’€ quand même !).
Ci-joint une petite anecdote croustillante rapportée par Sophie de Menton qui devrait vous intéresser.

Elle est pas belle la vie de cheminot ?

genau

Le péché capital de l'envie, érodeur des esprits par le désir virulent.
Sa confrontation à des situations exceptionnelles, pour en démontrer l'excès ou l'inanité, face à la grandeur d'âme, n'emporte pas, chez moi, la conviction, peut-être en raison des illustrations choisies. Ainsi, qui oserait comparer la banane à l'urinoir ? Le temps a passé sur les esprits, l'excessif semble banal, faute de repère. Picasso, comme Duchamp, étaient de remarquables dessinateurs, leur vision de la réalité a le même fondement, l'idée dépasse l'objet. J. Clair a très bien écrit là-dessus et on ne va pas tout de même remonter à Burckhardt.

Le passage sur cette dame qui affronte sa fin avec courage, guérit, mais comme un comprimé d'aspirine, l'angoisse. Sa lettre dérive tout doucement vers le PGCD de toute forme d'épreuve, mais ce qui fait envie n'est en rien son existence, mais bien sa faculté d'affronter l'objet.
Ce sont donc, à mon humble sens, deux exemples à la pertinence apparemment évidente mais qui se contredisent.
Passagèrement, nous éprouvons une trouille bleue à l'idée de fréquenter un tel établissement, et, en revanche, une immense rigolade devant la banane, et pourtant...
Les soins palliatifs exemptent de la souffrance maximale, mais c'est le sujet qui crée la sérénité. Quelques séjours se passent très mal, sont des échecs.

En fin de compte, Madame Bernard-Requin en vient à célébrer une forme encore récente de vie possible qui cède sous les coups de l'égalitarisme forcé qui s'appelle en fait: uniformité.
Pour sauver ce pan de civilisation, elle invoque Thomas d'Aquin, au moins implicitement, par l'appel à l'amour qui est la pire utopie qu'on ait jamais imaginée. On tue par amour, on brûle par amour, on condamne par amour. On pardonne par raison, on est utile par raison, on aime par passion.
Aussi cette dame est profondément humaine, comme les chimères que l'homme invente.
Quant aux politiques, ils n'ont aucune pensée qu'idéelle, ils sont les bananes collées par un ruban adhésif.
Mille excuses pour cette réflexion amère.

jack

Chapeau bas, Mme Michèle Bernard-Requin. Elle ne pleure pas sur son sort. Elle s'intéresse d'abord à son environnement actuel. Ses dernières forces sont mises aux service d'un plaidoyer pour le personnel hospitalier et les structures de soins palliatifs.
Elle nous donne une belle leçon d’altruisme et de courage.

Lotus

@ Pierre Blanchard | 10 décembre 2019 à 16:30

Le texte que vous nous proposez démontre que cette personne a encore des ressources mentales. Combien de lieux de soins palliatifs en France, combien de maisons de retraite où ils attendent la mort dans des situations désespérantes. Que de corps délabrés, que de souffrances physiques insupportables. 500 000 à 600 000 morts chaque année en France. La vieillesse est un naufrage.

L'acharnement thérapeutique ne semble plus s'adresser aux vieillards, mais à ceux qui n'ont pas terminé leur chemin de vie et qui souhaitent le poursuivre, n'est-ce pas logique.

Je n'ai pas apprécié ses dernières phrases qui sont politiques "La France et ses tumultes, nous en avons assez." Or dans la grande souffrance la politique n'existe plus, il ne subsiste que la souffrance qui est au-delà de tout ce qui est imaginable et l'on ne chante plus l'amour.

sbriglia

"On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en partant, disait Prévert. Il s'en va et personne ne l'écoute !"
Rédigé par : Achille | 10 décembre 2019 à 15:39

Radiguet...

...On se rapproche de Géraldy et de son célèbre abat-jour.

Chacun sa "cup of tea"...

Noblejoué

Pourquoi faut-il le digérer ?

Denis Monod-Broca

1/ Lire aussi 'Shakespeare, les feux de l'envie" de René Girard, chez Grasset.

L'envie impose sa loi aux hommes, les règles (les rituels, les lois...) leur permettent, malgré ça, de vivre en société.

2/ Ces 120 000 € en échange de rien ne sont-ils pas une bonne et lucide métaphore et d'un certain art moderne et de la financiarisation extrême de notre monde ?

3/ Je ne connaissais pas cette magistrate, sa lettre est magnifique. Mais pourquoi avons-nous toujours tant besoin de la proximité de la mort pour apprécier les gens, la vie...

Pierre Blanchard

@ Achille | 10 décembre 2019 à 15:39

Achille, je sais bien que PB traite dans son billet de la situation et du plaidoyer pour l’amour de Mme Michèle Bernard-Requin.

Mais n’avez-vous pas honte dans votre comparaison oiseuse :

« Quel contraste entre Michèle Bernard-Requin qui se sait condamnée par la maladie et ces responsables syndicaux arc-boutés sur leurs petits privilèges corporatistes. »

Car je pourrais vous en adresser une identique et tout aussi injustifiée sur Macron, et son Premier ministre « suiveur » dans leur action branquignolesque dans le cadre de la modification du mode de calcul des retraites…

Vous ne vous grandissez pas dans ce genre de parallèle que je trouve pour ma part facile et honteux.
Défendez le gouvernement et le Président mais pas avec de tels moyens.
Vous êtes écoeurant et avez vous au moins lu le texte de Mme Michèle Bernard-Requin dans son intégralité ?
------------------------
https://www.lepoint.fr/debats/la-declaration-d-amour-de-michele-bernard-requin-09-12-2019-2352088_2.php#xtmc=requin&xtnp=1&xtcr=1

La déclaration d'amour de Michèle Bernard-Requin

En soins palliatifs, la magistrate honoraire nous adresse son « ultime texte ». Un hymne au corps médical et un avertissement à chacun d'entre nous.

Michèle Bernard-Requin, magistrate exemplaire, a rassemblé ses dernières forces pour écrire un hymne au personnel hospitalier du pavillon Rossini de l'hôpital Sainte-Perrine.

Voici un texte poignant, bouleversant, qui tirera les larmes même aux plus insensibles d'entre nous. Des lignes que Michèle Bernard-Requin nous envoie depuis l'hôpital Sainte-Perrine à Paris, où elle se trouve, selon ses mots, « en fin de vie ». Michèle Bernard-Requin est l'une des grandes figures du monde judiciaire. Elle fut tour à tour avocate, puis procureure à Rouen, Nanterre et Paris. En 1999, elle est nommée vice-présidente du tribunal de grande instance de Paris, elle présida la 10e chambre correctionnelle de Paris puis la cour d'assises, et enfin elle fut avocate générale à Fort-de-France de 2007 à 2009, date à laquelle elle prit sa retraite.

Autrice de plusieurs livres, elle intervient de temps à autre dans les médias et tient depuis 2017 une chronique régulière sur le site du Point dans laquelle elle explique avec clarté, talent et conviction comment fonctionne la justice et pourquoi, parfois, cette institution dysfonctionne. Aujourd'hui, c'est un tout autre cri d'alarme qu'elle pousse dans un petit et ultime texte pour aider les unités de soins palliatifs, a-t-elle tenu à préciser dans ce mail envoyé par sa fille dimanche 8 décembre au matin. Un texte que nous publions tel quel en respectant sa ponctuation, ses sauts de ligne, son titre évidemment. JB.

https://static.lpnt.fr/images/2019/12/09/19814199lpw-19816960-embed-libre-jpg_6749674.jpg

UNE ÎLE
Vous voyez d'abord, des sourires et quelques feuilles dorées qui tombent, volent à côté, dans le parc Sainte-Perrine qui jouxte le bâtiment.
La justice, ici, n'a pas eu son mot à dire pour moi.
La loi Leonetti est plus claire en effet que l'on se l'imagine et ma volonté s'exprime aujourd'hui sans ambiguïté.
Je ne souhaite pas le moindre acharnement thérapeutique.
Il ne s'agit pas d'euthanasie bien sûr mais d'acharnement, si le cœur, si les reins, si l'hydratation, si tout cela se bloque, je ne veux pas d'acharnement.
Ici, c'est la paix.
Ça s'appelle une « unité de soins palliatifs », paix, passage… Encore une fois, tous mes visiteurs me parlent immédiatement des sourires croisés ici.
« Là tout n'est qu'ordre et beauté, luxe calme et volupté ».
C'est une île, un îlet, quelques arbres.
C'est : « Mon enfant, ma sœur, Songe à la douceur d'aller, là-bas, vivre ensemble ». C'est « J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans » (« Spleen ») Baudelaire.
Voilà, je touche, en effet, aujourd'hui aux rivages, voilà le sable, voilà la mer.
Autour de nous, à Paris et ailleurs, c'est la tempête : la protestation, les colères, les grèves, les immobilisations, les feux de palettes.
Maintenant, je comprends, enfin, le rapport des soignants avec les patients, je comprends qu'ils n'en puissent plus aller, je comprends, que, du grand professeur de médecine, qui vient d'avoir l'humanité de me téléphoner de Beaujon, jusqu'à l'aide-soignant et l'élève infirmier qui débute, tous, tous, ce sont d'abord des sourires, des mots, pour une sollicitude immense. À tel point que, avec un salaire insuffisant et des horaires épouvantables, certains disent : « je préfère m'arrêter, que de travailler mal » ou « je préfère changer de profession ».
Il faut comprendre que le rapport à l'humain est tout ce qui nous reste, que notre pays, c'était sa richesse, hospitalière, c'était extraordinaire, un regard croisé, à l'heure où tout se déshumanise, à l'heure où la justice et ses juges ne parlent plus aux avocats qu'à travers des procédures dématérialisées, à l'heure où le médecin n'examine parfois son patient qu'à travers des analyses de laboratoire, il reste des soignants, encore une fois et à tous les échelons, exceptionnels.
Le soignant qui échange le regard.
Eh oui, ici, c'est un îlot et je tiens à ce que, non pas, les soins n'aboutissent à une phrase négative comme : « Il faut que ça cesse, abolition des privilèges, il faut que tout le monde tombe dans l'escarcelle commune. » Il ne faut pas bloquer des horaires, il faut conserver ces sourires, ce bras pour étirer le cou du malade et pour éviter la douleur de la métastase qui frotte contre l'épaule.
Conservons cela, je ne sais pas comment le dire, il faut que ce qui est le privilège de quelques-uns, les soins palliatifs, devienne en réalité l'ordinaire de tous.
C'est cela, vers quoi nous devons tendre et non pas le contraire.
Donc, foin des économies, il faut impérativement maintenir ce qui reste de notre système de santé qui est exceptionnel et qui s'enlise dramatiquement.
J'apprends que la structure de Sainte-Perrine, soins palliatifs, a été dans l'obligation il y a quelques semaines de fermer quelques lits faute de personnel adéquat, en nombre suffisant et que d'autres sont dans le même cas et encore une fois que les arrêts de travail du personnel soignant augmentent pour les mêmes raisons, en raison de surcharges.
Maintenez, je vous en conjure, ce qui va bien, au lieu d'essayer de réduire à ce qui est devenu le lot commun et beaucoup moins satisfaisant.
Le pavillon de soins palliatifs de Sainte-Perrine, ici, il s'appelle le pavillon Rossini, cela va en faire sourire certains, ils ne devraient pas : une jeune femme est venue jouer Schubert dans ma chambre, il y a quelques jours, elle est restée quelques minutes, c'était un émerveillement. Vous vous rendez compte, quelques minutes, un violoncelle, un patient, et la fin de la vie, le passage, passé, palier, est plus doux, c'est extraordinaire.
J'ai oublié l'essentiel, c'est l'amour, l'amour des proches, l'amour des autres, l'amour de ceux que l'on croyait beaucoup plus loin de vous, l'amour des soignants, l'amour des visiteurs et des sourires.
Faites que cette humanité persiste ! C'est notre humanité, la plus précieuse. Absolument.
La France et ses tumultes, nous en avons assez.
Nous savons tous parfaitement qu'il faut penser aux plus démunis. Les violences meurtrières de quelques excités contre les policiers ou sur les chantiers ou encore une façade de banque ne devront plus dénaturer l'essentiel du mouvement : l'amour.

sbriglia

https://www.lepoint.fr/debats/la-declaration-d-amour-de-michele-bernard-requin-09-12-2019-2352088_2.php

Merci Philippe…

J’ai lu ce très beau texte avec beaucoup d’émotion.

Ce fut une grande magistrate… douce, apaisante, jamais dans l’excès ou la démesure.

Celle qui m'a donné le jour est morte dans mes bras, il y a un quart de siècle, à Sainte-Périne.

J’ai passé des heures dans ce havre de paix, dans un silence épais ponctué de quelques gémissements… à attendre le batelier de l’au-delà qui délivrerait ma mère…

C'est vrai, madame, le temps y suspend son vol...

Merci pour ce dernier message, à votre image : justice soit rendue à votre singulière noblesse d'âme.

Lucky look

@ Fredi M. | 10 décembre 2019 à 12:36

Tout à fait d'accord avec vous !

Macron estime que la réforme des retraites est indispensable. Ce qui serait nécessaire pour l'économie du pays ce serait que :
- l'on diminue le train de vie des ministres et du président,
- l'on réduise le nombre de hauts fonctionnaires (généraux inclus),
- l'on supprime le Sénat,
- l'on réduise le nombre de députés à 1 par département,
- l'on réduise le nombre de ministres et secrétaires d'Etat,
- l'on supprime le Conseil économique et social,
- l'on supprime toutes les hautes autorités,
- l'on supprime les ambassades de France en Europe (puisque l'Europe),
et de plus que :
- l'on cesse de se moquer du peuple et de faire croire que c'est lui qui handicape la nation.

Achille

« De sa part, en de telles journées et alors qu'elle se confronte sereinement à l'irréversible, ce n'est pas de la mièvrerie mais le contraire. L'expression d'une incroyable force. »

Quel contraste entre Michèle Bernard-Requin qui se sait condamnée par la maladie et ces responsables syndicaux arc-boutés sur leurs petits privilèges corporatistes.
Avec grâce et dignité, cette magistrate nous ramène vers les vraies valeurs de la vie à mille lieues des bienfaits matériels que nous offre notre société de consommation.
On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en partant, disait Prévert. Il s'en va et personne ne l'écoute !

Savonarole

Dieu qu’elle était séduisante, la sexagénaire sublime, je la regardais toujours chez Calvi, C dans l’air, elle aurait demandé la peine de mort pour les pingouins de l’Arctique, j’aurais approuvé immédiatement.

Metsys

"A Miami un Français a osé acheter 120 000 dollars une banane accrochée à une cimaise".

Qui sait ? La banane de Miami rejoindra peut-être le turbot de Domitien et le désert des Tartares parmi les signes avant-coureurs de la décadence des Empires.
Mais espérer que les Gilets jaunes puissent ou veuillent rétablir le goût et la décence... Autant demander à la plèbe d'abolir les jeux du Cirque. La Révolution donne toujours le spectacle du mauvais goût brut, par opposition au mauvais goût raffiné qui la précède : bergeries de Trianon, perles du duc de Buckingham et autres oeufs de Fabergé.
Dans le genre, il paraît que JL Godard veut consacrer son dernier film à la grande détresse de la société française en général et des GJ en particulier : j'imagine qu'il sera tourné dans une commune suisse des bords du lac Léman.

Sophie

@ Fredi M.

Pour étayer vos dires, un article du "Monde diplomatique" : "Retraites à points... de non retour".

https://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2019-12-04-Retraites-le-point-de-non-retour

Exilé

L'envie qui pour un grand sociologue allemand, cité par Eric Zemmour, est le moteur principal de la marche du monde et de l'Histoire.

Et s'il s'agissait plutôt de la bêtise ?

Quand nous constatons avec consternation comment le peuple le plus intelligent de la Terre aborde la question des retraites, aujourd’hui comme hier y compris chez ceux qui se font passer pour des hommes politiques « compétents », nous sommes tout de même en droit de nous poser des questions...

Lotus

Bonjour monsieur Philippe Bilger,

https://www.youtube.com/watch?v=vmlek5ON3kg

Myta

Quelle tristesse de savoir Madame Bernard-Requin aux portes de la mort... Je l'appréciais beaucoup lorsqu'elle intervenait dans des débats sur de grandes affaires judiciaires. Son bon sens et son sourire nous manqueront...

Isabelle

"L’universalisme à l’excès est une violence pour les peuples, car cette idéologie porte en elle l’indifférenciation et la négation des particularismes. Appliqué aux retraites, l’universalisme impose la fiction de citoyens interchangeables." Ivan Rioufol

Le "en même temps" et l'universalisme ne sont pas politiquement tenables. Il est temps que cette folie cesse.
Les êtres humains ne sont pas interchangeables. Qui sont ces fous furieux qui nous dirigent ?!
De plus en plus de mal à digérer la macronie et ce qu'elle veut nous imposer.

Fredi M.

La France ne peut pas se résoudre à accepter que trop longtemps deux rigidités perdurent et bloquent toute espérance.

L'espérance est surtout du côté des fonds de pension qui attendent avec impatience et gourmandise le jour béni qui verra l'application de cette retraite new look : ce jour-là, quand les Français comprendront que leurs retraites auront fondu comme neige au soleil, ils se trouveront dans l'obligation de se tourner vers la capitalisation. C'est le principal but et sens de cette réforme.
C'en sera définitivement fini de la solidarité intergénérationnelle.
Ce président est bien le président des riches et celui des grands groupes privés.

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Les commentaires sont modérés et ils n'apparaîtront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.

Vos informations

(Le nom et l'adresse email sont obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.)

Ma Photo

MA CHAINE YOUTUBE

PRESSE, RADIO, TELEVISION & INTERNET

INSTITUT DE LA PAROLE

  • Formation à l'Institut de la parole
    Renseignements et inscriptions : [email protected]
  • L'Institut de la Parole propose des formations dans tous les domaines de l'expression et pour tous, au profane comme au professionnel de la parole publique. L'apprentissage et le perfectionnement s'attachent à l'appréhension psychologique de la personnalité et aux aptitudes techniques à développer. L’Institut de la Parole dispense des formations sur mesure et aussi, dans l’urgence, des formations liées à des interventions ponctuelles, notamment médiatiques. Magistrat honoraire, Philippe Bilger propose également des consultations judiciaires : conseils en stratégie et psychologie judiciaires.

MENTIONS LEGALES

  • Directeur de la publication : Philippe Bilger
    SixApart SA 104, avenue du Président Kennedy 75116 PARIS