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27 janvier 2020

Commentaires

Tipaza

@ Lucile | 28 janvier 2020 à 11:43
"Tintin sait piloter, il ne se contente pas de faire semblant, lui !"

D'où j'en conclus que vous insinuez qu'il n'y a pas de pilote dans l'avion, symboliquement. Et vous avez bien raison !
Tintin savait aussi naviguer dans un sous-marin, en fermant les écoutilles ;-)
https://www.tintin.com/fr/library/6/le-sous-marin

Shadok

@ sylvain | 28 janvier 2020 à 14:26

On nous annonce qu'un camp de migrants vient d'être démantelé dans le nord de Paris.

Comme chaque année on démantèle et on recase dans nos belles provinces des miséreux qui envahissent illégalement notre pays. Combien de criminels avérés ou potentiels parmi eux ?

Paris est donc toujours la poubelle de l'Afrique et du Moyen-Orient !

A propos du jugement de l'assassin de madame Halimi, qu'apporterait le procès d'un fou ? Son cas est jugé, il est coupable alors la prison à vie (puisque l'on a supprimé la peine de mort) ou l'asile à perpète ? Evidemment des psys dingos plaideront pour qu'on le relâche dans quelques années ! Alors que faire dans ce pays d'imbéciles ? Un semblant de jugement pour faire plaisir au mur des lamentations et au fou qui nous préside ? Permettre à la presse de faire des lignes, de culpabiliser encore une fois les Français de souche blancs, hétéros ? Personnellement je pense que le gus mérite de subir ce qui s'est passé pour Epstein.

Sophie

@ Michelle D-LEROY

Ce petit Président immature et narcissique ressasse le passé pour ne pas se préoccuper du présent et de l'avenir. Il est toujours hors sujet, hors sol. Il méprise tout le monde et à présent les représentants de la Justice, même si concernant l'affaire de S. Halimi, il y aurait à redire.

Ils nous fatiguent tous ces présidents qui radotent sur le passé en se battant la coulpe. Ce radotage leur sert d'excuse pour ne pas prendre les mesures efficaces pour relever les défis d'aujourd'hui. Hollande nous avait déjà fait le coup avec ses commémorations sous la pluie. Après Flamby, voici Flamby bis.
Le premier semblait plus rondelet et plus sympathique mais ne soyons pas dupes, ils sont tous les deux cyniques et machiavéliques.

Comme tous ces petits Présidents n'ont pas de projet solide, concret, sérieux, pensé et intelligent à nous proposer, ils se transforment en personnages atrabilaires et capricieux.

jack

Dans un bel apparat, loin de toute douleur, la Cour de cassation dit le droit suprême.
Mais Macron ne remet pas en cause l'irresponsabilité du meurtrier. Il s'interroge seulement sur le besoin de procès. Procès qui, au final, devrait aboutir à la non condamnation du coupable.
Cette opinion est largement partagée. On ne peut pas seulement dire à une famille et à une communauté éprouvée "c'est l'acte d'un irresponsable, circulez, il n'y a rien à voir". Pas de procès, pas de débat contradictoire, pas de plaidoirie. C'est trop injuste.

S Carioca

@ Achille.
"Parce que d’après vous être pris de bouffées délirantes suite à l’injection d’une drogue est une maladie ?
Il ne faudrait pas confondre l’effet et la cause !"

Monsieur,

Ne nous énervons pas. Quand on se drogue et que l'on subit les effets de la drogue, que l'on s'est auto-infligés, on a des effets toxiques qui ne sont pas ce que les psychiatres appellent des "bouffées délirantes".

Les bouffées délirantes maintenant appelées "épisode psychotique bref".
Il s'agit de troubles du comportement qui peuvent être spontanés, isolés dans la vie, ou un mode d'entrée comme ils disent, dans la schizophrénie.

En gros 30 % sont des états psychotiques brefs isolés sans récidive, 30 % annoncent ou débutent une schizophrénie, le reste évolue vers une maladie bipolaire.

Vous trouverez là des éléments je pense accessibles au public non médical. Voir le paragraphe sur la bouffée délirante aiguë page 4 du pdf.

https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=28&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwiDsZ7Tv6bnAhV9A2MBHZc1AF4QFjAbegQIGxAC&url=http%3A%2F%2Funiv.ency-education.com%2Fuploads%2F1%2F3%2F1%2F0%2F13102001%2Fpsychiatrie5an-boufee_delirante2018benabba.pdf&usg=AOvVaw283rDRJVdYPLotSomA4gX-

Les bouffées délirantes aiguës peuvent être provoquées par des toxiques. Aussi. C'est une réaction anormale à un toxique avec des comportements qui ne sont pas ceux que vous et moi (j'espère) adopterions si nous prenions par exemple du cannabis. Elles sont donc de la maladie qui est au-delà de l'effet attendu, "normal", d'une prise d'un toxique, légal ou pas.

A noter : ça arrive aussi avec des médicaments (anxiolytiques, somnifères).
Là encore le malade n'a pas son libre arbitre.

Sur le problème des agressions:
https://www.atlantico.fr/decryptage/2919844/troubles-psychiatriques-et-faits-divers-sanglants-que-faire-lorsqu-on-est-confronte-a-une-personne-saisie-de-bouffees-delirantesjean-charles-pascal-psychiatrie-maladie-pathologie-psychiatre-troubles-psychopathologiques-

"La prise de toxique est souvent retrouvée dans les bouffées délirantes avec comportements violents. Maintenant reste à savoir s'il s'agit bien d'une bouffée délirante ou d'une décompensation aiguë d'une psychose délirante chronique ou d'une schizophrénie constituée. Elles peuvent réapparaître après une période de stabilisation plus ou moins importante. Les apports toxiques sont souvent retrouvés comme ayant conduit à la décompensation. Pendant la bouffée délirante, le libre arbitre du sujet est le plus souvent aboli. Il faut les différencier des psychoses confusionnelles et des états maniaques mais cela demande parfois une observation clinique."

Savoir s'il faut juger et punir, c'est pour cela qu'il y a des juges.
Comme c'est un métier et que le cas est technique ils s'aident de ce que l'on appelle des experts judiciaires.
Ils sont experts par définition judiciaire. Cela ne veut pas dire qu'ils sont les meilleurs dans leur domaine (ici la psychiatrie).
Ils peuvent ou non s'adjoindre un médecin non expert judiciaire, simple civil mais connu pour sa compétence dans un domaine particulier. On les appelle "sapiteurs" en France.

Comme vous apparemment, je n'ai pas confiance en la justice de mon pays.
De plus je n'ai pas une confiance de principe en les experts médicaux.
J'ai vu la justice condamner ou malmener un innocents dans un cas où je connaissais les détails de l'histoire (et ai témoigné). J'ai aussi vu un procureur se comporter très mal et dire des sottises énormes en séance.

Par contre il me semble qu'altérer son état mental avec une drogue et causer un accident ou agresser est une chose différente et une circonstance aggravante. Même si le libre arbitre disparaît, comme il est auto-infligé la justice le considère différemment du cas du malade sans prise de toxique.

Si j'ai plus de temps je chercherai.

Le cas Traoré est donc compliqué et nous n'avons pas les détails médicaux pour juger.
Il est vrai que moi aussi je le mettrais bien en situation de ne plus nuire... mais je ne connais pas les détails.

Dommage que M. Bilger se soit donné la règle de ne pas intervenir dans le blog, mais on le comprend !

sylvain

@ Ellen | 28 janvier 2020 à 00:02
"Si un jour je devais apprendre qu'un de ces trois types de spécimen habitent dans mon immeuble ou à proximité, je déménage en donnant le motif."

Ma pôv' Ellen, mais nous sommes tous entourés de fichés S et de futurs fichés S ; il y en a plein les rues, plein les immeubles, plein les entreprises, plein les bureaux, plein dans l'armée, plein dans la police, plein à la justice, plein dans les universités, les facs, les milieux sportifs...

Ne déballez jamais vos cartons, partout où vous irez vous croiserez un fiché S : dans le couloir, dans l'ascenseur, dans le hall... A peine arrivée, vous devrez repartir... ad vitam aeternam.

Exilé

@ stephane
« Je pense que le fait qu’une catégorie de la population soit menacée pour son appartenance à une religion, justifie que le chef de l’Etat intervienne, même si par ailleurs il intervient à tort et à travers.
Il y a des juges irresponsables qui créent une jurisprudence destructrice. »

Exactement.
Si d'un côté il existe une magnifique théorie éthérée due à Montesquieu selon laquelle en démocratie la séparation des pouvoirs est de règle, en pratique, l'homme étant l'homme donc déchu surtout quand il se prétend républicain, nous pouvons très bien tomber sous la coupe du pouvoir judiciaire qui, au nom de l'indépendance de la justice (rires... qui paye et décore les juges ?) peut lui-même se comporter de façon tyrannique, comme de trop nombreux exemples le démontrent.

Qui peut alors nous protéger de cette dérive ?

Jean le Cauchois

@ Patrice Charoulet à 07:45
"Vous me clouez au pilori pour avoir digressé"

Encore un professeur ignare. Le pilori était un poteau auquel on attachait un malappris, et sur lequel on clouait un écriteau indiquant le motif de l'exposition. Je suis triste de constater le déclin des connaissances parmi les littéraires. Comment faire pour leur clouer le bec ?

Michelle D-LEROY

"...il dit ce que l'étranger désire entendre et ainsi - j'assume l'outrance - il a joué contre la justice française." PB

Malheureusement ce n'est pas uniquement sur le sujet de la justice.
Y compris pendant sa campagne de 2017, il s'exprimait à l'étranger d'une façon insupportable à l'égard des Français, comme s'il se sentait plus intouchable ou mieux écouté... indéfinissable cette manie de lancer des piques contre une catégorie ou une autre, contre les corps intermédiaires ou les Français trop réfractaires lors de discours à l'étranger, comme s'il avait honte de ses institutions et des Français en général.

Si effectivement l'affaire Halimi a paru au citoyen lambda vite enterrée en jugeant son assassin irresponsable, le Président n'étant pas un citoyen comme les autres et (selon son habitude en général) donnant des coups de menton pour se placer au-dessus du péquin moyen, il n'aurait pas dû demander un autre procès. Venu de lui que je ne prends pas pour un idiot, cela avait un sens.
D'abord revenant de Jérusalem et préparant la journée d'hommage à la Shoah il fallait faire plaisir au Juifs de France et au Grand Rabbin tout en se donnant l'importance d'un chef de l'Etat pouvant agir sur tout.
C'est Macron tel que je le ressens depuis 2017.

Et pour approuver tout ce que les commentateurs de ce blog ont pu dire, ses propos au sujet de l'Algérie et du peuple algérien qui aurait souffert au point de s'apparenter aux victimes de la Shoah, je ne trouve pas cela maladroit mais odieux. Insupportable même pour moi qui suis de ces Français n'ayant aucun lien avec l'Algérie mais qui n'aiment pas qu'on traite l'Histoire n'importe comment.

C'est avant tout odieux pour les victimes du nazisme encore en vie et la mémoire des millions de morts dans les conditions indescriptibles que nous ne pouvons ignorer, des conditions effroyables et inhumaines. Une injure pour minimiser leurs souffrances… bien que je n'aie entendu personne ne se plaindre de cette sortie, ni les Klarsfeld, ni les Veil, ni les anonymes qui parlent de cette horreur depuis plusieurs jours.

Mais c'est odieux aussi pour les Français d'Algérie et les soldats de l'armée française dont la majeure partie s'est très bien comportée et dont certains ne sont pas revenus (une pensée pour Breizmabro). D'autres ont tout perdu. On ne peut ignorer leurs souffrances en les stigmatisant aujourd'hui.

Il y a eu la colonisation en Algérie mais aussi dans d'autres pays d'Afrique. Compte-t-il créer le statut de "crimes contre l'humanité" pour tous ces pays-là ?
Sans compter les guerres en Indochine.
La vérité c'est qu'il voudrait refaire l'Histoire à sa façon et briller en France comme Chirac en 1995. Déjà il l'a (mal) imité à l'Eglise Sainte-Anne de Jérusalem. Un remake par trop calculé, d'autant qu'il a été amusant de le voir pénétrer dans un lieu de culte catholique, lui qui fait tout pour ignorer cette religion, fondement culturel de notre pays.

C'est aussi se mettre dans la poche des communautés, trop contentes de se sentir aussi françaises et surtout avec encore plus de droits que les vieux Gaulois réfractaires tout en installant leur propre culture sur notre sol. Un moyen de rabattre, selon lui, le caquet des réacs et des populistes de la vieille France.

Toutefois je crois qu'il n'en a pas mesuré l'impact. De la guerre d'Algérie avec bon nombre de Pieds-Noirs, de Harkis et de soldats encore en vie, les blessures sont encore très vives.
Rien à voir avec le génocide juif.

A vouloir trop en faire, il se saborde chaque fois un peu plus. Péché de jeunesse, péché d'ambition qui frise la mégalomanie ou manque d'expérience politique, il en devient pathétique. On ne peut pas dire qu'il apaise l'atmosphère.

Lucile

Avec un peu de cynisme, voilà comment je vois les choses :

En allant à Jérusalem, EM s'est dit que son déplacement réchaufferait les Juifs français à son égard. Ils votent. Mais une fois en Israël, EM a pensé au vote musulman. Il s'est donc montré courroucé et a spectaculairement engueulé le service d'ordre à Jérusalem, s'arrangeant ainsi pour rendre hommage aux morts tout en mettant en scène son antagonisme à l'égard des vivants. Même les journaux étrangers en parlent, pas toujours aimablement, mais le principal était que ça se sache. C'est le cas. Dans l'avion au retour, il a de nouveau pensé aux Juifs français et à leurs votes, d'où l'auguste péroraison sur Sarah Halimi. Pour la petite entorse au bon fonctionnement de la justice, qui de ce fait n'est pas très contente, ça se tassera, et il y a encore suffisamment de journalistes pour faire savoir que ce détail fâcheux ne dément en rien l'immense respect qu'éprouve EM pour la magistrature, et pour les Institutions de la France.

Ça tape un peu sur les nerfs de certains, mais il reste 30 % de satisfaits, et avec un électorat très divisé sans compter le repoussoir MLP en face, ce n'est pas mal du tout.

Si la presse ne lâche pas EM il nous baladera encore longtemps et aura les mains libres pour imprimer durablement sa marque sur la société française, qu'elle le souhaite ou non.

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@ Tipaza

Ma comparaison s'arrêtait à l'image. Tintin sait piloter, il ne se contente pas de faire semblant, lui !
https://drive.google.com/file/d/1auyW3quTGtA2eLDT--RMcoLdKDVheQN7/view

stephane

@ Lodi

Je pense que le fait qu’une catégorie de la population soit menacée pour son appartenance à une religion, justifie que le chef de l’Etat intervienne, même si par ailleurs il intervient à tort et à travers.
Il y a des juges irresponsables qui créent une jurisprudence destructrice.
Quant à une démission de Macron, c’est la seule chose à faire si il veut être réélu car pour 2022 ça pue.

Mitsahne

Depuis ses trente mois de pouvoir, Emmanuel Macron n’a strictement rien gagné, rien réussi, ce qui n’a pas l’air de le tracasser et ne lui enlève aucunement son angélique sourire. Il est le Poulidor des présidents, celui qui sait perdre mais avec panache. A tel point qu’on l’appelle le GBA, le Guide Bien Aimé.

Il fait penser à ces braves joueurs de Monopoly qui sont aussi ravis d’avoir pu acheter la rue de la Paix que d’avoir reçu le deuxième prix de bonne camaraderie avec la carte chance, il pétarade de joie. Et il compte bien repasser par la case départ et toucher la prime qui va avec.
Il va même réinventer la T.B.A. : T’as l’Bonjour d’Alfred.

Lodi

@ stephane
"Macron est défaillant sur bien des points, et c’est là le problème, même quand c’est une parole censée, ça ne passe pas."

Il est insensé d'aller contre la séparation des pouvoirs, surtout en France où le judiciaire est si faible, une autorité selon la Constitution et un budget minable le prouvant.
Un jour, à force de textes institutionnels défaillants et de mauvaises pratiques, nous n'aurons plus du tout de séparation des pouvoirs, les abus se multiplieront et qui sait ? nous ne serons plus en démocratie.

RIEN ne justifie un tel risque, et tout que nous ayons une meilleure Constitution, donc inspirée des textes et traditions anglo-saxonnes.
Pour s'améliorer, s'inspirer de ceux qui ne perdent pas leur forme démocratique comme nous, et dont les tribunaux sont prestigieux même chez nous, les rivaux dépassés contestant nos défaillances.
En France, on aime les polémiques, pas fixer et suivre les règles, je veux dire quand indispensables, alors que nous avons plein de textes en tout genre que même les juristes spécialisés ignorent, bonjour l'insécurité juridique et l'arbitraire.

"Ce n’est pas parce que la victime est juive qu’il doit y avoir procès, mais ce n’est pas non plus pour cela qu’il faut éviter le procès."

La Justice doit être impartiale. Si on craint qu'elle ne le soit pas, il faut instituer des contrôles, mais à mon avis pas par l'exécutif déjà bien trop puissant.
Un Parlement qui aurait retrouvé sa puissance ? il le faudrait.

Ou alors, que les gouvernants suppriment la justice et décident tout en commissions, on y viendra peut-être, au lieu d'augmenter le rôle du jury, on le diminue, attaquons-nous aux magistrats.

Non, tout est bon pour diminuer le peu de décence institutionnelle qui nous reste.
La conscience de Macron ? Après avoir tant divisé le pays il devrait démissionner mais ne rêvons pas.

Patrice Charoulet

@ Pierre Blanchard 27 janv. 19h36

Vous me clouez au pilori pour avoir digressé.
J'ai commenté le sujet traité par Philippe Bilger, le 27 janvier à 10h53.

Achille

@ S Carioca | 27 janvier 2020 à 19:19
« C'est difficilement acceptable pour les victimes et leurs proches, mais il faut accepter que lorsqu'une maladie s'empare du cerveau c'est la maladie qu'il faut condamner, pas son prisonnier. »

Parce que d’après vous être pris de bouffées délirantes suite à l’injection d’une drogue est une maladie ?
Il ne faudrait pas confondre l’effet et la cause !

Qu’un individu agisse d’une façon irresponsable parce que ses facultés mentales sont altérées depuis sa naissance (débilité profonde, schizophrénie), cela peut se concevoir. Le cas est plaidable. Mais absolument pas de la part d’un type qui s’est grillé le cerveau avec de la schnouf. Il ne s’agit pas là d’une cause indépendante de sa volonté.

Au-delà du cas Traoré, ce qui importe est d’abord de protéger les citoyens contre ce genre de décérébrés qui sous l’effet d’une pulsion irrépressible sont capables de vous tuer, sans raison apparente ou pire, comme dans l’affaire Halimi, pour une raison bien précise : le fait que vous apparteniez à une communauté honnie.

Cette fois-ci la victime était juive, la prochaine fois elle pourra fort bien être chrétienne, ou encore blanche ou noire, sans oublier les homos qui ne sont pas les derniers à se faire tabasser.

S Carioca

@ Exilé
1- « Traoré est en pleine forme et sevré. J’ai fait dire à la chambre d’instruction qu’il était accessible au jugement pénal.
Vous pouvez tenir pour sûr que si l’irresponsabilité pénale était définitivement prononcée, le lendemain 9 heures, il sortira de l’hôpital psychiatrique où il se trouve, parce qu’il n’y aurait aucune raison de le conserver. Je vous laisse ensuite imaginer toutes les possibilités de ce qui pourrait se passer lorsqu’il serait libre. »

2- gilles-william-goldnadel-le-meurtrier-de-sarah-halimi-avait-crie-allah-akbar-ca-a-un-sens/

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1- Si j'ai bien compris cela n'est pas encore jugé définitivement.

C'est le métier et l'extrêmement lourde responsabilité des "experts judiciaires" psychiatres de déterminer de la part de conscience du meurtrier.

Après si on veut changer la loi pour protéger la société cvontre les fous ou les fous occasionnels, il faut que des parlementaires ou le gouvernement déposent une proposition de loi. On peut les contacter.

2- Le fait qu'un malade mental ou un drogué absorbe tout ce qui se passe et est rapporté dans les media ou sur fesse de bouc et autres zozos asociaux, et ressorte ce qu'il a entendu non, ça n'a pas forcément un sens notamment le sens le plus apparent surtout quand ça passe par un cerveau insensé du fait d'une maladie.

Ellen

@ Exilé | 27 janvier 2020 à 20:34

Merci de nous avoir envoyé le lien.

https://www.bvoltaire.fr/gilles-william-goldnadel-le-meurtrier-de-sarah-halimi-avait-crie-allah-akbar-ca-a-un-sens/

Que des déséquilibrés irresponsables !

Ça me rappelle certains cas - des fichés S, ceux placés sous contrôle judiciaire, d'autres avec le bracelet électroniques eh bien ils sont quand même passés à l'acte criminel, égorgeant d'autres victimes.

Si un jour je devais apprendre qu'un de ces trois types de spécimen habitent dans mon immeuble ou à proximité, je déménage en donnant le motif.

stephane

Suffit-il d’être sous l’effet de stupéfiants pour être considéré comme irresponsable, ou bien pour cela faut-il que la victime soit juive ?
Stupéfiants condition nécessaire.
Stupéfiants plus victime juive, condition suffisante.
Ce n’est pas un peu discriminatoire cela ?
Et pourquoi n’y a-t-il eu d’intervention que présidentielle ?
N’est-ce pas un mode opératoire donné aux agresseurs antisémites pour éviter un procès ?
Hitler et les nazis fumaient-ils du cannabis et dans ce cas que peut-on leur reprocher ?
Heureusement que dans le cas de cette agression le président est intervenu.

Ellen

@ Exilé | 27 janvier 2020 à 20:34 (@ S Carioca)
"Je vous laisse ensuite imaginer toutes les possibilités de ce qui pourrait se passer lorsqu’il serait libre"

Une fois dehors, sans surveillance et désoeuvré, la tentation est grande ! Beaucoup replongent dans la drogue ou pire. Une sorte de refuge du mal-être allant jusqu'à sa destruction et celle des autres. Ne parlons pas de vengeance des victimes.

stephane

@ Lodi

Le Président a le droit d’écouter sa conscience.
Il souhaite un procès car il considère que l’acte a eu lieu parce que la victime était juive.
Je considère qu’il était de son devoir d’intervenir, mais pas sous cette forme.
Il doit être cohérent dans sa lutte contre l’antisémitisme et pas seulement envoyer des subordonnés aux dîners du CRIF.
Le problème est qu’il l’a trop ouvert à tort et à travers et qu’il y a overdose de son comportement incorrect.

Macron est défaillant sur bien des points, et c’est là le problème, même quand c’est une parole censée, ça ne passe pas.
Chirac a gracié Omar Raddad, Macron a raison de souhaiter un procès.
Le problème est que pour ne pas qu’il soit dit qu’il y a eu procès pour une victime juive, et sous couvert d’indépendance, la justice va dans l’excès inverse. Y aurait-il eu procès pour une victime maghrébine ?
Ce n’est pas parce que la victime est juive qu’il doit y avoir procès, mais ce n’est pas non plus pour cela qu’il faut éviter le procès.
Le fait que la victime soit juive est une circonstance aggravante car si elle n'avait pas été juive, elle n’aurait peut-être pas été victime.
La justice est un peu comme Macron qui ayant peur de passer pour un homme de centre gauche fait une politique de droite extrême avec un gouvernement d’opportunistes recasés de la droite.

JT

Cher Monsieur Bilger,

Vous avez pour règle d'instruire à charge et à décharge et le plus souvent, je suis en phase avec vous, y compris sur les appréciations portées sur les actions de M. Macron. Dans la présente communication, j'ai quand même le sentiment que cela n'a pas été le cas. Vous avez adopté la position traditionnelle de ceux qui "font du droit", de ceux qui très logiquement examinent la recevabilité avant le fond et le respect des procédures. Or, la prévalence systématique des procédures dites "gardiennes des libertés" ne permet ni nécessairement, ni systématiquement de rendre la justice "au nom du peuple", tout au moins au sens où le peuple l'entend, en particulier lorsque le jugement heurte une majorité de citoyens. Ce constat participe me semble-t-il à "l'archipélisation" de la France. Le principe de séparation des pouvoirs empêcherait le président de la République, le gardien des institutions d'émettre la moindre observation sur un jugement rendu, sur un arrêt d'appel frappé de cassation alors que la décision est largement incomprise ou heurte beaucoup de citoyens. Il ne semble pas absurde que le gardien de la Constitution, élu au suffrage universel, sans s'immiscer dans la solution concrète d'une affaire, émette une observation à caractère général répondant à une interrogation très forte des citoyens. Dans le cas de Mme Halimi, il y a bien eu jugement mais celui-ci peut être regardé comme formel et il pourrait être soutenu que le jugement au fond n'est pas intervenu. Espérons que dans sa sagesse, la Cour de cassation trouve un chemin d'apaisement.

Metsys

Je saisis bien qu’il est impératif de respecter la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice. En l’occurrence, l’intervention macronienne est une incongruité, mal assumée d’ailleurs...

Vous m’accorderez cependant que certaines immixtions de l’exécutif participent de l’histoire, parfois comique, souvent tragique.

Ainsi celle de Cavagnac, ministre de la Guerre, à propos de Dreyfus : « Jamais aucune raison de salut public, quelle qu’elle fût, ne pourrait me déterminer à maintenir un innocent au bagne… S’il s’agissait d’un innocent, tout ce qu’on voudrait ; mais, puisqu’il s’agit d’un coupable, rien ».
De Gaulle à propos de Bastien-Thiry : « Les Français ont besoin de martyrs, il faut qu’ils les choisissent bien ».
Poniatowski résolvant l’affaire De Broglie en cinq jours ; le procès de Bordeaux en 1953 ; le procès des Girondins, celui des Dantonistes et les décrets nécessaires votés par la Convention pendant les débats. Sans parler des petites pratiques d’un de nos plus grands ministres de l’Intérieur (pas Fouché, l’autre : celui qui a dit que la démocratie finissait où commençait la raison d’Etat).

En somme, le grand style se perd, même pour les petites indélicatesses constitutionnelles…

Exilé

@ S Carioca
« C'est difficilement acceptable pour les victimes et leurs proches, mais il faut accepter que lorsqu'une maladie s'empare du cerveau c'est la maladie qu'il faut condamner, pas son prisonnier. »

Voir :

« Traoré est en pleine forme et sevré. J’ai fait dire à la chambre d’instruction qu’il était accessible au jugement pénal.
Vous pouvez tenir pour sûr que si l’irresponsabilité pénale était définitivement prononcée, le lendemain 9 heures, il sortira de l’hôpital psychiatrique où il se trouve, parce qu’il n’y aurait aucune raison de le conserver. Je vous laisse ensuite imaginer toutes les possibilités de ce qui pourrait se passer lorsqu’il serait libre. »

https://www.bvoltaire.fr/gilles-william-goldnadel-le-meurtrier-de-sarah-halimi-avait-crie-allah-akbar-ca-a-un-sens/

Lodi

@ stephane
"Je trouve Macron mauvais président, cependant sur ce coup-là je lui donne raison d’être intervenu."

Alors qu'il est allé contre l'équilibre des pouvoirs... Enfin, pourquoi ?

stephane

Je trouve Macron mauvais président, cependant sur ce coup-là je lui donne raison d’être intervenu.

Le problème est qu’il parle trop souvent alors que c’est superflu.
Hollande a gracié Jacqueline Sauvage, que notre président intervienne pour qu’il y ait un procès, parce que la victime était juive, me semble essentiel. Indépendance ou pas de la justice.
Le problème c’est qu’à force de causer à tort et à travers, Macron a lassé tout le monde.

Mais je rejoins Philippe sur un point, que n’aurait-il pas été dit si le propos était venu de Sarkozy ou Hollande.
Macron est comme l’enfant qui criait au loup, c’est cause toujours tu m’intéresses. On aimerait une parole présidentielle plus rare.

Pierre Blanchard

@ Patrice Charoulet | 27 janvier 2020 à 15:06
"GALLICA
La Bibliothèque numérique
5 980 000 documents en ligne.
Bonne lecture !"

Commentaire parfaitement en adéquation avec le sujet de ce billet… Et si vous retourniez consulter ces 5 980 000 documents en ligne M. Patrice Charoulet… cela ferait des vacances à tous ?
Surtout qu’il y a 1 410 638 images.

Bonnes vacances.

Claude Luçon

"Le tollé qu'il a suscité bien au-delà de la magistrature..."

Quand des membres de ladite magistrature se permettent d'afficher un Mur des cons couvert de portraits de politiciens dans l'enceinte du Palais de Justice, quand d'autres liquident précipitamment François Fillon en quelques jours sur "suggestion" du Canard Enchaîné et de Mediapart, quand d'autres manifestent comme des clowns devant des tribunaux, il est peut-être permis aux politiciens de leur renvoyer l'ascenseur ?
Non ??

S Carioca

@ Achille
"Si cette décision venait à faire jurisprudence, on imagine sans peine les conséquences lors des prochaines agressions provenant de « déséquilibrés » ayant agi dans le même état.
Il n’y aurait plus de coupables même présumés, mais uniquement des irresponsables à bouffées délirantes. On va où là ?"

Et si on condamne les fous, où on va ? (là)

Ce n'est pas le problème, il est prévu par la loi que le malade mental dûment estimé (marge d'erreur certes) irresponsable du fait de sa maladie, n'est pas responsable.

Et c'est heureux !

C'est difficilement acceptable pour les victimes et leurs proches, mais il faut accepter que lorsqu'une maladie s'empare du cerveau c'est la maladie qu'il faut condamner, pas son prisonnier.

On peut critiquer les experts, notamment si deux divergent, l'un a tort.

HOPE

@ sbriglia

Rappelons que Daniel Zagury, considéré comme l’un des pontes des experts, a jugé, lui, que Traoré pouvait être jugé. La question n’est donc pas simple.

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@ Patrice Charoulet

Vous êtes « courageux » 👍👏 +1 !

caffer

Critiquer une décision de justice est un devoir pour un étudiant en droit. Le « commentaire d’arrêt » est un exercice habituel et il est de bon ton de le conclure par une « critique », qui permet à l’auteur du commentaire de donner son avis par rapport à l’évolution de la jurisprudence.
Contrairement à ce que répandent les journalistes, on peut parfaitement critiquer une décision de justice, pour peu que l’on respecte l’indépendance de l'institution judiciaire et fasse preuve de la connaissance du sujet.

Mais un Président ne peut pas critiquer, au sens commun, une décision de justice ; tout au plus peut-il la commenter, en faisant preuve de la réserve qui sied à l’exercice.
Emmanuel Macron a d’abord cédé là à son besoin d’exister et d’occuper l’espace médiatique en servant par la même occasion son besoin de plaire à une partie de l’opinion et de groupes de pression.
Mais ce faisant, il a perpétué la très mauvaise attitude du pouvoir exécutif, à laquelle le convie il est vrai notre Constitution qui méprise le pouvoir judiciaire, relégué au rang d’ « autorité judiciaire ».
Il traduit au demeurant la méconnaissance crasse de nos hommes politiques en matière d’indépendance de la justice.

PAUL

On ne peut pas à la fois s'indigner du sort fait à Traoré qui ne sera peut-être jamais jugé alors que les faits sont épouvantables, et s'indigner que Macron ait la même position intellectuelle. Ce qui fait la différence c'est que "nous" sommes des gens de peu et que lui est président et a la haute main sur les nominations (et les décorations) des magistrats.

OK il a froissé la susceptibilité de la magistrature dont les procureurs se montrent d'une servilité étonnante. Et il peut être suspecté d'avoir commis cela pour des raisons bassement électoralistes. Mais il y a pire à lui reprocher.

Ceci étant, le ton véhément de ce billet est un vrai bonheur.

stephane

Avec ce boy-scout de Macron et son équipe de balle au prisonnier, comment voulez vous que Hollande n’ait pas ses chances en 2022.
Quant à Rachida Dati, si elle est élue, il faudra la virer avant la fin.
« Qui imagine Rachida Dati ouvrir les JO 2024 ? » pourrait dire Fillon.

Tipaza

Macron est un habitué de ces dérapages verbaux.
Il confond l'art de la communication, version subtile de l'art de la conversation où le verbe passe au travers du filtre social pour se faire entendre et comprendre, avec l'art du bavardage où l'on dit tout et n'importe quoi, l'essentiel étant d'être au centre de la conversation, sans se préoccuper des vérités ou des mensonges énoncés.

Dans cette interview aérienne Macron a abordé deux sujets.
Le premier porte sur la justice, et ses propos portent atteinte à l'institution judiciaire et à son fonctionnement.
Au point où en est cette institution, on pourrait dire, au sens figuré, qu'il n'y a pas mort d'homme.
Cette vieille dame, de moins en moins respectée parce que de moins en moins respectable, s'en remettra, et c'est faire trop d'honneur à Macron que de s'attacher à ce bavardage.

L'autre sujet concerne le parallèle fait entre la Shoah et la guerre d'Algérie.

Plus qu'une aberration, c'est une trahison historique. N'importe quel individu normal saura faire la différence entre une entreprise dont la finalité était l'annihilation d'un peuple, et une conquête coloniale avec le but d'annexion et de mise en valeur du pays.

À la lumière des valeurs d'aujourd'hui, la colonisation peut être contestée, mais ses acquis, infrastructures routières, hôpitaux, barrages, mise en valeur de territoires en friche, tout cela profite encore aux habitants de l'Algérie actuelle.
Au point que beaucoup, beaucoup trop, cherchent à bénéficier de ces avantages mis à jour dans la métropole, car il semble que peu de mises à jour aient été réalisées depuis la fin de la colonisation.

Je ne connais pas Paul Ricoeur, ce philosophe m'était inconnu avant Macron, je ne peux pas dire si Macron l'a trahi, mais je connais l'histoire de l'Algérie et je peux dire que Macron a trahi cette histoire qui a fait beaucoup de morts et qui continue à en faire par extrapolation d'un passé qu'il ne sait pas apaiser.

Un mot sur la photo.
Lucile (12:03) le compare à Tintin. Il y a de la pertinence dans cette comparaison et du moins vrai.
De Tintin il a une certaine personnalité impersonnelle si je peux essayer cet oxymore.
Impersonnelle parce que sans famille, sans ancêtres, sans enfants, un individu hors sol dont le seul aspect de sa personnalité est lié à l'action et au mouvement.
Il manque singulièrement de densité humaine, que l'on trouve comme une compensation chez les personnages secondaires comme le capitaine Haddock, ou le savant Tournesol.

Et avec Macron la densité humaine on la trouve chez les individus qui l'entourent, certains bizarrement originaux comme Benalla ou Sibeth Ndiaye, et d'autres plus classiques comme Gérard Collomb, l'inénarrable Gilles Le Gendre, ou au contraire l'homme qui ne rit jamais, ou seulement quand il nous fait une mauvaise farce, notre Buster Keaton, j'ai nommé Édouard Philippe.
Sans oublier le génial, dans tous les sens du mot, Cédric Villani, l'homme qui se sait plus intelligent que Macron. Mais l'est-il vraiment en politique ?

Par contre Tintin ne recherche jamais le pouvoir dans son action, il se présente au contraire comme une sorte de justicier libérateur pour évincer les tyrans, mais sans prendre leur place.
Différence également dans sa relation avec les faibles, les petits, "ceux qui ne sont rien" qui ont toute son affection.
L'inverse d'un Macron en quelque sorte sur ce plan-là.

Un dernier mot sur la photo.
J'ai rêvé à la sieste d'une photo, qui était le symétrique de la photo du billet, mais en mer.
Elle le représentait dans un sous-marin en plongée, le hublot ouvert ;-)

Alain D

On reproche la plupart du temps à EM de ne pas être représentatif de la majorité des Français.
Sans être un échantillon de l'opinion générale d'un point de vue statistique, j'ai le sentiment que, pour une fois, il a exprimé ce que nous sommes un grand nombre à penser.
Est-il normal qu'il ait un statut qui l'empêche de dénoncer ce qu'il estimerait une injustice ?
La justice est-elle infaillible ?

Serge HIREL

Aux Etats-Unis, le Président, que l’on dit tout-puissant, fait actuellement l’objet d’une procédure d’ « empeachment ». L’un des motifs retenus par les Démocrates est que Donald Trump a soumis le versement d’une aide à l’Ukraine, votée par le Congrès, à l’ouverture par Kiev d’une enquête sur les activités de l’un de ses adversaires politiques. Autrement dit, Donald Trump, chef de l’exécutif, s’est permis de bafouer le législatif...

La séparation des pouvoirs est un des socles les plus forts de nos démocraties. Et, s’exprimant publiquement, en qualité de président de la République, sur une affaire judiciaire en cours, Emmanuel Macron a commis une faute identique à celle de Donald Trump : il a bafoué l’institution judiciaire. Mais lui ne risque rien... hormis la réprobation de ceux - nombreux - qui ne le soutiennent pas ou plus.

Même s’il est permis d’estimer qu’il s’agit là d’« un manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat », on voit mal comment le Parlement se constituerait en Haute Cour pour envisager sa destitution. D’autant que celle-ci, pour statuer, doit être saisie par une résolution adoptée par chacune des deux Assemblées. Faisons confiance à nos sémillants « marcheurs » pour faire rempart de leurs corps, s’il le faut.

Ce qui est le plus grave, c’est que le mal est fait : quelle qu’elle soit, la décision de la Cour de cassation apparaîtra soit comme un geste de soumission, soit comme un camouflet envers le Président. Dans les deux cas, avant d’être judiciaire, elle apparaîtra comme un geste politique vis-à-vis de lui. Et donc comme l’intrusion du judiciaire dans l’ère de l’exécutif... Quant au crime odieux dont a été victime Sarah Halimi, il sera relégué au second plan.
Tout cela pour ne pas avoir su tenir sa langue dans un avion...

La deuxième bourde, sur l’affaire algérienne, qui met en cause l’honneur de la France, est encore plus inquiétante. Comment un responsable politique à ce niveau peut-il se comporter, face aux questions des journalistes, comme le plus naïf des élus de base ?
Reste que le Président a une solution pour s’en sortir : plaider la « bouffée délirante » due à l’altitude...

Robert

Dans le précédent billet consacré à la décision relative à cette affaire, j'avais considéré que le fond du problème de cette déclaration d'abolition de la responsabilité de ce crime abject tenait moins au choix des magistrats obligés de prendre en compte l'avis quasi unanime des experts psychiatres quant à l'abolition totale du discernement de l'auteur (http://www.cdmf-avocats.fr/abolition-du-discernement-responsabilite-penale/) qu'aux ambiguïtés des dispositions de la loi pénale qui considère aggravant le fait d'être ivre au volant et permet de déclarer irresponsable une personne ayant fumé de la drogue.

L'affaire faisant l'objet d'un recours en cassation, il est évident que les autorités du pouvoir exécutif, en premier lieu le président de la République, ne sauraient ès qualités s’exprimer sur un sujet aussi délicat.

Monsieur Macron l'a fait, puisqu'il est souverain et ne saurait se plier à une quelconque réserve. Sans doute est-il omniscient et, Jupiter ou Zeus dans l'âme, peut-il s'exprimer comme il l'entend, quitte à manier allégrement les éclairs et le tonnerre !

Au-delà de cette expression plus que contestable du plus haut personnage de la République, ce dernier s'est aussi autorisé à reprendre son antienne relative aux crimes contre l'humanité commis par la France en Algérie. Non content d'avoir déjà exprimé que la seule colonisation et donc la conquête de l'Algérie était un crime contre l'humanité, il remet un jeton dans le juke-box en déclarant dans son avion : « Je suis très lucide sur les défis que j'ai devant moi du point de vue mémoriel. La guerre d'Algérie est le plus dramatique. Je le sais depuis ma campagne. Il est là, et je pense qu'il a peu près le même statut que la Shoah pour Chirac en 1995. »
Ce que l'on nomme "Shoah" en hébreu, qui est en réalité un génocide commis notamment contre les Juifs d'Europe parce que Juifs, fait donc selon lui le pendant de la guerre d'Algérie pour la France. Pourquoi s'arrêterait-il en si bon chemin. Avant 1954, c'était la guerre d'Indochine...

Compte tenu de ce qu'il a déclaré son intention de lutter contre le communautarisme (or, celui que l'on voit est bien celui prôné par l'islamisme militant) et de sa position "philosophique" (?) sur l'assimilation sans doute elle aussi crime contre l'humanité, cela devrait très logiquement le conduire à considérer que les communautaristes seraient les petits souchiens provinciaux, Gilets jaunes par-dessus le marché... Et non pas les islamistes, pauvres victimes du rejet de la majorité blanche de la population française !

Compte tenu enfin de la manière simplificatrice qu'il a d'aborder tous les problèmes, y compris les plus complexes et particulièrement en Histoire, je crains qu'à manipuler le concept de communautarisme comme celui de la laïcité comme il se préparerait à le faire en 2020, il ne crée en France une véritable fronde, un climat de guerre civile et une renaissance d'une nouvelle organisation armée secrète sur les cendres que l'on croyait ensevelies de la guerre d'Algérie dont il risque à son corps défendant d'attiser les braises...

Il me semble que, lui qui s'est voulu disciple de Paul Ricoeur, devrait méditer ces deux phrases, l'une sur le rapport à la vérité, l'autre à l'éthique s'il veut garder en France la paix civile que ses déclarations menacent incontestablement :

- « La fonction de transfiguration du réel que nous reconnaissons à la fiction poétique implique que nous cessions d'identifier réalité et réalité empirique ou, en d'autres termes, que nous cessions d'identifier expérience et expérience empirique. Le langage poétique tire son prestige de sa capacité à exprimer des aspects de ce que Husserl appelait Lebenswelt et Heidegger In-der-Welt-Sein. De la sorte il exige que nous critiquions notre concept conventionnel de la vérité, c'est-à-dire que nous cessions de le limiter à la cohérence logique et à la vérification empirique, de façon à prendre en compte la prétention de vérité liée à l'action transfigurante de la fiction. »

« Ricœur propose donc de placer l'éthique, c'est-à-dire la question de la visée de la vie, avant la morale, la question des normes. L'éthique permettra, dans les pages suivantes de Soi-même comme un autre, au philosophe de penser l'estime de soi, alors que la morale interrogera sur le respect de soi. Si Ricœur se garde de définir trop précisément la vie bonne, il suggère que chacun doive y réfléchir, en partant d'une réflexion sur ce qu'est la vie d'un homme. »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Ricœur

On peut craindre qu'adepte de la fiction, il se heurtera toujours plus au mur de la réalité !

Savonarole

On a lu ici sur les billets de ce blog que le verbe prime sur les idées qu’il exprime.
Suffit de bien causer pour en faire le gendre idéal. Lauréat d’avance de l’Institut de la Parole.
Ainsi Mélenchon était « un extraordinaire tribun hors du commun », et j’en passe jusqu’à ce nabot de Macron, sublissime orateur, qu’importent les idées, pourvu qu’il cause bien, avec cravate et costard. Genre IVe République.
Mais voilà, tous les quinquennats, notre hôte se met le doigt dans l’œil.
Est-ce que cela l’aveugle ? Pas du tout, il persévère, le verbe, de Belloubet à Taubira, le verbe, le verbe sauve tout.
Que notre Président soit passé du Jupiter à Jupiteux ne l’effraie pas. Le verbe sauve tout.
Qu’Hitler et Mussolini aient été d’extraordinaires orateurs, peu importe, ils causaient bien au peuple.
En somme, le joueur de flûte de Hamelin reste d’actualité.

https://fr.vikidia.org/wiki/Le_Joueur_de_flûte_de_Hamelin

Shadok

@ Chemins de traverse | 27 janvier 2020 à 08:32

Effectivement et sans Marine Le Pen il n'aurait pas été élu. Son électorat n'aura été qu'un ramassis issu de la débandade du PS et d'autres qui attendaient de pouvoir un jour encaisser des dividendes électoraux. Voyez ses ministres !

Il faudrait un nouveau parti de droite avec l'interdiction d'y entrer à tout ancien élu LR, incapables qu'ils sont de s'entendre pour le bien de tous.

L'électorat LR a presque disparu (sauf Patrice Charoulet ce qui est un mauvais présage) et cet électorat n'est pas disposé à reparaître avec actuellement l'équipe de bras cassés de ce parti.

Quant à la vérité sur la situation de notre pays, elle nous est cachée et elle n'est pas belle. Brijou pourra dire : "quel artiste le monde va perdre" nous n'attendons que cela et qu'il se crashe le plus vite possible notre petit dictateur avec Attila si possible.

Patrice Charoulet

GALLICA

La Bibliothèque numérique

5 980 000 documents en ligne.

Bonne lecture !

caroff

Macron a compris que la France était devenue un "archipel" pour reprendre la métaphore de Jerôme Fourquet, en conséquence de quoi il s'adresse aux communautés qui en font partie:

Aux musulmans il fait part de son indignation : l'Algérie et la Shoah même combat, ce qui est un dérapage nauséabond pour emprunter au vocabulaire en usage aujourd'hui.
Aux Juifs, il redit que les nazis n'ont pas été gentils avec eux à Auschwitz et partout où cette honte de l'humanité a pu sévir.
Mais aux catholiques et aux chrétiens en général, rien : peut-être une extinction de voix ?

En ce qui concerne l'affaire Halimi, il est en dehors des clous, mais c'est plus fort que lui, il lui faut intervenir sur tous les sujets, quitte à s'enfoncer un peu plus chaque jour !

Sophie

L'équipe au pouvoir brasse du vent et improvise sans cesse. Elle manque totalement de tact, de finesse et d'intelligence. Elle n'a aucun projet pour la France avec sa vision mondialiste éberluée. La macronie brasse de l'air tout en nous le pompant. E. Macron avec son air de chouette azimutée en est le chef de file.

Aux dernières élections présidentielles, je n'avais pas voté. Pas question de voter pour celui qui a épousé sa mère ou celle qui a tué son père. Choix beaucoup trop œdipien ! Donc abstention ! Ce qui a fait le jeu de la macronie bien entendu mais, au moins, je ne suis pas en train de me mordre les doigts jusqu'au sang face à cette équipe de bras cassés qui continue à emmener le pays à sa propre destruction.

https://www.bvoltaire.fr/macron-devrait-consulter-un-oracle-vaudou/

Les Français veulent reprendre possession de leur pays, c'est tout. Ce pays qui est vendu et bradé au tout venant... Ils ne sont ni racistes, ni homophobes, ni antisémites pour la grande majorité, contrairement à ce que certains affirment à cor et à cri de manière hystérique. Ils essaient de rester fiers de la France mais pour combien de temps encore. L'ambiance générale est à la sinistrose.

Un pays de plus en plus envahi par des migrants qui ne sont pas des "chances pour la France" contrairement à cette idée que les élites et les bien-pensants veulent nous imposer. Ce pays dont les fleurons industriels sont vendus et bradés aux autres nationalités...

E. Macron n'est qu'une marionnette mise au pouvoir par des financiers qui se moquent éperdument de l'avenir de notre pays et de ses citoyens. Business is business et après nous le déluge !

La France, mal aimée de Macron :

http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2020/01/la-france-mal-aimee-de-macron.html

Metsys

"Sans le courage d'une parole indépendante". Je crains fort que la dernière parole indépendante d'un chef d'Etat français en exercice n'ait été prononcée le 24 juillet 1967, à 19 h 30 heure locale, sur le balcon de l'hôtel de ville de Montréal.
Si M. Bilger ou l'un de ses commentateurs trouvent quelque chose de plus récent, je suis preneur...

P.-S.: il y aurait bien l'allocution des leaders marxistes auto-proclamés de l'Aventure c'est l'aventure lors de leur arrivée triomphale en Afrique en 1972, mais, hélas pour la France, ils n'ont jamais été élus, même à un scrutin local...
Jacques Brel : "Le chemin le plus court pour aller de la barbarie à la décadence passe par le civilisation"
Lino Ventura : "Tout homme libre ne devra avoir ni travail, ni famille, ni patrie"
Charles Denner : "Nous sommes des tigres de papier, mais des tigres vivants"
Lino Ventura : "Et nous sommes contre l'autogestion dans les bordels !"

breizmabro

@ Ellen 27 janvier 11:43

Entièrement d'accord avec vous. Dans quelque temps il ira avec son Tasbih à la main et les babouches aux pieds saluer les investisseurs Qatariens.

En même temps pourquoi se gêner puisque ce jeune monsieur, qui n'a pas fait de service militaire, ne craint pas de dire que la France s'est mal comportée en Algérie.

S'il avait été tout à fait honnête il aurait pu ajouter que la France s'était également mal comportée avec les "appelés" français puisque mon frère est mort dans les Aurès à l'âge de vingt ans pour, si j'ai bien compris, de mauvaises raisons.

Curieusement je ne peux imaginer mon frère en soldat hitlérien, mais bon, si le dieu Jupiter, le maître des horloges, le dit... (il est peut-être le maître des horloges mais en ce moment il a perdu sa boussole ;))

Il est vrai qu'on a une mauvaise vue d'ensemble quand on a un jeune homme de 20 ans mort juste à côté de soi (pour paraphraser Audiard dans "le Président").

Exilé

@ sylvain
« votre Constitution »

Ce n'est pas « ma » Constitution, je me borne à pointer une des contradictions ou une des imprécisions de plus dont le régime qui l'a produite nous abreuve.
Mais il arrive aussi parfois que le Diable porte pierre, il faut donc alors s'en satisfaire malgré tout sans pour autant être de ses suppôts.

Ellen

@ Lucile | 27 janvier 2020 à 12:03
"Sur la photo, on dirait Tintin, tout guilleret, de retour d'une de ses aventures réussies. Bonne tournée électorale."

C'est pour la frime, admirez-moi... Un petit clin d'oeil aux pilotes au cas où l'envie les prendrait de déclencher la grève ?

Oh, c'est que M. Macron n'est pas un "rien" ! Un parfait self-fulfilling prophecy comme disent les Anglais et les Américains.

Lucile

Sur la photo, on dirait Tintin, tout guilleret, de retour d'une de ses aventures réussies. Bonne tournée électorale.
Vite de retour à Paris, pour le prochain épisode, il faut mater l'Homme-Araignée.

sylvain

@ Exilé

MDR !

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion »

Ah oui ? Vous vous fichez de nous ? Buzz, provoc ? C'est pourtant pas le 1er avril !

Mettez-vous-la là où je pense votre Constitution !

Ellen

Ça c'est du Macromania. Il n'y a pas de remède contre l'outrance. Il n'assume rien du tout puisqu'à chacune de ses bourdes, ça lui tombe dessus.

Je ne le comprends plus. A quoi il joue ? Après avoir eu un affrontement avec la sécurité à Jérusalem, on voit ensuite M. Macron collé au Mur des Lamentations avec une kippa sur la tête et à se prosterner alors qu'il a refusé de faire le signe de la croix (chrétienne) devant le cercueil du défunt Johnny Hallyday à l'église de la Madeleine à Paris. Seule Brigitte l'a fait.

A ne pas douter qu'un jour lors de son voyage en pays arabes, on aperçoive M. Macron vêtu d'une dishdasha blanche (tunique longue jusqu'aux chevilles) et de l'agal (rond noir assez lourd qui maintient le keffieh, foulard blanc ou à carreaux).

PR CALGUÈS

@ Shadok
"Allons-nous enfin comprendre que Macron n'est pas un faux c*n mais un vrai."

Il semble bien, hélas, que la vessie se prenne pour une lanterne !

Xavier NEBOUT

Ah que voilà du vrai et bon Bilger !
Parfaitement à l'aise dans son domaine, avec en plus le talent d'une ironie aussi percutante que subtile.

Rachida Dati monte en flèche à Paris, et si elle emporte Paris, elle pourrait bien être une excellente candidate de droite pour la présidentielle.

Imaginons un instant pour rire, juste avant qu'il ne m'envoie une bombe dans une boîte de chocolats: Philippe Bilger garde des Sceaux de Rachida Dati !

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