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20 février 2020

Commentaires

Lodi

@ Catherine JACOB

Je comprends fort bien votre défense de la liberté de conscience... Même si les médecins ne me semblent pas aussi humiliables que les femmes de ménage au vu de la différence incommensurable de prestige entre eux.

Mais mettez-vous aussi à la place d'une femme en demande d'avortement. Doit-elle le quêter de médecin en médecin ?
Et si, pauvre donc peu mobile, elle se trouvait confinée en un lieu sans recours pour elle ? Imaginez-vous devoir garder en vous le résultat, au mieux, d'une pilule inefficace et au pire d'un viol ?

Et si les médecins devenaient de plus en plus hostiles à l'IVG ? Le droit des femmes, existant sur le papier, serait aboli dans la réalité.
Voilà qui ne serait ni bon pour les premières concernées, ni pour les autres.
- Qu'est-ce qu'une femme ?
- Une ventre-serve. Ce qui la caractérise comme femme la prive de liberté... Dans tous les autres cas, on efface autant que possible les effets d'une erreur ou d'une violence.
Pour la femme, on se réjouit de sa chute dans l'aliénation : ce sera bon pour la démographie ou pour se découvrir une conscience à propos des enfants quand d'autre part on les laisse entre les mains de parents dangereux. En somme, les gens veulent des enfants du moment que les autres les assument.
Car qu'est-ce que la morale ? La première délocalisation de l'Histoire. Je prêche, tu mets en oeuvre.

La réquisition fait des médecins hostiles à l'avortement des humiliés, mais l'alternative condamne les femmes concernées à la mendicité.
L'intégrité de certains médecins est entamée, certes. Mais on choisit d'être médecin.
La moitié des humains sont des femmes, qui ne font jamais que se soumettre et la nature, la biologie qui les met en position de subir, et la culture, qui jusqu'à présent, les y a toujours condamné.

Pour une parfaite justice, on aurait dû, à l'époque de la loi, permettre aux médecins l'objection de conscience.
Pour qu'elle ne les piège pas, comme les femmes leur ventre.

Mais on aurait dû prévenir qu'à partir de la prochaine année de médecine universitaire, les étudiants devenus médecins seraient requis. Pour alléger l’atmosphère, on peut dire que pour une fois des gens auraient choisi de jeunes médecins !
Il aurait fallu, il faudrait peut-être, prévoir un SOS IVG gouvernemental téléphonique et une application Internet et organiser des trajets à l'étranger, pour les femmes, en attendant, enfin, je ne crois pas que la mode ait été à tout cela, à l'époque.
Techniquement, et même intellectuellement, c'était anachronique.
Les gouvernants commandaient les gouvernés comme la société les femmes. J'ai la vérité et tu t'écrases.

Savoir si cela a changé... Le monde est une cascade de mépris, entre gouvernants et gouvernés, riches et pauvres, universitaires et non universitaires et tout ce qu'on voudra. Enfin non, disons qu'on ignore ou qu'on méprise ceux des étages inférieurs selon ce qui est utile, comme autrefois, on le faisait des esclaves.

Les femmes sont toujours en instance de voir leur liberté abolie car la grossesse et l'accouchement les rend dépendantes, qu'elles sont en général moins fortes que les hommes, que la culture les infériorise et qu'elles ne sont pas solidaires entre elles.
Vous en êtes encore une preuve.

Vous avez, dites-vous, toujours opté pour ce que vous avez voulu, grand bien vous fasse. Mais cela ne vous suffit pas, vous n'avez pas assez d'argent, de reconnaissance, que sais-je encore ?
Il serait bon que vos talents soient davantage reconnus, mais tout autant que des personnages moins distingués ne se voient pas n'exister que pour être avilis.
Vous ne vivez pas dans le même monde, mais la justice est universelle de même que l'empathie, et certains s'essaient à comprendre tous les êtres:

http://ecrireiciaussi.canalblog.com/archives/2010/02/07/16796862.html

Catherine JACOB

J'ai retenu au passage qu'Onfray dont le patronyme est d'origine germanique et non pas Viking, n’aurait pas bénéficié des félicitations du Jury pour avoir eu l’audace de citer Wagner dans sa thèse (sujet : Les implications éthiques et politiques des pensées négatives de Schopenhauer à Spengler - direction Simone Goyard-Fabre - soutenue en 1986 alors qu'il était âgé de 27 ans, et à l’Université de Caen) mais il ne précise pas s’il s’agit de Richard, le compositeur, ou de Wieland , son petit-fils, un théoricien de la musique.

Ceux qui ont fait l’auteur largement publié qu’il est, ce sont donc ses lecteurs et non un employeur tel l’Université qui encadre la liberté de l’enseignant, à preuve le fait qu’on lui ait refusé les Félicitations sur fond d’une citation d’un auteur mal en cour dans cette Université et/ou ce Jury. Bon, on va dire que la cooptation thésard/directeur était mal fondée. Un autre directeur dans une autre Université l’aurait peut-être mieux défendu.

On lui a donc proposé d’entrer dans le système universitaire et il s’y serait refusé, ayant confondu cette université-là avec l’Université en général.

Sa mère femme de ménage n’avait pas voix au chapitre et la personne qui l’employait pratiquait "l'incitation au délit" en la tentant par des pièces placées sous des piles de linge, ou des matelas, ou que sais-je, pour voir si l’employée volait. Je pense aussi quelque part à Rousseau et à l'épisode du ruban avec cette anecdote.

On – Mme Simone Veil – a dit à la mienne « Vous devez obéir, vous êtes fonctionnaire, Obéissez ou démissionnez » (il s’agissait de la gestion de la question de l’avortement. Une consœur et collègue de ma mère a écopé d'une peine de prison avec sursis, ayant refusé d’obéir sur cette question précise).

Mais se trouve au fond à l’œuvre le même négationnisme humiliant procédant du même refus d’une conscience morale et d'un statut de sujet à qui dépend de nous.
Dans le cas de la maman d’Onfray, elle est forcément dépourvue de moralité ce que prouve son statut d’employée de maison, dans le cas de la mienne, le médecin n’a pas à avoir d’autre conscience morale que celle que lui dicte une loi (circonstantielle) dont les ressorts secrets de la promulgation et de son timing restent encore à investiguer.

Autrement dit encore, on a là le refus de l’individualité de l’individu face au pouvoir dont il dépend et qui s’estime en droit de contraindre un individu à agir contre sa conscience et contre les exigences des serments qui conditionnent l’exercice de sa profession, ou qui enferme l’individu dans une catégorie sociale donnée, en l’espèce celle dont il convient de se défier de par sa condition sociale.

Il serait peut-être également intéressant de rattacher son évocation des Vikings remontant le Mississippi à cet article.

Zonzon

Le Louvre ! 10 millions de visiteurs par an ! Whouah ! Un truc à attraper la chtouille !

Moi, je vais vous dire, j'ai vécu une période bénie. J'allais m’acagnarder dans la salle des Poussin, rêvassant devant des paysages d'Arcadie, assis sur de confortables banquettes.
Il pouvait s'écouler une grande heure sans que je voie passer un pèlerin.

Après j'allais rendre visite aux petits cadres des maîtres hollandais, pareil !

Maintenant ça doit bien faire une décennie que je ne fréquente plus… je ne saurais plus dire où est l'entrée !

duvent

@ Zonzon | 23 février 2020 à 19:36
« Quelle drôle d'éducation avez-vous dû avoir ! Au début du précédent siècle les petites filles fantasmaient plutôt sur Bécassine !
Le sapeur Camember c'était pour les garçons. Et pas les plus subtils ! 
De mon temps Tintin était la figure imposée, un réac pas hon du tout ! J'aime encore ! Mes enfants, mes petits-enfants pareil ! »

Mon éducation n'est pas « drôle », elle a seulement la particularité de ne pas suivre un couloir obscur et étroit en portant des œillères, tout en prenant la précaution de ne pas ouvrir les yeux...

Par ailleurs, votre temps n'est pas le mien, ce qui fait que le sapeur Camember est dans ma bibliothèque, comme c'est étrange...

« Ceux qui suivent les figures imposées », et aiment Tintin ne devraient pas s'en vanter, car voilà bien une BD mortellement creuse, pour ataraxiques déprimés, qui font des gymnopédies dans leur chambre mal aérée. Ce qui explique l'absence totale d'imagination et d'esprit.

Giuseppe

@ Robert Marchenoir | 23 février 2020 à 00:34

Bob - je me permets -, vous êtes trop fort pour moi, je n'ai aucune espèce de talent sauf celui qui m'a permis d'escalader les tours les plus hautes, la coiffeuse ce n'est pas par coquetterie Bob c'est juste que je nage beaucoup et que c'est plus simple pour mettre un bonnet, et quand on porte un casque de vélo c'est beaucoup plus pratique, évacuer la transpiration, Bob.

Je suis l'exemple du Professeur de ce blog, je n'ai aucune prétention sauf celle d'avoir réalisé des ouvrages prestigieux, j'ai été Flambeau et je suis Flambard, malheureusement je ne suis pas Edmond Rostand.

Vous êtes susceptible Bob - je posais simplement une remarque -, je ne vais pas vous dire non plus que vous êtes le plus beau, le meilleur, le plus fort, ma modestie en souffrirait.

----

Et n'y voyez pas malice, mais vous dites que vous n'avez jamais lu Jaquattali, pour nuancer un propos sur ce personnage, vous ne l'avez peut-être pas lu mais sans doute beaucoup écouté... Ne me dites pas que vous vous forgez vos opinions par ouï-dire quand même ?

https://www.bing.com/videos/search?q=oui+dire+devos+texte&ru=%2fsearch%3fFORM%3dSLBRDF%26PC%3dSL10%26q%3doui%2bdire%2bdevos%2btexte&view=detail&mid=E69249484983CB873587E69249484983CB873587&&FORM=VDRVRV

Je me permets, Bob :

"...Jacques Attali soit plutôt de gauche ne change rien à ce mécanisme mental. Ils sont hors politiquement correct pour le locuteur, et c'est cela qui compte."

Zonzon

@ duvent 23 février à 13 h 26

Quelle drôle d'éducation avez-vous dû avoir ! Au début du précédent siècle les petites filles fantasmaient plutôt sur Bécassine !

Le sapeur Camenber c'était pour les garçons. Et pas les plus subtils !

De mon temps Tintin était la figure imposée, un réac pas hon du tout ! J'aime encore ! Mes enfants, mes petits-enfants pareil !

Ange LERUAS

@ Robert Marchenoir | 23 février 2020 à 00:34

Donc si je vous comprends vous regrettez qu'Onfray parle de la théorie du ruissellement sachant que comme vous il n'y croit pas parce qu'elle n'existe pas à vos yeux donc parler d'Onfray pour en dire quoi d'intéressant, hors vos désaccords ?

Et comme de bien entendu vous niez comme possible cette théorie du ruissellement telle je vous l'ai définie dans mon commentaire qui a valu votre réponse, laquelle est un pur déni, puisque le déni ne nécessite pas le besoin de démontrer et particulièrement ce principe du ruissellement comme faux.

Quant à nier que les statistiques nient ce que j'avance sur le partage de notre consommation nationale, comme saint Thomas vous n'y croyez pas sans avoir touché (ici réfléchi sur une plausible vérité) alors, je vous apporte quelques précisions qui vous seront utiles pour ne pas vous fier uniquement à ce que vous en savez, en faisant confusion entre un fait et une opinion.

Nos statistiques révèlent :
* 5,7 millions de salariés du public (3 fonctions), qui reçoivent, hors leurs périodes de congés payés : 170,7 moins 18 = 152,7 milliards : (moyenne : 2 232€/mois).
* 19 millions de salariés du privé reçoivent, hors leurs périodes de congés payés : 437,5 moins 45 = 392,5 milliards : (moyenne : 1 722 €/mois).
* 2,7 millions de travailleurs indépendants : 121,36 milliards
* Mais aussi : des propriétaires mobiliers ou immobiliers, actifs ou inactifs, qui reçoivent pour des services rendus : 80,26 milliards
Ce qui fait que nos productions, réalisées par les salariés, les indépendants et les propriétaires, ont pour valeur : 746,42 milliards, accordant à nos actifs un pouvoir de consommer de 746,42 milliards, qui ne leur permet d’acquérir qu’une partie des consommations nationales (56 %). L'autre partie, (44 %) va donc devenir la consommation des inactifs au titre de la solidarité des actifs qui ont été momentanément ou seront, par la suite, des inactifs.
Dans ces conditions, les actifs reçoivent des rétributions, à hauteur de 746,42 milliards, et les inactifs des attributions, réparties comme suit :

o   5,7 millions de salariés du public (3 fonctions) ont, pour leurs congés payés, 18 milliards
o   19 millions de salariés du privé reçoivent, pour la période de congés payés, 45 milliards
o   4,3 millions de retraités reçoivent, 90,05 milliards : (moyenne : 1 754 €/mois)
o   16 millions de retraités du privé ont, 308 milliards : (moyenne : 1 604 €/mois)
o   3,3 millions de retraités indépendants reçoivent, 40,7 milliards
o   2,7 millions de chômeurs reçoivent, 38,2 milliards : (moyenne : 1 179 €/mois)

En outre :
o   Les indemnités maladie représentent, 10,3 milliards 
o   Les indemnités accident représentent, 3,8 milliards
o   Les indemnités handicap représentent, 20,5 milliards
o   Les indemnités pré-retraite représentent, 6,7 milliards
Résultat : les attributions accordées pour les temps d’inactivité répertoriés représentent au total 581,25 milliards.

Si nous nous en tenons là, nous pouvons alors supposer que le prix de nos consommations correspond à la valeur des rétributions des actifs (ou valeurs ajoutées économiques) à hauteur de 746,42 milliards, augmentée par la valeur de solidarité aux inactifs, c’est-à-dire les attributions (ou valeurs ajoutées sociétales) pour 581,25 milliards, soit au total : 1 327,67 milliards. Ainsi, les valeurs ajoutées économiques (746,42 milliards ou PIB production équivalant au HT) sont majorées de 77,9 %, soit 581,46 milliards, qui deviennent des valeurs ajoutées sociétales (PIB solidarité, similitude à la TVA) afin que le prix des consommations corresponde à 179 % des valeurs ajoutées économiques, soit 1 327,62 milliards (PIB consommation, similitude au TTC). Puis :
*  Grâce à une contribution mutuelle de 13 % (172,51 milliards) sur les rétributions et les attributions, nous finançons ces consommations mutuelles.
*  Grâce à une contribution collective de 32 % (425 milliards) nous finançons les consommations collectives.
Le tout, au travers des organismes nationaux qui gèrent ces consommations, après que d'autres organismes d’État ont effectué un partage des attributions entre tous les ayants droit de chaque catégorie d'inactifs, comme cela se fait aujourd'hui (mais de manière complexe et incompréhensible).

Vous constaterez alors que, pour arriver au même résultat qu'aujourd'hui, s’agissant du partage de notre consommation nationale entre actifs et inactifs, ou entre usages, nous n'avons besoin que du lexique réduit à : valeurs ajoutées économiques = rétributions ; valeurs ajoutées sociétales = attributions ; contributions mutuelles ; contributions collectives. Et, grâce à ce lexique, où signifiants et signifiés sont significatifs, tout s'explique en seulement trois pages. En ajoutant :

En regardant la réalité en face, nous observons deux formes de solidarité :
1:      Les actifs offrent (solidarité) une partie de leur production (base directe ou indirecte de notre consommation nationale ; voir citation d'Adam Smith) aux inactifs ; c'est-à-dire chômeurs, retraités, malades, handicapés, en congés, etc.
Personne ne peut nier que ce partage s’effectue (statistiques) à raison de 56 % de cette consommation nationale pour les actifs et 44 % pour les différentes catégories d'inactifs.
2:     La mise en commun, une autre solidarité, par les actifs et les inactifs, de certaines de leurs consommations gérées par des organismes étatiques, en lieu et place des ménages.
C'est la consommation mutuelle, qui représente 13 % de la consommation nationale, et la consommation collective, qui représente 32 % de cette consommation nationale, laissant pour la consommation, directement gérée par les ménages (actifs comme inactifs) : 55 % de la consommation nationale.

Pour expliquer notre vie sociétale telle qu'elle est : il ne faut pas chercher dans l'histoire des références mais regarder en face nos réalités que nos statistiques mesurent. Mais il faut a minima comprendre que mathématiquement 54 % peut représenter 54 % de 100 ou 54 % de 55 % +13°+32 % ou toute autre combinaison partant des faits réel du partage réel de notre consommation nationale à partir d'un de ces taux pour découvrir les autres.

Les faits sont têtus, les opinions fluctuantes.

Serge HIREL

Michel Onfray est tellement « toutologue » qu’il me semble que nul ne peut partager l’ensemble de sa pensée - plus exactement, de ses pensées. D’autant qu’il est parfois difficile de déceler la cohérence entre certaines.

L’entretien avec notre hôte est d’une belle densité mais, pressé par l’impitoyable chronomètre du studio, le « philosophe-sociologue-politologue-poète-et-j’en-passe... » a dû faire court sur certains sujets et se contenter parfois de reprendre mot pour mot des propos déjà tenus sur les ondes et dans les blogs. Il est vrai que, lorsqu’une certitude est établie, il n’est nulle raison d’en modifier l’expression. Une satisfaction néanmoins : il a pris le temps de bien maculer la belle chemise blanche de BHL-la Science...

Michel Onfray, libertaire assumé, défenseur du peuple et pourfendeur du libéralisme, considère aussi, avec juste raison, que l’abandon du Shah d’Iran par ses alliés occidentaux à la fin des années 70, marque le début de l’ère islamiste que nous subissons aujourd’hui. Mais pourquoi fait-il porter la faute au seul Carter ? Il s’agissait d’une décision collective, prise lors d’une rencontre à la Guadeloupe entre le président américain, le Chancelier allemand Schmidt, le Premier ministre britannique Callaghan et le Président français Giscard d’Estaing.

Il est permis de penser que celui-ci avait la responsabilité supplémentaire de pouvoir aisément contrôler les agissements de Khomeini, réfugié à Neauphle-le-Château. Et c’est bien lui, et lui seul, qui a permis au « Guide Suprême » de disposer des moyens de communication lui permettant d’organiser à distance la Révolution iranienne. Une Révolution qui, depuis 1979, est à l’origine de centaines de milliers de morts.

Pourquoi Michel Onfray n’ajoute-t-il pas cela pour étayer un peu plus sa détestation de Giscard, qui, pour lui, est le père de ce libéralisme moderne qu’il hait ? Pourquoi ne rappelle-t-il pas aussi que, par deux décisions politiques majeures, le seigneur de Chamalières est à l’origine de la situation catastrophique actuelle de nos « banlieues » ?
Le « regroupement familial » a maintenu en France des travailleurs étrangers qui, dans leur immense majorité, prévoyaient de rentrer au pays à la fin de leur contrat. S’agissait-il d’un geste humanitaire, presque charitable, comme cela a été vendu à l’époque, ou de la volonté inavouée, et « libérale », de créer une classe de « super-pauvres », taillables et corvéables à merci ?

Dans les deux cas, le pouvoir a tout simplement oublié que ces nouveaux esclaves allaient faire des enfants, des enfants français, droit du sol oblige, et qu’ils seraient tiraillés entre deux cultures. Rien de sérieux n’a été entrepris pour les intégrer. Bien au contraire même de la part des socialistes, qui ont « repeint les ascenseurs »... On connaît le résultat.

La puissance de cette bombe à retardement a été augmentée par une autre décision giscardienne : la construction de dizaines de milliers de « chalandonnettes » (du nom du ministre du Logement, Albin Chalandon), la plupart dans les mêmes bassins de vie que ceux où, à la hâte, quinze à vingt ans plus tôt, on avait créé des tours et des barres pour résoudre la crise du logement qui sévissait encore quinze ans après la fin de la guerre. Des quartiers qui, au fil des années, ont aussi accueilli, d’abord les travailleurs immigrés, puis également leurs familles. C’est alors qu’est apparu le syndrome du mouton égorgé dans la baignoire...

Que croyez-vous qu’il arriva ? Les ménages français vivant dans ces quartiers et disposant de quelques ressources se sont précipités vers cette nouvelle offre, de plus à bas prix. Et depuis lors, tours et barres ne sont plus que la résidence forcée des plus pauvres et des familles immigrées, tout aussi pauvres. La mixité sociale, gage d’équilibre et de cohésion, y a totalement disparu et il n’y a à cela aucun remède sérieux... Les quartiers perdus de la République... Des ghettos, dit-on aussi avec un brin de mépris.

Bien sûr, on peut ne pas partager le point de vue de Michel Onfray sur le libéralisme. Mais on ne peut oublier que certaines de ses conséquences, quand elles sont mal évaluées au départ, conduisent aux mêmes situations que le marxisme. L’URSS aussi avait ces « quartiers » où le petit peuple était parqué. Tout juste peut-on objecter qu’ici, il n’est pas contrôlé par un KGB ou une Stasi... Pas même souvent par la police nationale.

Mary Preud'homme

@ Achille | 23 février 2020 à 10:38
"Je n’ai pas su quoi lui répondre. Je l'ai juste serré dans mes bras."

Vous avez tout compris Achille.
Les grandes douleurs sont muettes ; le plus souvent face à un deuil, le silence et une longue étreinte valent cent fois plus que des phrases de circonstance...

boureau

Michel Onfray.

Une lucidité et une sensibilité hors norme !

Il est des blessures qui ne se refermeront jamais !

Un penseur plus qu'un philosophe. J'apprécie son accompagnement en ces temps tragiques.

Cordialement.

duvent

@ Zonzon | 23 février 2020 à 10:59

Vous êtes donc le descendant du sapeur Camember ? C'est de là que vous viennent toute cette finesse et cette spiritualité ?

https://ebooks-bnr.com/ebooks/pdf4/christophe_faceties_sapeur_camember_1.pdf

Quel lamentable pitre !

Zonzon

Vienne fin de siècle !

La vache, j'ai oublié l'Architecture ! Quel hon !

Zonzon

@ duvent 23 février à 9 h 22

Ah ! Klimt, l'Art nouveau, la Sécession, la Vienne fin de siècle, le dernier miracle européen : musique, peinture, littérature… avant la barbarie !

Et puis ci-dessous, l'état dans lequel vous auriez été pour peu que le ciel eût été avec nous !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gustav_Klimt#/media/Fichier:Gustav_Klimt_023.jpg

Achille

@ Robert Marchenoir | 21 février 2020 à 09:21
« Quoi qu'on pense de cette proposition de loi particulière, quoi qu'on pense de la durée ou du motif des congés payés légaux, il est manifeste, à quiconque se réclame de la philosophie (et, ici, à sa branche particulière qui est la logique), que cette déclaration est absurde. »

Concernant cette proposition de loi, elle me paraît relever de la sensiblerie typiquement populiste.
Il se trouve que dans ma rue je connais deux familles qui ont perdu un fils. L’un avait vingt ans, l’autre vingt-trois. Tous deux sont morts dans un accident de voiture.

Dernièrement j’ai rencontré le père de celui qui est mort à vingt ans. Il m’a dit demain cela fera 23 ans que mon fils est mort. Encore maintenant ce jour-là j’ai envie de chialer et mon épouse ne s’en est jamais remise. Alors passer de 5 à 12 jours ou plus encore les congés légaux pour la perte d’un enfant, cela paraît bien dérisoire.
Je n’ai pas su quoi lui répondre. Je l'ai juste serré dans mes bras.

duvent

@ Zonzon | 23 février 2020 à 07:20
« La vache !
Figurez-vous que le soir où je vous ai rencontrée place Clichy, que vous me draguâtes et que vous me fîtes l'amour à la romaine j'aurais dû, au lieu de vous piétiner demander votre main !
Je m'en veux ! Ah la la ! Je m'en veux !
Zonzon, quel hon ! »

Alors figurez-vous que je ne me souviens pas de tous les « hon » avec qui je fais « l'amour à la romaine » place de Clichy...
Je ne me souviens que de ceux que je trouve dans les catacombes.
Puisque vous regrettez de ne pas avoir eu la présence d'esprit de « demander ma main », (vous devez être fané, parce que j'ai dû rechercher dans les ouvrages ce que vous entendiez par là, moi, par là, je n'entends rien), puis, parce que vous me peinez, je vous donne rendez-vous devant ce tableau :
https://www.wikidata.org/wiki/Q2324643#/media/File:Judith_1_(cropped).jpg

Ce sera l'occasion de vous refuser ma main et de vous mettre mon pied au c* !

Je sais ce n'est pas joli, joli, ce n'est pas gentil, gentil, mais c'est sincère, sincère !

Zonzon

@ duvent 21 février 14 h 57
@ duvent 21 février 14 h 57
@ duvent 21 février 14 h 57

La vache !

Figurez-vous que le soir où je vous ai rencontrée place Clichy, que vous me draguâtes et que vous me fîtes l'amour à la romaine j'aurais dû, au lieu de vous piétiner demander votre main !

Je m'en veux ! Ah la la ! Je m'en veux !

Zonzon, quel hon !

Robert Marchenoir

@ Giuseppe | 22 février 2020 à 15:50
"Bob - je me permets -, je trouve que vous faiblissez ces temps derniers, vous montez dans les tours mais le moteur ne répond pas comme avant."

Moi, je vous ai toujours trouvé extrêmement faible. En dehors du rugby où vous avez peut-être quelque compétence (je ne suis pas qualifié pour en juger), et de la coquetterie qui vous conduit régulièrement chez votre coiffeuse, je vois assez mal l'intérêt de votre contribution.

"Au lieu de lire Jaquattali..."

Je n'ai jamais lu Jacques Attali.
______

@ Xavier NEBOUT | 22 février 2020 à 15:49
"Il n'a aucune culture juridique et aucune culture théologique [...]. Il lit beaucoup, mais avec ses lunettes."

Pour une fois, je suis d'accord avec vous. Onfray est bête. Il ne comprend rien. C'est une baleine qui aspire une quantité considérable de plancton, et qui se contente de grossir en conséquence.

Il n'a, effectivement, aucune culture. Il fait de la gonflette intellectuelle. Il s'imagine que le savoir consiste à accumuler un maximum. Mais il n'a aucune finesse. Il est incapable de comprendre la signification de ce qu'il lit. Il colle des faits sans rapport entre eux. Il est incapable de comprendre un contexte historique, de proposer des analyses nouvelles, d'ajouter de l'intelligence au monde.

Et puis il y a ce ridicule complexe d'infériorité, qui lui brouille la vue. Il ne cesse de se prévaloir de ses origines modestes, comme si cela devait influer sur le jugement que l'on peut avoir de ses œuvres. Il se fait photographier devant sa bibliothèque composée exclusivement de Pléiade : il a collectionné toutes les vignettes, il a tous les bons points. Il fait savoir qu'il a écrit cent livres -- un indice sûr qu'il n'y a pas grand'chose dedans.

Il sent bien qu'il n'est pas à la hauteur, en conséquence il devient hargneux. Hargneux et ridicule. Il prétend ne jamais avoir été réfuté, vantardise qui trahit son absence d'esprit scientifique. Il joue sa racaille : prouvez-moi que j'ai tort. En fait, il refuse tout jugement. Les seuls qui soient dignes de le juger sont son père et sa femme, et ils sont morts tous les deux. Comme c'est pratique.

Un scientifique, quel qu'il soit, s'appuie sur les travaux de ses prédécesseurs. Lui, non. Il prétend réinventer la roue. En conséquence, il se vautre lamentablement.

Réfuter la foi chrétienne au motif que le Pape n'aurait pas mis Mein Kampf à l'index, c'est, comment dire... prodigieusement stupide.

Et puis, contrairement à sa posture affectée, ce n'est pas un gentil. Dans une question extraordinaire qui commence par "c'est le Bilger intime qui parle" (façon particulièrement courtoise de manifester une implication personnelle dans le sujet), son hôte lui demande pourquoi il ne vient pas au secours, croit-on comprendre, du christianisme et du judaïsme, "qui sont traînés dans la boue".

Et Onfray ne percute pas. Il n'en a rien à battre. Lui qui prodigue sa gentillesse communiste en gros à l'égard du "petit peuple", il se trouve démuni de la marchandise en détail, à l'instant précis où il conviendrait de manifester quelque bienveillance envers une personne réelle qui se trouve être en face de lui.

Non seulement il prétend réfuter le christianisme entier à l'aide de détails sans aucune pertinence, relatifs à un passé révolu, mais il évite soigneusement de répondre à la question : d'accord, vous êtes athée, mais ne pourriez-vous pas prendre la défense de ceux qui, aujourd'hui, sont persécutés ?
______

@ Ange LERUAS | 22 février 2020 à 14:07
"Les consommations nationales (statistiques) entre actifs (54 %) [...]"

D'où tirez-vous vos pourcentages ? Vous nous les recopiez à l'infini, de commentaire en commentaire, mais vous n'en avez jamais justifié l'origine.

"Il n'y a rien d'étonnant d'avoir craqué. Surtout [...] si cette lecture ou cette écoute se fait au travers du filtre de ses propres opinions dont on ne sait si ces opinions sont raisons ou préjugés."

Il semble vous échapper que mes opinions viennent des faits. Si je pense qu'Onfray est une buse, c'est parce que j'ai examiné ses assertions, et qu'elles sont idiotes. J'ai d'ailleurs expliqué pourquoi. Vous inversez les causes et les conséquences.

"Onfray n'a pas dit qu'il adhérait à la théorie du ruissellement, il dit qu'elle est celle de Macron. Si pour vous elle n'existe pas, il faudrait d'abord donner la définition de ceux qui y croient, pour démontrer son utopie."

Je n'ai pas dit qu'Onfray adhérait à la pseudo-théorie du ruissellement. J'ai dit exactement le contraire. M'avez-vous seulement lu ? Avez-vous écouté l'interview ?

On ne peut pas "donner la définition de ceux qui y croient", puisque, précisément, personne n'y croit. C'était tout l'objet de mon commentaire : la théorie du ruissellement n'existe pas. Personne n'a jamais proposé une telle théorie, personne ne l'a jamais défendue. C'est un mythe, attribué par les socialistes aux libéraux pour les diffamer. Savez-vous seulement lire ?

semtob

Cher Philippe,

Nous n'aimons absolument pas les vues généralistes qui n'apportent rien en fait.
Et c'est terriblement dommage car se complaire dans une approche de vernis, survoler des auteurs pour les démolir n'apprend pas à penser.

Cet auteur n'est pas assez intelligent pour mener ses idées en profondeur.
C'est un producteur de livres, un commercial de prêt-à-penser qui manque de délicatesse, de finesse et de profondeur. Avec l'âge, cela affleure le radotage et c'est terriblement lourd à écouter car trop prévisible.

Se perdre dans le tribunal médiatique, c'est un destin choisi.
Par exemple, il est préférable de lire Régis Boyer qui a consacré sa vie entière à un sujet que de lire les approximations et le survolage d'un touche-à-tout.
Michel Onfray s'est perdu dans son propre labyrinthe et ses productions n'analysent rien.
Freud et l'art, c'est incroyable, l'ardoise magique, l'étude de Léonard de Vinci...

Certains séminaires ne sont pas encore traduits et publiés à ce jour, concernant Freud, des rayonnages entiers sont consacrés dans les bibliothèques médicales à son étude et qui peut prétendre avoir tout lu, tout compris de cet auteur alors que des chercheurs à chaque lecture nouvelle et en les comparant à des patients suivis découvrent dans leurs pratiques d'autres lectures possibles.

Si Michel Onfray est apte à donner une nouvelle lecture du Zohar et pas de la petite édition de la splendeur et bien qu'il le montre ou qu'il s'y essaye.

Expliquer les choix des dates de l'histoire est un travail énorme qui demande des connaissances en symbolique, une approche de l'histoire européenne, des connaissances en cabale chrétienne et juive, cabale au sens de réception de la pensée humaine et apporte une approche philosophique beaucoup plus élaborée.
Un auteur qui ignore les critiques ne peut avancer.
françoise et karell Semtob

Giuseppe

@ Robert Marchenoir | 22 février 2020 à 10:21

Bob - je me permets -, je trouve que vous faiblissez ces temps derniers, vous montez dons les tours mais le moteur ne répond pas comme avant.

A mon avis le capteur de la valve mitrale doit accuser quelques faiblesses, donc pour retrouver toute la puissance de votre moteur vous devriez faire un contrôle technique : j'espère que vous ne faites pas partie des 700 000 qui ne s'y présentent plus ?

En principe ce n'est pas grand-chose Bob, au lieu de lire Jaquattali:

https://www.lesinrocks.com/2015/12/23/actualite/actualite/jacques-attali-lhomme-qui-navait-pas-trop-raison/

Je vous conseillerai - humblement Bob -, la Revue technique automobile, les paramètres de carburation sont sont doute plus objectifs que les jugements de cet oracle de Delphes aux avis sur tout, et du coup vous devriez retrouver toute votre puissance.

Xavier NEBOUT

Il est bien sympathique parce que simple et sincère.

Seulement, il n'a aucune culture juridique et aucune culture théologique. Il est ainsi comme les philosopheurs depuis bien longtemps, capable de proférer des énormités sans même en prendre conscience.

Le capital, c'est ce qu’on investit dans une entreprise dans l'espoir d'en récolter des fruits. Je te prête de quoi vivre et de quoi acheter la matière première pour que tu fabriques des haches de bronze, et on partagera le bénéfice lorsqu'on les vendra.
C'est probablement ainsi que des haches ont été fabriquées en grosses quantités à Hallstatt, et retrouvées autour de la Méditerranée.
Quel rapport avec la rareté ?

Là où cela devient plus grave, c'est lorsqu'il parle de Le Pen comme d'un antisémite, car c'est faux, et plus grave encore lorsqu'il parle de Jésus car là, il n'a vraiment rien compris.

Il lit beaucoup, mais avec ses lunettes.

Ange LERUAS

@ Robert Marchenoir | 21 février 2020 à 15:00

Il n'y a rien d'étonnant d'avoir craqué. Surtout quand il est fait une lecture en diagonale ou une écoute sporadique et en plus : si cette lecture ou cette écoute se fait au travers du filtre de ses propres opinions dont on ne sait si ces opinions sont raisons ou préjugés. Onfray n'a pas dit qu'il adhérait à la théorie du ruissellement, il dit qu'elle est celle de Macron.

Si pour vous elle n'existe pas, il faudrait d'abord donner la définition de ceux qui y croient, pour démontrer son utopie. Personnellement je pense que cette théorie peut avoir une définition plausible. En tout cas plus facile à définir que la théorie du capitalisme dont on se demande encore qui en est l'auteur. Chacun dans ce domaine, sur le ruissellement, le capitalisme, le libéralisme, ne se fait alors qu'une intime conviction.

La vôtre m'est inconnue mais dans ce billet Michel Onfray nous déclame son intime conviction.

Pour Onfray, historiquement le capitalisme c'est la rareté, c'est ce qui fait ce qui est précieux, l'est l'art de produire des richesses, plus exactement la richesse c'est l'art de créer des choses avec la rareté. Les choses rares ne le devenant plus, il faut repenser le capitalisme.

Onfray poursuit : le problème n'est pas dans la production des richesses, c'est de distinguer le capitalisme et le libéralisme.

Le libéralisme suppose la répartition des richesses à partir d'un schéma déiste du XVIIIe, la main invisible, le laisser
faire le marché et il en suivra une autorégulation. C'est un idéal déiste, c'est la fameuse théorie du ruissellement d'un Emmanuel Macron aujourd'hui.

Si l'on constate que le libéralisme peut déboucher sur le bien ou le mal, il faut redéfinir la différence entre le libéralisme et le capitalisme.

Le libéralisme est une fiction idéologique, nous dit Onfray, et nous ne sommes pas sortis de cette fiction : la preuve, Macron nous parle de la théorie du ruissellement. Ce n'est pas parce que vous avez des gens très riches qu'à la base, avec le ruissellement les pauvres deviendront moins pauvres.

Pour Onfray, dans beaucoup de domaines, laisser faire le marché ne devrait pas être la loi. Le libéralisme est une formule du capitalisme. Il faut abandonner le libéralisme pour le remplacer par le capitalisme libertaire

Bilger : c'est de l'utopie ?

C'est une proposition qui est faite. Dans une réalisation, vers le réel. Mais personne n'en parle. Je ne suis pas écouté.

Utopie parce que ça ne se réalisera pas totalement mais, en même temps, une réalité si nous tendions vers ; nous aurions alors une autre façon de faire de la politique. Rendre le peuple au peuple, en finir avec les jacobins ou les saint-simoniens, cesser de laisser faire nos élites qui prétendent savoir. Il faut écouter le peuple, répartir autrement, produire autrement, fabriquer une autre relation entre citoyens, commencer par la base, communaliser, provincialiser, régionaliser, pour étatiser. Mais personne n'en parle je ne suis pas écouté.

« Je ne suis pas écouté » ! Le malheureux.

Ne pas être écouté n'est pas le problème, le problème est aussi pour celui qui n'est pas écouté, de ne pas savoir écouter et chercher à comprendre les autres. Chacun dans son coin, à sa théorie, sa pseudo-théorie, devrions-nous dire. Puisqu'une théorie est ce qui explique un phénomène, à un instant T, en fonction des connaissances ; et reste vrai le temps qu'il n'est pas démontré une seule fois qu'elle est fausse.

Personnellement je cherche en vain une théorie sur le capitalisme, le libéralisme, le libertarisme qui répondrait à la vérité du moment. Alors que concernant la théorie du ruissellement dès lors que l'on en détermine le champ : une théorie peut se faire jour.

Aujourd'hui l'explication de la théorie du ruissellement est celle dont parle Onfray : la richesse des riches qui s'écoule sur les pauvres. Mais peut-on définir cette pratique si la richesse n'est pas définie ?

La richesse dont on parle : est-elle celle du patrimoine, bien meuble, immeuble, en tout ou partie, à redistribuer ?
de notre production qui veut satisfaire les besoins matériels ou ludiques à redistribuer à chacun de nous ?
Nous pouvons alors dire que le ruissellement doit s'appliquer à ces deux cas mais, alors, une même théorie est-elle pensable ?

Peut-on avoir une théorie du ruissellement sur le patrimoine à partir du moment où le ruissellement demande une source ?

Non ! on ne peut que partager un patrimoine.

Par contre la théorie du ruissellement peut exister si nous considérons la richesse où la production des uns devient la consommation des autres et que vous savez faire la différenciation entre la production et la valeur donnée à celle-ci (valeur ajoutée du producteur). Dans ce cas il est facile de comprendre que le producteur produisant une chose reçoit du consommateur une valeur (monnaie) la chose disparaît et le producteur avec sa monnaie fait l'acquisition d'une production faite par un autre, consomme cette production qui disparaît et sa monnaie ruisselle sur le producteur de cette consommation disparue lequel fait ruisseler sa monnaie etc. etc.

Voilà ce qu'est la vraie théorie du ruissellement dont la source est la production, sans production : il n'y a plus ruissellement. La monnaie devient inerte donc : un patrimoine de valeur en droit de consommer qui attend le bon vouloir d'un producteur d'une consommation, c'est ce que nous pouvons définir être l'économie active (production devenant consommation), alors que le patrimoine sort de l'économie active pour être une économie passive. Et entre ces deux économies se trouve l'épargne (la monnaie) utile au changement de mains d'une production ou d'un patrimoine. Pour une production, la chose va finir par disparaître ou devenir patrimoine alors que le patrimoine reste ainsi que la monnaie.

Le premier théoricien de la théorie du ruissellement est Karl Marx qui nous a dit ''la monnaie masque la réalité : la production et sa vitesse''. En effet au plus la production est rapide au plus le ruissellement de la monnaie peut rendre le pauvre moins pauvre puisque la production est renouvelable en fonction de sa vitesse, alors que le patrimoine ne se reproduit pas pour devenir un ruissellement, seule la production de biens et de service devenant consommations produit du ruissellement.

Si nous voulons quitter les utopies ou idéologies : il nous faut cesser de parler de capitalisme, de libéralisme ; de libertarisme, et se focaliser sur la production équitable des uns et des autres au profit de la consommation équitable, des uns et des autres, sachant que l'équation du ruissellement à pour moteur la quantité, la qualité et la vitesse de production, de choses agréables et utiles à la vie, ce qui constitue notre richesse nationale dont Adam Smith nous dit « Le travail annuel d’une nation est le fonds primitif, qui fournit à sa consommation annuelle toutes les choses nécessaires et commodes à la vie ; et ces choses sont toujours ou, le produit immédiat de ce travail, ou achetées aux autres nations avec ce produit ».

Une théorie étant vraie s'il n'est pas démontré une fois qu'elle est fausse : pouvez-vous me démontrer dans cette théorie du ruissellement qui différencie, économie active, économie passive, épargne, ce qui n'est pas la réalité que nous vivons actuellement où les producteurs partagent, dans la nation, les consommations nationales (statistiques) entre actifs (54 %) ( avec des rétributions), inactifs 46% (avec leurs attributions) et ces actifs et inactifs partagent cette même consommation nationale soit directement familialement (55 %), soit indirectement au travers d'organismes étatiques, mutuellement (13 %) ( contribution des rétributions d'actifs et attributions aux inactifs) et collectivement (32 %) (contribution des rétributions d'actifs et attributions aux inactifs). Et cette théorie est celle qui traduit des solidarités dans notre vie sociétale. Des vraies réalités non des utopies puisque les statistiques en apportent la preuve.

Accepter cette théorie permet de définir le nécessaire et suffisant pour comprendre l'économie et trouver les solutions pour une abondance du ruissellement, en huit pages A5 et en deux heures. Mais le hic est que comme Onfray le dit à son propos, je ne suis pas écouté.

Personne n'a deux heures à perdre et personne ne me dira quelle erreur j'ai commise dans ma vision sur notre vie sociétale ayant pour finalité le partage de la richesse (consommation) nationale dans des principes où il ne manque qu'un peu plus d'équité dans la production ou dans la consommation.

Robert Marchenoir

@ Giuseppe | 21 février 2020 à 22:02
"Il rend heureux au fond, [...] car il nous aime tous."

Voilà. Le cœur de la faiblesse et de la bêtise françaises. Les Français veulent qu'on les aime. Même chez un philosophe (auto-proclamé), ils cherchent le poupougnage et la réassurance. Oui, mon chéri, tu es formidable et je t'aime.

Il leur échappe qu'un philosophe n'est pas là pour leur passer la main dans le dos. Il est là pour chercher la vérité.

Les seuls auxquels ils puissent demander de l'amour, ce sont leurs proches, et Dieu s'ils sont croyants. Mais non, ils ne sauraient s'en contenter. Il faut que leurs politiciens les aiment. Et par extension, les Importants, les gens qui Causent dans le Poste. Puis, tout le monde, et en particulier les fonctionnaires. Qui sont chargés de fournir "l'empathie", "l'écoute" et le "respect", qui sont des droits de l'homme. Bien sûr, politiciens, Importants et fonctionnaires s'empressent de satisfaire à cette demande.

Puis les Gilets jaunes s'indignent que les impôts montent. Et que les Importants se payent leur tête.

Et puis cette arnaque gauchiste, ouverte, avouée, même pas dissimulée :

"Il rend heureux au fond, [...] car il nous aime tous, [...] il nous aime quand on ne ressemble pas au BHL camelot de salons de l'agriculture, au Jaquattali chiromancien pour dirigeants de luxe, etc."

Il nous aime tous, sauf. Le gauchiste aime tout le monde, son petit cœur saigne d'amour universel -- mais seulement à condition qu'on soit Degauche, cela va de soi. Les autres ne font pas partie de l'humanité.

Que Bernard-Henri Lévy et Jacques Attali soient plutôt de gauche ne change rien à ce mécanisme mental. Ils sont hors politiquement correct pour le locuteur, et c'est cela qui compte.

Au passage, on se demandera pourquoi ce sont, toujours, ces deux personnages qui sont vilipendés, alors que personne ne lit leurs livres et qu'ils n'ont aucune influence. Il n'y a pas d'autres adversaires plus redoutables, vraiment ?

Rien à voir avec le fait qu'ils soient juifs tous les deux, bien sûr.

Je rappelle que Bernard-Henri Lévy a écrit d'excellentes choses.
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@ Pierre Blanchard | 21 février 2020 à 21:53
"Ne répondez pas."

Fascinant spectacle des désaxés du Web qui vous écrivent dans le but unique de vous traîner dans la boue, et qui ajoutent : ne répondez pas, et d'ailleurs, si vous le faites, je ne vous lirai pas. Il n'y a qu'en France que je croise des malades mentaux de ce calibre. Quelqu'un aurait une vidéo d'un psychiatre italien expliquant le phénomène ?

"Je ne vous aime pas."

Parfois, la bêtise est vertigineuse. Vous avez pensé à consulter un médecin ?

"Vous vous demandez où il veut en venir comme à son habitude." [C'est de moi qu'il s'agit.]

Parlez pour vous. Je n'y suis pour rien si vous n'avez pas le niveau pour me suivre.
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@ hameau dans les nuages | 21 février 2020 à 16:49

Où voulez-vous en venir ? L'allocation des députés pour frais d'obsèques donne une justification supplémentaire à mon propos. En régime communiste, tout le monde tape dans la caisse. Les chefs se servent les premiers, puis ils distribuent des miettes aux autres. Ces miettes coûtent 57 % du PIB et créent une dette de 100 %.

C'est le principe qui est nuisible. Êtes-vous pour, ou contre ce principe ? Si vous êtes contre, vous devez vous y opposer pour tout le monde. C'est mon cas.
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@ Savonarole | 21 février 2020 à 13:35

"Il n’a cessé d’étriller toutes les baudruches que la gôche nous a monté en stèles de bronze et marbre, de Sartre à Beauvoir (pigiste à Radio Paris), Sollers, BHL, les penseurs du PCF, le structuralisme ou Attali."

Le problème, c'est qu'on n'a pas attendu Onfray pour cela. Jean-Paul Sartre et Bernard-Henri Lévy n'ont pas été réfutés par Onfray. Ils l'ont été bien avant, et par des penseurs autrement plus importants. Quant aux têtes du PCF, on doit leur critique à des gens qui couraient infiniment plus de risques qu'Onfray, à l'époque où ils l'ont fait.

C'était infiniment plus difficile de s'opposer à l'emprise intellectuelle et politique du communisme dans les années 1930, ou 1950, que de le faire dans les années 1990 et 2000.

"Étriller les baudruches de la gauche", comme vous dites, c'est d'autant plus inconséquent (si tant est qu'il l'ait fait) qu'Onfray est un gauchiste enragé. Il faudrait savoir : il étrille ou il soutient ?

Boris Souvarine a dénoncé le stalinisme dès 1935. Il participa à la création du PCF et fut membre du Komintern. Il a des excuses pour être resté de gauche jusqu'à la fin de sa vie, et avoir tenté de distinguer le communisme du marxisme. L'Institut d'histoire sociale, qu'il a fondé, continue de produire une œuvre remarquable sur l'histoire du communisme. Et pas dans un sens apologétique, bien sûr.

Michel Onfray a commencé sa carrière en 1983, comme professeur de philosophie dans le secondaire. A cette date, François Mitterrand avait déjà entamé la destruction du Parti communiste. Les crimes du communisme étaient connus et archi-connus. Il n'y avait plus aucune excuse, pour un intellectuel, d'occuper la posture "je suis anti-communiste, mais je suis quand même à l'extrême gauche".

Quant aux admirateurs d'Onfray, vous nous prouvez ici, si c'était nécessaire, que c'est précisément cette ambigüité et cette incohérence qu'ils recherchent chez lui. Onfray permet aux sympathisants de l'extrême droite d'être communistes, et il permet aux gauchistes de protester contre l'immigration sans pour autant cesser de diaboliser le Rassemblement national.

Il permet à chacun de ne pas tirer les conclusions de ce qu'il réclame. Il autorise chacun à ne pas assumer les conséquences qui découleraient d'un choix politique clair.

Et puis ce fil nous prouve la lâcheté intellectuelle et morale qui recouvre tout cela : on aime Onfray "parce qu'il nous aime", "parce qu'il est vrai", et ainsi de suite.

En somme, on aime Onfray comme on aime Johnny Hallyday, passke, et si tu dis du mal de mon idole je te casse la g...

Tout cela vole très haut, comme on voit.

Chemins de traverse

Etonnante la dernière question concernant les religions notamment catholique... Cette manie de toujours vouloir que Michel Onfray se justifie est à mon humble avis le fait de personnes qui n'ont pas été maquées par l'une ou l'autre des religions ; catholique évidemment cad
celle représentée par l'Etat du Vatican pour rester dans le domaine du connu, "du plus connu" par presque tous et toutes.
Croire est un sentiment humain. Organiser une croyance est une perversion.

Giuseppe

J'ai lu MO, j'ai acheté ses livres - pas mal -, un peu déçu par un des derniers en date, "Sagesse", sauf les derniers chapitres.

Il rend heureux au fond, Buster Keaton de l'apparence, puissance sublimée et abordable du discours, car il nous aime tous, toujours lucide, il nous aime quand on ne ressemble pas au BHL camelot de salons de l'agriculture, au Jaquattali chiromancien pour dirigeants de luxe, cherchant à se rassurer en creux, de la vision d'une baudruche qui se trompe toujours avec constance et application.

Michel Onfray élève, notre hôte a fait le choix du roi quand on l'apprécie, surtout par les temps qui courent, il paraît que les dividendes se comptent en milliards aujourd'hui, que l'ISF a été supprimée et que pour être à de tels niveaux de rémunération il faut bien que la pauvreté augmente, c'est le corollaire : de 9 000 000 de pauvres nous sommes passés à 9 500 000.

Quand on sait d'où l'on vient, même dans la réussite on n'oublie jamais. La réussite sociale et financière n'efface rien, elle a une origine, MO en parle je crois savoir humblement de quoi il parle.

Michel Onfray porte-voix décrié parfois, dérangeant toujours :

"Éblouissant !
Quel talent de répartie, quelle vivacité d’esprit, quel bonheur de l’écouter !
Une pépite.
Combien tout paraît fade après lui."
(sbriglia | 20 février 2020 à 20:15)

La classe dans la simplicité du jeu, je pourrais comparer cet entretien avec un match à Toulouse, deux grands ouvreurs, Bérot d'un côté, Maso de l'autre, deux styles différents... Mais ceci est une autre histoire.

Pierre Blanchard

@ Robert Marchenoir | 21 février 2020 à 09:21

Une heure de Michel Onfray, c'est un peu trop pour moi. Fort heureusement, l'intéressé s'est chargé de m'épargner cette corvée.

Robert Marchenoir | 21 février 2020 à 15:00

Bon, j'ai craqué. J'ai écouté cinq autres minutes, prises au hasard, au milieu de l'entretien. Au hasard, vous m'entendez ? Ça m'a suffi pour entendre une autre sottise grosse comme lui.

Marchenoir Robert (MR) est capable d’intervenir par deux fois sur un sujet qui comporte 16 interventions à cette heure, soit 12,5 % du nombre total (mais bien plus en signes, n'est pas MR qui veut), et ce avec son discours habituel de Marshmallow qui « ampoule » et utilise tant de circonvolutions que vous vous demandez où il veut en venir comme à son habitude (vous savez bien que vous faites toujours trop court MR).

MR entend « une autre sottise » de la part de MO « grosse comme lui ».

Sottise je ne sais, mais il ne m’apparaît pas que MO soit si « gros » que cela… Pourrait-on connaître le volume de l’enveloppe corporelle de MR trempé dans sa baignoire afin de savoir qui est le plus gros des DEUX : MO ou MR ??
Merci MR de nous adresser le résultat de votre « trempée » SVP. Combien de litres auront-ils débordé de votre baignoire pleine ? pour ne pas parler d’hectolitres ?

Vous n’aimez pas MO, alors évitez de vous faire du mal à l’écouter. Je ne vous aime pas, aussi je ne lis que la moitié du quart de vos écrits. Avez-vous compris que vos logorrhées… écrites, sauf à vous rendre important pour vous-même, n’ont comme résultat que le clapotis d'un fleuve qui n'a ni estuaire ni confluent, c'est-à-dire RIEN, NADA, etc.

Quant à votre discours si semblable et si peu renouvelé, vous pouvez le poursuivre à l’infini, sachez que je m’en contrefiche = s’en tamponner le coquillard (avec un tibia d'alligator femelle) si vous préférez… !

On peut critiquer MO, l’aimer ou ne pas l’aimer, mais à votre différence, lui IL EST VRAI…

Ne répondez pas, je n’en vaux pas la peine, si vous le faites, alors au moins sur 50 lignes que je ne lirai pas !

hameau dans les nuages

@ Robert Marchenoir | 21 février 2020 à 09:

Oui mais voilà... Selon que l'on est puissant ou misérable.

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/03/17/01016-20180317ARTFIG00065-les-contribuables-vont-continuer-a-payer-les-obseques-des-deputes-mais-un-peu-moins.php

Est-ce donc si difficile de montrer l'exemple ? Sinon comment éviter de telles revendications d'autant plus que la majorité des gens perdant un être cher préfèrent remettre le pied à l'étrier.

Robert Marchenoir

Bon, j'ai craqué. J'ai écouté cinq autres minutes, prises au hasard, au milieu de l'entretien. Au hasard, vous m'entendez ? Ça m'a suffi pour entendre une autre sottise grosse comme lui.

Il a fustigé (comme c'est original) la "théorie du ruissellement". Or, la théorie du ruissellement n'existe pas. Aucun économiste n'a jamais défendu une telle théorie.

Elle est introuvable dans Histoire de l'analyse économique, l'ouvrage de référence de Joseph Schumpeter, publié en 1954, qui retrace, en plus de mille pages, l'histoire de la pensée économique depuis l'Antiquité.

L'économiste américain Thomas Sowell, dans sa chronique de Capitalism Magazine, a mis ses lecteurs au défi de lui citer un seul économiste qui ait jamais défendu cette prétendue théorie. Un économiste issu de l'université, du gouvernement, de n'importe où -- sauf d'un asile de fous. Personne n'a jamais été capable de citer le prétendu inventeur de la théorie du ruissellement, ou même un de ses adeptes.

En revanche, un certain nombre de non-économistes célèbres, et socialistes de surcroît, ont cité cette théorie inexistante, pour la critiquer. Barack Obama le premier.

La "théorie du ruissellement" est un homme de paille, une fake news, un mythe inventé par les gauchistes, qui sont tellement à poil, pour défendre leur théorie à eux, qu'ils en sont réduits au mensonge pour critiquer celles de leurs adversaires.

Voilà ce qu'est Michel Onfray : un imposteur qui parle très vite pour qu'on ne puisse pas l'interrompre.

Comme dit très poliment Achille (trop poliment) : "Le public fasciné se laisse bercer par ses paroles un peu comme un enfant écoutant une comptine." Lucile est plus méfiante, avec raison : "J'admire le travailleur, mais je suis réfractaire à ce genre de philosophe qui bombarde l'auditeur à jet continu."

C'est une tactique, Messieurs-Dames. C'est la tactique du marchand de coupe-légumes au marché, qui vous noie sous son bagout afin que vous ne remarquiez pas la faille.

Même Wil relève la tête de son écran de jeux vidéo, pour regretter que "Monsieur Bilger se contente de poser des questions sans apporter aucune contradiction".

Le problème, c'est que pour le contredire de façon efficace, il faudrait aligner devant lui une brochette d'experts de tous les domaines qu'il prétend aborder, et l'interrompre toutes les trente secondes. Aucune chance qu'il accepte un débat dans ces conditions.

Marc Ghinsberg relève fort à propos l'arnaque d'Onfray concernant le concept de peuple. Patrice Charoulet remarque que sa réfutation du christianisme par l'Inquisition se réfute elle-même (et encore plus par "les actions du Vatican pendant le nazisme", qui furent anti-nazies, et non, comme je suppose qu'Onfray le soutient, pro-nazies !).

Même Julien Weinzaepflen, qui le défend, donne des armes pour mettre le doigt sur une autre arnaque du bonhomme : il défend un truc qui serait le capitalisme libertaire (le quoi ?...), dont il reconnaît qu'il est une utopie.

Mais, bien que le capitalisme existe depuis l'aube de l'humanité (prétend-il), il serait possible, un jour, de parvenir à ce fameux capitalisme libertaire. Dont les milliards d'hommes qui nous ont précédés n'ont pourtant jamais trouvé la formule magique.

Mais lui, Onfray, parce que sa maman fut femme de ménage et son père ouvrier agricole, il sait. Il sait que c'est possible. Il est plus intelligent que tous ceux qui l'ont précédé dans cette vallée de larmes.

Onfray n'est rien d'autre qu'un charlatan communiste, qui a juste un peu changé les mots, mais qui nous répète le pipeau de tous ses collègues : ça n'a jamais marché, depuis un siècle et demi qu'on essaye, mais à force d'essayer encore plus fort, ça va bien finir par marcher.

Et avec ça, comme tous les charlatans intellectuels, Onfray assure ne jamais avoir été réfuté. Sauf sur un micro-détail concernant les Vikings (histoire de garder la vraisemblance). Il a écrit 100 livres, il reconnaît lui-même être vigoureusement contesté, mais ça ne fait rien, ce ne sont que des "insultes". Aucune critique légitime. Sur 100 bouquins...

Rien que sur ce fil, avec une poignée d'intervenants modestes et anonymes, il a été non pas seulement réfuté, mais lessivé, rincé et essoré. En dix minutes. Programme rapide et écologique. Charlot, va...

J'espère résister à la tentation d'écouter cinq nouvelles minutes au hasard. Je m'en voudrais d'inonder ce fil. Combien de pages faut-il pour réfuter une heure d'entretien, où il y a, semble-t-il, une sottise à chaque pas ?

duvent

@ Robert Marchenoir | 21 février 2020 à 09:21
Robert Marchenoir | 21 février 2020 à 09:20
Robert Marchenoir | 21 février 2020 à 09:19

Je n'ai pas compté le nombre de commentateurs qui ont eu le privilège inestimable d'attirer votre attention particulièrement gazeuse, mais il est important...

Avez-vous pris votre remède, car je crains fort qu'à ce rythme, la fatigue ne vous gagne, ce serait dommage, car en ces temps mornes et médiocres, vous êtes un sujet risible qui ne manque pas de ressort et cela est amusant.
C'est ainsi, que nous pouvons conclure que le philosophe, c'est bien, mais un aliéné c'est mieux, pour se dilater la rate.

Oui, vous êtes dans vos excès et votre fureur très désopilants, et si vous ne comprenez pas ce qu'il y a de drôle dans vos discours, c'est parce que vous êtes un très grand comique, et les très grands comiques ignorent en quoi tient leur vis comica !
La vôtre vous vient sans aucun doute d'un grand tourment, il n'y a que la tristesse sombre et lugubre pour faire hurler comme vous le faites, devant un lion comme devant les mouches.

Je vous invite à prendre quelque repos, non pas que vous soyez ennuyeux, oh, que non ! Vous êtes seulement en perdition, ce qui fait que vous vous répétez, et même si le comique de répétition à son charme, je lui préfère celui de l'absurde, mais dans cet humour-là vous n'êtes pas bon, non pas que vous ne soyez pas absurde, parce que des absurdités, vous nous en gratifiez plus qu'il ne faudrait, non, c'est simplement que l'absurde ou si vous préférez le non sens, repose beaucoup sur la bienveillance secrète du comique !
Elle vous manque cruellement, mais à l'impossible nul n'est tenu.

Par ailleurs, et sans lien avec ce qui précède, une question me taraude : que pensez-vous des tomates virales ? Faut-il abattre illico presto quelques ignobles métèques pour régler ce problème ? Venez donc nous éclairer ! Après votre analyse politico-philosophico-maniaco-dingo-stratégique sur le membre, les espions, les pauvres, et tout le reste, il me semble que vous négligez avec une grande inconséquence cette question, dont pourtant ici, quelques-uns ont pris la tragique mesure...

Je compte sur vous pour sauver ce monde qui ne sait pas encore que vous pouvez le faire ; oui vous pouvez !

Savonarole

Depuis son irruption sur la scène médiatique, Michel Onfray est probablement plus apprécié par des lecteurs de droite que par ceux qui se croient encore de gauche.

En effet, il n’a cessé d’étriller toutes les baudruches que la gôche nous a monté en stèles de bronze et marbre, de Sartre à Beauvoir (pigiste à Radio Paris), Sollers, BHL, les penseurs du PCF, le structuralisme ou Attali qui avait eu le malheur de dire « la France est un hôtel ! », le pauvre visionnaire s’était fait fesser par Onfray... Mémorable. Il en porte encore des escarres au fondement.
Le guignol Freud ? Onfray fut accusé d’antisémitisme par la pythie Rudinesco.

Finalement, tant qu’il tape sur cette gauche intellectuelle qui aura pourri ma jeunesse ça me plaît, j’ai adhéré à son site (40 euros par an).

Pour ce qui est de son versant anarcho-gauchiste je m’en accommode, rêver est un droit fondamental.
Toujours lire Onfray d’une main, avec Roger Scruton dans l’autre...

https://www.philomag.com/les-livres/notre-selection/lerreur-et-lorgueil-penseurs-de-la-gauche-moderne-38202

Giuseppe

Grandiose Michel Onfray, mis en valeur par notre hôte, un match intense, du jeu ouvert, la fluidité dans la passe, la vision d'une pensée digne du plus beau match.

Pour une partie exceptionnelle, il faut deux équipes, et des joueurs d'exceptions dans chaque camp. Monsieur Bilger là on touche le ciel.
Que tout ce qui nous entoure paraît bien misérable de la part des médias, de tous les médias.

A l'écoute on se rend compte du monde qui sépare MO de l'imposture, celle de BHL entre autres :

https://francais.rt.com/france/40958-monde-diplomatique-ouvre-son-dossier-imposture-bhl

"Rage, colère... faisons de la sociologie", Bourdieu et Onfray pour la fidélité, la vie.

"Hommage" à nos parents, il faut avoir vécu ce que raconte MO sans souliers vernis... Que du vécu !

La classe à l'état pur.

"Le reste m'est totalement indifférent", magnifique !

GDAT13

@ Robert Marchenoir | 21 février 2020 à 09:21
"...les parents suffisamment chanceux pour perdre un enfant"

Tout est dit, et bien dit.

Certains, et j'en connais de très proches, ne connaissent ni leur chance, ni leur bonheur. Quels sots !

Merci de cet entretien M. Bilger, il nous change magnifiquement du quotidien de nos médias. Un homme qu'on aimerait connaître de près.

Marc GHINSBERG

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur cette excellente interview de Michel Onfray. J’en retiendrai deux : De Gaulle et le « Peuple ».

Michel Onfray voue un culte au général de Gaulle et il ne me viendrait pas à l’idée de contester le caractère historique et exceptionnel de l’homme du 18 juin. Mais même De Gaulle a ses zones d’ombres. J’en citerai deux : le SAC avec Pasqua, la « Françafrique » avec Foccart.

Concernant le « Peuple », Michel Onfray le définit comme : « l’ensemble de ceux sur lesquels s’exerce le pouvoir et qui ne l’exercent jamais, les petits, les sans-grade, les modestes, les gens de peu. » Ce qui fait qu’il exclut beaucoup de monde du peuple : les contremaîtres, les cadres, petits, moyens, supérieurs, tous ceux qui exercent une fonction d’autorité : instituteurs, professeurs, policiers, magistrats, fonctionnaires chargés de faire appliquer lois et règlements et bien d’autres. Mais pourquoi pas, on n’est pas très loin de la notion de prolétaire de Marx. Là où cela devient problématique, c’est lorsque par un glissement sémantique, on passe à la notion de peuple souverain tel que l’entend la Constitution, c’est-à-dire l’ensemble des citoyens. C’est ainsi que certains sacralisent les Gilets jaunes en confondant une fraction du peuple avec l’ensemble des citoyens, ils confondent la partie avec le tout. En ce sens je suis en total désaccord avec Philippe Bilger lorsqu’il dit que la définition de Michel Onfray est opératoire, elle est au contraire mystificatrice.

Robert Marchenoir

Une heure de Michel Onfray, c'est un peu trop pour moi. Fort heureusement, l'intéressé s'est chargé de m'épargner cette corvée.

Après s'être défini comme philosophe à la première seconde, il a prouvé, dès la quatrième minute, qu'il n'en était pas un : il a, en effet, affirmé qu'il était impossible d'accepter que des députés votent contre une proposition de porter de 5 à 12 jours la durée du congé parental pour décès d'un enfant.

Quoi qu'on pense de cette proposition de loi particulière, quoi qu'on pense de la durée ou du motif des congés payés légaux, il est manifeste, à quiconque se réclame de la philosophie (et, ici, à sa branche particulière qui est la logique), que cette déclaration est absurde.

Elle suppose, en effet, que quiconque propose des droits sociaux supplémentaires ne saurait qu'être approuvé. Ce qui suppose, à son tour, que les droits en question ne sauraient qu'augmenter, dans une progression sans limite. Ce qui est évidemment impossible.

Lorsque ce micro-épisode est apparu dans l'actualité, j'ai ironisé en prévoyant que d'ici quelques années, quelqu'un d'autre proposerait de passer le congé en question à 15 jours, puis à 4 semaines, et ainsi de suite. Sans que quiconque ne puisse s'y opposer.

Il n'a fallu que quelques jours pour que la réalité me dépasse. Le gouvernement, ulcéré d'avoir été pris en défaut de politiquement correct et de bonté socialiste, a surenchéri, sur ordre du méchant en chef Emmanuel Macron.

Des députés de la majorité, faisant repentance pour leur cœur de pierre, ont non seulement proposé un congé encore plus long que celui qui avait été rejeté dans un premier temps (arrivant à 15 jours ouvrés), mais en ont rajouté une couche dans l'assistanat, la larmoyance et l'argent gratuit des autres.

Si la proposition est adoptée, les parents suffisamment chanceux pour perdre un enfant bénéficieront d'une assistance psychologique d'État, d'une allocation pour frais d'obsèques, et sans doute suis-je en train d'oublier un ou deux menus cadeaux.

C'est sûr que lorsqu'on perd un époux, un parent ou un frère, on est frais et pimpant sur le plan psychologique. Quant aux obsèques, dans ces cas-là, elles sont gratuites.

J'ai connu un couple qui a perdu tous ses enfants. Les uns après les autres. Au fil des années. On les aurait beaucoup étonnés, si on leur avait dit que l'État leur devait des congés payés à ce titre. Ou un petit chèque pour les funérailles. Ou des visites gratuites chez un fonctionnaire-psychologue.

Eux-mêmes ont disparu depuis. Au moins ce dernier épisode de notre décadence contemporaine leur aura-t-il été épargné.

Ils n'ont pas écrit de livres, et ne passaient pas à la radio. C'étaient des gens bien. Ils ne roulaient pas sur l'or, croyez-moi. Je n'ai jamais su pour qui ils votaient, et il ne me serait pas venu à l'idée de me poser cette question.

vamonos

Une lacune est comblée ! Michel Onfray a répondu à la fameuse question : "Auriez-vous l'amabilité de vous présenter ?"

Il reste à soumettre Michel Houellebecq à la question mythique.

Achille

Cette semaine, en zappant avec ma télécommande, je suis tombé par pur hasard sur un débat-conférence que donnait Michel Onfray sur Mirabelle TV.
Belle prestation, comme toujours. MO est passé maître dans l’art oratoire.

Le public fasciné se laisse bercer par ses paroles un peu comme un enfant écoutant une comptine.
Le débit est rapide, les mots biens choisis, avec des références à de grands philosophes histoire de consolider ses affirmations.

En écoutant le présent entretien je me suis aperçu que finalement MO, à quelques variantes près concernant sa vie privée, disait à peu près la même chose.
Bref, des entretiens, débats, conférences intéressants, mais rien qui soit véritablement nouveau. On a l’impression d’entendre toujours la même chanson, même si les paroles sont belles. Dommage !

Julien WEINZAEPFLEN

Formidable et touchant entretien avec ce penseur en feu d'artifice, qui termine son propos, parlant de son père et de sa compagne Marie-Claude, tous les deux décédés, qui seuls composent le panthéon intérieur de ceux qu'il a vraiment aimés (avec son épouse Dorothée, prend-il la précaution d'ajouter, un peu comme il a omis de préciser qu'il aimait sa mère): "Je ne crois pas en leur survie. Mais là où ils existent, c'est-à-dire en moi, ils sont les seuls critères de jugement qui comptent pour moi."

C'est beau comme les paroles du peintre Olivier Bertin, le héros de "Fort comme la mort" de Maupassant, disant à son amante Anny, qui lui reproche, alors qu'il est en train de mourir, d'avoir désiré sa fille en qui il voyait renaître l'image de son amante à la fleur de l'âge (et l'image, c'est important pour un peintre): "Ne perdons pas le peu de temps qui nous reste, celui de mon agonie, à nous quereller, nous nous sommes tant aimés."

Michel Onfray attend qu'on le démente et ce "toutologue" déployant une puissance de travail hors du commun reconnaît pouvoir de-ci, de-là, se laisser aller à quelques approximations (« qui n’en fait pas ? Plus on travaille, plus on en fait »). C'est pour le moins compréhensible en effet, quand on entreprend d'écrire seul une "Brève encyclopédie du monde" ou une "Contre-histoire de la philosophie", fresques hugoliennes dans leur ampleur, même si Onfray ne prétend pas avoir écrit une "œuvre" de l’ampleur de Victor Hugo (quoiqu’elle brasse tous les genres, y compris la poésie, tient-il à préciser), et se montre en cela modeste et lucide sur la portée de son travail.

Je ne connais pas la moitié des sujets abordés, certains pourraient dire effleurés par Onfray. Mais je passe pour ou je me persuade que je suis un peu chrétien. Un universitaire, Jean-Marie Salamito, s'est lancé dans une campagne d'éreintement du philosophe panoramique, que j'ai trouvée ridicule. Salamito, largement relayé dans la cathosphère, se vantait de n'avoir lu d'Onfray que les passages relatifs à la non historicité du personnage de Jésus, qui n'existerait (mais n'en existerait pas moins selon Onfray) que comme un personnage conceptuel, dont la figure reprend les caractéristiques messianiques décrites dans le Pentateuque (il aurait pu ajouter dans les prophètes" comme le prouve assez Pascal dans son "Apologie").

Les arguments qu'invoquait Salamito pour réfuter Onfray étaient tous de seconde main. Et pour cause. On ne possède pas les minutes du procès de Jésus ni des tablettes reprenant son enseignement saisi sur le vif par ses non scribes-apôtres-étudiants-disciples, comme Claude Tresmontant suppose que ces notes ont été la base d'une première version hébraïque des Evangiles. Tout ce qu'on sait de Jésus, on le sait de réputation, à partir de textes, sinon écrits beaucoup plus tard, du moins dont les originaux qu'on a retrouvés sont très tardifs. Antécédents aux Évangiles, enseignements de Jésus qu'on n'a jamais cessé de devoir canoniser, jusqu'aujourd'hui où les exégètes croient avoir l'autorité de séparer les vraies "logia" ou paroles de Jésus de celles qui lui ont été prêtées, sont les attestations sur les chrétiens de Pline le jeune ou sur Jésus de Flavius Josèphe, lesquelles datent du Ier siècle, comme la première lettre patristique extérieure aux canons apostoliques.

Salamito croyait donc pouvoir attester, contre Onfray qu'il avait à peine lu, de l’existence historique de Jésus en alléguant les témoignages d'une littérature secondaire. Si c'est ainsi qu'on réfute à l'Université, il vaut mieux ne pas en être, même si on y perd du prestige aux yeux de Patrice Charoulet.

Mais surtout, les chrétiens manquent d'une position rabbinique du problème de l'existence de Jésus. Beaucoup de rabbins disent qu'ils ne savent pas répondre à la question de l'existence de Dieu et BHL notait dans une de ses dernières chroniques du "Point" que la question de Dieu apparaît chez Maimonide bien après qu'ont été traitées des questions comme la vérité. Dieu est le transcendant fondamental, mais ce n'est pas le transcendant primordial. Excepté quant à son Incarnation, ce qui ne constitue certes pas une exception mineure, l'existence de Jésus n'est pas amoindrie si elle n'est pas historique. Jésus peut être né du besoin que son peuple avait de Lui sans qu'il y ait déperdition de Son être.

Au contraire, l'Incarnation de Jésus dans un destin historique limité conceptuellement pourrait gagner en relation réciproque si cette Incarnation a été appelée et comme "priée" par des créatures faisant retour au Créateur et Le suppliant de leur revenir à la façon d'un égrégore, mot du vocabulaire maçonnique qu'Onfray ne cite pas pour appuyer l'existence conceptuelle de Jésus, en quoi il manque un pas mystique comme le dit Aliocha.

Hérésie que cette hypothèse ? Assurément, mais faut-il avoir peur des hérésies dans une Eglise dont le pape dit ne plus avoir peur des schismes ? Mon ami l'abbé Guillaume de Tanoüarn aime à répéter après Pascal que l'hérésie n'est pas la négation de la vérité, mais l'oubli de la vérité contraire. J'ai bien peur en l'occurrence que, dans une Eglise qui a fini par séparer le Jésus de l'histoire du Christ de la foi bien qu'elle se le soit formellement interdit pendant la crise moderniste sur laquelle vient de paraître un ouvrage, l'oubli de la vérité contraire soit celui de l'existence de Jésus générée, engendrée par les créatures par une sorte de retour de création, au profit de la seule existence d'un Jésus de l’histoire (existence avancée au détour d’une perte de foi) aux contours indéfinis et que l'exégèse s'arroge l'autorité de définir en séparant le vrai du faux ou l’ivraie et le bon grain bien avant la moisson.

_______________________________________

J'aime encore le paradoxe économique et le paradoxe géopolitique de Michel Onfray, que vous mettez en exergue, cher Philippe, à travers une question qui lui permet de l'énoncer: "Vous ne dénoncez pas le capitalisme, vous n’êtes pas défavorable à l’Etat et vous ne voulez pas qu’on porte atteinte au droit de propriété, mais vous dénoncez le libéralisme et êtes attaché à un capitalisme libertaire." "Le capitalisme existe depuis que l'homme est l'homme, vous répond-il, il n'y a que Marx pour croire que la chose capitaliste, parce qu'il a créé le mot, devrait mourir avec lui." Onfray n'est pas marxiste, c'est courageux dans le PIF (paysage intellectuel français).
"Le capitalisme permet de produire des choses précieuses à partir de la rareté. Le problème n'est pas la production de richesse", surtout si l'on reconnaît que la frugalité est au principe de cette production, "mais leur répartition."

"Sur tout cela, qu'il y ait la liberté, ajoute Onfray. "Utopie ?", lui demandez-vous. "Oui et non. Oui parce que le capitalisme libertaire n'a jamais eu lieu, et non parce qu'il est de l'ordre des propositions rationnelles et des choses instaurables, même si ce n'est pas en totalité."

Je comprends d’autant plus le paradoxe géopolitique de Michel Onfray qu’il est à peu près le mien. Selon lui comme je l’ai immédiatement ressenti au partir de la crise, le monde a basculé lors de la première guerre du golfe, deux ans à peine après que la chute du mur de berlin a pu nous faire croire que nous étions débarrassés du communisme et mûrs pour la « paix perpétuelle » et la « fin de l’histoire ». Le terrorisme islamiste nous fait récolter nationalement ce que nous semons internationalement, cingle-t-il dans un tweet rageur. BHL traita Chevènement de « sadamite » parce qu’il s’opposait à ce premier traumatisme international du monde reconfiguré d’après la chute du communisme et d’après la Seconde Guerre mondiale. C’était suggérer au passage que les « sodomites » étaient des salauds, ce qui frise l’homophobie. Est-on sûr que le régime de Sadam Hussein était plus sanguinaire que ceux qui l’ont suivi ? La première guerre du golfe nous a fait entrer dans le monde pré-huntingtonien du « Choc des civilisations ». Et nous y sommes entrés par « islamophilie », conclut Onfray, « le soleil d’Allah [aveuglant] l’Occident », aurait dit le général galois, sans nous rendre compte que des Etats laïcs étaient préférables en pays d’islam que le totalitarisme islamique et théocratique de l’Iran, des émirats, de l’Arabie saoudite et aujourd’hui de la Turquie d’Erdogan. Il valait mieux soutenir le shah d’Iran malgré la Savak, Sadam Hussein malgré le gazage des Kurdes ou Mouammar Kadhafi malgré sa folie sous l’emprise des psychotropes, que de laisser prospérer des totalitarismes à l’état pur et des théocraties complètes, bannissant toute erreur humaine.

Onfray va trop loin et se permet ce qu’il ne devrait pas, quand il se propose de « penser » et réformer l’islam de l’extérieur. Ce n’est pas son affaire. Mais il a raison de reprendre avec Houellebecq le mot de « soumission », qui fait un réflexe au parquet d’instruire contre Mila, « jeune fille pas très élaborée », commente Onfray, et de nous poser en athées de l’islam, le respect des musulmans commandant que nous ne fassions pas la guerre aux pays musulmans, Onfray réprime toute violence, sinon la violence verbale, « car dans la colère, il entre de la violence et il y a de saines colères. »

Lucile

J'admire le travailleur, mais je suis réfractaire à ce genre de philosophe qui bombarde l'auditeur à jet continu.

Quand j'écoute Michel Onfray, je me mets malgré moi à respirer comme lui, et au bout d'un moment je manque d'air. Il dit ne pas être sensible à la critique, il ne tiendra donc pas compte de ma remarque, mais il ne se vexera pas !

Aliocha

On le pressentait depuis Rancé, Onfray est un personnage christique, ne lui manque plus que l'imagination pour assez croire aux fictions révélatrices et ajouter le "t" à la saine colère des marchands chassés du temple, décrivant encore mieux la manipulation opérée sur les textes qui lui permettrait d'envisager le libéralisme régulé par la loi pour ce qu'il est, l'exercice en conscience de la liberté, valeur indispensable à la réelle édification du peuple, l'individu ne pouvant être enjoint, mais invité à la conscience.
Merci à notre hôte et à son invité pour ce moment de grâce et de liberté.

Wil

Je regrette que Monsieur Bilger se contente de poser des questions sans apporter aucune contradiction alors que je suis sûr qu'il n'est pas d'accord sur tout ce que dit M.O.

Sinon, comme tous ses Entretiens, dans le genre "Je peux m'exprimer sans être interrompu par un(e) crétin(e) de chaîne info qui veut faire croire qu'il (elle) a un cerveau alors qu'il(elle) est juste bon(ne) à faire beau (jolie) et lire un prompteur ou des fiches que des stagiaires sous-payés lui ont préparées", ils sont un exemple. Les Entretiens, pas les crétin(e)s... pfff, encore une belle invention française que le monde nous envie, l'écriture inclusive...

Patrice Charoulet

Cher Philippe,

J'ai écouté votre entretien avec Onfray. Connaissant bien cet homme et ses idées, je n'ai pas appris grand-chose de nouveau. Je suis toutefois amené à souligner plusieurs choses.

Les humiliations auxquelles il a assisté sont encore dans son esprit.

Il ne reparle plus du philosophe qui l'avait enthousiasmé quand il était étudiant à l'Université de Caen, Lucien Jerphagnon. En revanche, il dit qu'on lui a proposé de devenir professeur d'Université. Il faut corriger : il est hautement probable qu'on lui a proposé d'être non pas professeur, mais assistant. Mme Goyard était en effet professeur et a écrit des ouvrages sur des philosophes du XVIIIe siècle. Il ne parle toujours pas un instant de l'immense professeur français vivant qu'était dans ces années-là Alexis Philonenko. Je signale, en passant que Philonenko a écrit une centaine de livres... comme Onfray. Mais, dans l'Université française il a une grande réputation pour ses ouvrages consacrés à Fichte, à Kant, à Schopenhauer et à bien d'autres. Je ne suis pas sûr que les livres d'Onfray seront proposés aux étudiants actuels et à venir dans les études philosophiques. D'autre part, je me réjouis pour lui que cet ami des pauvres, des petits, des Gilets jaunes soit le philosophe français le plus vendu en France et dans le monde. Paye-t-il l'impôt sur la fortune ? Les livres du grand universitaire Philonenko sont lus, hélas, par un tout petit nombre de personnes.

Vous l'avez interrogé, vers la fin de l'entretien, sur ses positions à l'égard du catholicisme.

Au lieu d'alléguer les actions du Vatican pendant le nazisme, de rappeler l'Inquisition, etc., il aurait pu tout simplement dire : « J'ai toujours été athée. J'ai mille raisons de l'être. » Et s'il avait dit cela, je ne l'aurais pas désapprouvé de le dire. C'est son droit le plus strict. Après tout, les papes, les inquisiteurs ne sont que des hommes et tout homme peut faire des erreurs. La question de sa voir s'il faut être monothéiste, agnostique ou athée est une importante question.

J'apprécie qu'il dit avoir examiné le comportement du général de Gaulle et celui de Mitterrand.

Il n'a rien trouvé à décrier chez le premier, et bien des choses chez le second. Je partage son avis.

Je dois insister sur l'immense quantité de travail qu'il a fourni. Qu'il s'occupe de Freud, de Nietzsche, de Camus, d'autres, c'est un homme qui lit tout de quelqu'un, qui prend des notes et qui écrit un livre. Il bosse huit heures par jour. On a du mal à comprendre comment il peut aller partout chez Ruquier, à Zemmour et Naulleau, chez vous... Il est infatigable. C'est un phénomène.

Ce qui me touche, c'est que les deux juges qui lui importent, dit-il, ont été son père et sa compagne. Et que les calomnies et les insultes l'indiffèrent.

sbriglia

Éblouissant !
Quel talent de répartie, quelle vivacité d’esprit, quel bonheur de l’écouter !
Une pépite.
Combien tout paraît fade après lui.

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