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22 février 2020

Commentaires

Patrice Charoulet

J'ai le bonheur de posséder la dernière édition du Dictionnaire de l'Académie.
Ce que dit ce dictionnaire sur le terme dont il s'agit se termine par ces mots en caractères gras :

« Bien que cet emploi figuré apparaisse dans les correspondances littéraires dès le XIXe siècle et que l'usage parlé s'en soit très répandu, ne doit être employé que dans une intention de vulgarité appuyée. »

Je ne lis pas tous les commentaires de ce blog mais je ne crois pas avoir lu ce mot ici en trois ans.
Je m'en réjouis. Même s'il signifie « imbécile, idiot, crétin », il manque de précision ! C'est le grand reproche que je lui fais. Dans un blog comme celui-ci, quand on n'approuve pas le texte de quelqu'un, mieux vaut employer toute la langue française restante que ce mot-là. Je ne m'en servirai pas, en tout cas.

genau

En passant: ce mot de trois lettres qui a subi le plus outrageant des destins, illustre toutes les publications pornographiques des siècles passés. Pierre Louÿs dans Pybrac en fait un usage immodéré, et les libertins du XVIe et XVIIe siècle l'ont accommodé à des déformations de tous genres.

Et te voilà, désignation vulgaire de l'intimité féminine réduite à l'état d'insulte ou de jugement expéditif sur les qualités de n'importe quel clampin alors que ton origine est si belle: le "cuneus", le berceau, symbole de tous les espoirs et des joies ineffables désormais affiché en couleurs, polluant toutes les opinions.
Il arrive enfin sous telle auguste plume, devenu fade, commun, sans qu'aucune féministe ne se lève pour défendre le berceau de nos tendresses. Il n'a plus rien de la discrétion que la nature lui donne, et s'étale en viol des intimités sans retrouver l'interdit qui le cantonnait aux feuilles passées sous le manteau.
Faut-il que le commun soit devenu sot !!

Robert Marchenoir

Curieusement, en anglais, con se dit "dick" (*). Certains d'entre eux, d'ailleurs, transmettent des "dick pics". Vous connaissez la suite.

Félicitons-nous, cela dit, que Meyer Habib puisse traiter Esther Benbassa de "petite conne", sans la moindre trace d'antisémitisme. Iadéconpartou, mais ils ne sauraient tous être antisémites, par la force des choses.

Pour rentrer dans le vif du sujet, j'ai un peu de mal à voir quel est le propos de Psychologie de la connerie et d'Histoire universelle de la connerie. Je soupçonne surtout un coup de librairie.

L'examen de la table des matières du second ouvrage tend à indiquer qu'il s'exerce à l'humour, mais qu'il est aussi bourré de conneries. Le politiquement correct y a une large place.

Par exemple, "Les Africains ont vendu leurs frères africains" est censé être une idée reçue sur l'esclavage (autrement dit une connerie), alors que c'est la vérité pure et simple.

Ou encore, il y aurait de "l'antisémitisme et de l'homophobie ordinaires dans le spectacle", alors que s'il y a un secteur de la société où les pédés et les youpins sont libres d'exercer leurs talents, c'est bien celui-là.

En somme, je ne vois pas bien l'intérêt de s'atteler à une anthologie de la connerie. Il suffit d'interviewer Michel Onfray.
______

@ F68.10 | 22 février 2020 à 00:54
"Mais il est impossible d'aborder ce sujet sans citer l'article fondateur du domaine: On Bullshit par Harry Frankfurt."

Ah, non, non ! Le "bullshit", ce n'est ni le con, ni la connerie, ce sont les conneries, ce qui n'a rien à voir.

D'ailleurs, le "bullshit" a été largement étudié par la science, puisqu'il obéit à la loi de
Brandolini. En somme, le "bullshit", ce sont les fèques niouzes, si vous me suivez.
______

(*) Exemple : "don't be a dick". Ce qui ne signifie pas "arrête tes conneries", d'ailleurs. Le "dick" peut certes être un con, mais c'est le plus souvent un connard. Nuance.

caroff

@ Marc GHINSBERG | 22 février 2020 à 07:43

Merci pour Brassens !
Je me souviens qu'une de mes amies d'origine étrangère mais parfaitement francophone, m'avait dit ne pas comprendre comment cette insulte si française avait pris corps dans notre langue alors qu'elle désigne une partie de l'anatomie féminine qui donne tant de plaisir !!

Je lui avais donné à lire "Le Blason" et elle avait été rassurée par la clairvoyance de notre poète !

Pierre Blanchard

Pour "faire simple"

René Cousinier

http://dansmonjardin.free.fr/con_pascon/01-con_ou_pas_con.mp3

duvent

Mais qu'est-ce que c'est que cette connerie ?
Voilà c'est dit !

Bien, étant donné que les sujets de conversation de qualité sont partis en vacances, voyons donc ce que la connerie nous offre dans sa splendeur ?

Je dois avertir les possibles lecteurs de mes « pauvretés », que je me classe personnellement très au-dessus du niveau de connerie habituelle, que je n’ai autour de moi aucun sujet frappé par ce mal, et donc grâce à mon imagination fertile et mes lectures erratiques, je suis en mesure de vous dire que la connerie est utile !

Mais oui, elle est même nécessaire et de salubrité publique, la connerie !
Pourquoi, me direz-vous, ou ne me direz-vous pas ? Mais parce que grâce à elle, l'ordonnancement peut commencer, et nous pouvons alors, séparer le bon grain de l'ivraie.

Il demeure néanmoins un petit problème. « Les Pyrénées », à cause des Pyrénées, la connerie de ce côté, est une grandeur de celui-là, pourquoi ? Nul ne le sait !

J'ai un jour, par hasard, rencontré un con dont la connerie était redoutable, elle se situait à peu près à tous les étages de son intellection, qui il faut le dire était très très faible, pourtant ce grand con était en charge, et pas n'importe quelle charge (ici, je suis tenue de ne rien divulguer...) un con pareil, c'est merveilleux !!

Donc, et pour revenir au sujet, je prétends que la connerie est chose utile, qualité salubre que dis-je ; salvatrice, un don de Dieu. Il faut cultiver la connerie, il est mal seyant d'en tenir écartées les femmes, qui savent quand le devoir le commande se montrer aussi connes sinon plus que les hommes.

Faisons, mes bien chers frères, mes bien chères sœurs l'apologie de la connerie, et ne laissons pas M. Bilger nous égarer sur le chemin de la raison, ce serait une erreur que l'on paierait au centuple, et que les générations à venir nous reprocheraient lorsqu'elles en seraient encore à l'accessoire quand le principal massif se tiendrait raide à l'horizon !

Bref ! Contrairement à ce qui est colporté, la connerie est un bien rare et précieux, qui permet au plus con de l'ouvrir, de gouverner, de choisir, de posséder, et quelquefois de se prévaloir de soumettre le penseur, et ceci, il faut en convenir est la plus belle des conneries !

Étant une conne parmi tant d'autres, je n'entends pas être privée du bonheur d'être conne, je souhaite le devenir plus encore, et je ne reculerai devant aucun sacrifice pour être la conne du siècle et de ce blog !

Votez pour moi, vous ne serez pas déçus !

Zonzon

Moi, on me dirait qu'Alexandra est une honne, je ne cillerais pas !

sylvain

En langage islamogauchiasse on dit : "spice di counasse" !

Perso j'adore être traité de con par un gauchiasse, c'est une décoration, une médaille, ça prouve que je ne me vautre pas dans leur caniveau, je survole de tout mon mépris ces bans de crapauds pataugeant dans leurs fientes, c'est très jouissif.

Mon torse est bardé d'un placard de décos rutilantes décernées par la gauchiasserie racaillisante : "facho raciste réac xéno islamophobe nazi..." que j'affiche avec fierté à leurs faces rougies de haine.

Aliocha

Oui, notre hôte, la haine dissout tout, et c'est un vrai bonheur et une vraie résistance que cet entretien que vous eûtes avec Michel Onfray, où le grand homme de loi que vous êtes sait, grâce à sa bienveillance attentive, poser la question aiguë qui révèle la personne en toute son humanité, sa pauvreté, oserai-je dire, quand la référence proustienne, ô joie complète, l'amène à cette profondeur de gouffre qu'est notre condition commune.

Voilà l'exemple et le juste chemin qui saura patiemment inviter à la vérité, dissolvant alors les illusions qui ne savent que se détruire elles-mêmes, ne sachant rejeter la connerie que sur l'autre, au lieu de partager nos incapacités, nos faiblesses, reconnaissant au premier chef sur soi-même qu'on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.
Merci infiniment, M. Bilger, ainsi qu'à votre épouse, de nous convier à cette aventure démocratique, où chacun a la liberté de ne plus traiter les autres de cons.

hameau dans les nuages

Je rejoins Claude Luçon | 22 février 2020 à 03:31
Nous sommes tous cons mais les vrais sont ceux qui ne le savent pas.
En béarnais: "Aqueste coun !"

Tipaza

Au petit matin, ça fait un choc un billet pareil ! Ce blog est un éternel sujet d'étonnement.
Je suis tout à fait d'accord avec la remarque de Philippe Bilger:
"La "connerie" pourtant, il faut l'admettre, est d'abord ce qui ne vous habite pas. A tort ou à raison le "con", c'est l'autre."

En disant cela il rejoint le grand Socrate, qui avait dit à son interlocuteur: "Con toi-même", que des transcripteurs pudiques avaient traduit en "connais-toi toi-même".

Sinon, j'ai toujours fait une différence entre la connerie et l'inintelligence, avec entre les deux la bêtise qui s'insinue partout à l'insu de notre plein gré.
Il y a entre ces différents aspects de la personnalité plus que des nuances.
J'y reviendrai, absorbé par le sujet j'en ai oublié mon petit déjeuner, faut que j'y aille.

Vamonos

Pendant mes études, il y a plusieurs décennies de cela, un professeur de mathématiques avait essayé de modéliser l'exercice qui consiste à arrêter la connerie au moyen d'une craie et d'équations logiques. Il avait échoué. La connerie échappe à la logique pour plusieurs raisons qui sont autant de tautologies.

D'abord, on est un con si bien que nous avons un puissant moteur d'alimentation de la connerie.
Ensuite, plus on est con et moins on arrête la connerie.
Enfin, le con, c'est toujours l'autre.

Exilé

A tort ou à raison le "con", c'est l'autre.

Dans le prolongement de cette manière de considérer autrui, il y a aussi le « fasciste », même et surtout si bien entendu il n'a jamais porté de chemise noire et se refuserait énergiquement à le faire.

Marc GHINSBERG

Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques
Tendre corps féminin' c'est fort malencontreux
Que la fleur la plus douce la plus érotique
Et la plus enivrante en ait de plus scabreux.

Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres pas plus familier coutumier
Il est inexplicable il est irrévocable
Honte à celui-là qui l'employa le premier

Honte à celui-là qui par dépit par gageure
Dota de même terme en son fiel venimeux
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure
Celui-là c'est probable en était un fameux.

Georges Brassens
Le Blason

Achille

« On remarquera que pour la "connerie" il n'est pas de parité qui tienne et que traiter honteusement et violemment de "petites connes" la sénatrice Esther Benbassa et la députée Clémentine Autain, comme l'a fait le député LR Meyer Habib, est infiniment plus dégradant que si un homme avait été ciblé de la sorte. »

Le député LR Meyer Habib aurait certes pu choisir des mots plus soft pour condamner le comportement des élues de LFI, mais je ne trouve pas ses propos particulièrement violents et honteux.

Passe encore le trémoussement ridicule devant l’Assemblée nationale (on notera le manque de synchronisme flagrant de la sénatrice Esther Benbassa), mais c'est surtout le lynchage du mannequin à l’effigie d’Emmanuel Macron au terme de leur singerie qui est violent et honteux.

Aussi je trouve que l’expression « petites connes » correspond très bien au comportement de ces élues qui ne font pas honneur à leur statut de représentantes du peuple. Peuple dont LFI s’est approprié les revendications alors que ce parti ne représente que 6 % des électeurs et sans doute moins lors des prochaines élections de 2022 (présidentielle et législatives).

Ces dames nous ont largement montré au cours des presque trois années de mandat que la connerie n’était pas l’apanage des hommes.
En fait on s'en doutait un peu ... :)

Chemins de traverse

MDR jaune !
Dans le commentaire de F68.10, le mot cons est écrit co*s alors que "c'est extrêmement rare que je traite une femme de conne", conne est écrit
en toutes lettres...
Y aurait-il une explication rationnelle de la connerie ?

Claude Luçon

Oui mais enfin, con est un terme universel !
Nous l'adressons aux autres mais aussi à nous-mêmes.
Quel homme en se rasant et se coupant ne s'est pas lancé un "quel con" en se voyant dans le miroir la joue ensanglantée. Ou ayant oublié son smartphone n'est plus en mesure d'envoyer des messages à la Grivreaux et s'en traiter de con. Ou encore faire du plat à qui se révèle être une lesbienne.

Au fond c'est un terme qui unifie la société car on découvre qu'entre tous les cons on figure souvent en bonne place, du manoeuvre au PDG.
Que tous ceux qui ne se sont pas dit au moins une fois dans la vie "Mon Dieu quel con j'ai été" lèvent la main.
Dans la Royale, en parlant des officiers plus gradés, on disait tous des cons sauf quelques-uns des brutes ! Sachant qu'à la prochaine promotion on rejoignait les rangs des cons.
Admettons-le d'une façon ou d'une autre, nous sommes tous des cons, le plus simple est de l'accepter, d’être sincère !

Jean le Cauchois

Cher PB,

Voilà une analyse bien convenue, bien dans le contexte actuel, qui conviendra à tous ceux qui ont essayé de comprendre vos ex-confrères du Mur, qui se sont congratulés avec leur mauvaise conscience professionnelle, sans aucune complaisance à l'égard de leurs compatriotes bien mal considérés.

F68.10

J'avoue me sentir visé, car je confesse particulièrement apprécier d’exhiber toutes les incohérences des gens, et les faire passer auprès d'eux-mêmes pour des co*s, des abrutis. Cela étant, j'attends aussi avec impatience qu'on me prouve que je suis un c*n. Sûrement une forme de sadomasochisme de l'argumentation.

Quoi qu'il en soit, le sujet est effectivement sérieux si on s'attache à l'influence de la "connerie" ou de diverses formes de foutaises ou de simplismes, que ce soit dans les conséquences que cela a sur la vie des gens de manière individuelle ou dans les conséquences sur la vie collective. C'est aussi évidemment un signe clair de raidissement du débat public à l'heure moderne.

(Cela étant, sur le coup du sexisme, j'avoue ne pas me sentir coupable. C'est extrêmement rare que je traite une femme de co*ne. J'ai d'autres formes d'expression de mépris pour certaines femmes. Et je suis plus patient avec les femmes... bien qu'il ne soit pas clair à mes yeux que j'aie raison de l'être.)

Mais il est impossible d'aborder ce sujet sans citer l'article fondateur du domaine: On Bullshit par Harry Frankfurt, cité 1635 fois depuis sa publication en 1986. Je n'en trouve pas la traduction en français, mais un interview à Charlie Hebdo explicite un peu le sens de la démarche de Harry Frankfurt.

Malheureusement, c'est au prix de trouver un moyen d'élaguer la "connerie" sur Internet que les gens arriveront à trouver un moyen d'expression sur le net qui soit pris en considération par les "élites". L'enjeu n'est donc pas mince, car il est collectif. Le fait que cela se matérialise par des insultes personnalisées est certes déplaisant, mais malheureusement un épiphénomène comparativement à l'enjeu collectif.

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