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26 février 2020

Commentaires

Zonzon

@ Robert Marchenoir 10 h 24

47 suppressions de poste dans la fonction publique en 2020 ! Don't despair boy !

sylvain

Si nos magistrats dans leur immense majorité faisaient le travail pour lequel ils sont payés, la criminalité chuterait de moitié en quelques mois.

Mais personne ne peut nier que la justice est dans son ensemble anti-flics et qu'elle se préoccupe davantage du bien-être de la racaille que des victimes.

On ne peut pas nier non plus que notre justice est de gauche à 90 % et dépense plus d'énergie à faire de la propagande islamogauchiste antidroite. Le mur des conn*rds du SM en témoigne.

Il y a bien longtemps que représenter la justice sous la forme d'une femme, les yeux bandés et tenant une balance, fait rigoler tout le monde.

Notre justice est complètement pourrie, point barre.

Exilé

@ Serge HIREL
« Enfin ne doit-on pas s’interroger sur le statut du citoyen vis-à-vis de l’administration : simple usager ou décideur ? Prenons la Justice. Elle est rendue « au nom du peuple français ». Mais quel rôle joue celui-ci au sein de cette institution ? Choisit-il ses représentants ? Evalue-t-il leurs pratiques ? Peut-il dire sa satisfaction ou son mécontentement vis-à-vis de tel ou tel magistrat ?... Allons jusqu’à la vraie question : faudrait-il modifier nos règles et élire nos juges ?... »

Il vous arrive de poser les bonnes questions, quand vous le voulez bien...

Quant au « citoyen » - rires - il n'est toujours considéré que comme un serf, taillable à merci, et il est de plus souvent utilisé comme un punching-ball par certains agents administratifs syndiqués aigris, avides pour se donner l'impression d'exister d'user et d'abuser à l'encontre du peuple de l'once de pouvoir que ce dernier leur a imprudemment déléguée sans contrôle...

breizmabro

@ Robert Marchenoir 26 février 10:24

En même temps la révolution russe de 1917 échoua en tentant de substituer à la structure de propriété, une autre, purement idéologique, celle de la propriété d'Etat*

*Ce petit aparté en annexe parce que UNE seule ligne de Martchi me faisait peu. Du coup, en état de manque, et pour ne pas perdre le fil de sa pensée, j'ai ajouté cet insert. Ça ne mange pas de pain mais ça me tient en éveil en attendant son prochain post :D

*Je ne lis pas les phrase en italiques, du coup je dois perdre un peu de la saveur du texte, mais bon...

Adéo Martchi

Serge HIREL

Membre d’une puissante famille de lainiers du Nord, Frédéric Thiriez, à 16 ans, adhère au PSU... L’homme aime bouleverser l’ordre établi. Il était donc dans la logique des choses que notre Président « disruptif », qui veut laisser sa marque dans l’Histoire - « le récit national », selon son expression favorite -, lui donne carte blanche pour déconstruire notre haute fonction publique, « l’Etat profond », selon, encore une fois, le vocabulaire macronien.

N’a-t-il pas déjà fait preuve de ses talents d’éléphant dans un magasin de porcelaine pendant sa présidence de la Ligue de football professionnel (2002-2016) ? L’explosion des droits de retransmissions TV des matches de Ligue 1 (271 millions d’euros en 2002, 800 millions en 2016) a non seulement modifié le rapport des grands clubs à l’argent et celui des jeunes au monde sportif, mais aussi provoqué un séisme dans l’audiovisuel et le cinéma, l’énorme ponction de la LFP obligeant finalement les chaînes à réduire leurs investissements dans la création.

La haute fonction publique, y compris la magistrature, est donc aujourd’hui sur la sellette. A première vue, le rapport Thiriez « décoiffe ». On s’y attendait. Le constat posé est exact : manque de diversité sociale, faible parité hommes-femmes, surreprésentation des « Parisiens »... Mais les remèdes préconisés, mêmes s’ils sont iconoclastes aux yeux de la caste, sont-ils à la hauteur de la réputation de l’auteur et à celle des attentes des Français ? Autant ceux-ci sont réticents à la réforme quand ils sont directement concernés - cf le maelstrom des retraites -, autant ils souhaitent - exigent même - un coup de balai radical dans les pratiques des administrations, qu’ils estiment plus corporatistes qu’à leur écoute.
Par exemple, modifier les conditions des concours peut, pour beaucoup, ressembler à un cautère sur une jambe de bois...

Héritière du jacobinisme des révolutionnaires et de l’ère napoléonienne, rodée à la centralisation, cooptant ses élites, la haute administration est plus prompte à servir - ou à entraver - le roi qu’à se préoccuper du peuple. La « troisième voie », ouverte à l’ENA en 1990, n’a quasiment rien modifié... Et le rapport Thiriez ne bouscule pas vraiment cet entre-soi sacro-saint et encore moins l’arrogante domination de Paris.

En fait, Emmanuel Macron, sur cette question aussi, a ouvert une boîte de Pandore, peut-être la plus explosive. Car, pour moderniser vraiment notre haute administration et apaiser les colères, il faudrait s’interroger sur ces méthodes de recrutement vieilles de deux siècles, mais également, en amont, revisiter de fond en comble les règles de conduite du char de l’Etat. La décentralisation, la subsidiarité, l’autonomie régionale ne doivent plus être des gros mots. La responsabilité personnelle du fonctionnaire non plus.

Il faudrait aussi savoir regarder hors de nos frontières. Nombreux sont les Etats où les plus belles carrières alternent emplois dans le privé et responsabilités dans le public. En France, ces passerelles sont à sens unique et ont un nom : le pantouflage... Et l’on se prive ainsi de fonctionnaires compétents et de sang neuf...

Enfin ne doit-on pas s’interroger sur le statut du citoyen vis-à-vis de l’administration : simple usager ou décideur ? Prenons la Justice. Elle est rendue « au nom du peuple français ». Mais quel rôle joue celui-ci au sein de cette institution ? Choisit-il ses représentants ? Evalue-t-il leurs pratiques ? Peut-il dire sa satisfaction ou son mécontentement vis-à-vis de tel ou tel magistrat ?... Allons jusqu’à la vraie question : faudrait-il modifier nos règles et élire nos juges ?...
Oui, peut-être... Mais cette solution n’est pas non plus la panacée : en France, aujourd’hui, pour protéger leur carrière, beaucoup de magistrats - pas tous, n’est-ce pas Philippe ? - sont prudents vis-à-vis du pouvoir politique. Aux Etats-Unis, ils le sont vis-à-vis de leurs électeurs...
Un tel bouleversement aurait une conséquence majeure : faire officiellement de la Justice un « pouvoir » et la placer ainsi au même rang que l’exécutif et le législatif. Un statut qui lui a été refusé par les pères de la Révolution eux-mêmes.

En fait, aujourd’hui -le procès Fillion et d’autres en attente en font foi -, certains magistrats ont anticipé la réponse à cette question et se comportent sans la moindre hésitation en contre-pouvoir totalement indépendant, voire agressif.

Xavier NEBOUT

Apprend-on, à l'ENM, que le mot "justice" dérive comme jus-pater, de jour pour lumière du jour, comme dieu, di aus veut dire lumière du ciel ?

Le juge est ainsi celui qui distribue ce que lui inspire la lumière divine pour appliquer les lois que les hommes ont écrites faute de les avoir dans leur coeur... comme disait l'Autre.

En bref, le juge doit d'abord apprendre la sainteté, comme l'était et même l'est encore le juge des civilisations archaïques qui lit les auras, mais aussi saint Louis.

Maintenant, il s'agit de prendre la responsabilité d’asséner des années de prison souvent sans trop savoir si c'est juste, mais en sachant pour soulager sa conscience, qu'elles ne seront pas faites.

Shadok

Si l’ouverture du procès d’Assange vous intéresse :

https://www.investigaction.net/fr/craig-murray-au-proces-dassange-le-monde-doit-savoir-ce-qui-sy-passe/

Nous sommes dans une phase de notre histoire, en France et en Europe, où l’information est bafouée et elle ne nous est plus autorisée car nous ne sommes que des mécréants, où l’on nous oblige à être envahis par n’importe qui n’importe quand et dans n'importe quelle condition, où le peuple doit cacher ses économies avant qu’on ne lui les vole car celles-ci ne sont plus productives (livret A à 0,5 % autres livrets à 0,05 %), une époque aussi où le droit à la retraite commence à être menacé. (Alors que pendant ce temps-là nos seigneurs dirigeants du privé ou du public se multiplient, s’empiffrent à nos dépens et gaspillent l'argent de la nation pour rien !)

Alors le magistrat n'est-il qu'un gardien de Palais ?

Catherine JACOB

« Le magistrat n'est-il qu'un gardien ? » (PB)

« Ne que » ? Pourquoi une telle restriction dévalorisante ?

La fonction de gardien de la Cité est cette très noble fonction que dans « La République » (Περὶ πολιτείας, « à propos de l'État » ou Πολιτεία « la constitution ») celui des dialogues de Platon portant principalement sur la justice dans l'individu et dans la Cité, Platon assigne au philosophe.
Il y traite de ce problème d’une actualité toujours aussi brûlante qu’est celui de la démocratie dans sa dégénérescence en démagogie et en tyrannie à cause de l'attrait qu'exerce le prestige du pouvoir.

Voici un exemple tiré de « La République » de Platon et venant à la suite de cette question : « Doit-on accorder plus de sollicitude à l’art de la chaussure qu’à l’art de la guerre ? », celle des gardiens de la Cité et la métaphore du chien qui inclut le jeu de mots bien connu sur σκύλαξ (jeune chien) et φύλαξ (gardien).

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Socrate: « Notre tâche consistera donc, ce semble, à choisir, si nous en sommes capables, ceux qui sont par nature aptes à garder la cité.
Glaucon: Ce sera notre tâche assurément.
S: Par Zeus, poursuivis-je, ce n'est pas d'une petite affaire que nous nous chargeons ! Cependant, nous ne devons pas perdre courage, autant, du moins, que nos forces nous le permettront.
G: Non, en effet, nous ne devons pas perdre courage, dit-il.
S: Eh bien ! repris-je, crois-tu que le naturel d'un jeune chien de bonne race diffère, pour ce qui concerne la garde, de celui d'un jeune homme bien né ?
G: Que veux-tu dire ?
S: Qu'ils doivent avoir l'un et l'autre des sens aiguisés pour découvrir l'ennemi, de la vitesse pour le poursuivre dès qu'il est découvert, et de la force pour le combattre, s'il le faut, lorsqu'il est atteint.
G: En effet, dit-il, toutes ces qualités sont requises. Et le courage aussi pour bien combattre.
Comment non ?
S: Mais sera-t-il courageux celui qui n'est point irascible, cheval, chien ou autre animal quelconque ? N'as-tu pas remarqué que la colère est quelque chose d'indomptable et d'invincible, et que toute âme qu'elle possède ne saurait craindre ni y céder ?
G: Je l'ai remarqué.
S: Voilà donc évidemment les qualités que doit avoir le gardien pour ce qui est du corps.
G: Oui.
S: Et pour ce qui est de l'âme il doit être d'humeur irascible.
G: Oui aussi.
S: Mais alors, Glaucon, repris-je, ne seront ils pas féroces entre eux et à l'égard des autres citoyens, avec de pareilles natures ?
G: Par Zeus, dit-il, il est difficile qu'il en soit autrement.
S: Cependant, il faut qu'ils soient doux envers les leurs, et rudes envers les ennemis ; sinon, ils n'attendront pas que d'autres détruisent la cité : ils les préviendront et la détruiront eux-mêmes.
G: C'est vrai, avoua-t-il.
S: Que ferons-nous donc ? poursuivis-je. Où trouverons-nous un caractère à la fois doux et hautement irascible ? Une nature douce est, en effet, l'opposé d'une nature irascible.
G: Il le semble.
S: Mais pourtant, si l'une de ces qualités manque, nous n'aurons pas de bon gardien ; or, il paraît impossible de les réunir, et il s'ensuit qu'il est impossible de trouver un bon gardien.
G: Je le crains, dit-il.
S: J'hésitais un instant ; puis, ayant considéré ce que nous venions de dire : Nous méritons bien, mon ami, repris-je, d'être dans l'embarras pour avoir abandonné la comparaison que nous nous étions proposée.
G: Comment dis-tu ?
S: Nous n'avons pas réfléchi qu'il existe en effet de ces natures que nous jugions impossibles et qui réunissent ces qualités contraires.
G: Où donc ?
S: On peut les voir chez différents animaux, mais surtout chez celui que nous comparions au gardien. Tu le sais sans doute que les chiens de bonne race sont, naturellement, aussi doux que possible pour les gens de la maison et ceux qu'ils connaissent, et le contraire pour ceux qu'ils ne connaissent point.
G: Certes, je le sais.
S: La chose est donc possible, repris-je, et nous n'allons pas à l'encontre de la nature en cherchant un gardien de ce caractère.
G: Il ne le semble pas.
S: Maintenant ne crois-tu pas qu'il manque encore quelque chose à notre futur gardien ? Outre l'humeur irascible, il doit avoir un naturel philosophe.
G: Comment donc ? dit-il, je ne comprends pas.
S: Tu remarqueras, poursuivis-je, cette qualité chez le chien, et elle est digne d'admiration dans un animal.
G: Quelle qualité ?
S: Qu'il se montre méchant quand il voit un inconnu, quoiqu'il n'en ait reçu aucun mal, tandis qu'il flatte celui qu'il connaît, même s'il n'en a reçu aucun bien. Cela ne t'a jamais étonné ?
G: Je n'y ai guère, jusqu'ici, fait attention, répondit-il ; mais il est évident que le chien agit ainsi.
S: Et il manifeste par là une jolie façon de sentir, et vraiment philosophique.
G: Comment ?
S: Par le fait, dis-je, qu'il discerne un visage ami d'un visage ennemi à ce seul signe qu'il connaît l'un et ne connaît pas l'autre. Or, comment n'aurait-on pas le désir d'apprendre quand on distingue par la connaissance et l'ignorance l'ami de l'étranger ?
G: Il ne peut se faire, répondit-il, qu'il en soit autrement.
S: Mais, repris-je, le naturel avide d'apprendre est le même que le naturel philosophe ?
G: C'est le même, reconnut-il.
S: Eh bien ! n'oserons-nous pas poser aussi que l'homme, pour être doux envers ses amis et ses connaissances, doit, par nature, être philosophe et avide d'apprendre ?
G: Posons-le.
S: Donc, philosophe, irascible, agile et fort sera celui que nous destinons à devenir un beau et bon gardien de la cité.
G: Parfaitement, dit-il.
S: Telles seront ses qualités. Mais de quelle manière l'élever et l'instruire ? L'examen de cette question peut-il nous aider à découvrir l'objet de toutes nos recherches, à savoir comment la justice et l'injustice prennent naissance dans une cité ? Nous devons le savoir, car nous ne voulons ni omettre un point important, ni nous engager en de trop longs développements. »
----------
De quelle manière en effet, l'élever et l'instruire ? Il semblerait que cette question ne soit toujours pas vraiment tranchée qui se repose à nouveau sous les auspices d'un "Institut des hautes études du service public qui serait créé sur le modèle de l'Ecole de guerre", une proposition dont vous ne dites que se féliciterait la secrétaire générale d'Unité magistrats (FO), qui serait depuis 2016, Béatrice Brugère, vice Procureur au TGI de Paris et conseillère au CESE à la section des affaires européennes et internationales.

Zonzon

Si j'avais quelque chose à reprocher à PB ce serait son ancienne profession !

Xavier NEBOUT

Lorsque ceux qui appliquent avec zèle les loi Gayssot et autres du même tonneau, bientôt Avia, prétendent être les gardiens de la liberté individuelle, on se rapproche de la liberté selon Staline.

La mission du magistrat n'est pas de garder quoi que ce soit, mais de dire et appliquer le droit.
Le problème est que le droit devrait s'appuyer sur une philosophie du droit qui n'est pas déterminée, et qui ne peut pas l'être en l'absence de notion commune de transcendance pour ne pas dire "religion".

Partant, ce sont les idéologies qui font office de philosophie du droit, et finalement de droit.
Or, les idéologies, elles servent toujours et avant tout les corporatismes au nom de l'idéologie commune !

Achille

Les magistrats sont finalement des hommes comme les autres, avec leurs convictions et leurs états d’âme. Nous avons pu le constater avec le fameux "Mur des cons" dans lequel vous figuriez en bonne compagnie.

L’avis général, surtout sur ce blog, laisserait entendre que les magistrats seraient plutôt de gauche. Vous êtes sans doute, Philippe Bilger, l’exception qui confirme la règle.
Il n’en demeure pas moins que malgré leur opinion quelle qu’elle soit, nos juges se doivent d’appliquer la loi d’une façon professionnelle et donc sans que celle-ci interfère dans leur décision.

De nombreux exemples semblent indiquer que ce n’est pas toujours le cas. Concernant le cas Fillon j’ai l’impression que certains juges à qui l’on a confié l’affaire en font un peu trop. Tout comme pour les Balkany traités comme des criminels. Et pourtant on peut difficilement me taxer de sarkoziste.
Par contre le réfugié russe qui sème la zizanie dans notre paysage politique est reçu avec toutes les politesses par nos médias qui lui tendent complaisamment leur micro.
Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond en ce moment dans notre beau pays.

Michel Deluré

« Je me demande si un jour il existera un magistrat, une magistrature contente de son sort, prêt à changer » (PB).

Pensez-vous Philippe Bilger qu'il n'existe réellement en France que les magistrats pour être mécontents de leur sort et prêts à changer ?
Ne vous demandez-vous pas plus justement si un jour il existera un Français, une corporation, une catégorie socio-professionnelle contente de son sort, prête à changer, à accepter de se réformer ?

N'est-ce point le drame du Français en même temps qu'une attitude contradictoire que d'exprimer en permanence son insatisfaction systématique - certes parfois réelle mais pas toujours - tout en se montrant rétif à tout changement ?

À toujours occuper notre temps à débattre sur les idées, tels ces grands principes dont les magistrats et autres aiment à se gargariser, n'en oublions-nous pas d'être pragmatiques et d'agir ? Quelle est l'utilité du débat d'idées s'il entrave systématiquement l'action ?

sbriglia

Merveilleuse photo ! On dirait des chevaliers du Tastevin…
Pas des magistrats français, ce me semble.

boureau

@ Robert Marchenoir 26 février 2020 10:24
"Il me semble que vos remarques s'adressent à la fonction publique dans son ensemble".

Pas mieux !

Dans ce monde judiciaire, comme dans la fonction publique, c'est le Français lambda qui est à leur service et non l'inverse.

Photo éclairante ! Si je puis dire !

A une certaine époque "on" parlait de boîtes de petits pois, là on pourrait imaginer bien des choses ! Que de pantalons pour une profession ultraféminisée !

Cordialement.

Lambda

Merci pour ce billet.
Quel est le contre-pouvoir, pratique et réel, des juges ?
Car il ne faut pas oublier ce que disait François Mitterrand : « Méfiez-vous des juges, ils ont tué la monarchie. Ils tueront la République. »

Robert Marchenoir

Il me semble que vos remarques s'appliquent à la fonction publique dans son ensemble.

Paul Duret

M. Bilger, avez vous déjà vu des fonctionnaires (ou du moins leurs syndicats) favorables au changement ?
Profs, instits, juges, policiers, cheminots, gaziers, électriciens, médecins, infirmières... même combat.
On ne touche pas au statut, on ne change rien à l'organisation et on ne touche pas aux nombreux petits avantages grignotés au fil des décennies auprès des pouvoirs publics, trop faibles face au monopole du service public.

Alors que le nombre de fonctionnaires continue d'augmenter, on les entend sans arrêt se plaindre d'un manque d'effectifs.

Fillon avait raison, il faut dégraisser massivement et surtout dans l'encadrement, là ou les salaires sont les plus élevés.

Lodi

Je pense que les magistrats font un raccourci. Comme quand, impatient, on écrit une phrase en pensant à la suivante et qu'on mélange les deux, ou plus souvent, qu'on anticipe un mot sur un autre. Ce mélange, ce raccourci peut se faire au niveau des idées aussi bien que des mots.

Les magistrats ont raison de dire qu'ils sont des gardiens de la liberté individuelle.
Enfin, si on ne regarde pas de trop près. Car les magistrats disent-ils inacceptables les atteintes à la liberté d'expression ? A la lointaine époque où on prohiba la drogue, quelques personnes trouvaient, comme moi, choquant qu'on empêche des adultes consentants d'user de leurs sens. Est-ce que je me trompe ou les magistrats se taisaient-ils ?
On ira plus vite en se demandant s'ils ont jamais défendu une liberté.

Nouvelle formulation : les magistrats ont raison de dire que sans eux, sans les avocats, les forces de l'ordre, ne respecteraient en rien les libertés individuelles.
Qu'on me comprenne bien : je ne pense pas que les policiers rêvent d'abuser. Mais sans contrepoids, la chose est inévitable.

D'autre part, dans des démocraties moins inefficaces que la France, il existe un puissant et subtil mécanisme de pouvoir équilibrant le pouvoir.
Chez nous, donneurs de leçons, non. Pas du tout, on concentre, le Parlement n'en a presque pas, et le judiciaire, pas du tout, ce n'est jamais qu'une autorité.

Comme les magistrats savent bien qu'ils devraient constituer un pouvoir mais que la Constitution les ravale à ? à rien.

Alors ils ne sont pas contents du tout.
Et le budget, et la manière dont on parle d'eux, par exemple les hommes politiques.
Ces gens, en les critiquant, en les prenant de haut comme des subordonnés, ce qu'ils ne sont pas, et quand ils sont en plus si blâmables comme le montrent les affaires de tous les partis, finissent de les aigrir.

Comment en serait-il autrement ?

Donc, à mon avis, consciemment ou non, les magistrats mélangent leur rôle de contre-pouvoir de la police et celui de contre-pouvoir qu'ils n'ont pas de l'Exécutif et du Parlement.
Est-ce leur faute ? Pas du tout, une magistrature sans rôle de pouvoir équilibrant les pouvoirs est, selon moi, morte-vivante, et doit avoir un comportement de zombie.

Ou dit plus simplement, de personne, de classe, de caste déclassée, et ce alors qu'on sait ou sent, ou les deux, avoir droit à bien plus de pouvoir.
Les magistrats devraient militer pour une autre Constitution, mais j'imagine que tout texte de loi attire le respect stupéfait des magistrats, alors on ne défendra pas le principe d'équilibre des pouvoirs autrement que pour marquer qu'on a relu Montesquieu.
Le grand homme aurait-il jamais pensé servir de caution à l'absence d'équilibre des pouvoirs comme le Général aux Français pour leur comportement sous l'Occupation ? On aime les hommes providentiels en France.
Tu m'étonnes : on a bien des choses à cacher derrière les paravents. Et c'est très pratique, on peut les combiner : le paravent du Libérateur, on se croirait en Amérique latine, sert à relativiser que nous avons été libérés par les Alliés, mais aussi, accessoirement à conserver une Constitution qui ne vaut rien.
Non, pire, qui est un danger, pas de contre-pouvoir, article 16...

Le magistrat n'est qu'un gardien ?
Même pas vraiment.

Pour compenser, dira-t-on, serait-il davantage ? Retournons au texte, parce que j'ai un peu oublié ce qu'il est censé faire de plus que ce qui me semble essentiel à mes yeux.

"...pacificateur, un restaurateur, une personnalité qui noue et dénoue, ordonne et réprime, console et protège".

Je ne sais pas lire ou je peux affirmer que tant par ses idées que par son style, on peut diagnostiquer que monsieur Bilger est tout cela.
Mais je m'en vais défendre la thèse que les hermines ne peuvent pas remplir le rôle, pour résumer, de médecins des relations humaines ainsi que des relations sociales détériorées.

Le mot "personnalité" est la clé. Alors pardon, mais en France, le juge est encore moins censé en avoir une que de faire fonction de contre-pouvoir. D'abord, nous sommes un pays de droit écrit, en principe, la jurisprudence a une moins grande latitude que dans les pays anglo-saxons.
Et sa légitimité n'est pas égale d'un député, d'un Président : il n'est pas élu, pas sélectionné pour son charisme, donc.
Comment en aurait-il ? C'est un mystère, tout arrive, bien sûr, mais par exception. Tout ce qui est rare est peut-être cher sur les étals, mais dans les groupes, on n'aime pas trop ce qui est... singulier.
Les magistrats pleins de charisme ne plairont donc pas trop aux autres, peu faits à l'institution. Comme dans tous les cas de ce genre, il n'est que deux issues, soit on se retrouve placardisé, soit chef quand on peut y accéder sans plan de carrière.

Notre hôte est une exception qui voudrait être la règle, entraîner les magistrats derrière lui.
Cela en les faisant rentrer dans le moule de la fonction publique ? Incroyable...

En attendant, sans le pouvoir qui devrait être le leur, sans la personnalité qu'elles ne doivent pas avoir, les hermines se replient sans, j'en ai l'impression, savoir ce qu'elles disent au juste, en soutenant être des gardiens.
Dans une situation dégradée, elles n'ont guère le loisir de réfléchir : le magistrat, comme tous les autres intervenants judiciaires, est débordé. A part ça, il peut avoir des idées politiques, qui se teindront d'une couleur de ressentiment au vu de ce qu'il subit.
D'où le mur des cons... Mais plus gravement, le justiciable devant avoir affaire à un déclassé de l'équilibre des pouvoirs, débordé des affaires, aigri par l'absence de reconnaissance de la société, peut craindre que l'hermine ne lui fasse payer ses mortifications.
Ou au contraire : l'hermine, déshéritée, peut se projeter sur ce qui éveille son identification, ce pourrait être les déshérités de la vie ou les victimes ou les deux.

- Vous n'avez pas honte de prendre de l'opium ?

...

Non, penserait le drogué malchanceux, je ne fais de mal à personne et atteint un détachement non empreint de résignation ou d'imaginer le monde meilleur qu'il est, lucide et rêveur plus que jamais.
Ce devrait être aux "gardiens" de rougir d'avoir toujours laissé les gens à statut inférieur, les femmes par exemple si la magistrature est à présent féminisée, y croupir. A présent, ce sont les drogués.

- C'est vrai qu'il faudrait respecter la loi, madame le juge.

Enfin, surtout si elle ne contrevient pas au principe de laisser faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.

Enfin, plus probablement à "vous n'avez pas honte", on répond "si" parce qu'on a honte d'être exposé et sous le pouvoir de l'autre.

Je ne vois pas trop ce que le magistrat peut restaurer dans des cas où c'est l'intervention de la loi et de ceux qui la font respecter, le problème.
Si : le conformisme.

Le citoyen lambda crache sur Internet, le magistrat a son mur des cons : enfin quoi, il faut être comme tout le monde.
Si tu es dans la ligne du parti en tapant dans la caisse, c'est bien, surtout si tu es moins visible et plus classe qu'un petit délinquant. Si tu te laisses aller à autre chose qu'à l'alcool ou au ressentiment, honte à toi.

Singulier dilemme : se renier et se condamner moralement, ou ramper pour se sauver socialement ?
A mon avis, la drogue n'a rien de mal en soi : tout dépend de laquelle, son tempérament et l'esprit dans laquelle on la prend.
Le mal, c'est que l'interdit enferme son commerce dans le banditisme, la masse des drogués dans l'ignorance et un mauvais usage encourageant les préjugés, et le dilemme exposé plus haut.

Mais les policiers et autres gendarmes ne peuvent le dire voire le penser puisque cela irait contre l'une de leur mission.
Les magistrats ne sauraient non plus défendre le principe d'user de son corps, ou du moins, celui d'avoir une politique de santé publique en disant certaines drogues peu dangereuses et en se concentrant sur les autres à partir non des bases actuelles mais de la science... Comme on l'a vu, ils sont en principe incapables de prendre de la hauteur de vue autant que du charisme.
C'est toute l'Histoire qui les condamne à toutes les impasses...

Exilé

Malheureusement ce n'est pas d'aujourd'hui que la "banalisation" a commencé mais dès lors que l'orgueil d'exercer cette belle profession a été remplacé par l'aigreur des gémissements constants et des revendications permanentes, que le magistrat s'est beaucoup plus soucié de lui que des autres. Les grands espaces d'une régulation humaine et sociale ont tourné trop souvent en une épicerie corporatiste. En une indifférence à l'égard de la rapidité et de l'efficacité. Pourtant service public, quelle impérieuse et magnifique obligation !

Je suis dans l'ensemble d'accord avec cette vision des choses, les magistrats ont parfois trop tendance à oublier qu'ils exercent plus une fonction régalienne au service des Français qu'une profession (dans l'idéal, un magistrat devrait même être un bénévole) avec les petits intérêts catégoriels sordides qui vont de pair.

Ceci dit, que Philippe Bilger me permette de rejeter cette répugnante notion de « service public » qui a très mauvaise presse en France quel que soit le secteur concerné (nous avons évoqué récemment l'anomalie que représente un « service public » de l'audiovisuel), marquée qu'elle est par le syndicalisme bolchevique politisé que nous savons, dont d'autres pays dans le monde plus avancés que le nôtre en ce domaine ont la chance d'être préservés.

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